Marseille, tueur à gage à 14 ans
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franceinfo
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2 Vues de vidéo·8 oct. 2024
Il n'a que 14 ans, mais il est mis en examen, suspecté d'avoir été engagé pour tuer Nessim Ramdane. Le chauffeur VTC marseillais a été abattu vendredi 4 octobre au volant de sa voiture. L'incompréhension et la peur règnent encore, lundi 7 octobre, dans la cité phocéenne.
Nos invités et journalistes pour en parler :
- Bruno Bartocetti, secrétaire national Unité SGP Sud
- Driss Ait Youssef, docteur en droit public, spécialiste des questions de sécurité
- Noémie Schulz, journaliste police-justice franceinfo TV
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Devant ces deux écoles à Marseille, là où s'est encastrée la voiture de la victime,
il ne reste plus de traces du drame, juste l'émotion, la colère et l'effroi.
Comme pour cette mère de famille traumatisée, venue emmener sa fille à l'école ce matin.
Ça fait tellement peur pour les parents, pour les enfants.
Ma fille, elle a peur. Elle n'a pas dormi le soir.
Elle m'a dit, maman, tu ne me comptes pas dans l'école. J'ai peur.
Même constat pour ce coordinateur. Il travaille au sein de ce collège, en première ligne ce jour-là.
Moi, je pense surtout aux élèves de l'école primaire, aux élèves du collège qui sont traumatisés.
C'est vachement exogène ce climat.
Car l'onde de choc est immense après la mort de Nesim Ramdan, 36 ans, victime collatérale d'un règlement de compte.
Ce footballeur amateur et chauffeur VTC a été abattu vendredi à Marseille, au volant de son véhicule,
par un tueur de 14 ans recruté sur les réseaux sociaux.
Un mot d'opératoire qui interroge dans le quartier comme ailleurs, tout comme l'âge du tireur.
Moi, ce qui me choque, c'est comment un enfant, un gamin de 14 ans peut avoir une arme qui peut tuer.
C'est dramatique. En pleine ville en plus, en plein centre-ville.
Peut-être que c'est des jeunes qui sont manipulés aussi, tout simplement, ou alors attirés par l'argent facile.
La victime, père de trois enfants, était totalement étrangère au milieu de la drogue.
Ce boulanger travaille à quelques mètres du lieu du drame. Il s'inquiète pour sa sécurité.
Maintenant, tout le monde est peut-être une cible potentielle.
Il ne suffit plus d'être mêlé au trafic pour prendre une balle perdue ou que sais-je.
Le tueur de 14 ans a été mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire.
Et pour en parler, je suis avec Noémie Schultz en plateau avec moi.
Bonjour Noémie, vous êtes journaliste au service Police-Justice à France Info Télé.
Merci d'être avec nous. Et nous sommes en duplex avec Bruno Bartocchetti.
Bonjour. Vous êtes secrétaire nationale déléguée de la zone sud d'Unité.
Merci d'être avec nous sur France Info.
Et puis Driss Haït-Youssef, docteur en droit public spécialiste des questions de sécurité.
Merci à vous deux d'être avec nous.
Peut-être première question. Comment expliquer que des jeunes de 14 ans se retrouvent dans de tels trafics ?
Peut-être Noémie, vous pouvez nous apporter une première réponse.
On a vu ces dernières années une évolution du narcotrafic.
Et c'est notamment vraiment spectaculaire à Marseille.
L'année dernière, des magistrats avaient tiré la sonnette d'alarme devant les sénateurs
dans le cadre d'une commission d'enquête sur le narcotrafic en France.
Ils étaient venus s'inquiéter de l'état et de la situation à Marseille avec un système pyramidal.
En haut de cette pyramide du trafic de drogue, des individus qui, depuis l'étranger,
vont gérer à distance le trafic de drogue et en récolter les fruits.
C'est vraiment des délinquants du haut du spectre.
Et puis tout en bas de cette échelle, vous avez ce qu'on appelle les guetteurs, les chouffes,
ceux qui épaulent aussi les jobbeurs.
Et là, ces personnes vont faire appel à des jeunes de plus en plus jeunes, 14-15 ans,
qui pour quelques centaines d'euros par jour vont effectivement participer à ce trafic de drogue.
Là, on a vu un jeune de 15 ans recruté via les réseaux sociaux pour 2000 euros.
C'est ce jeune qui a été tué.
Lui avait été recruté pour faire une action d'intimidation.
Il devait aller mettre le feu à une porte et passer un message au camp d'en face.
Et lui a été tué 50 coups de couteau, brûlé vif.
Et pour venger sa mort, depuis sa prison, un trafiquant de drogue va embaucher un autre jeune,
lui promettre 50 000 euros pour aller tuer quelqu'un pour venger la mort de ce jeune de 15 ans.
Et effectivement, c'est vraiment frappant.
C'est le fait qu'on fait appel à des jeunes de plus en plus tôt
et qui ne semblent n'avoir aucune notion du bien et du mal, de la valeur d'une vie humaine,
puisqu'on voit que ce jeune de 14 ans va tirer une balle dans la tête du chauffeur de VTC.
