Patagonie, dans toute sa splendeur - Paysages - Glaciers - Amérique du Sud - Documentaire - AMP

Tour du Monde
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Située sur le continent sud-américain, la Patagonie partage ses frontières avec l'Argentine et le Chili.
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Elle offre une grande variété de paysages sauvages, tous d'une grande beauté. Mondialement connue pour ses immenses champs de glace, la Patagonie est synonyme de découvertes et d'expériences hors du commun
00:00 Patagonie Maîtresse du temps
01:49 La Péninsule Valdés
11:52 Los Alteres et le désert patagonien
18:35 Bariloche et la région des grands lacs
28:15 Les traditions au pied du Tipiliuke
36:23 La Patagonie Centrale
40:26 La Patagonie su Sud et la Terre de Feu
Patagonie, maîtresse du temps.
Un film réalisé par Chris Nahon
©Ampersand
La Patagonie est une région située sur le continuent sud américain. Partagé entre
l'Argentine et le Chili, elle mesure 2 fois la France pour 100 fois moins d'habitants.
Elle offre une variété de paysages uniques et particulièrement sauvages.
Le plus grand champs de glace de la planète donne ici naissance, aux plus beaux lacs.
Les océans Atlantique et Pacifique bordent ses côtes sur prêt de 3400 km.
Les hauts plateaux désertiques sont traversés par des canyons
aussi surprenant par leur taille, que par les trésors qu’ils renferment.
Terre sauvage et hors du temps, la Patagonie est riche de découvertes et d’expériences.
Une vie en extérieur pour un voyage intérieur.
C'est peut-être ça la réconciliation de l'humain avec la Nature.
Pour pénétrer en Patagonie, il faut croiser les lacs de sel, puis entrer à Carmen de Patagones.
Coiffée de son bonnet phrygien,
la statue de la liberte offerte par la France en 1913, surplombe le Rio Negro.
Selon la légende c'est le sésame pour la Patagonie du nord.
Divisé en 3 régions, 1600 km séparent la Patagonie du nord
du grand sud. Quand au centre, il mesure prêt de 1000km de large.
À 4 heures de route plus au sud sur la côte Atlantique,
la ville de Puerto Madryn a été fondée en 1865 avec l'arrivée de 150 Gallois
volontaires, venus d'Europe pour coloniser cette partie du Monde.
La statue de la galloise défiant les vents,
trône fièrement face à cette ville logée au fond du Golfo Nuevo.
Puerto Madryn est un lieu de vacances prisé pour la qualité
de ses plages. C'est aussi la porte d'entrée sur la Péninsule de Valdes.
Les 8000 kilomètres carrés de la péninsule,
font partie des 9 sites argentins reconnus par l'UNESCO, au patrimoine mondial de l'humanité.
Au cœur de ce paysage, l'estancia "La Adela", sorte de ranch argentin,
possède un campo de 100 000 hectares de terres. La laine a depuis longtemps
remplacé l'exploitation du sel, et l'élevage extensif du mouton
s'inscrit parfaitement dans ce décor insensible aux épreuves du temps.
Un siècle et demi plus tard, l'estancia est resté dans son état d'origine. C'est
l'occasion de découvrir l'une des richesses de la Patagonie : la laine de mouton.
Alejandro Ferro, a repris l'activité de son grand-père et continue de faire vivre
avec passion cette exploitation aux cotés de 5 gauchos… les cow-boys de la pampa.
L’avantage qu’il y a ici en Patagonie, c’est que toutes les exploitations agricoles sont
extensives, c'est à dire que les pâturages sont naturels, et plus encore à Peninsula Valdes.
Regarde, justement la fleur dont je te parlais. Ça c'est l'arbuste du Quilimbaye
qui donne une fleur qui, si tu la touches, est un peu épineuse sur les latéraux,
et là, elle n'est pas encore séché. C'est une fleur très riche en protéine,
qui plus est, sucrée. On peux la gouter,
bon le goût est plutôt horrible, mais pour les moutons, c'est un pure délice.
Demain j’aimerais aller voir le terrain du côté du pont parce qu’il y avait des animaux.
On règlera ça tranquillement demain.
