Dans ce Dialogue exceptionnel, je reçois mon amie Anne-Sophie Pic, cheffe aux très nombreuses étoiles au guide Michelin, dont trois dans son restaurant principal, à Valence.
Mots clés : « L’imprégnation relève d’une alchimie contemporaine, l’art culinaire la rend possible. » Avec Imprégnation, Anne-Sophie Pic nous fait voyager au coeur de son travail : l’art de cuisiner, d’aborder la cuisine, de construire un plat comme on crée un parfum. A mi-chemin entre un recueil de recettes et un livre d’art, cet ouvrage permet de dessiner le style d’Anne-Sophie Pic et sa philosophie de cuisine, de comprendre ses associations de saveurs, ses jeux de textures, la lumière incroyable qui habite ses plats. Durant 2 années, la cheffe a travaillé à la création de cet ouvrage singulier, dont le design traduit avec fidélité et intensité, son univers épuré et complexe. Un parti pris singulier qui révèle la passion de la cheffe pour les arts et la nature. Chaque page imprègne le lecteur de l'univers d'Anne-Sophie Pic : une expérience immersive qui éveillera les sens - au coeur de son imaginaire, ses souvenirs et ses découvertes. La puissance des couleurs rythment l’ouvrage et subliment l’univers de la cheffe.
il faut sentir quand les choses sont
prêtes je je crois que c'est vraiment un
sentiment très personnel sur son travail
sur le travail qu'on peut composer aussi
avec les autres c'est de se dire là on
s'arrête on est juste on a on a touché
alors on peut toujours mieux faire mais
mieux faire pe peut être contreproductif
donc c'est un ressenti on s'arrête parce
que là on est prêt on est prêt à livrer
les choses et dans le temps on va encore
les améliorer les choses parce que le
plat il est abouti émotionnellement au
niveau de la texture au niveau du visuel
trois choses essentielles mais après ce
plat il va falloir que l'équipe qui le
produit au quotidien se le
[Musique]
réapproprie qu'est-ce qui permet de
donner le meilleur de soi-même qu'est-ce
qui permet de
traverser des crises pour atteindre le
Graal qu'est-ce qui permet de toucher à
la
magie pour répondre à ces questions
j'invite dans cet épisode de dialogue à
sophieic vous la connaissez peut-être
c'est la femme étoilée la plus étoilée
du monde aujourd'hui c'est
elle a réussi en tant que femme à
s'imposer dans un monde où il y avait
pas beaucoup de femmes étoilées et de
devenir une des références de la
gastronomie mondiale mais je l'ai invité
surtout parce que son travail absolument
unique permet de vraiment comprendre en
profondeur pas pas seulement la cuisine
mais au fond ce que c'est le travail le
plus poétique le travail le plus créatif
et je trouve qu'on peut y trouver à la
fois une source d'inspiration pour
chacun d'entre nous et une manière de
renouer avec le la merveille de la vie
car je crois qu'au fond Anne sophiic
c'est vraiment célébrer ce qu'il y a de
plus merveilleux dans la vie dans son
surgissement dans sa dans son mystère
sacré vous allez voir
c'est passionnant et
émouvant bonjour Anne Sophie bonjour
fabcement je suis vraiment très très
heureux de te recevoir parce que je suis
tellement émerveillé et éclairé par ton
travail mais surtout là aujourd'hui je
suis content parce que je te reçois pour
ton pour ton livre
imprégnation et je dois dire que j'ai vu
dans ma vie beaucoup de beaux livres
mais là je crois que c'est un des plus
beaux livres que j'ai vu de ma vie il y
a vraiment quelque chose de com
quand on est chef on en vient à une
telle ambition parce que c'est vraiment
c'est pas juste un livre de recette
c'est vraiment un livre qui montre toute
une vie de travail autour de de la
cuisine avec ce concept très fort de
l'imprégnation comment tu en es venu à à
vouloir faire un livre qui ressemble à
rien alors déjà merci pour le compliment
parce que je vois que tu es entouré de
magnifiques livres aussi donc c'est un
avis tellement
éclairé en fait oui c'est une ambition
c'est c'est vrai à la fois
c'est quelque chose de simple dans le
sens où euh il y a il y a une
frustration un petit peu dans ma famille
pour les livres de cuisine il faut
savoir que ni mon père ni mon grand-père
ni mon grand-mère encore moins n'ont
écrit de livres de cuisine n'ont pris le
temps d'écrire de livres de cuisine donc
moi toute la transmission que j'ai eu je
l'ai eu par des des des des bouts de
papier des notes alors des choses
d'acyographier aussi parce que
évidemment les recettes existaient mais
pas sous forme de livre et c'est vrai
que j'aime faire des livres de cuisine
je m'oblige à faire des livres de
cuisine pour fixer un instantané aussi
et puis pour transmettre euh parce que
je pense que les livres sont porteurs de
connaissance euh et puis sont des aides
aussi sont sont des aides au
développement personnel de chacun
c'est-à-dire que moi je me souviens
d'avoir feuilleté les quelques livres
qui ont été précieux pour moi je me
souviens des livres de Jacques Maximin
sur les légumes je me souviens d'un un
Almanac de des gastronomes à l'époque
qui qui situaiit bien les saisons quand
j'étais tout jeune j'avais 22 23 ans
j'ai j'ai lu le livre de Michel brass
aussi puis quelques autres mais et ils
ont ils m'ont donné du courage pour
continuer donc j'espère que ce livre
fera cette œuvre là et et donc c'est un
moment de partage c'est fixer les choses
aussi pour soi c'est important aussi à
un moment donné de fixer les choses et
de dire voilà ça c'est fait je passe à
autre chose je vais entamer une nouvelle
période donc pour toutes ces raisons
c'était important pour moi de d'écrire
ce livre alors le le le thème central
qui a plein de résonance c'est le terme
d'imprégnation et
l'imprégnation si j'ai bien compris
c'est à la fois un rapport à la cuisine
mais aussi presque un art de vivre un
rapport au monde un rapport aux autres
euh alors si tu veux dire come qu'est-ce
que c'est l'imprégnation et comment tu
en es venu à mettre sous ce terme
quelque chose de la singularité de ton
ton travail en fait je cherchais un mot
qui qui puisse désigner
euh mon travail mon univers culinaire
qui chaque chef a son univers et et en
fait je je voulais l'exprimer de façon
synthétique et l'imprégnation est venue
tout naturellement je j'ai j'ai vu ce
mot écrit imprégné j'ai vu et il m'a
parlé ce mot et et en fait au début
quand j'ai trouvé ce mot il y a déjà
quelques quelques années on va dire 4
ans à peu près 4 5 ans euh quand je le
donnais aux uns et aux autres je je je
partageais ce mot et personne ne le
comprenait force particulièrement enfin
ça paraissait être une énigme voir
c'était peut-être un peu prétentieux et
en fait que pour moi alors que pour moi
c'était un mot extrêmement simple et
extrêmement sincère et ce mot il a fait
ce son chemin et aujourd'hui il paraît
comme une évidence mais en fait je crois
que bah je crois aussi à l'infini
visible c'est-à-dire que je crois au au
fils invisibles qui sont entre les êtres
entre la nature et nous entre la
pensée et le spirituel voilà bon c'est
c'est comme ça que je vis ma vie et si
je suis pas voilà je je suis dans cette
émotion là
et et c'est vrai que l'imprégnation pour
moi c'est c'est c'est construire un
monde qui m'est particulier c'est-à-dire
de l'ingrédient comment le l'intégrer à
à mon à mon travail et pour ça il faut
le comprendre donc c'est c'est forcément
un travail de de comprendre l'autre donc
une forme
d'imprégnation naturelle qui se fait de
l'un à l'autre et puis c'est aussi
transmettre quelque chose donc faire
grandir les autres euh sous votre aile
parce que vous-même vous avez une