Bruno Bartocetti, vous le constatez, vous, au quotidien,
ce très jeune âge de ces nouveaux membres des trafics et de ces « tueurs à gages » ?
Oui, bien sûr. Il faut d'abord se rappeler qu'il y a encore une quinzaine d'années, même moins,
on tirait la sonnette d'alarme en disant « attention, on a des jeunes, de plus en plus jeunes,
des mineurs qui sont aspirés dans des réseaux de stupéfiants ».
Alors c'était inquiétant. Il y a une quinzaine d'années, c'était inquiétant.
Aujourd'hui, vous avez 60 à 70 % de jeunes mineurs qui sont dans ces réseaux de stupéfiants,
soit comme simple getter, soit comme dealer,
et puis aussi, maintenant, de plus en plus jeunes, des gamins de 14 ans
qui sont, comme ça a été dit, sans aucun repère.
Aucun repère. Ce jeune de 14 ans, ses parents sont en prison,
déscolarisés dès l'âge de 7-8 ans, désociabilisés.
Le seul repère qu'ils ont, c'est l'argent facile, rapidement et aucune émotion.
On est capables de tuer, on est capables de mourir sans savoir finalement jusqu'où on va.
L'espérance de vie chez ces boyous, c'est 25 ans à peu près.
Et ce qui est surtout aujourd'hui à retenir au-delà de cette jeunesse,
c'est que même dans un film, même au cinéma, on n'aurait pas eu l'idée
de mettre en connexion un homme de 23 ans incarcéré
qui, par téléphone, commandite un meurtre et fait appel à un jeune de 14 ans
qui, ce dernier, se déplace, va à Marseille, dans un quartier sensible,
capable de tuer une personne innocente. Vous imaginez ce que ça représente ?
Et surtout, ce qu'on est en train de faire, de constater dans notre société,
malgré, j'insiste bien, malgré le travail de mes collègues,
parce qu'il y a quand même des résultats, on peut, dans les réseaux sociaux,
on peut, de sa prison, envoyer dans des faits quartiers des gamins de 14 ans.
Ça devient de la chair à canon. Ils sont inspirés dans ce système-là
comme dans le même processus que de la prostitution.
On les oblige presque, pour certains, et ils n'ont pas le choix.
Ils n'ont pas d'autre repère. Ils sont perdus.
Moi, je vous dis, il y a une partie, parce que grande partie de la jeunesse
qui sont dans des milieux modestes ne finissent pas voyous,
mais il y a une partie qui sont déjà perdues.
Il va falloir travailler, je ne veux pas monopoliser la parole,
mais il va falloir travailler maintenant sur la génération à venir.
Et là, on attend beaucoup, peut-être de notre gouvernement,
pas seulement de notre ministre de l'Intérieur qui explique
qu'elle a peur de changer de camp. Tous les ans, on entend la même chose.
Non, non. Il faut maintenant qu'il y ait des états généraux de la sécurité.
Il faut qu'on remonte les manches, les systèmes éducatifs,
l'enseignement, la justice, la police. Il va falloir travailler ensemble,
mais d'une manière beaucoup plus sérieuse, avec une vraie politique sécuritaire.
Je vais vous donner la parole, Driss Haïti.
Je voudrais vous rappeler, si vous nous regardez,
qu'il y a un QR code qui s'affiche à votre écran.
Vous pouvez le scanner, aller sur la plateforme de France Info
et nous envoyer toutes vos questions.
Myriam Bounafa va nous rejoindre d'ici dix minutes
pour les relayer auprès de nos experts qui répondront sur cette thématique.
Voilà, vous voyez la question qui s'affiche à votre écran.
Drogue, l'État impuissant. Driss Haïti, Youssef,
pour rebondir sur ce qui vient d'être dit.
Que peut faire l'État vis-à-vis de cette situation en termes de sécurité ?
D'abord, moi, je partage totalement ce que vient de dire
le responsable syndical Bruno Bartossetti.
Il n'y a rien qui se passe aujourd'hui
que nous n'ayons pas anticipé ou prévu.
C'est-à-dire que ça fait des années que nous,
spécialistes des questions de sécurité,
qui avons créé beaucoup de terrain,
qui travaillons à la fois avec les collectivités
et les services Justice Police,
nous constatons un rajeunissement de la délinquance.
On se souvient, d'ailleurs, on évoquait,
finalement, il y a encore quelques années,
le fait que des gamins, de plus en plus jeunes,
étaient des guetteurs et sont ensuite passés de guetteurs à dealers
et puis aujourd'hui de dealers à charcleurs.
Donc on assiste, comme le dit l'autorité judiciaire,
à une espèce de rajeunissement avec en prime
une espèce de déshumanisation, un manque d'empathie,
un manque d'humanité de ces individus.
