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Le sujet de l’ubérisation et de la collusion entre nos politiques et les intérêts privés d’Uber, c’est en quelque sorte le cheval de bataille de Danielle Simonnet depuis des années. Elle vient de publier un nouvel ouvrage intitulé : “Face à Uber. Enquête sur un scandale d'Etat”. La députée de Paris nous propose dans ce livre de faire une véritable plongée dans les révélations des “Uber files”. Un scandale d’État dont vous avez probablement entendu parler ces deux dernières années, sans peut-être en mesurer l’ampleur. Plus de 124 000 documents confidentiels révélés par un Consortium International de journalistes d’Investigation, c’était en juillet 2022, des documents internes de l’entreprise américaine Uber qui montrent notamment comment, entre 2014 et 2016, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, a œuvré en coulisses pour favoriser la société privée de VTC, en dépit d’une certaine hostilité du gouvernement de l’époque. Rapporteure de la commission d’enquête parlementaire Uber Files entre février et juillet 2023, Danielle Simonnet veut inciter à la vigilance sur les conditions de travail des « auto-entrepreneurs » exploités par Uber et des plateformes du même type, dans une société gagnée par l’ubérisation. Figure de l'opposition de gauche à la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo et du XXe arrondissement de la capitale, elle met en exergue dans ce livre comment les pratiques de ces plateformes remettent dangereusement en cause de nombreux acquis sociaux.
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Emmanuel Macron, c'est l'homme de la start-up nation.
Les plateformes et les gouvernements macronistes ont une obsession,
c'est péter le salariat.
Pour défendre les intérêts oligarchiques de ces plateformes,
du coup ça permet à la plateforme de vous exploiter à la tâche,
comme le patronat exploitait les ouvriers à la tâche
avant les conquêtes ouvrières
qui ont amené à la création du code du travail en 1910.
C'est une véritable plongée dans les révélations des Uberfiles
que nous allons vous présenter aujourd'hui.
Un scandale d'Etat dont vous avez probablement entendu parler
ces deux dernières années, sans peut-être en mesurer l'ampleur.
Plus de 124 000 documents confidentiels révélés
par un consortium international de journalistes d'investigation.
C'était en juillet 2022.
Des documents internes de l'entreprise américaine Uber
qui montrent notamment comment entre 2014 et 2016,
Emmanuel Macron, alors ministre de l'économie,
a œuvré en coulisses pour favoriser la société privée de VTC.
En dépit d'une certaine hostilité du gouvernement de l'époque,
notre invité a été rapporteur de la commission d'enquête parlementaire.
Uberfiles, le sujet de l'uberisation et de la collusion
entre nos politiques et les intérêts privés d'Uber,
c'est en quelque sorte son cheval de bataille depuis quelques années.
Elle vient de publier cet ouvrage intitulé
« Face à Uber, enquête sur un scandale d'Etat »
et édité par Fayard, la députée de Paris.
Daniel Simonnet est l'invité de cet entretien d'actu.
Bonjour Daniel Simonnet.
Bonjour.
Je voudrais d'abord vous remercier d'avoir accepté notre invitation.
Merci, merci d'avoir invité.
Merci, merci beaucoup à vous.
On connaît votre engagement de terrain
contre la précarisation des personnes les plus fragiles.
J'ai l'impression que ce combat contre Uber
vient de beaucoup plus loin.
Je me souviens qu'il y a quelques années,
vous avez monté une pièce de théâtre,
une pièce qui s'appelait Uber, les salauds et mes auvers.
Et j'ai souvenir que jeune étudiant en école de journalisme,
je vous avais vu à Lille.
J'étais allé vous voir sur scène.
Et je vous avais vu au Spotlight de Lille en 2017.
Exactement.
Et j'avais trouvé ce spectacle très revigorant,
cette façon de parler des dérives de l'uberisation
en tant que militante politique,
que vous étiez déjà pour le parti de gauche.
Je l'avais trouvé revigorant.
Et cela m'amène donc à ma première question.
C'est pourquoi vous avez décidé,
il y a quelques années déjà,
de partir en croisade contre Uber
et le phénomène de l'uberisation ?
En fait, c'est un peu un hasard au point de départ.
Au point de départ, il y a une journaliste,
je ne me souviens même plus son nom,
mais qui m'envoie un livre.
Uber, la prédation en bande organisée de Laurent Lannes.
Et ce bouquin, je le dévore.
Et je le trouve vraiment passionnant.
Il décrit vraiment le mécanisme de l'uberisation,
de toute cette précarisation qui est mise en place
par ces plateformes qui, sous couvert de mises en relation
entre des travailleurs et des gens qui veulent un service,
se soustraient à toute la responsabilité d'employeur
et sur-exploite.
Et en fait, je me suis retrouvée un matin
en train de prendre mon café,
à regarder les chaînes d'infos en continu,
ce que je ne conseille à personne pour commencer la journée.
Et j'ai vu qu'il y avait une mobilisation des taxis
qu'on nous décrivait comme violentes.
Je ne sais pas ce que vous en pensez,
mais les médias mainstream, à chaque fois,
pour dénigrer un mouvement social,
ils le réduisent à de la violence
en oubliant la violence systémique
qu'il y a au point de départ
avant qu'une mobilisation ou une contestation.
Et du coup, j'ai réussi à rencontrer
l'auteur du livre qui m'a présenté
à la fois un syndicaliste,
Karim Asnoun, de la CGT Taxi,
et une coopérative de taxis,
la GESCOP, Alpha Taxi.
Et donc, je suis rentrée comme ça,
un peu par hasard, dans cette problématique.
Et j'ai présenté juste un vœu au Conseil de Paris.
Je n'étais que conseillère de Paris à ce moment-là.
Et tous les taxis, en fait,
m'ont envoyé plein de messages
de remerciements pour juste une pauvre intervention
de deux minutes.
Et j'ai découvert une profession
très fortement abandonnée
par les dirigeants politiques
et qui m'ont accueillie les bras ouverts
pour que j'essaye de comprendre avec eux
ce qu'ils subissaient.
