Stéphane Bern raconte, pour la 800e d'Historiquement Vôtre, un événement qui fête, lui, ses 200 ans. 200 ans que cette œuvre musicale a résonné, pour la première fois, au Kärntnertor Theater de Vienne. Ou la véritable histoire de la 9e - et dernière - Symphonie de Beethoven… Comment les contemporains de ce compositeur de génie ont-ils accueilli la création de cette œuvre, le 7 mai 1824 ? Quelle place a-t-elle dans l’histoire de la musique ? Quel message Beethoven voulait-il faire passer en mettant en musique l’Ôde à la joie ? Pour en parler, Stéphane Bern reçoit Thierry Geffrotin, journaliste, spécialiste de musique classique, et musicien.
cet après-midi alors que c'est
aujourd'hui déjà la 800e émission
d'historiquement vôtre oui je sais on ne
l' fait pas place à la
[Musique]
musique je vous raconte un événement qui
faête lui ces 200 ans 200 ans que cette
œuvre musicale a raisonné pour la
première fois au kner Thor théâtre de
Vienne où la véritable histoire de la 9e
et dernière symphonie de Beethoven
comment les contemporains de ce
compositeur de génie ont-ils accueilli
la création de cette œuvre le 7 mai
1824 quelle place a-t-elle dans
l'histoire de la musique quel message
Bethoven voulait-il faire passer en
mettant en musique l'Ode à la joie nous
sommes le 7 mai oui mais 1824 il y a
donc 200 ans jour pour jour à Vienne et
le théâtre amkern Thor est bondé si la
loge impériale demeure vide ses Majestés
ont manifestement autre chose à faire
une foule de curieuse s'est-elle entassé
au parterre et sur les balcons pour un
événement important le premier concert
public donné depuis 10 ans par un
compositeur alors vu par certains comme
le plus grand génie du siècle j'ai nommé
Ludwig van Bethoven génie pour les
initié certes mais depuis quelques temps
le goû viennois est plutôt à
l'allégresse de l'opéra italien de
Rossini et cons sort et l'on a un peu
oublier la grande force créatrice toute
germanique de
Beethoven le compositeur en a bien
conscience c'est prévoyé d'ailleurs de
donner ses nouvelles œuvres à Berlin
mais quelques méloman et amis l'ont
convaincu de choisir la capitale
autrichienne qui fut jadis le principal
écrin de ses succès et le public ne sera
pas
déçu la configuration est un peu
étonnante si Beethoven 53 ans prend bien
part à la direction comme le précise les
affiches et les annonces du concert il
n'est pas
seul c'est le chef mal la qui tient la
baguette Bethoven est à ses côtés et
donne le tempo à chaque reprise en plus
de diverses indications pas toujours
compréhensible car comme chacun le sait
alors Bethoven est sourd et s'il n'y a
pas besoin d'entendre la musique pour la
composer la suivre est en revanche
indispensable pour guider comme il se
doit le plétoric orchestre 82
instrumentistes et le non moins
plétorique cœur de chanteur qu'
l'accompagne pour une soirée qui n'en
finit pas de surprendre
une ouverture orchestrale a lancé le
concert suivi de trois hymnes extrait
d'une messe récemment composée avant que
ne débute le clou du spectacle une
grande symphonie la 9e du compositeur
qui porte l'étrange surnom de
Coral une symphonie avec un cœur voilà
qui a de quoi attiser la curiosité du
public quand on sait que cette forme est
classiquement réservé au seul orchestre
instrumental et alors que la dite
symphonie a commencé depuis plus de tro
quart d'heure régulièrement ponctué de
salve d'applaudissements enthousiastes
le cœur justement reste plus que discret
puisque aucun chant n'a encore été
entoné quand enfin le soliste bariton
fait raisonner sa voix profonde pour
entamer un A
[Musique]
bientôt repris par le cœur tout
[Musique]
[Applaudissements]
[Musique]
entier cette ère de nos jours
extrêmement célèbre s l'E à la joie qui
constitue une sorte d'apothéose la 9e
symphonie de Beethoven vre colossale
comme on a jamais entendu à l'époque et
dont je vous raconte cet après-midi
l'histoire une histoire commencée il y a
très longtemps bien avant cette première
représentation
[Musique]
viennoise car si c'est en 1824 que le
public découvre à Vienne cette symphonie
et son ode à la joie c'est environ 30
ans plus tôt que tout a commencé dans la
ville de bonne
cette cité des bords du RIN à l'ouest de
l'Allemagne a vu naître Ludwig van
Beethoven en
1770 et c'est là qu'il grandit dans une
famille relativement modeste le père est
chanteur et décelle vite les aptitudes
de son fils pour la musique l'enfant
semble si douer que Beethoven père se
met en tête d'en faire un prodige qu'il
pourrait exhiber à l'image du petit
qui il y a 20 ans à peine se produisait
avec succès devant toutes les cours