Et on constate d'ailleurs une accélération
de ces événements post-confinement Covid
où on a des milliers de jeunes en France
qui ont soit quitté le système scolaire,
soit quitté le système scolaire et en quittant le système scolaire
qui ne sont jamais retournés à l'école
et qui se sont abreuvés, on peut le dire franchement,
à la fois de films ultra-violents et de jeux vidéo ultra-violents
dans lesquels, effectivement, on est dans un rapport
très virtuel à la violence.
Et c'est aujourd'hui ce qui se produit.
Après, quand vous dites effectivement l'État,
pas que l'État, c'est-à-dire que si on considère,
et ça a été l'erreur de tous les ministres de l'Intérieur
qui se sont succédés, et on peut le dire
avec d'autant de rage qu'on leur a expliqué
que la police et la gendarmerie, elles seules,
ne pouvaient pas régler la question de la délinquance en France
et que c'était une des politiques publiques convergentes
dans lesquelles on met de la prévention, de la sécurité
et de la répression.
La prévention, c'est quoi ?
Avec les collectivités qui ont la charge
et les départements planning familial,
des activités à la fois sur les questions éducatives,
sur la question de prévention, sur la question de prévention
de la délinquance, on voit bien que les collectivités
ne sont pas ou peu associées, y compris avec les élits locaux,
on voit bien que l'éducation nationale n'a pas de moyens,
on voit bien que la prison, si vous prenez les bomettes,
c'est une prison qui est surchargée.
Alors, on a créé les bomettes 2, puisqu'on a fermé les bomettes
qui étaient vraiment immondes, qui étaient vraiment indignes
pour accueillir des détenus, qui ne préparaient même pas
à leur réinsertion.
Aujourd'hui, on a les bomettes 2, mais on constate quoi ?
Que les détenus, ils peuvent faire leur trafic,
gérer leur trafic comme pour leur sang,
y compris comme enquête des assassinats depuis la prison.
Donc, on a une vraie problématique,
y compris de l'administration pénitentiaire
qui manque cruellement de moyens.
Je pense que c'est une convergence de politiques publiques.
Et effectivement, les ministres dans l'intérieur
qui évoquent sans cesse que la peur va changer de camp,
que vous allez voir, avec moi, ça va filer droit,
ce n'est pas la vérité.
Ça ne correspond à aucune réelle vérité.
Quelques chiffres qui sont très parlants sur cette...
En 2023, c'est des chiffres qui avaient notamment été donnés
par le procureur de la République de Marseille,
le président du tribunal judiciaire.
En 2023, 60% des jeunes impliqués dans des...
Alors, on ne parle plus de règlement de compte,
on parle maintenant de narcomicides, notamment,
ont moins de 21 ans, avaient moins de 21 ans.
La moyenne d'âge était de 21 ans,
tous avec des antécédents judiciaires
qui étaient passés à l'acte une ou plusieurs fois.
Et vraiment, ce qu'avaient souligné
les professionnels policiers magistrats,
c'est que c'est une nouvelle forme de réseau criminel
avec des jeunes qui ne connaissent pas leurs victimes,
qui tuent uniquement par un intérêt pécuniaire,
c'est uniquement l'appât du gain qui va les motiver,
et qui sont employés par les commanditaires,
on l'a dit tout à l'heure, le haut de la pyramide,
pour commettre les actes les plus graves.
Ça permet aux commanditaires de diminuer les risques pour eux,
puisque si ces jeunes-là se font tuer ou sont arrêtés,
eh bien, c'est pas grave, ça passe par perte des profits,
c'est le risque à payer.
Et donc, il y a vraiment un sujet autour de ces jeunes,
qu'on va chercher parfois au-delà même de Marseille,
parce qu'à Marseille, certains savent quel sera le prix à payer
s'ils se font arrêter.
Et donc, on recrute soit partout en France,
on va les faire venir, on va leur payer les déplacements,
leur payer l'hébergement,
et puis on voit aussi beaucoup de mineurs étrangers,
mineurs isolés, qui vont être recrutés
pour ces basses besognes, contre quelques centaines d'euros.
Alors, Driss Haït, vous en parliez il y a quelques minutes,
et justement, on y vient, puisque cette affaire met en lumière
une nouvelle fois l'organisation de ce trafic
à l'intérieur même des prisons.
Le commanditaire et son téléphone qui préparent ces opérations,
on se souvient notamment de l'évasion de Mohamed Hamra.
Je vous propose qu'on revienne surtout avec ce reportage
de Juliette Poissonnier et Sophie Broyer,
et on en parle juste après.
Le commanditaire de l'exécution à Marseille,
mais aussi Mohamed Hamra,
l'évadé le plus recherché de France.
Dis-lui que je vais envoyer quelqu'un chez lui,
il va lui arracher les cheveux et mettre le feu à son gosse.
Des figures du grand banditisme,
qui grâce à leur téléphone,
organisent depuis leurs cellules, parfois en direct,
des actions criminelles.
En tout l'an dernier,
53 000 téléphones ont été saisis en prison.
Des appareils utiles au quotidien,
selon ce détenu,
joint par téléphone il y a quelques mois.
Des téléphones pourtant interdits,
comment sont-ils introduits ?