connaissance que vous avez envie de
transmettre sinon elle meurt si elle on
transmet pas ce qu'on sait donc c'est
c'est cette forme là une philosophie de
vie finalement de d'emmener aussi tout
le monde tout un groupe autour d'une
cuisine d'une vision de du restaurant
aussi en toute sincérité modestie parce
que finalement tout est toujours remis
en question imprégnation c'est à la fois
très concret c'est euh comment un
ingrédient est imprégné par un autre oui
donc c'est c'est technique Comment
comment euh rien n'est tout seul il y a
une sorte d'influence mais donc ça ça
c'est c'est la bas donc c'est très
concret en même temps parler
d'imprégnation en cuisine j'ai
l'impression que c'est vraiment penser
la cuisine d'un point de vue à la fois
harmonieux et vraiment non violent
puisque ce qui compte c'est d'abord
comment les choses vont s'imprégner se
mettre ensemble infuser euh
c'est juste ah oui c'est très juste je
je je suis tout à fait d'accord avec toi
c'est c'est quelque chose qu'on m'a
jamais dit sur ce terme là mais c'est
une réalité enfin c'est une vérité
oui une forme de non violence quelque
chose une imprégnation ça ça ça mène une
une une note de douceur en fait c'est
quelque chose qui est qui est affirmé
qui est là qui est réel qui est sincère
mais qui se fait en douceur c'est c'est
c'est quelque chose de presque une
fusion quoi tu peux donner quelques
exemples très concrets et très simples
de de comment on a com l'imprégnation se
se manifeste donc il a par infusion oui
il y a par infusion par
marinade ça peut être une décoction ça
peut
être une un fumage aussi qui va qui va
infuser ça peut être un
pochage ça peut être donc marinade sèche
marinade
liquide c'est aussi à travers une sauce
c'est-à-dire une sauce qui va qui qui
est un mouvement fluide qui va
permettre un ingrédient de de de de
s'infiltrer et de et de faire alliance
avec un autre pour donner une nouvelle
saveur euh c'est c'est des c'est du
séquençage aussi qui va se créer parce
que finalement l'imprégnation c'est
aussi ajouter des goûts aux autres des
saveurs des ingrédients les uns aux
autres et qui lors de la dégustation
vont créer un séquençage euh donc c'est
un assemblage aussi ça peut être aussi
un assemblage une imprégnation donc
c'est c'est un enfleurage par exemple
quand on va imprégner le beurre d'une
d'une épice ou d'une pour pour capturer
son son goût et le rediffuser lors d'une
sauce ça peut être une huile aromatisée
aussi ça peut être un passage au mortier
aussi ça peut être broyer c'est une
imprégnation aussi broyer des éléments
ensemble ça peut être dans les textures
aussi ça peut être dans le séchage enfin
l'imprégnation elle est vraiment
multiple et partout autour de nous en
fait donc ça ça permet de comprendre à
les éléments de ton univers qui est
vraiment
euh que chaque plat soit harmonieux
divers multiple qui a comme ça une sorte
de on on Nimagine pas toujours la
cuisine comme ça on imagine on met tant
de choses on met tant de choses on
metett tant de choses et au fond en
parlant d'préation je crois qu'on on
voit le le le le déplacement profond que
tu fais qui qui je crois est ouvre
vraiment des des pans de réflexion
profond sur la cuisine et la vie il
s'agit pas juste de d'assembler ceci ou
de cuir comme ceci mais il s'agit de
faire chanter raisonner et donc
imprégner un peu beaucoup voilà donc là
on est dans une dans quelque chose qui
est plus symphonique je dirais on
l'impression que l'imprégnation et et
comment tu en parles et dans ton travail
c'est plus symphonique que
voilà que démonstratif ou ouais c'est
c'est c'est une forme de rêverie qui qui
qui qui prend sens en fait mais qui est
une rêverie qui prend sens parce que
parce queussi cette imprégnation elle
est elle est jamais la même en fait elle
est mouvante en fait l'idée du mouvement
que tu décris il est parfait parce que
en fait on laisse une liberté aussi aux
ingrédients c'est pour ça que je je je
m'autorise pas à utiliser des huiles
essentielles qui est un un extrait
précis concret et assez similaire d'une
recette à l'autre euh on accepte aussi
l'idée dans l'imprégnation du mouvement
et de et du geste à faire pour retrouver
le mouvement justement qu'on a qu'on a
induit par la recette par le par
l'association par voilà c'est on
interfère toujours sur ce sur sur cette
recette elle n'est pas stable donc c'est
donc on voit l'imprégnation c'est c'est
le contraire de la violence c'est le
contraire de la fixité et tu dis aussi
dans ton livre c'est aussi le contraire
du maquillage on n'essaie pas de
maquiller un produit
mais parce que dans ce qui est très beau
dans la prégnation c'est qu'il y a un
goût qui va venir
entrer parfumer mais en respectant ou
c'est c'est ça qui est beau c'est une
impréation quand on on imprè c'estàd que
la chose reste ce qu'elle est elle gagne
en qualité elle gagne en profondeur mais
on nessaie pas de la déformer en fait
j'ai j'ai utilisé ce terme de non
maquillage parce que je j'ai pensé qu'à
un moment
donné ce travail que je faisais d'
d'aromatisation de de de de de
d'association de saveur
d'imprégnation certaines personnes ou
certains chef ne le comprenaient pas et
et l'imaginer comme un maquillage en
fait et pour moi c'est c'est tout le
contraire de ce que je suis en fait je
déteste maquiller je je j'aime la la
profondeur de goût de chaque ingrédient
et j'essaie de de les comprendre le
mieux possible pour pour les marier le
mieux possible et quand tu fais un riz
de veau à la cire d'abeille par exemple
c'est parce que intrinsèquement ce
ridevau je trouve qu'il a des notes
douces de miel un peu d'amertume enfin
que naturellement intrinement en lui il
a toutes ces notes là et je viens juste
les les les les comment dirais-je leur
faire prendre encore un peu plus de de
profondeur mais c'est c'est vraiment au
service deux donc pour
imprégner un aliment ça implique euh
d'entrer en relation profonde avec lui
pour voir quelle imprégnation va révéler
quelque chose et alors comment tu
choisis si on prend l'exemple de la
tomate donc qui est un de tes plats
phare peut-être tu peux essayer d'
déécrire un peu ce plat et comment euh
alors c'est drôle parce que je travaille
sur une tomate toutalement à l'opposé de
celle-ci donc c'est c'est c'est drôle
parce qu'en fait on va dans des dans des
dans des axes et on prend d'autres axes
la tomate là c'est moi j'ai mangé une
fois les tomates chez toi imprégné au
safran oui ou il y a eu du safran oui ah
oui c'est c'est ancien ça ent mais
c'était j'en reste c'était juste des
tomates imprégnées dans une autre safran
ouais ça je me souviens et c'est ça fait
avecar non oui et je m' et je je n'avais
jamais mangé des tomates c'estàd le le
le safran je peux juste témoigner voilà
à mon petit niveau cet haut de sa cet
haut de safran faisait que la tomate
c'est la meilleure tomate je m'en
souviens encore elle a une émotion mais
elle est pas défigurée elle est pas
maquillée en autre chose c'est ça c'est
vraiment je sentais et j'en j'en rêve
encore de la tomate à l' à l'eau de
safant parce que vraiment c'est le truc
le plus improbable ouais pour quel
rapport entre et quand on le goûtait il
y avait une évidence et en même temps
c'était symphonique ou ou mélodique donc
on on peut revenir donc voilà donc
celle-ci cette tomate euh euh donc euh
c'est un trompeleœil
euh et et ce qui est intéressant dans
cette tomate c'est qu'elle est très
texturée comme les la tomate finalement
au naturel et l'idée c'était de
retravailler finalement dstructurer la