Et donc, du coup, je suis rentrée
dans cette bataille contre l'ubérisation,
d'abord par l'entrée des taxis
qui subissaient cette concurrence déloyale.
Les professions de taxis,
c'est une profession réglementée.
Et à ce moment-là, c'était l'année
où il y allait avoir la bataille
contre la loi El Khomri,
contre la loi travail.
Et en fait, Hubert, à ce moment-là,
va commander des amendements clés en main
que certains socialistes proches
d'Emmanuel Macron et de M. Cazeneuve
vont déposer.
Et un article qui, en fait,
visait à empêcher toute requalification
en salariés de la part des chauffeurs VTC.
Donc, c'était une façon pour Hubert
de rentrer dans la loi El Khomri
pour pouvoir se protéger
et de pouvoir continuer à surexploiter
plus encore les chauffeurs VTC.
Avec également le lancement d'Uberpop à l'époque.
Sachant qu'on est dans une grosse tension
à ce moment-là entre les taxis et les VTC,
mais surtout entre les taxis et Uber,
parce que Uber met en place Uberpop,
une plateforme qui met en relation
des travailleurs comme vous et moi.
Enfin, pas comme moi,
parce que moi, je n'ai pas le permis de conduire,
mais des travailleurs mal payés
qui veulent faire un petit job en plus.
Et s'ils ont le permis,
ils pouvaient, en sortant du boulot,
ramener des gens.
Bon, ça peut paraître sympathique.
Enfin, il y en a à côté.
C'est leur métier.
Ils ont fait des formations.
Ils se sont endettés pour avoir la licence de taxi.
C'était extrêmement cher à l'époque.
C'est une concurrence déloyale
qui est terrible pour les taxis,
où on permet à n'importe qui de faire leur boulot
alors qu'eux ont à peine de quoi
subvenir à leurs besoins.
Donc, il y avait cette mobilisation-là
qui était extrêmement forte.
Je suis rentrée dans cette lutte-là.
J'ai découvert tout le problème de l'Uberisation
qui, à ce moment-là,
commençait aussi à se développer
dans la livraison à domicile.
Et c'est vrai que, du coup,
je m'en suis passionnée.
Et j'en ai fait aussi un seul en Seine,
une conférence gesticulée,
Uber, les salauds et mes auvers,
que j'espère pouvoir avoir le temps
prochainement de retravailler
pour la réactualiser.
Parce que je trouve que ça le ferait
une députée qui remonte sur Seine
pour faire ce...
Ça matrerait les esprits encore plus.
Oui.
C'est vraiment une méthode d'éducation populaire
qui est chouette.
De faire une conférence gesticulée
et de pouvoir éveiller les consciences
avec, comment dire,
un propos qui tient de l'émotion,
de l'humour,
mais surtout qui tient de l'expérience
où chacun peut se projeter.
La preuve, je m'en souviens encore
alors que ça fait sept ans que je l'ai vue.
Alors, on parlait des conséquences
que l'arrivée d'Uber a entraînées.
Dès l'arrivée d'Uber sur le marché français,
d'ailleurs en 2012,
on a vu s'opérer une sorte de dérèglement.
Vous écrivez dans le livre
que le nombre de courses disponibles pour les taxis
s'est réduit,
d'autant que la plateforme Uber
laisse subvention dans une logique hyper agressive.
Tout de suite,
on rentre dans la logique du lobbying
dès la toute première année d'existence
d'Uber en France.
Exactement.
En fait,
toutes les données Uber Files,
pour comprendre,
comme vous l'avez dit au début,
c'est en fait un ancien lobbyiste d'Uber,
Marc Magan,
qui décide de basculer les lanceurs d'alerte
et qui donne à un consortium de journalistes
des tonnes d'échanges,
de mails,
de SMS,
plein de données
qui permettent de découvrir les coulisses.
Et on se rend compte qu'en fait,
Uber, dès le début,
quand les dirigeants d'Uber,
Trice Canandic,
décident d'implanter la plateforme en France,
ils vont payer très cher des économistes,
par exemple,
pour faire des études.
Complètement bidon,
puisque les conclusions étaient quasiment
dans le banc de commande.
Donc,
avant que les économistes ne passent leurs travaux,
ils avaient déjà d'idée
c'était quoi l'atterrissage.
Ils payent aussi plein de lobbying
pour pouvoir être mieux référencés
dans Google,
dans Wikipédia.
Il y a toute une machine aussi
de faux articles
pour créer vraiment un environnement
totalement défavorable aux taxis
et favorable à Uber.
Et ensuite,
leur arme à eux,
c'est de mettre énormément de chauffeurs
sur le terrain.
Pour que vous,
en tant que client,
vous soyez séduit
et qu'on puisse vous prouver
qu'avec la prix,
vous pouvez avoir un chauffeur
tout de suite,
immédiatement.
Vous imaginez bien,
où que vous soyez,
à Paris
ou en proche région parisienne,
pour que vous puissiez avoir un chauffeur
à votre disposition
dans très peu de temps,
il faut qu'il y en ait beaucoup
qui inondent le marché.
Donc,
leur volonté,
c'est vraiment de mettre
le maximum de taxis sur le marché
pour pouvoir être en capacité
de résister à la concurrence
des taxis,
mais surtout,
en fait,
tuer le taxi
et obtenir le monopole.
Sauf qu'ils ont un problème,
c'est qu'il y a quand même
des réglementations
qui vont se mettre en place.
Et pour devenir chauffeur VTC,
il faut...
Normalement,
la loi était censée dire
que seuls les taxis
avaient le droit
de faire la maraude.
Normalement,
la maraude électronique
est interdite.
Un chauffeur VTC
devrait rentrer au garage
entre deux courses,
ce qui n'est jamais respecté.
Mais surtout,
normalement,
les chauffeurs de taxi,
les chauffeurs VTC,
devaient faire une formation
de 250 heures.
Et ça,
ça ne va pas plaire à Uber.
Et en fait,
ce que les Uber Files révèlent,
c'est que,
non seulement la plateforme,
c'est personnellement
qu'elle est dans
plein d'infractions.