d'Europe or là où Léopold de Mozart
veill au bien-être de son enfant le père
Beethoven manifestement porté sur la
bouteille ne se soucie guère de
l'éducation de Ludwig le retire de
l'école et tente même de le faire passer
pour plus jeune qu'il na'est afin
d'épatterer encore plus les
auditeur mais l'aventure d'enfant
virtuose tourne rapidement court
le jeune Beethoven n'en est pas moins
doué remarqué dans les milieux éclairés
de sa ville il jouit de la protection de
quelques beau esprits qui font parfois
au fice de second père tant il préfère
s'éloigner du sien il joue du violon du
violon sel intègre à seulement 14 ans
l'orchestre du prince électeur comme
organiste assistant mais se perfectionne
surtout au piano instrument pour lequel
il a déjà écrit ses première sonate
[Applaudissements]
[Musique]
[Applaudissements]
[Musique]
à 18 ans après la mort de sa mère Ludwig
van Beethoven veille sur ses frères en
paliant l'absence paternelle et
s'inscrit à l'université de bonne pour
parfaire l'éducation qui lui a
malheureusement fait défaut c'est à
partir de ce moment qu'il lit beaucoup
et découvre notamment Fredrich von Chila
dramaturge et poète dont un texte en
particulier va toucher son esprit il
s'agit d'un long poème intitulé l'Ode à
la joie qui vente dans un lyisme
éclatant les mérites de la fraternité de
la gaieté et du bonheur pour les hommes
et le monde cet élan est parfaitement en
adéquation avec l'âme du jeune Beethoven
tant pour l'exaltation du sentiment que
pour les idéaux de paix et de félicité
cher à son esprit forgé par les auteurs
des lumières Bethoven pense alors à
mettre en musique ce puissant texte
comme il l'a déjà fait pour d'autres
poèmes c'est l'un de ses professeurs de
l'université Ludwig
ami du poète Chila qu'ilécrit lui-même à
l'épouse de ce dernier en précisant je
cite j'en attends quelque chose de
parfait car pour autant que je le
connais il est tout à fait porté au
grand et au sublime la prévision va
s'avérer clairvoyante mais pour
l'instant cet ode à la joie n'est qu'une
envie et il faudra du temps pour qu'elle
prenne
forme la même année en 1792 Beethoven
quitte sa ville de bonne pour Vienne et
n'y reviendra jamais il faut dire que le
grand musicien Joseph Heiden le prend
comme élève et quoi de mieux que la
capitale autrichienne alors principal
centre musical européen pour aiguiser
son art Heiden reconnaît un immense
talent mais semble un peu agacer par les
libertés de celui dont il sent bien
qu'il est un être à part vous ne
sacrifierez jamais vos pensées à des
règles tyranniques lui écrit-il mais
vous sacrifierez les règles à votre
fantaisie car vous me faites
l'impression d'un homme qui a plusieurs
têtes plusieurs cœurs plusieurs âmes la
phrase est restée célèbre car tout est
dit au bout de 2 ans Bethoven s'émancipe
de heidden et se perfectionne auprès
d'autres professeurs notamment en
composition il commence aussi à se
forger une réputation dans le milieu
musical en tant que flamban Virtuos dont
raffolle la bonne société viennoise dans
les salons dorés des princes ou des
ambassadeurs on organise des joutes
d'improvisation au cours desquelles les
audaces de Beethoven font se paser les
mélomanes autant qu'elles peuvent CR ses
concurrents le pianiste Joseph
guellineek pourtant célèbre et brillant
en fait les frais et aurait même dit de
Beethoven ce jeune homme doit être de
mèche avec le diable petit et trapu le
nez é pâté la peau matte le front large
et les cheveux sombres toujours irçut
Beethoven a beau avoir une allure
étrange il se révèle et se sublime même
en musique et parvient à charmer par ses
talents plusieurs aristocrates viennois
deviennent des fidèles méenes et
protecteurs à qui betov dédicacera mout
composition en plus des représentations
privées il fait éditer des sonnates et
trio et donne en 1785 son premier
concert public avec un concerto pour
piano la même année il pose pour la
première fois sur la partition une
mélodie qui commence à occuper son
esprit on lance
[Musique]
oui c'est bien cela une préfiguration
déjà quasiment aboutie de l'air qui
deviendra celui de l'au à la joie dans
la 9e symphonie mais ça ne sera que dans
30 ans en attendant Bethoven va mener
une brillante carrière et connaître des
drames un
surtout en 1 1996 Bethoven se lance avec
succès dans une première tournée dans
diverses villes germaniques installé
ensuite à Vienne il continue les joutes
musical dont certaines deviendront
célèbres fréquent le beau monde donne
des leçons et compose beaucoup notamment
des sonates pour piano des œuvres
orchestrale et présente en 1800 sa
