10 conseils que les photographes gardent secrets

Jonathan Bertin
8 abonnés
116 Vues de vidéo·22 déc. 2024
Ça fait dix ans, dix ans que j'ai commencé la photographie.
J'ai réalisé tellement de projets, des voyages, des livres, des expos en France ou même à l'étranger,
des pochettes d'albums, des campagnes, des tournées, des grands événements mondiaux,
Coachella, les JO, le Festival de Cannes et j'en passe.
J'ai appris énormément de choses,
beaucoup de choses qui restent secrètes que les photographes ne vous partagent pas.
Quand j'ai débuté, je me suis plongé dans les centaines de vidéos conseils
et je crois bien qu'il n'y en a jamais une qui m'a vraiment aidé comme je le souhaitais.
Soit ça s'adresse à un type de photographe particulier,
soit c'est trop technique ou trop business.
J'ai pris du temps à réaliser et à comprendre tout ce que je vous transmets dans cette vidéo.
Ça pourrait vraiment faire partie d'une formation payante,
mais je n'en fais pas, alors abonne-toi, c'est gratuit.
Je vais vous donner tout ce que j'ai appris de plus précieux,
des choses que j'aurais aimé savoir et connaître depuis le début,
alors restez bien jusqu'à la fin de la vidéo.
Je suis curieux de voir quel conseil va le plus vous surprendre.
Avant qu'on rentre dans le vif du sujet,
je tiens à préciser que ce que je vais vous livrer ici, c'est ma vision,
mon avis, ma vérité sur la photographie aujourd'hui.
Vous pouvez être d'accord ou ne pas l'être chacun à sa vérité.
Prenez juste ce qui vous plaît et soyez bienveillants.
La première chose essentielle qui est indissociable de l'artiste ou du photographe,
être curieux.
On dit souvent que la curiosité est un vilain défaut.
En photographie, c'est une des meilleures qualités.
Que ce soit dans votre quotidien, dans votre entourage ou dans votre environnement,
visuellement, au plus vous vous questionnerez,
au plus vous chercherez plus loin, au plus votre regard se développera.
Et si vous faites ça, les sujets que vous photographiez seront alors inédits,
personnels et exclusifs.
Les grands projets qui ont marqué la photographie
sont souvent des gens qui ont un regard plus poussé ou plus intime que le commun des mortels.
Ils ou elles étaient plus connectés avec les choses qu'ils immortalisaient.
Les photographes sont les yeux du monde.
Ils mettent en avance que les autres ne prennent pas le temps de regarder.
En 1958, Robert Frank publie son projet The Americans,
un récit photographique dense dans lequel il nous plonge dans le cœur des États-Unis des années 50.
Il documente pendant deux ans les disparités sociales, la solitude, les inégalités raciales
et les subtilités de la culture américaine dans des scènes du quotidien.
Pour l'époque, c'était du jamais vu.
Une Amérique brute, loin du pays idéalisé par le American Dream,
non seulement il présente un sujet fort et inédit,
mais en plus de ça, il va y ajouter sa patte subtile et sa spontanéité qui renforce son sujet.
Il transporte le regard du spectateur dans plein de recoins d'un pays qui l'a touché
et qu'il a voulu comprendre.
Avec cette oeuvre, Robert Frank va redéfinir les lignes de la photographie contemporaine,
personnelle, plus narrative, y apporter une vraie liberté visuelle, grâce à quoi ?
Sa curiosité.
Si je peux vous donner un conseil que j'applique personnellement
pour regarder le monde de façon plus curieuse, c'est de déconstruire votre environnement,
c'est-à-dire de prendre conscience des choses autour de nous,
de retrouver un regard d'enfant et apprécier la moindre subtilité,
questionner la forme, la couleur, l'essence des choses.
Pour vous donner une idée, quand je photographie, il y a un élément déclencheur,
il y a une émotion, quelque chose qui va me procurer de l'attention, des émotions,
et c'est le point de départ.
À partir de ça, je vais me dire pourquoi, comment, qu'est-ce qui fait que cette chose m'anime.
Ça peut être sa couleur, ça peut être sa forme, ça peut être sa position,
ça peut être une matière, ça peut être vraiment une infinité de choses.
À partir du moment où je vais trouver cette chose,
je vais me poser la question de comment cette émotion que j'ai vécue,
comment je peux la retranscrire,
comment je peux illustrer cette chose qui m'a touché de la façon la plus intense
pour que l'émotion que j'ai eue de base, elle soit amplifiée.