Elle est en infraction
par rapport
aux professions
réglementées de taxi,
elle est en infraction
au code du travail,
aux lois de la concurrence,
aussi à la fiscalité,
et elle l'assume.
Il y a une pièce
comme ça
que je trouve géniale,
dans les Uber Files,
ça s'appelle
The Pyramid of Shit.
Alors, je suis nul en anglais,
mais je pense que tout le monde
a compris,
la pyramide de merde.
Et en fait,
c'est un schéma,
une pyramide
qui est utilisée
par les dirigeants d'Uber
quand ils forment leur cadre
pour leur montrer
toutes les infractions
à toutes les lois
et réglementations
et comment il va falloir
assumer d'être
dans toutes ces infractions.
Donc,
ils théorisent vraiment
l'illégalité
en principe de fonctionnement.
C'est la disruption.
On va être disruptifs
et on ne va pas
respecter les règles,
ce n'est pas grave,
mais on va y aller,
on va être ultra agressifs
et on va remporter le marché.
Et ils préparent,
en même temps,
en permanence,
un système de suppression
de fichiers
au cas où
il y aurait
des descentes
des perquisitions.
Si jamais il y a
une descente
de la DGCCRF,
c'est la répression
des fraudes à la concurrence,
si il y a une descente
de l'URSSAF
pour les fraudes
à la cotisation sociale,
si il y a une descente
d'inspecteurs du travail
ou de la DGFIB
des impôts,
eh bien,
ils ont un système,
le Kill Switch,
qui fait qu'il suffit
que les responsables
d'Uber,
localement,
appuient sur un bouton
sur l'ordinateur
et ça efface
toutes les données.
Et donc,
du coup,
ce qui est une pratique
totalement illégale.
Donc,
ils sont vraiment
dans la théorisation
de l'infraction,
sans problème.
C'est vraiment
une entreprise
multinationale hors la loi.
Alors,
la loi,
justement,
essaye à partir
d'un certain moment
de réguler tout ça.
Il y a le texte
de loi dit et venu.
Le ministre
de l'Intérieur,
Bernard Cazeneuve,
on raconte
dans
ses Uber Files,
se montre
plutôt réticent
à certains amendements
qui sont portés
pour favoriser
Uber.
Page 39,
vous écrivez
qu'aucune étude
d'impact
n'a été réalisée
avant l'adoption
de la loi
qui libéralisait
le secteur.
Ça paraît quand même
surréaliste.
Alors,
il n'y a absolument
aucune étude d'impact.
On est vraiment
sur l'idéologie libérale
pour ceux qui défendent
le modèle Uber
à fond.
Par exemple,
il faut savoir
qu'il y a d'abord,
avant cela,
sous Nicolas Sarkozy,
un rapport
qui est commandé
à Attali.
Dans le rapport
à Attali,
il va y avoir
un jeune énarque
qui va être
le rédacteur
de ce rapport.
C'est justement
Emmanuel Macron
et qui va arriver
comme conclusion,
notamment,
sur le taxi,
qu'il n'y aurait vraiment
pas assez de taxis
à Paris,
que c'est une catastrophe
pour avoir un taxi.
il faut absolument
du coup,
libérer le secteur
en créant
le statut
de VTC
et en permettant
justement,
la création
d'un statut
d'auto-entrepreneur.
À ce moment-là,
il n'y a aucune étude
d'impact sérieuse
sur est-ce qu'il en manque
ou pas,
vraiment,
de taxis.
Parce qu'en fait,
il y a peut-être
des temps d'attente
dans les périodes de pointe
entre 18h et 20h.
Enfin,
il faut que les taxis
puissent manger quand même.
Donc,
si vous avez
trop de taxis
dans ces horaires-là,
ça veut dire que
pendant le reste
de la journée
où il y a peu de commandes,
tout le monde comprend bien
qu'ils ne peuvent pas
à ce moment-là
avoir suffisamment de revenus.
non,
il n'y aura pas
d'étude d'impact.
Donc,
on va avoir
une mise en concurrence
qui se met en place.
Ensuite,
des lois
qui sont là
pour réguler
pour lesquelles
les décrets,
les arrêtés,
tout ça,
ça va mettre
des plombes
avant de sortir
et puis même
quand ça sort,
eh bien,
en fait,
ça n'est pas appliqué.
Donc,
on a vraiment
un manquement de l'État.
Mais pire encore,
ce qu'on va réaliser,
c'est que
dans la pression
d'Hubert,
Hubert va mettre
vraiment l'État français
sous pression.
On est là notamment
en 2015,
après les attentats
de Charlie Hebdo,
donc un contexte
sécuritaire
compréhensible
qui fait que
on n'a pas envie
d'avoir
d'immobilisation sociale
en plus
parce qu'il y a
cette pression
de situation
d'alerte attentat
et,
en fait,
Hubert va continuer
à imposer
sa plateforme illégale
alors qu'il devrait
la fermer,
Hubert Poppe,
et en parallèle,
il va essayer
d'échafauder
toute une stratégie
avec Emmanuel Macron.
Et Emmanuel Macron,
à l'insu
de son propre gouvernement
qui était plutôt
anti-Hubert,
va,
à l'insu
de son propre gouvernement,
échafauder une stratégie
où ils vont essayer
de faire passer
des amendements
pour créer
un univers
perméable
au discours
pro-Hubert
et puis
qui va aboutir
au fait
que
Macron va prendre
un décret
qui va permettre
que, pour recruter
et former un VTC,
on va passer
de 250 heures
à 7 heures.
Donc, en une journée,
vous formez un VTC
et, du coup,
vous pouvez en mettre
je ne sais pas combien
sur le marché
et, à cette condition-là,
Hubert va accepter
de fermer
sa plateforme illégale
Hubert Poppe.
Je vous propose
justement
de regarder
un exemple
de ces échanges
entre Emmanuel Macron,
ministre de l'Économie
et des dirigeants
de Hubert.
C'était compilé
par nos collègues
de Off Investigation
dans une enquête
intitulée
Macron,
l'Américain.
On regarde.
Nous avons eu
une réunion hier
avec le Premier ministre.
