Abonnez-vous à la chaîne ! https://bit.ly/47Vhx2q Les risques de Diabète : Comment l'éviter ? - C'est pas sorcier [Intégrale]
Sans chocolats et autres sucreries, la vie serait moins douce ! Certains en profitent pour s'empiffrer, en oubliant que le sucre peut leur causer des caries, les faire grossir et surtout provoquer un diabète irréversible ! Fred et Jamy ont été embauchés comme animateurs de colonie de vacances ! Mais attention, c’est une colo un peu particulière, où il n’y a que des enfants atteints de diabète : le centre de séjour d’éducation thérapeutique de l’Association d’Aide aux jeunes diabétiques à Abriès. Le diabète est une maladie caractérisée par un excès de sucre dans le sang. Il n’y a pas un, mais des diabètes : le diabète de type I, qui touche notamment les enfants, et le diabète de type II, que l’on appelle aussi « diabète gras », qui concerne en particulier les personnes souffrant d’un excès de poids. En France, environ 2 millions de personnes en seraient atteintes. Et près de 200 000 personnes ignorent qu’elles ont cette maladie ! Alors que le diabète de type I augmente régulièrement de 3% par an, le diabète de type II devient une véritable épidémie mondiale : on estime à environ 200 millions le nombre d’adultes atteints dans le monde en 2005. C’est la cause première de l’obésité. Aux Etats-Unis, un homme sur cinq, est obèse. En France, l’épidémie est aussi devenue.
« C’est pas sorcier », le magazine de la science et de la découverte présenté par Fred, Jamy et Sabine. A bord de leur camion laboratoire, les trois présentateurs nous emmènent vers des sites insolites et spectaculaires pour nous expliquer le monde qui nous entoure.
Ben Fred, t'es où ?
Rejoins-moi, je suis dans une colonie de vacances très sympa et ici, tous les enfants sont diabétiques.
Ah ben je vois le genre, ça va être régime sans sucre !
Mais non, pas du tout !
Pas du tout, on a le droit de manger presque tout ! Allez, rejoins-nous Jamy !
Ça va, j'ai compris, j'arrive ! Allez Marcel, on va rejoindre Fred, on va parler de diabète !
Bienvenue dans cette belle vallée du Keras, dans les Alpes du Sud.
Plus exactement, dans le petit village d'Abriès, c'est là que se trouve notre colonie de vacances,
une colonie un peu particulière, tu vas voir.
Celle-ci n'accueille que des enfants diabétiques.
Le diabète, vous savez, c'est une maladie qui se caractérise par un excès de sucre dans le sang.
Alors en réalité, il y en a plusieurs formes, il y a le diabète de type 1,
qui touche notamment les enfants, et le diabète de type 2,
qui concerne plus généralement les personnes qui souffrent d'un excès de poids.
Ici, les enfants sont des diabétiques de type 1.
Jamy, je crois qu'on va être bien accueillis !
Bonjour tout le monde !
Bonjour Fred !
Viens rejoindre l'équipe d'Animator, ça se passe bien les vacances ?
Oui !
Tu veux jouer avec nous ?
Ben avec plaisir !
J'ai une question pour toi Fred.
Combien y a-t-il de diabétiques de type 1 en France ?
Ah ben dis donc, ça commence fort !
A la petite voix, tu m'aides ?
Ben facile, il y en a 200 000 !
Le diabète était déjà connu du temps des Grecs.
Les médecins avaient alors constaté que l'urine des malades était sucrée.
D'ailleurs, pour diagnostiquer le diabète, ils goûtaient l'urine de leurs patients.
Hmm, beurk !
Aujourd'hui, le diabète est un vrai problème de santé publique.
Surtout celui de type 2, qui touche 2 millions de personnes en France, principalement des obèses.
Pour éviter de graves complications, les diabétiques sont obligés
de contrôler régulièrement leur taux de sucre dans le sang,
de faire très attention à ce qu'ils mangent,
et parfois de se faire plusieurs piqûres par jour.
Ben Fred, qu'est-ce que tu fais ?
Je suis venu voir ce qu'Olivier nous prépare pour le déjeuner.
Tiens, des pommes de terre !
Merci Fred !
Alors contrairement à une idée reçue, on ne devient pas diabétique
parce qu'on a mangé trop de sucre.