Cette riveraine de la prison de la santé à Paris
assiste régulièrement à des livraisons.
À l'entrée de l'immeuble voisin,
sur ces images de vidéosurveillance,
des individus préparent discrètement des paquets.
Ils lancent ensuite leurs colis par-dessus les murs.
Les détenus n'ont plus qu'à les ramasser
ou à les récupérer à l'aide de draps depuis leurs cellules.
Autre technique,
la livraison de téléphones par drone.
Mais le plus souvent,
l'échange de matériel se fait au parloir,
parfois grâce à des surveillants complices.
Ces deux agents en poste depuis plus de 15 ans
en ont été les témoins à plusieurs reprises.
Mais la plupart des agents tentent plutôt
d'intercepter les téléphones.
Une tâche quasi impossible,
selon ce représentant syndical.
On lutte, mais en l'état actuel des choses,
c'est impossible de lutter efficacement contre ce système.
Ça impliquerait des fouilles quotidiennes
de l'ensemble des cellules, des fouilles générales.
C'est impossible, c'est ingérable.
La meilleure parade reste d'empêcher les communications.
Depuis 6 ans,
certaines prisons s'équipent en brouilleurs comme celui-ci.
30 millions d'euros budgétés en 2023.
Mais leur efficacité reste pour le moment limitée.
Bruno Bartocetti, que faire ?
On vient de l'entendre dans ce reportage.
Les fouilles quotidiennes et générales, c'est impossible.
Les brouilleurs ne sont pas toujours efficaces.
Que faire ?
Eh bien, c'est se donner beaucoup plus de moyens
pour être efficace.
Là, le représentant syndical expliquait
qu'il faudrait une fouille générale tous les jours.
Alors, ça paraît évidemment très difficile,
mais ça peut être plus fréquent.
Et c'est histoire de donner des moyens.
Est-ce qu'on n'achète pas non plus la paix sociale
en laissant ces téléphones portables
circuler dans les prisons ?
En tout cas, ça m'interroge.
Il y a aussi, on va dire, le côté positif,
c'est de pouvoir justement remonter parfois des filières
et mieux capter ce qui peut se passer.
Mais enfin, très sincèrement,
c'est vrai que pour ceux qui prennent
un an, deux ans de prison,
avec un téléphone portable,
avec la possibilité de fumer du cannabis,
c'est le prix à payer quand on a été dealer
et lorsqu'on a empoisonné la vie de beaucoup de gamins
et lorsqu'on a pris beaucoup d'argent.
Alors, que faire ?
Je vous dis bien, chaque fois,
est-ce qu'on a les moyens aujourd'hui en France
de lutter efficacement contre ce fléau ?
Non, parce que la justice n'a pas assez de moyens
pour travailler.
Non, parce que les policiers
n'ont pas assez de moyens de travailler.
Non, parce que les enseignants,
en tout cas les éducateurs sportifs
ou les éducateurs sociaux
n'ont pas assez de moyens pour fonctionner.
Et voilà où on en est aujourd'hui.
J'insiste vraiment,
si on ne prend pas aujourd'hui
la pleine mesure de ce que nous vivons dans notre pays,
on va se retrouver comme au Mexique.
Alors là, je peux...
On a visiblement un souci de connexion.
Driss Haïtiou, c'est peut-être une réaction
au reportage qu'on vient de voir
et ce qui vient d'être dit.
Est-ce que ces téléphones, c'est une paix sociale
comme le suggère peut-être Bruno Bartocchetti
ou peut-être aussi un moyen d'écouter
et d'avoir des informations ?
Qu'est-ce que vous en pensez ?
Oui, pour moi, la paix sociale,
ce n'est pas tant le téléphone
mais c'est le cannabis qui rentre en prison.
Tout le monde sait qu'il y a du cannabis en prison
et ça permet d'une certaine manière
de détendre les détenus.
C'est-à-dire que le cannabis, ça se sent.
Donc voilà, ça c'est aussi une certaine manière
parce que vous avez un certain nombre de détenus
qui n'ont rien à faire en prison,
qui sont atteints de troubles psychologiques
ou psychiatriques.
Le problème de la prison aujourd'hui,
c'est que vous avez un taux de surpopulation carcérale
qui dépasse quelquefois 130 %.
On est même à 150 %.
Si on regarde les prisons,
il n'y a pas très longtemps.
Donc oui, je pense qu'il faut faire un rattrapage,
un rattrapage extrêmement important
sur le plan financier.
Et ensuite, le rapport sénatorial
qui préconise effectivement
de lutter efficacement
contre le narcotrafic
prévoit effectivement des régimes carcérales
extrêmement durs pour les trafiquants.
Il faut les mettre effectivement dans des régimes
où ils ne pourront pas travailler,
ils seront extrêmement bien fouillés, etc.
Et par ailleurs, encore une fois,
il faut que la prison,
ce soit quand j'ai une exception,
à la fois, il faut que la prison
prépare l'individu, le détenu, à sa réinsertion.