première symphonie en concert mais
quelque chose ne va pas Beethoven
souffre et s'il n'en dit en général rien
à personne il se livre en 1801 dans une
lettre à son médecin et ami Fran vgler
depuis 3 ans écrit-il mon audition
faiblie au théâtre je dois me placer
tout contre l'orchestre je n'entends
plus les sons aigus ou j'entends les
sons mais on ne peut comprendre les mots
à l'inverse si quelqu'un crie je ne le
supporte pas les accoufes et
bourdonnement au début intermittent
s'installent et persistent le
compositeur entend de moins en moins
alors que des sons trop forts lui font
mal il a même dû cesser de jouer de
l'orgue tant il ne peut plus supporter
et la puissance de l'instrument les
bouts de coton dans les oreilles calm
unants les bruits parasites quand il
jouent du piano mais il comprend bien
que la situation enempire il est en
train de devenir sourd inutile de
préciser qu'il ne le vit pas très
[Musique]
bien ne voulant avouer son mal Beethoven
se coupe du monde et compose dans ses
périodes quelques pages un tantinet
mélancolique en 1802 il est au plus bas
et prend la plume dans une lettre à ses
frères qu'il n'en verra jamais elle ne
sera retrouvée qu'après sa mort on
l'appellera le testament d'ilenstad du
nom de la ville thermale d'où il l'a
écrite homme qui me tenait pour aineux
obstiné ou qui me dites misanthrope
comme vous vous méprenez sur moi car
vous ignorez la cause secrète de ce qui
vous semble ainsi mais considérez
seulement que depuis 6 ans un état
déplorable mafeste comme alors j'étais
ramené durement à la triste expérience
de mon noui défaillante je ne pouvais me
résigner à dire aux gens parlez plus
fort criez car je suis sourd désespéré
Beethoven pense au suicide mais il
reprend du courage et va apprendre à
vivre avec sa surdité au fur et à mesure
de la baisse de son audition il tente de
trouver des palliatifs il commande un
piano avec plus de cordes il positionne
parfois une baguette de bois entre ses
dents reliées à la table d'harmonie de
son instrument pour mieux en sentir les
vibrations il commence à utiliser un
cornet placé dans l'oreille qu'il relie
à un sertette afin d'avoir les mains
libres pour composer au piano car il
compose beaucoup les sonates concertos
et symphonies s'enchaînent de la musique
de chambre aussi trios Équateur
audacieux il est célèbre et encensé
multiplie les concerts avec beaucoup de
succès même si son unique opéra fidéliot
est un échec à Vienne en 1805 et
nécessitera des réécritures avant de
rencontrer son public
en décembre 1808 il donne pour la
dernière fois un concert en tant que
pianiste après avoir dirigé la célèbre
5e symphonie puis la 6e il joue son 4e
concerto et achève la représentation par
une œuvre étonnante une Fantaisie pour
piano orchestre cœur et soliste un
dispositif qui ne répond à aucune forme
traditionnelle et dans la partie Coral
on retrouve un air qui ressemble
fortement à celui qu'il avait déjà créé
13 ans plus tôt
[Musique]
t oui toujours cette et li encore dont
on perçoit subreptissement le thème 2
ans plus tard dans une petite romance
inspirée d'un poème de G
[Musique]
[Applaudissements]
[Musique]
Beethoven tourne autour de cette ligne
mélodique il la remanie la varie mais ne
semble pas encore avoir trouver la
formule définitive en 1812 il commence à
songer à une 9e symphonie alors qu'il
est en train d'achever la 8e mais ne
prévoit pas encore d'y inclure la corale
si singulière en attendant il traverse
une nouvelle période àattement après la
disparition de son Bienaimé frère il
compose peu accumule les soucis
personnels et s'enfonce un peu plus dans
sa urdité si en 1815 on pouvait encore
lui crier dans l'oreille pour
communiquer il se résout à partir de
1818 à utiliser des petit cahier pour
que les gens s'adressent à lui par écrit
la commande officielle d'une nouvelle
symphonie par la Société philharmonique
de Londres en 1817 lui redonne de
l'entraint mais les choses avancent
doucement et ce n'est qu'en 1822 que
l'idée d'une œuvre orchestrale
magistrale à laquelle se mêlera une
partie chantée émerge et c'est à ce
moment que Beethoven décide de lier la
mélodie à laquelle il a déjà travaillé à
de nombreuses reprises avec le poème sur
la joie de Schiller qu' l' meut depuis
sa jeunesse Beethoven ne reprend pas le
texte entier mais l'adapte à sa façon et
au début de l'année 1824 la composition
de la 9e symphonie est
terminé seul deux répétitions sont
organisées elles ne semblent pas bien se
passer la partition est longue dense
difficile on a dû recruter dans
différentes formations mais aussi chez
les amateurs afin que les
