Dans cette troisième partie de vidéo, j'interview Benoit GOMEZ le président de l'entreprise COLMAR CHARPENTES. Vous aurez le déroulé de sa vie d'étudiant jusqu'à aujourd'hui tout en ayant créée son entreprise de charpente à 25 ans. J'ai réalisé mon apprentissage chez eux et j'ai trouvé ça merveilleux comme ambiance et comme conditions de travail. Et toi ? Comment sont les tiennes ? -------------------------------------------- Retrouvez COLMAR CHARPENTES ICI : 👉 Site internet : https://colmarcharpentes.fr/ 👉 Instagram : https://www.instagram.com/colmarcharpentes/ -------------------------------------------- Tu veux apprendre la charpente ? Tu souhaites connaitre tout sur le métier ? -------------------------------------------- 👉 REJOINS-NOUS SUR DISCORD : https://discord.gg/sedZaFMFfp -------------------------------------------- Tu accédera à plein de cours vidéo ainsi que des rediffusions de lives avec des professionnels ! Tu pourras aussi discuter avec la communauté de charpentiers soudés.
Bonjour tout le monde, aujourd'hui on est avec Benoît Gomes qui a créé Colmar Charpente
et il va nous expliquer tout son parcours et comment il en est arrivé là
et aussi moi mes deux années d'apprentissage, on va faire un peu le tour.
Chez nous, dans l'entreprise.
Voilà.
Allez, c'est parti.
Peux-tu nous parler du rôle des dessinateurs comme Manson
et des conducteurs de travaux dans l'entreprise ?
Aujourd'hui c'est un rôle primordial parce que c'est le début de la chaîne chez Colmar Charpente.
C'est déjà eux qui font les pré-études pour faire les chiffrages et les réponses aux appels d'offres.
Ça c'est la première partie.
Avant de faire travailler notre machine numérique et nos équipes sur les chantiers,
il faut rentrer du boulot.
Les gens du bureau d'études, leur mission c'est déjà de faire des pré-études optimisées
pour qu'ils soient compétitifs financièrement.
Une fois qu'on a l'ordre de service de la commande du client,
on passe à l'étude en structure, poussée, détails avec les architectes,
les interfaces avec le manusier, le grand ZEP, le couvreur.
Là c'est souvent du boulot.
Il y a un décalage.
Ce travail de bureau d'études est souvent réalisé trois ou quatre mois
avant que nos équipes arrivent en phase de poste sur le chantier.
Et après il y a un suivi aussi de tout ce qui est fabriqué à la machine numérique,
l'interface avec l'opérateur sur la machine.
C'est vrai que comme on l'a vu ce matin, c'est du boulot.
Il faut qu'il y ait une bonne communication entre des gens qui sont dans un bâtiment à un étage
et une personne qui est plus loin derrière un pupitre et une machine de taille.
Ils ne voient peut-être pas la même chose.
C'est ça la communication qui est importante.
Ils doivent vraiment travailler en étroite collaboration avec la machine.
Et après c'est des carnets qu'on met, on fait des classeurs.
On a tous les plans de détails pour les équipes qui vont au chantier.
Ça c'est aussi le bureau d'études qui pond tout ça
pour que sur le chantier ça fasse vite la pose des équipes
et que ce soit du légo, que ce soit un plaisir à lever.
Ça leur impose aussi d'aller sur les chantiers toutes les semaines
aller vérifier, contrôler que tout ce qu'ils ont pondu
et que tous les détails de fixation, d'assemblage sont respectés aussi.
Tu as accueilli de nombreux apprentis maintenant, dont moi-même.
Qu'est-ce qui te motive à former des jeunes ?
C'est ce qu'on nous a inculqué sur le Tour de France des Compagnons,
la retransmission du métier.
Moi en tant que chef d'entreprise,
si je veux qu'il y ait des gens, des personnels qualifiés, expérimentés,
il faut forcément qu'il y ait des gens qu'ils aient formés avant.