tomate mais la restructurer comme elle
est au naturel et en fait à part qu'elle
a cette enveloppe là euh illusoire
puisque c'est c'est pas une peau de
tomate mais c'est c'est une coque de
tomate à base de donc d'une pâte de riz
et d'autres tomates donc c'est un
croustillant qui a été frit et qui a été
formé dans un moule souple pour avoir ce
galbe de tomate et qui est bien sûr
rouge comme peut l'être la tomate il y a
une poudre de tomate qui a été faite par
contre avec les pots de tomate donc ça
se répond aussi dans le dans le plat et
à l'intérieur de cette tomate donc il y
a un dessous et un dessus il y a
plusieurs stratifications et c'est ça
que je voulais finalement ce séquençage
dont on parlait l'aromatisation de ce
plat la palette de saveur c'est autour
du safran pardon lapsus parce que tu
m'as parlé du safran c'est autour de la
lavande du carvi et de la vanille fumée
donc autour de la tomate et dans cette
tomate donc il y a un cœur de tomate au
fond de de de cette tomate qui est donc
passé à la marinade donc c'est une
marinade donc ça c'est un fusé c'est un
prégier alors c'est une marinade que je
fais avec une une gastrique donc une
autre tomate il y a un petit peu de
surau il y a un peu de citron enfin
c'est une recette que j'ai depuis
toujours un peu vinaigré donc qui va
cuire un peu cette tomate mais sans la
cuire voilà qui va la cuire par la
marinade parce qu'il y a un peu
d'acidité elle va être rendue
translucide et elle va avoir un goût
extraordinaire ensuite il va y avoir une
enveloppe donc avec le cœur de la tomate
comme une bille coulante de cœur de la
tomate il va y avoir un pala de glace à
base de Carville et de lavande et puis
il va y avoir ce ce ce nuage C cume qui
est fait donc avec le siphon d'au tomat
aromatisé à la lavande à vanille fumée
qui va apporter comme un nuage donc on
va casser on va avoir un nuage puis avir
on va vair un coulant et puis une glace
qui va rafraîchir et enfin la tomate
plus au naturelle mais mariné donc c'est
un peu l'idée de ce plat et c'est c'est
un plat qui est extrêmement éphémère en
définitive que une fois qu'il est monté
il doit déguster tout de suite quand on
t'entend on voit que dans
l'imprémiation il y a plein d'éléments
qui rentrent en ligne de compte et les
fleurs oui et
tu as un rapport aux fleurs tout à fait
particulier donc tu au début quand tu
étais jeune c'était d'abord tu la fleur
d'oranger oui puis il y a le fameux
millefeuillees jasmin au jasmin don je
suis fou je trouve c'est un des
meilleurs desserts que j'ai jamais vu de
est-ce que tu vux essayer de parler de
de de ce que c'est une fleur comment tu
é ouvert vers les fleurs et comment la
fleur participe de l'imprégnation bien
sûr euh alors
la fleur et la plante en général mais la
fleur est toute particulière surtout en
cette saison de printemps jusqu'à l'été
c'est c'est assez magique la fleur moi
je l'ai ressenti la première fois il y a
plusieurs choses que j'ai senti enfant
mais c'était plus les épices mais il y
avait aussi la fleur alors la fleur
c'est c'est dans un un gâteau enfin dans
un dans la pogne qui est une brioche
trouée donc qui est une gourmandise
enfin qui est qui est dégustée à Valence
la pgne on appelle ça enfin dans la
Drome c'estô la poogne de roman et qui
est faite à base de fleurs d'oranger
puis il y a aussi le le le Suisse
Valentinois alors Suisse Valentinois
c'est un biscuit en forme de garde
suisse bonhomme Suisse qui est aussi
parfumé à la fleur d'oranger donc en
fait dans mon imaginaire d'enfant je
déguste de la fleur d'oranger et j'ai ça
en tête et c'est quelque chose qui
revient très souvent donc la fleur
d'oranger c'est peut-être la première
fleur que j'ai dégusté à travers ces
biscuits et ces traditions on va dire de
la région enfin de Valance euh il y a
aussi
euh le jardin de mon grand-père mon
grand-père avait un jardin
extraordinaire c'était le mon grand-père
maternel donc qui était pas pas celui
qui était chef André mais Adrien et il
m'aemmenait dans son jardin et il
faisait pousser plein de choses et je me
souviens de la lavande je me souviens de
ces odeurs là il y avait des fleurs
aussi bien sûr il y avait des fruits il
y avait des fruits il y avait des fleurs
avant et et il y a aussi toute cette
imprégnation de mon enfance où
finalement je vivais les dimanches euh
dans les jardins c'est-à-dire que il y
avait à cette époque en France ces
jardins où les gens les les les les
familles modestes cultivaient leur
jardins en fait et ils avaient le
produit de leur récolte et et mon
grand-père avait un un terrain à à Néron
où on allait donc le dimanche c'était
tout une expédition et là on récoltait
les fruits il y avait les fleurs il y
avait il y avait tout ça donc il y avait
cette ce jardin et puis ma mère aussi ma
mère qui composait tous les bouquets de
fleurs du restaurant et et elle était
une folle de géranium
ça est arrivé dans mon univers déjà par
l'odeur quand j'étais enfant et voilà et
elle était tout le temps dans les fleurs
ma mère et moi quand je la quand je me
baladais dans la maison elle était tout
le temps en train de faire les fleurs
pour pour les clients elle prenaent les
commandes mais il y avait aussi ces
odeurs de fleurs et puis il y a une
autre personne qui l' plus concrètement
m'a amené vers la fleur comestible c'est
Jean-Luc rayon et Laurent bourgeois qui
ont été des précurseurs dans la Drome et
qui en imitant un peu les Pays-Bas on va
dire qui qui cultivait déjà beaucoup les
fleurs mais en faisant quelque chose de
dromois euh on commençait on intégrit la
fleur comestible en France donc il y a
beaucoup et de pous sauvage euh pas
sauvage de pouss cultivé et de fleurs
bio qui sont partis de la Drome même
pour monter à la capitale servir des
gens comme Pierre ganère euh donc la
fleur comestible est née dans ma région
dans la Drome et je me souviens qui m'a
initié en fait à ça euh c'est-à-dire que
bah j'étais celle qui était la plus
proche d'eux donc il m'amenait euh ces
ces cargaisons de fleurs et j'avoue
qu'au départ je savais pas bien quoi en
faire
parce que j'avais pas l'éducation à la
fleur je l'avais dans l'aromatique et
j'ai commencé à capter ça et et à me
poser des questions là-dessus et et ça a
été voilà et la première fleur qui est
venue c'est le c'est le jasmin parce que
j'ai j'adorais le thé au jasmin aussi
voilà il il y a tout ça qui s qui s'est
construit donc fleurs d'oranger jasmin
après la cuillette sauvage le surau le
géranium la rose évidemment mais le
géranium parce que la rose était
difficile à capter pour moi à l'époque
donc donc voilà mon en aventure sur les
fleurs et aujourd'hui après les
fleurs il y a eu aussi cette cette note
que les fleurs c'est joli dans une
assiette et en fait moi je je considère
que si je mets des fleurs c'est c'est
parce qu'elles ont du goût donc toutes
les fleurs ont pas de goût en fait elles
ont des odeurs mais pas forcément tout
duû Oui et après il y a la fleur comme
imprégnation pas celle qu'on voit pas
mais qui va imprégner et et donner une
voilà une une autre qualité au plat
ouais sur la sur l'anau par exemple la
fleur d'orangier est magique elle elle
confère cet agnau une douceur c'est
c'est merveilleuse euh je trouve pour
comprendre aussi l'imprégnation je
trouve ton rapport au safran aussi est
passionnant donc le
safran participe de la CU ton père
utilisait le safran donc tu avais plein
de souvenirs mais le le
safran était plutôt li à l'hiver on
mettait avec le beurre et au fond là là
aussi et et tu voulais essayer de
