Le 8h30 franceinfo d'Emmanuel Grégoire
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19 nov. 2024
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Bonjour Emmanuel Grégoire.
Bonjour.
Député socialiste aujourd'hui, vous avez longtemps été le premier adjoint d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris.
Et aujourd'hui, votre ambition, c'est de vous asseoir dans le fauteuil de la maire en 2026.
Oui, j'ai décidé d'être candidat pour être maire de Paris.
Je veux être maire de Paris parce que j'aime passionnément cette ville.
C'est mon engagement de cœur et de vie depuis plus de 25 ans, notamment aux côtés de Bertrand Delannoy et de Anne Hidalgo.
Et je sais ce que je peux apporter aux Parisiennes et aux Parisiens.
C'est d'abord être le maire de la réconciliation en s'occupant du quotidien, vraiment obsessionnellement.
Ensuite, je veux pouvoir poursuivre les grandes transformations de la ville pour préparer les défis et puis lutter contre les inégalités.
Et enfin, je veux réconcilier les Parisiens, apaiser cette ville. Je suis prêt.
Réconcilier, pardon, réconciliation, ça veut dire qu'aujourd'hui, il y a une rupture dans Paris ?
D'abord, c'est une rupture qu'on observe sur le plan mondial.
On voit bien que la société, ce n'est pas le cas qu'en France, quand vous regardez les élections américaines, c'est flagrant.
Le monde est traversé par une conflictualité qui me paraît dangereuse pour l'avenir.
Et chacun, à sa place, doit essayer de contribuer à remettre du dialogue, de la discussion.
Ce climat de confrontation est, je le crois, pas bon pour la démocratie, pas bon pour l'organisation du débat et pas bon pour l'avenir.
Et à Paris, on l'observe, quand vous êtes le témoin au quotidien de la façon dont ça fonctionne, il y a des fractures.
Il y a des fractures entre Parisiens, il y a des fractures entre Paris et la petite couronne, des fractures entre les cyclistes et les automobilistes.
Bref, tout ça, ça éclaire quelque chose. C'est que ce climat de confrontation, on est aussi là pour y répondre et je souhaite y répondre.
Chacun doit agir à sa place. Je l'ai dit au début de l'interview, vous êtes député.
Vous êtes député depuis quatre mois. Ce n'est pas important pour vous ?
Si, si, c'est très important. Et d'ailleurs, les conditions historiques très particulières dans lesquelles ça s'est organisé,
c'est-à-dire une menace que le RN arrive en responsabilité, une dissolution que personne n'avait prévue, pas même les plus proches du président de la République,
a imposé à chacun de prendre ses responsabilités et d'aller là où il est utile.
Et j'ai voulu m'engager dans cette bataille contre le RN parce que la lutte contre le racisme, la lutte contre l'antisémitisme, c'est le cœur de mon engagement,
le cœur des raisons pour lesquelles, quand j'étais jeune, je me suis engagé en politique et je n'ai pas voulu être à l'écart de ce combat.
C'est-à-dire que votre combat, il dure quatre mois, en fait ?
Non, il ne dure pas quatre mois. Je suis député et c'est peu de dire que j'y consacre du temps.
On y reviendra sans doute. Ce sont des centaines d'heures de séances pour essayer de travailler dans un climat, d'ailleurs,
qui n'est pas propice au respect de la démocratie parlementaire. Et donc, je vais poursuivre mon engagement là-dessus.
Mais personne n'ignore que Paris est la passion de ma vie et que, d'ailleurs, dans les sujets que je porte comme député,
ils sont très liés aux enjeux parisiens. C'est l'école publique, c'est la question de la culture, de l'éducation, du logement.
Et donc, je continuerai comme député et j'espère avoir la confiance des Parisiennes et des Parisiens.
Emmanuel Grégoire, est-ce que vous avez prévenu Annie Dalgo de votre décision, la décision que vous nous annoncez ce matin ?
Oui, je l'ai prévenue.
Comment a-t-elle réagi ?
Elle n'a pas réagi directement et je ne fais pas état de mes relations avec la maire de Paris.
Parce qu'Annie Dalgo, est-ce qu'elle vous a dit qu'elle n'était pas candidate en 2026 ?
