Finlande - Des trains pas comme les autres Helsinki - Laponie - Rovaniemi - Documentaire - SBS

Voyages du bout du monde
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151 Vues de vidéo·25 déc. 2024
En Finlande, les trains ne sont pas trileux.
Et dans les trains, on peut même découvrir comment flirter avec l'au-delà.
C'est vrai qu'au début tu crois mourir, et puis finalement non, tu te sens plus vivant encore.
On peut aussi prendre des cours de finnois.
Donc, pour apprendre à choisir le meilleur glaçon.
Apprendre aux rennes à se mettre bien en rond et rencontrer des surhommes.
Franchement, jusqu'à moins 35 c'est supportable.
En Finlande, le train c'est pas mal.
La Finlande, voilà un pays bien mystérieux.
On sait tous que c'est au nord.
Mais en général, ce sont la Suède et la Norvège qui piquent la vedette.
Et pourtant, la Finlande, c'est en Europe.
On y paye en euros.
C'est grand comme les deux tiers de la France.
Et sa capitale, Helsinki, a un charme nordique tout particulier.
Un certain calme.
Une visible influence de la Russie toute proche qui a dominé le pays jusqu'en 1917.
Je file vers la gare.
Mais en chemin, je repère un homme.
Tout seul.
Sur un bras de mer gelé.
A deux pas du Sénat.
Ça glisse.
Bonjour.
Salut.
Et qu'est-ce que vous faites là tout seul au milieu de la ville et au milieu de la rivière ?
Bah, je pêche.
Et alors, il y a du poisson par cette température là ?
Ouais, ça va.
Il y a quelques perches.
Vous pêchez tout seul en plein hiver, c'est normal ?
Oui, pour moi, c'est normal.
Je viens pêcher ici cinq fois par semaine.
Oui, mais c'est tous les jours, ça, alors ?
En hiver, c'est le minimum.
Je viens là et je fais mes trous dans la glace.
La pêche, c'est une affaire sérieuse.
C'est même un style de vie.
Un style de vie...
Vous êtes gelé ?
Douche.
Ah non, en plus, vous n'avez pas les mains froides, ça s'éteint, ça ?
Comment vous faites pour avoir les mains chaudes par cette température ?
C'est quoi le secret ?
Je bouge.
Quand j'ai froid, je me lève.
Et avec la foreuse, je fais un nouveau trou.
Ah bah, ça va vite, dis-leur.
C'est pas épais ?
En ce moment, il y a 14 centimètres.
Mais ça suffit, c'est une glace très dure.
Normalement, elle supporte le poids d'un homme à partir de 7 centimètres.
Vous n'avez pas peur de venir marcher tout seul sur la glace comme ça alors qu'il n'y a personne ?
Bah non, c'est même ça qui est excitant, c'est d'être seul.
Je me mets sur le bord.
Je fais un premier trou, je regarde l'épaisseur.
S'il y a au moins un doigt, je me dis que c'est bon.
Et j'y vais.
Bon, en même temps, apparemment, vous n'avez pas beaucoup de poissons aujourd'hui.
Écoute, avant que t'arrives, j'ai eu une perche comme ça.
Mais j'en veux une plus grosse.
Donc je l'ai relâchée.
Bonne pêche alors.
Merci beaucoup.
Il a les mains chaudes, ça m'épate.
La Finlande commence déjà à me plaire.
Il y a dans l'air une espèce de bonne humeur.
Un côté cool auquel je ne m'attendais pas trop.
Il me tarde maintenant de voir enfin la gare centrale, la plus grosse gare du pays.
C'est une belle gare.
Imposante.
Tout en granit, c'est la pierre du pays.
Il y a ces hommes de pierre qui sont très connus à Helsinki.
Si vous lui donnez rendez-vous à quelqu'un, vous lui dites rendez-vous au pied des hommes de pierre.
Et tout le monde sait où c'est. C'est là que ça se passe.
On les appelle aussi les porteurs de lumière.
Parce que vous voyez, ils portent une lampe.
A l'époque, c'était une grosse torche.
Mais la lumière, c'est très important dans un pays où il peut faire noir pendant très longtemps.
Et puis, la lumière, c'est celle qui éclaire le chemin, le départ.
Il fait tout chaud à l'intérieur.
C'est rare les pays où on peut se dire quand il fait froid, je vais me mettre au chaud à la gare.
Et le plus exotique dans cette gare, c'est le panneau d'affichage.
A lire les noms des destinations, on se rend bien compte qu'on est très au nord et très à l'est.
Saint-Pétersbourg n'est qu'à deux heures de train.
Pour les Finlandais qui veulent aller tout au nord en Laponie, très loin,
il y a, caché derrière la gare, ce tunnel.
Ce tunnel qui amène directement dans le Grand Nord, dans le Grand Froid.
Pas tout à fait un tunnel, je vais vous montrer.
Là, il faut passer de l'autre côté.
