FAIT DU JOUR Anthony Dupré : « Le tour de force réussi par le président, c'est très fort »

Objectif Gard
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Bonjour Anthony Dupré. Bonjour. Merci d'être avec nous,
de nous accorder cette interview sur Objectif Sud, ici sur la pelouse
des Antonins avec ce match ce soir l'Olympique qui retrouve
son stade pour la huitième journée de N1 ce match face à Lorient.
On va en parler dans quelques instants.
Déjà on est très heureux de vous avoir avec nous Anthony Dupré.
Ça faisait plusieurs mois que vous n'aviez pas pris la parole.
Pourquoi vous aviez décidé de cette pause médiatique ?
Parce que j'ai vu, bon déjà, tout d'abord, bonjour.
Bonjour.
Je pense qu'après les épisodes qu'il y a eu cet été,
avec quelques vagues, on peut le dire,
Je pense que c'était aussi nécessaire de prendre
un peu de recul et de laisser la place,
même si je n'ai pas forcément besoin
de la prendre, ce n'est pas mon rôle,
mais de prendre un peu de recul sur la situation
pour avoir les idées plus claires
et pour être meilleur au moment voulu.
Parce qu'il y avait un travail à faire cet été,
c'était de faire le recrutement.
Il ne fallait pas se disperser, il fallait être très focus.
On va évidemment parler du sportif.
C'est vrai que vous aviez été un peu ciblé,
notamment ce fameux contrat de gardien.
Le président Thierry Sénat en avait expliqué la raison,
notamment sur notre antenne.
Mais à titre personnel, comment vous aviez vécu ces attaques ?
Moi, à titre personnel, pas mal.
Parce qu'aujourd'hui, je le vivais plus mal vis-à-vis de mon président.
On le remettait quand même beaucoup en question,
alors qu'il y a un an, c'était le sauveur du club.
Et les gens que j'aime profondément,
je n'aime pas qu'ils soient attaqués.
Ma propre personne, quand on m'attaque, ce n'est pas bien grave.
Moi, je le vis d'une manière où ça me glisse dessus.
J'ai plus de recul sur la situation, donc ce n'est pas grave.
Mais je le vivais plus mal pour le président et pour les joueurs aussi,
parce qu'ils ont adhéré à un projet.
Et au final, on avait l'impression qu'on mettait tout en question
et je ne trouvais pas ça juste.
Justement, il y avait ce sentiment d'injustice.
Vous étiez reparti de zéro, vous aviez reconstruit le club,
vous finissiez deuxième, jouez la montée jusqu'au bout.
Il y avait ce sentiment-là qui prédominait,
de se dire on nous attaque alors qu'au final...
On peut être en désaccord avec nos choix.
Ça, je l'entends et je le comprends.
Maintenant, de là à tout remettre en question,
je trouve que ce n'est pas très juste.
Après, chacun a le droit d'avoir son avis.
On est là dans un pays où tout le monde a la liberté d'expression
et c'est aussi la beauté de ce pays.
Maintenant, en étant de l'intérieur, en voyant le travail
que tout le monde abat au quotidien et depuis quelques mois,
et ce n'est pas que sur le volet sportif,
c'est sur le volet aussi organisationnel du club,
avec Laurent, ses équipes, le président, ses équipes, le côté sportif.
Je trouvais ça, je trouvais ça, ça m'a un peu embêté,
sincèrement, ça m'a un peu embêté.
Depuis plus d'un an maintenant, vous êtes à Nîmes.
Qu'est-ce que vous avez appris de la mentalité nîmoise,
de l'état d'esprit qui est un peu particulier ?
Comment vous l'abordez désormais ?
En particulier, non,
parce que je pense sincèrement que c'est la mentalité du Sud.
C'est-à-dire que quand les résultats vont,
l'opinion populaire est avec nous.
Quand ça va un peu moins bien, comme dans le football,
c'est un peu plus critique, mais ça fait partie du foot.
Si on n'est pas prêt à prendre des coups,
on a un poste, on est mis en avant.
Il faut être prêt à prendre des coups quand ça ne va pas.
On peut nous remettre en question, la remise
en question est quotidienne nous concernant, c'est très important.
Après, moi je suis très heureux à Nîmes,
je me suis acclimaté à la ville.
Quand mon fils vient, il est très heureux,
il est très content de venir.
Là-dessus, il n'y a pas d'amertume,
il n'y a pas de mauvaise vision sur Nîmes.