Cazeneuve va faire
taire les taxis
et je réunirai
tout le monde
la semaine prochaine
pour préparer
la réforme
et corriger la loi.
Caz a accepté
le deal.
Mais à Marseille,
en octobre 2020,
un grain de sable
apparaît.
Alors que la loi Thévenoud
n'a pas été encore corrigée,
le préfet de police
des Bouches-du-Rhône,
Laurent Nunez,
prend un arrêté
pour rappeler
l'interdiction
d'Hubert Poppe.
Marc Magan,
le lobbyiste
en chef d'Hubert en France,
alerte alors
Emmanuel Macron.
Monsieur le ministre,
nous sommes concernés
par l'arrêté
préfectoral à Marseille.
Pourriez-vous demander
à votre cabinet
de nous aider
à comprendre
ce qui se passe ?
Je vais regarder
ça personnellement.
Restons calmes
à ce stade.
Je vous fais confiance.
Alors,
Daniel Simonnet,
on voit une implication
et puis des échanges
très personnels.
Il le dit,
il utilise ce terme,
je m'en occupe personnellement.
On voit quelque chose
qui saute aux yeux.
C'est un conflit
d'intérêts évident
quand même
dans ces échanges.
Mais oui,
tout à fait.
Et en fait,
vous savez,
Emmanuel Macron,
c'est l'homme
de la start-up nation.
Il l'a théorisé.
Et ça va être
le représentant
de l'oligarchie
de la tech.
Il est ministre
de l'économie.
D'ailleurs,
après son passage
au ministère de l'économie,
il va hésiter entre
aller aux Etats-Unis
et monter sa propre entreprise
ou finalement
revenir candidat
à la présence.
Et il est
véritablement
celui
qui est dans
les réseaux.
Il a les réseaux
avec Google,
avec ceux
qui ont fait
l'ENA,
avec
Xavier Niel
aussi.
Donc,
il a là
tout un réseau
un cercle
avec lequel
il va évoluer.
Et donc,
ce cercle-là
a besoin
de piétiner
l'État de droit
et de faire modifier
l'État de droit
en fonction des intérêts
de ce capitalisme
de la tech.
Et
Emmanuel Macron
va être
leur serviteur
finalement,
leur passeur.
Et donc,
là,
on voit bien
ce qui est assez fort
dans les Uber files,
c'est qu'on voit
à quel point
Emmanuel Macron,
en tant que ministre
de l'Économie,
a aidé cette
multinationale américaine
totalement hors-la-loi
à se développer en France
au mépris
des lois
et des réglementations.
Alors,
il n'est pas complètement
tout seul,
parce que pendant
la commission d'enquête,
j'avais aussi
auditionné
Bernard Cazeneuve
qui était à ce moment-là
ministre de l'Intérieur
et qui disait
non,
moi,
je n'ai rien à voir
avec tout ça.
Et il y avait
un aspect du dossier
qui m'avait attiré
mon attention,
c'est qu'il y avait eu
un arrêté
qui avait été pris
par le préfet
des Bouches-du-Rhône
qui est M. Nunez,
l'actuel préfet
de police de Paris,
et cet arrêté
avait rendu
Hubert
fou de rage.
Et c'est là
où les dirigeants
d'Hubert
écrivent
un SMS
à Emmanuel Macron
auquel Emmanuel Macron
répond en personne
vous inquiétez pas,
je vais m'en occuper
personnellement.
Et,
en fait,
Bernard Cazeneuve,
quand on l'auditionne,
il dit
non,
moi je n'ai absolument
pas été sollicité
par Emmanuel Macron
et si j'avais été sollicité
par Emmanuel Macron,
grosso modo,
je l'aurais renvoyé
dans ces cas
parce qu'en aucun cas
je n'ai à rentrer là-dedans,
je dois défendre
l'intérêt général.
Bon,
t'es rassurée,
tout va bien.
Sauf qu'après,
quand j'ai pu avoir accès
aux données
de Marc Magan
et que j'ai pu éplucher
tout ça,
je suis tombée
sur des échanges
de SMS
entre
des dirigeants
d'Hubert
et les membres
du cabinet
de M. Cazeneuve.
Et, en fait,
ils échangent
et ils se mettent d'accord
pour retirer
l'arrêté préfectoral
et remettre
un autre arrêté préfectoral.
Et ça, M. Cazeneuve
ne pouvait pas l'ignorer.
En fait,
ce qui se passe
à ce moment-là,
si vous avez une très grosse
mobilisation des taxis
à Marseille,
ils en ont ras-le-bol
d'avoir toute cette concurrence
déloyale.
Le premier arrêté
signalait à Hubert,
grosso modo,
réaffirmer la loi
qu'ils n'ont pas le droit,
les chauffeurs VTC,
de venir faire
la concurrence déloyale
devant les gares
et les aéroports
et les centres commerciaux
et grosso modo,
l'arrêté ne servait pas
à grand-chose,
mais il permettait de dire
attention, là,
on va vraiment contrôler
donc maintenant,
ça suffit.
Sauf que le deuxième arrêté
dit vous n'avez pas le droit
de faire ça
sur toutes les bouches
du Rhône.
Donc là,
les taxis comprennent bien
qu'on leur a fait
à l'envers
et qu'il n'y aura
pas de contrôle
des VTC,
de leur illégalité
au niveau des gares,
des aéroports
et des centres commerciaux.
Et que finalement,
eh bien oui,
Cazeneuve a bien répondu
favorablement
à l'injonction
des dirigeants d'Uber
pour qu'il n'y ait
pas d'application
de la loi
à cet endroit-là.
Donc c'est grave quand même.
Après, moi,
ce qui m'intéressait vraiment
dans l'enquête parlementaire,
ce n'est pas simplement
de m'arrêter
sur les Uber Files
et sur ce rapport
totalement oligarchique
qui est quand même grave.
Par la suite,
on sait que
les dirigeants d'Uber
et tout ce réseau-là
de la tech
vont contribuer
au financement
de la campagne
d'Emmanuel Macron.
Certes,
officiellement,
légalement,
dans les montants,
mais on voit bien
le retour d'ascenseur.
