Syrie : pourquoi des combats entre Turcs et Kurdes ? • RFI

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26 Vues de vidéo·11 janv. 2025
Marius Abidjan, Côte d'Ivoire, bonjour.
Bonjour M. Wan, bonne année à vous.
Bonne année, tous nos voeux également.
Merci de nous écouter dans la capitale économique ivoirienne.
Vous avez des questions sur la Syrie un mois après la chute de Bachar el-Assad ?
Oui, oui.
J'ai entendu...
Un instant...
Ah, vous avez un petit problème derrière vous, peut-être la radio d'allumée ?
J'ai entendu que des apportements avaient lieu dans le nord de la Syrie
entre les factions armées soutenues par la Turquie et les Kurdes.
Oui.
La première question, quelles sont les raisons de ces combats ?
Alors, les Kurdes en question, ce sont les unités de protection du peuple kurde, le YPD.
Bonjour, Auriane Verdet, merci d'être avec nous, journaliste au service international de RFI.
Expliquez-nous pourquoi la Turquie cible ce groupe armé kurde dans le nord de la Syrie.
Alors là, en fait, on aborde un sujet d'affrontement qui est vieux d'une dizaine d'années à peu près.
Ce n'est pas nouveau, ces affrontements.
Par contre, en effet, là, aujourd'hui, avec le nouveau contexte syrien,
il y a une remontée d'intensité.
Il faut bien comprendre qu'il y a des zones d'habitation kurde des deux côtés de la frontière,
côté turc et côté syrien.
Ce sont en fait des morceaux de ce que les défenseurs de la cause kurde
décrivent comme le grand Kurdistan, donc une zone qui s'étend en fait
entre la Turquie, la Syrie, l'Irak et l'Iran.
Et donc, du coup, dans l'histoire, très souvent,
les luttes kurdes contre les gouvernements nationaux se sont souvent croisées.
Alors là, depuis 40 ans, en Turquie, en Karakomba, sur son territoire,
le parti des travailleurs kurdes, le PKK, qui revendiquait dans un premier temps
la création d'un État kurde et puis la création d'une région autonome.
Et puis, parallèlement, côté syrien,
les Kurdes étaient traités pendant des décennies comme des sous-citoyens.
En 2011, au moment du début de la révolution syrienne,
ils ont participé au soulèvement contre Bachar al-Assad.
Et puis surtout, avec la guerre contre l'État islamique, le YPD,
la branche syrienne du PKK, a pris les rênes de la lutte
contre l'organisation terroriste dans le nord-est de la Syrie.
Oui, et au fil des années, le YPD a même déclaré la création
d'une région autonome, semi-autonome au nord-est de la Syrie.
Exactement. Et donc, la Turquie s'est retrouvée à ses frontières
avec quelque chose contre, exactement ce contre quoi elle luttait côté turc.
Donc, l'administration autonome du nord et de l'est de la Syrie,
c'est une région autonome de facto, mais qui n'a jamais été vraiment
reconnue internationalement.
Elle a subi de nombreuses offensives turques ces dernières années.
Ankara a donc financé des milices syriennes pour mener le combat
contre les forces kurdes sur le territoire syrien.
L'idée était de créer une espèce de zone tampon entre la Turquie
et la Syrie. Et donc, cette région kurde
qui est menée par une organisation, donc le PKK,
une branche du PKK qui est considérée comme terroriste par Ankara.
En 2019, les forces kurdes avaient passé un accord d'alliance
avec le régime de Bachar el-Assad pour stopper l'avancée des turcs.
Et donc, on arrive là à un bouleversement de la situation.
Avec donc une intensification des affrontements
depuis la chute de Bachar el-Assad.
Exactement. Et donc, en fait, l'idée là est qu'elle va être
l'avenir de la zone kurde du nord-est de la Syrie.
Et comment arriver à les faire entrer dans la Syrie ?
Il y a un défi national pour garder l'unité du territoire.
Mais Ankara essaye vraiment là de jouer aussi son rôle d'influenceur
et refuse de voir le PKK rester dans cette zone à sa frontière.