Et à l'inverse, ce n'est pas parce qu'on a du diabète
qu'on ne peut pas manger de sucre.
Car les sucres, enfin plus exactement les glucides,
sont indispensables au bon fonctionnement de notre organisme.
Et ces glucides, on ne les trouve pas Olivier,
seulement dans ce qu'on appelle les sucreries.
Ben non, on les trouve dans plein d'autres aliments Fred,
comme les pâtes, le blé, le riz, le pain, les pommes de terre.
Eh ben tu sais quoi, tu vas nous préparer un bon repas équilibré,
et moi je pars en randonnée avec les jeunes, OK ?
Eh ben bonne rando Fred !
Merci !
Eh Jamy, il se croirait pas un peu en vacances là Fred ?
J'ai un peu l'impression.
On va commencer par une petite piqûre de rappel.
Ces glucides dont nous parle Fred
ne sont en fait ni plus ni moins
que des molécules plus ou moins longues
constituées de carbone, d'hydrogène et d'oxygène.
Une fois dans l'appareil digestif,
ces glucides sont découpés en molécules de glucose
qui passent ensuite dans le sang, vous le voyez,
afin d'alimenter nos cellules.
Seulement attention, point trop n'en faut.
Aussi, le pancréas est là et il veille au grain.
Il mesure en permanence le taux de glucose dans le sang,
ce qu'on appelle la glycémie.
En temps normal, elle est comprise entre
0,8 et 1,1 g de glucose par litre de sang.
En revanche, après chaque repas,
le taux de glucose dans le sang augmente.
Dès qu'il franchit la barre des 1,1 g par litre de sang,
le pancréas réagit.
Il se met à produire de l'insuline.
Il s'agit d'une hormone, une substance
qui se répand dans le sang
et agit comme un messager à plusieurs niveaux
pour diminuer la glycémie.
Sous l'effet de cette insuline,
les cellules musculaires se mettent par exemple
à consommer du glucose pour produire de l'énergie.
Les cellules adipeuses, celles qui constituent
les petits bourrelets sur les hanches,
gardent quant à elles leur graisse.
Les cellules musculaires ont en effet
suffisamment de carburant pour produire de l'énergie.
Quant au foie qui stocke du glucose,
eh bien il a ordre de surtout ne pas en libérer.
De cette manière, la glycémie diminue
et dans la foulée, le pancréas réduit
sa production d'insuline.
Bah alors Jamy, entre les repas,
on fait du sport, notre cerveau il marche toujours,
donc on consomme du glucose.
Alors, qu'est-ce qui se passe ?
Non mais Adrien, prends ma place si tu veux !
D'accord.
C'est exactement la question que je voulais poser !
Effectivement, tu t'es fait sucrer ta question.
Bien sûr, entre les repas,
nos muscles, notre cerveau,
toutes les cellules de notre organisme fonctionnent
et pour cela, elles consomment du glucose.
Pour autant, la glycémie reste stable.
Pourquoi ?
Eh bien parce que le foie compense.
Le foie est une réserve de glucose.
On l'a vu, quand la glycémie retombe
et retrouve son niveau normal,
eh bien le pancréas réduit la sécrétion d'insuline.
A partir de là, plus rien n'interdit au foie
de libérer du glucose,
ce qui permet à la glycémie de rester stable.
Ça va, tout le monde suit ?
Alors comme je le disais,
tous les jeunes de cette colonie de vacances
ont un diabète de type 1.
Ce diabète est lié à une absence d'insuline.
Du coup, le glucose s'accumule dans le sang
et il peut apparaître dès le plus jeune âge.
Hugo, tu es à quel âge toi ?
11 ans.
Alors tu es diabétique depuis quand ?
7 mois.
C'est arrivé d'un seul coup comme ça ?
Ouais, d'un seul coup.
J'allais souvent aux toilettes,
je buvais 2 à 3 litres d'eau par jour.
Après j'avais plus de force dans les jambes,
en plus j'étais pas à l'eau.
D'accord.
Et toi Marie alors ?
Moi j'ai 10 ans et ça fait 4 ans que j'ai le diabète
et je suis allée aussi beaucoup aux toilettes
et je buvais beaucoup.
D'accord, donc on trouve toujours à peu près
les mêmes signes.
