Le Peladao, du foot et des filles - Documentaire

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«Gooooooooooooal !» Sur la plage, dans la rue, au fond d’un terrain vague… Partout au Brésil, on joue au « futebal »… A Manaus aussi : en tout lieu et sans raison parce que le football au Brésil est LA raison de vivre des brésiliens.
Mais au cœur de la forêt, le ballon rond n’a pas le monopole des rondeurs. A Manaus a lieu chaque année une compétition rassemblant le ballon rond et les jolies formes des plus belles filles de l’Amazonie. C’est le Peladao. A l’occasion d’un week-end, on suit Erika et son équipe en route pour les demi finales.
Réalisation : Christophe COUSIN
Mixage : Auvitec, Mathieu COCHIN
Année : 2012
Diffusion : FRANCE 3 - Faut pas rêver
Production : Via Découvertes Production
Pays : Brésil
Valencia, Marseille, c'est une bombe !
Goooooooooooool !
Mais à Manaos, le football n'a pas le monopole des rondeurs.
A l'autre bout de la ville, répètent les filles qui font du peladao une compétition à part, hors norme.
Car le peladao n'est pas qu'un tournoi de foot, c'est aussi un concours de beauté.
Un véritable hymne à la vie qu'on doit sans doute un peu à la moiteur du climat.
Et au bout du compte, on ne sait plus très bien qui supporte qui, ni qui supporte quoi.
Chaque équipe a sa reine, et chaque reine qui passe les éliminatoires peut repêcher son équipe en cas de défaite.
En me faufilant dans les vestiaires, je choisis ma reine, Erika.
C'est elle que je vais suivre, et son équipe, à l'occasion de ce week-end marathon des quarts de finale,
où belles et sportives concourent en parallèle.
Un jour, mon frère m'a appelée pour me demander si j'accepterais d'être la reine de son équipe.
Je suis allée voir l'entraîneur, ils m'ont trouvée jolie, et j'ai été sélectionnée pour défendre leur couleur.
C'est une belle expérience, et puis j'aimerais bien gagner le premier prix, c'est une voiture, c'est toujours bon.
Ce que j'espère, c'est d'avancer le plus possible dans la compétition, tu comprends ? Chaque fois aller plus loin.
J'aimerais savoir pourquoi, dans le Péladao, les jolies filles se mettent au service du ballon, et pas l'inverse.
Je me rends sur les rives du fleuve pour retrouver Arnaldo Santos, organisateur de la compétition qui arbitre ce jour-là le match des futurs champions.
Le ballon a toujours été la chose la plus importante de ma vie.
Le ballon, pour moi, a été comme un biberon, je dirais même comme le sein de ma mère.
Le Péladao est né de l'idée de rassembler les familles dans les rues, et de les faire jouer entre elles, c'est faire la fête.
Et comme on ne peut pas faire la fête sans l'accord de la mère, les filles, les amis, les voisines, les petites amies, sans l'accord des femmes.
Et comme ici en Amazonie, la femme depuis la nuit des temps est au cœur de nos traditions, alors on a décidé de les intégrer dans notre compétition.
Le Péladao est une compétition brésilienne, mais surtout amazonienne.
On a simplement troqué l'arc et les flèches contre un ballon et des crampons.
Et les canons de beauté à quelques évolutions près restent les mêmes.
Ici, une belle femme, c'est une indienne avec des formes généreuses, des cheveux noirs aussi longs que possible, et une peau chocolat qu'on voudrait croquer.
Il est midi, Erika et son équipe ont rendez-vous avec le destin.
L'une se prépare à défiler, l'autre à jouer.
A l'issue de la journée, on saura qui poursuit vers les demi-finales.
Pour l'heure, ce sont les impressions d'avant-match.
L'entraîneur avec ses joueurs, et Erika chez elle.
Je suis confiante, je suis juste un petit peu nerveuse.
J'ai le ventre qui commence à sonnouer, mais je suis sûre que ça va aller mieux.
Aujourd'hui, on joue à domicile, donc l'équipe adverse va devoir se mettre à genoux et implorer notre pardon.
Personne ne nous a encore battu.
Si je ne gagne pas cette année, j'essaierai encore, mais je ne m'arrêterai pas, je ne laisserai pas tomber.
Second demi-temps, Erika est partie défiler et un joueur est tombé.
Nous, on ne veut pas être des héros, on veut juste participer.
Et s'il n'y avait que moi, on n'en serait pas là.
Tu devrais aller voir ma femme, c'est elle la présidente du club. Je lui dois tout.
J'ai retrouvé Marie-Lou à l'école du quartier.
Le seul endroit où le petit écran parvenait à gâter.
On ne regardait pas le match, mais on attendait Erika qui défilait en direct sur la chaîne locale.
Sur le plateau, les filles exposaient leurs plus belles courbes.
Elles se regardaient, se jugeaient, la tension était palpable.
Erika, sur une faute de style, fut éliminée.
Chez Marie-Lou, on avait passé le cap des réjouissances.
Ce n'est pas ce que j'espérais.
Mais en participant, on sait qu'on est là pour gagner ou pour perdre.
Mon cœur est triste naturellement, parce qu'on a beaucoup travaillé pour en arriver là.
Maintenant, il faut que l'équipe de foot gagne, si Dieu le veut, et il va le vouloir.
Retour sur le match.
Est-ce Dieu qui a fait en sorte qu'il y ait faute à ce moment précis ? Je n'en sais rien.
Ce qui me semble pourtant évident maintenant, c'est que le jour où Dieu créa la femme, il jouait au foot.
1-0. L'équipe a gagné et s'est sélectionnée pour les demi-finales.
Sans sa reine.
Mais le Péladao, c'est la vie.