Moi, ce qui m'intéressait
dans l'enquête parlementaire,
c'est de savoir
que maintenant
qu'Emmanuel Macron
est président de la République,
qu'est-ce qui se passe
dans les différents ministères ?
Est-ce qu'il respecte
ou pas
l'État de droit
face à ces...
C'est encore plus affolant.
C'est pour ça que je pense
que le scandale d'État,
il continue
et que le pire
est celui
qu'on est en train
de vivre en ce moment.
En fait,
il y a une espèce
d'imbrication
et de mélange des genres.
Il y a toujours
cette imbrication
et ce mélange des genres,
mais c'est surtout
que, en fait,
quand vous êtes rapporteur
d'une commission d'enquête,
vous avez le droit
d'user du pouvoir
de contrôle sur pièce
et sur place.
Donc, je pouvais venir
avec ma carte de député
au ministère du Travail
et dire
voilà,
Danielle Simonet,
je suis député rapporteur
de la commission d'enquête,
je veux voir
le directeur
du cabinet du ministre
du Travail.
Et hop,
le directeur était obligé
de venir en courant
depuis le Sénat
où il accompagnait
M. Dussopt à l'époque
pour me recevoir.
Ça, je pouvais
faire une petite croix
dans ma vie de député.
Ça, j'ai fait.
Et donc, là,
ils vous reçoivent
et vous avez le pouvoir
d'exiger d'eux
qu'ils vous transmettent
un certain nombre
de notes internes.
Moi, ce que j'avais fait,
c'est que j'avais regardé
toutes les déclarations
d'Hubert
au niveau de la HATVP,
toutes les déclarations
où Hubert reconnaissait
être en lien
avec le ministère du Travail,
avoir transmis des documents.
Et donc, moi,
je demandais au ministère du Travail
par rapport
à toutes ces commandes,
à tous ces documents,
à toutes ces communications,
ces rendez-vous
ou ces échanges de mails,
quelles sont les notes
faites dans le ministère
pour le ministre
ou les réponses
faites à Hubert ?
Ils ont traîné,
avant de me donner
des documents,
et je pense
qu'ils ne m'en ont pas donné
un tiers.
Mais il y a une note
qui a attiré mon attention,
une note
qui date de 2019.
Dans cette note,
je pense d'ailleurs
que le collaborateur
du ministre
qui a fait cette note
a dû être viré
parce qu'elle est
trop bien,
sa note.
Il dit,
c'est écrit comme quoi
il montre tous les secteurs
où Hubert reconnaissait
que la vulgarisation
s'est développée.
Donc ce n'est pas simplement
la livraison
et les chauffeurs VTC,
ce qu'on connaît le plus,
c'est l'aide à la personne,
mais c'est aussi
les aides-soignants,
c'est les services funéraires,
c'est le BTP,
c'est la restauration,
c'est l'aviation,
c'est un secteur
C'est en fait un changement
profond de la société
qui a été enclenché
avec cette vulgarisation.
Cette note-là
montre qu'il y a
plein de secteurs
qui sont touchés,
la culture,
il y en a vraiment
un nombre énorme.
Et la note explique
que dans tous ces secteurs-là,
à chaque fois,
les plateformes de libéralisation
sont dans le cumul
des infractions.
Et toujours pareil,
donc infractions,
non-respect
des professions réglementées,
infractions du travail
parce qu'en fait
c'est du travail,
du salariat déguisé,
du travail dissimulé,
puisqu'en fait
les plateformes
exploitent
des faux indépendants
Présentés comme auto-entrepreneurs
mais en fait
qui doivent répondre
à des obligations,
des ordres parfois
des plateformes d'origine.
C'est là où c'est le cœur
du sujet pour moi
du bouquin
et de la bataille politique
et sociale.
Souvent les gens se disent
mais en fait
c'est toi en tant que travailleur
qui choisis
si tu as envie
d'être salarié
ou d'être indépendant.
Ben non en fait.
Ce n'est ni le travailleur
ni le donneur d'ordre
ou l'employeur
qui choisit
de quelle nature
est votre relation.
C'est les faits
qui décident.
Et c'est ce qu'on appelle
le lien de subordination.
Si vous ne fixez pas
vos tarifs
que finalement
la plateforme
vous donne les consignes
vous contrôle
et vous sanctionne.
Alors la relation
qui vous unit entre vous
et la plateforme
n'est pas un contrat
commercial
mais c'est un rapport
de subordination.
Vous êtes subordiné
à la plateforme
et donc la plateforme
doit avoir l'obligation
en retour
en compensation
d'assumer
ses obligations
d'employeur.
C'est-à-dire que si vous êtes
subordonné
vous devez être considéré
et protégé
par un contrat
de travail salarié
et donc l'employeur
doit payer
les cotisations
et vous êtes protégé.
Si vous êtes malade
vous avez
vos indemnités
journalières
vous cotisez
à la retraite
et puis si l'employeur
veut se passer de vous
il ne peut pas
vous déconnecter
du jour au lendemain.
Dans le code du travail
un salarié
il y a un avis préalable
de licenciement
qui est très encadré
pour des bonnes raisons
et puis il y a
les indemnités
qui vont derrière.
Il y a toute cette protection-là
qui est l'équivalent
de plus d'un siècle
de conquis
du mouvement ouvrier
et finalement
l'ubérisation
faisant croire
que tout ça
ça n'existe pas
il n'y a pas de lien
de subordination
vous seriez juste
dans un contrat commercial
avec une plateforme
qui vous met en relation
avec une clientèle
du coup ça permet
à la plateforme
de vous exploiter
à la tâche
comme
le patronat
exploitait les ouvriers
à la tâche
avant
les conquêtes ouvrières
qui ont amené
à la création
du code du travail
en 1910.
Donc c'est quand même
très grave.
