Les confessions incorrectes de Christine Boutin !

Tocsin
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13 nov. 2024
Les confessions de Christine Boutin
🔷 Avec Christine Boutin
Femme politique, ex Ministre du Logement,
Diplômée de Théologie
Auteur récemment de “Lettre ouverte à qui veut s’engager en politique pour servir la France et les Français” (Pierre Tequi).
Se procurer l’ouvrage : https://www.librairietequi.com/lettre-ouverte-a-qui-veut-s-engager-en-politique-pour-servir-la-france-et-les-francais.html
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Et je suis très très heureuse de recevoir Christine Boutin, bonjour.
Bonjour.
Et merci d'être avec nous aujourd'hui.
Femme politique, plus de 40 ans de mandat électoraux,
20 ans presque, je crois, à l'Assemblée Nationale.
Même plus, oui.
Même plus, alors voilà, une vingtaine d'années.
Ministre, ministre, ancienne ministre,
et puis diplômée de théologie.
Vous nous présentez ce livre,
Lettres ouvertes à qui veut s'engager en politique
pour servir la France et les Français.
C'est un livre aux éditions Pierre Tecky.
Et vous commencez comme ça.
La France vit aujourd'hui des heures difficiles,
angoissantes, elle sent son destin vacillé.
Et c'est ce pourquoi j'ai envie,
ce que j'ai à vous dire vous secouera peut-être,
mais c'est pourquoi vous écrivez cette lettre.
Alors, peut-être pour commencer,
Christine Boutin, oui, pourquoi vous écrivez cette lettre
et dans quel état est la France ?
J'ai beaucoup réfléchi avant d'écrire ce livre.
Effectivement, j'ai suivi des cours de théologie à la Cato, à Paris.
Et j'ai eu besoin, si vous voulez,
après ces 40 ans de vie politique, de transmettre.
J'ai pensé que c'était une obligation.
J'ai un père spirituel, je suis catholique.
Tout le monde le sait.
Et ce père, il m'a beaucoup demandé de faire ce livre.
Et j'ai résisté pendant plus de quatre ans.
Une fois que j'ai eu mis un peu de raison dans ma foi.
Là, je me suis dit, il faut y aller.
Et donc, j'ai écrit ce livre et c'est un livre qui est très important.
Je crois, je le dis simplement, humblement.
C'est un livre très important parce qu'il y a des choses profondes
qui sont dites dans ce livre.
Je crois dans la France.
J'aime la France. J'aime la France.
Et vous êtes porteuse d'espoir aussi pour cette France.
Cet espoir est nécessaire, il faut le porter.
Absolument.
Moi, je suis émerveillée par les jeunes.
Ces jeunes qui arrivent, qui sont debout et qui vont prendre la relève.
Moi, je suis absolument... Bien sûr, la France va mal.
La France n'est pas bien.
On va peut-être en parler, j'en sais rien.
Ce qui est plus important, c'est l'espérance.
Et l'espérance, elle est incarnée.
Vous savez, moi, je crois dans l'homme.
Tout mon engagement a été sur le respect de la personne humaine,
de sa dignité, de la naissance à la mort naturelle.
Et aujourd'hui, il y a l'incarnation de cette espérance,
et ce sont ces jeunes.
Vous en faites partie.
Vous êtes une de ces incarnations.
C'est-à-dire, vous êtes jeune, vous prenez des risques.
Apparemment, vous êtes content puisque vous avez un bon résultat aujourd'hui.
Et c'est ça, l'espérance.
Cette espérance, elle s'incarne et elle est là, déjà.
Vous allez sauver la France.
La France va sortir du marasme dans les camps.
Prenons élément par élément,
parce que, oui, cette lettre est porteuse d'espoir
et vous voulez transmettre aux jeunes.
Vous l'écrivez aussi dans votre livre.
Mais parlons un peu du monde politique,
parce que vous en parlez dans votre livre
et vous dites, il y a la politique qui se trouve partout,
dans la famille, dans toutes les cellules, finalement, de la société,
même dans l'entreprise.
Mais quand on parle de politique politicienne, on va dire,
eh bien, vous l'avez connue,
mais cette politique politicienne,
elle se porte particulièrement mal aujourd'hui.
Mensonges, on va dire assemblées mal tenues,
et vous y revenez,
engagements non tenus non plus,
des noms, justement, les républicains,
qui n'incarnent pas les valeurs qu'ils sont censés incarner.
On parlait de valeurs il y a quelques instants.
