SCIENCE et OSTÉOPATHIE : les enjeux d'une ÉVOLUTION avec Pierre-Luc L'Hermite

Monsieur Clavicule
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#osteopathie #avenir #science
Pour lire le nouvelle article scientifique de Pierre-Luc : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1746068924000087
Pour retrouver Pierre-Luc sur Instagram : @pierreluclhermite
00:00 Introduction
01:32 L'émergence de l'EBP
06:52 Le virage vers l'EBP
13:40 Oublier l'histoire de l'ostéo ?
16:28 Manualité et tradition à la poubelle ?
18:02 Efficacité de l'ostéo
21:06 Le sujet de tes recherches
28:52 Crédibilité de l'ostéopathie
31:22 Ostéopathie crânienne et viscérale
37:19 Appauvrissement de la profession ?
40:20 Andrew T. STILL en 2024
42:28 La pression démographique
44:31 Quel avenir pour l'ostéopathie ?
[Musique] bienvenue à toutes et à tous sur la chaîne Youtube monsieur clavicu je suis très
heureux de vous retrouver pour le 4e épisode de notre podcast YouTube le documentaire santé on
va continuer d'avoir les interviews de tous nos intervenants sur le fameux documentaire
quel avenir pour l'ostéopathie je vous le remets là si vous l'avez pas vu un documentaire complet
qui a eu un énorme succès donc je vous en remercie une fois de plus aujourd'hui je
suis très heureux d'accueillir ce podcast pierre luermid qui est enseignant et chercheur docteur
en droit et doctorant en philosophie des sciences c'est quelqu'un de très passionnant il est aussi
l'auteur de nombreux livres dont son dernier mythologie ostéopathique il vient également
de publier un nouvel article dans light jum qui est vraiment en totalement en rapport avec notre
documentaire et avec l'accent anglais s'il vous plaît the double facette of osteopathy identity
voilà je vous annonce déjà que cet épisode est totalement dingue voilà il a répondu à toutes
les questions que je me posais sur l'ostéopathie sa relation avec la science est-ce qu'il y a des
choses qui sont prouvées qu'est-ce qui est prouvé comment va évoluer l'ostéopathie bref pierreluc
est passionnant donc un grand merci à toi pierre-l pour la qualité de de cette interview la qualité
de cet épisode allez je vous laisse l'écouter le regarder et je vous reprends juste après épisode
4 que que penses-tu de l'émergence de ce nouveau courant plus scientifique face à l'ostéopathie
traditionnelle alors on pourraitexpliquer de de plein de façons différentes une des premières
façon peut-être la plus simple c'est une façon peut-être historique de se dire que l'Evidence
Based practice en fait ça c'est une extension de ce qu'on appelait autrefois toujours encore un peu
l'Evidence Based Medicine ça c'est un courant qui a émergé plutôt dans les années 50 deuxè
moitié du 20e siècle aux États-Unis d'Amérique en Amérique du Nord surtout avec David scket et
dans une université en particulier l'université de MacMaster David Saket se posait des questions sur
l'enseignement médical il se disait c'est quand même un petit peu dérangeant que les étudients
soit obligé de croire sur parole le discours de leurs enseignants en se basant globalement
uniquement sur leur expérience personnelle donc pour David sckets il y avait probablement
une révolution voilà qui était amenée alors il y avait beaucoup de contemporains archibal kocheran
et d'autres noms illustres c'est' est finalement une question médicale ce qui serait intéressant
pour y répondre de manière convenable ce serait de chercher dans la littérature le meilleur niveau de
réponse et donc il incitait les étudiants à eux-mêmes chercher les réponses pour se
documenter se faire un avis pour ensuite pourvoir partager ça avec le patient et prendre ensemble
la meilleure décision possible donc ça c'est un courant qui a émergé voilà dans milieu du 20e
siècle et l'article qui était la constrication suprême de l'Evidence Based Medicine c'est un
article dans les années 90 dans le British Medical Journal evidence based medicine what is this what
it isn't et ça c'est David seed donc et al dans le domaine scientifique et ses collaborateurs et en
fait euh il y a souvent des incompréhensions au sujet de l'Evidence Based Medicine HH ce que tu
as décrit comme le courant traditionnaliste voit ça comme un élément qui va venir un peu inhiber
la les éléments de la pratique ostéopathique et donc avec une considération plutôt péjorative à
tort je pense et des contemporains qui parfois sont des gens qui n'ont pas forcément de culture
scientifique mais qui voient ça un petit peu comme euh un bouclier derrière lesquel on pourra
se réfugier pour se dire on a des bonnes raisons de penser ce qu'on pense mais si parfois n'a pas
une bonne culture scientifique ben le problème c'est que la science c'est un c'est quelque chose
de compliqué qui demande de la nuance et que parfois le risque c'est d'avoir des discours
très autoritaires en se servant de la science comme argument d'autorité et ça ça pose aussi des
écueils importants et en réalité ce que défendait David scket c'était plutôt que l'Evidence Based
medéicine c'était surtout la la convergence de trois éléments les données probantes qu'on appelle
endroit français les connaissance médical avéré l'expérience k du professionnel qui
avait aussi de la valeur et les préférences du patient et souvent quand on regarde des
schémas c'est représenté comme des bulles et l'interpénétration de ces trois bulles ça donne
la meilleure décision médicale selon David Saket et h donc en réalité c'est plutôt un
sujet sur la façon de prendre des décisions plus que sur la sujétissement du raisonnement médical
au données probantes une fois qu'on comprend ça ben finalement on se dit que cette bipolarisation
elle est peut-être pas forcément utile si on pense que c'est dans l'intérêt du patient
parce que maintenant c'est quelque chose qui est obligatoire en France il y a un articlemission ti
4 par exemple qui indique que toute personne prend avec le professionnel de santé contte tenu des
informations et des préconnisation qui lui fournit les décisions concernant sa santé ou même pour les
ostéopathes qui sont pas professionnels de santé il y a l'article 16-3 du Code civil qui indique
que il ne peut-être porter atteinte à l'intégrité du corps humain qu'en cas Dee nécessité médicale
ou dans l'intérêt voilà d'autruie et cetera et que tout ça c'est conditionné au consentement donc en
fait maintenant il y a vraiment un changement où la personne elle est vraiment mise au centre aussi
de sa prise en charge et donc pour pouvoir bénéficier de cette capacité à émettre une
décision pour être autonome au sens étymologique prendre soi-même ses propres décisions ses propres
lois et ben il faut qu'elle soit bien informée tout simplement donc ça c'est vraiment l'evidence
base medéicine et c'est pas juste les données probandes comme on a parfois tendance à le croire
il y a peut-être une chose un peu dérangeante dans la question de cette notion de factualité que tu
as mentionné euh en philosophie des sciences on est très prudent par rapport à ce qui est
factuel il y a un adage par exemple assez connu de Nietzsche qui dit il y a pas de fait il y a
que des interprétations des faits c'est un peu une une allégorie pour dire qu'il faut être très