On revient
à la fin du 19ème
en termes
de piétinement
du rapport social
enfin
c'est gravissime
et ce que je dénonce
dans le bouquin
c'est que
quand on a
cette note
en 2019
ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que
le ministère du Travail
sait pertinemment
les infractions
par toutes ces plateformes
dans tous ces secteurs
donc en toute logique
on doit se dire
toutes les notes
postérieures
elles vont nous raconter
comment
le ministre
et le ministère
vont s'attacher
à faire en sorte
de faire respecter
l'état de droit
qui est bafoué
c'est comme ça
le premier rôle
d'un gouvernement
c'est de faire respecter la loi
et bien pas du tout
les notes par la suite
elles visent
un objectif
comment protéger
les plateformes
de toute requalification
en salariés
et en fait
on voit que
les plateformes
et les gouvernements
macronistes
ont une obsession
c'est péter le salariat
péter le salariat
pour défendre
les intérêts
oligarchiques
de ces plateformes
pour péter les codes
péter le code du travail
péter la protection sociale
et nous amener
à une régression
très grave
avec en plus
un discours
un peu de manipulation
pour l'opinion
en disant
vous avez
grâce à ce genre
de plateforme
l'opportunité
d'avoir
un complément
de salaire
sur votre activité principale
alors qu'en fait
c'est juste
la continuité
augmenter le salaire
de l'activité principale
puis même
on va raconter
plein de conneries
je ne sais pas
si vous vous souvenez
Emmanuel Macron
lorsqu'il était ministre
de l'économie
avait dit
enfin mieux vaut
être chauffeur VTC
que d'être
dealer de drogue
à Stein
bon alors déjà
c'est un mépris
raciste
mépris de classe
pour ceux qui habitent
Stein
voilà
et ben non
à Stein
il n'y a pas
que des dealers
de drogue
peut-être qu'il y en a
moins à Stein
que dans le 16ème
arrondissement
j'en sais rien
moins de consommateurs
aussi
ouais voilà
et le marché
peut-être plus
enfin bref
rentrons pas là-dedans
je m'égare
mais c'est un mépris
monstrueux
qui veut faire croire
que voilà
tout le 93
ce sont des jeunes délinquants
et drogués
et que grâce
à Emmanuel Macron
et à Hubert
ils vont pouvoir
travailler
bon
or les études
des économistes
là-dessus
sont très intéressantes
ils montrent
qu'en fait
la plupart
des chauffeurs VTC
avaient un taf
auparavant
mais ils avaient
souvent un taf
où ils subissaient
soit de la discrimination
d'une manière d'ailleurs
souvent cumulée
de la discrimination
de la pénibilité
un sentiment d'exploitation
et donc
ils se sont dit
bah tiens
ils ont voulu croire
à la fable
à la promesse
vous allez devenir
votre propre patron
on va arrêter de vous emmerder
et puis vous allez peut-être
mieux gagner votre vie
et au début
la première année
les chauffeurs VTC
me le racontent
la première année
ils gagnaient plutôt bien
leur vie quoi
parce que Hubert
a su les attirer
c'est qu'après
que Hubert
a cassé les prix
et a augmenté sa marge
et que là
les chauffeurs VTC
se sont retrouvés
avec plus grand chose
sur les livreurs
à vélo
c'est pire encore
au début
les livreurs à vélo
c'est surtout
des sportifs
des étudiants
qui se trouvent ça sympa
je veux dire
ils gagnent de l'argent
en faisant ce qui
les passionne
du vélo
donc c'est cool
t'es payé
pour faire du vélo
sauf que très rapidement
les conditions de rémunération
vont être réduites
le nombre
de courses à faire
et le peu de temps
sur lequel doit
durer la course
tout ça
c'est une pression
de pire en pire
et aujourd'hui
on a une écrasante
majeure partie
des travailleurs
livreurs à vélo
qui sont des travailleurs
sans papier
parce qu'il faut vraiment
être dans une situation
de désespoir total
pour accepter
un boulot
qui rémunère aussi peu
et donc du coup
on voit bien
le mécanisme
de surexploitation
de libéralisation
de personnes déjà
fragilisées
il y a un très beau film
que je vous conseille
de voir
La vie de Souleymane
qui en ce moment
au cinéma
et qui parle très bien
de cela
et qui montre
à quel point
les plateformes Uber
surexploitent
et par ailleurs
à quel point aussi
nos politiques
anti-régularisation
sans papier
sont scandaleusement inhumaines
mais ce qu'il faut
réaliser
c'est que
l'uberisation
maintenant touche
plein de secteurs
et pas uniquement
les livreurs
et les VTC
et pas uniquement
les métiers peu qualifiés
alors en 2022
lors de l'interview
du 14 juillet
Emmanuel Macron
se défend
en assumant tout
il dit même
qu'il le referait
si l'occasion
se représentait
et il explique
qu'il a aidé
à ouvrir
le secteur
aux jeunes de banlieue
on va écouter
un extrait
les gens qui étaient
pour fermer le marché
qui disaient
il ne faut rien bouger
ils étaient pour que
des jeunes
à qui ont refusé
tous les emplois
n'en aient pas
il y a des milliers
de jeunes
venant de quartiers difficiles
à qui on ne donnait
même pas de réponse
à leur CV
qui ont été embauchés
par les VTC
grâce à ça
ils ont trouvé
leur première activité professionnelle
leur première paye
ils peuvent nourrir
leur famille
je vais vous dire
que je regrette
jamais
et oui je le referai demain
et on a ouvert ainsi
des milliers d'emplois
et de solutions
ensuite qu'est-ce qu'on a fait ?
on a régulé
la France
et j'en suis aussi fier
quand je suis devenu président
elle a porté
des textes de loi
pour réguler
ses plateformes
et pour donner
un statut social
au chauffeur
Alors Daniel Simonnet
que pensez-vous
après
toute cette enquête
que vous avez menée
cette enquête parlementaire
que pensez-vous
après coup
de ces explications
d'Emmanuel Macron ?