Regardez ça.
En fait, c'est un train.
Un train dans lequel les vacanciers glissent leur voiture et hop, tout le monde part faire du ski.
Pourquoi vous avez décidé de mettre votre voiture dans ce train ?
Et bien à cause des avions. Les vols étaient tellement chers.
Vraiment ?
Et bien oui, avec toute la famille.
Donc là, vous garez votre voiture tranquillement et qu'est-ce qu'il se passe après ?
Je retourne dans la gare manger un petit burger.
Et après, on file dans le train pour faire une petite sieste ou prendre un verre en famille.
Une fois les voitures chargées, retour sur les quais,
pour prendre le train vers le Grand Nord et une destination mythique.
Le train pour la Laponie.
La Laponie.
C'est pas tous les jours.
C'est marrant, on est directement dans les wagons-couchettes, c'est directement dans les cabines.
Cette fois, c'est bien parti.
Je vais donc traverser toute la Finlande et partir au-delà du cercle polaire.
12h30 de voyage dans la nuit.
Donc pour les paysages, il va falloir attendre un peu.
Mais pour les Finlandais, ils doivent bien être quelque part.
Le wagon-restaurant.
Très important le wagon-restaurant pour ressentir l'âme d'un train.
Bonjour.
Ça, c'est un truc qui m'épate quand même.
Les Finlandais qui vivent dans un pays froid, en vacances, ils vont dans un endroit encore plus froid.
Oui, c'est vrai que pour les vacances d'hiver, c'est un rituel de partir en vacances en Laponie.
Faire du ski, se détendre ou juste savourer l'atmosphère.
Moi, ce que je préfère là-bas, c'est l'espace infini, juste pour toi.
Tu ne vois personne autour de toi.
Si tu montes sur une colline, tu peux regarder jusqu'à 100 km à la ronde.
Et tu ne verras personne.
Juste le silence et la nature.
Et ça, c'est magique.
Et alors, comment est-ce qu'on peut se relaxer par moins 20?
Pour moi, il y a une expérience fabuleuse à tenter.
C'est d'aller nager dans l'eau glacée.
Parce qu'une fois que tu as réussi, tu te sens réellement bien vivant.
C'est vrai qu'au début, tu crois mourir.
Et puis finalement, non, tu ne te sens plus vivant encore.
Tu devrais essayer peut-être.
Oui, comme tu vis en hiver en Finlande, tu n'as pas le choix.
Toujours cette ambiance plutôt cool.
Tout le monde parle avec tout le monde.
J'essaye maintenant d'en savoir un petit peu plus sur les mystérieux habitants de la Laponie.
Tu sais, la Laponie, avant, c'était le bout du monde.
Les maisons, les villages étaient très isolés.
L'hiver, les gens passaient des mois sans voir personne.
Quelles étaient les conséquences de n'avoir personne à qui parler dans le noir?
À l'époque, chaque maison faisait son propre vin.
Donc, je pense qu'ils buvaient beaucoup et qu'ils finissaient par avoir beaucoup d'enfants.
Il y a une histoire, d'ailleurs, là-dessus.
Un type demande à un autre qu'est-ce qu'ils font en Laponie tout l'été?
L'autre répond, ils pêchent et ils font l'amour.
L'autre dit, d'accord.
Mais en hiver, ils ne pêchent pas tant que ça.
Ça, c'est ma blague sur les habitants de la Laponie.
Le temps passe très vite au wagon-bar.
Mais je décide d'être sage et d'aller tout de même dormir quelques heures.
Au petit matin, ça y est, je descends du train dans la gare de Rovaniemi.
Et là, enfin, j'y suis.
La Laponie.
Une sensation d'immensité, du blanc partout.
Et ce qui me frappe tout de suite, ce n'est pas le froid glacial, c'est l'immobilité.
L'impression poignante d'être seul au monde, dans un pays blanc, silencieux,
où sur des centaines de kilomètres, rien ne bouge.
Mais heureusement, j'ai un rendez-vous.
Un rendez-vous dans la forêt avec un lapon.
Il s'appelle Yuka.
Il est éleveur de rennes.
Et il m'a promis de partir à la recherche de ces animaux qui vivent ici, au cœur de l'hiver.
Hey, hello.
Bonjour.
Ça va ?
Oui.
Il ne fait pas chaud chez vous ?
Moins 10, moins 15.
C'est rien comparé au moins 40 de la semaine dernière.
Ah oui, donc il fait chaud, là, d'accord.
Et là, vous partez voir les rennes ?
Oui, je vais leur donner à manger, là.
Tu peux m'accompagner ?
OK.
Allez, monte.
Et les rennes, ils sont dans la nature, comme ça ? Libres ?
Oui, ils sont partout, là, autour.
Il n'y a pas de clôture ou de limite, ils peuvent aller partout.
Et ils peuvent partir loin, comme ça ?
Ils vont où ils veulent, mais en hiver, ils restent toujours par ici.