changer le rapport au safran faire
quelque chose de plus plus en rapport à
notre temps ouais bien sûr alors il y
avait il y avait un véritable amour du
safran par mon père et je je voulais
tout à l'heure te parler de cette boîte
d'épic que mon père avait il faut savoir
que les chefs ont toujours eu des des
gens merveilleux auprès d'eux qui leur
amenait des produits et c'est vrai qu'il
y avait une forme d'exotisme dans cette
boîte remplie d'épic que mon père avait
qu'il utilisait peu mais moi que
j'ouvrais assez souvent et il y avait ce
safran et mon père était un fou amoureux
de safran et et en fait comme ça baigner
dans mon enfance j'ai j'ai appris à à le
sentir à le goûter et et ce côté un peu
médicamenteux que ça chacun quelquefois
des personnes trouve moi je le vois pas
du tout de cette façon-là je le vois
comme un or précieux et et et c'est vrai
que toutes les recettes de safran que
j'ai pu goûter finalement dans mon
enfance c'était plutôt mon père
l'utilisait plutôt pour des notes
hivernales c'est vrai et j'ai voulu le
ramener à la fraîcheur de la plante
aromatique donc le safran avec le kawa
avec avec des des choses très beaucoup
plus fraîche avec la bergamote avec il
fonctionne aussi parfaitement bien parce
qu'il amène de la chaleur mais si on lui
amène des notes vertes il répond
extraordinairement bien à ses notes
vertes donc j'ai voulu le ramener un peu
plus dans une note de printemps en plus
c'est la première fleur en fait de de la
fin d'hiver parce que c'est c'est le
crocus donc c'est c'est c'est c'est sous
la neige nez nez le nez le safran et et
en fait le le le safran bah finalement
c'est la la c'est une fleur d'hiver mais
qu'on utilise finalement on pourrait
utiliser plus au début de printemps
c'est c'est c'est logique de l'utiliser
dans ce sens là aussi et et et et donc
tu as aussi changé son utilisation
puisque tu fonctionnes par imprégnation
tu saffran dans dans dans l'eau donc ça
c'est déjàou c'est vrai alors qu'est-ce
que ça
change parce que là ça permet de
comprendre vraiment le le changement de
ce que c'est l'imprégnation alors en
fait partir d'un élément enfin l'eau
pour moi est magique en cuisine c'est
même l'ingrédient principal
euh que souvent on
partait de fumée ou ou de bouillon ou de
choses déjà aromatisé et après quand on
faisait une sauce on imprégnait enfin on
faisait infuser des choses dans cette
sauce mais moi j'ai voulu partir de
l'eau euh pour être le plus pur possible
en fait dans cette imprégnation et puis
ça me permet de vraiment laisser de
l'espace au safran de de de de de
s'épanouir et et de et de grandir dans
cette eau si c'est une eau qui est déjà
imprégnée d'autrre chose qui qui est
déjà grasse qui est déjà chargé en fait
d'arôme il y aura moins de place pour le
safron donc en fait partir de l'eau
c'était comme amener une pureté dans le
plat et après monter la sauce mais
partir de l'eau c'est c'est quelque
chose aussi de magique ou parce que
souvent même chez des grands chef il y a
un plat avec une sauce mais
l'imprégnation c'est autre chose c'est
pas juste la sauce qui vient c'est
vraiment un mouvement une harmonie c'est
ça donc on voit le le safran dans l'eau
tout ça il y a vraiment une imprégnation
oui qui donne une une autre profondeur
j'ai l'impression que oui ça donne ce
que je trouve une des caractéristiques
de la cuisine c'est ce côté cette
profondeur harmonique symphonique qui
donne une émotion et une précision il y
a un mélange ici entre une émotion
intense et une extrême précision qui
j'ai l'impression est vraiment la
singularité de de ton travail
ben merci c'est ça ça ça me touche que
tu me dises je c'est c'est comme ça que
j'essaie de construire les choses et que
tout se réponde et que chaque élément
individuellement fasse sens mais
qu'ensemble ce soit plus magique encore
donc c'est l'alliance qui qui donc c'est
pas une voilà c'est pas une cuisine avec
un plat avec sa sauce c'est vraiment
autre chose c'est un autre monde donc
c'est ça qui c'est ça tu que je trouve
et je trouve pourquoi c'est aussi
émouvant pourquoi parce que au F si tu
inéresse à l'imprégnation on a vu c'est
ce rapport de nonvolence de quelque
chose de beaucoup plus subtile de plus
mélodique mais j'ai l'impression que ce
qui te le mouvement c'est quand même à
voir avec l'émotion
ouais en fait c'est c'est c'est le
mouvement c'est c'est une forme de
liberté aussi c'est c'est accepté
d'aller dans un sens puis dans l'autre
c'est c'est ouais je crois que c'est la
liberté que j'ai j'ai comprise assez
jeune par le fait que je sois
autodidacte de me dire que les codes je
l' compris prenais puisque j'étais né
dans ce métier mais que finalement je
pouvais m'échapper des codes et aussi
parce que je les avais en tête malgré
tout donc je me fixer des limites mais
sans plus et mais je me laissais la
possibilité de de cette liberté à
l'ingrédient finalement c'est ce que je
lui laisse aussi dans l'assiette mais je
en fait pour l'imprégnation du safran
c'est c'était aussi intéressant de faire
des tests par exemple sur du safran
minisimé qui était donc le safran de la
récolte de l'année même et le safran qui
s'est qui a un peu séché qui s'est
encore qui a encore perdu son humidité
qui s'est qui s'est pas refermé mais qui
s'est qui s'est comment
dirais-je intensifié euh et et justement
parce que c'est quelque chose de
précieux il y a que l'eau qui peut qui
peut le révéler en
définitive et c'est ça aussi mais cette
liberté que que que l'ingrédient a de de
de de de bouger aussi et de capter aussi
tout son armatique c'est pour ça que
souvent dans les huiles essentielles
et pour ça que je les utilise pas c'est
que souvent les notes de tête sont sont
sont sont parties sont sont sont
éphémèes dans la plante qu' j'aié la
plante ou j'ai l'ingrédient entre les
mains j'ai vraiment envie d'en capter
toute sa richesse et pour ça c'est un
vrai travail d'imprégnation et de
captation aussi c'est pour ça qu'il y a
plus d'émotion parce que l'imprégnation
fait que il y a plus de profondeur plus
de longueur en bouchecoup plus de
profondeur plus d'intensité ouais plus
vivant aussi plus vivant ou et l'émotion
c'est ça c'est la profondeur et le fait
que c'est vivant ou bien sûr que c'est
là que c'est frais que ça vient d'être
cuilli que c'est intense que c'est une
plante aussi a ces capacités là elle là
la la fleur d'oranger enfin toutes les
plantes qu'on peut avoir il y a cette ce
côté frais ce côté riche du moment qui
fait que c'est là qu'il faut capter en
fait moi je trouve que ce qui est très
beau de ce que tu dis c'est qu'on voit
que ton
travail à voir avec le fait de de que ce
soit vivant que ça reste vivant par
qu'on a l'image comme ça la cuisine
c'est voilà l'émotion le plaisir mais
mais mais c'est pas que ça on entre dans
la vie on touche quelque chose
d'extrêmement vivant il y a une
célébration de de la vie qui régénère en
profondeur la nature c'est ça en fait
c'est capter c'est pour ça que le jardin
est important c'est-à-dire que si on n
pas le jardin à proximité on peut pas
aller capter aussi cette richesse là et
cette vivacité donc c'est c'est
aujourd'hui il y a trois jardins autour
de la maison qui qui m'aident à capter
ça avec
une une jardinière Alice qui vient
capter ça pour nous aussi qui nous le
ramène enfin c'est tout un c'est
circulatoire en fait entre nous tous
c'est ça c'est magique alors quand on
lit ton livre on comprend que aussi un
des grands axes de tout ce travail c'est
ce que tu appelles la trame aromatique