Moi pour être chef d'entreprise aujourd'hui,
il y a 34 ans, c'est des anciens qui m'ont formé.
Donc c'était une logique en créant l'entreprise
de continuer de retransmettre son métier.
Donc quasiment depuis le début de l'entreprise,
on a toujours pris des apprentis.
Donc ça fait 24 ans que l'entreprise existe ?
Ça fait 24 ans, on a démarré la 25ème année.
Et la semaine dernière, c'est le 22ème apprenti
qui vient de démarrer un apprentissage chez Colmar Charpente.
Chez Colmar Charpente, on ne garde pas les apprentis.
On les prend sur un contrat de 2 ans.
L'objectif c'est qu'ils aient une base du métier et un diplôme.
Et après on les pousse, idéalement à partir de son Tour de France.
De toute façon, les apprentis que vous prenez ici
sont forcément chez les Compagnons ?
C'est vrai que nous on a une charte avec les Compagnons du Devoir.
Toutes les formations métiques qui sont plégiées
chez Colmar Charpente, c'est uniquement chez les Compagnons du Devoir.
Nous on veut que le jeune derrière, il continue d'évoluer.
Et pour ça, il faut qu'il aille se faire d'autres expériences
dans d'autres sociétés, dans d'autres régions.
Donc idéalement, on les motive à partir
sur le Tour de France des Compagnons du Devoir.
Et donc beaucoup sont partis ?
90% sont partis sur le Tour.
On continue de les suivre.
Est-il difficile de transmettre ton savoir-faire,
le savoir-faire de l'entreprise de Colmar Charpente
à une nouvelle génération d'apprentis ?
Non, tout est une question d'encadrement
et de suivi de la formation.
C'est bien pour ça qu'on met le jeune en CFA des Compagnons
parce qu'on est tout le temps en contact
avec les formateurs qui ont nos jeunes
pendant les stages du CFA.
Il y a un carnet de stages que tu as connu.
Attends, on va le montrer à la caméra.
Le petit carnet de liaison qu'on avait.
Bon, maintenant, ça a changé.
Avec les Compagnons, c'est différent.
Mais on le verra en fin de live.
Ça, c'est la Bible du suivi de l'apprenti
entre l'entreprise et le CFA.
Et c'est ce qui permet la réussite
en encadrant les jeunes.
Quels sont pour toi les avantages
d'accueillir des jeunes en formation
dans une entreprise de Charpente ?
C'est avant tout d'assurer l'avenir de la profession
et surtout le développement des compétences
dans un métier qui est en évolution.
Il faut qu'on retransmette tous les ans
les compétences.
Le savoir-faire.
Transmettre les compétences acquises
au fur et à mesure des années.
Et c'est l'avenir.
C'est l'invention du métier,
les nouveaux matériaux.
Et même ceux-là peuvent vous aider
à développer certains...
Par exemple, heureusement qu'il y a la jeunesse
pour les logiciels informatiques.
En plus, la main, etc.
C'est pour ça qu'on aime bien continuer
de prendre tous les ans
des dissidents autour de France.
Parce qu'ils nous ramènent aussi un petit peu
leur expérience dans d'autres régions.
Quelle année, quelle ville, et tout.
Et après, une fois qu'il nous montre une photo,
tu te dis...
Ah mais oui, bien sûr !
On a fait des conneries sur le terrain !
Ben oui, c'est ça !
Donc, Benoît, est-ce que tu as des souvenirs
marquants d'apprentis que t'as formés ?
Ou de moi en particulier,
pendant mes deux ans chez vous ?
Oui, des souvenirs...
On en a plein.
Après, il faut arriver à les remettre
dans le temps de chaque apprenti,
de chaque période, etc.
Mais les souvenirs les plus marquants,
c'est les souvenirs de la satisfaction
d'un chef d'entreprise.
C'est les jeunes qu'on a motivés
à faire le concours
de meilleurs apprentis de France.
