8H PILE L'élue nîmoise Jo Menut : « Le "sales connes" de Brigitte Macron ? Scandaleux ! »

Objectif Gard
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Jean-Menu, bonjour.
Bonjour.
Vous êtes élu d'opposition à la ville de Nîmes et à l'agglomération.
Oui.
Et ce matin, on mourait d'envie
de vous demander si vous étiez une sale conne.
Écoutez, je n'en ai pas l'impression, mais peut-être je me trompe.
Enfin, c'est ce que vous me dites.
Est-ce que vous comprenez pourquoi je vous dis ça ?
Oui, oui, oui, je sais bien.
Ce qu'a dit Brigitte Macron à l'habitant en disant...
En faisant référence aux militants féministes.
C'est scandaleux, c'est scandaleux.
dans la bouche d'une première dame
et dans la bouche de n'importe quelle dame
mais en plus dans la bouche
de l'épouse du président de la république
c'est scandaleux
c'est scandaleux contre les
femmes qui se battent
au quotidien
dans les associations féministes
est-ce que vous vous êtes féministe ?
je fais partie d'une association féministe qui s'appelle
Femmes Solidaires
parce qu'on a le sentiment aujourd'hui
qu'être féministe c'est mal perçu
c'est un gros mot
– Écoutez, peut-être pour certains, pour moi non, en tout cas,
pour ceux qui m'entourent non plus, après oui, il y a…
– Parce que vos détracteurs, souvent, ils disent,
bon ben voilà, les femmes, elles demandent des droits,
mais aujourd'hui, ça y est, finalement, l'égalité,
elle y est, et il faut même parler d'humanisme,
d'égalité entre tous les êtres humains.
– Vous m'avez entendu lors de mon intervention récente
à Nîmes Métropole, sur ce point-là,
et je disais que 83% des femmes travaillent à temps partiel,
je dénonçais ça, je dénonçais l'inégalité encore,
En termes de salaire, je crois,
alors je n'ai pas l'affiche sous les yeux, mais je crois
que c'était de l'ordre de 700 euros pour certaines catégories.
Arrêtons, il y a encore plein de choses à faire.
Comment sont tout simplement considérées encore les femmes,
mais même au quotidien, parfois, les femmes,
les jeunes femmes, notamment les jeunes filles, dans la rue ?
— Quelle est la plus grande inégalité qui vous frappe,
vous, entre les hommes et les femmes aujourd'hui
et contre laquelle vous vous battez ?
— C'est le respect de la femme en tant qu'être humain
à égalité de l'homme et pas dans le quotidien.
Toutes ces insultes parfois, enfin bon...
— Un peu sexistes.
Ça existe. Pas pour moi, bien sûr, mais pour les plus jeunes. Enfin,
je veux dire, la main aux fesses, des choses comme ça dans le métro.
Enfin, je veux dire, c'est quelque chose de courant.
Ma fille qui travaille et vit à Paris me l'a dit parfois.
Donc, voilà le respect des femmes dans toutes les facettes.
Que ce soit dans le monde du travail,
que ce soit dans la vie quotidienne. Parce que rien n'a été acquis.
Simone de Beauvoir disait que le droit des femmes ne sera jamais
complètement acquis tant qu'il y aura des crises économiques,
des crises de pouvoir, etc. Les premières à en pâtir seront les femmes.
Et ce que vous disiez, c'était que Nîmes Métropole,
quand elle présente son rapport qui est une obligation légale,
ce qui est du département, de la ville,
de toutes les collectivités, au lieu de constater,
elle pouvait peut-être aller un peu plus loin, c'est ça ?
Tout à fait, c'est ce qu'on demandait.
Et aussi, j'ai posé aussi une question sur le...
Bon, parce qu'un déontologue a été nommé, bon c'est très bien,
pour que les femmes victimes de harcèlement,
de violence, d'insultes, enfin je sais pas,
puissent, au sein des métropoles
puissent se référer à lui
mais enfin, on nous dit qu'il y a un déontologue
mais on ne sait pas ce qu'il fait
on n'a pas le nombre de cas qu'il a
ça manque pour vous un peu d'informations
à évaluer pendant l'année écoulée
quelles mesures il a prises
on ne demande pas les détails
mais au moins savoir combien de femmes ont eu besoin de lui
et pour quelles raisons
et quelles ont été les mesures prises
on n'en sait rien
un petit mot sur le temps partiel
Franck Frousse vous a répondu que c'est les femmes qui le demandaient
Oui, d'accord, mais je dis que si les femmes le demandent,
c'est parce qu'aucun homme le demande de part et d'autre.