Est-ce que vous pouvez revenir là-dessus, Christine Boutin ?
Et comment, vous, vous avez fait pour traverser,
pendant 40 ans, ce monde, pardon, mais sinistré ?
Oui, vous avez raison de prendre le mot sinistré.
Comment j'ai fait ?
Écoutez, je crois dans la vie.
J'ai d'abord commencé dans une inconscience absolue à défendre,
à être contre l'avortement et défendre la vie.
Je ne savais pas ce qui allait me tomber sur la tête.
Mais à partir du moment où je choisissais de défendre la vie,
je me mettais en corner, c'est évident.
Oui, vous avez, entre guillemets, foutu votre...
Enfin, vous auriez pu foutre votre carrière en l'air.
Mais c'est ce que me disaient mes amis, mes militants à l'époque.
Mais moi, il n'y avait pas de question, j'étais là pour ça.
Et j'ai tenu.
Alors, comment j'ai tenu ?
Ce livre s'adresse à tous, croyants et non-croyants.
Moi, il se trouve que j'ai la foi
et que je pense que le Seigneur m'a aidée à tenir dans les tempêtes.
J'ai reçu beaucoup de coups, beaucoup.
Vous avez reçu quoi comme coups, par exemple ?
Des trahisons, des caricatures...
Oui, mais racontez un peu tout le monde...
Je vais vous dire quelque chose.
Les politiques ont l'habitude de la langue de bois.
Je sais que vous ne mentez pas que vous ne faites pas de langue de bois.
Ici, justement, on veut un discours de vérité.
On en parlait juste avant.
Est-ce que vous pouvez nous dire quels sont les coups que vous avez reçus
et que reçoivent habituellement les politiques ?
Les trahisons, les épreuves finalement
à laquelle des politiques qui, en plus, se veulent sincères, passent.
Vous me posez une question à la fois difficile et facile.
Parce que moi, en tous les cas, j'ai toujours ressenti
à la fois que j'étais marginalisée et respectée.
Je parle dans mon livre de l'affaire...
Comment s'appelle-t-il ?
L'ancien Premier ministre, mon Dieu, j'ai un trou.
Fillon ?
Non, non, non, non, le socialiste.
Non, non, non, non, le Jospin.
Qui m'a attaquée dans l'hémicycle, publiquement,
en me traitant d'outrancière et de marginale,
en répondant à une question au gouvernement
qui ne correspondait absolument pas au sujet.
Tout d'un coup, il m'a, devant la France entière,
qualifiée de marginale et d'outrancière.
Je n'ai rien de marginal ni d'outrancier.
Défendre la vie, ce n'est pas être marginale.
C'est notre vie à chacun d'entre nous.
Et ce n'est pas être outrancière de dire qu'on la défend.
Je l'explique dans mon livre.
Mais vous savez, je suis une femme...
Vous me demandiez pourquoi, comment j'ai pu tenir.
C'est un peu la question que vous me posiez.
Mais j'ai pu tenir parce que la politique,
et ça c'est une des richesses de la politique,
il faut que les jeunes le sachent,
c'est qu'en tous les cas, moi j'en témoigne,
grâce à la politique, je sais pardonner.
Si je n'avais pas appris à pardonner,
et la politique est tellement dure, difficile et exigeante,
que si je n'avais pas eu le pardon, je n'aurais pas tenu.
Et j'ai appris aussi, et quelque chose d'essentiel,
c'est que mon adversaire politique,
celui qui ne pense pas comme moi,
est aussi aimé de Dieu que je le suis moi.
Et que donc si je veux avoir un débat,
je dois lui pardonner ses injures.
Alors là, vous allez très très loin dans le pardon,
parce que c'est vrai que ceux qui ont pu,
mais c'est tout à votre honneur en plus de chrétienne,
mais ceux qui ont pu vous planter un couteau dans le dos,
vous insulter en public,
ce n'est pas toujours facile et évident de considérer après coup...
Vous dire que ça s'est venu d'un seul coup, non.
C'était un travail sur moi-même,
mais justement le domaine politique
est un domaine tellement exigeant,
qu'à moins de renier ses convictions,
ce que je ne voulais pas.
Jamais, j'en parle.
J'ai quelques exemples dans le livre qui en parlent.
Par exemple, quand on m'a proposé l'ambassade du Vatican,
de la France au Vatican, c'était absolument sublime.
Mais quelles étaient les conditions ?