C'est-à-dire qu'une prison qui ne prépare pas
un détenu à sa réinsertion
et qui organise des sorties sèches,
c'est assurément la possibilité
d'avoir ce qu'on appelle de la récidive.
Et ce qui pose le problème en France,
c'est le phénomène de la récidive.
On a un taux de récidive qui est anormalement élevé,
beaucoup plus élevé que nos voisins européens.
Donc c'est aussi contre la récidive.
Mais pour lutter efficacement contre la récidive,
il faut doter ce qu'on appelle
le service pénitentiaire d'insertion et de probation.
C'est le service qui va préparer les détenus
à avoir un projet de vie, un projet professionnel.
Il faut leur donner des moyens.
Si on ne leur donne pas de moyens, ça ne pourra pas fonctionner.
Sur cette question du téléphone portable
en prison qui interpelle,
comment c'est possible que des détenus
aient un téléphone portable avec eux ?
Et donc puissent commanditer des assassinats ?
À distance. On voit que ce détenu
de 23 ans a commandité
deux actions à distance
depuis la prison de Luine
où il était incarcéré.
Quand on pose la question aux autorités,
on a un peu le sentiment que c'est comme vider l'océan à la petite cuillère.
Parce que les portables rentrent de plein de manières différentes.
Il y a effectivement des projections.
On l'a vu dans le reportage.
Les portables qui sont jetés par-dessus
les grilles.
Parfois par les familles, vous avez la question
des drones. Il y a aussi,
et c'est un vrai sujet, et le procureur de la République de Marseille
l'avait dit l'année dernière face aux sénateurs,
le problème de la corruption
des agents pénitentiaires. Il avait dit
la bataille contre la corruption de basse intensité
est perdue dans l'administration pénitentiaire.
Il y a aussi des surveillants
qui, parce qu'ils sont mal payés,
vont accepter
de faire rentrer des téléphones
contre
une rémunération.
On pose aussi la question,
et on sait qu'on ne peut pas fouiller systématiquement
tous les détenus après
notamment un passage
en cours
en promenade,
parce que depuis 2009, c'est interdit de fouiller
systématiquement tous les détenus. Pourquoi
est-ce qu'on n'installe pas des brouilleurs partout ?
Ça coûte extrêmement cher.
Éric Dupond-Moretti avait annoncé,
et ça, c'était après l'évasion de Mohamed Amra,
quand la question s'était posée, puisqu'on sait que
Mohamed Amra a eu des téléphones en prison.
On en a saisi jusqu'à neuf des portables
dans la cellule de Mohamed Amra. À chaque fois,
ça veut dire qu'il arrive à s'en procurer un nouveau.
Ça coûte extrêmement cher de doter les prisons
de brouilleurs. Et vous avez dans certains cas
des difficultés. La prison de la Santé,
qui est au cœur de Paris, vous avez
des habitations tout autour.
Dans certains endroits de la prison,
si vous mettez des brouilleurs, ça empêche
les habitants, les parisiens, de pouvoir
se servir de leurs téléphones portables.
Vous avez cette difficulté-là
qui donne l'impression que cette question
sera extrêmement compliquée à régler.
Bruno Bartho-Tchetty,
je ne sais pas si la connexion est rétablie.
Oui ?
C'est bon pour moi. Je suis désolé.
Non, je vous en prie.
On l'a vu, le premier déplacement
du ministre de la Justice,
du garde des Sceaux, Didier Migaud,
était dans une prison. Est-ce que vous pensez
que les choses peuvent évoluer avec ce nouveau gouvernement ?
Vous me posez une question bien difficile
parce que des gouvernements, j'en ai vu
beaucoup se succéder. Et la priorité
du gouvernement aujourd'hui, alors je ne dis pas
que les sujets évoqués par le gouvernement
ne sont pas sérieux
et ne sont pas sensibles,
mais je considère qu'on ne met pas
assez en avant aujourd'hui
tout ce qui est sécuritaire.
Et lorsqu'on parle,
et c'est trop tôt pour en tirer des conclusions,
lorsqu'on parle effectivement de réinsertion,
c'est un vrai sujet.
Ça vient d'être dit.
Mais c'est un vrai sujet
parce qu'on a affaire à beaucoup de récidivistes
et donc ça veut dire qu'aujourd'hui dans le milieu carcéral,
je considère qu'on est un petit peu dépassé
et je ne risque pas de pointer du doigt
les gardiens de prison parce que
je n'en ai pas du tout leur métier.
C'est très difficile pour eux.
La pression qui s'exerce sur eux est énorme.
Donc c'est vrai qu'encore une fois,
il va falloir se donner des moyens.
Je crois que ce qui est dangereux en plus,
c'est de mettre des jeunes en prison
qui côtoient, même s'il y a des efforts qui ont été consentis,
qui côtoient finalement d'autres personnes
qui sont habituées
à faire des allers-retours en prison.
Vous savez, il y a un sujet,
à mon sens aussi important, sur la peine.
Il n'y a pas que la peine, on est bien d'accord.
