"Secrets de Maîtres" par Etienne Establie : Rubens
26 oct. 2024
Attention, coup de coeur ! Canson® est fier de vous annoncer son partenariat avec Etienne Establie, peintre autodidacte, qui, comme nous, s'est donné comme mission de partager sa passion de l'art avec le plus grand nombre. Au fil des mois, il nous fera découvrir les secrets des plus grands maîtres.
Découvrez dans ce premier numéro passionnant de « Secrets de Maîtres » comment Rubens utilisait le mastic de Chios, gomme naturelle initialement conçue comme masticatoire pour nettoyer les dents, pour insuffler vie et mouvement à ses œuvres.
Nous voici devant un tableau de Rubens intitulé « Le Christ et le Delaro » qui montre
la technique et la virtuosité étonnante de ce peintre.
Cette grande toile dont la fraîcheur est remarquable se trouve au musée des Augustins
à Toulouse.
Mais pour répondre à ces innombrables commandes, il fallait à Rubens une technique à la fois
souple et solide, rapide et durable, conservant la fraîcheur des couleurs, mais surtout
qui permette le transport de ses œuvres partout en Europe.
C'est là que l'on découvre ce peintre sous une autre facette, celle du scientifique.
Il mélangeait directement à sa peinture un vernis qui réagissait avec l'huile en
formant un gel épais, son secret, le mastique de Kio.
Tout commence par le mastique en grain, que l'on trouve à cette époque et encore aujourd'hui
sur l'île de Kio, située entre la Grèce et la Turquie.
Le mastique de Kio provient d'un arbre, appelé le lentisque, et se récolte par incision
de l'écorce.
Elle se conserve sous forme de grain, se transporte facilement et est alors très utilisée comme
masticatoire pour nettoyer les dents et raffermir les gencives.
Au XVe siècle, le mastique est l'objet d'un commerce intense entre la ville de Bruges,
proche de l'atelier de Rubens, et la république de Gênes, dont l'île de Kio fait partie.
Le mastique est broyé et chauffé au bain-marie, il devient alors liquide et permet de protéger
les tableaux sous une couche de vernis.
Rubens préférait le mêler directement à de l'huile de noix cuite pour créer, par
réaction chimique, un gel exceptionnel qui le mélangeait à ses couleurs.
Il obtenait des effets de matière inédits grâce à une pâte fluide et transparente.
Son pinceau imbibé de ce mélange lui conférait alors une vraie rapidité d'exécution, loin
du processus lent et fragile des techniques précédentes de peinture.
Grâce à ce procédé léger et dynamique, Rubens avait les moyens de réaliser en un
instant d'immenses toiles pleines de vie et de mouvement, et ainsi être très prisé
par les grands puissants de cette époque.