Non c’est pour les chevaux maintenant.
Ici, inutile de faire preuve d'autorité. Chacun connaît son rôle, et l'occupe parfaitement.
Le Postero est le gaucho vivant en poste isolé toute l'année au cœur
du campo. C’est lui qui veille sur les milliers de bêtes que compte l'estancia.
Le cheval est le compagnon indispensable du gaucho
et lui permet de sillonner les milliers d'hectares du campo.
Grâce à leurs montures, ces cow-boys de Patagonie regroupent efficacement
les moutons laissés seuls sur ces terres.
Le chien de berger est un allié précieux… indispensable même. Il connaît parfaitement
son rôle, et peut_à lui seul exécuter la tâche de 4 gauchos grâce à sa rapidité et son intelligence.
Plusieurs fois par semaine, il faut veiller à l'hydratation du bétail.
Incapable de retrouver par eux-même le chemin des points d’eau,
la plupart des animaux mouraient alors de soif.
L’eau est ici pompée à des dizaines de mètres sous terre,
par des moulins à vent répartis sur tout le campo.
Une fois le travail de la matinée accompli, arrive l'heure du repas …rustique mais
authentique : ce sera du mouton aux oignons ! De quoi reprendre des forces pour l'après-midi.
Ça
c’est la toison d'un animal qui portait 4 kilos et demi de laine.
Ce qu’on cherche c’est des animaux qui ont des kilos de laine. Un gros
mouton mange beaucoup plus pour produire finalement la même quantité de laine.
La laine de Merino, si tu la touches, tu peux voir à quel point elle est douce.
Ce sont des laines de 18 microns, 18 et demi,
avec beaucoup de travail sur la génétique, une belle couleur blanche.
Regarde comment savoir que la laine ne va pas se rompre quand tu vas tisser,
ça fait le son d’une corde de guitare.
Le campo d'Alejandro s’étends jusqu'à des falaises, à l'opposé de la péninsule.
L'isolement des lieux et la température des eaux côtières sont propices aux animaux marins.
Manchots, lions et éléphants de mer se partagent
l'affiche avec une star qui offre à la Péninsule Valdes sa renommée mondiale.
Cela se passe dans l’ancien village de pêcheur de Puerto Piramides.
Ce sont prêt de 800 baleines franches qui viennent ici chaque année entre
juin et décembre pour donner naissance à leur unique petit.
Un spectacle unique au monde !
La proximité que l'on peut avoir avec ces animaux mesurant 14 mètres de
long et pesant près de 40 tonnes, est tout à fait exceptionnelle.
Et les craintes que l’on peut éprouver face à tels animaux s'effacent rapidement.
Totalement_inoffensifs, ils font preuve d'une très grande délicatesse.
Même si les mères protègent leur bébé,
elles les laissent volontiers jouer et découvrir le monde autour d'eux…
...pour la plus grande joie des visiteurs.
La péninsule de Valdes, où les baleines franches australes se regroupent pour leur reproduction,
est le meilleur endroit au monde pour les observer. Elles ne sont pas revanchardes,
car jusque dans les années 80, elles étaient pourchassées et tuées pour leur graisse.
1986 marqua la fin de la chasse commerciale à la baleine et le
début de la protection de ces animaux si placides.
La présence saisonnière de ces baleines dans
la péninsule est estimée autour de 1500 individus chaque année.
Ici, il y a des baleines partout en mer et il est facile de croiser l'une d’elles.
C’est alors un moment fort et qui ne s'oublie pas.
Camarones, à une heure du sud de la péninsule,
est un village tranquille que les Manchots de Magellan ont choisit pour venir s'accoupler.
C'est à partir de 3 à 5 ans qu'ils commencent leur rituel d’accouplement.
Le mâle ouvre ses nageoires, cambre le dos, et appelle la femelle.
Une fois le couple formé, les deux amants se caressent le cou,
le dos et se mettent à chanter ensemble. Ces marques d’affections
renforceront les liens qui uniront le couple durant les prochaines années.
Une passerelle judicieusement installée,
permet de parcourir le territoire des manchots pour mieux les observer, sans les déranger.