On ne m'en a pas donné, mais elles s'imposaient à moi,
c'est-à-dire que j'étais obligée, comme ambassadeur de la France,
à défendre les positions biotiques de la France,
que j'ai toujours combattue.
Comment voulez-vous que j'accepte un tel poste ?
C'était renier tout ce que j'avais défendu.
Donc bien sûr que j'ai dit non, vous comprenez ?
Quand vous dites que vous avez voulu défendre la vie,
vous l'avez défendue à travers plusieurs combats,
finalement la lutte contre la loi qui dépénalisait l'avortement,
puis ensuite il y a eu évidemment l'IVG,
les lois bioéthiques, c'est ce que vous dites,
ça a marqué votre carrière.
Et puis donc aujourd'hui, on a l'euthanasie programmée,
et puis ces genres de propositions faites par Emmanuel Macron.
Et vous dites que ça a été vraiment pour vous,
il y a aussi le mariage pour tous,
sur lequel vous avez beaucoup combattu.
D'ailleurs, je propose de regarder un extrait
où vous interpellez François Hollande sur le mariage pour tous.
Monsieur le Président, vous qui êtes tellement attaché au mariage,
pourquoi est-ce que vous ne donnez pas l'exemple ?
Pourquoi vous ne donnez pas l'exemple ?
Vous proposez le mariage pour les homosexuels,
et vous-même dans votre vie personnelle,
vous n'avez jamais choisi de vous marier.
Pourquoi est-ce que vous voulez l'imposer à tout le monde,
et en particulier aux homosexuels ?
Alors que vous savez très bien, Monsieur le Président,
qu'il y a derrière tout cela les fondamentaux de notre pays
qui sont en jeu.
Le peuple de France se lève.
Je suis convaincue pour moi qu'aujourd'hui,
il ne s'agit pas d'une affaire d'homosexualité,
de mariage homosexuel,
même si c'est le dessus de la vague.
C'est un problème culturel.
Les Français en ont ras-le-bol.
Ils sont inquiets.
Ils sont inquiets sur leurs fondamentaux.
Ils sont inquiets sur l'avenir de leur pays.
Un homme et une femme resteront un homme et une femme.
Ce n'est pas chacun qui décide de son sexe.
C'est un combat que vous avez mené,
mais que vous n'avez pas gagné malheureusement, Christine Boutin.
Non, en apparence, je n'ai pas gagné beaucoup de mes combats,
mais ça, ça n'a pas d'importance parce que vous êtes là.
Les jeunes sont là et moi, j'y crois.
Je sais que la France se relèvera.
Pourquoi elle se relèvera ?
Parce qu'elle a un patrimoine personnel.
Elle a un patrimoine historique qui fait que ce n'est pas la première fois
que la France est en déclin.
En Amérique, 74 %.
Elle s'est relevée et elle va se relever.
C'est une certitude.
Et mon livre doit aider ceux qui se posent des questions à tenir bon.
Moi, c'est un miracle.
En fait, c'est une surprise de voir ces jeunes,
de vous voir, vous, médias nouveaux pour moi,
dans ma culture et dans mon âge, de vous voir exister,
de prendre le risque de dire la vérité, de vouloir la tenir.
Pour moi, c'est plein d'espérance et j'encourage les jeunes.
Effectivement, je lance un appel aux jeunes et ce livre doit les aider.
Je donne des moyens, des leviers, des raisons.
Mais vous, vous leur dites de s'engager en politique.
Est-ce que nous, nous ne sommes pas engagés en politique ?
Là, je vous repose la question.
Aujourd'hui, s'engager en politique, ça veut quand même dire
faire, comment dire, vœux de soumission à un parti.
Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.
Alors, je vous dis tout de suite, non.
En France, il y a encore un principe fondamental de la République.
C'est qu'il n'existe pas de mandat impératif.
Oui.
Ah bah oui, non, mais c'est tout, tout est là.
Ça, c'est dans les textes.
Ah non, non, non, non, non.
Bien sûr que c'est dans les textes, mais c'est notre loi commune.
Mais vous savez très bien que si vous n'êtes pas, comment dire,
affilié à un parti qui vous porte et qui vous finance
et qui va pouvoir permettre une campagne.
Il ne finance rien du tout, le parti.
Il va vous aider à faire une campagne, à avoir une visibilité.
Pas du tout, pas du tout.
Oui, il nous donne un positionnement, un positionnement.
C'est tout.
Une étiquette qui peut être importante.