Ah, il y a des rennes.
Et c'est très beau.
Et celui-là, là, il est tout blanc.
Ah, il y en a en face, là-bas.
Allez, allez.
Ils nous ont repérés, ils nous suivent tous.
Ils sont surtout intéressés par le bac rouge derrière toi, c'est plein de nourriture.
C'est quand même rigolo.
Et il y en a combien ?
Il y en a entre 400 et 500.
C'est féérique, en fait, c'est féérique.
On dirait un...
C'est presque irréel, un peu comme un conte de Noël, mais en vrai.
Bon, on est bien, là.
On va pouvoir faire un grand cercle.
Un cercle ? Comment ça, un cercle ?
Viens voir.
Ce que je leur donne, c'est un complément alimentaire.
Je fais ça seulement en hiver, après les grands froids.
Normalement, les rennes trouvent leur nourriture, du lichen, en grattant le sol.
Mais là, après les moins 40, le sol est trop dur.
Et s'il n'y a pas assez à manger, ils vont abandonner les petits pour survivre.
Donc je fais attention pour préserver le troupeau.
Ah non, non, non, si tu fais ça, ils vont tous se battre.
C'est pour ça que je fais un cercle.
Je vais disposer des petites rations en les espaçant.
Des petits tas, quoi.
Et franchement, c'est magnifique, magnifique.
Je ne savais pas du tout que ça se passait comme ça.
Et on fait combien de tours, comme ça ?
On va en faire 10, 12.
Et tous les jours, vous venez nourrir les rennes, comme ça ?
Oui, tous les jours en hiver.
J'amène un café vite fait et je viens passer ma journée avec eux.
C'est ma vie.
Et ce qui m'épeute, c'est que même après toutes ces années à venir tous les jours,
vous les aimez encore, comme ça.
Oui, tu sais, moi, ça fait 25 ans que je fais ça.
Et je le ferai aussi longtemps que je peux me lever le matin.
C'est un métier de passion.
Et il en faut, car tu ne fais pas ça pour l'argent.
C'est un mode de vie.
Tu en tombes amoureux et c'est pour la vie.
En revanche, il est impossible d'approcher un renne.
L'île s'éloigne.
C'est dommage, on a envie de les caresser.
Un renne.
Peut-être réussir.
Tu sais, ils ne sont pas très calins.
Pourquoi vous avez des rennes ?
Ça sert à quoi les rennes en Laponie ?
C'est une histoire de famille.
On se transmet un cheptel qu'on élève surtout pour la viande.
Au printemps, on va marquer les petits
et ensuite on les laisse repartir dans les collines du Grand Nord
où ils reviendront à l'automne.
Cette année, on espère avoir 300 nouveaux jeunes.
Et à la fin de l'année, on devra en tuer quelques-uns pour la viande.
C'est ma fille et son fils.
Ils viennent souvent m'aider pour les rennes.
Ils m'enlèvent.
Bonjour.
C'est lui le futur éleveur de rennes ?
Salut monsieur. Bonjour.
Il est venu avec son lasso.
Tu as bien vu qu'on ne pouvait pas approcher un renne facilement.
Il n'est donc pas le choix.
On doit utiliser le lasso pour les attraper.
C'est pour ça qu'il est venu ce matin.
Il va s'entraîner avec son grand-père.
Tu as quel âge, toi ?
Six ans.
Ça va le lasso ? Tu te débrouilles bien déjà ?
Oui. Si je m'entraîne, ça ira.
S'il s'entraîne beaucoup, alors il deviendra aussi bon que moi.
À son âge, le lasso, je n'arrêtais jamais.
Je m'entraînais même à attraper les poignées de porte dans la maison.
Allez, vas-y.
Presque.
Vise bien.
Ah, pas mal.
C'est bien. Il a quasiment eu, là.
Ouais.
Ah, on voit le pro, quand même.
Il n'aime pas ça, le renne.
Oh, non. Viens, s'il te plaît.
J'arrive.
Viens, Philippe.
Est-ce que je peux faire un truc que je rêve de faire depuis le début, mais que je n'ai pas réussi ?
C'est toucher le bois du renne.
Ah, oui. Mais ça n'a pas le toucher du bois.
Ben non, c'est de l'os.
Ils les perdent au printemps.
Et nous, on les ramasse pour les vendre aux Japonais.
Ah, bon ?
Oui, oui. On en fait de la poudre.
Et les Japonais, ils adorent ça.
Ils pensent que ça a des vertus aphrodisiaques.
Ils en ont besoin.
Ils sont très demandeurs, des bois de renne.
Attendez. Ils en ont besoin.
Est-ce que vous pouvez développer ?
Ouais. Je ne sais pas si ça marche.
Je n'ai jamais essayé.
Ici, en Laponie, on n'a pas besoin de ça.
C'est costaud, le renne. Il tire fort, là.