Les jeunes Manchots terminent ici de perdre leur
pelage avant de rejoindre l'océan Atlantique pour la première fois.
En Emboitant le pas des gallois partis de Puerto Madryn pour traverser le continent
à la conquête de l'ouest, les décors qui longent le Fleuve Chubut nous plongent en plein western.
Les couloirs qui mènent aux Altares, à mi chemin entre l'est et l'ouest du pays,
soulèvent leur parois rocheuses jusqu'à plusieurs dizaines de mètres.
Dans la vallée des martyres, les Tehuelches, les redoutables Amérindiens de Patagonie,
surent tirer avantages du terrain et remportèrent ici un grand nombre
de batailles sur les gallois qui traversaient la vallée.
À peine 100 km avant d'atteindre la cordillère des Andes, toujours en plein désert Patagonien,
se réunissent, au pied du fleuve Chubut, un canyon, et une pierre qui semble tombée du ciel.
Même s'il semble évident qu’il n'y a pas âme qui vive à 100 km à la ronde, à peine s'approche-t-on
des parois, qu’apparaissent des dizaines de passionnés de la corde et du mousqueton.
C'est ici le temple de l'escalade en Argentine.
Piedra Parada, littéralement "la pierre debout",
est une masse de granit de 250 mètres de haut située à l'entrée du canyon de la Buitrera
Elle est le vestige d'une cheminée volcanique datant de plusieurs millions d'années. Peu connue
du grand public, elle est l’une des parois emblématiques de l'escalade en Argentine.
C'est avec le sifflement du Vieil Express Patagon, qui rebondit sur les premières
montagnes de la cordillères des Andes, que la traversée du désert s'achève.
De la ligne de chemin de fer, construite par les Gallois depuis Puerto Madryn, seule une
petite portion subsiste encore, et permet de faire circuler un train à vapeur, baptisé la Trochita.
Une vénérable locomotive datant de 1922, tire encore vaillamment ses wagons hors d'âge.
Ce train, miraculé du siècle dernier,
a été conservé dans son état d’origine à l'extérieur comme à l intérieur.
Les voyageurs assis sur les sièges en bois d'époque, peuvent revivre le
temps d’une journée, l'aventure épique de la conquête de l’ouest Argentin.
L'arrivée se fait dans la ville d’Esquel, où les gallois ont achevé leur traversée du continent.
Ils y ont laissé leur empreinte et le symbole de leur passage avec leur fameux dragon Gallois.
Région rêvée pour la pratique des sports en eaux vives, le rafting est l’attraction phare !
Après quelques kilomètres dans les montagnes,
on passe la frontière du Chili pour rejoindre Futaleufu.
Du même nom que le fleuve qui le traverse,
cette petite ville Chilienne est le rendez-vous de tous les mordus de sensations fortes.
Toujours bloquer ses pieds dans le bateau,
le regard en avant, prêt à ramer, parce que cette riviere est puissante. Il y a de grosse vagues et
j'ai besoin de vous les gars pour ramer, parce qu’il nous faut de la vitesse et de
la puissance pour les traverser. Si on va doucement...
...les vagues vont …
En effet, les rapides qui dévalent la pente dans cette partie des Andes ont
des niveaux de difficultés classés entre (5) et (6).
Sachant que la classe (6) est interdite à la navigation, pour une question de survie.
Mais tous les guides sont ici hautement qualifiés
et les consignes de sécurité sont à la hauteur du danger.
Il ne faut pas moins de 4 fois plus d'embarcation que celle des téméraires,
pour assurer leur sécurité.
C'est comme un mur fait d’eau blanche qui va venir sur nous.
Donc quand l’impact va se présenter, vous plonger la rame à l'intérieur
de l’écume et ça va permettre à l'embarcation d’aller de l’avant.
Okay ?
Et au cas ou vous ne l’auriez pas remarqué,
même les enfants sont invités.
Seuls les plus sages savent garder leurs distances avec ces eaux bien trop agitées à leur gout.
Pour clôturer la visite du nord de la Patagonie,
il faut remonter 280 km plus haut dans le département des lacs.
En commençant par ce que les argentins considèrent comme la capitale de la Patagonie : Bariloche.
C'est la destination la plus visité de toute la Patagonie.