instrumentistes et le cœur soient assez
nombreux pour assumer la puissante
orchestration parmi les quatre soliste
les chanteuses se plaignent de notre
trop aigu et tous constatent bien vite
que Beethoven n'est pas vraiment apte à
diriger bien qu'il y tienne mais son ami
et chef Michael umlauf est là c'est lui
que les exécutants devront suivre et le
7 mai 1824 dans ce majestueux théâtre de
Vienne après d'autres pièces jouées en
début de soirée et après 10 ans sansêtre
montré Bethoven entre en scène et la 9e
symphonie peut
[Musique]
commencer le début est un peu
déstabilisant les cordes vibrent en une
harmonie incertaine une curieuse
dissonance qui ressemblerait presque à
l'orchestre qui
[Musique]
s'accorde puis des notes plus précises
tombent doucement et d'autres encore
plus Franch qui sortent du lointain ça y
est ça
[Musique]
commence la tonalité de r mineur
s'installe àes sombre en marche de la
partition Beethoven avait d'ailleurs
écrit désespoir tout un programme
[Musique]
le premier mouvement continue avec un
second thème plus doux en tonalité
majeure cette fois-ci qu'on associe en
général à la gé c'est ensuite une sorte
de tension qui s'installe entre deux
thèmes qui se croisent et se rencontent
même si ce sont bien des sonorités
plutôt dramatiques qui ferment cette
première partie
[Musique]
puis vient le deuxème mouvement un
skerzo morceau habituellement situé en
3è position dans l'ordre symphonique
encore une singularité de bethov
[Musique]
vous entendez c'est un bal des
percussions qui font l'effet de coup de
tonner et laissent l'audience
interloquer car on est alors pas du tout
habitué à les entendre ainsi elles
servent en général à simplement soutenir
l'orchestre elles ouvrent une sorte
danse frénétique virvoltante et plus
tard c'est un bal sonne derrière
l'orchestre encore et encore c'est pour
les oreilles de l'époque une véritable
folie
[Musique]
[Musique]
ainsi que le racontera le violoniste
Joseph bum Bethoven gesticule avec
fureur se balance se redresse etcoule
comme s'il voulait jouer de chaque
instrument déjà 25 minutes que la 9e
symphonie a commencé et il est alors
temps de quitter le fracas et le drame
avec l'arrivée du 3è mouvement
[Musique]
c'est un
nadiioantabile c'estàdire un mouvement
lent et mélodieux qui fait office de
repos l'orchestre est calme
[Musique]
méditatif les charmes des instruments
avant don asect presque bucolique une
balade heureuse vers un monde paisible
puis vient le mouvement final il va
durer plus de 25 minutes une longueur
hors norme qui correspond par exemple à
l'entièreté des symphonies de Mozart ou
de
[Musique]
heidden il commence par des accords en
descente entrecoupés de sombres
frottements d'archer sur les
violencelles et contrebasses on n'a
jamais entendu une telle chose et pour
donner une cohérence avec tout ce qui a
précédé Ludwig van bethovenuse d'un
moyen original puisque la symphonie va
se citer elle-même ainsi toujours
ponctué par les notes lentes et graves
des cordes les thèmes de chaque
mouvement sont rejoués très brièvement
d'abord le premier et son ouverture
[Musique]
chevretante puis le deè est sa danse
et enfin la douceur du
[Musique]
3è c'est une façon littéralement inoui
de résumer un tout avant l'apothéose à
venir Bethoven en donne d'abord une
infime
[Musique]
prémisse et là tout commence
[Musique]
véritablement doucement d'abord toujours
avec les violenell et contrebasses à
petit rejoint par les altau les ha
boois puis les
violons et enfin tout l'orchestre dans
une grande
[Musique]
fanfare et alors que tout semble mener
vers une sorte de fin imminente avec le
rappel de
l'introduction la voix du bariton
raisonne
[Musique]
[Musique]
exte mes amis pas sur ces ton enent un
chant plus plaisant et plus joyeux mot
ne sont pas du poè mais de beoven luiême
ils servent à introduire le grand hy qui
se prépare à balayer tout ce qui a été
fait pour mener à la véritable à la joie
Freuden Freuden dit le chant joie joie
c'est une annonce celle du triomphe à
venir par cette mélodie que Beethoven a
en tête depuis 30 ans le bariton
commence puis le cœur et les solistes
ensemble le champ de joie et lancé ne
s'arrêtera pas un deuxième thème est
déployé puis se mélange au premier dans
une écriture orchestrale brillante c'est
vif épousoufflant jusqu'à l'explosion de
l'orchestre et du cœur le texte évoque
des jours radieux la puissance du
bonheur c'est un débordement de joie on
se croirait face à une conclusion
paroxistique et pourtant non ça n'est
pas fini il y aura encore des variations
puis un passage quasi religieux avant