D'ailleurs Jamy, j'aimerais bien savoir pourquoi
l'absence d'insuline
entraîne ce genre de symptômes ?
Une petite précision.
Le diabète de type 1 est dû à la destruction
des cellules du pancréas qui produisent l'insuline.
Or, sans cette hormone, sans insuline,
le glucose s'accumule inexorablement dans le sang.
Mais alors pourquoi ça donne envie de faire pipi ?
Vous avez tous entendu parler des reins ?
Eh bien, ces organes permettent de filtrer le sang
et de le débarrasser des impuretés.
Les déchets sont ensuite canalisés vers l'avis.
Le glucose, lui, est réinjecté dans le circuit sanguin.
Le problème chez les personnes qui ont du diabète,
c'est que le taux de glucose sanguin est parfois si élevé
que les reins ne peuvent pas tout filtrer
et qu'une partie du glucose se retrouve dans les urines.
Or, dans l'organisme, la concentration de glucose
a toujours tendance à s'équilibrer.
Du coup, l'eau contenue dans l'organisme
se dirige vers l'avessie
pour diluer le trop-plein de glucose.
L'avessie se gorgeant sans arrêt,
le patient a donc toujours envie d'uriner.
Du coup, son corps se déshydrate,
il a soif et il fatigue.
Et ce n'est pas le seul symptôme.
Privés d'insuline, les cellules musculaires
ont du mal à consommer du glucose.
Elles vont alors puiser leur carburant
dans les graisses et ont maigri.
Mais il n'y a plus grave.
Pour être consommées, ces acides gras
doivent être transformés par le foie.
L'ennui, c'est que ces produits,
lorsqu'ils sont en excès,
empoisonnent l'organisme.
Le patient a alors des nausées
et il est pris de somnolence.
Dans ce cas, il faut l'hospitaliser sans tarder
car à terme, ces substances toxiques,
lorsqu'elles sont en excès,
peuvent entraîner la mort.
Les cellules productrices d'insuline
ne représentent que 2% du pancréas
et sont organisées en petits îlots
appelés îlots de Langerhans.
Chez les diabétiques, ces cellules sont détruites
par le propre système immunitaire du patient.
C'est ce qu'on appelle une maladie auto-immune.
Le diabète de type 1 peut apparaître
dès le plus jeune âge.
Des gènes de prédisposition ont été identifiés
mais ils ne sont pas déterminants.
Pour que la maladie se déclare,
il faut aussi entrer en contact
avec un élément déclenchant
provenant de l'environnement
ou de l'alimentation.
Le problème, c'est que cet élément déclenchant
est encore inconnu.
Comme les personnes diabétiques
ne produisent pas leur propre insuline,
il faut la remplacer par de l'insuline
fabriquée en laboratoire.
Mais attention, pour connaître la dose
qu'il faut s'injecter, il faut d'abord
contrôler sa glycémie,
c'est-à-dire la quantité de glucose dans le sang.
Et toi, Brice, t'es un champion pour ça,
tu vas nous montrer. Tiens, on va montrer à Jamy
comment ça se passe.
Déjà, on arme.
Il y a une petite aiguille.
On va sortir une petite goutte de sang,
comme ça.
On va la déposer
sur la bandelette.
Et c'est cet appareil
qui va nous indiquer la glycémie.
Fais voir.
Et bien sûr, plus la glycémie
est élevée, plus il faudra
s'injecter d'insuline.
C'est bien ça. Mais ça, c'est l'étape suivante.
Alors dans cette colonie,
les enfants aussi apprennent
le bon geste technique pour
s'injecter eux-mêmes l'insuline.
Mathieu, alors explique-nous. D'abord,
où est-ce que les enfants peuvent se faire cette piqûre ?
Donc, il y a des zones privilégiées pour l'injection.
Il y a l'extérieur des bras,
le ventre, pas trop près du nombril,
et l'extérieur des cuisses.
D'accord. Alors toi, Brice, où est-ce que tu as envie de piquer aujourd'hui ?
Le ventre.
D'accord.
Je désinfecte. Je fais un pli.
De façon générale, ça fait mal ou pas ?
Non. Je pique.
Ensuite, j'injecte.
Et tu sais, Jamy, que tous les enfants
ne se font pas le même nombre d'injections par jour.
Ça peut aller de 2 à 4.