Moi j'apprécie être ici et je suis très content.
Et quand je vois le stade être en fusion tous les week-ends,
quand on joue à domicile, c'est un réel plaisir.
Depuis quelques jours, Michael Gass, l'ancien entraîneur,
n'est plus officiellement sous contrat avec le club.
Est-ce que vous regrettez de la manière dont ça s'est terminé ?
C'est regrettable
parce que je pense qu'on aurait pu avoir une issue différente.
Comme je l'ai dit, le choix est à remettre en question ou pas.
À chacun le droit d'avoir son avis.
On peut être en désaccord avec nous.
Mais par contre, après, il y a la façon de faire où
on aurait pu trouver un consensus beaucoup plus intelligent
et finir sous de meilleurs auspices pour tout le monde,
que ce soit le club et Mika.
Moi, comme je lui ai dit, je ne souhaite que de la réussite.
Il n'y a pas d'amertume et il n'y a pas d'animosité envers ça.
Après, chacun a le droit d'avoir son avis sur ça
et chacun aura sa conception de la chose.
Oui, en tout cas, il y a des conséquences
parce qu'on a le sentiment désormais que c'est le père de Michael Gass,
Philippe Gass, qui est parti un petit peu
dans une croisade contre Thierry Sénat, on peut le dire,
qui est rentré à l'association Nîmes Olympiques,
qui négocie avec Rasmi Asaf, l'ancien président,
pour le rachat de la marque, on va dire,
pour faire pression après sur la SAS.
Comment vous vivez un petit peu cette situation ?
euh...
Je la vis mal, je la vis mal parce qu'on attaque mon président.
Et que quand on attaque mon président, je le vis mal parce que,
comme je l'ai dit, c'est une personne que j'aime profondément.
Et c'est une personne qui, humainement, est géniale.
Oui, parce qu'on rappelle, vous êtes aussi vice-président.
On dit souvent Anthony Dupré, directeur sportif,
donc c'est un vrai binôme que vous faites aussi.
Un vrai binôme avec le coach et avec tout l'ensemble
du club parce qu'il n'y a pas que nous.
On est forcément la phase émergée de l'iceberg,
mais il y a beaucoup, beaucoup de gens
qui travaillent d'arrache-pied pour que ça se passe bien.
Je ne trouve pas ça juste, en fait, la perception que je peux en avoir,
c'est que ça ne s'est pas bien passé avec mon fils.
Je vais essayer de vous mettre des bâtons dans les roues.
Alors après, aujourd'hui, jusqu'à preuve du contraire,
le président est majoritaire dans le club aujourd'hui.
Le projet, je trouve qu'il est bien mené de sa part.
Après, je ne suis peut-être pas forcément le plus juste dans ça.
ça, mais...
Mais voilà, après, je ne ferai pas trop d'autres commentaires dessus.
Je trouve ça pas très juste vis-à-vis du président
parce qu'il travaille d'arrache-pied
pour que ça se passe bien et pour nous mettre
dans les meilleures conditions.
Justement, malgré cette volonté un petit peu de déstabilisation,
il y a quand même pas mal d'entrepreneurs locaux, d'entreprises locales
qui vous font confiance, que ce soit en tant que partenaire,
mais même en tant qu'investisseur du club,
pour rentrer dans le capital.
Qu'est-ce que ça en dit de votre projet ?
Ça en dit que le président est très fort.
Le tour de force qu'il fait, où il a été remis en question,
je crois, sur votre plateau,
sur le fait qu'on voulait bannir les investisseurs locaux,
il prouve que ce n'est pas le cas.
Par contre il faut que ce soit des personnes
qui arrivent avec une bonne volonté
et une volonté de bâtir et d'être coopératifs.
C'est ça la grande différence.
Donc pour ça je le félicite parce que gagner sur le terrain
C'est le travail des joueurs.
Mettre une bonne compo, c'est le travail du coach et du staff.
Essayer de ramener les bons joueurs, c'est mon travail.
Mais le travail du président, il est d'autant plus dur.
Donc je le félicite, c'est un vrai tour de force.
Ça veut dire que le projet Nîmes Olympique Ensemble,
il est en plus d'actualité ?
Bien sûr.
C'est quoi la suite ?
Remontez en Ligue 3, on imagine, il y a la formation, mais...
Alors, la formation, c'est...
Ce n'est pas tout de suite. Le centre de formation,
en tout cas, ce n'est pas tout de suite.