que le vrai final n'arrive alors que la
symphonie dure déjà depuis plus d'une
heure c'est une apothéo sublime et
éclatante
[Musique]
[Applaudissements]
[Musique]
dans la salle c'est l'euphorie il
sentent que la musique emplisse vraiment
le public de joie jusqu'au dernières
notes quand l'orchestre seen est
apparemment un tout petit peu en retard
et n'a pas compris que la fin était
venue la chanteuse carolineunger
s'approche de lui le saisit doucement à
l'épaule et le tourne vers la salle pour
que le maestro voit ce qu'il ne peut
entendre le monde exulte en
applaudissement comme pour mieux le
signifier visuellement on jette les
chapeaux on agite les mouchoirs Bethoven
est tellement ravi et épuisé qu'il
manque de s'évanouir avant qu'on le
ramène chez lui un repos bien mérité
pour un concert qui deviendra légendaire
et une symphonie qui va rapidement
s'inscrire dans la mémoire
[Musique]
collective la carrière de la 9e
symphonie est lancée elle va durer
seconde représentation à Vienne donnée
10 jours après la première ne fut que
moyennement suivie puisqu'il semble que
tout le monde a préféré partir à la
campagne en ce beau dimanche après-midi
de printemps elle sera bientôt donnée à
Londres puis Berlin dres et partout en
Europe au fil des ans la 9e symphonie
passe d'autant plus pour une œuvre
définitive un aboutissement de l'art
musicale que Beethoven meurt 3 ans plus
tard et s'il a encore composé après la
9e elle demeure sa dernière œuvre
majeure Schubert qui assistait à ses
funérailles 29 mars 1827 comme des
milliers et des milliers de personnes
dira très vite mais que peut-on encore
faire après Beethoven il sait tout mais
nous ne pouvons pas tout comprendre
encore pourtant si pour ce qui est de la
9e beaucoup comprennent Wagner décide
lui en 1876 de la jouer pour inaugurer
le palais des festival de baayrut qui
accueillera ensuite ses propres opéras
Gustave mer la dirigera aussi à de
nombreuses reprises avec le
philarmonique de Vienne et se
revendiquera des influences de Beethoven
mer d'ailleurs aurait été victime de ce
que d'cin présenteront comme une
malédiction celle de la 10e symphonie
que Bethoven aurait préparé avant sa
mort beaucoup de ses successeurs seront
diton eux aussi emportés avant de
terminer leur 10e opus bien que la
superstition a été largement construite
à postériori mais la 9e symphonie de
Beethoven passe pour tellement
importante qu'on ne peut s'empêcher de
nourrir son myth
elle sera reprise sans cesse citée jouée
aussi bien l'occasion de l'anniversaire
d'Hitler qui voyait la trace du génie
allemand que de la chute du mur de
Berlin en novembre
1989 au début de cette décennie 80 elle
est même devenue une sorte d'étalon au
moment de la mise au point du disque
compact il semble en effet que les
fabricants Sonny et Philips se mettent
d'accord sur la taille du disque et donc
sa durée pour y faire entrer la 9e
symphonie en entier là aussi la légende
prend vite le pas et on ne sait selon
les versions si c'est un PDG de Sonny
son épouse ou le grand chef d'orchestre
Herbert V carayan consulté pour
l'occasion qui est à l'origine du choix
de 74 minutes c'est d'ailleurs le même
carayan qui adapte l'air de l'Ode à la
joie pour en faire à la demande des
instances officielles l'hyne européen
[Musique]
le monde n'en finit plus de rendre
hommage à cette flamboyante 9è symphonie
qui est la première partition musicale à
être inscrite en 2001 au patrimoine de
l'Unesco et on s'étonnerait presque
l'image de Bethoven demeure celle d'un
homme tacitur et ombrageux alors que son
œuvre la plus admirée est celle qui
prône justement le triomphe de la joie
oublions donc la vision de l'homme
seulement morose et restons sur sa
musique europein historiquement vôtre
thier je frottin merci d'être toujours
avec nous sur EUR 1 l'image de Beethoven
fixée dans la postérité et celle d'un
homme au caractère ombrageux et
taciturne mais il était bien plus
Thierry comment vous définiriez l'homme
alors en effet c'est il était il était
taciturne ombrageux il était très
attachant aussi d'une certaine manière
parce qu'il était très maladroit très
maladroit physiquement il cassait
beaucoup hein beaucoup de vaisselles
maladroit aussi dans sa manière d'être
avec les autres en fait il manquait de
tact il dit betov ceil pense au moment
où il le pense alors ça l'amène à
parfois être assez violent avec ses
interlocuteurs puis dans les 10 minutes
qui suit il peut redevenir charmant donc
c'est quelqu'un qui est plein de
contradictions qui il é tittu il est
fier et voilà c'est il est pas il est
pas facile mais il est très très