Il se moque du monde
parce qu'en fait
ce qu'il ne raconte pas
c'est qu'il va continuer
vraiment à soutenir
le modèle Uber
et il continue
à soutenir
le modèle Uber
pour casser
le code du travail
et pour casser
le système
de protection sociale
alors en même temps
il est honnête
puisque finalement
quand il était candidat
à la présidentielle
dans son
ouvrage
Révolution
il assumait
que la révolution
à laquelle il pense
lui
c'est celle
qui vise à casser
justement ce code
du travail
hérité
des révolutions
des grèves
pardon
ouvrières
à la fin du 19ème
et casser
le système
de protection sociale
hérité du Conseil National
de la Résistance
du lendemain
de la Seconde Guerre mondiale
et il va continuer
cette bataille là
et d'ailleurs
comme la problématique
de l'Uberisation
elle est présente
dans le monde entier
mais aussi dans tous les États
membres de l'Union Européenne
il va y avoir
un bras de fer de dingue
à l'échelle
des institutions européennes
parce qu'en fait
les travailleurs des plateformes
dans plein de pays européens
comme en France
mais comme aussi
ailleurs
en dehors de l'Europe
bien souvent
se mettent à
poursuivre
Uber
et les autres plateformes
en justice
devant les plus d'hommes
ou tribunaux administratifs
ou tribunaux judiciaires
pour batailler
notamment
pour leur requalification
de la relation
en relation
de travail salarié
bon
et
dans plein d'États
les travailleurs Uberisés
gagnent
et donc du coup
à l'échelle européenne
il y a l'idée
de légiférer
quand même
sur ces questions
des droits
des travailleurs Uberisés
d'ailleurs
les plateformes
type Uber
Deliveroo
se frottent les mains
et se disent
nous on est tellement
chez nous
dans les institutions européennes
ils ont leurs 4 cartes
de lobbyistes
ils disent
youpi
on va pouvoir
imposer notre propre loi
et on va mettre en place
un tiers statut
on va les enfumer
on va leur faire croire
qu'on donne quelques droits
aux travailleurs Uberisés
allez
on assume
allez
dans de grandes largesses
on va prendre en charge
leur assurance
moyen et long temps
on va trouver une clause
à leur contrat
pour que vraiment
il n'y ait pas de possibilité
de requalification
de travail salarié
donc ça c'était leur projet
de tiers statut
sauf que là
ils sont
comment dire
ils sont attaqués à un os
c'est qu'au niveau européen
vous avez une députée européenne
Leila Chébi
qui signe la préface
du livre
qui signe la préface du livre
Leila Chébi
elle est géniale
elle va
créer en fait
les conditions
pour que
un lobby populaire
des travailleurs des plateformes
puisse être invité
à chaque fois
à l'assemblée
et pour pouvoir
faire le contrepoids
du lobby des plateformes
donc elle va aider
en fait
les travailleurs
VTC
livreurs
et autres
à pouvoir venir
à Strasbourg
à pouvoir s'organiser
et à pouvoir faire
des magnifiques
manifestations
et interpeller les députés
les commissaires européens
et elle va réussir
à changer la donne
et vous allez avoir
y compris
des députés macronistes
qui vont soutenir
une directive
européenne
de présomption
de salariat
adoptée
le 14 octobre
dernier
par le conseil de l'Europe
et c'est donc
sur l'amélioration
des conditions
de travail
en fait c'est plus que ça
la requalification
c'est à dire
que c'est un véritable
changement
complètement de paradigme
jusqu'à présent
les travailleurs
ils vont au prud'homme
et ils doivent constituer
leur gros dossier
pour prouver
qu'ils sont dans un rapport
de subordination
vis-à-vis de la plateforme
donc c'est la victime
qui apporte
toutes les preuves
qu'elle se fait surexploiter
et qu'il faudrait
qu'on lui signe
un contrat de travail
avec la directive
européenne
présomption de salariat
le principe
s'inverse
il dit
ok à partir de maintenant
les travailleurs
on va les considérer
comme salariés
des plateformes
donc les plateformes
sont obligées
de les salariers
et si les plateformes contestent
aux plateformes
de faire la démonstration
qu'elle a affaire
à de vrais indépendants
c'est-à-dire qu'il faut
qu'elle donne la preuve
que c'est le travailleur
qui fixe ses tarifs
bonjour hein
qu'elle ne nous donne pas
de directive
pas de directive
qu'il n'y a pas
un algorithme
à son insu
qu'il ne peut pas
être déconnecté
du jour au lendemain
donc voilà
c'est vraiment important
mais sauf que
quel est le pays
qui a essayé
de détricoter
cette directive
et qui à chaque étape
s'est battu
mais vraiment
comme un chien
contre cette directive
la France
avec Emmanuel Macron
et y compris
contre les députés
macronistes européens
que se fît
félicité de cette directive
alors
elle n'a pas été
totalement vidée
de son sens
Macron n'a pas gagné
on a plutôt
gagné l'étape
et là
cette directive
elle doit être
retranscrite
dans le droit français
oui parce qu'il faut
transposer
la directive
européenne
dans le droit français
effectivement
alors
vous racontez
à quel point
porter
cette commission
d'enquête parlementaire
a été difficile
que ce soit
à l'assemblée nationale
ou dans
les différentes
descentes
que vous aviez
à faire
vous aviez
un président macroniste
eh oui
Benjamin Haddad
comment se passaient
les travaux
avec quelqu'un
qui en plus
on le sait
qui vient du privé
qui connait bien
le privé
comment se passait
est-ce qu'il n'y avait pas
déjà conflit d'intérêt
même dans la commission
alors c'était très marrant
parce qu'on est vraiment
on est à fond renversé
on est exactement
à l'opposé
c'est-à-dire que
moi je suis d'abord
rentrée
dans ce sujet-là
par le soutien
à la lutte
des travailleurs
et j'en ai fait
un spectacle
des dukepops
Hubert les salauds
et mes auvers
et lui par contre
il est rentré
d'abord
en tant que
dans le sujet
il était
un ancien
lobbyiste
pour
les entreprises
américaines
il a travaillé
à Washington
dans un zig-zag
qui avait ça comme objet
il a travaillé aussi
dans les institutions européennes
voilà
plutôt de l'autre côté
on va dire
c'est paradoxal
de l'avoir lu
et lui défend
Emmanuel Macron
et donc il était là
pour protéger
les intérêts
d'Emmanuel Macron
et moi j'étais là
pour défendre
les travailleurs
donc on était vraiment
à fond renversé
donc il y a eu des moments
de très forte tension
parce que par exemple
je n'ai pas pu
auditionner
les membres du cabinet
d'Emmanuel Macron
de l'époque
puisque c'est
le président
de la commission d'enquête
qui fait les convocations
donc lui s'est débrouillé
pour que
je ne puisse pas
auditionner
les membres du cabinet
de l'époque
je ne puisse pas auditionner
non plus les députés
qui ont
porté des amendements
clés en main
rédigés par
Hubert
mais en échange
lui n'a pas pu s'opposer
à mon
rapport
quand vous êtes rapporteur
elle vient
c'est vous qui avez la plume
et c'est vous
qui faites le rapport
alors après
il aurait aimé
que ce rapport
ne soit pas
publié
mais il n'a pas pu aller
jusqu'au bout
ça a été
une sacrée bataille
Quelle suite maintenant ?