La formation, bien sûr qu'elle existe.
La semaine dernière, j'étais au match des 17 nationaux ici.
Merci.
La formation nîmoise, elle a toujours fait vivre le club.
Et dans un futur proche, j'espère que ce sera le cas.
On pourra compter sur des joueurs issus du cru.
Maintenant, forcément, il y a des étapes avant ça.
On ne va pas se mentir, on l'a dit ouvertement.
Et je reprends les mots de mon président.
On fera le point en début novembre,
voir si nos choix ont été payants, mais laissez-nous travailler.
Début novembre, on est fin octobre, mais début novembre,
on est 7 matchs, 5 victoires, 1 nul, 1 défaite,
14 buts marqués, 5 buts encaissés,
1er du championnat, 3 points d'avance.
Donc c'est que les choix n'ont pas été si mauvais que ça.
Justement, le bilan pour vous pour l'instant,
il est très satisfaisant sur ce début de saison ?
Très content, très content du début de saison pour plusieurs choses.
Parce que déjà je trouve que
Que les turbulences de cet été,
elles ont été bien gérées par le président en grande partie,
qui l'a franchement sincèrement bien gérée,
qui a pris vachement de recul et beaucoup de self-control,
là où il est bien meilleur que moi sur ça, il faut savoir le dire.
dire.
Sur la partie sportive, un staff qui a réussi
à trouver très vite une connexion.
Et qui vient valider nos choix, nos choix d'hommes.
Au-delà des choix de qualité sportive et de compétences,
c'est les choix d'hommes
parce que savoir vivre ensemble pendant une année,
tu vis ensemble et c'est compliqué des fois.
Et sur la partie sportive, résultat,
je pense que si le 16 mai on nous avait dit sur les 7 premiers matchs
qu'on allait jouer 4 matchs à l'extérieur, 3 matchs à domicile,
Qu'en allant gagner trois, faire une défaite
et faire un match nul à domicile et deux victoires,
on aurait signé. Donc franchement, on est content, mais pas satisfait.
Nouveau staff avec un nouveau coach, HelderOliveira.
Qu'est-ce qui vous plaît dans la patte de ce nouveau coach
et qu'est-ce qui manquait à cette équipe qui l'apporte désormais ?
Alors, je rajoute quelque chose.
Ce n'est pas qu'un nouveau coach, c'est un nouveau staff complet.
Parce que Helder, forcément, c'est
C'est le patron du sportif côté staff,
mais il a besoin de son staff aussi pour être pertinent et performant.
Mais aujourd'hui, Helder apporte un certain pragmatisme dans les choix,
une autre vision du foot,
un autre système de jeu,
des semaines d'entraînement beaucoup plus qualitatives,
beaucoup plus intenses dans le travail
et on a plusieurs supporters qui nous ont
déjà fait la réflexion là-dessus.
Et après, sur beaucoup de choses et sur beaucoup d'aspects,
c'est mon domaine, c'est que je regarde,
c'est qu'aujourd'hui, on finit beaucoup mieux les matchs,
ce qu'on avait beaucoup plus de mal à faire
la saison dernière parce que ça travaille plus.
Et Helder, en termes de culture tactique,
c'est super intéressant de débattre avec lui
parce qu'on est hyper ouvert au débat avec le staff,
d'en parler, de se questionner.
et
Et moi, je regarde ça de mon coin et je me dis
que c'est hyper intéressant et c'est hyper enrichissant.
Il y a eu une période un peu particulière
avec tous ces matchs de Coupe de France.
C'est vrai qu'en championnat,
Nîmes reste sur ce match nul face à Yzeure et cette défaite à Tours,
la première de la saison,
comment on explique ce petit coup de moins bien ?
Un coup de moins bien, je ne sais pas,
mais après, faire une défaite et un match nul,
ce n'est pas forcément une mauvaise passe,
mais on dit que les grandes équipes ne perdent jamais deux fois.
Je ne dis pas qu'on est une grande équipe,
mais j'espère qu'on ne perdra pas ce week-end,
tout à l'heure, mais qu'on va gagner.
Après, oui, forcément, la prépa a été quand même assez difficile
parce qu'il a fait très très chaud sur Nîmes.
euh...
Mais cette année, on avait une prépa, déjà,
ce qui changeait de l'année dernière,
où ça a été un peu plus compliqué.
Maintenant, aujourd'hui, oui, en étant compétiteur,
on n'est pas content d'avoir perdu.
