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Nouvel épisode des Indiscrets de Nils Wilcke, le rendez-vous hebdomadaire qui vous emmène dans les coulisses de la politique française, sans filtre, sans langue de bois, sans concession. Une émission portée par Nils Wilcke, journaliste politique jusqu’au bout des ongles, qui sait exploiter son réseau pour vous apporter des informations exclusives et des analyses affûtées. Au sommaire : Après son allocution télévisée consécutive à la censure du gouvernement Barnier, a-t-on enfin le droit de couronner Emmanuel Macron premier manager pervers de France ? Nils nous fournit les faits qui nous pousseraient à répondre à cette question par l’affirmative. Le PS va-t-il trahir le NFP? Certaines prises de parole de responsables de haut niveau du parti à la rose peuvent le laisser penser. Mais qu’en est-il vraiment ? Et si Olivier Faure jouait un jeu plus subtil qu’il en a l’air ? Nils a recueilli des informations de première main pour nous. Et si au final, cette “piste” PS était une manière de gagner du temps pour Emmanuel Macron, tout comme l’idée opportuniste d’un référendum, tactique qu’il a souvent utilisée quand il était en difficulté, notamment durant la crise des “Gilets jaunes” ? On aborde cette question en profondeur.
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Salut à toutes et à tous, vous regardez Les Indiscrets de Niels Villequeux, le rendez-vous hebdomadaire qui vous emmène dans les coulisses de la politique française sans filtre, sans langue de bois, sans concession.
Une émission portée par Niels Villequeux, journaliste politique jusqu'au bout des ongles, qui sait exploiter son réseau pour vous apporter des informations exclusives et des analyses affûtées.
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Au sommaire, après son allocution télévisée consécutive à la censure du gouvernement Barnier, attend enfin le droit de couronner Emmanuel Macron, premier manager pervers de France.
Niels nous fournira les faits qui nous pousseraient à répondre à cette question par l'affirmative.
L'autre sujet, le PS va-t-il trahir le NFP ?
Certaines prises de parole de responsables de haut niveau du parti à la rose peuvent le laisser penser, mais qu'en est-il vraiment ?
Et si Olivier Faure jouait un jeu plus subtil qu'il en a l'air ?
Niels a recueilli des informations de première main pour nous.
Salut Niels !
Salut Théo, salut à tous !
Alors, conscience professionnelle oblige, écoutez religieusement l'allocution télévisée présidentielle.
Oui, je me suis infligé cette épreuve puisqu'une fois de plus, Emmanuel Macron a repris la parole pour s'exprimer devant les Français.
Voilà, au cas où ils auraient mal compris la dissolution de Jouin.
Apparemment, c'est le cas, puisque pour Emmanuel Macron, il est un petit peu responsable, mais il n'est pas du tout coupable.
Zéro regret, zéro autocritique de sa part lors de cette allocution.
Alors, on ne va pas refaire toute l'exégèse du discours présidentiel.
On l'a fait déjà hier avec un certain talent au Média, hier soir.
Mais il y a quelques éléments quand même parlant sur Macron.
Et d'abord, les raisons qui l'ont poussé à prendre la parole, on l'écoute.
Je refuse que les Français paient la facture de cette censure.
Et c'est aussi nécessaire d'avoir ce budget en tout début d'année prochaine pour permettre aux pays d'investir,
comme cela a été prévu, pour nos armées, notre justice, nos forces de l'ordre,
mais aussi aider nos agriculteurs en difficulté qui attendaient le budget,
ou venir en soutien à la nouvelle Calédonie.
Vous le savez, je ne pourrais pas me représenter en 2027.
Voilà, donc zéro responsabilité, on le disait.
Alors, pire, le président, il se défausse sur les Français.
En fait, c'est de leur faute si le pays se retrouve dans une solution politique invraisemblable.
Ils ont mal voté Théo, en fait.
Lui, il n'a que le bien de la France en tête et aucune ambition présidentielle,
puisqu'il ne se représente pas pour un nouveau mandat de cinq ans.