prudent avec ce qu'on appelle un fait en philo des sciences qui est la la version la plus hardcore de
de la partie scientifique on est très méfiant sur la notion de vérité ça j'en aais beaucoup parlé
dans mon trème ouvrage sur la preuve médicale en sens on cherche pas la vérité on sait que c'est
un objectif 20 donc dans le meilleur des cas on va chercher quelque chose qui relève de la validité
voilà et on sait que dans l'ADN des connaissances bah on sait qu'elles vont être probablement
dépassé un jour par un modèle qui qui sera plus efficace et donc il faut avoir l'humilité de se
dire on sait que c'est valide jusqu'à preuve du contraire donc on sait qu'il y aura une notion de
temporalité et que ça do rendre assez humble sur l'avenir et sur le caractère parfois un petit peu
hypertrophié qu'on va donner à quelque chose qu'on pense être véritable alors que dans le meilleur
des cas c'est fortement vraisemblable voilà il y a beaucoup de philosophes du 2 sième donc
Carl Popper que beaucoup de scientifiques aiment beaucoup qui est paré du critère de falsification
qui avait même employé des termes en disant voilà une théorie dans le meilleur des cas elle est très
fortement vrai semblable on a même parlé de vérisimilitude c'est-à-dire très très proche
de la vérité mais on sait qu'on pourra jamais la la l'associer à la vérité parce que c'est
pas l'objet de des réflexions des scientifiques donc tout ça ça doit amener finalement un petit
peu de de tranquillité par rapport à ce qu'on appelle les données probantes et la façon dont
on parle aujourd'hui de l'évidence bas méicine ou de l'vidence bas practice ce virage actuel d'une
partie des ostéopathes vers une pratique basée sur les preuves EBP tuévoque quoi il y a peut-être
un premier écueil dans lequel il faudrait voilà sur lequel il faudrait être vigilant
c'est que on peut pas présenter l'histoire en tout cas l'évolution de l'ostéopathie comme s'il
y avait eu une compétition entre une ostéopathie traditionnelle et une ostéopathie scientifique
et que c'est l'ostéopathie traditionnelle qui avait gagné en réalité là actuellement je mène un
projet sur l'histoire de l'ostéopathie françaises avec des historiens un historien historienne en
l'occurrence donc on a fait des entretiens avec des personnes qui maintenant pour certaines sont
décédées on a analysé des archives d'associations socio-pressionnell donc on a beaucoup de
documentation beaucoup de Data il y a quelque chose qui a c'est clair c'est que l'émergence
deostéopathie en France c'est quelque chose qui était consubstantiel à des notions de spiritualité
et de pratique mystique les premières traces qu'on retrouve l'ostéopathie en France c'est 1913 avec
un ouvrage qui est une traduction d'un ouvrage de Wilfred Riggs un ostopad contemporain de style qui
a été donc traduit et publié par Lucien Moutin et Guillaume Mann ensuite il y a une petite période
où il ne se passe rien on narrive pas à retrouver beaucoup de choses sur l'impact de cet ouvrage qui
a pour été minime et ensuite c'est Robert lavzari qui est un médecin avec un peu plus de visibilité
sur le plan académique qui a publié un ouvrage dans les années 50 sur l'ostéopathie qui a été
préfacé par lon Vanier et Léon Vanier et lui sont empreint de pratiques spirituelles de pratiques
ésotériqu et de pratiques mystiqu donc finalement la construction de l'ostéopathie en France elle
est vraiment on va dire normativement constituée par des pratiques diverses et des pratiques qui
se présentent comme des alternatives à la médecine conventionnelle c'est même une revendication des
ostéopathes ils disent on fait la même chose que les médecins mais mais avec une lecture
différente de l'organisme donc c'est vraiment une revendication c'est quelque chose qui a constitué
l'ADN de l'ostéopathie en France donc après sans poser du jugement moral c'est quand même important
de pouvoir l'observer et de constater que ça a été son processus gnoséologique la façon dont ça a été
créé en terme de connaissance dans la discipline quoi pour employer un mot adapté quoi après
on peut trouver ça regrettable ou pas c'est un débat contemporain qu'on peut avoir mais on peut
pas faire comme si ça n'avait pas existé l'ennui c'est qu'ensuite la construction scientifique de
la discipline a montré que par exemple il faut être très prudent aussi avec l'utilisation des
bons résultats quand les ostéopathes disent j'ai des bons résultats en fait ils en savent rien dans
le meilleur des cas ce qu'ils peuvent dire c'est j'ai obtenu une bonne satisfaction de mes patients
et satisfaction et résultat c'est parfois corrélé mais parfois c'est aussi décorrélé ça on s'en est
rendu compte en faisant des mesures par exemple un patient peut avoir un état de santé qui s'améliore
sensiblement et être globalement insatisfait de sa prise en charge de la même manière un patient peut
être très satisfait avec un état de santé constant mais on sait aussi que il y a un d'engendrement
parfois de l'un vers l'autre et réciproquement imp patient satisfait va peut-être voir son état
de santé s'améliorer et une amélioration pourra participer à la satisfaction de la
consultation donc il y a quand même une confusion autologique à pas faire entre les deux même si de
temps en temps il y a quand même des voilà une perméabilité qui existe entre ces deux notions
là l'ennui c'est que de manière contemporaine il y a aussi un processus d'institutionnalisation
de l'ostéopathie maintenant les ostéopathes ne rendent pas seulement des comptes à leur
confrère et au patients mais aussi à l'état et donc dans la réglementation 2014 il y a des des
textes réglementaires he des décret des arrêtés qui indique notamment dans la compétence 5 que
l'ostéopathie et les enseignements doivent reposer sur des publications scientifiques nationales
et internationales donc si c'est une exigence réglementaire juridique le problème c'est que les
enseignants ont pas spécialement été sensibilisé à la culture scientifique donc il y a encore cette
idée un peu mimétique de je vais retransmettre le discours que la personne qui m'a précédé m'a déjà
transmis qui est basé surtout sur l'expérience personnelle quelque chose évidemment qui a de
la valeur mais mais qui n'a peut-être pas autant de valeur que ce qu'on pensait initialement parce
que pendant longtemps l'idée c'était quand même de dire la main est quelque chose d'important ça
reste quelque chose qui caractérise la discipline aujourd'hui bien sûr quand on regarde par exemple
les définitions l'ostéopathique international alliance les définitions des de l'OMN les
benchmarks sur l'ostéopathie don j'aiis fait un article sur la philosophie des représentations qui
indique que la manualité est quand même quelque chose qui définit l'ostéopathie depuis son origine
jusqu'à une période contemporelle par contre on se rend compte que ce qui rel de du fait d'être non
jeune voilà d'avoir pu acquérir de l'expérience avec 40 50 années de pratique n'est peut-être
pas aussi intéressant que ce qu'on pensait sur par exemple quand on mesure la palpation on voit bien
que la fiabilité interopérateur deux personnes qui font la même chose et intraopérateur n'est
pas très bonne donc ça ça doit inspirer quand même une forme de modestie de se dire ben ok il y a de