Aujourd'hui, chez Colmar Charpente,
on a quand même trois jeunes
qui sont médaillés d'or national
du concours.
C'est une satisfaction pour le chef d'entreprise,
mais aussi pour toute l'équipe
qui suit l'encadrement
et la formation de ces jeunes.
Dans ces jeunes-là,
on a un qui a fait le concours européen
cette année.
C'était à Lyon, au Expo,
en février 2024.
Lucas Rinaldi,
que j'avais en plus en tant que formateur.
Ça, c'est beau aussi
dans l'histoire de l'entreprise.
Lucas faisait partie
de l'équipe de France
et a fait champion d'Europe
des Charpentiers cette année.
Et c'est vrai que ça,
c'est aussi dans les satisfactions
de l'entreprise.
Toi, t'es passé 2011-2013
apprenti chez nous,
t'es rentré sur le Tour de France,
t'as évolué,
t'as atteint les réceptions
pour retransmettre aussi ton métier
et t'es devenu maître de stage.
Et t'es devenu maître de stage
d'un de nos apprentis.
C'est ça.
C'est quand même l'apprenti
qui continue de former
les autres apprentis.
C'est beau, ça.
Ça, c'était assez fort
parce que je me souviens encore
de Lucas
où il me disait
qu'il était chez Colmar Charpente.
Et puis,
quand il m'avait dit ça en cours,
je me disais,
ah, ça, c'est bien.
Celui-là, il va être encadré
et on va en faire un bon.
Et voilà.
Résultat,
il a fait médaille d'or nationale
et championnat d'Europe.
T'as participé aussi
à sa réussite.
C'est une fierté pour moi,
pour toi.
C'est la retransmission.
On fait des hommes de métier,
on retransmet
pour qu'il y ait une continuité
d'avenir pour notre profession.
Est-ce que t'as des conseils
ou quels conseils
tu donnerais à un jeune
qui souhaite se lancer
dans le métier de charpentier
aujourd'hui ?
Parce que je sais,
tu sais que je suis
sur les réseaux sociaux,
etc.
Et moi, j'ai beaucoup de messages
de jeunes qui me demandent,
est-ce que t'as des conseils
sur n'importe quoi ?
Oui, j'ai vu passer
un commentaire d'un jeune
sur tes réseaux
qui te demandait
comment ça se passait
pour le travail en hauteur,
pour celui qui était
pas à l'aise, etc.
Oui, il y avait ça,
il y a aussi même
par rapport à l'âge,
pour les formations
continues, etc.
Pour motiver ces jeunes-là,
déjà, je vais vous dire
que vous faites le choix
du plus beau métier du monde.
C'est un métier
où vous faites rarement
deux fois la même chose.
Toutes nos charpentes
sont différentes,
les lieux géographiques
d'installation des charpentes,
les clients sont différents.
Après, comme tous les métiers
il y a des bons côtés
et des côtés
un peu moins sympas.
Il faut aimer la chaleur
en été,
il faut s'habiller
correctement en hiver
quand il fait froid,
il faut être à l'aise en hauteur.
Ça reste des métiers physiques
avec des gestes
et postures à respecter
pour pas s'esclater la santé
même si nos entreprises
évoluent avec
de plus en plus de matos.
J'ai fait une petite vidéo
là-dessus sur le dos
et sur les matériaux utilisés.
Ça, c'est quelque chose
qui devient naturel
dans notre jeunesse aujourd'hui
qui arrive dans les métiers
du bâtiment.
C'est fini les vieux de la vieille
qui se pètent la santé
comme il y a 50 ans en arrière.
Qui bossent à 100 pays.
Tout ça, c'est un métier
qui a très évolué
mais c'est le plus beau métier
du monde
si vous faites le choix
de cette voie.
Donc le conseil,
c'est d'y aller
et de foncer.
Et de foncer
mais par contre,
de s'investir
et de bosser pour réussir.