Est-ce que
Emmanuel Macron
devra rendre
des comptes
une fois qu'il ne sera
plus président
de la république ?
Comment
s'assurer
qu'il y a
une certaine justice ?
Parce que
vous l'avez dit
de nombreux taxis
ont perdu
leur emploi
à cause
de ce lobbying
agressif d'Hubert
de nombreuses
personnes
qui s'étaient lancées
dans cette activité
cette aventure
auto
supposément
auto-entrepreneuriale
ont été
lésées
ont subi
de nombreuses
difficultés
Quelle justice
après ?
J'ai envie de dire
Alors c'est très difficile
parce que
en tous les cas
sur les données
des Hubert Falls
Macron n'a rien
à craindre
de se retrouver
devant les tribunaux
pour les révélations
qu'on a pu avoir
au niveau des Hubert Falls
parce que aussi
choquant que ça puisse
paraître
et bien les institutions
de la 5ème République
finalement
permettent
à un exécutif
d'avoir
bien peu de comptes
à rendre
Aujourd'hui
ça pourrait être
un petit peu différent
parce que depuis
il y a eu la loi 5.1.2
qui n'autorise pas
l'opacité
des rendez-vous
entre des ministres
et des lobbies
bon
mais en même temps
moi j'ai bien vu
vous pouvez dire
que vous avez
des rendez-vous
et que néanmoins
il y a une totale
opacité
sur
qu'est-ce qui se raconte
et qu'est-ce qui se décide
dans ces rendez-vous
donc
tout ça est bien
fragile
maintenant
je pense que par contre
il y a une suite
qui est la bataille politique
sur la transcription
de cette directive
présomption de salariat
et je pense que c'est là
où il faut les mettre
en échec
pour moi l'enjeu
c'est vraiment
que les organisations syndicales
se rendent compte
que ce qui est en jeu
c'est pas simplement
le devenir
des travailleurs
ubérisés
actuels
mais c'est le devenir
de tout le salariat
parce qu'aujourd'hui
par exemple
je vais vous donner des exemples
pour que tout le monde
puisse comprendre
dernièrement
vous avez eu
un grand supermarché
monoprix
tout le monde connait
et bien
qui a été poursuivi
parce qu'ils avaient mis
un caissier en statut
d'auto-entrepreneur
qui faisait passer
par une plateforme
franchement
ça veut dire que
de n'importe quel
de nos métiers
on peut les basculer
comme ça
vous avez une plateforme
qui s'appelle
Mediflash
et qui permet
de mettre en relation
des aides-soignantes
au statut
auto-entrepreneur
et des EHPAD
enfin vous avez envie
que vos aînés
vos aînés
déjà c'est gênant
quand il y a
quand il y a une boîte d'intérim
qui pallie à une absence
parce qu'on se dit
mais alors
comment se fait
la continuité humaine
pour s'occuper
de nos papys et de nos mamies
mais alors si en plus
il y a des auto-entrepreneurs
qui changent tous les jours
c'est n'importe quoi
on a vu aussi
des auto-entrepreneurs
dans l'aide sociale
à l'enfance départementale
où c'était
les travailleurs sociaux
en statut
auto-entrepreneur
pour protéger
la jeunesse en souffrance
c'est la fin
de la déshumanisation
c'est gravissime
vous savez par exemple
le ministère de la culture
est responsable aussi
dans le recours
aux auto-entrepreneurs
vous avez par exemple
dans des musées
le musée d'histoire de l'immigration
qui est pas loin d'ici
dans le 12e
eh bien avant c'était
des guides conférenciers
qui étaient titulaires
fonctionnaires d'état
ensuite ça a été dévacataires
et bien maintenant
ils ont recours
à des auto-entrepreneurs
donc aucune garantie
qu'ils aient vraiment
les diplômes
et entre temps
leur feuille de paie
c'est divisé par deux
entre le temps
où vous étiez fonctionnaire titulaire
et puis la rémunération
enfin
que va se faire
ce contrat commercial
l'auto-entrepreneur
qui va faire
un guide conférencier
donc on est vraiment
sur une case des droits
vraiment le travail
low cost
mais aussi
qui pète les réglementations
et le sens du travail
et c'est tous les secteurs
hyper diplômés
comme peu diplômés
et donc là
il y a vraiment
une bataille
à mener
avec les organisations syndicales
avec la société
tout entière
pour exiger
qu'il y ait
une bonne retranscription
dans le droit français
de la présomption
de salariat
pour mettre
un terme
à cette attaque
de nos acquis sociaux
que constituent
le code du travail
d'un côté
et notre système
de protection sociale
de l'autre
juste sur les retraites
c'est plus d'un milliard
par an
qui sont volés
aux caisses de retraite
ce développement
de l'uberisation
merci
merci beaucoup
Daniel Simonet
député de Paris
et auteur
donc de
ce livre
face à Uber
enquête
sur un scandale
publié aux éditions
FAYA
merci d'avoir accepté
de nous en parler
et merci à vous
d'être fidèle
au Média
sur le canal 165
de la Freebox
sur Youtube
ou sur notre site internet
Le Média
votre Média
on le rappelle
ne vit que des abonnements
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