temps en temps des contreexemples comme notre collègue anapola ferera du Brésil qui a publié
dans dans l' jum là notre revu international il y a quelques semaines le fait qu'il y a une
bonne fiabilité interopérateur pour opérer les transverses de C1 mais ça confirme bien qu'on
est sur des choses macroscopiques et à certaines conditions méthodologiques très précises donc
finalement tout ce qui était de la palpation fine ce qu'on pourrait même appeler de la
perception ça ça relève d'un autre champ qui est la phénoménologie où il y a aussi des productions
scientifiques par contre faut pas confondre palpation et perception qui sont deux choses
très différentes donc aujourd'hui les enseignants sont confrontés à cet écueil de ben si le discours
d'autorité qui consiste à dire croyez-moi sur parole parce que je suis non jeune n'est plus
efficace mais il va falloir trouver autre chose et cette autre chose c'est l'expertise donc pour
l'expertise ben ça implique de se remettre au travail à la lecture et d'expliquer aux étudiants
c'est même très confortable ça permet d'échapper à la dissonance cognitive de dire aujourd'hui je
peux vous dire ce que l'on sait très modestement il y a aussi des choses qu'on ne sait pas mais
je peux vous dire pourquoi on ne le sait pas et je peux aussi vous dire pourquoi autrefois on pensait
ça et que maintenant on a plus de bonne raison de penser que c'est vraisemblable et pourquoi
on pense autrement virgule jusqu'à preuve du contraire point qui une dé mararche beaucoup plus
confortable en fait en terme de d'éthique de l' mais ça demande un peu de travail et on est bien
placé pour le savoir parce que à l'université de hotalsace il a un diplôme universitaire pour les
formateurs en ostéopathie où j'interviens et on voit bien que ça fait maintenant quelques années
qu'il y a quand même ce petit changement qui est en train d'opérer de manière subreptis au début
et de plus en plus perceptible maintenant où il y a quand même cette volonté des C enseignants
de pouvoir acquérir cette expertise pour ensuite être légitime dans leur posture d'enseignant et
former donc des futurs ostéopathes qui feront la différence entre une bipolarisation qui est
sans doute pas tout à fait conforme euh à ce qui pourrait se faire en ostéopathie avec d'un côté
des des méchants traditionnalistes ésotérique et de l'autre côté des vertus évidentes de Best
Practice qui n'ont pas forcément de formation scientifique adapté au discours qu'ils tiennent
donc finalement il y a quand même des connexions à faire entre les deux dans une certaine mesure
à condition que les personnes soient capables d'échanger et que ce soit pas forcément toujours
caricatural même si temps en temps il y a des postures qui sont tellement extrême que ce sera
probablement pas possible de réconcilier tout le monde ça c'est possible mais en tout cas dans le
champ de la science en elle-même même il y a quand même cette invitation pour justement faire une une
intercommunication entre les deux pôles quoi on me reproche de donner la parole aux ostéopathes
traditionnel doit-on oublier notre histoire et se couper deeux ou pouvons-nous évoluer avec
Nuan alors pour travailler sur l'épistémologie c'est-à-dire notamment ce qui fait la théorie
de la connaissance ce qui fait qu'une connaissance est une connaissance par exemple et sur l'histoire
de l'ostéopathie ça répond en fait à des écueils très contemporains sur les notions d'identité
c'est un peu ce que j'ai défendu dans un article qui voilà éé publié très récemment dans dans l'
jum dont on avait discuté ensemble déjà sur les théories de l'identité il y en a beaucoup on m'a
déjà interrogé dessus il y a eu des vidéos qui ont été faites dessus eu mais souvent c'est plus
rassurant pour la pensée d'être très diichotomique en en faisant des on of question sur l'ostéopathie
ça doit être ceci ou ça doit être cela euh ce que j'avais par exemple défendu dans cet article c'est
que l'identité par exemple chez Paul Ricker il y a il y a deux types d'identité qui une fois qu'elles
sont associées vont permettre de parler d'identité en général l'identité idem qui est que quelque
chose reste constant dans le temps et l'identité IPS qui est qui a des petites variations
temporelles et c'est l'association d' 2 qui fait qu'on reconnaît une personne ou éventuellement
une profession et on lui donner des propriétés générales donc ça ça permet voilà d'assouplir un
petit peu cette On Off question sur l'ostéopathie doit répondre à ceci ou cela impérativement parce
qu'on voit bien que faire des définitions en identité c'est très compliqué c'est très compliqué
par contre ce qui peut de temps en temps aider aussi des protagonistes à reconsidérer leur point
de vue c'est que certains courants ostéopathiqu reposent sur des personnalités un petit peu
fondatrices pour lesquel il y a une forme d'attachement un petit peu de de de filiation
des figures un peu tutellaaires euh ce qui fait partie des choses normal hein quand quelque chose
fait école il y a un maître des élèves et une doctrine problème c'est qu'en ostéopathie les
doctrines sont pas toujours très claires et très établies c'est difficile ça repose souvent sur
des exégèes c'est-à-dire des interprétations qu'on ce qu'on fait de souvent des discours en plus donc
c'est pas forcément facile d' d'en discuter et ce qui de temps en temps devrait pouvoir
éclairer certains protagonistes pour savoir s'ils appartiennent ou pas à un courant c'est de se dire
quelles étaient les valeurs défendues par ce courant et de temps en temps on se rend compte
qu'il y a parfois des achopements de valeur ça permet de savoir si on continue à adhérer à ce
courant si on décide de changer de point de vue par exemple il y a aussi dans certains courants
d'ostéopathie des choses qui méritent aujourd'hui de pouvoir être discuté si par exemple certains
courants pour exister repose sur des socles qui sont par exemple contre l'homosexualité euh
pour l'anthroposophie prife antieuthanasie ben les protagonistes qui adhèrent à ces courants ont le
droit de savoir quelles sont les valeurs défendu pour savoir si ça leur convient et après ben il y
a plusieurs choix soit ils disent je mets de côté ses valeurs et je continue à faire ce que je fais
ou je reconsidère mon point de vue sur ce que je fais voilà ça c'est quand même quelque chose qui
mérite aujourd'hui d'être mise en valeur pour que les personnes fassent leur choix de manière la
plus éclairée possible tout simplement devons-nous mettre notre manualité et notre tradition de côté
suite aux études scientifiques qui montrent que notre main n'est pas fiable et que nos modèles
explicatifs ne sont pas cohérents je pense qu'il faut effectivement toujours se avoir une attitude
assez modérée sur le champ lexical de l'excès sur tout mettre à la poubelle ou tout enlever dans les
données probantes comme on l'a dit tout à l'heure qui est conforme he au modèle evvidence base il y
a aussi des études de phénoménologie il y a aussi des études historiques et tout ça ça fait partie
aussi des données probantes parce que la science est très très très large il les sciences de nature
les sciences humaines et sociales et tout ça ça nous renseigne sur les objets qu'on essaie