Qu'est-ce que tu trouves
le plus gratifiant
dans notre métier
de charpentier
et d'entrepreneur,
on va dire ?
Déjà, l'acte de bâtir.
C'est là où on s'éclate,
on part d'une étude,
on fabrique du bois
et après,
on voit la conception
qui se monte en 3D,
on voit la volumétrie.
Ça, c'est la première chose
qui est plaisante
dans le métier.
Et surtout,
après, pour réaliser ça,
c'est avoir une équipe
de gens passionnés
et engagés
à mes côtés
chez Colmar Charpent.
Je pense que c'est
ce que tu crées
via aussi
la cohésion d'équipes
et ça,
comme même
le café du matin,
comme on a vu ce matin,
ça, c'est
une partie intégrante
de l'entreprise.
Ça fait partie
de la vie d'une entreprise.
Il n'y a pas que le boulot,
il faut savoir aussi
prendre des pauses,
prendre le temps le matin.
Quand on parlait avant
des gestes et postures,
etc.,
la petite pause café du matin,
ça permet déjà
que tout le monde arrive
un petit peu,
pas avoir une horaire
avec une pointeuse
et machin.
Et le gars,
il arrive et il court direct.
Voilà.
Il n'a même pas le temps
de parler aux autres.
On aime bien
nos petites parties
de tarot le matin
parce que,
même pour les jeunes
qui arrivent dans l'entreprise,
aujourd'hui...
Ce matin,
je n'avais pas,
j'étais à cheveux,
elles sont...
Aujourd'hui,
les jeunes qui arrivent
dans l'entreprise,
s'ils n'ont pas
leur smartphone,
qu'on leur demande
une addition,
une soustraction de tête,
ça devient compliqué.
Donc,
le fait de les faire jouer
un petit peu au tarot
le matin,
déjà,
ça permet qu'ils finissent
de se réveiller
et puis on leur réapprend
le calcul mental
qu'on a besoin aussi
sur le chantier.
Le calcul,
ça apprend aussi
la cohésion d'équipe.
La cohésion d'équipe,
voilà.
Moi,
c'est vrai que c'est
ce que j'avais trouvé
super intéressant
quand je suis arrivé
dans l'entreprise,
c'est que je me suis dit...
Parce que j'avais fait
deux stages,
tu sais,
j'avais fait un stage
dans une autre entreprise,
j'ai pas besoin
de dire le nom,
mais j'avais fait ça
dans une autre entreprise,
un stage d'une semaine
ici et dans une autre
et ça n'avait rien à voir.
Je me dis,
mais en fait,
ça m'avait vraiment donné
envie de faire
de la charpente.
C'est pour ça
que tous les jeunes
qui viennent
en stage découverte,
on en a toujours
3, 4, 5 qui viennent
pour rentrer
en apprendre ça chez nous
et on fait le choix
d'en prendre que
un par an.
Mais ces jeunes-là,
chaque fois,
je leur dis bien,
je dis,
est-ce que c'est le métier
qui t'a plu
ou est-ce que c'est
l'ambiance
chez Colmar Charpente ?
Je leur conseille toujours
d'aller faire un stage
dans une autre entreprise
parce que souvent,
même si c'est
le même métier,
si c'est pas
la même ambiance,
c'est pas la même motivation
pour le jeune
à venir dans le métier.
Je pense que
Colmar Charpente
a bien défini
ce que c'est
l'avenir du métier
en prenant des apprentis
et en essayant justement
de leur inculquer aussi
la vie qu'il peut y avoir
autour du métier
qui n'est pas juste
savoir tailler
un bout de bois.
C'est ça.
Et ça, c'est ce que
j'avais vraiment apprécié
et c'est là que je me suis dit,
ben ouais,
c'est la cohésion en équipe,
c'est la base
de notre métier
de travailler en équipe
et pour ça,
il faut qu'il y ait
une bonne ambiance
et des bonnes mentalités.
I love my job.
Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org