Et moi, vous croyez que ça m'empêchait d'avoir le soutien
du LR, etc., de l'UMP.
J'ai même été confondratrice de l'UMP.
Mais on sait très bien, on savait très bien où j'étais.
Et on savait très bien que jamais...
Et comment vous l'expliquez, ça, alors qu'on vous a accordé cette confiance
alors qu'au fond, vous n'étiez pas forcément dans le même marigot ?
Parce que je représentais à l'époque un courant sans doute déjà
malheureusement minoritaire, mais que ce courant minoritaire
était nécessaire pour obtenir la majorité.
Je l'explique dans mon livre.
Quand j'ai fait 2% à la présidentielle,
ces 2% ont été très importants pour Jacques Chirac.
On ne savait pas du tout comment ça allait tourner.
Et 2%, c'est difficile d'avoir 50.
Et les 2% étaient importants.
Et j'ai obtenu un certain nombre de choses.
Vous le trouverez dans le livre à partir de ces 2%.
Non, non, non, non.
Je pense qu'une personne qui a des convictions
sont respectées.
Et que c'est trop facile d'être soumis.
Moi, je ne suis pas pour la soumission.
Mais bien sûr.
Vraiment.
Non, ça c'est un faux argument.
Le député n'est pas du tout obligé
de suivre la ligne de son parti.
Il est impossible.
Il doit s'engager dans un parti existant aujourd'hui.
Plutôt où il crée le sien, ce qui a été mon cas.
J'ai créé le mien, qui est devenu Via, la voix du peuple.
Et ce petit parti, il était nécessaire pour une majorité.
Alors, ce que ça veut dire en clair,
c'est que de plus en plus, les chers électeurs
prenez parole.
Prenez la parole.
Dites ce que vous voulez.
N'ayez pas peur de parler.
Parce que naturellement, plus nous serons nombreux
à incarner ce que nous voulons défendre,
plus le politique aura du courage
à ne pas se soumettre.
Ce n'est pas compliqué.
Justement, en parlant de rendre la parole au peuple,
vous le dites dans votre livre,
il y a une année fondamentale, l'année 92,
l'année pivot qui s'est jouée
et qui vous a marquée en travaillant.
Après coup, vous vous êtes rendu compte
qu'il y a beaucoup de choses qui se sont passées.
Et dans ces années 92,
qu'est-ce qui s'est passé ?
Le fameux discours de Philippe Seguin
prononcé à l'Assemblée
contre le traité de Maastricht.
Je vous propose qu'on écoute un extrait.
Je le proclame donc d'emblée.
Dès lors que l'entrée de la France
dans l'Europe de Maastricht
constitue bien l'acte historique
qu'a évoqué le Président de la République,
il serait normal, nécessaire,
légitime, indispensable
que la parole soit donnée au peuple.
Non point que je conteste
la légitimité de cette Assemblée.
Je ne me suis pas associé
au cœur de ceux
qui, il y a quelques semaines,
ne trouvaient pas de mots assez durs
pour l'abaisser,
pour réclamer sa dissolution,
voire même proposer son autodissolution.
Je constate d'ailleurs
la contradiction dans laquelle
s'enferment aujourd'hui
nombre d'entre eux
en se refusant à l'idée d'un référendum.
Ce que je veux seulement dire
c'est que le recours à la voix parlementaire
est contraire
à l'esprit de notre pacte social.
Car ce que le peuple a fait,
seul le peuple
peut le défaire.
Voilà, ce que le peuple a fait,
célèbre phrase, seul le peuple peut le défaire,
le discours pour la France,
c'est beau rien que le nom, en 1992,
et vous dites année pivot,
parce qu'en 1992 ont aussi commencé
les débats de biotiques au Parlement.
Mais d'abord ce discours qui vous a
extrêmement marqué, est-ce que vous pouvez revenir dessus ?
Écoutez, ce discours, vous voyez,
simplement en revoyant ces images,
j'en ai des frissons.
C'était un message prophétique,
visionnaire.
J'encourage à relire
vos auditeurs,
les spectateurs,
de regarder, de revoir ce discours
en entier. Il a tout dit.
Et ce qui s'est passé,
ce qu'il a prédit,
c'est
notre perte de souveraineté.
C'est ça ce qui était en jeu.
Et en plus après, quand il y a eu le référendum,
le référendum a été trahi
par
le traité de Lisbonne.
Les Français ont déjà compris à ce moment-là
qu'ils avaient été trahis.