ou alors qu'est-ce que c'est la trame
aromatique bah la trame aromatique tu
parlais de note tout à l'heure je crois
que ça correspond peut-être à ce que tu
ce qu'on pourrait pour les mélomanes
envisager comme notes c'est euh c'est
l'esprit du plat c'est-à-dire c'est
l'aromatisation du plat donc on sait pas
encore à ce moment-là quand moi je note
des trame aromatique je sais pas encore
si ça va être sur un poisson une viande
un végétal par exemple donne-moi un
exemple de trame aromatique donc tu sais
pas encore ce que tu vas faire bah en
fait j'en ai j'en ai plein mais cétait
difficile de choisir euh bah peut-être
la trame du moment donc on va
dire re boss jeancian conne de pain mais
là je sais que ça va être sur une tomate
donc c'est c'est pas vraiment le mais
bon ça va être au début tu sais pas trop
au début tu as au début tu as une sorte
d'imprégnation de différents élément
géranium niveche par exemple voilà ça
peut être ça tu sens que ils ont quelque
chose à se dire entre eux c'est ça bien
sûr c'est ça et donc ça commence comme
ça la création d'une plat parce que je
vousou l'ai demandé mais comment on fait
pour créer un plat donc ça commence
d'abord par la trame aromatique ouais ça
commence par la trame aromatique tu dis
pas d'abord je vais faire tel poisson
non tu dis d'abord d'abord il y a une
trame aromatique qui commence à venirou
ouais c'est ça c'est vraiment
le chapeau quoi c'est c'est la rêverie
c'est voilà c'est c'est ça c'est c'est
vraiment et en fait tout se parle dans
la nature d'une façon incroyable quand
on commence à à trouver le fil de tout
ça et à le capter à c'est c'est c'est
dingue c'est immense donc tuas la trame
aromatique elle apparaît rapidement ou
c'est un travail pour qu'elle se
construise non elle est assez évidente
fugace et évidente ou donc tu comme une
sorte de révélation ou ou vraiment et
après c'est quoi le travail pour amener
pour arriver au PL après la trame
aromatique je la valide toujours je je
suis assez sûr de mes trames mais bon
quelque fois il y a y a des échecs mais
bon on va dire
que ce moment-là en fait c'est le moment
où je transmets à mes équipes et où ils
doivent être convaincu de cette tram
aromatique sinon on pourra pas
travailler ensemble sur le plat donc
cette RAM arumatique il faut se la
valider entre nous donc en fait elle
peut être validée n'importe quelle façon
une infusion un enfleurage enfin mais en
tout cas il faut capter donc il faut
réunir les deux éléments dans un mélange
une technique qui me permet de la goûter
qui permet à l'équipe enfin deux
personnes qui travaillent avec moi de la
goûter parce que c'est souvent le chef
du restaurant et le chef du du
restaurant extérieur et le chef de la
cuisine desess et moi qui sommes
ensemble ça juste une parenthèse pour
pour pour les gens qui connaissent pas
donc tu as dans ton restaurant à Valence
ouisineou la cuisine qui pour restaur
Etas une cuisine d'esss dans lequel
voilà tu es comme dans ton laboratoire
voà moi j'ai mon bureau où je travail
toi tu as ton laboratoire qui vraent ta
cuisine desessès dans lequel tu inventes
tu testes tu tu pars à l'aventure je
teste en fait j'invente dans un lieu
séparé du restaurant c'est souvent chez
moi en fait c'est c'est pas forcément ou
dans des lieux je peux pas pas vraiment
être concentré dans l'enceinte du
resturant c'est trop compliqué mais mais
par contre voilà c'est l'application de
de de des idées et donc là cette rame
est révélée confirmée adoubé on va dire
enfin elle est parce que quelquefois il
y a 10 il y a 10 accords il y en a deux
qui sont wou mais ça ve pas dire que les
h ils sont pas bien mais donc voilà donc
il y a il y a quand même
aussi forme bah en fait c'est c'est très
compliqué de
enfin il y il y a toujours une
collection qui se crée c'est comme une
collection de de saisons en fait qui qui
va cré autour d'aromatique cette année
ça va être ces aromatiques là et il y en
a un qui va faire waou c'est ça il y en
a un qui va faire plus waou donc c'est
celui qui qui sera choisi évidemment et
et après c'est la construction du plat
donc sur quel ingrédient majeur du plat
il va être appliqué et comment
l'appliquer par quelle
technique et après comment construire
autour de cette aromatique là
c'est-à-dire quelle cuisson quelle
technique quelle sauce ou quel jus
quelle texture de sauce euh
quel alors quel légume enfin quelle
garniture s'il y a une garniture quelle
texture donc il y a beaucoup beaucoup
d'étapes mais si cette cette cette
armatique là est pas décidé le PL il
démar pas dans ma cuisine euh moi ce qui
m'intéresse comme question c'est
qu'est-ce qui fait que ça fait
waou comment on sait
ça bah je sais pas
quand je sais pas quand je pas oui je
pourrais dire c'est c'est quand tu fais
waou quand tu goûtnes mes plats c'est
clair mais ça c'est très j'insiste parce
que je trouve
que moi je on en a parlé j'en parle
souvent je trouve qu'un des grands
malheurs de notre temps c'est que les
gens ne savent pas que le goût s duuc
les gens pensent juste j'aime ou j'aime
pas ouais et je crois que c'est comme
pour apprendre à lire à apprécier de la
peinture de la
musique il y a une initiation qui est
pas un apprentissage théorique mais qui
juste voilà sentir ah oui non j pense
beaucoup ça à l'éducation c'est comment
alors après il y a de il y a deux il y a
deux il y a deux choses par rapport à ce
que ce que tu viens de dire il y a le
fait que pour moi je dirais pas que le
goût est universelle mais l'émotion
véhiculée par le goût il doit toucher
tout un chacun ça ça me
semble postulà de base mais je sais je
suis pas sûre de moi à 100 %. si c'est
réussi ça doit ça doit être ça doit
presque être univers
même si bon on est chacun très
différent bah c'est comme c'est comme un
tableau ENF pourquoi ENF c'est clair
voilà y a quelque chose qui est plus
fort que n'importe quoi et qui qui
touche quelque chose de je sais pas ENF
pas de divin serait prétentieux par
rapport de dire ça par rapport à la
cuisine mais quelque chose de mag oui je
comprends qui est très difficile pour
notre monde et pourtant c'est évident
c'est que ça fait W il y a une évidence
mais c'est pas logique ou scientifique
c'est vraiment une expérience mais qui
n'est pas enfermé juste dans notre
subjectivité on se dit moi je crois que
c'est un des plus grands mystères mais
qui est très important de réussir à dit
enfin c'est vraiment il y a voilà là on
goûte et on dit ah waouh il y a une
sorte de presque de vérité c'est vérité
mais je sais que ça ça choque beaucoup
mais ça me semble vraiment euh
important de dire ça c'est exactement ça
et et on a actualise pas les choses en
disant ça c'est c'est c'est quelque
chose de finalement simple c'est une
révélation c'est un c'est une évidence
et et ensuite je suis perdue finalement
je me suis perdu dans mes
explications on a parlé de il y a ce
waou de montrer voilà je voulais revenir
un peu en arrière qu'on voit qu'il y a
quelque chose qui s'impose de lui-même
auquel on est obligé de consentir que
c'est plus pas toi qui décide c'est le
goût qui dit ah ben voilà là c'est juste
et après donc le travail
là je reviens à toute cette complexité
de tous les éléments et tous les
paramètres qui vont faire qui vont faire
un PL qui demande donc c'est de
l'extérieur pour les gens qui
connaissent pas on a l'impression que le
cuisine doit avoir beaucoup d'inventions
mais quand on commence à rentrer dans le
détail on voit que c'est beaucoup
d'écoute oui que plus que de la création
au sens abstrait tu il y a vraiment