Il faut toujours être deux pour tenir un renne.
Mais celui-là commence à être vieux. Il n'a plus trop de force.
Là, il tire fort. Je te le laisse.
Et c'est costaud.
Allez, hop, tu tires.
Lance.
Tiens pas ton bras en l'air.
Sinon, ils vont te voir.
Tu lances par en bas.
Et tac, d'un coup sec, tu le ramènes.
Jamais par en haut.
Toujours enroulé par en dessous.
À toi.
Hé, bravo.
Et bravo, tu es super fort.
Tu as réussi à l'attraper.
Il est tout gelé.
Alors, est-ce que tu veux devenir, comme ton grand-père,
un grand éleveur de rennes ?
Oui.
Et pourquoi ?
J'aime ça comme lui, moi.
Aller tous les jours dans la forêt,
passer du temps avec les rennes dans la nature.
Et je veux être aussi fort que lui.
Et vous vous rendez compte,
vous lui donnez envie d'être comme vous.
Est-ce que vous vous rendez compte de la responsabilité ?
Oh que oui, je m'en rends compte.
Avec lui, comme avec mes enfants avant lui,
c'est beaucoup de temps pour apprendre.
Devenir éleveur de rennes,
c'est accepter de faire un choix de vie
où tu devras te satisfaire de peu de choses.
Mais j'ai besoin de savoir
que ça va continuer après moi.
Mais alors pourquoi est-ce que c'est si important
qu'il y ait encore des gardiens de rennes dans le futur ?
Tu sais, dans notre famille,
on est éleveur depuis plusieurs générations.
Et ici en Laponie, c'est un métier très respecté.
Alors pour moi, pour nous,
c'est très important que ça ne disparaisse pas.
Ça fait partie de nos traditions,
de nos modes de vie.
Notre vie est faite de choses simples.
Nous n'avons pas besoin de plus.
Nous n'avons pas envie de la vie des villes.
On n'a peut-être pas beaucoup d'argent,
mais on a tout ce dont on a besoin.
On se nourrit de la viande des rennes.
On fait des vêtements avec leur peau.
Ça nous suffit.
C'est ça notre richesse.
Cette rencontre au milieu de nulle part,
tout autour de l'Europe,
m'a fait chaud au cœur.
Décidément, la chaleur humaine
ne dépend ni de la latitude
ni des températures extérieures.
Un matin,
retour dans la petite gare
de Rovaniemi.
Ça, c'est un truc très sympa.
Ici, il y a un service.
Si vous êtes trop chargé en bagage,
vous donnez vos bagages à la compagnie,
à la gare,
et ils vous les amènent sur le quai
avec un petit camion.
C'est top. J'adore.
En Finlande,
les trains ne sont pas particulièrement charmants,
mais ils sont pratiques
et confortables.
Direction le sud,
des centaines de kilomètres
dans un cocon tout chaud
qui surfe sur le blanc
à perte de vue.
Vous entendez la langue ?
C'est une langue très particulière,
la langue qu'on parle ici en Finlande.
Bonjour.
Je peux m'asseoir là ?
Bonjour.
J'adore les sonorités
de cette langue.
Oui, c'est vrai.
C'est une langue assez unique,
parlée juste ici.
Certains disent que le finnois
aurait ses racines dans des dialectes anciens,
dans de vieilles tribus
situées près du mont Ural, en Russie.
Et ensuite,
ces peuples auraient migré vers le nord.
Mais à cause de l'isolement du territoire,
la langue n'a pas du tout évolué,
contrairement aux autres langues européennes.
C'est ça qui la rend si différente.
Et pourquoi est-ce que la Finlande
a toujours été comme ça,
un peu isolée des autres ?
Parce qu'elle n'est pas une île,
on peut y accéder par la terre.
Pourquoi ce côté très détaché ?
En fait, même si on fait partie
de la Scandinavie,
la Finlande, ce n'est pas le pays
auquel les gens pensent en premier.
La langue est tellement particulière,
même par rapport à nos voisins,
on est un peu le mouton noir de la région.
Le mouton noir ?
Vous vous sentez mouton noir
par rapport aux autres pays nordiques ?
Oui, et ça commence dès l'école,
où on nous apprend à parler suédois
pour pouvoir échanger
avec les autres pays scandinaves.
C'est déjà une première façon
de nous faire comprendre
qu'on est différent.
Les Finlandais sont très fiers
de leur langue un peu à part,
et toujours très bavards sur le sujet.
Juste pour écouter les sonorités
de cette langue,
comment on dit bonjour ?
Hey.
Bon, ça, c'est pas difficile.
Et comment est-ce que vous dites
comment allez-vous ?
Ça, c'est plus compliqué.
On n'a pas vraiment de formulation pour ça.
On n'utilise pas ces petits mots
gratuits et un peu vagues,
mais on dirait quelque chose
comme qu'est-ce qui se passe ?