d'étudier donc la manualité certes on a indiqué que la fiabilité de la palpation n'est pas très
bonne mais la manualité n'est pas uniquement la fiabilité de la palpation la manualité c'est aussi
le rapport intersubjectif qu'on a avec une autre personne le champ représentationnel et l'accord
entre le champ représentationnel du protagoniste qui est le thérapeute et du patient et tout ça ça
peut être déterminé par des outils contemporain comme l'entretien motivationnel pour évaluer
les les attentes du patient qui sont déjà voilà un domaine assez normalement maintenant bien enseigné
dans la formation continue qui probablement devra rentrer dans l'enseignement initial pour voir dans
quelle mesure la place de la thérapie manuelle doit justement exister dans la consultation et
lui donner la valeur euh qui répond aussi aux attentes du patient et on sait aujourd'hui avec
des données assez stables que les patients sont en demande de thérapie manuelle et pas seulement
euh de recommandation de gymnastique médicale ou d'exercices d'autonomisation même si ça fait
aussi partie de la littérature scientifique donc tout ça ça fait aussi partie de la prise en charge
et ça fait aussi par partie des données promantes bien sûr qu'est-ce que la science a pu évaluer et
prouver comme efficace en ostéopathie alors pour ça il faudrait faire beaucoup plus qu'une émission
d'une heure pour faire un exposé exhaustif en plus ce serait extrêmement présomptux de ma part
de penser avoir les connaissances suffisamment large pour te faire un bilan de tout ce qui a été
démontré en ostéopathie il y a un peu quand même souvent cette petite musique qui consiste à dire
qu'il y a pas beaucoup de preuves scientifiques en ostéopathie euh je crois qu'il faut vraiment
voir la réalité en face moi dans c'est le métier de faire de la science j'ai du mal à me tenir à
jour de toutes les publications qui concernent la médecine manuelle en général et l'ostéopathie
en particulier donc c'est compliqué de faire un bilan exhaustif on peut donner quelques exemples
à titre illustratif hein qui prétendent pas du tout à l'exhaustivité par exemple on a
pu indiquer que l'ostéopathie n'a pas une forte sinistralité pour le dire autrement on sait que
l'ostéopathie c'est pas forcément quelque chose de très dangereux pour ça il a fait faire des
des collections épidémiologique pour voir par exemple quels sont les risques vasculaires du
rachie cervicale je pense aux recommandations internation qui ont été fait par Steven Vogel
Roger carry et cetera d'autres il y a aussi des études sur les capacités attentionnelle
la disponibilité attentionnelle du thérapeute notre collègue Francesco cheritelli il a mis des
patients sous C des IRM fonctionnels pour voir ce qui se passe dans le cerveau de quelqu'un
quand un thérapeute qui touche un patient est concentré et quand on distress son attention et
alors que le patient n'a aucun moyen de savoir sensoriellement que le thérapeute est concentré
ou distrait il se passe des choses différentes en réalité dans le cerveau du patient donc il
y a beaucoup de choses qu'on sait aujourd'hui sur par exemple la recherche fondamentale sur
les effets par exemple des manipulations il y a une revue systématique donc quelque chose avec le
plus haut niveau de preuve dans la hiérarchie des preuves de la Haute Autorité de santé qui a été
par nos collègues lerefel quesava et cetera sur le fait que il y a des biomarqueurs qui existent
et qui changent lorsqu'il y a une manipulation par exemple qui est réalisée on sait que par
exemple ça a une action sur le cortisol donc c'est anti-inflammatoire donc il ne se passe pas rien et
on sait que tout ce domaine qui pendant longtemps été un peu rapidement qualifieré d'effets placebo
qu'on appelle aujourd'hui maintenant les effets non spécifiques c'est quelque chose qui a une
place très importante dans la prise en charge et dans l'alliance thérapeutique qui donne une
amélioration réelle de l'état de santé du patient donc tous ces éléments maintenant ça mérite quand
même d'être mis en avant et c'est un peu aussi le travail que je fais en épistémologie dans
le cadre de mes recherches c'est de dire bah finalement les stopathes n'ont parfois
pas beaucoup de connaissanceces mais quand ils ont des connaissances ils ont une très mauvaise
connaissance de leur connaissance voilà pour reprendre une une réflexion d'Étienne cllein
et le travail des épistémologues c'est de dire ben est-ce est-ce qu'une connaissance émerge comme ça
ex niello ou est-ce que d'abord c'est une croyance qui se transforme et à quell conditions elle se
transforme et est-ce que on peut considérer que de manière général enostopathie on a maintenant
des choses stabilisées qui permettent d'en parler comme un objet à part entière voilà donc il y a
quand même pas mal de choses maintenant qui existent et qui mettent en évidence
ben l'alliance thérapeutique et beaucoup de domaines que le médecine conventionnel
n'aurait pas investigué s'il n'y avait pas eu des sociétés savantes auxquell parfois j'appartient
qui apporte ce que les épistémologues appellent des des enrichissements ontologiques voilà de
regarder les choses différentes qui contribuent de manière générale à la connaissance médicale
dans l'absolu peux-tu nous parler du sujet de tes recherches scientifique sur l'ostéopathie
alors je pourrais évidemment pas parler de tout parce que maintenant je dois avoir une dizaine
de publications dans le domaine de la médecine de la philosophie et du droit médical c'est-à-dire
mon domaine d'expertise à moi ce que je peux éventuellement te dire c'est les recherches en
cours ou celles qui sont sur le point d'aboutir donc on a parlé de mon article sur l'identité
dans l'International Journal of hosteopathic Medicine qui est notre revue internationale
plutôt de référence qui est assez exigeante mais mais qui mérite qu'elle mérite d'exister eu je
peux te parler de l'ouvrage collectif que j'ai dirigé qui s'appelle mythologies ostéopathique
qui va sortir dans les semaines qui viennent qui est un ouvrage voilà collectif que j'ai dirigé où
il y a certains protagonistes d'ailleurs que tu as interrogé qui ont fait des chapitres dedans
voilà in du travail collectif c'est que chacun parle de son domaine d'expertise pour éviter de
faire ce qu'on appelle de manière contemporaine de l'ultra crépidarianisme alors c'est un un peu long
pour dire des experts qui parlent d'un domaine dans lequel ils ont pas d'expertise voilà sous
couvert de leur expertise sur un autre domaine il s'aventurent sur des chemin sur lesquels il
devrait pas s'aventurer normalement si on veut parler scientifiquement voilà j'ai terminé
un ouvrage aussi de droit médical qui est pas uniquement ouvrage descriptif sur l'ostéopathie
qui va être publié dans une une grosse maison d'édition juridique donc c'est intéressant de
voir que quand en fait on est scientifique il y a pas cette représ représentation caricaturale
des gens qui sont autorisés à s'exprimer ou pas il y a est-ce que vous êtes cohérent
scientifiquement oui ou non si la réponse est oui on se fiche bien qu'en fait le sujet soit
l'ostéopathie ce qui compte c'est la valeur de la démonstration scientifique donc là je travaille
