Un petit matin au Japon. Bienvenue à Tokyo, la capitale du pays, l'une des plus grandes villes du monde avec une population de près de 13 millions d'habitants. Il est 6:51, nous retrouvons la famille Sakai. C'est Masako, 32 ans, la mère de famille, qui se charge de réveiller les enfants. Ses fils, Yuto, 8 ans, et les jumeaux de 3 ans, Shunta et Hinata dorment tous dans la même pièce, à même le sol, sur un futon. À Tokyo, les logements sont petits et le futon est l'une des nombreuses astuces que les japonais ont trouvé pour répondre à ce problème de place. Takeshi a 33 ans. L'entreprise dans laquelle il travaille est à plusieurs heures de transport en commun. C'est loin d'être une exception au Japon. Le père de famille rentre à la maison le vendredi et passe le week-end en famille. En attendant, Masako doit gérer seule la maison et cela ne l'empêche pas de travailler, car elle est enseignante en maternelle. Chaque matin, elle prépare le petit-déjeuner constitué pour l'essentiel de boulettes de riz, de légume et de poisson ou de viande grillés. Elle cuisine également le repas du midi en confectionnant un bento, un plat unique traditionnellement empaqueté dans une boîte à compartiment du même nom. Avant de passer à table, petits cours de maniement des baguettes. La ponctualité et d'autres règles de savoir-vivre et de politesse sont toujours très importantes dans la société japonaise. Par exemple, chacun prend soin avec application de l'entretien de son bout de trottoir et Masako transmet ces valeurs à ses enfants. Les jumeaux sont obéissants, mais ce matin, Yuto prétexte d'autres obligations pour s'échapper, car il est concertiste amateur et va prochainement se produire en public. Il est temps de préparer son cartable et c'est l'école qui lui fournit. Les enfants se regroupent pour aller à l'école par 3 ou par 4 et leur parcours est défini par la mairie qui assure un circuit sécurisé.
Petits Matins du Monde - Japon Réalisateur : Charles-Antoine De Rouvre &David Martin
Un petit matin sur le Japon.
Bienvenue à Tokyo, la capitale du pays, située à peu près au centre géographique de l'archipel japonais.
Tokyo est l'une des plus grandes villes du monde, avec une population de près de 13 millions d'habitants.
À cette heure, la ville sort à peine de la nuit.
Mais dans la famille Sakyo, il est déjà temps de se réveiller.
C'est Masako, 32 ans, la mère de famille, qui se charge de cette mission.
Ses fils, Yuto, 8 ans, et les jumeaux de 3 ans, Shunta et Hinata, dorment tous dans la même pièce, à même le sol, sur un futon.
Le quartier où vit la famille Sakyo est un quartier résidentiel de classe moyenne.
Mais comme partout à Tokyo, la place manque, et tous les moyens sont bons pour en gagner.
Des immeubles très hauts, des magasins souterrains, et des logements très petits.
Pendant que les jumeaux se préparent, Masako peut rouler les futons et redonner à la chambre sa configuration de la journée.
Les futons sont l'une des nombreuses astuces que les japonais ont trouvées pour répondre à ce problème de place.
Une sorte de matelas d'une dizaine de centimètres d'épaisseur, conçu pour être étendu directement sur le sol.
Les lundis, les garçons se lèvent particulièrement tôt.
Et il n'est pas rare qu'ils somnolent un peu devant la télévision, en attendant le petit déjeuner.
Car le lundi est la seule occasion de la semaine pour eux de voir leur père.
Takeshi a 33 ans.
L'entreprise dans laquelle il travaille depuis 8 ans est implantée à plusieurs heures de transport en commun.
Il ne rentre donc à la maison que le vendredi soir pour passer le week-end en famille.
Beaucoup de pères de famille japonais sont dans son cas.
Rien d'anormal pour le pays où plus des trois quarts des employés se disent quasiment mariés à leur entreprise.
La maison des Sakyo ne comporte que quatre pièces.
Une pièce principale qui fait cuisine et salle à manger.
Deux chambres, une pour les enfants et une pour les parents.
Et une salle de bain.
C'est une maison moderne, comme beaucoup de maisons actuelles.
Mais certains quartiers de la ville abritent encore des maisons traditionnelles.
Leurs cloisons coulissantes, recouvertes de papier de riz, laissent pénétrer la lumière et permettent de moduler l'espace.
Masako doit gérer seule la maison.
Ce qui ne l'empêche pas de travailler.
Elle est enseignante en maternelle.
Chaque matin, Masako prépare le petit déjeuner.
Constitué pour l'essentiel de boulettes de riz, de légumes et de poissons ou de viande grillée.
Elle cuisine également pour son déjeuner.
Les garçons sont pris en charge par la cantine de leur école, mais ce n'est pas son cas.
Elle doit se confectionner un bento, un plat unique, traditionnellement empaqueté dans une boîte à compartiment du même nom.
Au Japon, difficile d'imaginer un employé partant au travail sans son bento et sa bouteille de thé.
Avant de passer à table, petit cours de maniement des baguettes.
Tenir la première baguette comme un crayon.
Mettre la seconde baguette entre le majeur et l'annulaire.
Cette baguette reste immobile, tandis que seule bouge la première.
Et oui, manger avec ses ustensiles n'a rien d'inné.