Mais vraiment, Philippe Seguin
a tout vu.
Et je crois que l'essentiel, et on en
parlait peu à ce moment-là, c'est la perte de
souveraineté de la France. Et nous y sommes.
Moi je suis profondément européenne.
Je ne suis pas pour cette Europe-là. J'en parle
dans ce livre. Vraiment.
Et Seguin avait parfaitement raison.
Et il se trouve qu'en 92,
lui quand il préparait
son discours,
moi j'étais en train
de travailler sur la bioéthique.
Et en fait, avec les lois bioéthiques que j'ai
combattues,
j'ai prédit,
j'ai vu que c'était
la dignité de l'homme,
la vie de l'homme, qui était en jeu.
Et aujourd'hui, dans ce livre,
alors que l'on parle beaucoup du déclin
de la France sur tous les domaines économiques,
financiers, etc., je dis
aujourd'hui que ce qui est en jeu,
c'est l'homme qui est en péril
de mort. Il n'y en a pas beaucoup
qui ont dénoncé la trahison
d'abord de 92,
mais ensuite, vous l'avez dit, surtout,
de Sarkozy derrière, avec son
traité pour l'Europe. Il n'y a pas beaucoup des politiques
qui ont pris la parole à ce moment-là ? Non.
Personne n'a parlé. Moi, j'étais très
mal à l'aise. Inutile de vous dire que j'étais
très mal à l'aise dans cette affaire.
Mais de toute façon, je ne pouvais
rien faire. Ça n'avait aucune efficacité.
Et ce n'était pas sur mon
sujet fondamental.
Mais les Français sont intelligents.
Ils ont parfaitement compris la trahison.
Et je pense que l'échec de
Sarkozy, qui est un homme que je respecte
beaucoup, il a eu le courage, il a osé me
mettre dans son gouvernement.
Ce n'est pas si simple.
C'est peut-être calculateur, mais oui.
Mais il l'empêche.
Il a évité un certain nombre de choses
dont je parle aussi.
Si vous voulez, Sarkozy,
j'ai été tellement
étonnée, je le dis dans ce livre,
je ne sais pas si j'ai tort ou si j'ai
raison, mais je crois
et malheureusement, je pense que ce qui se
passe aujourd'hui le prouve encore plus. On donne
dans tous les cas de la force. Je crois
qu'un président de la République française, aujourd'hui, n'est
plus libre. À cause de qui ?
Il est tenu par qui ?
Moi, je fais partie des
complotistes. Je l'assume
totalement. Dans
beaucoup de domaines et sur le plan politique,
je crois qu'il y a effectivement
un groupe mondialiste
qui veut annihiler
toutes nos identités et
en particulier les identités nationales
et que les enjeux étaient
beaucoup plus tournés vers l'économie
et le financier que vers l'éthique
et la personne humaine.
Alors que le pouvoir politique a pour objectif
de trouver les règles du jeu
qui apportent le bien commun
à l'ensemble de la société,
ce n'est plus du tout ça.
Mais c'est en train de vaciller.
C'est en train de vaciller.
Puisque vous parlez
indirectement d'Emmanuel Macron
J'en parle peu.
Non, non, pas dans votre livre, mais là,
c'est lui qui est concerné.
Et que vous parlez beaucoup de
votre livre de transcendance, en disant
vous croyez
au Dieu que vous croyez, mais
il y a une transcendance et un
sacré qui porte la France.
D'ailleurs, vous dites même que c'est
l'appel de Jean-Paul II pour la France
qui est née de l'Église, qui vous avait au début
dirigé vers la politique.
Que pensez-vous
d'Emmanuel Macron qui souhaite
donner un discours au sein
dans le cœur de Notre-Dame de Paris ?
Je suis...
Comment vous dire ?
Le mot FF, je suis horrifiée.
Je suis scandalisée.
Scandalisée parce que,
pour des raisons légales,
nous avons la loi de 1905
qui interdit
à ce qu'une parole politique
soit prise dans une église,
dans un lieu de culte.
Non seulement la loi de 1905
de l'époque, mais aujourd'hui,
c'est-à-dire en 2021,
a reprécisé
de façon très précise,
très concrète, cette interdiction
qui est interdite de tenir des discours politiques
au sein de monuments
de culte.
Comment est-ce que...
Mgr Ulrich a commencé
par refuser et puis
il a fini par accepter.
Oui. Comment vous l'expliquez ?
Je ne l'explique pas.