Parce que ce que vous dites ce matin peut apparaître comme une mauvaise manière à son égard.
Alors, écoutez, Annie Dalgo, elle a plusieurs fois dit qu'elle ne souhaitait publiquement, qu'elle ne souhaitait pas faire de troisième mandat.
Et elle me l'a dit à moi de nombreuses fois et à d'autres. Et je la crois là-dessus.
Et en réalité, je pense que la vraie question est celle du renouvellement.
Je pense qu'il y a une attente de renouvellement auprès des Parisiennes et des Parisiens.
Et je souhaite y répondre. Je le fais, je le dis en fidélité à l'histoire qui est la mienne.
Vous êtes un candidat de rupture.
Qui est celle d'un militant engagé au Parti socialiste depuis plus de 25 ans, qui a travaillé avec Bertrand Delannoy, qui a travaillé pendant 10 ans.
J'ai été élu aux côtés d'Annie Dalgo pendant 10 ans.
J'ai été son adjoint et pendant 6 ans son premier adjoint.
Et peu de gens ont éprouvé la fidélité comme je l'ai fait auprès d'Annie Dalgo.
Simplement le moment est, je crois, venu de porter une nouvelle histoire pour Paris.
Une nouvelle proposition, un nouveau projet que je veux construire.
C'est-à-dire qu'Annie Dalgo elle-même ne vous a pas choisi comme héritier.
Elle en choisit un autre, un autre socialiste qui s'appelle Rémi Féraud.
Dans ce cas-là, vous faites comment ?
D'abord, je n'en sais rien.
Deuxièmement, ce n'est pas un héritage d'être maire de Paris.
Ce n'est ni un héritage ni une rente de situation.
Et ce que je sais, c'est que mon engagement personnel, il s'inscrit dans une famille politique.
Les socialistes notamment parisiens.
Et que je soumettrai ma candidature à leur choix et je respecterai leur verdict.
Ce sont les militants.
Vous êtes candidat à une primaire.
Ce n'est pas comme ça, mais c'est un dispositif interne qui donne de la légitimité.
La légitimité des élus, elle procède d'abord des collectifs militants
qui les portent avant de se présenter au suffrage des électeurs.
Ma légitimité à moi, elle a toujours été inscrite au Parti Socialiste.
Et donc, j'attendrai le verdict des militants socialistes.
Et j'espère avoir leur soutien et je le pense sincèrement.
Emmanuel Grégoire, je vous repose la question parce que tout à l'heure,
vous avez commencé en décrivant le climat de confrontation.
Et vous avez évoqué un certain nombre de sujets qui sont portés par Anne Hidalgo.
Vous avez parlé des pistes cyclables, des relations avec les communes avoisinantes, la banlieue.
Est-ce que vous êtes en rupture avec cette manière de faire de la politique portée par Anne Hidalgo ?
La réponse est non, je ne suis pas en rupture avec ce que nous avons fait,
ce que nous avons fait collectivement à Paris.
Simplement, j'y apporterai ma patte, mon expérience et aussi ce que je crois être bon
pour faire fonctionner cette ville et réconcilier les Parisiens.
Donc, ce n'est pas une rupture qu'être soi-même.
Et donc, je suis différent et j'entends porter un projet qui soit nouveau,
inspiré par de nouveaux thèmes, inspiré par la conquête de nouveaux droits.
Et je vais m'y atteler sans jamais critiquer ce que je considère être aussi mon aventure aux côtés d'Anne Hidalgo.
On va rentrer dans un instant sur le fond des sujets, sur ce que vous allez proposer
et ce qui a été fait jusqu'à maintenant à Paris avec Anne Hidalgo.
Mais d'abord, sur l'équipe que vous envisagez à la mairie de Paris,
est-ce que vous envisagez être le candidat de toute la gauche ?
C'est-à-dire des écologistes, des insoumis ?
Alors, d'abord, il y a une majorité municipale dont je suis très fier,
que je connais très bien et avec laquelle j'ai eu un immense honneur et plaisir à travailler.
Ce sont évidemment les communistes, les écologistes et des sympathisants
et militants engagés à gauche sans être forcément dans des partis.
Et je souhaite poursuivre cela parce que je suis un candidat de gauche,
je veux être un candidat de gauche et de rassemblement de la gauche.