avec des historiens pour faire l'histoire de l'ostéopathie française donc ça va être un peu
long mais je pense que ça va être très stimulant je travaille également sur la représentation que
les enseignants ont de leur discipline avec des entretiens semi-directifs donc ça j'en ai quand
même fait beaucoup sur une trentaine d'écoles j'en ai Inter j'ai quasiment une dizaine donc
la significativité est très bonne et je travaille aussi avec un sociologue et mon
collègue Franck Garnier le docteur franc Garnier qui est spécialiste en analyse de l'activité
donc on a fait une enquête nationale pour voir pour les ostéopathes français qui sont ce qu'on
appelle les figures emblématiques c'est-à-dire les personnes qui sont susceptibles d'influencer
la pratique des ostéopathes en France donc on a identifié statistiquement quelles sont ces
figures emblématiques au sens sociologique et on allait quasiment toutes maintenant les voir pour
les filmer en consultation faire ensuite des entretiens d'autoconfrontation c'est-à-dire il
se voi en train de faire leur consultation parce qu'on les a filmé et ils commentent pour expliquer
leur façon dont ils prennent des décisions donc ça se veut pas quelque chose de moralisateur qui va
dire c'est bien c'est mal c'est une photographie en essayant d'être le plus objectif possible donc
la neutralité étant impossible on essaie de tendre vers ce qu'on appelle une neutralité
axiologique pour reprendre les termes de Max Weber c'est-à-dire d'essayer de se détacher de se mettre
à distance de ces valeurs pour essayer de décrire la réalité t telle qu'elle se présente voilà et
mon travail d'épistémologue ben je l'ai un peu dit dit tout à l'heure c'est de d'essayer de de
de réfléchir sur la théorie de la connaissance dans le domaine de l'ostéopathie parce que c'est
quelque chose qui relève de la science et si oui à quelles conditions on peut dire que çaen est
avec les précautions d'usage qu'on imagine explique-nous un peu plus précisément ton
parcours ma spécialité c'est le sciences humainé social donc la première fois qu'on m'a dit que
j'allais intégrer un laboratoire de recherche moi je m'attendais effectivement à avoir des
paillasses des gants des blouses des lunettes des tubes à essai et de la fumée qui sort voilà
enté en S humain sociale on a d'autres types de laboratoires on fait d'autres types d'expériences
qui sont toutes aussi scientifiques mais avec des outils différents donc moi au parcours après mon
diplôme d'ostéopathe j'ai fait d'abord formation courte ça s'appelle du diplôme universitaire j'ai
un diplôme universitaire de droit médical puis un Master 2 de droit public voilà avec
une spécialisation en droit de la santé et de la protection sociale puis un doctorat de droit que
j'ai soutenu en en 2018 qui m'a permis ensuite d'intégrer des équipes de recherche et puis
maintenant je suis aussi doctorant en philosophie des sciences à l'Université de Lyon I voilà
donc c'est pour ça que mes sujets de recherche c'est médecine droit et philosophie des sciences
et donc je suis dans des laboratoires de philosophie des laboratoires de droit des
laboratour de médecine pour ça qu'il y a des collaborations interdisciplinaires qui existent
et h souvent il y a aussi cette petite idée que les sciences de la nature donc en médecine les les
mesures épidémiologiques la recherche fondamentale l'analyse de données biologiques c'est quelque
chose d'autosuffisant donc j'ai bien expliquer dans mais je suis pas le seul à le revendiquer
bien entendu avec des philosophes bien plus euh connus et Monk que moi qui suis en construction
euh que clairement le domaine des preuves y compris dans le domaine médical se repose à la
fois sur les sciensces de la nature mais aussi sur les sciences humaines et sociales puisqu'il y a la
façon dont les sociétés accordent de la valeur à la notion de preuve qui sont assez variables
par exemple si tu prends des recommandation sur le cholestérol c'est assez variable entre
différents pays alors que la science on pourrait s'attendre à avoir des résultats constants donc
il y a la façon si dont les sociétés traitent les niveaux de preuve et leur accordent un caractère
de fiabilité en fonction des valeurs qui son défendu aussi pour des choix politiques qui
sont différents en fonction des pays la science est-elle universelle ou y a-t-il des sciences qui
diffèrent selon les cultures il y a un constat qui est un constat assez universel chez les philosoph
des sciences c'est qu'il n'y a pas de définition de stabilisé de ce que c'est que la science ce qui
pose plusieurs difficultés qui ont des avantages et des inconvénients c'est que s'il n'y a pas de
définition de ce que c'est que la science on peut pas dire ceci est scientifique et ceci ça
n'est pas scientifique d'autant plus que il est difficile aussi d'avoir une définition stabilisé
de ce que c'est que la pseudoscience et une thèse de philosophie qui vient d'être soutenue par une
de mes collègues qui s'appelle Stéphanie Debray sur la pseudoscience en Amot pseudoscience en
deux mots qui font référence à des concepts différents donc tout ça c'est des sujets qui
nécessitent vraiment beaucoup de temps et beaucoup de pédagogie parce que c'est très compliqué donc
les philosophes des sciences contemporains parlent plutôt d'airir de famille voilà avec
des épistémologies régionales c'est-à-dire que un exemple qu'on prend souvent c'est un essai
clinique c'est très bien dans le domain de la médecine ça marche pas du tout en macroéconomie
parce qu'en fonction des disciplines il y a des différentes façons de produire des connaissances
qui vont être intrinsèques à chaque discipline donc il y a pas une science universelle par contre
il y a des grands airs de famille et ça nous permet de savoir globalement ce qui s'inscrit
dans une soit une démarche scientifique puis qu'il y a pas vraiment non plus de méthode scientifique
universelle et à chaque fois que des scientifiques ont essayé de mettre en évidence une démarche ou
une méthode scientifique ils ont tous échoué début du 20e siècle le Cercle de Vienne ils sont dit en
fait ce qui compte c'est les énoncés scientifiques et Mme eux ils ont échoué donc cet échec est
assez récurrent tantz si bien que finalement les philosophes de Scien ont abandonné cette
idée en disant mais en fait c'est c'est c'est une trappe c'est un leur donc euh qualifier quelque
chose de science de scientifique c'est c'est pas forcément le sujet aujourd'hui c'est il y a-t-il
un grand air de famille y a-t-il des objets qui relèvent du domaine scientifique ce qu'on appelle
aujourd'hui le le pluralisme épistémologique voilà euh donc il y a des grands pluralistes qui sont
importants je pense notamment à un qui est très connu qui s'appelle Paul fireabunt
et qui disait de toute façon même essayer de mettre quelque chose à défaut pour montrer
que ça ne fonctionne pas c'est de toute façon intéressant parce que ça donne une contribution
positive au savoir en général donc pour lui il y a un peu cette idée de Anything Goes tout est bon
il faut examiner les choses et de toute façon même dans les procédures particulière d'évaluer ce qui
relève d'une connaissance c'est de toute façon non pour la connaissance en général donc Paul fireaben