Mais après, ça s'explique par des garçons qui,
peut-être, avaient un peu de surcharge.
Il y a beaucoup de déplacements d'affilée,
avec des matchs en Coupe de France qui sont difficiles.
Je prends l'exemple du match de Coupe de France où
on s'est vu à Lattes, le mercredi soir,
où c'était un déluge, on ne savait pas si on allait jouer ou pas jouer,
avec un déplacement, un contexte compliqué.
Donc, ça ne te permet pas d'être dans les meilleures conditions
pour préparer le match de la semaine d'après.
Tout ça fait que, mais il n'y a pas d'excuses à se trouver.
Le match, quand on le perd, c'est que l'équipe
adverse a été meilleure que nous.
Peut-être pas de la tête et des épaules,
mais ils ont peut-être été meilleurs que nous sur certains aspects.
En tout cas, ce match de Jolimont est peut-être
idéal aussi pour se relancer à domicile
et garder cette avance en tête du championnat.
C'est l'objectif.
C'est l'objectif et je sais que les joueurs
ont bien travaillé cette semaine
pour que ce soit le cas à la fin des 90 minutes.
Cet été, vous l'avez dit, vous avez eu le temps de peaufiner,
de renforcer encore cet effectif
qui n'a pas été construit dans l'urgence
comme c'était il y a un an.
Est-ce que vous avez quand même dans l'idée
de le renforcer au mercato hivernal
ou il ne bougera pas ?
Peut-être avant le mercato hivernal.
Je pense qu'une de mes grosses forces la saison dernière,
c'était aussi le recrutement d'après Mercato,
avec l'arrivée de Pablo, de Bis, de Axel, de Kouli et de Keba.
Donc il faut toujours se laisser des portes ouvertes.
Maintenant, aujourd'hui, je pense que tous
les joueurs ont été unanimes sur les questions
que vous leur posez sur les conférences d'avant-match.
C'est « est-ce que vous êtes meilleur que la saison dernière ? »
Et la réponse, si vous l'avez tous dit, c'est oui.
On a un effectif qui est beaucoup plus homogène.
Il ne faut pas non plus venir mettre des joueurs
pour mettre des joueurs.
Parce qu'après, ça crée un climat un peu de conflit.
Ça peut être un peu tendu et il faut être vigilant par rapport à ça.
Il faut garder nos valeurs et un cadre qui est bon.
C'est possible, mais ce n'est pas une certitude.
Ça dépendra aussi des prestations de chacun.
Je ne suis pas à l'abri d'une blessure
ce soir ou de la semaine prochaine.
Il faut toujours être en alerte sur ça
On le sait, l'objectif, pour finir, c'est de monter en Ligue 3,
mais on voit que Nîmes a déjà passé trois tours de Coupe de France.
Il y aura le septième tour du côté de Cessiné, un club de R1.
Est-ce que vous, en tant que directeur sportif,
le message sur cette Coupe de France,
c'est de jouer aussi à fond, de jouer à fond les deux tapis ?
Quelle est la stratégie ?
Nous, personnellement, on ne leur a passé aucun message.
C'est-à-dire, je pense que c'est des compétiteurs,
ils jouent chaque match pour le gagner.
Donc ça va de soi que...
On a le match de Cessiné en Coupe de France.
Si on gagne Cessiné, il y a soit Grenoble,
soit Chambéry, si je ne dis pas de bêtises.
Au huitième tour.
Voilà.
Si on reçoit Grenoble, ce sera à la maison.
Ça fera du bien aussi que les supporters puissent partager ça avec nous
parce qu'ils ne sont pas avec nous depuis
le début de la Coupe de France.
Je pense sincèrement qu'il n'y a pas de choix à faire.
Ce qu'on veut, c'est gagner les matchs.
Si on peut tous les gagner, on prendra.
Maintenant, ça va être compliqué, mais on fera au mieux en tout cas.
En tout cas, avec surtout la priorité
quand même d'aller chercher cette montée en Ligue 3
qui est aussi, dans ce qu'on a évoqué dans le projet, l'étape majeure
pour que tout ça se concrétise vraiment.
C'est l'étape la plus importante.
Merci beaucoup, Anthony Dupré,
d'avoir fait confiance à Objectif Sud aujourd'hui
et donc ce match ce soir entre Nîmes Olympique,
ici même au Stade des Antonins
qui promet une belle ambiance encore face
à Limonest pour la huitième journée de N1.
Merci Anthony.
Merci beaucoup.