attachant GOE dit de lui que c'est une
personnalité tout à fait sauvage mais
bon c'est quelqu'un de policé quand même
et surtout je crois ça il faut il faut
retenir ça de de Bethoven qui pas forcé
ment toujours tassiture nombrageux il a
un cœur en or et c'est un esprit on va
dire sublime betov voilà c'est quelqu'un
de hors du commun thiger frottin on
célèbre aujourd'hui les 200 ans de la
création de la 9e symphonie de Bethoven
le 7 mai 1824 à Vienne quelle est pour
vous la place de cette symphonie dans
l'histoire de la musique alors de même
je pense qu'il y a un avant et un après
Bethoven hein ça c'est dans l'histoire
de la musique on dit que il est le
dernier compositeur classique ou le
premier des romantiques de même il y a
un avant et un après la la 9e symphonie
après cette symphonie tous les
compositeurs même les plus grand hein
vont vivre avec cet héritage qui est un
héritage très très lourd à à porter
parce que cette symphonie elle est hors
norme vous l'avez fort bien racontter
c'est des mesuré c'est très novateur
inattendu en 1824 et après
1824 le monde symphonique n'est plus le
même euh de même qu'il y a un monde
entre la première symphonie de du même
Bethoven et la la 9e mais après c'est un
nouveau monde qui s'ouvre évidemment
tous les compositeurs devront quelque
chose à Beethoven je je disais les plus
grands c'est-à-dire Brams notamment il
n'ignore pas il n'essaie pas de faire du
Beethoven il fait du Brams mais cette 9e
marque un tournant dans l'histoire de
l'art la 9e symphonie est donc un
tournant majeur dans l'histoire de la
musique ceux qui assiste à sa création
ce 7 mai 1824 est-ce qu'ils en ont
vraiment conscience sait-on déjà que
cette symphonie est amenée entré dans
l'histoire ou pas alors le public en
effet a ovationné cette cette symphonie
euh dire que ils sont conscients que
c'est un moment historique je ne sais
pas en tout cas on nattend pas la fin de
l'œuvre pour applaudir donc on on sent
on sait que c'est une très très belle
œuvre qui commence d'ailleurs très
mystérieusement c'est assez incroyable
comment cette espèce de chaos hein qui
annonce la symphonie qui sera ensuite
donné dans de nombreux pays elle est
redonnée donc à Vienne assez vite elle
va être donnée à Londres euh puis à
Francfort sur le Main elle va être créée
a la chapelle à Paris elle sera créée en
1831 donc on attend un peu quand même
avant de la la programmer les Français
n'ont pas toujours bien compris
Beethoven mais il est clair que il y a
déjà eu un grand tournant c'est la la
symphonie héroïque ça c'est c'est déjà
un grand tournant cette symphonie pour
les premiers auditeurs ils sont quand
même conscients d'assister à quelque
chose d'extraordinaire notamment il y a
un critique d'un journal de leipsich qui
il dit je je souhaiterais la réécouter
au plus vite parce qu' il a bien senti
que une seule audition ça ne suffisait
pas il faut dire aussi que ce même
critique dit trois répétitions parce
qu'on ne sait pas s'il y a eu deux ou
trois répétitions trois répétitions
c'était insuffisant mais en le voyant
sur scène est-ce que le public a
conscience que c'est certainement la
dernière symphonie de Beethoven euh
alors sans doute et sans doute pas parce
qu'il y a une telle énergie dans cette
musique on peut se dire que le
compositeur n'a pas fini de de composé
que il est toujours là même si on on
sent bien qu'il est diminué par sa
surdité il a 54 ans au moment de de la
création de de la 9e symphonie ce qui
n'est pas âgé mais c'est voilà betthov
est déjà 3 ans après il Meur hein donc
je pense que le le public peut croire
qu'il y aura une autre symphonie mais
j'imagine il doit se dire mais qu'est-ce
qu'on peut faire derrière ça quoi h un
mot tiie sur le choix du texte que
Beethoven met en musique pour sa 9e
symphonie l'Ode à la joie de Fredrich
vonchila quel message veut-il faire
passer à travers ce poème quelle
symbolique il y a derrière ça je je on
peut rappeler d'ailleurs que c'est
devenu l'hyne officiel de l'Union
européenne oui alors évidemment c'est
une ode c'est une ode à la à la liberté
euh le
mot voilà la fraternité les
hommes une cité idéale en quelque sorte
des hommes qui qui sont tous amis alors
le texte de Schiller betthov l'a l'a
retravaillé et il n pas pris toutes les
strophes du du poème parce que notamment
il met de côté Bethoven le le côté
chanson à boire qu'on trouve aussi dans
dans ce poème notamment euh il est dit
frère d'un bon levez-vous de vos sièges
quand circule la haute coupe pleine de
vin bon alors ça c'est pas dans la dans
le texte de la 9e mais il faut pas