Et à partir de ça, j'imagine le monde un peu comme une carte 3D,
comme dans les jeux vidéo, dans les modes construction,
où je vais venir me placer par rapport à cette chose qui m'a touché au meilleur endroit
pour avoir le bon cadrage, la bonne composition, la bonne expression de ce que j'ai ressenti.
C'est tout bête, mais je vous jure que si vous appliquez ça, ça change la vie.
Ce qu'il faut retenir, c'est vraiment cette curiosité
sur le monde qui vous entoure.
Essayez de la comprendre, essayez de l'apprivoiser,
essayez de suivre vos intuitions, c'est vraiment la base.
Le prochain conseil, il est arrivé beaucoup trop tard dans mon parcours.
C'est vraiment celui que j'aurais aimé appliquer dès le début.
Donc ouvrez grand les oreilles, se cultivez, inspirez.
Vraiment, je vais être insistant, mais c'est une base incontournable pour pouvoir évoluer.
Prenez le temps de vous faire un monde d'inspiration,
de découvrir les photographes et leur travail, qu'ils soient morts ou vivants.
Ça rejoint un peu le premier conseil sur la curiosité,
mais là, on l'applique sur le travail des autres photographes et artistes.
Qu'est-ce qui me touche dans le travail des autres ?
Je trouve que c'est un super moyen de découvrir et de savoir
où on va dans notre chemin par rapport à l'image.
Tous les artistes que vous allez apprécier, ça dit quelque chose sur vous.
Et inconsciemment, la majorité du temps, ça peut vous donner envie,
ou encore mieux, ça peut vous donner des idées.
Alors c'est simple, faites-vous un recueil de vos inspirations.
Prenez le soin de l'alimenter.
Un recueil, ça peut prendre toutes les formes que vous voulez,
Juste faites-vous votre petit jardin secret d'inspiration.
Et ça peut concerner tout et n'importe quoi.
Un film, un objet, un jeu vidéo, un livre, une phrase, un plat.
Vraiment, l'inspiration peut venir de partout.
N'oubliez pas la curiosité.
Personnellement, c'est une routine que j'applique et j'ai deux recueils.
Le premier, c'est ma bibliothèque de lits photos.
Pour moi, c'est le meilleur moyen de plonger dans l'univers d'un photographe.
Ma bibliothèque, à mes yeux, c'est une porte ouverte
vers des centaines de mondes créatifs dans lesquels je peux plonger.
Juste en ouvrant un de ces livres,
afin de suivre toute l'histoire qu'un photographe peut me raconter.
L'inconvénient, c'est que c'est un budget d'alimenter cette collection.
Si vous n'avez pas de budget, vous pouvez toujours aller à la bibliothèque,
emprunter des livres ou bien même juste en librairie pour au moins jeter un oeil.
Il y a toujours plein de choses à découvrir.
Mon deuxième recueil, c'est un compte Insta, Errand Studio.
Avec un de mes amis photographes,
on s'est réunis pour faire un gros feed Insta d'inspiration.
Déjà, plus de 600 publications avec des séries dans tous les univers.
Mode, nature morte, street photo, paysage, il y en a pour tous les goûts.
C'est un vrai mood board créatif.
Allez suivre le compte, ça peut vous donner des idées.
Plus concrètement, s'inspirer et se cultiver,
pour moi, c'est comme si tu alimentais une trousse créative mentale remplie d'idées et d'outils.
Chaque inspiration, chaque référence va remplir ta trousse à outils
et quand va venir le moment créé, imaginé, tu vas venir piocher dans cette trousse.
Et puisqu'on parle de trousse, je crois que ça matche pas mal avec le conseil suivant.
Un athlète a son terrain, ses accessoires, un artisan, ses outils, son atelier, le photographe aussi.
Un lieu, un moment, un rythme, une routine dédiée à votre création, c'est essentiel.
Ça permet d'avoir un espace dans lequel tu peux laisser cours à ta créativité, à tes émotions
et te concentrer sur ton travail.
Cet espace de travail, il peut être mental ou physique.
Pas besoin du plus beau bureau de la Terre,
ni des ateliers qui font rêver sur les réseaux sociaux,
même si c'est vrai que ça donne pas mal envie.
Ça peut être un lieu, un état d'esprit, un moment où vous vous sentez bien, productif et créatif.