La place du centre civique de Bariloche est chargé de symboles.
Elle rend hommage aux amérindiens et au Docteur Francisco Perito Moreno, homme de science,
anthropologue et explorateur du 19ème siècle, qui œuvra pour la défense des droits des indiens.
C'est au pied de la ville, avec la compétition nationale de natation en eau froide,
et dans la bonne humeur qui caractérise les argentins,
que démarre la saisons des jeux hivernaux de Bariloche.
C’est rien que du froid .
Environ 2400 mètres plus haut, les touristes viennent supporter les meilleurs sportifs
du pays avec en toile de fond la multitude de lacs qui font la renommée de Bariloche.
Nous sommes ici aux jeux d’hivers ou se déroule
l’épreuve de ski de fond avec Martin Vial qui nous vient de Terre de Feux.
En s'éloignant de Bariloche, et avant de se lancer sur la fameuse route des 7 lacs
à destination de San Martin, le petit circuit qui longe le Lac Nahuel Huapi sur sa côte sud,
donne un bel avant-gout du potentiel de cette partie de la Patagonie.
Le fameux Hotel Llao llao inauguré en 1938 a été
construit pour developper le tourisme dans la région.
Savamment installé sur les hauteurs de la péninsule Lla llao, l’hôtel attire toujours
de grandes personnalités, et offre l’une des plus belles vue sur les lacs Moreno et Nahuel Huapi.
C’est au pied de l'hôtel depuis Puerto Pañuelo, que l'on part à la découverte des lacs,
véritables mers intérieures atteignant jusqu’à 450 mètres de profondeur.
Selon une ancienne légende Mapuche, une créature géante vivrait tapie dans les profondeurs ;
le légendaire Nahuelito…
sorte d’immense serpent préhistorique, pendant argentin du monstre du Loch Ness.
À la vue du décor qui l’entoure, et avec ses fabriques de bière artisanale perdu en plein
milieu d'une foret de pin, la petite ville de Colonia Suiza, « Colonie Suisse » en espagnol,
ne pouvait trouver meilleur endroit pour s’installer.
Déclaré patrimoine historique, le village conserve intacte les
caractéristiques originelles de la fin du 18ème siècle.
Après avoir visiter cet endroit qui ne ressemble à aucun autre sur le continent,
il ne fait plus aucun doute que Bariloche mérite amplement son surnom de Suisse de L'Argentine.
À deux heures de route vers le nord, sur la rive opposée, Villa La Angostura est
réputé pour avoir été depuis le milieu du 20ème siècle, le lieu de villégiature de
la famille du célèbre président Péron. La tradition perdure, et les familles
présidentielles passent toujours leurs vacances d'été au bord du lac Nahuel Huapi.
Les marchés d'artisans locaux partagent avec une poignée de restaurants,
un petit bras de terre et deux plages, situées entre couché et levé de soleil.
Walt Disney se serait dit-on, inspiré de ce lieu mystique pour illustrer la forêt de Bambi.
Sur les 200 kilomètres qui séparent Bariloche de San Martin de los Andes,
les points de vue exceptionnels s’enchaînent.
Dans cette région aux innombrables lacs à l’eau pure et cristalline,
une simple promenade en canoë-kayak procure une sensation de plénitude.
Les parcs qui se succèdent, réservent tous leur lot de
surprises. Comme avec la cascade del Ñivinco, située à seulement 30 minutes
de marche de la mythique route 40 qui longe la cordillère des Andes.
Sur le parcours du rio Ñivinco, nom signifiant “murmure de l’eau” en langue mapuche,
la cascade est une succession de 5 chutes aux pieds desquelles,
se forment des bassins naturels d'eau douce.
Été comme hivers, le département des sept
lacs est la région d'Argentine la plus prisée des visiteurs.
Même au plus fort de la saison, la présence humaine se fait discrète.
La nature est reine et offre dans cette Patagonie du nord,
un nombre incalculable de sites sauvages facilement accessibles.
Situé à la pointe nord du lac Lacar, San Martin de los Andes marque la fin de la route des Sept lacs.