Pourquoi plusieurs injections
dans une même journée ?
L'insuline, produite par le pancréas,
permet de réguler le taux de glucose
dans le sang. En temps normal, donc,
il en produit beaucoup
au moment des repas.
On parle d'ailleurs de pique d'insuline.
En effet, les glucides sont fournis
par l'alimentation.
L'insulinothérapie consiste,
vous l'avez compris, à mimer
ce travail du pancréas,
et par conséquent, à mettre les bouchées doubles,
si j'ose dire, au moment des repas.
C'est simple, il faut injecter l'insuline au moment des repas.
Absolument.
En injectant l'insuline
au moment des repas, on va créer
un pic d'insuline
qui va permettre de contrôler
la glycémie.
Dis donc, Jamy, si j'ai bien suivi tes explications
entre les repas, aussi on a besoin d'insuline.
Alors comment on fait quand on est diabétique ?
Effectivement.
Le pancréas n'est jamais totalement
en repos. Il produit également,
vous le voyez, de l'insuline
entre les repas.
Mais en petite quantité, ceci,
afin de réguler l'apport de glucose
fourni par le foie.
Pour mimer le pancréas,
les laboratoires ont donc mis au point
plusieurs types d'insuline.
Certaines agissent très rapidement,
elles permettent de mimer les pics,
d'autres sont beaucoup plus lentes
et permettent de maintenir la présence d'insuline
dans l'organisme pendant un long moment.
Voilà pourquoi il y a plusieurs injections
dans une même journée.
C'est en 1921
que, pour la première fois,
des médecins canadiens injectent de l'insuline
à un patient et lui sauvent la vie.
Jusque dans les années 1980,
l'insuline est extraite
de pancréas de bœuf et de porc.
Aujourd'hui, elle est fabriquée
soit par synthèse chimique,
soit par des bactéries génétiquement modifiées.
Pour améliorer la qualité
de vie des patients,
certains sont aujourd'hui équipés d'une pompe à insuline.
De la taille d'un téléphone portable,
elle est reliée à un cathéter
et permet de délivrer de l'insuline en continu.
Ça m'a beaucoup changé la vie,
dans le sens où,
de trois piqûres par jour,
je suis passé à une piqûre,
une mise en place de cathéter,
tous les trois jours.
Mais tous les patients ne peuvent pas avoir une pompe
car il faut être capable de la régler parfaitement
pour s'injecter les bonnes doses d'insuline.
Les chercheurs planchent actuellement
sur d'autres moyens d'éviter les piqûres.
Une solution serait de remplacer
les cellules du pancréas détruites
par des cellules saines.
Celles-ci pourraient provenir d'un donneur
ou bien de cellules souches prélevées dans la moelle osseuse
ou le pancréas et
transformer en cellules productrices d'insuline.
On n'a pas ! On n'a pas !
Mais il sera fabriqué ou quoi ?
Mais oui, dépêchez-vous !
Tu ne sais jamais que quand on a du diabète,
il faut faire particulièrement attention à ce qu'on mange
car l'équilibre de la glycémie dépend
autant de l'alimentation que du traitement,
c'est-à-dire des prises d'insuline.
Allez, c'est parti pour les entrées !
Mais contrairement à une idée reçue,
une personne diabétique peut manger
de tout ou presque. L'essentiel,
c'est comme pour tout le monde, c'est de faire des repas
variés et équilibrés. Équilibrés, ça veut dire quoi ?
Eh bien, on considère qu'on doit consommer
environ 30% de lipides,
c'est ce qu'on trouve dans le beurre, dans les laitages,
15 à 20% de
protides, c'est ce qu'on trouve dans la viande
ou encore dans le poisson,
et 50 à 55%
de glucides, c'est ce qu'on trouve par exemple
dans les pommes de terre et ça tombe bien parce qu'aujourd'hui,
Jamy, on a un excellent
gratin dauphinois !
Hum, tu m'en laisses, hein ?
Alors là, Jamy, tu rêves ! T'as vu comme ils ont faim ?
Il risque pas d'en rester une niette !
Bon, c'est vrai, pour les glucides, les choses
se compliquent un peu car ceux que l'on trouve
dans les produits sucrés
font monter la glycémie
plus vite que les glucides que l'on trouve
par exemple dans le gratin dauphinois.