En revanche, je ne souhaite pas que cette alliance aille jusqu'à Jean-Luc Mélenchon et ses amis,
pour deux raisons.
D'abord, parce qu'il y a eu un conflit de valeurs très important avec Jean-Luc Mélenchon
et il me semble insurmontable.
Et deuxièmement, parce qu'ils se déclarent eux-mêmes dans l'opposition municipale.
Et donc, ce sont deux conditions suffisantes pour ne pas envisager de travailler avec eux.
Le conflit de valeurs, il est très clairement lié, je le dis,
aux attentats terroristes du 7 octobre et à des paroles que je considère
inapropos pour certaines, inacceptables pour d'autres,
d'un certain nombre de responsables politiques de la France Insoumise.
Je m'en suis démarqué publiquement déjà à de très nombreuses reprises
et je ne changerai pas d'avis de circonstance concernant le scrutin municipal.
C'est possible de gagner Paris sans LFI, sachant qu'Emeric Caron, par exemple,
ou Sofia Chikirou ont été élus dès le premier tour des législatives dans leur circonscription ?
Ils l'ont été dans des circonstances, je le rappelle, particulières,
qui sont celles qui sont issues de la dissolution et dans lesquelles
le rassemblement de la gauche est dans la clarification d'un certain nombre de points,
y compris que je viens d'évoquer à l'occasion du NFP,
dont l'obsession première était d'empêcher le rassemblement national d'arriver en responsabilité.
Ce n'est pas du tout pareil pour les scrutins municipaux,
ce n'est pas du tout pareil pour les élections locales.
Il y a de très nombreuses villes dans lesquelles la France Insoumise
n'est pas avec la gauche rassemblée, l'assume,
et d'ailleurs je crois avoir lu que Jean-Luc Mélenchon l'avait dit lui-même comme cela.
Et donc cela me va très bien, je sais qu'il y aura sans doute des candidats LFI.
Force à nous de convaincre les Parisiens que si on veut que Paris reste à gauche,
c'est le rassemblement que nous incarnerons collectivement qui le permettra.
Avec une particularité, parce que le communiste, par exemple, Yann Brossat,
dit qu'il y pense aussi, lui aussi à la mairie de Paris.
Ça sent déjà la dispersion ?
Non, c'est normal, Paris, c'est la plus belle ville du monde.
C'est un mandat extraordinaire qui suscite des appétits et des ambitions.
Ça me paraît normal, l'inverse m'inquiéterait.
Mais vous allez quand même l'appeler pour lui dire non ?
Je l'ai déjà appelé, l'inverse m'inquiéterait.
Vous lui avez dit quoi du coup ?
Je vais vous dire, quand on veut être maire de Paris,
il ne faut avoir peur ni des ambitions des autres, ni des confrontations.
Le seul sujet, c'est de faire en sorte que ces moments de débat,
y compris internes à la gauche, qu'ils soient à l'intérieur du Parti Socialiste
ou avec les partenaires, ils se fassent dans l'intelligence collective
et au service du rassemblement, ensuite, qui est indispensable.
On verra celui qui est le mieux placé
ou celle qui est la mieux placée pour l'incarner.
Vous comprenez que j'aspire à l'être.
Mais on fait ça très sereinement, avec une boussole.
C'est celui de ne jamais fragiliser sa famille,
de ne jamais fracturer sa famille
et de réunir les conditions du rassemblement.
Et je ne doute pas que la gauche y parviendra.
Et si c'était Gabriel Attal ?
Parce que son nom a été testé hier par un de nos confrères du Parisien
dans un sondage et il arrive en tête.
Alors, ce n'est pas un sondage d'intention de vote,
c'est un sondage de notoriété.
Et si je dois reconnaître que Gabriel Attal est plus connu que moi pour le moment,
j'en conviens bien aisément.
Après, Gabriel Attal a été Premier ministre d'un gouvernement
qui a mené une politique de droite.
Et donc, je n'ai pas à m'immiscer
dans le choix que fera la droite pour son candidat.
Je le respecte.
Mais ce que je veux dire, c'est que de toute façon,
quel que soit le casting du camp d'en face,
ce sera celui d'une droite conservatrice
qui menace les classes populaires et les classes moyennes.