c'est quelque chose qui s'impose et
après tu vas trouver tous les paramètres
et donc c'est vraiment une sorte
d'écoute extrêmementou c'est c'est c'est
ça c'est une compréhension du produit
des coûes et puis il y a un chemin donc
c'est le c'est le chemin du plat qui
débute et là chaque fois il y a des il y
a un autre chemin à prendre une route à
prendre à décider arbitrer à se dire ben
non là c'est pas le bon chemin on est en
train de se tromper c'est pas celui-là
mais il fallait prendre celui-là pour
comprendre qu'il faut prendre l'autre
enfin c'est doncche Tromp c'est l'échec
par exemple bah quand ça quand ça avance
pas alors moi je j'ai vraiment beaucoup
de recul par rapport à ça c'est-à-dire
que je je je sais très bien que je vais
arriver au bout du chemin je des fois je
sais pas quand donc ça va prendre et là
après comme on fait beaucoup d'essais
avec les équipes il y a il y a une forme
de de lassitude qui peut s'opérer
c'est-à-dire une forme d'échec on n
arrive pas et c'est là où il faut être
très tenace et
très très fort aussi psychologiquement
en disant si si le chemin mais on va
trop vite c'est pas là il faut réfléchir
un peu
pluscement un exemple qui a rien à voir
mais j'étais en train d'écrire un
chapitre de mon prochain livre et
j'appelle ça le lien et je travaille sur
le lien qu'est-ce qui crée le lien
pourquoi le lien c'est magique et je me
et je me dis ça marche pas ça marche pas
c'est abstrait et puis à force de
travailler je me dis non c'est toi et
moi je vais appeler le chapitre toi et
moi et à partir de toi et moi on va
comprendre le lien mais ça va devenir
beaucoup plus vivant donc je donne je
donne pour montrer c'est pareil c'est il
y a quelque chose qui s'impose et le
lien c'est un peu intellectuel même si
je le sentais moi et toi et moi ah oui
toi et moi qu'est-ce qui fait que toi et
moi on est c'est pas juste ça fait un
nous il y a quelque chose qui se crée
ouais donc oui oui là c'est dialectique
c'est la dialectique pour toi et pour
moi c'est c'est c'est des notes quoi
c'est des c'est des c'est desou des
odeurs des sensations des des goûts mais
mais mais voilà et et et il y a le
chemin du plat en fait alors on parle
beaucoup de storytelling entre
guillemets de l'histoire du plat que
ensuite la salle va va va prendre et et
va et va va diffuser au client mais
c'est une réalité c'est-à-dire que le
plat il se construit dans une
évidence ça dure combien de temps par
exemple juste pour voilà ah c'est ça
dépend le rythme des essais parce que
quelque fois je suis obligée de stopper
des essais parce que je voyage donc euh
là là je sais que je suis sur sur sur ma
tomate euh donc j'y suis depuis deux
samedis et donc là ce samedi-là je sais
que je vais y retravailler dessus et je
veux la décorréler du travail que je
fais avec euh avec mes autres chefs
parce que je je veux pas qu'elle soit
entre
guillemets polluée par mes autres m
autres plats donc voilà et je sais que
voilà ce
samedi il faut qu'il ait des déclics sur
plein de choses mais mais l'aromatique
est calée c'est c'est fascinant de
t'écouter comment de rentrer dans
l'atelier de ton travail c'est vraiment
ouais mais c'est c'est c'est c'est
génial enfin moi je trouve que c'est une
joie quoi c'est et en fait je grâce à
ton livre on rentre dans ça on rentre ou
dans on commence à comprendre disons
quelque chose de cet univers et il y a
un il y a un autre mot mais je t'ai
coupé tu voulais dire quelque chose et
il y a un autre mot qui qui qui est
central de de de cette logique de
l'imprignation c'est que du coup il y a
une
métamorphose qu'est-ce que c'est la
métamorphose et la
métamorphose en fait bah c'est un c'est
un ingrédient qui va se transformer en
fait
c'est c'est le chemin du plat
c'està-dire que il y a un départ il y a
un milieu
et puis et puis se se si je devais
prendre des photos des premiers essais
en fait en fait on prend jamais parce
que c'est la naissance et le babuent en
fait et babuent il est dans une forme
quelquefois d'échec donc il est pas
forcément à montrer mais il il est
indispensable pour aller à la
métamorphose à ce qui voilà ce qui va ce
qui va ce qui va naître et aussi la
métamorphose du goût c'est-à-dire que
des ingrédients deux deux arômes
associés vont se ose vont se
métamorphoser en quelque chose de
d'autre quoi qui sera forme de RVER
ouais c'est magique magique la
métamorphose c'est complètement magique
et souvent cette métamorphose c'est un
goût différent mais à la fois on
retrouve les deux mais c'est comme s'ils
étaient unis dans ce même goût en fait
un commence et l'autre finit parce queil
y a oui alors ça pardon de te couper
c'est c'est aussi très important quand
j'explique à mes à mes à mes jeunes
chefs
le travail sur l'assemblage du goût je
dis attention dans cette recette vous
allez sentir d'abord ça ça ça et ça il y
a un ordre de séquenage des goûts ils
vont apparaître les uns après les autres
et pour se faire il faut le geste va
être induit pour avoir ce séquençage
c'est dire que s'il met trop d'un
ingrédient il va arriver avant et
l'autre pourra pas s'épanouir donc il y
a aussi une construction extrêmement
fine et précise donc en fait celui qui a
la sauce et c'est souvent dans la sauce
que se révèle ce cette magie il faut
qu'il comprenne tout ça là aujourd'hui
en ce moment j'ai j'ai un jeune
Indonésien à la sauce qui est incroyable
qui comprend qu'il n'a pas de culture de
cuisine française qui travailler dans
des dans des trois étoiles aux
États-Unis enfin qui qui est brillant
mais il a compris c'est très
intellectuel la sauce hein parce que il
faut adapter aussi ce ce séquenage il
faut l'avoir donc il sait quel quel
geste et quel produit et quel quantité
amené à quel moment pour que cette magie
opère dans ce sens-là c'est ça l'émotion
bah c'est ça l'émotion pour moi c'est
c'est c'est fin à ce niveaau-là enfin ça
révèle de cette alchimie là oui mais
mais en fait le client doit pas le
sentir mais enfin c'est induit quoi
c'est mais nous en tout cas on l'a
construit pour que ce soit dans ce sens
là pour qu'il la comprenne dans ce sens
là ah
mais ah c'est clair mais en même temps
en même temps on sent c'est c'est c'est
ça qui se passe je voulais parler
d'autres éléments qui participent de de
de l'imprégnation donc on a parlé des
et alors il y a aussi
euh le les bourgeons et particulièrement
le bourgeon de sapin que que tu as
découvert quand tu as ouvert ton
restaurant à Lausanne alors qu'est-ce
que c'est le bourgeon de sapin qu'est-ce
que ça permet de faire
ouais ça c'est c'est c'est aussi
merveilleux
euh en fait le bourgeon de sapin j'ai
découvert par le sirop de bourgeon de
sapin première chose une des premières
choses que j'ai goûté quand je suis
arrivé en Suisse il y a 15 ans sirop de
bourgeon de sapin cuit dans l'âtre de la
cheminée un sirop de bourjon de sapin ah
oui mais d'accord mais il est où le
bourjon de sapin donc sirop de bourjon
de sapin magnifique c'est une tradition
séculaire en Suisse on fait revenir dans
dans dans un sirop le bourgeon de sapin
dans l'â de la cheminée donc il se fume
légèrement euh et c'est quelque chose
qui est consommé comme un sucre enfin
comme un sirop hein tout simplement mais
qui est une merveille je vous viens de
de la personne qui m'avait présenté ce
produit-là euh et qui m'a initié à la
cuelle sauvage donc parce que après
avoir goûté le sirop de B bon de sapin
forcément j'ai eu envie de rencontrer le
bourchon de sapin et en fait des
bourchon de sapin il y en a dans la