Or, quand on a du diabète,
il faut faire très attention que la glycémie
ne fasse pas le yo-yo,
c'est-à-dire qu'elle monte et qu'elle descende en permanence !
Tu nous expliques tout ça,
Jamy, parce qu'on est un peu pressés, on va aller faire du ski !
Allez-y, servez-vous !
Il est vraiment en vacances, Fred !
Comme on l'a vu au début de l'émission,
les glucides se présentent sous plusieurs
formes. D'abord, il y a
les glucides simples, que l'on trouve dans le sucre
par exemple, ou dans les bonbons.
Ils se digèrent très facilement,
passent rapidement dans le sang
en faisant grimper la glycémie.
Cela dit, ils disparaissent
tout aussi vite. La glycémie
fait du yo-yo à consommer donc
avec beaucoup de modération.
Ensuite, il y a les glucides complexes,
que l'on trouve dans le pain blanc,
dans le riz ou dans la purée de pommes de terre.
Les chaînes, vous le voyez, sont
plus longues. L'estomac les digère
moins facilement, ils passent donc moins
rapidement dans le sang.
Le taux de glucose augmente donc
plus lentement. Dans le pain complet
ou dans les lentilles, les chaînes
sont aussi longues mais en plus,
elles sont protégées par des fibres.
La digestion est encore plus
lente et ralentit encore davantage
l'augmentation de la glycémie.
Dans la pratique, ce type de glucides
évite les fluctuations de la glycémie
et est fortement recommandé
pour les personnes qui ont du diabète, pour les autres aussi
d'ailleurs. En effet, ces glucides
permettent de rester plus longtemps
sans ressentir la faim.
Très bien, on se resserre, super !
Alors tu sais, Jamy, que le diabète
n'empêche absolument pas de faire du sport.
D'ailleurs, il y a des sportifs de très haut
niveau qui sont diabétiques.
Attention quand même
à ce que l'on appelle l'hypoglycémie.
L'hypoglycémie, c'est une
chute brutale de la glycémie.
Allez, petit virage !
Ça suit derrière !
Et alors l'hypoglycémie, elle se produit
souvent quand on fait un effort physique
et qu'on n'a pas assez mangé
ou encore quand on s'est injecté une dose d'insuline
trop importante. Alors Justin et Alice,
ça vous arrive vous parfois ?
Oui, très souvent.
Et alors cette hypoglycémie, elle se traduit par quoi ?
Les tremblements d'abord, ça c'est le plus
important. La sueur,
la pâleur, beaucoup les vertiges moi
et la couleur.
On peut s'énerver sur des
arbres, surtout sur un animal.
Des fois, on ne s'en rend pas
compte et que ça vient vite
ou des fois, ça vient petit à petit,
on sent qu'on est de plus en plus faible.
D'accord. Ça va là, vous êtes en forme ?
Oui. On recommence alors,
on repart ? En temps normal,
la consommation de glucose par les cellules
musculaires est compensée par le foie
qui libère une partie de ses réserves.
Seulement, attention,
si le sang contient trop d'insuline,
et bien ce mécanisme ne peut
pas fonctionner. En effet, on l'a vu,
l'insuline empêche le foie
de libérer du glucose.
Du coup, lorsqu'une personne diabétique
fait du sport, elle doit
veiller à ne pas s'injecter une trop forte dose
d'insuline et manger
suffisamment de glucides, sinon
sa glycémie chute.
C'est ce qu'on appelle l'hypoglycine.
Comment va réagir l'organisme ?
Dans un premier temps, il se met à
produire de l'adrénaline,
une autre hormone qui va agir à différents
niveaux. Elle provoque l'accélération
du rythme cardiaque, des suées,
une sensation de faim,
le teint pali également.
Ce sont des signes qu'il faut absolument
savoir détecter. Dans ce cas,
il n'y a pas 36 solutions, il faut
réalimenter le sang en glucose,
car ensuite, le cerveau commence
à manquer de carburant. Le patient
a mal à la tête, il a du mal à se
concentrer et devient très susceptible.