Je veux dire, les femmes en question,
elles ont sûrement des enfants ou pas,
mais je pense que si leur mari ou concubin le demandait,
peut-être qu'elles se passeraient de le demander, voyez ?
On va parler, on va rentrer un peu plus dans la campagne
des municipales, parce que vous, vous étiez numéro 2 en 2020.
et en binôme avec
Vincent Bouger à l'époque
et on avait fait aussi
une super campagne
et je m'étais
régalée à ses côtés
c'est quelqu'un de
droit, d'à l'écoute
que vous suivez toujours, que je suis toujours
et vous avez envie d'être de nouveau sur la liste
ni manquement, ça vous le verrez
non mais parce qu'aujourd'hui la numéro
d'où on la présente plutôt à Malcouvreur
alors je voulais savoir si ça vous faisait
pas de la peine qu'on vous pique la vedette un peu
— Oh non, non, non. Je l'ai pas du tout pris comme ça,
parce que la situation est complètement différente.
En 2020, il n'y avait plus que le Parti communiste,
Génération, je crois, ensemble.
Et nous, les citoyennes non encartées... — Et certains socialistes,
mais dissidents, parce qu'ils étaient partis
avec Daniel Richard, le candidat écologiste.
— C'était que des dissidents. Et nous, moi, à l'époque, j'étais...
Ben je suis toujours citoyenne non encartée. Je dénigre pas les partis
et je respecte tout à fait leur travail et leur force.
mais ça ne me correspond pas.
D'être dans une ligne
et de devoir respecter cette ligne.
Vous êtes une vraie insoumise, parce que c'est vrai que vous étiez
à la LFI, et puis finalement, vous avez
voulu continuer à soutenir
Vincent Bouger, ce n'est pas leur choix,
on a reçu le candidat sur le plateau.
C'est pour ça qu'ils m'ont exclue.
Je veux dire,
je partage en tout cas toujours,
je soutiens toujours
le programme L'Avenir en Commun.
Je ne suis plus à la LFI, ok, c'est bien acté,
ils l'ont fait deux fois, ils m'excluent.
On m'attend la troisième.
Jamais 203, oui.
Mais je défends l'avenir en commun
et qui est pour moi un des programmes,
pour ne pas dire le programme le plus fouillé,
le plus détaillé,
le plus chiffré aussi.
Et j'aimerais bien que pour mes enfants et mes petits-enfants,
un jour, ils aient pour la France un programme comme ça.
Alors vous me tendez la perche,
parce que pour l'instant,
Vincent Bouger, ça fait plusieurs mois qu'il est en campagne.
On a beaucoup de résultats d'études, de consultations.
J'ai participé, donc je le sais.
Voilà, des vidéos, mais pas l'ombre d'une proposition.
Mais si, on a déjà travaillé sur des choses,
on ne part pas de rien, on a déjà des axes.
Est-ce qu'il ne faudrait pas deux, trois mesures pour permettre aussi
aux électeurs de leur envoyer un signal et de dire, nous, c'est ça ?
Attendez, vous mettez un peu la charrue avant les bœufs.
On est partis, il y a déjà plusieurs mois,
moi j'y étais dès le début, comme tant d'autres,
j'y étais en tant que citoyenne non encartée,
on est tout un groupe de non encartées,
plus donc les parties
et c'est bien que déjà
on soit arrivé à une union
je regrette qu'il n'y ait pas la France Insoumise,
avec nous mais bon c'est comme ça
Vous n'en avez pas besoin de la France Insoumise ?
Bah de toute façon on aura besoin de leurs électeurs à un moment donné
Au second tour ? Voilà
Mais vous pensez arriver devant alors ?