par exemple pouvait critiquer l'astrologie d'un point de vue scientifiquement rationnellement tout
en critiquant une tribu contre l'astrologie qui repose sur des arguments d'autorité donc
ça ça demande quand même voilà des disposition particulière beaucoup de connaissances notamment
en anthropologie pour certains protagonistes qui permet de dire bah voilà ceci relève quand même
d'une connaissance parce que ça a du sens dans une civilisation particulière et pas forcément
dans une autre civilisation est-ce nécessaire que l'ostéopathie évolue avec la science pour gagner
en crédibilité face au médecins au kiné et cetera alors l'évolution scientifique de l'ostéopathie
probablement le le sujet principal le destinataire principal de cette question c'est le patient parce
que le patient doit pouvoir choisir et pour qu'il puisse faire son choix le plus éclairé
comme on l'a dit au début faut qu'il ait toutes les informations et les informations s reposent
uniquement sur des croyances ou de la spiritualité bah il faut que le patient ait la possibilité de
dire ça me convient et je fais ça mais en connaissance de cause ce qui est dérangeant
pour des épistémologues ou des scientifiques en général c'est de maquiller quelque chose avec la
mauvaise étiquette c'est-à-dire d''estampier quelque chose de connaissance scientifique
alors que ça relève plutôt d'une croyance individuelle ou d'une croyance religieuse
voilà à partir du momentù on est transparent les gens ont le libre choix de faire ce qui leur
semble le plus approprié donc est-ce que c'est une nécessité probablement c'est pas vraiment à moi de
décider ce serait plutôt aux personnes qui sont impliquées dans la politique de la discipline aux
associations sociopressionnelles représentativ ou non représentative ou aux ostéopathes mais
clairement pas aux scientifiques comme moi on n'est pas des gens qui sont ils sont des
personnes prescriptives nous dans le meilleur des cas on fait notre travail et ensuite le fruit de
notre travail ça nous concerne déjà plus on peut communiquer on peut partager et ensuite euh il y a
des découvertes scientifiques parfois qui sont pas utilisées pendant 200 ans euh et ensuite on dit ah
formidable 200 ans quelqu'un a fait euh quelque chose d'extraordinaire mais en fait euh on fait
pas du militantisme politique on est scientifique on peut mais souvent l'association des deux c'est
c'est pas toujours probant voilà en tout cas c'est c'est pas mon cas pour les ostéopathes
h mais par contre les patients ont le droit d'être informés par contre l'avantage de s'insclure dans
une démarche en tout cas scientifique des des actions scientifiques ça permet de communiquer
avec d'autres professionnel et d'éviter finalement le le rejet de principe ou l'ostracisme au motif
qu'on aurait par exemple un langage qui serait uniquement voilà vernaculaire propre uniquement
aux ostéopathes qui arrivent même pas entre eux à se comprendre l'avantage de la communicabilité
des du discours scientifique c'est que qu'on soit masseur kinésithérapeute médecin spécialiste ou
opath le risque vasculaire au niveau du Rach cervical les statistiques du risque absolu
ou du risque relatif c'est les mêmes pour tout le monde les recommandation de bonne pratique de la
Haute Autorité santé sur les déformations crâennes positionnelles c'est les mêmes pour tout le monde
donc ça c'est communicable c'est partageable et ça ça favorise la présence charge pluridisciplinaire
dont on sait aujourd'hui qu'elle est beaucoup plus vertueuse dans l'intérêt des patients la
science a prouvé que le MRP n'existe pas et certains ostéopathes considère le crânien
et le viscéral comme de la pseudoscience ou de la dérive thérapeutique ça t'évoque quoi alors
alors en tant que scientifique je suis toujours un peu dérangé par alors par cette question
euh il y a plusieurs règles quand on fait de la science c'est que la charge de la preuve ça repose
sur la personne qui énonce donc normalement c'est pas la démarche scientifique normale c'est pas
d'essayer de contester quelque chose c'est que si j'énonce par exemple que le Mécanisme Respiratoire
Primaire existe et que je dis que je suis dans une démarche scientifique c'est à moi d'en faire
la démonstration h donc il y a plusieurs options soit on considère que ça n'est pas de la science
c'est une possibilité de dire que c'est une croyance comme une croyance religieuse par exemple
qui est partagé entre certains protagonistes qui s'entendent sur un certain nombre de règles et qui
transmettent ça comme un espèce de savoir-faire et dans ce cas-là moi c'est pas dans mon département
donc j'ai pas d'avis à avoir sur le christianisme le bouddhisme le taoisme le shintoïme j'ai pas
d'avis là-dessus en tant que scientifique en tout cas j'ai pas d'avis là-dessus ou alors on
considère que c'est quelque chose qui entre dans l'empire des sciences et dans ce cas-là et ben il
faut se soumettre à une démarche expérimentale et si on réfléchit de cette façon par exemple
dans l'ouvrage mythologie ostéopathique il y a un chapitre sur l'ostéopathie de la tête qui a
été fait par Marco gabouti d'ailleurs que tu connais maintenant bien et faire l'histoire
épistémologie des concepts ça permet de comprendre pourquoi au début on pensait que c'était une idée
intéressante et pourquoi on se rend compte que bah certaines choses persistent parfois
pour des raisons auxquelles on s'attendait pas et certaines fois certaines idées bah finalement se
déconstruisent petit à petit et on peut pas faire comme si ça n'avait pas eu lieu donc il y a eu des
démarche expérimental Sutherland on le voit dans la biographie d'Ada Sutherland sa femme qui m'a
en plus traduite en français sur les textes qu'il a pu produire comme cranen Ball qui a autoédité
puis ensuite Harold ymon qu'en fait il n'y a pas de théorie de l'ostéopathie crânienne une théorie
c'est une hypothèse qui essaie de décrire un phénomène qu'on soumet à des testes avec un énoncé
qui laisse peu de place à l'interprétation le plus possible et qui ensuite a un caractère prédictif
sur des expériences analogues qu'on va réaliser en suivant l'énoncé l'ostéopathie crânienne ça
répond pas du tout à cette qualification donc en fait il y a pas vraiment de théorie donc s'il y a
pas vraiment de théorie de fait c'est difficile de considérer que c'est de la science voilà par
contre si ça se maquille comme quelque chose de scientifique et qu'on le présente comme quelque
chose qui relève de la connaissance scientifique dans ce cas-là il y a de la fraude soit c'est de
la mauvaise science soit c'est de la non science soit c'est de la pseudoscience il y a plusieurs
catégories qui correspondent à ça donc ça il faut être vigilant il faut regarder les tests il y a
eu des tests qui ont été réalisés par Louis burn DEP 2 siècle en a eu derrière par vieolf
maintenant il y a des données assez stabilisées qui nous montrent que on a aucune bonne raison
de penser que c'est vraisemblable on sait que les ostéopathes ça pu à peu près à 50 g par cmè carré
sur la tête des gens ça touche probablement pas l'os et que la déformation crânienne
c'est peut-être 1 Kg 1 kg et demi par cmè car pour commencer à etc lesitures bah évidemment
la plupart du temps ça bouge pas à partir d'un certain âge donc quand tous les arguments petit