Un cocon qui vous inspire à avancer dans vos différents projets.
Posez-vous donc bien la question, dans quelles conditions je me sens le mieux
pour avancer sur mon travail, ma photo, mes projets.
Ça peut paraître évident, mais ça a beaucoup d'importance.
Et qui dit espace, dit souvent outil.
Et oui, il y a quand même un côté matériel à la photographie.
En disant de photo, je te laisse imaginer la farandole de choses que j'ai pu essayer.
Franchement, ça mériterait une vidéo dédiée.
Mais je vais me contenter de te donner mes essentiels.
Pour commencer, un appareil photo.
Meilleur conseil, avoir un appareil photo pour faire des photos.
Ce que je vais te dire là, c'est qu'il te faut un appareil avec lequel tu te sens bien à l'aise
pour créer.
Pas besoin de faire la collection des boîtiers, d'avoir le dernier modèle, des panoplies d'objectifs.
Je sais que c'est difficile de ne pas être aguiché constamment par du nouveau matériel.
Mais vraiment apprendre à s'exprimer pleinement avec un appareil, un objectif, c'est ça la clé.
Ça t'aidera beaucoup plus à progresser que de bégayer à chaque fois que tu dois aller faire des photos
et de dire, euh, j'emmène quoi ?
Ou alors de baver sur du matos en se disant,
ah, si seulement j'avais X appareils, X objectifs, je pourrais enfin faire tel ou tel truc en photo.
C'est une des pires émotions, ça bride la créativité.
Donc aujourd'hui, je ne vais tout simplement pas te donner la référence précise du matériel photo que j'utilise
car ce n'est pas le but.
Je vais attirer ton regard ailleurs.
Je vais t'apporter des outils, des must-haves qui ne sont pas nécessairement des appareils photo
et qui ont drastiquement amélioré mon processus de travail et de création.
Les disques durs SSD, vraiment, ça a changé ma vie.
Ça permet de stocker les images en voyage ou en déplacement de façon fiable
et avec une rapidité de lecture incroyable pour ne pas être frustré quand tu retouches tes images.
Perso, j'utilise les Samsung, ils ne m'ont jamais lâché depuis plus de 5 ans, donc valeur sûre.
J'ai eu une autre marque qui s'appelle SanDisk, il ne faut pas que je dise le nom.
J'en ai deux qui m'ont lâché, voilà.
Une console de retouches.
C'est un outil qui te permet d'accélérer et de faciliter le travail sur les logiciels de retouches.
Ça faisait longtemps que j'en voulais une et Logitech m'a contacté pour me proposer
de découvrir leur nouvelle console, la MX Creative Console.
C'est le partenaire de cette vidéo et je suis trop content car c'est un méga coup de cœur.
Pour moi, la retouche, ça fait partie de l'identité d'un photographe,
donc c'est essentiel d'avoir un outil pour t'aider à t'exprimer pleinement.
Cette console est super intuitive, elle fonctionne avec tous les logiciels de retouches et de montage,
Lightroom, Première Pro, Photoshop et j'en passe.
Elle se compose de deux modules, un Dialpad et un Keypad.
Le Keypad, c'est un mini clavier avec 9 touches LCD paramétrables
sur lesquelles tu peux rentrer tous les raccourcis et contrôles que tu veux en les associant avec des icônes.
C'est un gain de temps énorme.
Tu veux mettre un outil Lightroom que tu utilises souvent ? Un clic.
Ton preset préféré ? Un clic.
Mettre un tampon précis sur Photoshop ? Un clic.
Ça change vraiment la vie.
Surtout que tu peux y créer 15 pages de raccourcis différents pour chaque logiciel, donc bon, le truc est infini.
Le Dialpad, c'est l'analogique, la précision.
Avec sa molette en aluminium et sa roulette, tu peux venir ajuster au poil près tes réglages.
Vous avez le curseur de 0,01% qui fait la différence ? Avec ça, c'est un jeu d'enfant.
Ça marche aussi pour la taille du pinceau, du tampon et plein d'autres outils.
Tu peux lui attribuer plein de fonctions différentes avec l'Action Ring.
L'Action Ring, c'est un bouton qui te permet d'accéder à des fonctions multiples.
Par exemple, sur Lightroom Classics, j'y associe tous mes réglages de développement
et en survolant avec ma souris de quelques centimètres, je passe d'un réglage à l'autre.
Franchement, je me sens tellement pro quand j'utilise ces outils.