Je ne sais pas pour quelles raisons.
Ce n'est pas possible. C'est inacceptable.
Pour moi, c'est une
atteinte à la liberté religieuse.
C'est une atteinte à la liberté religieuse.
Parce que nous,
justement, ça a même
été consacré par la loi française républicaine.
Et le président
de la République, qui se permet tout,
il est gêné par peu de choses,
lui, va
imposer de prendre la parole.
Et je me souviens, j'étais
ministre à l'époque, des
Bernardins, de son discours aux Bernardins,
où toute
l'Église représentée s'est levée
pour applaudir. Je suis restée
assise. Parce qu'il y avait
là une manipulation par rapport
à notre foi et notre religion
qui m'a paru scandaleuse.
Mais là aussi, il y a eu une manipulation.
Mais naturellement. Une récupération
du sacré. Mais oui.
Est-ce que ce n'est pas une profanation ?
Est-ce que sur toxin, j'ai le droit de
vous dire ? Mais je vais me le donner.
Je ne sais pas quelles sont
les conséquences. Elles sont peut-être importantes
ou complètement oubliées.
Mais je pense que
M. Macron,
je l'ai dit dès 2007,
est possédé par le diable.
Voilà.
Je ne sais pas s'il en est conscient.
Mais tous,
toutes les signes sont donnés.
C'est-à-dire qu'il y a
une fascination par la transgression.
Une fascination
pour le mal
qui accentue
le déclin de la France.
M. Macron n'est pas
le seul responsable.
C'est depuis des dizaines d'années,
en tous les cas, pour l'époque contemporaine
de l'histoire. J'étais présente.
Je dis que c'est l'aboutissement
de ces 40 ans
de vie politique, là où nous en sommes
aujourd'hui. Et maintenant,
nous sommes confrontés
au réel. Et ce serait
dramatique si nous n'avions
pas l'incarnation
de ces jeunes qui se lèvent
et qui ont pour moi été
la motivation de l'écriture de ce livre.
C'est-à-dire qu'ils sont là.
C'est surprenant.
Il y en a certains, comme je le disais tout à l'heure,
qui sont des héritiers, qui ont reçu
la culture, qui ont reçu les éléments.
Et d'autres, pas du tout.
Et qui sont d'une exigence encore
plus grande que les autres.
Et je leur dis, mais courage,
c'est vous qui allez... De toute façon, je suis certaine,
j'étais certaine que la
France va se relever.
Elle a connu d'autres problèmes dans son
histoire. Elle va se relever. Et maintenant,
il y a l'incarnation. Sans l'incarnation,
c'est-à-dire la présence d'hommes et de femmes,
eh bien, rien n'est possible.
Car le Dieu auquel je crois
est un Dieu qui a fait alliance avec les hommes.
Et donc, c'est inouï. Enfin, je ne vais pas
vous en parler maintenant. Je vais vous faire de la théologie,
ce que je pourrais peut-être faire. Mais
voilà. Et donc, ces jeunes sont
là. C'est eux qui vont relever
et leurs enfants qui vont relever le pays.
Christine Boutin, dans votre livre, en effet, vous parlez
des jeunes qui ont été importants
pour vous. Et dans ces jeunes, vous citez
Jean-Frédéric Poisson, 30 ans.
Alors, il a un petit peu plus que 30 ans
aujourd'hui. Mais vous avez de très, très belles
lignes pour lui. Et je crois
qu'on lui a proposé d'intervenir. Et je crois qu'il était
très heureux d'intervenir pour vous faire cette petite surprise.
Ah oui, c'est une vraie surprise.
Ah, bonjour, cher Jean-Frédéric.
Ok, c'est bon, c'est bon.
Évidemment, Jean-Frédéric Poisson,
président de Via à la Voix du Peuple,
qui vous a succédé.
Avant de vous donner la parole, Jean-Frédéric Poisson,
peut-être, je voulais lire
les quelques lignes qu'on retrouve dans ce livre.
Merci, merci. Vous dites,
en cette même année 93, une rencontre inattendue
à Saint-Laurent-sur-Seve, celle de Jean-Frédéric Poisson.
Elle est lestée d'une force puissante,
mais bataille législative. J'étais venu faire
une conférence sur la biotique et à la fin,
un jeune de 30 ans s'approche pour me voir.
Beaucoup d'étudiants font la queue, mais il attend.
Il a prévu d'arriver le dernier,
car ce qu'il a à me dire ne souffre pas l'impatience.