Et mieux, la dissolution, ce n'était pas une erreur.
C'est juste que les Français n'ont pas compris son idée absolument brillante.
Macron, en fait, justifie cette dissolution par la menace de censure qui planait sur le vote du budget,
sous Attal.
Et alors là, c'est formidable parce que, grâce à lui, les Français auront les deux.
La dissolution, elle empêche toute réélection des députés pendant un an, donc jusqu'à cet été.
Et la censure, on l'a eue, la première depuis 1962, la censure d'un gouvernement voté par une grande majorité de députés.
Rien à dire, Macron est un champion.
Un champion en toute catégorie.
Alors, notre bien-aimé président avait pourtant laissé penser qu'il nommerait un nouveau Premier ministre rapidement.
Mais on était devant nos télés, on n'a pas entendu deux noms.
Et non, vous avez cru à la nomination express d'un Premier ministre.
Effectivement, dès la censure de Michel Barnier, l'entourage de Macron, cette semaine, s'est empressé d'annoncer
que le président allait nommer rapidement un successeur.
Je dois dire que j'ai moi-même été victime de ces éléments de langage, puisqu'on m'a assuré que certains de ses conseillers
le pressaient même d'écourter son voyage en Arabie saoudite pour rentrer d'Ardar à Paris.
Et lundi, à ses proches conseillers, il expliquait « je ne concerterai pas ».
Sous-entendu, il n'allait pas recevoir les partis d'opposition.
Il n'allait pas recevoir les partis du socle commun, en tout cas ce qu'il en reste, Modem, Horizon, etc., pour négocier.
Bref, il allait prendre une décision ferme et rapide, ce qui aurait été une première.
Finalement, jeudi, au moment où il accepte la démission de Barnier, il confie à son nouveau ancien Premier ministre
qu'il va nommer son successeur dans la foulée.
Et finalement, jeudi soir, juste avant 20h, on reçoit tous cette très belle dépêche qui nous explique que finalement,
Emmanuel Macron n'annoncera pas de nouveau Premier ministre aux 20h.
Alors, l'un de ses anciens conseillers me disait « il fait toujours ça, il ment, c'est plus fort que lui ».
Alors, tu vas me dire « rien d'original pour un politicien », mais Macron, il le fait avec quand même assez peu de subtilité.
Et comment expliquer finalement ce rapport un peu flou qu'il entretient à la réalité ?
On écoute l'avis de Jean-Bernard Gaillot-Renouci, qu'on commence à bien connaître aux médias,
qui a été conseiller politique de Mitterrand jusqu'à Emmanuel Macron,
qu'il a côtoyé dans le cadre de la campagne de 2017. On écoute.
Je crois que nous n'avons jamais eu un président dont le narcissisme était poussé à ce point.
Ça, c'est un trait de caractère que tout le monde saura reconnaître en dehors des quelques aficionados
ou encore engagés dans la secte « Ensemble pour la République ».
En essence, ça pourrait plus le faire.
Mais sur le fond, il y a donc cette partie-là de narcissisme, et puis il y a surtout l'autre fait,
c'est que ce président, pour le coup, vit réellement dans un monde parallèle.
Il ne déforme pas la vérité, il la méconnaît, ce qui est différent.
Sur l'analyse d'une possible dissolution, vous savez qu'il était capable de nous faire une chose simple.
Sous-entendu, les Français sont trop cons pour moi.
– Alors Nils, au-delà de cette réalité parallèle dans laquelle évolue Emmanuel Macron,
il y a Notre-Dame aussi, non ?
Peut-être qu'il fallait laisser assez d'espace à ce grand événement qui devait le couronner,
peut-être pas roi ou empereur de France, mais au moins homme qui entre dans l'histoire
pour avoir réhabilité, reconstruit la cathédrale de ses propres mains.
– Oui, alors les anciens présidents de la République bâtissaient un édifice,
un élément pour laisser une trace.
Macron, il s'est tenté de rénover les meubles en quelque sorte,
ça en dit long sur ses deux quinquennats.