Ça me fascine et me facilite la vie.
La MX Creative Console peut aussi servir pour des contrôles Twitch.
Tu peux paramétrer ça avec OBS, Streamlabs.
J'en profite pour te glisser ma chaîne Twitch juste ici.
N'hésite pas, on fait des petits lives à peu près toutes les semaines.
Là, vous dites, sympa, Jonathan, mais ces trucs-là, paramétrer, c'est toujours une galère.
Eh bien, ici, non, pas du tout.
Logitech a confectionné un petit logiciel qui s'appelle LogiOption+.
Où tu peux retrouver des paramètres prédéfinis que tu peux customiser
ou alors créer tes propres configs.
Ce qui veut dire que cette petite pépite est compatible avec n'importe quel logiciel.
Et si tu te connectes sur l'application,
tu peux retrouver tous tes paramètres d'un ordi à l'autre en quelques clics.
Voilà, ça vient de sortir.
Je vous mets un lien en description.
Sachez que si vous achetez la console, vous avez 3 mois de Creative Cloud Adobe offert.
Ça fait 200 euros d'abonnement à Photoshop, Lightroom, Premiere, etc. en bonus.
Perso, moi, je suis conquis.
J'espère que vous aussi, ça vous plaira.
Merci, Logitech, pour la confiance.
On continue.
Un autre outil qui a bouleversé mon quotidien, c'est d'avoir un bon photophone.
Et avoir conscience que c'est un appareil photo comme les autres.
Avant, j'avais tout le temps cette sensation où je me disais,
je sors, il faut que je prenne un appareil photo.
Maintenant, je n'ai plus ce souci.
Juste savoir que mon smartphone est dans ma poche, c'est bon.
J'ai tellement embrassé cette idée qu'en février 2024,
dans une de mes expositions, j'ai présenté deux images réalisées au smartphone.
Les gens n'ont même pas fait la différence.
On avait fait un petit challenge pour voir s'ils arrivaient à trouver.
Personne n'a deviné les photos qui étaient réalisées au smartphone.
J'utilise le Galaxy S24 Ultra de Samsung.
Ils ne m'ont pas demandé d'en parler dans cette vidéo.
C'est juste devenu un outil indispensable pour moi.
Je suis ambassadeur pour la marque, donc ils m'accompagnent au quotidien.
Et je suis trop content de m'affranchir de l'appareil photo
et de me dire, je peux créer avec cet outil quand je veux, où je veux.
Il n'y a pas de problème.
Enfin, il reste un dernier outil qui va te pousser dans ta création
et qui va faire la transition avec le prochain conseil.
En plus, je suis sûr que tu l'as, cet élément.
Parce que ce sont tes photos.
Et ouais, c'est un trop bon outil.
Il faut donner vie à ton travail.
C'est ça, le conseil.
Notre overdose de digital aujourd'hui nous fait oublier que nous sommes des créatifs.
Est-ce que vous vous considérez comme un artiste ?
Pas forcément.
Alors que, comme tous les artistes, vous créez, vous immortalisez le monde,
vous proposez un regard, une vision, peu importe votre niveau.
On perd ce sentiment de création parce que toutes nos images sont sur un écran.
Écran qui nous présente chaque jour une multitude de choses, dont nos photos.
Pour contrer ce problème et enfin considérer son travail,
la solution est simple.
Imprimez vos photos.
Donner vie à ces images de cette façon,
c'est faire exister réellement dans une matière le fruit de notre travail.
C'est ultra important.
Même la team argentique, vous shootez de la pellicule
pour, au final, avoir des scans numériques.
Ce n'est pas logique.
Imaginez-vous dans 30 ans,
vous voulez retrouver les photos que vous avez faites ce mois-ci.
Là, décembre 2024, deux options.
Soit vous êtes méga bien organisé dans vos fichiers,
et dans ce cas-là, apprenez-moi.
Il faut savoir, les disques durs, ça a une durée de vie limitée.
Soit vous avez pris le soin, le temps de vous faire une petite boîte
dans laquelle vous glissez vos photos de l'année
pour avoir le souvenir, le plaisir de montrer,
d'avoir cet instant que vous avez capté, qui vous a touché entre vos mains.
Je suis désolé, mais je trouve ça trop important.
Ça permet de réaliser ce qu'on crée et de suivre son travail au fil du temps.
Qu'est-ce qu'on va laisser de toutes ces années photo ?