Et je veux convaincre les Parisiens
que si on veut garder la singularité de Paris,
sa mixité sociale, son dynamisme économique, culturel,
eh bien, il faut faire confiance à la gauche,
quel que soit le candidat qui sera proposé par la droite.
Est-ce que vous assumez tout le bilan,
notamment les 9 milliards d'euros de dettes
à ce jour de la ville de Paris ?
Oui, je les assume pleinement.
Je les assume pleinement parce que
la ville de Paris est très bien gérée.
La ville de Paris n'a aucun problème de soutenabilité.
C'est ce que dit Rachida Dati.
Évidemment, Rachida Dati.
C'est d'ailleurs qu'au cas, j'ai lu effectivement
une expression écrite de Rachida Dati
qui donne des leçons à la ville de Paris
quand elle était le même ministre d'un gouvernement
qui sait 6,1% de déficit public
qui a augmenté la dette de plus de 1000 milliards
en quelques années.
Je me garderai de conseil
quand on a un bilan soi-même si peu flatteur.
La réalité, c'est que la ville de Paris,
en partie à cause de l'État et les collectivités générales,
mais il est essentiel.
Ce n'est pas la ville de Paris qui se plaint.
Ce sont toutes les collectivités,
l'association des maires de France,
l'association des départements de France.
La ville de Paris a investi massivement
dans la transition écologique,
dans la production de logements,
dans les services publics
et je crois que les Parisiennes et les Parisiens le savent.
Dans l'aménagement de l'espace public,
c'est au service de la préparation de grandes transitions,
c'est au service de la qualité des services publics
de proximité au quotidien.
Et je crois que, d'une certaine manière,
ce procès strictement financier qui est fait
est la rhétorique habituelle de la droite
pour délégitimer la dépense publique.
On va quand même expliquer les faits,
on va quand même les dire clairement.
Ce n'est pas juste financier,
ce n'est pas juste un argument financier.
Il y a un argument démographique
et on le voit chaque année.
Près de 10 000 Parisiens quittent la capitale
parce qu'ils ne peuvent plus vivre dans la capitale.
Quelle est la première cause de la baisse de la démographie à Paris ?
La baisse de la natalité.
C'est valable pour Paris, c'est valable pour d'autres zones
et à part les contours des métropoles,
la plupart des grands centres urbains
connaissent les mêmes phénomènes.
La natalité a considérablement chuté.
Paris, c'est une ville qui a une démographie.
Paris, c'est une démographie qui a une histoire complexe.
C'est une ville qui a compté jusqu'à 3 millions d'habitants,
qui était retombée à 1,9 million d'habitants
à la fin des années 90,
qui est remontée notamment sous l'action de la gauche
et de Bertrand Delannoy et d'Anne Hidalgo
à plus de 2,2 millions
et là qui connaît une baisse
qui est liée à plusieurs sujets.
Et à l'intérieur de ce sujet,
il y en a un,
parce que c'est le deuxième facteur essentiel
de la baisse de la population,
c'est la contraction du nombre de logements.
Il y a de moins en moins de logements disponibles
en dépit des efforts de production immenses
qu'a produit la gauche depuis 2001.
Pourquoi ?
Pour un phénomène qui est bien documenté,
bien connu désormais,
sur lequel nous menons une lutte acharnée à Paris
et moi aujourd'hui dans mon rôle de parlementaire,
c'est l'explosion de ce qu'on appelle
les logements vacants,
le développement des résidences secondaires,
le développement des meubles historistiques.
Ce n'est pas normal de tolérer
qu'il y ait des mouvements de spéculation,
qu'il y ait d'une certaine manière
des comportements prédateurs
dont la conséquence
est de réduire le nombre de logements disponibles.
Précisément, c'est un dossier qu'on va ouvrir
juste après Le Fil Info,
il est 8h46,
vous restez avec nous Emmanuel Grégoire,
on vous retrouve après le rappel des titres,
Maureen Signard.
Des tracteurs devant la préfecture de l'Essonne,
du lisier déversé devant la préfecture des Ardennes,
la coordination rurale appelle à son tour
à la mobilisation des agriculteurs
contre le projet d'accord entre Lieux et le Marcosur.