Et c'est vrai, il faut prendre en compte le facteur psychologique et protocolaire de Notre-Dame,
puisqu'il y a cette cérémonie de réouverture à partir de samedi,
un week-end religieux pour Emmanuel Macron consacré à la réouverture de la cathédrale
après cinq ans de travaux.
Et puis, c'était l'une des grandes craintes du président, me dit-on,
qu'on oublie en fait cette réouverture avec la nomination d'un nouveau gouvernement.
Sous-entendu, les caméras seront mieux à Notre-Dame que devant l'hôtel de Matignon.
Et d'ailleurs, à l'écouter hier soir dans son allocution,
c'est presque lui qui a reconstruit la cathédrale de ses propres mains.
On l'écoute.
Devant le monde entier, nous allons célébrer la réouverture au public de Notre-Dame de Paris.
La cathédrale sera rendue aux parisiennes et aux parisiens,
à nous tous, aux catholiques du monde entier et aux cultes.
Et ce chantier qu'on croyait impossible,
rappelez-vous, nous tous, ce soir d'avril 2019, eh bien, nous l'avons fait.
Voilà, Notre-Dame, c'est un peu comme les Jeux olympiques.
Ils considèrent que c'est son bébé, son œuvre.
Et puis, en même temps, Macron, c'est aussi quelqu'un qui aime faire de belles promesses
qu'il ne tiendra jamais, même à des personnalités politiques qu'il connaît bien.
Et une fois de plus, Nils, il a une liste longue comme le bras de Premier ministrable
– Oui, c'est ça, c'est-à-dire que c'est toujours le même fonctionnement un peu pervers, en fait.
On parlait de management pervers, c'est tout à fait ça,
c'est-à-dire qu'à chaque fois, il reçoit ses figures politiques,
ses personnalités politiques, à déjeuner, il les appelle, il demande leur avis,
il leur fait sentir qu'ils sont importants.
Par exemple, Bayrou, il peut en témoigner, François Bayrou,
il postule à chaque fois qu'il y a un remaniement en vain.
Voilà, il y a aussi le gag Barouin, puisqu'à chaque fois que Macron change de Premier ministre,
il y a un article du Parisien qui sort pour annoncer en exclusivité, bien sûr, Théo,
que le maire de Troyes a toutes ses chances.
Et ça n'a pas raté, cette fois encore, une très belle alerte info sur nos téléphones.
Voilà, l'hypothèse François Barouin fait son chemin.
Alors, le nom de François Barouin, il circulait depuis la veille,
puisque c'est le sénateur Roger Carucci qui avait livré sa pensée sur Public Sénat.
Chaîne un peu confidentielle, il faut bien le dire.
Donc, le Parisien s'est cru obligé d'en refaire un article derrière,
histoire de bien appuyer le coup.
Alors, il faut rappeler quand même que le maire de Troyes visait déjà Matignon en février 2024,
mais aussi en mars 2023, ou encore en 2021, et même Théo en 2017.
Donc, c'est un peu le running gag, en fait.
Alors, il y a aussi Xavier Bertrand qui s'y voyait déjà en septembre.
Il avait même choisi sa directrice de cabinet,
commencé à constituer un gouvernement fantôme
après avoir reçu des assurances de Macron et de son entourage.
Et puis, patatra, c'est Michel Barnier qui a été choisi au grand désespoir de Xavier Bertrand.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Tout simplement parce qu'Emmanuel Macron n'est pas seul.
Son bras droit, c'est alexicolaire, qu'on commence aussi à bien connaître aux médias
au fil des révélations sur ses ennuis judiciaires ou sur son influence sur le président.
Et donc, alexicolaire a expliqué à son président
que Xavier Bertrand, c'était la censure du Rassemblement national assuré.
Et alors, l'autre facteur qui peut expliquer le fait
qu'il y ait une valse de noms comme premier ministrable,
c'est aussi qu'Emmanuel Macron doit tenir compte des macronistes qui lui restent,
c'est-à-dire, et puis de son socle commun,
c'est-à-dire l'Horizon, le Modem, ou même dans son propre camp.