Drome il y en a partout enfin des sapins
et des épicas en particulier parce que
c'est souvent le bourgeon d'épica qu'on
ramasse après il y a le il y a le il y a
le sapin dou glace aussi il y a beaucoup
de variété il a albiè Alba aussi il y a
beaucoup de variétés de sapins donc ça
il faut les connaître évidemment mais on
apprend à à les ramasser et c'est très
drôle à ramasser parce qu'il faut
vraiment tirer comme ça c'est c'est faut
pas le couper faut vraiment il vient
tout seul le tout petit bourgeon qui
pousse à ce moment en ce moment c'est le
moment de les ramasser et et j'ai été
initié du coup à la cuueillette sauvage
et suis parti sur cette cuillette
sauvage qui a été une ouverture sur le
monde incroyable il y a il y a 15 ans
donc et il se trouve que bah je à un
moment donné je dis mais comment je peux
avoir des bourgons de sapins donc
j'avais quelqu'un qui m'a ramassé aussi
pour la France mais qui était plutôt
proche de Paris et puis j'ai découvert
qu'il y avait des bourgeons de sapin qui
poussait aussi dans ma région qui avait
des ipicea dans la Drome dans le
verrecore et du coup je suis allée à la
quête de ces bourgeons de sapin et
maintenant les équipes ramassent aussi
les bourgeons de sapin dans la dans la
Drome depuis quelques années mais cette
initiation et en fait il y avait pas de
culture de ramassage du bourjon de sapin
dans notre région il y en a un peu dans
les Alpes et encore pas pas tant que ça
euh plutôt pour les alcools mais dans la
cuisine pratiquement pas enfin très peu
et il y en avait par contre en Suisse de
de C cette cultur là existait vraiment
en Suisse donc ça veut dire que les
espèces elles pousseent mais c'est la
culture en fait du R un massage les
habitudes ancestral Sécula qui font que
ça arrive dans une cuisine pas et
qu'est-ce que ça donne à la cuisine et
qu'est-ce que ça permet bon c'est
magique c'est c'est c'est vraiment c'est
comme la bergamote quoi c'est une
révélation cet ingrédient mais en fait
moi je l'ai travaillé de tellement de
façon donc ciselé haché bah ça aromatise
énormément on peut le soupoudrer c'est
c'est juste magique en infusion séché en
infusion c'est c'est fabuleux aussi
c'est c'est vraiment ça ça va très bien
avec les agrumes ça va avec tout c'est
c'est une note un peu citronnée pas
mentolée mais très très fraîche très
résineuse finalement donc ça ouvre le
champ des possibles c'est un goût
nouveau en fait et c'est aussi ça je
suis à la recherche c'est ce qui me
taraude c'est ce qui me qui me plaît
c'est partir à la recherche de saveurs
nouvelles en fait et quand on parle on
voit à nouveau que tu parles de plein de
manières différentes et c'est pas
d'accommoder le bourge c'est de
l'imprégner pour qu'il trouve des on
différent ou de comprendre en fait c'est
c'est c'est c'est ça que je trouve ouis
il y a pas alors tu t'es pas arrêté au
bourjon de sapin tu t'es intéressé au
bourgeon de cassis bourgeon de cassis
alors bourgeon de cassis alors bourgeon
de cassis c'est intéressant parce que
c'est c'est quelque chose qui est quand
même un peu connu dans dans la région
dans la Bourgogne parce qu'il y a
beaucoup de cassissers dans la dans la
Bourgogne et bourgeon de cassis ou
poivre de cassis on l'appelle poivre de
cassis c'est vraiment le bourgeon avant
avant le fruit donc c'est c'est c'est un
c'est quelque chose qui est qui est très
qui est très particulier parce
que c'est c'est c'est vraiment
l'émergence l'émergence du bourgeon qui
est qui est tout petit et qui va donner
naissance plus tard à la à la fleur et
aux fruits et et c'est ça des notes de
cassis incroyable mais comme un poivre
très animal et c'est extrêmement
intéressant c'est c'est c'est pas si
utilisé que
ça mais aujourd aujourd'hui ça l'IT de
plus en plus et c'est surtout c'est
c'est c'est drôle c'est un peu comme le
sépage chenin en fait c'est ça cette
note très particulière bourjon de
cassiss qui est qui est un peu folle
vraiment un poivre blanc animal
et et je c'est incroyable après la
gémothérapie est très intéressante hein
parce que dans les bourgeons il y a il y
a il y a des essences il y a a tout
toute la nutrition en tous les nutrimen
et tout toute la comment dirais-je la
vivacité enfin la l'essence même de la
plante est est concentrée là donc il y a
c'est quelque chose d'extrêmement bon
pour la santé aussi et c'est c'est c'est
génial donc c'est intéressant de s'intér
de s'intéresser au bourgeons et Bourgon
de cassis c'est là moi j'ai beaucoup
aimé l'associé au
curry voilà au bourgeon de sapin aussi
d'ailleurs il s'associe très très bien
au bourgeon de
sapin voilà après j'ai tendance à dire
que les bourgeons vont bien ensemble
enfin il y a des notes aussi dans les
bourgeons qui se ressemblent il y a
plein de fils invisiblebl aussi encore
une fois
donc ça c'est
le il y a d'autres bourgeons aussi que
tu B en fait tous les bourgeons sont
intéressants le bourgeon de de la
feuille de figuer avant la feuille de
figuer tous les bourgeons avant que les
feuilles sortent le le bourgeon alors il
y a il y a aussi le bourgeon de la
feuille de d'agrume qui qui est juste
génial au début du printemps c'est une
quintessence de goût mais c'est
extrêmement amer mais c'est précieux
c'est la quintessence de la plante en
fait tout est là et ensuite voilà il y a
cette cette sève
hein tout tout tout le toute l'énergie
de la plante grandit grandit pour
devenir la fleur et ensuite fin de la
thé ça redescend et après on va aller
chercher les racines donc c'esti à ce
moment-là c'est pour ça qu'on travaille
beaucoup les racines l'hiver parce que
c'est là toute l'énergie redescend dans
la plante et là aussi c'est donc en fait
la plante on la on la la valéiane par
exemple la racine de valériane on
travaille les fleurs enfin tout se mange
finalement et la racine à forue mais
mais voilà c'est ce qui est intéressant
c'est de voir la plante dans sa son
entièreté ce qui m'a toujours intéressé
c'est qui à un moment donné par exemple
sur les agrumes quand j'allais visiter
le centre de linra en Corse des agrumes
je voyais les agrumes l'été j'avais des
agrumes en surmaturité mais j'avais
aussi des bourgeons j'avais aussi des
fleurs j'avais potentiellement ce qu'on
appelle le petit grain enfin il y avait
plein de choses à capter donc on parle
de saison mais la plante elle existe
toute l'année donc et c'est ça qui aussi
permet l'imprégnation parce que
l'imprégnation c'est la continuité au
fond l'imprégnation c'est éviter la
saisie juste d'un élément donc sentir le
mouvement de la plante son développement
les différentes étapes tout à fait ça ça
permet
d'enrichir ce que j'appelle la symphonie
que tu veux nous faire
éprouver c'est ça que manger un té plat
ou suivre un repas c'est pas juste
goûter quelque chose de bon mais c'est
rentré dans dans dans cette dans cette
alchimie dans dans ce monde ouais dans
cette vie quoi dans cette vie cette
évolution de la nature c'est c'est juste
fascinant C il y a il y a un thème qui
que que qui
m'intéresse beaucoup don je voulais
t'interroger dessus parce que c'est un
peu un des fils rouges de beaucoup de
mes entretiens c'est ce que c'est
l'excellence qu'est-ce que tu dirais
surtout quand quand tu parles à à des
chefs qu'est-ce que tu leur dis pour
aller en direction de de
l'excellence en fait l'excellence euh
c'est un mot mais on a déjà un peu parlé
ensemble qui qui me qui me plaît
et et à la fois euh me déplait parce que
dans l'excellence il y a comme si on
avait pas droit à l'échec et pour moi
l'échec fait partie de de cette
