Armement français : rapport annuel des exportations dans le monde • RFI

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214 Vues de vidéo·10 janv. 2025
Vos questions à la rédaction. Soyez le bienvenu, Ali. Bonjour.
Bonjour, Juan.
Vous êtes à Lyon.
Exactement.
Et vous avez des questions sur les exportations d'armement français.
Justement, alors que le ministère des Armées a publié un rapport annuel des opérations d'armes de la France sur le continent africain,
on voit notamment le Sénégal comme étant le deuxième plus gros importateur.
Sur ce, avec le retrait militaire annoncé de la France, peut-on s'attendre à une baisse de commande des importations du Sénégal ?
Ah, bonne question. Et bien, pour vous répondre, qui de mieux placé que le spécialiste des questions de défense et de sécurité à RFI ?
Bonjour, Franck-Alexandre.
Bonjour, Juan.
Alors, ce rapport a été remis aux députés cette semaine.
C'est un rapport juste pour planter le décor, qui permet de retracer les flux de matériel militaire fabriqué en France,
puis commandé et livré à travers le monde et donc forcément sur le continent africain.
C'est le rapport 2024, mais on parle là des commandes et des livraisons de 2023.
Absolument.
C'est bien ça.
Donc le Maroc est en tête, suivi pour le continent africain du Sénégal.
Oui, il n'y a aucune raison que ce soit remise en cause, puisque là, en fait, c'est le volet marine qui importe.
Vous savez, la France, la marine nationale, est présente dans le golfe de Guinée de façon permanente.
L'opération Corum, qui existe depuis des décennies, tire vers le haut toutes les marines des pays côtiers du golfe de Guinée avec des exercices annuels.
Et pourquoi cette présence ?
Parce qu'il s'agit en fait de tirer vers le haut toutes ces marines pour lutter contre tous les trafics qui existent dans cette partie.
Et notamment la pêche illégale.
Et la pêche illégale, bien sûr, qui est un souci pour tous les pays côtiers.
On le sait avec ces bateaux-usines qui viennent souvent de Chine, d'ailleurs.
Donc c'est grâce à la présence de la marine française que ces marines des pays du golfe de Guinée ont monté en gamme et aujourd'hui assurent la sécurité de la zone.
Alors on le voit, par exemple, qu'est-ce qu'ils ont acheté, les Sénégalais ?
Ils ont acheté trois OPV 58 construits par le chantier Piriou, en Bretagne.
Ce sont des patrouilleurs polyvalents de 60 mètres.
C'est des belles bêtes.
C'est des bateaux endurants, robustes, qui peuvent rester longtemps en mer.
Et ils n'ont pas pour vocation d'aller loin, mais assurer la sécurité au large des côtes du Sénégal.
Donc voilà, trois beaux bateaux.
Avec le départ annoncé des troupes françaises du Sénégal, il n'y a pas de remise en cause ?
Et non, parce que là, c'est un autre volet.
C'est donc le volet maritime.
Ça n'a rien à voir avec la présence de bases permanentes françaises en Afrique.
Reste avec nous Franck-Alexandre.
Ali a une deuxième question à vous poser.
On vous écoute.
Comment expliquer le grand nombre de commandes passées par l'Angola,
qui s'élève à 400 millions d'euros, et de quel type d'armes s'agit-il ?
400 millions d'euros de commandes.
Eh oui, mais c'est exactement dans la même veine que le Sénégal.
C'est toujours pour protéger le golfe de Guinée.
Qu'est-ce qu'ils ont acheté, les Angolais ?
Ils ont acheté des corvettes, des patrouilleurs, des trimarans,
mais aussi des bâtiments de débarquement et des moyens qui,
d'ailleurs, ont été engagés en 2023 dans l'exercice Grand African Nemo.
Voilà, c'est toujours cette participation,
cet effort à la coopération interrégionale.
Vous savez qu'il est issu du sommet sur la sécurité maritime.
C'est le processus, l'architecture de sécurité de Yaoundé.
D'accord, on a appris des choses ce matin,
comme à chaque fois que vous venez nous voir dans ce studio.
En deux mots, Franck-Alexandre, vous ne nous avez parlé que de la marine.
C'est-à-dire que pour tout le reste, la France ne vend pas de matériel militaire
sur le continent africain ?
Eh bien finalement, assez peu, c'est vrai, c'est paradoxal.
La France présente militairement depuis des décennies,
et qui a mené des guerres, des opérations extérieures importantes,
et était présente, mais ne vendait pas de matériel.
Pourquoi ? Parce que c'est vrai qu'on ne prospectait pas.
Le directeur général pour l'armement s'est rendu récemment en Afrique.
C'était une première, jamais il n'y était allé.
C'est vrai qu'on ne prospectait pas,
puisqu'on disait que les matériels français étaient très chers.
Donc, on estimait qu'il n'y avait pas de marché, en fait.
Il y a une forte concurrence aussi.
Oui, alors notamment les Turcs.
Vous savez, les Turcs, ils disent, ils vendent beaucoup de matériel,
notamment à l'ONU.
Et leur slogan, c'est de dire, nous, c'est aussi bien que les Français,
mais moins cher que les Français, mais meilleur que les Chinois.