On a par exemple Aurore Berger, hier, dans Le Figaro,
qui expliquait qu'en fait, il fallait tout changer pour ne rien changer.
C'est-à-dire que, dit-elle, la coalition la plus large et la plus cohérente,
c'est celle du bloc central avec la droite,
et en expliquant que les socialistes ne pouvaient pas s'affranchir
de la France insoumise sur le plan électoral.
Alors, on le voit, les premiers ministres,
en fait, Emmanuel Macron, en réalité, il ne les choisit pas,
en tout cas, pas tous.
Il avait choisi les deux premiers, Edouard Philippe et Castex,
et après, c'est son entourage qui a décidé à sa place.
Et comment ça se fait ?
Élément de réponse, encore une fois, avec Jean-Bernard Gayo-Renucci,
notre conseiller politique.
On l'écoute.
Ils sont deux à la tête de l'État et pas un.
Donc il n'est plus déjà tout à fait libre.
N'oublions jamais qu'Alexis Colère a un droit en tant que secrétaire général.
Jusque-là, jamais exercé par aucun autre secrétaire général précédent.
L'autre fait, c'est que ce président si jeune,
venu, entre guillemets, juste de la haute administration
et d'un court passage dans sa cabinet au ministère et à l'Elysée,
n'a aucune expérience politique de terrain.
Je ne parle pas d'expérience politique large, je parle de terrain.
Ceci expliquant sans doute la difficulté qu'il a à négocier avec les autres.
Quand on a l'habitude de travailler, je pense aux élus locaux,
sur des collectivités territoriales et locales,
on a beaucoup plus l'aptitude à négocier et à savoir négocier.
Ça, Emmanuel Macron en a toujours été dépourvu.
Donc c'est ce qui fait aussi qu'il est obligé, quelque part,
de s'en remettre à un certain nombre de conseillers.
Voilà, donc c'est un peu le même topo avec Sébastien Lecornu,
le ministre des Armées qui a plusieurs fois été donné gagnant pour le poste,
qui lui a échappé. Alors pourquoi ?
Tout simplement parce que les leaders du socle commun,
dont on parlait auparavant, le trouvent trop proche du Rassemblement national.
Il a notamment participé au dîner secret avec Marine Le Pen,
organisé par le conseiller occulte de Macron, Thierry Solaire,
et qui ont été révélés par l'IV.
Et puis, dans son fièvre de l'heure, où il est élu sénateur,
il a laissé le Rassemblement national prospérer sur ses terres.
Et donc, ça ne plaît pas beaucoup au modem
ou aux rares macronistes restants qui se disent de l'aile gauche.
Et d'ailleurs, cette idée de convoquer les leaders de la gauche à l'Élysée,
sauf à la FI, eh bien, un député qui échange régulièrement avec lui
me confiait ce matin que c'était son seul moyen
de rester au centre du jeu politique.
Alors, la gauche est-elle au bord de l'explosion, enfin de l'implosion ?
Ça y est, le PS craque et semble céder aux sirènes de Macron.
Oui, c'est un peu le volte-face au PS.
Finalement, on se dit prêt à négocier avec Macron.
Écoutons fort ce vendredi matin, d'ailleurs,
avant son départ pour l'Élysée, où il va rencontrer le Président,
avec Boris Vallaud, qui est donc le chef des députés PS,
mais aussi Patrick Cannaire, qui est le patron des sénateurs socialistes.
On l'écoute.
On est obligés de parler avec Emmanuel Macron
parce que c'est lui qui nomme le Premier ministre
et c'est lui qui peut figer le jeu.
Mais je ne souhaite pas qu'il se fige.
Je souhaite au contraire que nous puissions entrer en discussion
et que nous puissions voir, pour un contrat à durée déterminée,
il ne s'agit pas de dire que la droite et la gauche se confondent.
Moi, je suis contre la confusion.