La France n'est pas isolée,
des pays la rejoignent dans son opposition à l'accord,
promet Emmanuel Macron.
Des inquiétudes autour de la situation économique
et budgétaire,
une possible hausse du coût du travail,
voici ce qui a refroidi les investisseurs.
Selon le cabinet EY,
la moitié des investisseurs étrangers
considèrent que l'attractivité de la France
s'est dégradée depuis la dissolution de l'Assemblée.
Ils ont réduit ou reporté leurs investissements.
« Nous sommes en train de nous battre,
y compris pour votre indépendance »
affirme sur France Info ce matin
le maire de Lviv en Ukraine,
millième jour de guerre entre Kiev et Moscou.
Il estime que la décision des Etats-Unis
aurait dû être prise il y a deux ans.
Les Américains autorisent l'utilisation
des missiles longs portés contre la Russie.
De la prise en ferme
pour 45 militants pro-démocratie à Hong Kong,
ils sont accusés d'atteinte à la sécurité nationale.
Les peines vont de 4 à 10 ans de prison.
C'est le procès le plus important
depuis la mise en place d'une loi restrictive
imposée par la Chine
après des manifestations anti-gouvernementales en 2019.
Emmanuel Grégoire, député de Paris,
qui nous annonce ce matin sur France Info
sa candidature à la mairie de Paris
pour les municipales de 2026.
Et on parlait juste avant le Fil Info avec vous,
Emmanuel Grégoire,
de la question des meublés touristiques.
Il se trouve qu'une toute nouvelle loi
vient d'être adoptée.
Elle permet au maire de baisser
le nombre de jours ouverts à la location
de 120 jours autorisés aujourd'hui
à 90 jours,
ce qui fait déjà quand même trois mois.
Est-ce que vous êtes favorable
à baisser ce nombre de jours
pour la ville de Paris ?
Alors d'abord, c'est un sujet
que nous avons longuement travaillé
et moi notamment quand j'étais premier adjoint
avec mon collègue Inaki Echaniz,
qui est député socialiste,
qui a porté cette loi.
C'est une loi, il faut la comprendre,
qui est transpartisane.
On s'est mis d'accord.
Est-ce qu'elle va assez loin ?
Incontestablement non.
Il faudra continuer à y travailler.
Mais elle permet déjà plusieurs choses.
La première, c'est fort de l'expérience
que nous avons acquis à Paris
depuis plusieurs années
avec l'action de Yann Brossat,
de Jacques Baudrier aujourd'hui,
des adjoints communistes
dans l'équipe municipale.
On a beaucoup progressé
sur la capacité de régulation,
c'est-à-dire empêcher la création nouvelle
et le PLU bioclimatique
que nous adopterons demain,
je l'espère, au Conseil de Paris,
permettra de franchir un cap supplémentaire
pour lutter à armes égales
avec ces grandes sociétés
dont les moyens sont colossaux.
Et donc, parmi les critères
que nous avons retenus effectivement,
nous avons retenu l'idée
qu'on puisse discuter
dans les collectivités locales,
en l'occurrence dans les mairies,
d'abaisser ou de mettre un point intermédiaire
entre 120 jours et 90 jours
de location autorisée.
Permettez-moi de dire
que ce n'est pas mon sujet central à moi.
Pourquoi ?
Ça, c'est le cas particulier
qui est celui où les Parisiennes et les Parisiens,
ou n'importe où en France,
louent son appartement
quand on va en vacances.
Et ça, ce n'est pas mon sujet principal.
Mon sujet principal,
et pardon, mais je ne veux pas tomber dans le piège
de parler de ça,
ce n'est pas le sujet principal.
Le sujet principal, c'est le reste.
C'est ceux qui sont en permanence
des meublés touristiques
qui louent son appartement
quand on part en vacances.
Ça ne me choque pas.
Et 90 jours,
on peut considérer que c'est assez.
120, c'est peut-être trop,
mais on en reparlera plus tard.
Mais ce n'est pas le sujet central.
Le sujet central,
c'est les appartements
qui tout entier, toute l'année,
sont détournés du logement
pour être loués exclusivement à des touristes.