Avec une population d'à peine 30 000 habitants, la petite ville cherche à s'intégrer parfaitement
à son environnement grâce à un cahier des charges architectural bien précis.
Les ardoises du clocher de la Paroisse San Jose qui domine la ville donne
le « la » pour ce qui est de la couleur et celles du port pour ce qui est de la pente.
San Martin de Los Andes s'accorde parfaitement à la gamme des tons et des couleurs_environnantes.
A la différence de Villa la Angostura, et même si le tourisme
occupe la première place dans la vie économique de la ville, San Martin reste vivante toute l’année.
Situé dans les hauteurs de la ville, le musée Collection Georg [ GUÉORGUE ] est dédié aux
oeuvres d'une famille amoureuse de la Patagonie depuis 3 générations.
Georg, et ses fils Eliseo et Isaias nous racontent :
Quand je suis arrivé pour la première fois en Patagonie, j'ai ressenti un bien être immense,
et j'ai mis du temps à comprendre. Je le dois à la façon dont s'est peuplé ce
pays, en étend ouvert, tolérant, et intégrant une énorme variété de cultures différentes.
J'ai été attiré par l’expansion, la sensation de liberté.
Je ne souffre d’aucune limite. Le dernier livre que j’ai fait
s’appelle "terre du vent" qui justement traite de la Patagonie. La Patagonie du sud,
parce que pour moi c’est la Patagonie la plus authentique.
J'ai essayé de représenter son côte sauvage, cru, rustique,
le vent se voit jusque sur ce visage.
injuste de dire que c'est la Patagonie. La majeur partie est fait de steppes
comme le montre Eliceo avec Tierra del viento. Ça c'est la plus grand partie de la Patagonie
En effet, 30 kilomètres plus au nord, le Tipiliuke,
du haut de ses 1200 mètres, propose un tout autre spectacle.
Nous sommes entre San Martin et Junin de los andes.
Ces cerfs arpentent les 20 000 hectares dédiés au meilleur de la pêche à la truite.
Accompagné par des guides expérimentés et des Gaucho, les grandes fortunes de la planète
séjournent dans ce Lodge pour profiter d’une pêche exclusive le long de la rivière du Chimihuin.
Héritier de ce campo aux dimensions patagoniennes,
l'écrivain Michel de Larminat nous parle de son grand père quittant la France au
siècle dernier, pour venir s'installer sur cette terre du bout du monde.
En 1909, il avait 19 ans quand il est arrivé ici. Il y avait une colonie Française de presque 200
000 français en Argentine. Ils se sont mariés avec des françaises systématiquement qu’ils
amenaient. Alors ça c’était quelque chose d’absolument extraordinaire
parce que ces filles étaient des filles de familles on peut dire,
qui habitaient dans des châteaux et qui arrivaient ici, suivant leurs hommes,
au bout du monde. Et où il n’avaient plus aucun contact avec leur famille, avec leurs amis, avec
leurs cousins etc. Pour moi ça a été un des secrets du succès, que ces femmes aient accepté,
aient pu s’adapter, aient pu apporter tout le touch féminin qui était tellement rare ici.
En dehors de la pêche, la ville de Junin de los Andes situé au pied du Tipiliuke,
possède une forte identité culturelle.
La fête du Postero à lieu ici tous les ans.
Si le Postero est l'un des métiers les plus répandus en Patagonie,
il n'y a pas d'école pour l'enseigner. C’est donc dès le plus jeune âge,
que les gauchos transmettent à leurs enfants leur amour du métier.
Cette fête se transforme en une école en pleine air. Une belle idée pour motiver les enfants et
compléter leur enseignement. Ils s'appliquent à exécuter le circuit sous les yeux des ainés.
Ces futurs Gauchos exercent aussi leur équilibre sur des moutons,
encouragés par le vers improvisé du Payador qui chante accompagné de sa guitare.
Il réconforte avec talent, les plus jeunes quelque peu chahutés par cet
enseignement certes rustique, mais bien moins dangereux qu’il n’y paraît.
Et ici Silvina qui démarre en trombe. Oh, bon, non il ne s'est rien passe, elle n'a rien.
Et voici les applaudissements pour Silvina bigahil inal et le champ du Payador.