Mais quand vous dites,
on ne dit pas comment allez-vous,
on n'a pas de petite phrase,
qu'est-ce que vous voulez dire ?
Eh bien, en fait,
dans la langue finlandaise,
ces petits échanges n'existent pas.
Les comment ça va ?
Et bien, et toi ?
Tous ces petits blabla, on n'en a pas.
Si tu demandes à quelqu'un
comment il va,
il te répondra très honnêtement
et réellement comment il va.
Ah, ça, c'est marrant.
Ça veut dire qu'il n'y a pas
de formule de politesse.
Tout est utilitaire.
Si je vous demande comment allez-vous,
vous allez vraiment me répondre
j'ai un petit peu mal au pied,
mais du côté des yeux, ça va.
C'est ça, c'est utile.
Oui, c'est ça. Alors, bien sûr,
nous sommes aussi polis,
mais vraiment, ça n'est pas
dans notre culture comme chez vous
ou chez les Anglais.
Bon, vous ne dites pas comment ça va,
mais comment est-ce que vous dites
oui, par exemple ?
Comment ?
J'adore les sons.
Et comment vous dites non ?
C'est vrai, ça ne ressemble à rien.
Enfin, c'est pas méchant,
mais c'est vraiment ça vient d'ailleurs.
Plus le train avance dans la neige,
plus je trouve ce pays
et ses habitants attachants.
Il règne ici
une douce modestie,
une humilité sympathique
qui me donne envie d'aller
encore plus loin.
À Kémy, c'est une petite ville
qui vit essentiellement du bois
de la région, du bois essentiel
pour faire de la pâte à papier.
Mais si je descends là,
ce n'est pas pour le papier.
Mon but, c'est de me rendre
le lendemain matin
au port,
juste avant le lever du soleil.
Ce que j'aime bien dans les pays du Nord,
c'est qu'on ne sait jamais
la différence entre la terre
et la mer.
On dirait des cailloux,
mais c'est de la glace.
Et l'engin incontournable
dans les ports du Nord,
c'est le brise-glace.
C'est un truc que je ne savais pas
avant de venir.
La Laponie, le blanc, le grand froid,
ça fascine complètement
les visiteurs venus d'Asie.
Ça les fascine pour deux raisons.
Pour le froid, la glace,
mais aussi pour le Père Noël.
C'est une légende
qui fait rêver en Asie.
Franchement,
sur cet endroit,
il n'y a quasiment que
des visiteurs asiatiques.
Et sous l'œil attentif
du capitaine,
le bateau quitte le port.
Des visiteurs sont montés à bord
dans le but de vivre pendant
quelques heures l'aventure
sur un brise-glace.
C'est vraiment une sensation
très particulière le brise-glace
parce que vous avez l'immensité
silencieuse
et puis le bateau tout seul
comme ça,
avec le son de la glace qui se déchire
et puis vous entendez
les gros morceaux de glace qui roulent
contre la coque en métal.
Et surtout, je pense que
les plus gros font bouger un peu le bateau
donc on a l'impression
d'être dans un, pas un 4x4,
ce serait exagéré, mais une voiture qui roule
sur des gros cailloux.
Et ça, c'est pas une sensation
habituelle en bateau.
Capitaine, toc, toc, toc.
Ravie de vous rencontrer.
Ravie aussi. Bienvenue à bord.
C'est impressionnant quand même.
Je ne pensais pas que ça faisait ce bruit-là.
Ça n'abîme pas la tôle
quand la glace rentre dans le bateau
ou l'inverse,
quand le bateau rentre dans la glace ?
Non, pas du tout. On glisse au-dessus de la glace
et avec tout notre poids,
on fend la glace en sueur.
On affronte pas la glace,
on monte sur elle pour l'écraser.
C'est pour ça qu'on a l'impression
de rouler sur des morceaux de glace.
Oui, c'est précisément ça comme sensation.
Et alors, à quoi ça sert
un brise-glace exactement ?
C'est pour précéder un autre bateau ?
Pour ouvrir une voie ?
En Finlande,
nous avons une longue histoire
de la marine marchande.
Et la mer ici gèle depuis toujours,
chaque année.
Donc nous avons absolument besoin
de brise-glace pour ouvrir la route
des cargos.
Ce vieux brise-glace des années 60
n'ouvre plus aujourd'hui les routes des cargos.
Sa taille est bien trop faible
face aux dimensions gigantesques
des cargos d'aujourd'hui.
Mais les amoureux de ce bateau
ont eu une idée géniale
pour le maintenir en vie.
Emmener des visiteurs comme pour une croisière
sur les glaces et surtout,
leur proposer de se transformer
en homard.
Qu'est-ce que vous faites ?
Qu'est-ce que vous faites avec cette tenue ?
J'ai enfilé ma combinaison de homard
et maintenant je vais faire quelques brasses.
Une tenue de homard et vous allez nager.
C'est-à-dire, vous allez nager
dans la banquise ?