Je parle pour moi, mais aussi pour toute ma génération.
Ça me fait peur.
Avant, tout le monde faisait des albums photo
pour se rappeler de ses souvenirs.
Je ne sais pas qui fait ça encore aujourd'hui.
C'est un déclic que j'ai eu il n'y a pas très longtemps et ça change la vie.
Soit chez moi avec mon imprimante ou en labo
ou encore sur des sites web pour imprimer des petits formats en masse.
Toutes les solutions sont bonnes.
Commencez maintenant.
Je vous jure que vous ne regretterez jamais.
J'ai même entrepris, à chaque fin d'année, de faire une collection de tirages.
Elle est même disponible sur ma boutique.
Ça s'appelle la Stamped Mini Prints Collection.
Un tirage d'air réalisé par mes soins, ici dans mon bureau,
sur un beau papier avec un tampon officiel de la collection
tout ça dans une enveloppe artisanale réalisée par l'atelier Bulk.
C'est fait avec amour.
Et si tu veux soutenir mon travail en te faisant plaisir avec un tirage de collection,
rendez-vous sur le site jeanlathenbertin.com.
Imprimer ces images, c'est The Thing qui va t'aider pour le conseil d'après.
Vous avez vu, j'ai tout bien rythmé, enchaîné les conseils les uns avec les autres.
Parce que celui d'après, en fait, c'est un des conseils le plus dur et complexe à appliquer.
Travailler en série.
Quand on débute dans la photographie, on pense souvent à l'image unique.
Un visuel fort qui vient taper la rétine.
Les réseaux sociaux accentuent ce phénomène avec la photo iconique qui va faire le buzz.
La vérité, c'est que la grande majorité des artistes photographes ont émergé en travaillant en série.
Avec une photo, on retient l'attention.
Avec une série, on développe toute une histoire.
Aujourd'hui, les réseaux sociaux nous font miroiter qu'une seule image suffit.
Mais la réalité, c'est que l'on développe énormément de facultés créatives en avançant en série.
On plonge nettement plus le spectateur dans notre univers lorsque l'on propose un laitier complet.
Réaliser une série, ça travaille beaucoup de facultés visuelles.
Connecter des images les unes avec les autres pour défendre un même sujet,
c'est une des choses les plus dures, à mes yeux, en photo.
Il faut proposer de la diversité et en même temps aborder le même thème.
Donner du rythme entre les images, ne pas faire de doublons tout en gardant l'immersion du spectateur,
ça relève de l'exploit.
Sans compter la retouche qui doit être cohérente tout au long de la série.
Bref, c'est un vrai casse-tête.
C'est là où le fait d'imprimer tes photos, le conseil précédent pour celles et ceux qui ont suivi,
va beaucoup t'aider.
Tu vas pouvoir savoir choisir dans quel ordre présenter telle ou telle image.
C'est ce que j'appelle le séquençage.
C'est une des étapes cruciales lorsqu'on fait un livre.
Tu droppes toutes tes images au sol pour trouver le sens parfait à donner à ta série.
Et si un jour tu rêves de faire un livre avec tes photos,
tu peux déjà réussir à faire une bonne série.
Pour moi, un livre, c'est une sorte de maxi-série qui se concrétise dans un objet.
Pour faire la transition avec le prochain conseil,
je vais me permettre de citer le photographe anglais Paul Graham.
Si tu ne connais pas, va découvrir son travail.
Une série vous permet de prendre votre temps, de développer une idée sur la durée.
Une seule image est un instant, mais une série devient une conversation,
une façon d'explorer et de comprendre quelque chose plus en profondeur.
Mettre des mots sur ses images, c'est un exercice qui peut sembler bête et méchant.
Je vous jure que c'est une chose pas évidente, mais qui aide énormément.
Mon prof de photo, quand j'étais en études, il disait toujours
« Vous aurez beau faire les plus belles photos du monde, si vous ne savez pas en parler, ça n'ira pas très loin. »
Mettre des mots, c'est donner de la profondeur, de la force à son travail.
Mon prof avait totalement raison.
C'est là qu'entre l'idée du fond et de la forme.
C'est une idée que j'apprécie beaucoup et qui aide à avancer.
Je vous explique.
La forme, c'est l'aspect visuel de votre image, sa composition, ses lignes, ses couleurs, ses sujets.
Le fond, c'est ce que raconte votre photo, sa profondeur, son âme, son message.