Il n'y a pas que la sanction pour repousser ce phénomène,
ce fléau de stupéfiants en France.
Mais lorsque vous braquez une banque,
ce qui est rare maintenant,
mais lorsqu'il y a un braquage à mes armées,
c'est les assises,
et on prend un minimum 12 ans de prison.
Parfois pour un butin
qui n'est pas très élevé.
Lorsqu'on est dans le trafic de stupéfiants,
je vous garantis que pour arriver jusqu'à 12 ans de prison,
il faut en faire.
En principe, c'est entre 3 et 5 ans.
Avec la remise de peine, c'est le prix à payer.
Et pourtant, on aura tué des millions de personnes
dans ce trafic mondial.
Je pense que ça manque de juges pour les assises.
Ça manque de juges spécialisés.
Et surtout, quand on a affaire à des dangereux criminels,
on doit les adapter dans des prisons
et les isoler.
Vraiment les isoler dans notre société.
Il n'y a que la longueur de prison pour cela
qui vont peut-être les calmer.
Parce que quand on ressort deux ans après,
on est encore dans le circuit.
Vous restez avec nous.
Parce que vous le savez, il y a un QR code
qui s'affiche sur votre écran.
Vous nous avez envoyé vos questions.
Myriam Bounafa nous a rejoint en plateau
pour les relayer à nos invités.
Bonsoir Fanny, bonsoir à tous.
Le QR code est là.
Drogue, l'état impuissant,
vous nous posez toutes vos questions.
Vous savez comment ça fonctionne.
Vous prenez votre téléphone portable,
vous visez le QR code que vous voyez à l'antenne
avec l'appareil photo du téléphone.
Un lien s'affiche et vos questions apparaissent
sur cette tablette.
Merci à nos invités à distance
de se prêter à l'exercice,
à nos journalistes sur le terrain.
Vous le disiez à l'instant,
c'est une question qui revient beaucoup.
Utilise-t-on des brouilleurs efficaces dans les prisons ?
Pourquoi ne brouille-t-on pas les téléphones portables ?
Je vous expliquais tout à l'heure un petit peu la difficulté.
Rachid, sur cette question des téléphones portables,
vous demande comment l'administration pénitentiaire
ne peut-elle pas borner les téléphones portables
au sein des établissements
et les éradiquer, les identifier
pour pouvoir ensuite s'en débarrasser ?
Alors,
borner les téléphones,
je ne sais pas exactement ce que ça veut dire,
mais effectivement, cette difficulté, c'est qu'il y a
beaucoup de téléphones qui circulent.
Vous avez régulièrement des fouilles de cellules
avec des surveillants qui vont
rentrer dans une cellule.
Les cadres des fouilles des cellules sont
assez encadrés, mais il y a des fouilles très régulières.
Il y a beaucoup de téléphones portables qui sont saisis.
Les chiffres sont très impressionnants,
mais vous en avez encore plus qui rentrent
en détention, c'est la difficulté.
Et effectivement, ce qui semblerait être la solution,
à savoir les brouilleurs,
il y a un vrai sujet autour des moyens,
et c'est le sujet qui revient le plus
dans cette question sur comment lutter
contre le narcotrafic.
C'est un manque de moyens à tous les niveaux.
Vous avez un problème aussi de surpopulation carcérale.
Comme vous savez qu'au Baumette, on a un taux de surpopulation
de plus de 180 %.
Comment voulez-vous que les surveillants pénitentiaires,
que je ne voulais absolument pas stigmatiser
en parlant tout à l'heure de la corruption,
mais c'est une réalité pour
quelques cas d'entre eux,
sont totalement sous l'eau
et ne peuvent pas tous les jours
s'assurer que les détenus
n'ont pas de téléphone portable
sur eux, donc c'est une vraie difficulté.
Driss Haït-Youssef, vous êtes avec nous.
Rachid qui propose de borner
les téléphones portables au sein des établissements.
Que vous évoque cette question
de notre téléspectateur ?
L'administration pénitentiaire
sait faire mieux que ça à borner.
Je rappelle qu'il y a aussi un service
qui s'appelle le service de renseignement
de l'administration pénitentiaire
qui a pénétré le premier cercle et qui procède
à ce qu'on appelle des interceptions électroniques.
Par exemple,
Mohamed Amrin,
il a été écouté
pendant très longtemps, il y a
de la documentation sur lui et son organisation.
Donc oui, à défaut de pouvoir
brouiller, parce que brouiller c'est aussi
pour les agents de l'administration pénitentiaire
qui ne peuvent pas utiliser leur téléphone et les riverains,
c'est aussi la possibilité
de les capter.
Donc un intérêt aussi peut-être pour
le renseignement français, c'est ce que vous dites,
entre écouter
et
brouiller.
Peut-on réinsérer, nous dit Nicolas,
les jeunes délinquants avec des sortes de
services d'intérêt général dans les collectivités
des jeunes dans Matabet pour certains téléspectateurs
qui sont abandonnés ?
Bruno Bartossetti peut-être ?