Ben oui, nager.
On peut vous suivre pour aller voir ce que ça donne ?
Oh là là, mais il y en a plein.
Vous venez d'où tous ?
Taïwan.
Et à Taïwan, on n'est pas free-lobby ?
Non ?
Eh ben, je ne suis pas sûr de voir ça.
Allez, tu vas plonger.
Non, je ne veux pas.
Oh là là, mais c'est dément.
C'est incroyable.
C'est le bain le plus fou que j'ai jamais vu.
Et sous la pression de mes nouveaux amis
Taïwanais, pas question d'y échapper.
Je dois moi aussi
enfiler une combinaison.
Où est-ce que c'est pour se mettre en rouge ?
C'est par ici.
Tiens, mets-toi là.
Attention aux oreilles.
Voilà, magnifique.
C'est normal que ça serre comme ça ?
Eh oui, ça va aller.
Allez hop, sur le pont.
Moi, je suis prêt.
C'est parti.
Laissez-vous glisser doucement.
Sur le dos.
Voilà, on y est.
Ouais, c'est super.
Pareil pour vous.
Prenez ma main.
Asseyez-vous.
Et glissez.
C'est complètement dingue.
C'est frais.
Je me sens comme un pingouin.
Vous vous sentez comme un pingouin ?
Oui, je suis un pingouin coincé dans cette combinaison.
Oui, c'est un peu ça la sensation.
Un pingouin.
C'est pas mal en fait.
Alors, les sensations.
En fait, on flotte.
C'est frais, incontestablement.
Il n'est pas glacé.
Parce que la combinaison marche bien.
Et alors, ce qui est dingue,
c'est de voir la glace
au niveau de l'eau, au niveau de ses yeux.
Et pourquoi vous êtes venu vous baigner dans la glace, vous ?
Je sais pas.
C'est unique.
C'est une chance exceptionnelle d'être ici.
On est tellement bien là.
Et vous savez quoi ?
C'est une bonne position pour prendre un petit apéro.
Parce qu'on flotte, on est bien,
on a les mains libres.
Donc il nous manque une petite rondelle de saucisson
et une limonade.
Et les glaçons, on les a déjà.
En fait, ces combinaisons rouges
ne sont pas faites juste pour le plaisir
de nager au milieu des glaçons.
Elles sont d'abord conçues pour les gens
qui travaillent sur les plateformes pétrolières offshore.
Elles permettent en cas d'accident
de survivre pendant six heures
dans une eau glacée
en attendant les secours.
Mais la Finlande, c'est ça.
Du froid, du sérieux
et en même temps
un petit brin de folie.
Après ce bain rafraîchissant,
je décide d'aller plus au sud encore,
à Joensuu.
Ce qui est marrant,
c'est que les vélos ici,
ils ont des pneus clous.
Vous voyez ?
En fait, rien n'arrête le Finlandais.
Surtout pas les températures.
Même quand il fait moins dix, vélos.
Et si je suis venu à Joensuu,
c'est parce que j'ai réussi à me prévoir ici
un petit plaisir.
Monter dans un train chasse-neige,
une machine de l'Arctique.
Ah, la voilà.
Elle est énorme.
Bonjour.
Comment ça va ?
Super, merci.
C'est de la belle machine.
Donc là, c'est parti.
Oui, c'est parti.
Tiens-toi bien.
On rejoint notre voie enneigée.
Il y a quand même pas mal de neige
quand on regarde ce qui sort sur le côté.
Je peux pas m'arrêter une seconde
pour voir l'épaisseur de neige sur les rails ?
Oui, mais si je t'arrête,
tu ne restes pas plus de cinq minutes dehors.
On a des trains derrière qui arrivent.
OK, on va faire vite.
On peut aller voir ?
C'est pas dingue.
Il n'y a pas énormément de neige autour des rails.
Ça bloque un train, ça ?
Non, au 15 cm,
ça ne bloque pas un train.
C'est la neige cumulée qui pose problème.
En cas de grosse chute de neige,
ça devient compliqué à partir de 40 cm.
Alors là, pour les trains les plus lourds,
c'est un problème.
Mais bon, on s'arrange pour que ça n'arrive pas.
Est-ce que ça veut dire qu'en Finlande,
les trains ne sont jamais bloqués par la neige ?
Jamais. C'est pas possible.
C'est la nature qui est la plus forte, au final.
Mais je dirais que sur les quatre mois
de grosse saison de neige qu'on a,
ça coince un jour ou deux.
Oui, c'est pas mal.
Un ou deux jours à problème
en quatre mois de neige, c'est pas mal.
Mais on se donne assez de mal pour ça.
Mais allez, il ne faut pas traîner.
Vous êtes un peu les ouvreurs de pistes
du rail.
Vous avez un rôle vraiment fondamental.
Oui, tu as raison.
On est les hommes de l'ombre.
Et sans nous,
les trains ne rouleraient pas.