Si je devais vous donner un exemple, on va s'appuyer sur mon dernier livre, Impressionniste.
Dans sa forme, ce sont des photos floues, mouvementées et colorées de la Normandie.
Le fond, c'est que c'est un vrai voyage introspectif dans ma région d'origine,
dans lequel j'envisage la photographie avec une temporalité différente,
avec des images qui s'inspirent de la peinture et abordent la photographie non plus comme un instant,
mais comme un moment.
Je pourrais encore développer parce que j'ai beaucoup de choses à dire sur ce projet,
mais ce n'est pas le sujet.
Réussir à extirper les émotions, les pensées que les images peuvent susciter,
c'est aussi prendre conscience de ce que l'on photographie.
Peut-être que derrière la forme des choses qui vous attirent et que vous photographiez,
il y a quelque chose à dire sur vous, qui révélera son fond.
Dorothée Allenge illustre parfaitement ce propos.
L'appareil photo est un instrument qui apprend aux gens à voir sans appareil.
La forme façonne le message visuel, mais le fond porte l'histoire qui nous touche.
Pour moi, faire des belles images, c'est de la forme.
Mais faire des images fortes, c'est le fond.
J'estime toujours qu'un projet photo, il oscille entre ces deux aspects.
Et les plus percutants souvent sont ceux qui tapent dans le mille,
le parfait équilibre entre le fond et la forme.
Des images sublimes qui exposent un sujet plein de sens, s'entourer.
On imagine souvent le photographe comme un métier solitaire.
Personnellement, j'ai toujours pensé l'inverse.
C'est vrai que sur le terrain, au moment de création, on est seul.
Mais sur les autres aspects, j'ai plutôt l'impression d'être entouré.
Pourquoi ? Déjà, peut-être parce que vous êtes 134 683 à me suivre sur Instagram.
Peut-être 134 684 si tu vas t'abonner, ce serait cool et très sympa de ta part.
Merci beaucoup.
Partager mon travail sur Internet, ça me donne moins le sentiment de solitude quand même.
Et soyons honnêtes, une image, on la crée souvent pour s'exprimer.
Ça prend tout de suite plus de sens quand on la confronte au regard des autres.
Dès le début, j'ai toujours voulu présenter mes images.
Et rapidement, j'ai réalisé qu'avoir un petit cercle de photographes et de personnes de confiance
à qui partager ses intentions créatives, c'est toujours très constructif.
L'idée, c'est de mettre en place une sorte de bulle créative
avec des gens de confiance qui vous inspirent et qui ont toujours une critique sensée.
Ça vous aide à grandir.
Et cette initiative existe depuis longtemps.
Je n'invente pas l'eau chaude.
On peut citer le groupe F64, créé en 1930,
qui réunissait les photographes iconiques de la straight photography.
Une photographie pure, d'après eux.
Il y avait Ansel Adams, Edward Weston, Imogen Cunningham
ou encore la mythique agence MacDoom,
qui est toujours pilotée et à l'initiative des photographes.
Tout ça pour vous dire que les photographes s'unissent pour s'entraider,
mais aussi pour faire porter leur voix.
Je vous vois venir.
La question, c'est comment faire sa propre bande de photographes ?
Eh bien, aujourd'hui, on a la chance de vivre à la magnifique ère des réseaux sociaux.
Et je ne vais pas vous mentir,
la grande majorité de mes amis qui sont dans la création d'aujourd'hui,
je les ai rencontrés via Internet.
Ce qui est génial, c'est qu'aujourd'hui, tu peux te connecter directement
avec des gens qui ont les mêmes centres d'intérêt que toi.
Et j'ai un conseil à te donner.
C'est tout simple, mais juste envoyer un message, répondre à quelqu'un,
dire à un ou une artiste que tu apprécies son travail.
C'est un peu le premier geste que j'ai fait à chaque fois
et qui m'a fait faire plein de belles rencontres formidables.
Tu peux aussi aller sur notre Discord Errance,
où il y a déjà plus de 2000 passionnés qui partagent leurs photos
ou encore venir sur les live Twitch.
On est en plus petite communauté, ça connecte beaucoup plus facilement.
Et surtout, on fait souvent des lives où on regarde,
découvre les photos des uns des autres.
C'est super formateur.
Une autre solution, c'est de se renseigner sur les événements,
les lieux qui partagent la photo autour de chez toi
et les suivre pour aller à la rencontre d'autres passionnés comme toi.