Et deuxièmement,
aussi beaucoup d'utilisations frauduleuses,
illégales,
c'est-à-dire dans lesquelles
il n'y a pas d'autorisation.
Lutte contre la fraude
et diminution du nombre de logements
exclusivement consacrés
aux meublés touristiques.
C'est ça, les combats
que nous menons à l'Assemblée nationale,
que nous allons continuer à mener
et c'est ceux que nous continuerons
à mener à la mairie de Paris.
La nouvelle loi ne vous permet pas
de lutter contre ce phénomène spécifiquement ?
Alors non,
parce qu'en fait,
la loi,
elle apporte pas grand-chose de nouveau
pour Paris,
parce qu'il y avait déjà une loi
que nous avions obtenue précédemment
qui s'appliquait aux grandes villes.
Et donc, c'est la transposition,
en particulier dans les zones
qui, en France,
souffrent de surtourisme
et qui ne sont pas pour autant
de grandes villes.
Elles simplement deviennent
de très grandes villes l'été
quand les touristes y viennent massivement.
Mais les deux sujets
sur lesquels on a déjà des armes légales
pour lutter contre la faute,
c'est aussi des contrôles
et un rapport de force
avec les plateformes,
avec les opérateurs économiques
qui font les intermédiaires
sur ces locations touristiques.
Bref, c'est un sujet
très technique
mais qui est au cœur
de la bataille pour le logement
que nous menons.
Puisqu'on parle logement
et qu'on a parlé de la dette,
les 9 milliards de dettes,
c'est possible de faire
face à la hausse de la dette
sans de nouvelles hausses d'impôts.
Et là, à Paris,
je pense en particulier
à la taxe foncière
qui a explosé.
Alors d'abord,
oui, c'est possible de faire sans
mais ça doit se discuter
sur un plan national
sur la façon dont sont financées
les collectivités locales.
Quand vous observez aujourd'hui
que deux tiers des départements
sont dans des situations exsangues,
que beaucoup de collectivités
se retrouvent confrontées
à des dépenses obligatoires
ou quasi obligatoires
avec une baisse structurelle
des recettes en face,
avec des dépenses supplémentaires
non compensées par l'État,
l'État a volontairement organisé
la suixi des collectivités territoriales.
Et disons-le, pourquoi ?
Parce que l'État,
ou en tout cas ce que représentait
la Macronie,
n'avait aucun intérêt local à défendre.
Aucun intérêt local à défendre.
Donc ils ont fait vraiment
une double injustice.
La première...
Michel Barnier vous demande
aux collectivités territoriales
dans le cadre du nouveau budget
5 milliards qui vont être apportés
à 2 milliards.
Pardon, excusez-moi.
Le gouvernement, c'est 5.
Sur le papier aujourd'hui.
C'est 5.
Oui d'accord,
mais le gouvernement c'est 5
et c'est précisément
sous la bronca des collectivités territoriales
et de l'Assemblée nationale
et du Sénat
et en particulier Gérard Larcher.
C'est lui qui a sorti,
c'est Gérard Larcher
qui a sorti le chiffre des 2 milliards.
C'est pas le Premier ministre.
La bronca est tellement forte
qu'il faut un geste.
Mais c'est pas un geste
de passer de 5 à 2.
Le geste aurait été d'annuler
les économies prévues sur les collectivités territoriales.
Mais à ce moment-là,
qui fait des économies ?
Qui fait des économies
dans un pays endetté à ce point ?
Elles sont injustes
pour une double raison.
La première,
c'est sur le plan intellectuel.
C'est vouloir faire croire
que les problèmes budgétaires de la France
sont liés aux problèmes budgétaires
des collectivités territoriales.
C'est faux.
Si l'État était aussi bien géré
que les collectivités territoriales,
il n'y aurait aucun problème,
y compris pour financer
la transition écologique,
préparer l'avenir,
investir dans l'innovation,
dans l'enseignement supérieur,
dans le capital humain
qui est quand même
l'un des parents pauvres
de la préparation de l'avenir
qui se présente devant nous.
Et deuxièmement,
c'est factuellement faux
parce que les économies
qui vont être demandées
aux collectivités territoriales,
que ce soit d'ailleurs
5 milliards ou 2 milliards,
ça aura un effet récessif majeur
parce que ce sont...