Je laisse la machine de l'Arctique
à son travail solitaire et essentiel
pour reprendre un train
apparemment classique
afin de redescendre
toujours plus au sud vers la capitale
Helsinki.
C'est marrant parce que dès qu'il y a
une zone un peu dégagée où il n'y a pas de forêt,
il n'y a pas de neige vierge,
il y a toujours au milieu des traces de ski.
Ça veut dire qu'ici, les gens...
Le ski, c'est un moyen de se déplacer.
Ce n'est pas juste un sport.
Donc il y a des traces de ski
ou de ski de fond, il y en a partout.
Bonjour.
Alors comment c'est d'être contrôleur
dans un train du grand froid comme ça ?
Est-ce qu'il y a des choses particulières
à surveiller ?
Oui, j'ai plein d'éléments à vérifier en permanence.
Par exemple,
comme il gèle beaucoup,
je dois m'assurer
que le chauffage fonctionne partout
et que toutes les portes fonctionnent correctement.
Là, par exemple, on s'arrête juste à l'instant.
Qu'est-ce que vous devez faire à l'arrêt ?
Vous devez aller voir dehors si ça fonctionne ?
Oui, je vais faire un contrôle visuel
sur les portes.
Vous descendez comme ça en petite tenue ?
Il fait froid ?
Non, pas trop.
Tu vois, le problème qu'on peut avoir,
c'est que pendant le voyage,
les joints des portes gèlent
et se soudent avec le froid.
Alors quand on arrive en gare,
parfois c'est bloqué,
et c'est mon boulot de vérifier
que tout est en état.
Et on ne peut pas regarder ça de l'intérieur ?
Vous êtes très résistant, hein ?
Parce que ça va très vite, le froid.
Un froid terrible.
Mais comment vous faites ?
Vous êtes spécialement entraîné
pour entrer et sortir comme ça par ce froid ?
Moi, ça va, je suis indure
et puis je suis né dans le froid,
alors je supporte bien ça.
Mais c'est vrai, vous trouvez pas malade ?
Parce que chaud, froid, chaud, froid,
sans arrêt comme ça, c'est mortel normalement.
Non, non.
Franchement, jusqu'à moins 35,
c'est supportable.
Ah d'accord, vous commencez à plancher
à moins 35, d'accord.
Plus sérieusement, quand ça descend
à moins 35, mon obsession dans le train,
c'est que les gens n'aient pas froid.
Je dois absolument surveiller
le système de chauffage des compartiments.
Parce que si ça tombe en panne,
les voitures refroidissent très vite.
Oui, alors c'est vrai que le chauffage,
parce que pour nous, on se dit,
il met le chauffage à rien de spécial,
mais le chauffage, c'est juste vital.
Parce que s'il n'y a pas de chauffage dans le train,
les passagers meurent.
C'est pas la même chose.
Ici, dans la zone arctique,
où on atteint fréquemment moins 30,
si le chauffage tombe en panne,
la température des wagons va chuter
très, très bas.
Et en 30 minutes, environ.
Si on n'arrive pas à relancer le système,
alors il faut évacuer les passagers.
Dans ce cas-là,
on continue de rouler jusqu'à la prochaine gare
pour mettre les gens à l'abri
et assurer un transfert en bus, par exemple.
Et si, alors, pire des situations,
le train tombe en panne,
la locomotive est en panne
au milieu d'une forêt
au fin fond de la Laponie ?
Qu'est-ce qu'il se passe ?
Une situation pareille,
ce serait vraiment critique, bien sûr.
Mais si ça arrivait,
alors on deviendrait une priorité absolue
sur tout le réseau.
Et tout serait mis en oeuvre pour nous sauver.
Ou au moins pour nous envoyer
une loco de rechange.
On joue gros, quand même,
pour cette histoire.
Et c'est pour ça qu'on fait appel
à des contrôleurs ultra résistants
et surentraînés au poids.
Oui, c'est ça.
Mais bon, on ne passe pas encore
des tests pour connaître nos limites.
Mais crois-moi, on est costauds
et on a l'habitude.
Je quitte mon contrôleur super-héros
car j'arrive à Helsinki.
Il fait à peine plus chaud,
la ville est toujours aussi calme
et j'ai un objectif,
aller découvrir un monument incontournable.
Une église
qui porte un drôle de nom,
l'église dans le rocher.
Il faut vraiment savoir
que c'est une église.
Elle est comme blottie
sous la terre, dans les rochers.
On dirait que c'est un endroit pour se protéger du froid.
Avant l'hôtel,
j'aperçois le pasteur.
Ici, on est protestant luthérien.
Elle est incroyable, votre église.
Mais alors pourquoi est-ce qu'elle est comme ça,
toute enfouie sous la terre, toute basse ?
Parce que l'église
a été construite juste après la guerre.
A cette époque,
on avait décidé de ne plus ériger
de clochers.
C'est pour ça que tu as cette grande coupole en cuivre.