l'oublier ça d'un autre côté il n'en
fait pas un un hymne politique euh dans
le texte d'origine de de Schiller il est
il est question de se libérer des
chaînes donc c'est vraiment la joie la
fraternité que bethov veut mettre en
avant et puis l'idée d'un Dieu voilà qui
qui réunit les hommes intéressons-nous
au processus de création de Bethoven
comment naissent ces compositions j'ai
raconté dans mon récit que près de 30
ans avant la création de la 9e il a
composé une mélodie qui qui semble en
être une préfiguration comme une
esquisse en quelque sorte alors le
processus de création c'est un mystère
vraiment et c'est un c'est un processus
très long on le voit bien d'ailleurs à
travers les les différents extraits soit
de la Fantaisie pour piano orchestre
soliste et cœur de 1808 où on retrouve
il y a une une familiarité avec l'Ode à
la joie avec les les leaders aussi qu'il
composent en
1795 où ce ce thème est déjà balbuciant
mais quand on parle d'une toute petite
mélodie pour voix et accompagnement de
piano pour arriver à la 9e qui est
démesurés avec quatre solistes un cœur
immense il faut réunir plusieurs chales
un orchestre égal qui est on a plus de
de 100 artistes au au final en comptant
les musiciens les chanteurs les
instrumentiste voilà on est parti d'une
toute petite cellule et on arrive et là
il y a il y a quand même un mystère
sachant que bethov note tout ce qu'il a
en tête il a des cahiers desquisses il
note tout parce que il se dit que ça va
servir donc le processus est très lent
il y a beaucoup de maturation ce n'est
pas d'ING j quoi mais ça on se doute
quand on voit cette mélodie
composé en 1795 et cette 9e de 1824
thierftin Bethoven crée la 9e symphonie
en 1824 10 ans après la 8e pourquoi il y
a tant de temps entre les deux œuvres
alors bon déjà il est pas resté
totalement inactif il compose des œuvres
majeures je pense à Lamur clavir dont
l'un des des grands pianistes du 20e
siècle Paul badurascoda grand artiste et
grand connaisseur de bethov disait que
c'était le pour les
la 9e du clavier quoi donc il compose
des grandes œuvres les variations diabé
également pour piano il compose la Missa
Solemnis cycle de leader enfin d'autres
compositions donc il n'est pas inactif
alors c'est vrai qu'il travaille moins
parce que il a des problèmes personnels
il est il est malade il est souvent
dépressif Beethoven quand il arrive à la
maturité de l'âge et et puis cette 9e
lui demande beaucoup de temps quand il
commence à à décider de s'y mettre
sérieusementin c'est-à-dire à sortir les
des cahiers d'esquiss et a commencer à à
vraiment travailler à la composition
c'est beaucoup beaucoup de temps parce
que l'écriture d'une symphonie c'est
énorme même quand on n'est pas musicien
il faut s'amuser on peut le trouver sur
internet à regarder la partition de la
9e c'est vraiment une œuvre d'art comme
une cathédrale visuellement on se rend
compte que que c'est un travail de de
titan quoi donc il y a il y a beaucoup
de temps entre la 8e et la 9e pour
beaucoup de raisons qui tiennent à la
fois des raisons artistiques et des
raisons tout à fait personnelles hm hm
ces années-là vous avez raison de le
souligner Thierry marque aussi celle de
l'inélctutable évolution de sa surdité
ça a été un drame pour betthoven
j'imagine de ne plus entendre ses œuvres
mais il a continué quel était son moteur
ah je pense que le
Bethoven considère qu'il a une mission
pour lui la musique met les hommes au au
niveau de Dieu ça les voilà l'humain se
trouve élevé par l'art et lui son art
c'est la musique et il se doit à son art
cet art n'a pas de limite et même s'il
devient sourd il continue à travailler
betthov dit de lui qu'il est un artiste
véritable c'est c'est une mission qu'il
a il fait pas de l'art pour faire joli
pour pour plaire c'est c'est beaucoup
plus fort que ça c'est c'est vital pour
lui donc le moteur c'est ça c'est sa vie
en fait tout simplement la symphonie
c'est le genre noble par excellence pour
un compositeur n'est-ce pas oui alors
oui dans la musique classique les genres
sont très variés l'opéra notamment à
partir du 17e siècle la musique
religieuse mais la symphonie à partir de
la fin du 18e siècle et surtout au 19e
siècle et au-delà tient une place très
très importante parce que déjà écrire
une symphonie c'est une une épreuve de
force à écrire et quand on est
spectateur quand on va assister à un
concert et qu'on entend une symphonie on
se rend bien compte qu'on assiste à un
moment de musique assez extraordinaire
je dit ça quand on est au 19e siècle et
qu'on n pas la radio la télévision les
disques et toutes les sources possibles