C'est vrai que c'est un conseil assez simple,
mais je vous jure que ça change tout.
Évoluer avec des gens qui ont la même passion que vous,
c'est ultra motivant et ça comble ce sentiment de solitude.
J'ai fait des études photo, on était une classe de 20
et je crois que ce que j'ai préféré de ces deux années scolaires,
c'est être avec des gens qui ont le même centre d'intérêt que moi.
Je trouve ça super prolifique.
Il y a une espèce d'alchimie à être en groupe
où on se motive les uns les autres,
on suit le travail des uns des autres,
on se soutient, on s'entraide.
Et je trouve que ça a trop trop de force en fait.
Donc vraiment, ce serait dommage de ne pas pratiquer ce conseil-là.
Oser.
À mes yeux, tous les artistes qui ont marqué l'histoire
ou apporté quelque chose avec leur création,
ce sont des gens qui ont osé.
Oser faire quoi ?
Oser faire confiance à leurs idées,
à exprimer leurs émotions,
à mélanger deux choses comme jamais personne n'avait fait auparavant.
Les conseils que je vous donne depuis tout à l'heure,
ils aident à créer un cadre sain pour évoluer dans son art, sa pratique.
Mais il ne faut pas oublier une chose,
c'est que sortir de sa zone de confort,
c'est souvent la révélation de nouvelles idées.
Est-ce que je suis en train de remettre en question
tout ce que je vous ai dit avant ?
Un peu.
Il n'y a pas de mode d'emploi universel pour créer.
Et c'est pour ça qu'il faut oser.
Il ne faut pas oublier que chacun a son chemin.
Et c'est en osant et en se faisant confiance qu'on trace sa voie.
En tant qu'humain,
on a toujours tendance à vouloir appuyer sur ce que l'on connaît déjà.
Il faut souvent s'affranchir de tout ce qu'on croit savoir ou connaître
pour ouvrir une nouvelle porte.
De nombreuses fois dans l'histoire,
des artistes sont restés incompris jusqu'à ce que le temps fasse le travail.
Les premiers photographes couleur ?
A l'époque, c'était réservé à la pub,
on les prenait pour des amateurs.
Aujourd'hui, ils sont devenus mythiques et incarnent un mouvement visionnaire.
Leurs images sont limite rares.
Les peintres impressionnistes ?
A leur première exposition en 1814,
les gens venaient pour se moquer de leur tableau.
Ça a été un énorme flop, la risée de la peinture.
Aujourd'hui, c'est devenu le mouvement le plus célèbre de l'histoire de l'art dans le monde.
Le doute fait intégralement partie du processus créatif.
Il est signe de croissance,
reflète la volonté de s'améliorer et de ne pas se contenter.
En effet, sans remise en question,
votre travail ne sera plus un essai,
mais une tâche simple et exécutable.
D'ailleurs, il y a un truc que je me suis dit il n'y a pas longtemps
qui a généré un tremblement de terre dans ma pratique artistique.
On a souvent tendance à considérer les photographes ou artistes qui nous inspirent
comme des gens qui créent facilement.
Mais la vérité, c'est que comme vous,
quand ils ont réalisé cette photo qui vous a marqué,
cette peinture qui vous a touché,
ce film qui vous a ému,
ils ont eu des milliers de doutes.
Ils ont peut-être recommencé cent fois.
On ne voit que la partie émergée de l'iceberg,
mais derrière chaque oeuvre,
il y a quelqu'un qui a osé explorer l'inconnu,
qui a osé s'exprimer sincèrement,
qui a osé sortir de sa zone de confort.
Les conseils précédents, ils étaient assez théoriques
ou un peu mentaux sur la façon dont on approche notre photographie.
Mais il va falloir exercer à un moment.
Et le prochain conseil, c'est créez.
Oui, c'est sans doute le plus essentiel et le plus obvious
de tout ce que je vais dire dans cette vidéo.
Mais sincèrement, créez.
Il n'y a rien de plus évident dans votre pratique photo
que de sortir souvent pour créer des images.
D'essayer, peu importe le contexte, de recommencer,
de découvrir vraiment.
Si vous shootez toutes les semaines plusieurs fois,
vous allez tellement progresser
avec tous les conseils que je vous ai donnés au-dessus.
On a souvent tendance à avoir la flemme,
à mettre ça à plus tard, à s'attarder sur d'autres choses.