Oui, alors
bien sûr qu'on doit pouvoir,
mais déjà il va falloir aussi
les prendre en charge dans ces prisons.
Juste pour compléter, nos téléspectateurs
comme Françoise qui nous dit, ces jeunes
ne sont-ils pas délaissés par la société ?
Ils sont donc valorisés par
les trafiquants. Je crois que Bruno Bartossetti,
vous êtes revenu ?
Je suis revenu.
Comment les réinsérer ?
C'est sûr que ça demande encore
beaucoup de travail, mais ça a été dit.
Surtout ne pas les placer
bien sûr avec d'autres personnes
qui sont
plus âgées,
habituées.
Bien sûr, pour les réinsérer, ça demande beaucoup de moyens.
Enfin, j'ai envie de vous dire également
qu'on doit les
mettre dans des prisons adaptées
et c'est sûr que c'est compliqué pour ces jeunes
de les réinsérer, mais on devra se donner les moyens.
On doit réinsérer, on doit aussi protéger
la famille. Vous savez, contrairement à ce qu'on dit,
on doit sanctionner la famille. Lorsqu'une famille
a cinq enfants et qu'il n'y a qu'un seul
délinquant, on ne va pas
les sanctionner tous
ensemble. Donc il va falloir aussi
entourer la famille pour entourer ces enfants
qui commencent à être perdus pour la société.
Après, vous en avez certains, je ne voudrais pas
sombrer le tableau, mais vous en avez
quand même une minorité. Le mal est tellement
profond que c'est quand même assez difficile
pour ce jeune de 14 ans, par exemple.
Je pense que le travail va être compliqué pour le réinsérer
dans notre société. C'est vrai que
pour cela, dès le premier
délit,
dès la première
sanction, il faut qu'elle soit immédiate.
Pas forcément très longue,
mais immédiate. Ce n'est pas normal
qu'on parte sur des procédures
et des convocations en justice
qui vont durer des mois et des mois, parfois
plusieurs années. Non,
ce jeune ne se sent forcément
impuni, il a de bonnes raisons de le penser.
Donc ça doit être immédiat, l'effet doit être
immédiat, la sanction doit être immédiate.
Pas forcément très longue,
mais aussi un encadrement immédiat
de ce jeune, de la famille,
dès le premier délit, dès la première
condamnation.
L'âge de ces mineurs interpelle
forcément nos téléspectateurs. Où sont
les parents de ces enfants de 14 ans ?
Quelle éducation ont-ils reçu ? Il faudrait
responsabiliser les parents. C'est un thème qui revient
beaucoup sur la tablette ce soir.
Par le biais, nous propose Michael de suppression,
de réduction d'aides, ou même
pénalement, peine d'intérêt général, obligation
de suivi de stage ou de formation. Il y a deux choses.
D'abord, y-a-t-il un profil de ces jeunes
de 14 ans qui surprennent
nos téléspectateurs ?
Bruno Bartocchetti ?
Bruno Bartocchetti, je crois que vous liez réagir.
Oui, très rapidement, parce que je ne veux pas
être le seul à m'exprimer là-dessus.
Sur cette réponse, responsabiliser
les parents. Vous avez des parents qui sont déjà
dans un échec total.
Les responsabiliser comment ?
On les conduit en prison avec leurs enfants,
on leur surprime leurs allocations.
Franchement,
à mon sens, ce n'est pas le sujet.
J'insiste sur le fait que
vous avez des gamins qui sont perdus
avec des frères et sœurs qui, eux,
font tout pour justement s'en sortir.
Du coup, on va pénaliser, comme je disais à l'instant,
toute la famille. Je crois qu'on doit justement
aider la famille. Après,
au cas par cas, vous avez parfois des parents
qui sont finalement complices de leurs
enfants, bien évidemment. Mais on doit faire au cas par
cas. On doit regarder
quelle est la situation dans laquelle
vivent les gamins délinquants. On ne peut pas
systématiquement dire l'enfant est délinquant, on supprime
les allocations aux parents, on va les responsabiliser.
C'est très difficile dans ces
quartiers de pouvoir justement
vivre avec
un seuil de pauvreté qui est très bas
et avec parfois quatre, cinq enfants,
avec un seul délinquant parmi eux. Il faut réfléchir
je crois à tout ça d'une manière beaucoup plus
adaptée en fonction des situations.
Sur la sécurisation des prisons, encore
une question, celle de Traoré. Pourquoi ne pas
mettre des caméras de surveillance, surveillées
24h sur 24 par des agents pour
éviter toute livraison clandestine dans les prisons ?
C'est plus efficace que les drones,
demande-t-il.
Il y a bien sûr des caméras.
Par exemple, j'avais posé la question à un directeur de prison
il y a quelques mois.
Quand il y a des projections parfois
de l'extérieur, vous allez avoir
un colis qui tombe dans la cour de promenade.
Plein de détenus qui vont se mettre autour
de ce colis.
On ne sait pas au final
qui l'a récupéré.
On ne peut pas fouiller tous les détenus.
Il faut s'imaginer, ils sont des centaines.