Et d'emblée,
dans la conversation, la fulgurance de son intelligence
m'impressionne. Il me dit qu'il est
dans une période de chômage et donc disponible.
Le lendemain, il m'envoie pour m'informer son
résumé d'une interview de Madame Guigou
sur une radio. La spontanéité du geste
et la qualité du contenu m'enchantent. Or, il y avait
une tension avec certains de mes collaborateurs.
J'avais besoin d'aide. Jean-Frédéric Poisson m'a proposé de venir
15 jours et notre collaboration ne s'est
pas arrêtée. Nous avons formé
un tandem incroyable.
Et vous dites après, c'est assez amusant,
dans le cadre de ma responsabilité
parlementaire, sa grande intelligence, sa rapidité
de réaction et de rédaction, sa mémoire
sans limite me sécurisait profondément
et me tirait vers le haut. Il m'agacait aussi
parce qu'il savait tout. Voilà.
Je m'arrête là. Jean-Frédéric Poisson,
bon, vous qui savez tout, est-ce que vous pouvez nous dire quelques mots
sur Christine Boutin ?
C'est beaucoup trop, merci. Je ne peux pas vous parler du livre que je ne connais pas,
mais je connais un peu son auteur.
D'abord,
c'est une chance
dans une vie
de savoir à qui on doit ce qu'on doit.
Et parmi
les choses belles que le bon Dieu m'a données,
il y a le fait de savoir à qui je dois
mon engagement politique et qu'il me l'a appris.
Alors, il y a
d'autres personnes d'immenses qualités que j'ai croisées
dans ma vie. J'ai eu la chance
de voir le président
Franck Borotra présider le conseil départemental
des Yvelines, qui était un immense président.
Je pense qu'on est passé à côté d'un très grand Premier ministre,
la personne de Borotra, que tout le monde a oublié maintenant.
Mais c'est d'une grande qualité.
J'ai travaillé pendant 30 ans avec
l'actuel président du Sénat, qui m'a beaucoup appris aussi.
Mais ce que j'ai appris
auprès de Christine, c'est une chose
assez simple, qui résume bien, je crois,
sa vie,
sans réduire exagérément.
Il faut
croire à quelque chose de plus grand que soi,
et puis s'y accrocher.
C'est aussi simple que ça, et ça vaut pour la politique
comme pour le reste. Et ce que j'ai découvert,
ce que je ne savais pas,
j'imaginais pas une seconde
faire de la politique.
Ça devait durer, comme disait Christine,
le temps d'une campagne cantonale, 3 mois.
Ça fait 30 ans que j'y suis, 31 ans maintenant.
Je ne sais pas pourquoi.
J'y suis rentré par hasard,
mais je n'y suis pas resté par hasard.
Parce qu'il y a des tas de gens qui rentrent par hasard en politique.
Et pour savoir pourquoi on y est,
c'est pourquoi on y reste.
C'est ça qui compte, c'est ça qui donne le sens des choses.
Et voilà,
ce témoignage quotidien
que j'ai eu pendant 10 ans,
parce que j'ai été son collaborateur
et son directeur cabinet pendant 10 ans.
Comme dit Faubert, il n'y a pas de héros
sur son valet de chambre, donc je suis
intarissable sur les défauts, les tards,
les manquements, les pieds dans le tapis
auxquels j'ai assisté quotidiennement pendant 10 ans.
Je n'en dirai rien, même sous la torture, rassurez-vous.
Mais au-delà de ça,
ce qui est une vie au fond,
il y a ce courage incroyable.
Moi ma mission était facile,
il fallait que je donne
à mon patron
les munitions pour aller au feu.
C'était ça mon métier.
Quelles que soient les munitions, quel que soit le feu, quel que soit le jour et l'heure.
C'était assez simple à décrire en fait.
Mais j'avais la chance
de travailler pour
une responsable politique qui ne changeait pas d'avis
tous les 4 matins, dont la feuille de route
était claire, le corps de conviction
est clair et invariant.
Et je faisais partie à l'époque d'une association
de directeur de cabinet,
qui était à la fois un truc de potache
et un truc tout à fait sérieux sur le plan professionnel.
Et mes collègues
m'enviaient, parce que
je n'étais pas obligé de lire le journal tous les matins
pour savoir ce que pensait mon patron le jour où nous étions.