Écoutez je n'en sais rien pour le moment
on l'espère en tout cas on verra
ça c'est pas à moi de le dire
Mais juste pour terminer sur LFI
quand on les a reçus juste pour vous terminer
comme ça on peut passer à autre chose
Eux disent qu'on aimerait bien s'allier
avec Vincent Bouger, avec ses composantes
Mais par contre, il y a le Parti Socialiste
qui est notamment représenté par des partisans de Carole Delga
qui sont hostiles à la France Insoumise
Mais je sais bien, mais attendez
Je sais pourquoi ils ne veulent pas nous rejoindre
Et bon, dont acte
Moi, je le regrette parce que je pense qu'on est dans une période
où jamais, depuis que je suis plus jeune et que je milite
et ça fait très longtemps que je milite
le Front National n'a été aussi...
Enfin, le Front National, le Rassemblement National
n'a été aussi haut
et aussi près des portes
du pouvoir ou que ce soit
Et pour eux, la raison, c'est notamment un peu le système
capitaliste et que, pour eux
le PS nourrit, puisqu'il vote
la loi par exemple de sécurité sociale
avec Emmanuel Macron.
Je veux dire, on a intérêt... Je ne suis pas
d'accord avec tout.
Mais qu'est-ce que vous leur dites aujourd'hui
à vos anciens camarades de l'FI ?
Déjà, je ne les vois
pas souvent parce que, bon, ils m'ont...
— Mais ils vont peut-être vous regarder ce matin. — Voilà.
Je leur dis que je comprends certaines choses. Mais on est obligés
de faire des compromis parce que qu'est-ce qu'on veut ?
Qu'est-ce qu'on veut pour l'avenir ?
Que le Rassemblement national soit à la tête de notre ville,
voire de l'État ? Moi, je veux pas.
Et je me battrai bec et ongles contre.
Alors je ne m'allierai pas à n'importe qui, évidemment,
mais j'estime que dans ces conditions-là, le cadre qui existe
en ce moment, et partout en France, c'est quand même la montée
du Rassemblement National qui, moi, me révolte, me fiche trouille.
et je crois que là, il faut
qu'on soit prêt, ça ne veut pas dire
qu'on s'écrase, qu'on oublie
ses propres convictions et ses propres
principes, j'y tiendrai toujours
mais prêt à faire des concessions
pour arriver à nous
changer des choses
et en tout cas empêcher que le Rassemblement National
arrive à la mairie ou au pouvoir
Avant qu'on passe à la dernière séquence avec des questions
cas, juste pour terminer, quand est-ce qu'on
va voir l'ombre d'une ou deux
propositions quand même un peu fortes
de votre côté ? En janvier
— Écoutez-moi. On a commencé il y a plusieurs mois.
Vous savez ce que ça veut dire,
aller tracter dans les quartiers alors qu'on ne parlait
pas encore des municipales pour avoir le sentiment des gens,
comment ils vivaient leur ville, comment ils vivaient leur quartier,
qu'est-ce qui allait, qu'est-ce qui n'allait pas.
moi personnellement avec d'autres hein
je me suis investie sur les quartiers
puis même Val-de-Gour
que vous connaissez, que vous avez travaillé
j'ai été institutrice et directrice
d'école pendant 30 ans dans ces quartiers
à Courbevoie, Long
j'ai adoré travailler
là-bas avec des équipes
soudées parce que je suis quelqu'un qui
croit beaucoup au travail en équipe
donc ça veut dire
quelque chose de travailler en équipe
et d'être sûr
une même longueur d'onde, ça veut pas dire
qu'on pense tous la même chose
en même temps ça peut être compliqué parce que
le temps de la réflexion, bon voilà on met nos réflexions
en commun mais quand il faut décider
il y a peut-être des mécontents aussi
parce que vous êtes un agglomérat de beaucoup de parties
ça explique peut-être aussi le fait que vous prenez du temps
je comprends mais laissez-moi
terminer donc
on a fait ces interviews
de personnes, on s'est partagé les quartiers
etc et on a fait
ces interviews, ensuite
à l'issue de ces interviews
un premier bilan a été fait
qu'on a restitué
bon, après des priorités
par rapport aux interviews qui ont été faites
qui ont commencé à émerger
on a continué avec le questionnaire
et ça, ça a été aussi un sacré boulot
on est reparti dans les quartiers
mais vous savez quand même les priorités
là vous consultez sans cesse
ça fait aussi un peu politique de communication
pour vous faire connaître
on ne part pas de rien, on part de quelque chose
mais on veut savoir où les Nîmois des quartiers
en sont aujourd'hui
Et c'est pour ça que la semaine dernière,
on a fait la réunion de restitution qui a été un succès.