Mais la vérité, c'est que créer nous procure des émotions indescriptibles.
Quand je photographie, je suis ailleurs.
Je suis dans ce flot intense qui me déconnecte du monde.
Et c'est une des raisons pour laquelle j'adore mon métier.
Créer, c'est l'évasion, c'est la liberté.
Et malheureusement, aujourd'hui, pour vivre de sa passion,
on doit opérer tellement de tâches.
La communication, l'accompte à faire son site et j'en passe.
Et je ne vais pas vous mentir.
Des fois, je me sens noyé dans tout ça.
J'ai plus l'impression de faire de la gestion de projet que d'être photographe.
Mais à chaque fois, quand je reviens à la création,
je comprends tellement pourquoi je fais tout ça.
Donc vraiment, ne mettez pas ça de côté.
Ça doit être votre priorité numéro un.
Le dernier conseil, ça englobe un petit peu tout ce que j'ai dit avant.
C'est accepter.
Il faut accepter que créer, ce n'est pas un exercice évident.
Qu'il y a des hauts, il y a des bas.
Je pars souvent du principe que si j'aborde une période de doute,
c'est que je vais oser apporter quelque chose de nouveau à mon travail.
L'essentiel, c'est que vous gardiez un rapport sain à votre création.
Quand je commence vraiment à me prendre trop la tête avec la photo, je relativise.
Si j'exerce la photographie, c'est parce que ça me fait du bien.
Et je pense que ça doit être une constante dans notre travail.
La photographie est très jeune.
Elle fait de ses 200 ans cette année.
C'est vraiment rien.
On est encore au début de cet art.
Et je trouve ça fou d'exister en même temps que des gens qui ont marqué,
voire fondé la discipline.
J'ai vécu huit années sur cette planète en même temps qu'Henri Cartier-Bresson.
Un monument de la photographie.
Je trouve ça fou.
C'est encore le début de tout ça.
Alors, n'oubliez pas que c'est quelque chose qui va nous suivre toute notre vie.
Donc, prenez le temps de savourer.
On vit aussi dans une société qui nous martèle d'images,
des réseaux sociaux qui nous bombardent.
Il y a une espèce de pression constante.
Il faut prendre un pas de recul.
La photographie, c'est livrer une partie de soi.
Ça prend du temps, de l'investissement.
Nous ne sommes pas des machines.
On parle d'émotions.
Quand tu vois que Joseph Koudelka a mis quasiment dix ans
à réaliser son projet Gypsies pour environ 60 photos,
tu comprends, elles sont toutes incroyables.
Je pense que c'est essentiel d'accepter, de prendre conscience
et d'être bienveillant avec soi-même dans sa pratique.
Quand je regarde mes images du début,
ça me fascine de voir à quel point je grandis.
Et même si mes premiers clichés ne sont pas glorieux,
ils font partie de mon histoire.
Sans eux, je n'en serais pas là aujourd'hui.
Ce qui est sûr, c'est que si le Jonas qui débutait la photo
voyait cette vidéo,
je pense que ça lui ferait un gros électrochoc
et que ça débloquerait énormément de choses.
J'espère sincèrement que ça vous inspire.
Si oui, lâchez votre abonnement, votre like.
J'ai vraiment mis mes tripes pour vous donner tous ces conseils
qui sont très intimes pour moi.
Je suis très curieux de savoir quels conseils vous avez découvert.
Peut-être certains avec lesquels vous n'êtes pas d'accord.
Prenez le temps de mettre un petit commentaire,
de me dire ce que vous en avez pensé.
Ça signifie beaucoup pour moi.
Certes, ça ne parle pas de matos
et ça ne ressemble pas aux vidéos de conseils traditionnelles.
Ce n'est pas technique, ce sont des façons de voir, de penser
qui sont bien plus puissantes qu'un tips ou un tuto ou un nouvel objectif.
Et je pense que c'est ça qui fait la différence.
Arrêtons de regarder quel appareil, quelle pellicule, quelle technique
et commençons à voir la photographie comme un regard.
Qu'est-ce que je ressens ? Qu'est-ce que je vois ?
Car ces questions, elles vous pousseront beaucoup plus loin
et feront de vous des artistes au chemin incroyable.
Pour moi, il devrait y avoir autant de photographies
qu'il y a d'individus.
Chacun a un regard unique et c'est à vous de trouver le vôtre.
Et cette vidéo, je vous partage comment j'ai trouvé le mien.