Et ça, c’est le frère non ?
Quelle habileté ! Fabuleux, bien, les applaudissement du papa, regarde comme c’est beau.
Quand la nuit tombe, la fête prends toute sa dimension folklorique.
Des couples de danseurs exécutent sur un air d'accordéon argentin,
le Chamamé, l'une des danses traditionnelles des gauchos.
Puis,
plus tard dans la soirée, c'est au tour des adultes de faire preuve de courage.
Savoir dompter un cheval est un défi que chaque gaucho doit savoir relever… un défi périlleux !
À une centaine de kilomètres au nord ouest de Juin de Los andes, dans le département de Huiliches,
le volcan Lanin veille du haut de ses 3700 mètres sur les vallées_environnantes.
C'est ici que vit l'un des nombreux peuples autochtones originaires d'Amérique latine.
Une communauté amérindienne Mapuche, littéralement “les hommes de la terre".
Ici, à Chiquilihuin, les Mapuches vivent en familles sous l'autorité d'un chef de clan.
L'école du village arbore le drapeau mapuche aux côtés de l'argentin.
Les principales activités sont l'élevage,
la plantation de fruits et l'artisanat. Ça c'est une hache pour retirer le bois
Je fais de tout, ça c'est un instrument de musique, des assiettes.
La communauté vend directement aux voyageurs, des assiettes,
des plats et des instruments de musique fait de bois et de peau.
Dans le centre culturel du village, Magdalena enseigne aux femmes l'art du
tissage dans le respect de la tradition Mapuche. Ici c’est la communauté Chiquilihuin qui signifie
en langage Mapuche le rapace sur la cascade. Ça c’est une partie de la toison après la tonte,
on la lave et la sèche 3 jours, pour retirer la graisse du mouton.
Ensuite on fabrique le fil à partir d’un filament,
voila ça c'est le premier filament. Le fil, on le travaille à la main. Bien sur
avec la roue elle le fait avec son pied, ça va plus vite.
Ensuite on procède à enroulement. Voila, on double le fil pour l'enrouler,
et on obtient un fil à deux filaments comme elle le fait en ce moment.
Parce que pour tisser il faut toujours partir d'un fil à deux filaments.
Donc ca c'est le premier étape avant de tisser. Apres la fabrication du fil,
on faut aussi la teinture. On utilise l’écorce d'oignon,
qui donne une couleur plus dense plus marron. Ici la teinte est plus sombre, tout dépend du temps
d'immersion, de la laine et de la quantité. Ça c'est une sorte cerise originaire d'ici,
de la Nalca, du Radal. Tous ces marrons viennent du Radal, on utilise aussi l’herbe du maté,
le blanc, le noir le gris, tout ce qu’offre la terre se retrouve dans le tissu.
Ici par exemple, on a les 4 points cardinaux que l'on retrouve sur le Nandu. Ici un envol d'oiseau.
Là les semis de la terre. Derrières ces symboles viennent tout un tas de légendes.
En Patagonie, les légendes sont nombreuses et s’expriment souvent de manière Artistique.
1000 kilomètres vers le sud, nous entrons cette fois dans la Patagonie centrale. C'est
dans la province de Santa Cruze, que la seconde communauté la plus importante de la Patagonie,
à adopter une tout autre forme d'expression artistique pour raconter ses légendes.
Né du mariage entre l'eau et la terre, une oasis de verdure,
vient compléter ce tableau idyllique dont la nature est l’auteur .
Il se nomme à juste titre, Rio Pintura.
C'est
en plongeant au plus profond du canyon que l'on découvre Las Cuevas de las manos :
Les cavernes aux mains.
Les Indiens Tehuelches qui furent les derniers à habiter le canyon,
ont perpétué une pratique ancestrale née il y a plus de 9000 ans.
Ils ont raconté leur histoire, laissant leurs empreintes de mains en soufflant sur les murs
à travers de petits os, un mélange de sang, de graisse et de pierres réduites en poudre.
L'effet est saisissant ! Et pour cause. Ces centaines d'empreintes humaines, entremêlées
les unes aux autres, ont été réalisées sur une période de temps s'étirant sur plus de 6000 ans.