Je pense que ce qui a fait monter Marine Le Pen,
c'est précisément le sentiment que la droite et la gauche étaient pareilles.
Bon, maintenant, je vois bien qu'il n'y a pas de majorité absolue
et qu'il faut bien, à un moment, venir arracher un certain nombre de décisions
en échange de compromis et de concessions réciproques.
Donc, c'est la raison pour laquelle je suis prêt à entrer en discussion.
Ça ne veut pas dire que je suis prêt à dire que je suis devenu macroniste.
Je suis devenu macroniste et ne compte pas le devenir.
Il y a plusieurs choses.
D'abord, juste petit point de calendrier.
Vous ne dites pas trop vite.
C'est en gros ce que dit Marine Tendelier aussi,
qui a écrit au président de la République pour lui dire
non, un compromis, on ne le fait pas en 48 heures.
Moi, je suis pour qu'il y ait un préfigurateur.
Voilà, donc finalement, l'EPS se dit prêt à négocier avec Emmanuel Macron.
Alors évidemment, assorti de certaines conditions.
C'était le cas aussi des écolos et du Parti communiste.
Sauf qu'eux, ils n'ont pas été invités à la petite fête.
Et la France Insoumise, seule, qui a refusé obstinément de négocier avec Macron.
Et l'EPS est invitée tout seul.
Alors évidemment, ils sont un petit peu vexés.
À l'exemple de Tendelier, ce matin, qui s'est exclamé que c'était pour diviser la gauche.
C'est bien vu.
Et puis en plus, Olivier Faure, il disait un peu le contraire.
Nous derniers, au moment des législatives,
qu'il ne fallait absolument pas négocier avec Emmanuel Macron.
Petit souvenir, on regarde.
Il est prêt à vous lâcher tous les noms.
Vous dire que vous pourrez tout avoir.
Peut-être même, s'il vous appelle les uns ou les autres,
il vous dira que vous pourrez faire quelque chose sur les retraites.
Que vous aurez un peu d'argent pour faire sur le SMIC.
Que vous pourrez faire un peu quelque chose sur n'importe quoi.
La seule condition, c'est que vous rapportiez le scalpe du Front populaire.
Que vous puissiez dire qu'il n'y a plus de majorité de gauche dans ce pays.
Et que désormais, à nouveau, ceux qui ont été battus à trois reprises dans les urnes
sont à nouveau la majorité de ce pays et que c'est à eux de gouverner.
Voilà le calcul présidentiel et voilà ce que nous n'accepterons jamais.
Parce que je sais que de plus profond de même,
aucun socialiste n'acceptera jamais de devenir le supplétif de la macronie.
– Alors Nils, est-ce qu'Emmanuel Macron lui-même croit aux chances
du succès de ses négociations avec la gauche ?
– Alors ce matin, de bonne heure, j'ai appelé un élu macroniste
qui est très proche du Président, qui échange régulièrement avec lui.
Et lui ne croit absolument pas à ces négociations.
Alors certes, il penche plutôt vers la droite, comme beaucoup de macronistes.
Mais il me dit, en fait, le seul Premier ministre
qui pourrait attirer à lui des gens de gauche, c'est Bayrou.
Par exemple, en proposant des très gros portefeuilles aux socialistes,
on pense à l'éducation nationale, on pense à l'intérieur,
voilà, à des domaines régaliens.
Mais est-ce que Bayrou, premièrement, est l'homme de la situation,
mon interlocuteur en doute ? Parce que Bayrou, c'est Bayrou.
Et puis deuxièmement, offrir aux socialistes
des postes aussi importants au sein d'un gouvernement,
ça poserait non seulement des problèmes aux macronistes,
mais aussi au reste du socle commun et au Rassemblement national.
Retour à la case départ.
Et d'ailleurs, c'est le constat que fait la France insoumise.
Regardez ce que dit Manon Aubry ce matin sur BFM.
Elle ne matche pas ses mots.
En réalité, le Parti socialiste tourne le dos aux électrices
et aux électeurs du Nouveau Front populaire.