S'il n'intervient pas pour corriger
sa glycémie, en mangeant du sucre
par exemple, et bien, il peut être pris
de convulsion et finir par sombrer
dans le coma. T'as raison, Jamy,
quand on est en hypoglycémie, il y a une
solution très simple, c'est de consommer
très vite du glucose, autrement dit
du sucre. À raison d'un
sucre pour 20 kilos,
et quand on fait 40 kilos, on prend
deux sucres !
L'enjeu pour les diabétiques est de
maintenir leur glycémie à un niveau
stable. Et ce n'est pas facile, car
des tas de choses la font varier tous les jours.
On n'a jamais les mêmes
apports alimentaires, et l'alimentation
fait monter la glycémie.
On n'a jamais la même activité physique,
et l'activité physique fait
baisser la glycémie. On doit
gérer des émotions, et des émotions
peuvent faire monter la glycémie.
Pour adapter au quotidien
leur dose d'insuline, les diabétiques sont donc
éduqués, jusqu'à devenir de
vrais experts de leur maladie.
J'ai faim, et je vois
double.
C'est pour ça que t'as dessiné deux têtes.
D'accord.
Alors maintenant, on va complètement changer de sujet.
Est-ce que vous avez déjà entendu parler du
diabète de type 2 ? Oui, mais
pas le nôtre. C'est vrai,
ils ont raison, le diabète de type 2,
il touche essentiellement les adultes qui sont
atteints de surpoids ou d'obésité.
Alors comme pour le diabète de type 1,
c'est un problème d'excès de glucose
dans le sang, mais à mon avis,
ce ne sont pas les mêmes mécanismes.
Bah alors Fred, t'écoutes
ou pas ? Ouais, j'écoute.
Si on ne peut plus rien dire.
Bah t'es vraiment en vacances, toi.
Ce diabète de type 2 apparaît
progressivement. Alors certes,
les patients qui sont atteints présentent
des prédispositions génétiques,
mais l'obésité liée à la sédentarité
et à l'alimentation sont également
des facteurs de risque. Quoi qu'il en soit,
les patients, au départ,
produisent de l'insuline.
Seulement, à cause des graisses qui
s'infiltrent dans les muscles et dans
le foie, cette insuline perd
de son efficacité. Pour compenser,
le pancréas se met à en produire
davantage.
À ce stade, le patient n'est pas
diabétique. D'ailleurs,
sa glycémie reste normale. On dit qu'il est
insulino-résistant,
résistant à l'insuline.
Mais ça ne va pas durer. À ce rythme,
le pancréas va finir par
se fatiguer. Petit à petit,
ses cellules sont détruites
et la production d'insuline diminue.
Jusqu'au moment où
il n'y en a plus suffisamment
pour que la glycémie
reste à un niveau normal.
Le patient se retrouve alors en
hyperglycémie. Et finalement,
quand la glycémie entre les repas
franchit le seuil de 1,26
g de glucose par litre de sang,
le patient devient diabétique.
Eh Jamy !
La première chose à faire pour lutter contre cette
forme de diabète, c'est de perdre du poids
en faisant du sport, en mangeant équilibré.
Tu sais qu'une perte de 5 à 10%
du poids peut inverser la tendance.
Il faut le savoir ! Allez !
C'est vrai, si on maigrit,
la quantité de graisse diminue,
notamment au niveau des muscles
et des viscères. Par conséquent,
l'insuline peut à nouveau agir
quasi normalement. Par conséquent,
la glycémie diminue.
Cela dit, il ne faut pas
trop attendre. En effet, quand les cellules
du pancréas sont détruites,
on ne peut pas les remplacer.
Dans le monde, environ
200 millions de personnes sont diabétiques de type 2
et ce chiffre ne cesse d'augmenter.
En cause, l'épidémie d'obésité
est liée à notre mode de vie.
Nous mangeons trop gras et trop sucré
et nous ne bougeons pas suffisamment.
Résultat, on grossit et l'obésité
multiplie par 8 le risque
de devenir diabétique.
Ce diabète de type 2 apparaît même parfois
sans que l'on s'en rende compte.
En France, il y aurait ainsi 500 000 diabétiques
qui s'ignorent. Les personnes
à risque doivent donc se faire dépister
en faisant une mesure de leur glycémie.
Mon père ou ma mère, mon frère ou ma soeur
sont diabétiques, j'ai plus de 40 ans,
ce serait bien que j'ai un dosage de glycémie.