Le mélange de conviction et de courage,
le fait qu'on puisse
maintenir son indépendance d'esprit
et même au-delà de l'indépendance d'esprit,
même dans le contexte d'une appartenance
à un parti politique,
ce qui est une expérience qui est la mienne aussi,
pour avoir connu ça de près.
Voilà ce qu'on peut apprendre,
ce que j'ai appris, ou en tout cas en travaillant avec Christine.
Il y a des tas d'autres choses,
ce serait beaucoup trop long,
mais ça a été extrêmement précieux.
Et encore une fois, si je vais passer 31 ans de ma vie maintenant dans le monde politique,
c'est sa faute.
C'est pas la mienne.
Merci beaucoup Jean-Frédéric Poisson.
Je vous garde tous les deux,
parce qu'on parle d'espoir, de tourner la page.
On a vu que les Etats-Unis ont tourné une page.
Comment s'inspirer
de ce,
sans se proclamer trumpiste pour autant,
chacun prend ce qu'il veut,
mais comment s'inspirer
de ce renouvellement américain
pour l'incarner en France.
Christine Boutin et Jean-Frédéric Poisson,
je vous pose tous les deux la question.
Ce qui s'est passé,
on est trumpiste ou pas trumpiste,
ce qui est certain,
c'est qu'il a démontré
qu'il pouvait mettre par terre la doxa.
La bien-pensance.
Et ça,
ça doit donner du courage à ces jeunes qui s'engagent.
C'est en politique ou ailleurs.
Je le dis dans le livre,
notre comportement,
cette constance dans nos convictions,
ne pas changer à quatre matins,
c'est dans notre vie de tous les jours,
dans notre vie de famille, dans notre vie amicale,
notre vie professionnelle et bien sûr,
politique.
Et Trump a montré, à la surprise,
surtout des médias français, pas les vôtres,
parce que vous, vous avez fait un bon boulot,
mais il a montré
que c'était possible.
Donc, ça viendra.
Les jeunes vont le voir, en s'engageant en politique.
Ça donne de l'espoir, en tout cas,
à Christine Boutin. Jean-Frédéric Poisson,
même question. Comment s'inspirer
de cette nouvelle page américaine, pour nous français,
et pour vous,
politique ?
D'abord, ce qui est très frappant, c'est de parler vrai.
Cet homme a une capacité à dire
les choses telles qu'il les pense et catch,
alors parfois sans filtre et même souvent,
de manière un peu brutale, un peu andro-saxonne.
Le souci de la véracité, en tout cas,
c'est ce qui devrait inspirer beaucoup de nos responsables politiques,
plutôt que de tourner autour du pot.
Deuxièmement, il traite les problèmes des gens,
pas ses propres obsessions.
Il est centré sur quelque chose
qui n'est pas lui ou quelqu'un qui n'est pas lui,
et c'est là aussi assez rassurant.
Après, je vais d'ailleurs en faire
un petit article, c'est le reçu.
Passer le temps de la joie
provoquée par la fureur
et le deuil
de tous ceux qui l'attendaient pas
et qui en ont souffert,
on va quand même passer un sale quart d'heure,
parce qu'il y a chez Trump
un mélange de conservatisme
qui peut nous intéresser
et d'ultra-modernité
qui est représentée par Musk.
Musk, c'est les abtendants de cerveau,
c'est l'homme sur Mars,
c'est l'homme augmenté, c'est tout ça.
Ce mélange-là va faire fureur
et nous avons intérêt à être auprès.
Ça ne me fait que me conforter dans le fait
qu'il faut revenir à des choses simples et anciennes.
Vive l'archaïsme quand on fait de la politique,
c'est-à-dire des choses invariantes, intemporelles.
Il y a une partie de Trump qui est inspirée par ça
et puis une partie qui va partir complètement à l'ouest.
Ça va être assez furieux.
On va assister à des choses, à mon avis,
auxquelles beaucoup de Français ne sont pas prêts.
Raison de plus qu'on nous y prépare et nous.
À suivre en tout cas.
Merci beaucoup à tous les deux.
Merci pour votre engagement politique,
puisque la politique, ça compte,
et on a compris votre message, Christine Boutin.
Lettre ouverte à qui veut s'engager en politique
pour servir la France et les Français.
Engagez-vous les jeunes !
C'est vraiment le mot d'ordre
ici de Christine Boutin dans ce livre.
Aux éditions Pierre Tecky.
Merci encore Christine Boutin.
Merci à vous Jean-Frédéric Poisson.
Merci à vous tous sur Tocsin.
On est toujours extrêmement nombreux.