à petit tombent les uns après les autres on peut pas faire comme si ça n'existait pas d'autant plus
qu'il y a eu des productions des Rev systématiqu qui ont été faites par un groupe qui s'appelle
cortex en 2015 et en 2016 dans la littérature les les ostéopathes ne peuvent pas ignorer que
ces revue systématique ont été réalisé et produisent des résultats qu'on connaissait
déjà mais qui ont eu le mérite de les synthétiser dans une étude méthodologiquement bien réalisée eu
donc maintenant c'est comment on compose avec ça souvent il y a un peu ce champ lexical que
tu avais un peu employé peut-être de manière un peu provocatrice tout à l'heure en disant est-ce
qu'il faut tout jeter ben probablement pas ça n'est pas parce que le Mécanisme Respiratoire
Primaire n'a sans doute jamais exist à part dans l'esprit des gens qui le croyaient qu'il ne faut
pas toucher la tête des gens on prend souvent cet exemple d'une personne qui a une problématique de
santé particulière et qui attend qu'un ostéopathe lui touche la tête ben on on sait que dans son
champ représentationnel ça a du sens qu'on lui touche la tête et donc on sait que probablement
la forcer à reconsidérer son point de vue ça risque d'altérer l'alliance thérapeutique dans
une certaine mesure ça relève de l'éthique du soin dans quelle mesure on doit répondre à ses
attentes pour obtenir des bons résultats surtout si cette personne nous dit j'en ai vu plein des
ostéopathes on m'a fait plein de choses sans doute formidables qui n'ont jamais rien fait
sur mes céphalit de tension la seule chose qui me soulage c'est qu'and on fait de l'ostéopathie
crânienne probablement que le protagoniste qui soigne aurait tort de ne pas lui toucher la tête
par contre après c'est une question d'éthique jusqu'à quel point je suis capable de répondre
aux attentes sans me mettre moi-même en inconfort par rapport à ce que je suis en train de faire au
motif que je sais que probablement ça va améliorer l'alliance thérapeutique ça c'est des questions
d'éthique médicale sur lequel bien sûr il y a aussi toute une littérature scientifique sur
ce que c'est que l'éthique médicale il y a des productions contemporaines très riches de ce
genre de discussion alors tu sais en science on a toujours cette tendance à ne jamais se reposer
sur une chose faut se reposer justement sur beaucoup de choses c'est aussi pour ça que je
disais au début qu'il y a beaucoup de personnes qui se revendiquent de la science qui n'ont pas
forcément de culture scientifique et qui voient un essai clinique parci ou deux et qui lisent
probablement la conclusion et qui en tirent une voilà une vérité générale voilà avec ce qu'on a
pu dire sur la vérité donc non les rapports cortex sont eux-mêmes sont pas for forcment
suffisant pour se faire un avis néanmoins c'est quand même des revues thématiques c'est veut dire
qu'ils ont analysé beaucoup beaucoup d'articles ce qu'on peut éventuellement le reprocher c'est
la façon dont ont été rédigé les conclusions moi ça je le fais étudier aux étudiants il y
a un champ lexical c'est vrai qui est assez chargé avec des jugements de valeur qui sont
peut-être pas tout à fait conforme est-ce qu'on pourrait attendre un scientifique qui se dit
bah en fait j'observe que ça ne répond pas en fait aux prétentions initiales de ce que les ostéopathe
crânien revendique faire donc c'est pas conforme voilà il y a pas de conformité on n'est pas obligé
dire que ça relève du vodouisme avec toutes ces considérations péjoratives souvent qui
accompagnent justement ce champ lexical donc bien sûr on regarde qui sont les auteurs ou les
auteuris des rapports quelle a été leur méthode est-ce que ça a été publié dans des revues est-ce
qu'il y a eu des reviewing est-ce qu'il y a eu est-ce que quelle est la nature de cette revue
et cetera et cetera ça bien sûr ça fait partie de la démarche scientifique normale pratiquer
que des techniques validées c'est réduire notre boîte à outils n'est-ce pas un approurissement
de la profession d'ostéopathe je pense que c'est sans doute un des arguments qui est
utilisé par des ostéopathes que tu as appelé un peu traditionnalistes souvent par méconnaissance
de ce que c'est que la science parce qu'en rité moi je vois ça plutôt comme un enrichissement
c'est-à-dire que globalement les ostéopathes ils ont la satisfaction des gens hein ça on fait des
essais quand on mesure contrairement à ce qui a été dit dans la presse y compris la presse
vraiment grand public l'ostéopathie globalement ça c'est plutôt efficace la thérapie manuelle en
général a des il y a des données probantes qui montrent que c'est mieux de faire de la thérapie
manuelle que de faire sans de faire de la thérapie manuelle à certains égards à certains égards euh
donc voilà il faut être modéré par rapport à tout ça et probablement la crainte c'est
de dire ce que je raconte n'est pas valide donc ça peut-être que si on a répété un discours qui
en plus a fait l'objet de formation continue qui ont des fonctions rémunératrices et qu'on a fait
des enseignements peut-être parfois avec beaucoup d'autorité pendant 10 15 20 30 ans ça peut être
douloureux euh de se confronter à des données probantes et de se dire ben finalement ce que
j'ai dit n'est pas n'est pas vraisemblable voilà donc ça je peux l'entendre que ce soit difficile
et que une attitude cognitive normale est de résister en essayant de dire oui mais ce sont
des méchants médecins qui veulent détruire leur profession ou des méchants scientifiques qui n'ont
d'autres vocation que de réduire la profession en pont de chagrin pour la faire absorber par
d'autres et donc de perdre notre finalement notre militantisme qui considè voilà qui consista à
défendre l'ostéopathie comme une profession à part entière donc pour des gens qui ont un combat toute
une vie je pense que c'est assez raisonnable comme attitude dans un premier temps ensuite
vient le temps de la réflexion de de manière un peu plus médiate où là il faut prendre le temps
d'examiner normalement aussi ses arguments pour voir si on peut reconsidérer son point de vue
c'est quand même un enrgissement parce que ça a permis comme je l'ai dit tout à l'heure de faire
des enrichissements ontologiques c'est-à-dire d'amener le regard scientifique sur des éléments
qui jusqu'àors n'étaient pas appréhendés par les sciences médicales conventionnel
donc de comprendre ce qui se passe dans la relation intersubjective d'un praticien qui
ou pas touche un patient et de l'expliquer avec des outils plus probants qui en plus donnent un
caractère prédictible donc scientifiquement valide sur ce qui se passe vraiment pend la consultation
c'est beaucoup plus intéressant que de reposer ça sur une doctrine par exemple qui sera une doctrine
basée sur une croyance dont on a pu montrer qu'en plus ça ne fonctionne pas donc c'est plutôt un
enrichissement donc souvent on dit aux ostéopathes en fait vous pouvez globalement continuer à faire
ce que vous faites dans une certaine mesure c'est juste qu'on va peut-être employer déjà un langage
différent pour expliquer ce qu'on fait voilà donc peut-être que la difficulté ce sera de voilà
changer de doctrine et que si certains par exemple ont basé tout un système économique hein de revenu