Mais pour s'entraîner, les Japonais ont des astuces.
Comme ce modèle réservé aux jeunes enfants.
Il est extrêmement difficile pour une femme japonaise de concilier vie professionnelle et vie familiale.
Et Masako est presque une exception.
Les femmes représentent un peu moins de la moitié des salariés, mais moins de 5% des cadres japonais.
À fonction égale, elles sont beaucoup moins bien payées que les hommes.
Et pour ne rien arranger, elles sont presque obligées de démissionner lorsqu'elles ont un enfant.
Pour certains Japonais, le rôle d'une femme est encore de faire des enfants et de s'en occuper.
Pourtant, dans le Japon contemporain, l'égalité des sexes est légalement reconnue.
La législation familiale égalitaire est, depuis 1945, très proche de celle des Etats-Unis.
L'avortement est autorisé.
Mais il existe encore un décalage entre législation et pratique sociale.
Ainsi, la pilule contraceptive n'a été autorisée au Japon qu'en 1999.
Le bien-être individuel passe d'abord par celui de la communauté.
Ainsi, chacun prend soin avec application de l'entretien de son bout de trottoir.
Et Masako transmet ses valeurs à ses enfants.
Yuto prétexte d'autres obligations pour s'échapper.
Il est concertiste amateur et va prochainement se produire en public.
Au même titre que la ponctualité, les règles de savoir-vivre et de politesse sont toujours aussi primordiales dans la société japonaise.
Après les travaux domestiques, pendant que Masako se prépare, les enfants ont généralement un peu de temps pour jouer avant de partir à l'école.
Les jumeaux se défoulent à la japonaise.
Une société où les jeux, au même titre que les mangas, sont souvent de bonnes échappatoires au conformisme.
Le dessin a une place très importante, comme les kawaii, ces petits personnages littéralement mignons.
Ils sont utilisés même à des fins qui, dans d'autres pays, sembleraient anachroniques ou révélateurs d'un manque de maturité.
Cette culture kawaii est largement véhiculée par les jeux vidéo, les dessins animés.
A cette heure, des millions de japonais sont dans les transports en commun.
Le balai des trains et métros, l'infrastructure de transport sur plusieurs niveaux restent un signe du dynamisme de la capitale japonaise.
La crise économique qu'a traversée le Japon à la fin des années 1990 a renforcé l'attachement des japonais à leur travail.
Lien qui commençait à se distendre dans la nouvelle génération.
Mais les japonais ont pour la première fois découvert le chômage et la précarité.
Enfin, tout cela est à relativiser.
4% de chômage, une catastrophe pour eux, qui semblerait une réussite chez nous.
Chez les Sakyo, Yuto prépare son cartable.
C'est son école qui le lui fournit.
Les élèves japonais suivent successivement, comme en France, trois cycles.
L'école primaire, de 6 à 12 ans.
Le collège, de 12 à 15 ans.
Et le lycée, de 15 à 18 ans.
Presque toutes les écoles publiques sont mixtes.
Le port de l'uniforme est encore obligatoire dans une bonne partie des lycées et dans certaines écoles.
Mais cette pratique tente à diminuer, surtout dans les établissements publics.
Les enfants se regroupent pour aller à l'école par 3 ou par 4.
Leur parcours est défini par la mairie, qui assure ainsi un circuit sécurisé.
Les enfants de première année portent une casquette jaune,
afin que les passants, les parents, puissent les identifier et être plus attentifs à eux durant leur trajet.
De son côté, Masako conduit en vélo les plus jeunes à la maternelle.
Leurs routes croisent des parcs qui brisent la monotonie du béton.
Le préféré de la famille est l'un de ceux où l'on vient pour admirer des bonsaïs.
Certains ont plus de 700 ans.
L'art du jardin est un art millénaire au Japon.
Un art d'origine chinoise.
La culture japonaise a les mêmes racines que celles de son voisin.
Mais à l'image de son écriture, elle a évolué dans des directions spécifiques.
Masako poursuit son chemin dans les petites rues de quartier qui n'ont rien à voir avec les grandes avenues.
Ici, deux voitures peuvent difficilement se croiser.
Cachées derrière les grandes rues et les buildings, ces quartiers mènent une vie tranquille.
Les résidents sont en majorité des personnes âgées.
Le Japon doit faire face à une grave crise démographique.
20% des Japonais ont plus de 65 ans.
Et pour la première fois en 2005, le nombre d'habitants dans le pays a diminué.
À Tokyo, le taux de fécondité est passé en dessous de la barre de un enfant par femme.
C'est rush hour, l'heure de pointe.
Les salariemans, les cols blancs, se pressent vers l'entrée des bureaux.
Aujourd'hui, plus de la moitié des entreprises offrent un congé parental.
Mais rares sont les employés qui osent en profiter réellement.
Yuto est arrivé à proximité de l'école.
Au carrefour, des employés municipaux font traverser les enfants.
Masako approche à son tour.
Les enfants sont très protégés au Japon.
La rue qui mène à l'école est même interdite à la circulation.
Paradoxalement, à l'école, la compétition fait rage entre les élèves.
Le système est peut-être trop élitiste.
Mais il permet au pays d'afficher le plus haut taux d'alphabétisation au monde.
Pour Yuto, il est temps de rentrer en cours, de se dire au revoir et bonne journée.