Certaines d'entre elles, affichant un sixième doigt,
ouvre de plus la porte à toutes sortes de légendes.
Une chose est sure : tous ces animaux présents sur ces scènes de chasses
préhistoriques sont encore vivants de nos jour, comme le guanaco ou le tatou.
Ici, au rio pintura, par la beauté de ses oeuvres,
Las Cuevas de las manos a hissé la Patagonie au rang de maîtresse du temps.
Pour le cas ou certain mettrait en doute ce mérite, 400 kilomètres plus au nord, toujours dans
la province de Santa cruze, la Patagonie renferme des vestiges beaucoup plus anciens encore.
Il y a 150 millions d'années, cet endroit ressemblait à un jardin d'Eden,
fait de mers et de lagons entourés de vastes forêts.
Avec le temps, la nature a profondément modifié ce décor paradisiaque. Le soleil
a asséché cette terre et l'eau a fini par creuser ces vallées faisant au passage,
apparaître une large palette de couleurs.
C'est ici qu'est née la forêt pétrifiée, où des sentiers vous mènent à la découverte d'un nombre
impressionnant de troncs qui ressurgissent des sols sous l’action de l'érosion.
Enfouit des millions d’années sous les sédiments, La terre leur a fait dont de ses couleurs,
invitant la silice à se substituer aux matières végétales pour obtenir ces joyaux naturels.
De retour dans la cordillère des Andes, mais sur la même latitude,
la Carreta Austral du Chili, route tout aussi mythique et incontournable
que la route 40 d’Argentine, mène au paradis des amoureux de la montagne.
Les couleurs Lactées du Lac General Carrera se confondent si bien avec le ciel que ses
isles semblent flotter comme en plein rêve.
Des formations dites « de marbre » jalonnent les rives du lac et
marquent l’entrée du sud de la Patagonie.
Cette partie australe de la Patagonie accueille la troisième plus grande
masse glaciaire de la planète, juste derrière l'Antarctique et le Groenland.
C’est donc la première réserve de glace continentale avec pas moins de 48 glaciers.
Et c'est entre les villes argentines de Calafate et Du Chalten,
que l'on a rendez-vous avec un colosse :
Le Perito Moreno.
Ce célèbre glacier est le plus facile d'accès et ses dimensions véritablement hors normes,
en font un mastodonte de glace tout à fait exceptionnel.
Le paysage environnant des hautes montagnes semble même s'effacer derrière lui.
Sa surface équivaut a 2 fois et demi celle d'une ville comme Paris.
Le front de glace culmine à plus de 60 mètres et mesure 5km de long.
Il progresse de plus de 2 mètres par jour.
C’est l’un des rares glaciers à continuer de croitre.
Cette masse de glace semble vivante ; elle s'anime, respire et craque.
Les visiteurs guettent le moment où les parois
de glace vont finir par se briser et plonger dans le lac Argentino.
50 kilomètres plus au sud, côté Chilien,
227 000 hectares de nature soigneusement protégées forment le Parc de Torres del Paine.
L’atmosphère du parc de Las Torres del Paine est unique en son genre.
Déjà le lac qui mène aux tours de granites, annonce la couleur.
Ses eaux turquoise semblent comme illuminées de l'intérieur.
La faune du parc s’épanouit_ici sur un territoire totalement préservé.
Il est facile d'approcher les guanacos,
de petits camélidés sauvages, proches parents des lamas et des alpagas.
Le Parc de Torres del Paine tire son nom de ses tours, les « torres », aiguilles
qui s'élancent vers les nuages. Elles sont le symbole de toute cette région du Chili.
Pour aborder notre dernière étape, il faut parcourir 380 km plus à l'est,
en suivant la trace des derniers volcans du continent.
Là, le chemin s'arrête et fait face au Détroit de Magellan.
Fouler la Terre de Feu, c’est comme poser la dernier pièce
d'un puzzle. Réaliser un rêve un peu fou… voyager jusqu'au bout du monde.
Comme savent si bien le faire les
îles, la terre de feu a su conserver ses traditions, et assumer son isolement.
C'est ce que l'on découvre à l’estancia Maria Behety,
située à mi-chemin entre Punta Delgada et Ushuaia.