accession à une forme de quête du Graal
ou de ou d'excellence ou de euh
d'évidence aussi don dont tu parlais
tout à l'heure euh
donc donc j'ai toujours un peu de de d'a
priori par rapport à ça donner le
meilleur de soi-même voilà donner le
meilleur de soi-même qu'est-ce qu'est-ce
que quel conseil tu donnes pour essayer
de donner le meilleur de soi-même parce
que je je crois que ton travail peut
intéresser des gens même dans d'autres
domaines parce que tuas tu es vraiment
mu par ce souci de donner le meilleur de
toi-même
ouais c'est vrai euh et tu vois comme
cette question là quand tu l'as dit de
cette façon me par euh
en fait c'est une forme de bah il faut
être déjà dans dans cet alignement aussi
faut faut faut aimer quelque part
chercher la perfection ou il faut être
curieux faut être faut être sincère
euh c'est bon curieux sin curiux sincère
curieux sincère voilà c'est sensible
aussi
sensible parce que qui dit sensibilité
dit curiosité et aussi
dit cap en fait si on n pas la
sensibilité on peut pas écapter l'autre
et capapter ce que la plante nous dit ce
que le ce que la nature n nous amène ce
que voir l'infini invisible en fait
donc donc c'est un peu tout ça oui
sincérité curiosité
émotion je dirais pas passion parce que
c'est presque évident en
fait être capable de se remettre en
question aussi faire F de ses certitudes
être dans une forme de doute j'ai parlé
à un des chefs qui a travaillé avec toi
il m'a dit qu'un des conseils que tu lui
avais dit c'était quand c'est moyen
c'est pas grave mais quand c'est
vraiment très bien c'est là où il faut
travailler davantage pour aller plus
loin et j'ai trouvé ça mais
vraiment très très aidant je me suis dit
et j'y pense beaucoup moi-même dans mon
propre travail d'écrivain je me dis mais
oui c'est très vrai on veut toujours
progresser quand c'est moyen et quand
c'est bien on dit qu'on est arrivé et je
trouve qui c'est là c'est c'est c'est à
ce niveau-là alors c'est ce que tu tu
appellerais l'excellence mais c'est
cette cette marche là à franchir c'est
c'est c'est c'est le sublime quoi c'est
ça touche donc c'est quand on est quand
on l'impression que c'est bien c'est là
où on peut faire encore un P plusou bien
sûr c'est c'est drôle c'est c'est c'est
c'est c'est drôle qu mais mais ça mais
ça m'étonne pas parce que je en fait
comme je lâche pas je leur montre que
c'est suffisant mais que c'est pas
suffisant quoi c'est c'est bien et qu'il
faut aller plus loin c'est vrai c'est
intéressant de savoir ça B c'est
magnifique je trouve parce que ouais ça
fait plaisir de savoir ça bah et puis
c'est magnifique je trouve que c'est
très profondément vrai ouais et c'est là
où ça devient vraiment mais c'est très
difficile parce que comment on va plus
loin sans défaire ce qu'on a fait en
allant vraiment plus loin ouais comment
tu fais bah en fait il faut il faut
sentir quand les choses sont prêtes je
je crois que c'est vraiment un sentiment
très personnel sur sur son travail sur
le travail qu'on peut composer aussi
avec les autres c'est de se dire là on
s'arrête on est on a on est on est juste
on a on a touché al alors on peut
toujours mieux faire mais il faut pas
non plus enfin mieux faire peut peut
être contreproductif donc c'est un
ressenti on s'arrête parce que là on est
prêt on est prêt à livrer les choses et
dans le temps on va encore les améliorer
les choses parce que le plat il est
abouti émotionnellement au niveau de la
texture au niveau du visuel trois choses
essentielles mais après ce plat il va
être il va il va falloir que l'équipe
qui le produit au quotidien se le
réapproprie parce qu'on fait pas le plat
à 15 hein euh donc donc ça veut dire
que 12 15 personnes qui travaillent en
cuisine vont devoir comprendre à leur
tour le plat se le réapproprier et le
faire grandir parce que le plat il peut
encore grandir mais c'est maintenant
leur responsabilité de le faire
grandir je leur dis tout le temps ça
quelque fois ils osent pas mais après au
quotidien voilà c'est la façon dont il
se la approprie et peut-être qu'ils
peuvent encore le pousser encore un peu
plus haut et dernière question c'est
quoi l'élégance
c'est laisser la place à l'autre dans
tes plats il y a tellement d'élégance
c'est tellement et un côté je trouve
l'élégance ça s'impose
c'est bah laisser la place à l'autre
dans l'assiette je sais pas dans
l'ingrédient je je pense à ça
directement mais l'élégance c'est une
forme d'évidence peut-être sera plutôt
ça c'est c'est peut-être laisser
s'exprimer les choses en fait ton livre
il est tellement élégant je veux dire
comment tu as pensé la couverture
comment on l'ouvre le rapport au blanc
l'espace bon après c'est travail de de
de
de aussi de de designers qui avec
lesquels j'ai réfléchi c'est pas un
travail que j'ai j'ai mené toute
seul mais c'est quand même je trouve que
le livre ressemble à tes plats donc on
sent quand même ton esprit il y a quand
même quelque chose d'une
élégance pu qui ce qui ouais c'était un
vrai sujet aussi de classement des
recettes
euh alors c'est intéressant ce que tu
dis sur l'élégance parce que en fait on
classe par saison on classe par nom on
classe comment les recettes et comment
tuas classé par couleur en fait je suis
partie du blanc et je suis allée
jusqu'au plus foncé c'est pour ça qu'il
y a ces notes là donc là on est dans la
le vert il y a le rouge il a le ça c'est
tellement élégant aussi peut-être que
l'élégance
c'est d'être vraiment proche du réel et
pas trop dans les idées qu'on a qui qui
forcent le réel c'est peut-être aussi
cette cette humilité là peut-être
l'élégance pas s'entraver en fait pas
être entravé ou oui avoir l'humilité
peut-être l'élégance quand on est
élégance c'est comme tu disais laisser
la place à l'autre c'estàd avoir
l'humilité euh parce que là quand comme
tu as choisi de laisser la
couleur dans les recettes il y a quelque
chose voilà comme comme tu imposes pas
quelque chose ouai c'est vrai c'est je
crois que l'élégance c'est de ne pas
imposer quelque chose je disais au début
que l'imprégnation c'est le contraire de
la violence mais on pourrait dire que
l'élégance c'est ça ça c'est vraiment je
suis d'accord et et c'est vrai que ça
correspond aussi à la façon dont je
transmets
ma mon travail
c'est c'est de pas de pas imposer en
fait en fait j'ai compris très tôt qu'en
étant une femme si dans la cuisine je
j'imposais de façon violente quelque
chose ça ça ne marchait pas je peux pas
imposer en fait il faut convaincre et et
c'est c'est pour ça que quand je te dis
les trames
aromatiques je sais un trin cement
qu'elles vont marcher parce que j'ai un
peu l'habitude au bout de 30 ans il y a
des esscs bien sûr mais mais ça sert à
quoi à emmener l'équipe avec moi en fait
à les convaincre qu'on est sur le bon
chemin et ça c'est c'est super important
au niveau d'une équipe de convaincre les
gens bah de rester aussi un petit bout
de temps avec moi encore parce qu'ils
vont grandir avant de me quitter et de
voler par de propres ail c'est c'est a
c'est aussi tout ça donc donc c'est une
forme d'élégance ou j'espère coute merci
infiniment c'est vraiment tellement
merveilleux de de t'écouter
ça ça donne envie de célébrer la vie
c'était une interview très élégante che
Fabrice ben merci beaucoup d'avoir suivi
cette épisode de dialogue et n'hésitez
pas à vous abonner vous inscrire
partager me faire part de vos
commentaires c'est toujours un tellement
grand plaisir de sentir que nous sommes
un peu à l'unisson au travers de ces
moments de partage je vous embrasse tous
[Musique]