on assiste à un concert c'est un un
vraiment un moment extraordinaire en
plus le 19e siècle voit s'ouvrir des des
salles de concerts des endroit où l'on
peut accueillir ce genre de de formation
importante donc le le genre symphonique
va devenir un genre majeur et puis pour
un compositeur c'est l'affirmation qu'on
est un grand compositeur que d'écrire
une symphonie qui techniquement exige
une grande connaissance de de toute la
palette instrumentale des cordes des
bois des cuivres avec Beethoven il donne
une place très importante au timbal ça
aussi c'est la la preuve d'une audace
mais d'une grande connaissance de tous
les instruments qui composent un
orchestre h justement est-ce que vous
vous voyez une évolution entre la
première et la 9e symphonie de Beethoven
ohah oui oui il y a il y a un monde
entre la entre la première et et la 9e
alors la première date de la fin on va
dire 1800 pour faire simple hein c'est
l'héritage de Mozart et de heidden voilà
c'est c'est une symphonie déjà qui qui a
les la patte de Beethoven mais on est
tourné vers les les illustres anciens
Mozart et et Heyden dont il il se il se
situent comme étant le leurs héritier et
puis après il va au fur à mesure de sa
maturité euh et de de sa connaissance de
son métier il va passer des des Caps
l'héroïque est un autre cap et on voit
bien qu'entre la première et la 9e il y
a un monde c'est toujours du betthov
mais dans le premier cas il a 30 ans je
veux pas dire qu'il apprend encore mais
il débute dans dans le genre symphonique
et 1824 il a 54 ans et c'est plus le
même homme à tout point de vue sans
doute marqué par l'assurdité mais aussi
par tout ce qu'il a vécu tout ce qu'il a
composé
Richard Wagner parle de la 9e symphonie
de Beethoven comme de la dernière
symphonie c'est un aphorisme ou c'est il
y a un fond de vérité alors je pense que
c'est un mot alors c'est un c'est la la
phrase d'un d'un admirateur d'un fan
absolu mais nous savons nous avons le
recul nous que ce n'est pas la vérité
parce que Brams Schuman berlios malheur
ont écrit des symphonie au 20e siècle on
a écrit des symphonies schostakovic a
écrit des symphonies le Finlandais
Sibell donc comme Wagner avait dit à
propos de Don Giovanni l'opéra de de
Mozart que c'était l'opéra des opéras là
il fait un un mot qui qui traduit je
pense son enthousiasme et l'admiration
qu'il porte à Beethoven th jefretin
Bethoven meurt en 1827 3 ans après la
création de la 9e symphonie est-ce qu'il
existe quelque chose d'une 10e symphonie
même une ébauche une
esquisse alors en effet il y a il y a
des esquisses euh d'une 10e symphonie
euh alors il y a un grand grand
spécialiste de de Beethoven un
musicologue anglais qui s'appelle Barry
Cooper qui a assemblé on va dire ça
comme ça ce travail pour faire une 10e
symphonie euh bon le résultat ça vaut ce
que ça vaut et c'est ença de de la 9e de
toute façon c'est pas vraiment du
Bethoven hein il aurait travailler
jusqu'au bout Beethoven donc ce qu'on a
ce sont des esquisses mais on sait en
effet que Beethoven a commencé à noté
des idées pour une 10e symphonie avant
même de terminer la la 9e il avait fait
d'ailleurs la même chose pour la la 5e
et la 6e symphonie donc il travaille en
parallèle mais davantage pour la 9e mais
il travaille en parallèle sur la 9e et
la 10e symphonie ce que l'on a alors ce
sont parfois une ligne sans clé c'est
parfois isible c'est difficile à
interpréter des chercheurs ont vraiment
travaillé de manière sérieuse dessus
NOTAM dans les années 60 finalement le
ce qu'on va appeler la 10e symphonie de
Beethoven pour faire simple a été
présenté lors de de recherche
approfondies sur bethov ça a été
enregistré ça a été donné pour la
première fois il y a maintenant presque
40 ans voilà bon c'est c'est pas très
convainquant je pense que allez on va
aller jusqu'à 9 et puis on se dira qu'
il y a pas de 10e symphonie non vous
avez raison merci beaucoup Thierry
gefrotin de nous avoir accompagné cet
après-midi dans historique va pour
retracer la véritable histoire de la 9e
symphonie de Beethoven et pour découvrir
la 9e symphonie en images je vous
recommande le formidable documentaire la
9e de Beethoven réalisé par Carmen bashk
et diffusé ce soir à 21h sur
et quant à vous Thierry g freotin je
rappelle que votre dernier livre dont on
a parlé ici même il y a quelques
semaines Mozart en tourné est paru aux
éditions Éric Beier merci beaucoup merci
Stéphane demain 8 mai oblige je vous
raconte Vichy la ville du régime d'ici
là bonne après-midi sur Europe 1
historiquement vôtre sur Europe 1 et en
podcast sur Europe 1.fr