Beaucoup d'églises ont été détruites
par des bombes ennemies.
Les clochers, visibles de très loin,
étaient devenus des cibles pour les bombardements.
Moi, je l'adore, cette église.
J'aime son atmosphère,
les fidèles qui la fréquentent.
C'est un tout. C'est mon église.
C'est marrant parce que vous êtes un pasteur,
mais avec des badges et des pins.
Qu'est-ce que c'est que tout ça ?
Celui-là,
c'est pour un mouvement féministe finlandais
que je soutiens.
Et ça, c'est pour la Finlande championne
du monde de hockey au Canada.
J'y étais.
Vous êtes un pasteur, pas comme les autres,
Peut-être, oui.
Disons que je suis un peu différent
des autres.
Mais si tu veux voir quelque chose
de vraiment pas comme les autres,
je te conseille d'attendre un peu.
Dès que le soir sera tombé,
nous organisons quelque chose
d'unique en Finlande,
et peut-être même dans le monde entier.
Bon ben, j'en reste alors.
Tu ne vas pas le regretter.
J'espère que tout le monde
a bien son livre pour chanter
et que vous allez tous chanter.
Vous pouvez chanter de tout votre cœur,
alors profitez-en.
Ici, les voisins ne vous entendront pas.
Au nom du Père,
du Fils et du Saint-Esprit,
Amen !
C'est incroyable !
C'est super !
Dieu a tellement aimé le monde
qu'il nous a donné son Fils unique.
C'est la première fois que je vois
quelqu'un venir à la messe
avec des boules de pièces.
Et moi, c'est la première fois
que je mets des boules de pièces
à la messe.
Alors, qu'est-ce que ça vous fait
comme impression, une messe à Hard Rock,
parce que c'est vraiment incroyable ?
C'est vraiment inattendu.
Je trouve ça très très intéressant.
Moi, je trouve bien un truc
auquel je ne m'attendais du tout,
c'est déjà la musique,
mais surtout, finalement,
ça va assez bien avec la messe.
C'est rythmé,
c'est un bon mix.
Il faut parler fort des fois,
mais c'est un bon mix.
Ça devrait toujours être comme ça,
à la messe. C'est génial !
C'est fou,
mais ça marche bien.
Tout le monde applaudit.
C'est fou, parce que ce sont des psaumes.
Oui, bien sûr.
Ce sont des chants religieux.
Je n'ai jamais imaginé
qu'on pouvait mélanger une messe
avec du Hard Rock,
et qu'en plus, ça irait bien ensemble.
Attention, ce n'est pas du Hard Rock,
c'est du Heavy Metal.
A l'origine,
on était cinq copains
à adorer à la fois cette musique
et Jésus.
Alors, il y a dix ans,
on a décidé
de fusionner nos passions.
Et tout de suite,
c'était magique.
Ça n'a pas grinché un petit peu au début,
quand vous avez remplacé les chœurs et l'orgue
par du Metal ?
Bien sûr, au début,
les gens étaient un peu réticents,
mais ils ont vite vu
que les psaumes et la liturgie
restaient profonds,
même revisités avec de la musique Metal.
C'est plus fort encore.
Donc, on a eu de plus en plus de monde.
Le public qui est là,
c'est plus des gens qui viennent à la messe
ou des gens qui viennent écouter de la musique ?
Au début,
je pense qu'ils viennent d'abord pour la musique.
Mais comme ils trouvent un bon équilibre
avec la religion,
ils reviennent d'eux-mêmes.
Alors, qu'est-ce que vous avez pensé
de cette messe incroyable ?
C'était une belle messe.
Très finlandaise.
Mais pourquoi très finlandaise ?
Qu'est-ce qu'elle a de finlandais ?
Le Heavy Metal.
Ça fait partie de la vie des Finlandais.
Donc, c'est normal qu'à l'église,
on écoute de la musique forte.
Et ça fait du bien.
Mais pourquoi ?
Pourquoi est-ce que les Finlandais aiment le Hard Rock comme ça ?
Qu'est-ce qui se passe ?
On aime vivre intensément.
Et grâce à ça,
on a la force de se battre tous les jours
pour mériter d'aller au paradis.
C'était un super moment.
Merci beaucoup.
Merci à toi aussi.
Tout ce qu'on fait ici,
on le fait avec notre cœur.
Avec amour.
Ça se sent.
Ce voyage fut pour moi une surprise.
J'ai découvert le caractère finlandais.
Un mélange subtil de discrétion
et de grande folie,
de timidité
et de courage façon viking.
Un côté pratique et efficace
avec en même temps
un rapport très respectueux à la nature.
C'est peut-être ça que les Finlandais appellent
le Sissou.
Le Sissou qui leur a permis de préserver
leur différence, leur culture,
malgré des siècles de domination suédoise ou russe.
La Finlande est un voyage
en Europe
auquel on ne pense pas assez.