Plusieurs fois par jour en cours de promenade,
ils retournent en cellule. Il y a un moment
une impossibilité. Oui, dans un monde idéal,
on surveillerait tout
et rien ne pourrait passer. On se rend compte
que c'est très compliqué
d'empêcher ces intrusions
depuis l'extérieur.
C'est la raison pour laquelle
il y a des téléphones portables
et pas seulement qui rentrent en détention.
Les réseaux du trafic de drogue
ne sont-ils pas devenus la voiture balai
du marché du travail qui n'offre plus aucune
perspective pour cette jeunesse
défavorisée ?
Encore une fois,
la principale difficulté
c'est que je pense qu'il y a du décrochage scolaire
et du décrochage scolaire qui est important
dans notre pays. Le décrochage scolaire
c'est l'antichambre de la délinquance pour moi
et je n'ai pas arrêté de le répéter.
Maintenant, si on veut lutter
efficacement contre cette perspective
qui est sans avenir
du trafic de stupéfiants,
il faut impérativement mettre
les moyens dans l'éducation.
Si on prend Marseille comme exemple,
vous avez des écoles qui sont délabrées,
vous avez un manque riant de professeurs
et par conséquent, vous avez des gamins
qui ne vont plus à l'école. Et quand les gamins
ne vont plus à l'école, ils restent en bas de la cité.
Et quand ils sont en bas de la cité, ils commencent à faire
des gaiters. Et je pense qu'effectivement
on a besoin de responsabilité
de certains parents, mais quand quelquefois vous avez
des parents qui sont défaillants comme les parents
d'un des gamins mis en cause qui sont les deux
en prison, ça me paraît extrêmement compliqué.
Donc les collectivités ou l'État
doivent pouvoir se substituer.
Encore une fois, quand on parle de prévention,
il faut intervenir en amont.
La police aujourd'hui, c'est une police
de l'urgence. Elle ne règlera pas
les problèmes de société,
les maux de cette société. Elle ne le fera pas.
Et tous les ministres de l'intérieur, encore une fois,
qui pensent mettre à la charge
des policiers et des gendarmes cette mission
qui est une mission impossible, qui est de
stopper le trafic de stupéfiants
ou la délinquance d'une manière générale dans notre pays,
il n'y arrivera pas.
Forcément, c'est un velou de mer,
mais quand on pose ces questions-là de trafic de drogue
et de ses conséquences, beaucoup, beaucoup
sur ma tablette me demandent,
vous posent la question de la légalisation
du cannabis. Est-ce qu'elle pourrait résoudre
une partie des problèmes que nous vivons aujourd'hui ?
Bruno Bartocchetti, cette question-là,
elle sera toujours éludée du
débat de société ou est-ce que, comme Nicolas,
ça peut être une question
qu'il faut mettre sur la table ?
Oui, c'est une question qu'on peut mettre sur la table,
mais vous avez des pays comme les Philippines
où ils sont revenus sur la légalisation.
Faut faire attention lorsque l'on parle de légaliser,
à quelle hauteur du THC on va mettre le cannabis.
Si on le met en pharmacie,
vous avez aujourd'hui un vente-libre des cigarettes.
Ce n'est pas pour autant qu'il n'y a pas de contrebande
de cigarettes. Il y aura toujours plus nos cifs,
moins cher, et puis les
dealers n'iront pas pointer au chômage,
ils vont continuer à travailler de manière différente.
Je pense qu'il faut rester
très prudent et je crois surtout qu'avant
de légaliser, on doit éduquer
et ça a été dit, et je salue
Driss Haït Youssef sur ce
qu'il développe en matière de prévention
et d'éducation, et je pense aussi aux
consommateurs. Aujourd'hui, le constat,
il est où ? Malgré nos résultats, malgré le
travail de la police, qui sont des résultats
probants, mais il est où aujourd'hui ?
Lorsqu'on fait le constat, on a toujours autant de
consommateurs. Est-ce qu'aujourd'hui, on a
assez d'éducation dans les écoles, par exemple,
pour expliquer ce qu'on prend
quand on fume un pétard ?
Il y a 40 ans, on disait « c'est pas grave de fumer un pétard »,
on voit le résultat aujourd'hui.
Est-ce qu'on sait ce qu'on prend dans le nez
quand on se fait un rail de cocaïne,
alors qu'elle est coupée avec de la farine,
avec de l'ammoniaque ? Est-ce
qu'on éduque nos enfants
suffisamment là-dessus ? Je ne dis pas qu'on arrêterait
et qu'on stopperait le trafic de stupéfiants,
mais ce serait déjà un premier
socle de travail avant de partir sur
la...
La connexion a été coupée, ce n'est pas
de notre fait. Merci beaucoup Bruno
Bartocetti d'avoir été avec nous,
merci Driss Haït Youssef,
merci Noémie Schultz d'avoir
apporté votre éclairage sur le
plateau cet après-midi et merci beaucoup
Myriam Bounafou d'avoir relayé les nombreuses questions
aux téléspectateurs sur France Info.