Plus qu'une estancia, c’est un village du siècle passé : avec sa bibliothèque,
la maison des employés,
la chapelle bien sur,
son atelier de mécanique, et même le restaurant du personnel où la
polenta au mouton met tout le monde d’accord.
Encore une fois, ici nul besoin de prévenir à l'avance pour être accueilli
avec gite et couvert, l'hospitalité en Patagonie fait l'orgueil des Argentins.
Et puis surtout, il y a le plus grand hangar du monde destiné à la tonte des moutons.
C'est le temple de la laine en terre de feu sinon en Argentine, où plus de 120
000 moutons sont tondu ici chaque année selon les règles de l’art.
Les tondeurs de moutons concilient rapidité et précision.
Ces hommes parcourt des milliers de kilomètres et vont officier
d’Estancia en Estancia fort de leur savoir faire.
Le plus important étant de ne pas blesser le mouton,
ne serait-ce que par respect de l'animal et pour ne pas tâcher et perdre sa laine.
Les races sont classées, la laine séparée, nettoyée, puis empaquetée.
La terre de feu s'étend sur 200 kilomètres du nord au sud. La steppe
patagonienne laisse place à des chainons montagneux qui culminent à 2400 mètres.
Il y a plus d'un siècle, le colonel Augusto Lasserre demande à un certain
Thomas Bridges d'abaisser son drapeau anglais pour le remplacer par l'argentin
et officiellement fonder en date du 12 Octobre 1884, la ville d'Ushuaia.
Face au Canal de Beagle, elle doit sa renommée au fait d'être la ville située la plus au sud
de la planète et c'est aussi la seule ville d’argentine du côté de l’océan Pacifique.
Ushuaïa est l'une des villes au monde qui possède la météo la plus capricieuse. Il
n'est pas rare d'y vivre les quatre saisons condensées en une seule et même journée.
À l'extérieur, la ville est entourée d'un paysage de tourbière.
Ces zones naturelles ne représentent que 3 % des terres_émergées,
mais sont des puits de carbone efficace. En piégeant le CO2 de l'atmosphère,
elles contribuent à diminuer l'impact du réchauffement climatique. Les tourbières
de Patagonie jouent donc un rôle capital à l’échelle mondiale.
Les fameux arbres dit « en drapeau », façonnés par la puissance des vents
annoncent l'arrivée à la première estancia de terre de feu : l'estancia Haberton.
Ici vivent les héritiers du missionnaire anglais, qui fut le premier européen à vivre sur l’isle.
Thomas Bridges a été le premier Blanc à vivre sur l’ile avec sa famille.
Il a appris le langage quand il allait avec 3 ou 4 Yamanes à la mission aux
Iles Malvinas et en jouant alors qu’il n’avait que 13 ans il a appris leur langue.
Ami et défenseur des Indiens Yamanes,
il réalisa durant sa propre mission anglicane, un dictionnaire de cette langue amérindienne,
traduisant ainsi plus de 30 000 mots.
Il s’employa aussi a rétablir la vérité face à une description plus que succincte,
que fit Charles Darwin sur le raffinement de la culture des originaires de l’isle.
Visiter l'estancia Haberton permet de mesurer tout le courage dont
ont fait preuve les familles de colons Européens comme celle de ThomaS BridgeS.
Côtoyer l'embarcation construite par le fils de Thomas pour aller chasser la baleine aux abords
du cap Horne, équivaut en quelques minutes à la lecture de l’œuvre complète d'Ernest Hemingway.
Plus de 100 000 visiteurs par an viennent en Patagonie a la recherche de la liberté,
Il y a ceux qui chevauchent leur motos,
d'autres à bord de vielles reliques ressuscitées.
Et même celui qui vient du fin fond de la chine sur son vélo.
Ils auront traversé plus de 8 millions d'hectares de PARCS nationaux.
La majorité d’entre eux atteindra le bout du monde et chacun comprendra à l’arrivée que ce
n’est pas la destination qui compte, mais bien les chemins qui y mènent.
Ils pourront alors se vanter d’avoir apprivoiser la Patagonie,
première dame à mériter le titre de Maitresse du temps.