Il n'y a pas d'économies possibles à Paris.
Mais il y a toujours
des économies possibles.
Sur la question notamment
de l'absence des agents de Paris
dont il est souvent question,
est-ce qu'il y a des économies ?
Sur les économies,
on revient sur ce sujet
parce que là aussi,
les fake news insultantes
pour les fonctionnaires en général
et pour Paris en particulier,
donc il y a évidemment
des économies à faire toujours.
Il faut toujours avoir à l'esprit
de faire mieux avec ce qu'on a,
d'essayer d'optimiser
des économies d'échelle, etc.
Mais ce travail,
il est fait en permanence.
Ça fait quand même
déjà plusieurs années.
elle dit quand même
que dans les collectivités territoriales,
il faut supprimer plus de 100 000 postes.
La Cour des Comptes
est une juridiction indépendante
et donc elle dit ce qu'elle veut
et on peut aussi interpréter
comme on le souhaite,
ce qu'elle dit.
C'est-à-dire qu'elle dit
qu'il y a des sujets,
mais qu'est-ce qu'elle dit
C'est-à-dire qu'il y a
une impéricie,
il y a vraiment
une stupidité
d'organisation
des finances publiques locales
dans lesquelles
on a des organisations,
quel que soit le niveau,
départements, régions,
qui ont des compétences
et des dépenses afférentes
qui sont mécaniques
et qui augmentent.
Et de l'autre côté,
l'État a asséché
pour impuissanter
leur capacité d'action
les collectivités territoriales
via les recettes.
Et donc, d'une certaine manière,
l'État veut faire
aux collectivités territoriales
les économies
qu'il n'a jamais voulues faire.
des efforts à faire, Emmanuel Grégoire ?
J'ai honte de donner l'exemple
de l'absentéisme,
notamment à Paris,
parce que la volonté du gouvernement
c'est d'aligner
le régime des fonctionnaires
sur celui des salariés du privé
en matière de carence,
d'absence au travail.
À ce sujet,
à la mairie de Paris,
la situation,
elle est assez étonnante.
Il faut le dire,
en moyenne,
les agents étaient absents
40 jours l'année dernière.
C'est...
Au service de gestion
des ressources humaines,
particulièrement,
Madame,
si tu veux,
avec tout le respect,
ce sujet a été débunké
par des confrères à vous
depuis trois semaines.
C'est un mensonge.
Alors, donnez-moi les vrais chiffres.
Je vais vous donner
les vrais chiffres.
Le chiffre en question,
c'est ce qu'on appelle
le service de gestion RH.
Qu'est-ce que c'est
le gestion RH ?
C'est une position administrative
de suspension,
précisément pour les agents
qui sont malades.
C'est-à-dire,
quand vous avez des agents
qui sont malades,
y compris au point de plus
assurés leur mission,
ils sont 135
sur les 55 000 agents
de la ville de Paris.
Ils sont affectés
à une ligne particulière
dans laquelle,
parce que ça s'appelle
gestion RH,
il a été dit
de façon mensongère,
notamment par Pierre-Yves Bournazel,
je le dis,
puisque c'est lui
qui est à l'origine de ça,
qui est un opposant,
repris complaisamment
par plusieurs de vos confrères
et débunké intelligemment
par encore plus
de vos confrères.
Ça, c'est un cas particulier,
mais les 40 jours,
les 40 jours d'absence...
Les 40 jours,
les 40 jours,
c'est pareil,
on compte des choux
et des carottes.
Et là, vous reprenez le chiffre
tel qu'il a été présenté
par le ministre
de la Fonction publique.
Non, c'est dans un rapport.
Non, mais c'est pas vrai.
C'est les choux
et les carottes
dans lequel,
d'un côté,
vous comptez les absences,
vous cumulez
les congés maternités.
Les congés maternités,
c'est pas être malade
et être en congé maternité.
À quel moment
la société considère
que c'est un problème
que les mères
ou les pères
soient en congé maternité
ou en congé paternité ?
Il faut...
Pardon,
dans le moment qui est le nôtre,
il faut se rendre compte
à quel point
la confusion
et la gravité
des arguments
sont jetés parfois à la volée
et ils ont une injustice.