sur une doctrine c'est quand même difficile d'en changer et ça c'est possible de le comprendre d'un
point de vue humain dans un premier temps surtout si les personnes n'étaient pas mal intentionnées
ou dans une démarche commerciale excessive c'est c'est quand même facile de le comprendre si en
doute et leur style vivait en 2024 avec les outils modernes IRM scanner pratiquerait-il
la même ostéopathie c'est toujours difficile de d'imaginer une conversation avec des morts euh
parce que nous on regarde l'histoire avec notre œil de personnes dans une société contemporaine
donc difficile ce qu'on sait c'est qu'andro tayor steyle il y a quand même eu un à l'American School
of hosteopathy peu de temps après la création de la radio he qui a été développée par rongun
quelques années après laaso on a commandé après on sait qu'il y avait déjà des des des des polarités
au sein de l'American School entre les frères little John Arthur dress et cetera qui avait des
des conflits néanmoins il y avait quand même ce souci de je suis pas contre essayer de faire des
expériences pour voir ce qui se passe d'ailleurs style dans ses ouvrages le dit lui-même il faut
queon puisse prouver ce qu'on fait parce qu'il était assez confiant de ce qu'il faisait il avait
globalement sans doute la bonne satisfaction des patients qu'il rencontrait donc il n'avait
pas raison pas de raison en fait lui de de se soustraire à l'expérimentation il était assez
confiant par contre andro tellor il est mort avant la découverte de la pénicilline ça ça a changé
quand même pas mal de choses hein les philosophes de la médecine comme Jacob stegenga contemporains
disent bien que ça fait partie des Magic Bullet c'est-à-dire des traitements très spécifiques
très sélectifs qui ont changé radicalement la façon dont on pratiquait la médecine euh donc
ça c'est une question assez ancienne Coré penser style c'est difficile je pense que personne n'est
vraiment en mesure de le savoir euh ce qu'on sait c'est par contre dans l'identité professionnelle
il y a régulièrement des questions bah quelle est la part de tradition qu'on doit conserver
et jusqu'à quel point en la conservant ou la conservant pas c'est toujours quelque chose
qui correspond à de l'ostéopathie voilà dès 1943 je l' avait déjà expliqué dans un article
antérieur sur les représentations le président de l'American osteopathic association avait indiqué
que les étudiants sont disosteopathiz sont désostéopathisés parce qu'ils abandonnaient
un peu la thérapie manuelle pour faire plutôt de la pratique pharmacologique à l'hôpital donc c'est
une question qui n'est pas neuve et qui fait partie sans doute des éléments qui charient
l'identité contemporaine de l'ostéopathie donc je je saurais pas trop dire ce que style dirait
aujourd'hui je pense que c'est à vrai dire un exercice impossible de nombreux jeunes ostéopathes
n'arrivent pas à vivre de leur profession comment expliques-tu cela je suis pas la meilleure
personne pour parler démographie puisqu'il y a maintenant des ostéopathes qui s'en occupe je
pense auss ostéopath pro qui a été tellement bien fait qui a été cité par le rapport de l'Inspection
générale des affaires sociales donc c'est pour dire que maintenant on a une idée voilà euh du
nombre d'ostéopates qui existe alors trop trop c'est un jugement de valeur quantitatif en disant
bah est-ce qu'il y en a trop ça veut dire que probablement certains ostéopathes n'arrivent pas
à vivre dignement de leur travail et ça on peut trouver ça regrettable par contre trop par rapport
au statut juridique actuel des ostéopathes est-ce que ce serait trop si par exemple il y avait un
consventionnement par l'assurance maladie qui permettrait au Français sur deux qui ne consultent
pas actuellement de consulter aussi un ostéopathe bah je n'en suis pas sûr par exemple euh est-ce
que ce serait trop si par exemple il y avait une évolution du statut des ostéopathes qui leur
permettait ou pas de devenir des professionnels de santé euh d'intégrer des structures hospitalire
d'avoir accès justement à l'hôpital public sans être toujours obligé de passer par des systèmes
détournés d'accéder de premier recours aux maisons de santé sans être obligé de recourir à
des artifices juridiques pour y rentrer ben je ne sais pas s'il lu en aurait encore trop à vrai dire
euh là probablement dans le contexte actuel si on entend effectivement les discours de certains
jeunes ostéopathes qui probablement d'ailleurs motivent aussi leur leur critique vis-à-vis de
leurs aînés en disant bah effectivement il y a des responsables alors effectivement il y a
des responsabilités sans doute chacun fera son examen de conscience sur le développement des
établissements privés sur la faible coopération parfois du pouvoir exécutif sur la voilà les la
validation de laagéement des écoles et cetera mais c'est un autre sujet donc dans l'état actuel oui
on pourrait estimer qu'il y a sans doute trop d'ostéopathes mais eu égard à leur statut sans
pouvoir présager à l'avenir de leur évolution potentielle et du fait de l'épanouissement en
réité des futurs ostopades qui arriveront sur le marché avec l'évolution qu'il y aura mais comme
j'ai pas de boule de cristal j'ai pas de vision prophétique sur l'avenir pour toi quelle est la
ir de l'ostéopathie dans les prochaines années alors imaginons qu'on a une boule de cristal et
qu'on fasse une expérience de pensée sur l'avenir je pense qu'il est assez difficile d'imaginer que
l'ostéopathie se tiendra toujours à distance de l'université d'ailleurs ça fait partie des
recommandations du rapport de l'Inspection générale des affaires sociales de renforcer
les liens entre l'hôpital et les établissements en ostéopathie de renforcer les enseignements
scientifiques et de former les formateurs donc moi je suis assez convaincu qu'il y aura probablement
dans le processus d'institutionnalisation des questions qui vont se poser sur
l'universitarisation ou pas de l'ostéopathie et de l'intégration davantage ou pas dans le système
sanitaire et en fonction bah des choix qui seront fait dans la profession c'est difficile on peut
faire beaucoup d'hypothèses mais moi je pense que déjà le plus probable ce sera la formation
des formateurs sans doute la réduction du nombre d'établissements d'enseignement supérieur et des
évolutions du statut de l'ostéopathie qui lui permettront sans doute de répondre davantage en
plus aux enjeux de santé publique qui sont aujourd'hui très important voilà je vous
l'avais dit cet épisode est totalement incroyable totalement passionnant vraiment grand merci à toi
pierr-luc pour la qualité de ton intervention n'hésitez pas si vous avez des questions à
poser à pierrluc allez-y les commentaires sont ouverts n'hésitez pas à partager cet épisode
autour de vous à revisionner le documentaire sur l'ostéopathie qui est juste là-haut si vous
l'avez pas encore vu bref faites du bruit faites évoluer notre profession c'est très important si
c'est vidéo vous a plu n'hésitez pas à mettre un petit pouce bleu vers le haut à vous abonner
à la chaîne Youtube monsieur clavicule acti la petite cloche et on se retrouve dans quelques
temps pour l'épisode numéro 5 avec un nouvel intervenant et d'ici là portez-vous bien à bientôt
[Musique]