J'en veux pour preuve un sondage qui a été publié hier
sur la part des Français qui souhaitent la démission d'Emmanuel Macron.
C'est deux tiers.
Mais ce qui est intéressant, si vous regardez dans le détail
la part des électeurs socialistes,
c'est 75 % des électeurs socialistes qui souhaitent la démission.
Voilà, alors au final, on se demande si ce n'est pas un grand jeu de dupe,
une stratégie d'Olivier Faure pour donner des gages aux socialistes
les plus à droite et anti la France insoumise avant le Congrès.
Et c'est ce que se disait un stratège insoumis ce matin avec lequel j'ai échangé.
Regardez, j'ai tenté de négocier avec le président.
C'est un peu le stratagème imaginé.
Et puis, ça lui permettrait de sauver la face avant le Congrès.
Macron, lui, peut dire qu'il a tenté de négocier avec l'EPS et l'EPS.
En tout cas, la direction de l'EPS peut dire à ses troupes anti-insoumises
qu'elle a tenté de négocier avec Macron malgré la France insoumise.
Ce serait donc une illusion qui arrange les deux parties,
parce que finalement, l'hypothèse qu'on peut, disons, créditer,
peut-être pas le plus, mais en tout cas, une des hypothèses qu'on peut le plus créditer,
c'est que Macron cherche tout simplement à gagner du temps.
Oui, mais à force, on commence à bien le connaître.
On le sait, on l'a déjà dit, Macron déteste être pressé.
Par la presse, les médias, son propre parti.
On rappelle quand même qu'il a mis deux mois à choisir Michel Barnier.
Voilà, deux mois de rumination, de plaintes, de lamentations, de négociations.
Tout ça pour finir par sortir un ancien du RPR.
Alors, la dernière idée brillante en date des stratégies de l'Élysée,
c'est le référendum pour se sortir du piège dans lequel Macron,
c'est lui, l'a mis et dans lequel il a mis les Français
en prononçant cette dissolution en juin.
Pourquoi pas un référendum ?
La piste est à l'étude, selon le journal L'Opinion,
qui a révélé l'information hier soir.
Alors, évidemment, parce que Macron ne dispose plus de l'arme défensive
de la dissolution jusqu'en juillet.
Il s'en est plein, d'ailleurs, lors de son allocution hier soir.
Et donc, c'est ces référendums qui permettraient éventuellement
au président de revenir au centre du jeu.
Mais attention à ces conditions.
Alors, une des pistes étudiées, selon le journal,
ce serait de soumettre cinq ou six questions au suffrage des Français
pour éviter d'en faire un vote pour ou contre le président,
selon le journal.
Et oui, parce que, comme disait De Gaulle,
les Français votent, mais jamais pour la question qui est posée.
Voilà, lui-même était un grand expert du référendum
après avoir lancé l'idée qui n'a jamais été reprise
par aucun autre président de la République après lui,
puisque ça a été un désastre quand même.
Voilà, ça a signé la fin de De Gaulle comme président.
Et puis, on rappelle aussi que Macron, quand il est un peu désespéré,
il lance et relance en tout cas régulièrement l'idée d'un référendum.
En 2023, il annonce l'idée d'un référendum
quand sa loi immigration est rejetée à l'Assemblée.
On n'en a plus jamais entendu parler.
En 2019, même refrain, il n'exclut pas cette fois, d'après Paris Match,
de faire un référendum face à la révolte populaire des Gilets jaunes.
Référendum qui ne verra jamais le jour.
Le président répète à tout bout de champ qu'en bon banquier,
il aime prendre son risque.
Mais en réalité, il fait toujours porter ce risque sur les autres.
Bref, du pur Macron.
Et quand il dit venez me chercher, c'est parce qu'il sait très bien
que le cadre institutionnel de la Ve République
et ses gardes armés jusqu'aux dents empêchent quiconque d'aller le chercher.
Merci Nils.
Merci Théo, merci à tous.
Et merci à vous d'avoir regardé cette émission.
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