Surtout si j'ai un surpoids,
si j'ai de l'hypertension,
si j'ai des graisses trop élevées
dans le sang. Et pour les femmes,
si j'ai eu un gros bébé à naissance,
si j'ai eu un bébé qui pesait plus de 4,5 kg,
un vrai gros bébé,
là j'ai un risque important de devenir diabétique.
Quand le diabète est découvert,
il faut avant tout réapprendre à manger équilibré
et se remettre à bouger.
Des médicaments, puis des injections
d'insuline peuvent aussi aider
à stabiliser la glycémie pour éviter
les complications.
Alors tu sais, Jamy, que lorsque le diabète
de type 1 ou de type 2 est mal soigné
et que l'hyperglycémie devient chronique,
il peut y avoir des conséquences graves,
en particulier pour les yeux,
d'où l'importance
pour les personnes diabétiques
de faire régulièrement un examen de fond d'œil.
À quand revendre
votre dernier contrôle, madame ?
Environ un an.
Bon, et vous n'avez pas eu de problèmes depuis la dernière fois ?
Non, pas du tout.
Professeur Renard, je vais vous laisser nous commenter
ce qu'on voit.
Deux types de lésions s'observent dans le diabète,
au niveau oculaire. D'une part,
les dilatations vasculaires qui débutent,
ce qu'on appelle des micro-anévrismes,
qu'on va rechercher, qui sont les premières lésions.
Et on va voir également,
au fur et à mesure de l'évolution,
l'apparition de zones d'œdèmes
progressives et des hémorragies
successives.
Alors concrètement, ça peut conduire jusqu'à la cécité ?
Concrètement, ça peut conduire jusqu'à la cécité,
sauf si, au stade
suffisamment précoce, au stade du dépistage,
nous les prenons en charge.
Dans certaines lésions, le laser
permettra de stabiliser
et de surveiller régulièrement
une progression.
D'accord. Alors il faut savoir que ce problème
concerne 40 à 50%
des personnes qui ont un diabète
depuis plus de 10 ans. Mais des conséquences
un peu comme celle-ci, il y en a bien d'autres,
Jamy. Effectivement,
l'hyperglycémie endommage les petits vaisseaux
sanguins qui, à terme, ne peuvent plus
fonctionner correctement. Ceux qui irriguent
la rétine, notamment. Mais pas uniquement.
Ceux des reins, également.
C'est grave. Car les reins, vous le savez,
jouent un rôle essentiel. Ils filtrent
le sang et le débarrassent de ses impuretés.
Les petits vaisseaux des extrémités,
les pieds, par exemple, peuvent
aussi être touchés. L'irrigation se
fait alors beaucoup moins bien. Et ce n'est pas tout.
Les terminaisons nerveuses peuvent
également être endommagées. Ce qui va
entraîner une perte de la sensibilité.
Les conséquences peuvent alors
être dramatiques. D'une part,
le patient ne ressent pas la douleur
quand il se blesse. D'autre part, les petits
vaisseaux sanguins étant abîmés,
le sang ne peut plus transporter
les cellules de défense qui permettent de lutter
contre une éventuelle infection. Une blessure
même bénigne peut donc s'infecter
sans que le patient s'en rende compte.
Ce qui, à terme, peut entraîner l'amputation.
Le diabète est une cause
de 500 à 1000 cécités par an.
C'est 2330
dialyses par an. C'est un tiers
des admissions pour dialyses, pour insuffisance
rénale terminale. Un tiers.
C'est 10 000 amputations par an.
Mais toutes ces complications ne
surviennent que si la glycémie reste élevée
pendant de nombreuses années.
S'ils suivent bien leur traitement,
mangent équilibré et font un peu de sport,
les diabétiques peuvent vivre tout à fait
normalement. Et même se dépasser
comme le nageur Gary Hall Jr.,
le chanteur Elvis Presley,
le tennisman Arthur Ashe
ou encore la merveilleuse actrice
Al Bery.
Non mais Jamy !
On t'a vu !
Un petit bonbon quand même.
Avec tout ce qu'on vient de dire,
tu pourras quand même manger plus équilibré.
Et ça ?
C'est mieux comme ça !
Allez, on va skier !
Attendez-moi !
Ça mange pas de pain !
Ils se croient vraiment vacances ces deux-là !
Tu m'étonnes !