Une avancée inédite pour le diabète de type 1. Une femme a commencé à produire sa propre insuline moins de trois mois après avoir été greffée de cellules souches reprogrammées. La véritable innovation réside dans l'utilisation de ses propres cellules pour ce traitement, ce qui pourrait éliminer le besoin d’immunosuppresseurs. Mais peut-on vraiment parler de guérison définitive ? On fait le point.
Réalisation : Anaïs Poncet Production : Universcience 2024
Une femme de 25 ans atteinte de diabète de type 1 a commencé à produire de l'insuline
moins de 3 mois après avoir été greffée de cellules souches reprogrammées.
La nouveauté ? Ces cellules provenaient de son propre corps.
Pour rappel, le diabète de type 1, c'est une maladie où le corps n'arrive plus à produire d'insuline,
cette hormone qui régule le taux de sucre dans le sang.
Cela se produit parce que le système immunitaire attaque par erreur les cellules du pancréas
qui fabriquent l'insuline.
Et depuis 25 ans, les chercheurs tentent de régler le problème de manière assez pragmatique.
Faisons comme on fait dans une voiture.
Quand dans une voiture il y a une roue qui est crevée, on remplace la roue.
Et là, remplaçons les cellules productrices d'insuline, qui s'appellent les cellules bêta-pancréatiques,
par des nouvelles cellules qui feraient le même rôle.
C'est ce qui se fait actuellement, mais on utilise des cellules de donneurs
et la plupart du temps de donneurs décédés.
Donc ça limite fortement le nombre de greffes réalisables.
Ce qui est tout nouveau ici, c'est donc que l'équipe chinoise a choisi d'utiliser
les propres cellules de la patiente diabétique.
Ils ont récupéré les cellules de son tissu à dix peu, puis les ont reprogrammées chimiquement
pour les transformer en cellules productrices d'insuline, avant de les lui greffer à nouveau.
Cela fait maintenant un an que la patiente n'a plus besoin de s'injecter de l'insuline.
Ce qui est surprenant, car même si on lui transplante ses propres cellules,
il ne faut pas oublier que le diabète de type 1 est une maladie auto-immune,
où le système immunitaire se retourne contre nos propres cellules.
Alors comment expliquer que l'organisme n'ait pas attaqué ces cellules productrices d'insuline ?
La patiente était quand même très particulière,
puisque c'était une patiente qui avait déjà eu une greffe de foie,
une greffe de pancréas, et ensuite on avait dû lui retirer le pancréas.
Et donc cette patiente était déjà sous immunosuppresseurs,
sous des drogues et sous des médicaments qui permettent de ne pas rejeter la greffe.
La question c'est qu'est-ce qui va se passer avec le temps ?
Il faudra attendre quelques années et d'autres expériences similaires
pour savoir si cette solution est vraiment pérenne et bénéfique pour les diabétiques greffés.
Deux autres patients ont déjà reçu le même traitement et les résultats sont positifs.
Leurs essais atteindront un an en novembre, date à laquelle les premières conclusions pourront être tirées.