De la même façon
que le ministre
de la Fonction publique
a commis
une très grave erreur,
S-Fonction d'ailleurs,
parce qu'il est le ministre
de la Fonction publique,
en jetant en pâture
les fonctionnaires
sur cet argument
de l'alignement
sur le régime du privé
des trois jours de carence.
Très peu de salariés
du privé
ont trois jours de carence
pour une raison historique,
c'est que les employeurs privés
ont des systèmes...
30% ?
Très peu.
30 sur 100%,
c'est très peu,
dans ma vision.
Et la plupart
ont des systèmes
de complémentaires
et de prévoyances
qui couvrent
ces jours de carence.
Peu importe
le nombre de jours de carence
pour les fonctionnaires,
s'il y avait
des systèmes
de complémentaires
et de prévoyances
organisés par les collectivités.
Mais c'est jeter l'opprobre
sur les fonctionnaires publics
en leur disant
vous êtes beaucoup plus absent.
Par ailleurs,
on compare
tout et n'importe quoi,
on compare
un chiffre moyen
qui est celui du salariat
et dans la fonction publique,
sans regarder
que les métiers
sont très différents.
Il y a dans les collectivités
territoriales
énormément d'agents,
70% de catégorisés
qui sont des agents
de la filière ouvrière
et technique,
qui sont ceux
qui se lèvent
à 4h du mat
pour nettoyer les rues,
qui sont les agents
d'entretien des hôpitaux,
etc.
À quel moment
on considère
que ce n'est pas plus difficile
d'exercer ce métier-là
que d'être...
Travailler dans un bureau
et je l'ai dit
non seulement
contre la mesure
du gouvernement
mais contre le fait
de céder
à cette rhétorique
du mensonge
et de l'opprobre.
Je défends la fonction publique,
il faut être exigeant,
oui il y a des efforts,
oui il y a des économies
mais je défends
la puissance publique
parce que c'est le sens
de notre bien commun.
A Bordeaux,
le maire écologiste
Pierre Urmic
change de cap,
il va armer
une partie
de sa police municipale
face à l'explosion
des crimes
et d'élites dans sa ville
à Paris
où la situation
se complique aussi
avec le crime organisé.
Est-ce que vous envisagez
d'armer
la police municipale ?
Écoutez, non,
on est plutôt défavorable
à cela
mais je sais pour quelle raison
le maire de Bordeaux
l'a fait.
Alors je ne crois pas
que ce soit pour l'arc-au-trafic,
il n'est pas du tout
dans les missions
des polices municipales
de s'occuper
de l'arc-au-trafic,
on a qu'à les envoyer
combattre en Ukraine aussi.
Il faut arrêter aussi là-dessus
la confusion de missions.
La réalité,
c'est qu'il y a
un problème
de mission
et de repartition de mission
entre la police nationale
et les polices municipales
et la réalité,
c'est que comme
il y a moins
de police nationale,
il y a des glissements de tâches
qui, y compris,
n'ont pas de base légale
très claire
qui amènent
un certain nombre de maires
à s'interroger
sur l'armement.
Moi, je vais vous dire
pourquoi je ne pense pas
qu'il faut armer
la police municipale,
on ne va pas
empêcher les cyclistes
de griller les feux rouges,
ce n'est pas bien,
il ne faut pas griller
les feux rouges
en armant la police municipale,
ce n'est pas le sujet.
En revanche,
je sais qu'il y a
un sujet de sécurité
et je ne peux pas
rester sourd
à cette demande de sécurité,
en particulier à Paris
dans les quartiers populaires,
mais je veux d'abord
que nous prenions le temps
de réfléchir,
d'émission,
avec la police nationale,
de nous assurer
de la présence
de la police nationale
sur le terrain
et c'est à ce moment-là
qu'on pourra débattre
sereinement de l'avenir
de la police municipale.
Et le débat
fera sûrement du chemin
d'ici à 2026
puisque vous nous avez
annoncé ce matin
votre candidature
Emmanuel Grégoire
au municipal
à Paris
en 2026,
vous allez sûrement
être attentif
au thème
des informés
dans quelques minutes
avec Xavier Bracquiglia
et Renaud Delis
puisqu'on va parler
du congrès
des maires de France.
La grande déprime.
A tout de suite.