Et le programme sera en janvier.
Et le programme, ce qu'on veut, c'est s'inspirer de ce que nous ont dit
les habitants de Nîmes pour peaufiner notre programme.
Ça ne veut pas dire qu'on n'a pas des
orientations, on ne parle pas de rien.
Mais c'est vrai qu'on ne les connaît pas.
Bon, donc on vous le dira quand tout ça sera peaufiné.
D'accord, vous reviendrez sur le plateau.
Alors comme le temps nous est compté,
il faut qu'on passe à la dernière séquence.
3 questions cash
Alors qu'est-ce que ça va être ?
Des réponses cash
La parité en politique,
est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise idée ?
C'est une bonne idée
Non, non
Vous le gommerez ça
Vous l'avez gommé vous-même, ça ira très bien
J'ai une petite devinette
Non, c'est une bonne idée, évidemment
qu'il faut de la parité en politique
Même si parfois c'est dur de trouver des femmes en politique
Oui, peut-être
Mais je ne pense pas
Je pense que les femmes ont un rôle à jouer
ont toujours eu un rôle à jouer
moi je me rappelle
c'est une réponse courte
il n'y a pas si longtemps que ça dans les années 60
nos mères
je parle de ma mère et des autres mères
de cette génération ont eu le droit
de faire un chèque
mais attendez
c'était ma deuxième question
c'est ma deuxième question j'ai une date
si je vous dis
1965
c'est là où les femmes ont eu le droit
de faire des chèques
d'avoir un chéquier, d'avoir un compte
sans l'autorisation de leur dépôt et de pouvoir
gérer leur bien. Mais vous vous rendez compte
que ce n'est pas vieux, moi j'étais née
en 62, 65
j'avais 9 ans
donc je veux dire
je sais comment les choses
ont évolué. En tout cas vous êtes
une vraie féministe parce que vous saviez la date
et j'ai une troisième question et c'est ma dernière
question de cette interview. Et je suis à Femmes Solidaires
aussi vous le savez. Oui vous me l'avez dit
qui est une association que j'aime beaucoup
parce que
c'est pas du contre, contre, contre
il y a aussi, il y a plein de choses
de propositions, je suis désolée
mais il y a plein de propositions et ce que j'aime
c'est son côté internationaliste
c'est-à-dire pas de s'occuper
peut-être ça vient du fait
que moi-même je ne suis pas née en France
je suis née en Algérie, de parents d'origine espagnole
etc. et que j'ai travaillé
10 ans à l'étranger
dans des lycées français
comme directrice
et j'ai vu ce qui se passait
dans d'autres pays, l'Amérique latine ou l'Afrique
qui ne sont pas des pays riches
C'est bien de regarder ce qui se passe chez nous
et de regarder ce qui se passe aussi ailleurs
et de voir aussi ce qui se passe ailleurs
et c'est pour ça que cette association Femmes Solidaires
me tient à coeur parce qu'elle a ce côté
internationaliste de lutter contre ce qui se passe
ailleurs aussi, l'excision
par exemple et plein d'autres choses
Allez j'ai une troisième question et un défi
réussir à être concise
La réouverture des maisons-closes proposées par le
Rassemblement National, est-ce que
c'est une bonne ou une mauvaise idée ?
C'est pas possible
J'allais dire que c'est un bordel, mais oui, pour moi, c'est honteux.
Et juste une petite phrase pour nous
expliquer pourquoi c'est honteux pour vous ?
Parce que ça veut dire qu'on revient en arrière.
Ça veut dire qu'on considère que ces femmes, on les met ensemble.
C'est comme une épicerie où chacun irait acheter ce qu'il veut.
Enfin, moi, je trouve ça scandaleux sur le plan humain pour ces femmes.
et alors vous allez me dire
elles sont dans la rue, elles prennent des risques aussi
je ne sais pas ce qui vaut mieux
mais je pense que quand on en est à se prostituer
on ne le fait pas par goût, on le fait parce qu'on n'a pas le choix
Merci
