France : 24ème édition des Journées de la Rose à Chaalis (2/2)
Le deuxième week-end de juin est enfin arrivé ! Comme chaque année depuis maintenant 24 ans, à l’orée de la forêt d’Ermenonville, dans l’Oise, le domaine de Chaalis ouvre grandes ses portes pour Les Journées de la Rose, cette fois-ci, les 6, 7, et 8 juin 2025. L’édition 2025 sera aussi parrainée par le célèbre historien Michel Pastoureau qui développera le thème de « La rose et la couleur. » En attendant, il est 16h, nous avons de la chance, car Natacha Muzard, jardinière et consultante au Domaine convie le public à la suivre au sein de la roseraie pour distiller ses secrets autour de la rose et des rosiers...Alors, amoureux des roses, suivez-nous, c’est par ici...

Clématite Montana Sunrise, Clématite Summerdream, Clématite Madame Julia Correvon, Detail Lila Clematis, et au centre Roseraie de Chaalis, rosier remontant et clématite. (Image : wikimedia / (en haut à gauche) Vegetal45, CC BY-SA 3.0 & (en haut à droite) Vegetal45, CC BY-SA 3.0 & (au centre) L.Lefebvre/ VisionTimes & (en bas à droite) 4028mdk09, CC BY-SA 3.0 & (en bas à gauche) Vegetal45, CC BY-SA 3.0)
Entretien avec Natacha Muzard, jardinière et consultante au domaine de Chaalis et de la roseraie
Le deuxième week-end de juin est enfin arrivé ! Comme chaque année depuis maintenant 24 ans, à l’orée de la forêt d’Ermenonville, dans l’Oise, le domaine de Chaalis ouvre grandes ses portes pour Les Journées de la Rose, cette fois-ci, les 6, 7, et 8 juin 2025. L’édition 2025 sera aussi parrainée par le célèbre historien Michel Pastoureau qui développera le thème de « La rose et la couleur. » En attendant, il est 16h, nous avons de la chance, car Natacha Muzard, jardinière et consultante au Domaine convie le public à la suivre au sein de la roseraie pour distiller ses secrets autour de la rose et des rosiers...Alors, amoureux des roses, suivez-nous, c’est par ici...
La taille des rosiers grimpants et buissonnants
Le principe est le même, régulièrement, il faudra choisir la branche la plus vieille et la « descendre ».
Natacha Muzard continue « Les rosiers grimpants doivent être attachés. On ne les entortille pas, car ce ne sont pas des lianes. Les chèvrefeuilles ou clématites sont des lianes, elles s’entortillent. Pour les rosiers grimpants, il faut donc enlever les vieux bois au maximum et écarter les branches en éventail sur le mur. Plus le bois est à l’horizontal, plus il va fleurir. »
« Les clématites et les rosiers se marient très bien ensemble. »
Il existe trois types de clématites classées, selon leur période de floraison et leurs caractéristiques :
- Les clématites de type Armandii qui fleurissent à la fin de l’hiver car ce sont des clématites persistantes
- Les clématites de type Montana avec une floraison printanière
- Et puis les autres
Mais attention, chaque type de clématite possède son propre protocole de taille.
Natacha Muzard nous explique que si l’on décide de mettre une clématite Montana avec un rosier, nous allons être embêtés car la clématite Montana doit être taillée après la floraison, donc en mai. « Si vous taillez une clématite sur un rosier qui lui sort des fleurs, cela va être la catastrophe. C’est pourquoi avec un rosier, il faut absolument installer une clématite d’été, car clématite et rosier seront taillés en même temps. La clématite, elle sera rabattue au pied en laissant 20 cm et on laissera une tige sur deux. »
Les porte-greffes des rosiers
Natacha Muzard nous explique comment l’on crée un rosier :
« Le porte-greffe, c’est le moteur. Le rosiériste prend souvent une racine sauvage, très souvent il s’agit de celle de l’églantier et ensuite on y accroche, on lui colle au sens propre du terme une branche de cultivar. À Chaalis, nous utilisons un porte-greffe assez costaud, du rosa canina car ici le site est sur une roche calcaire ainsi que du rosa laxa. »
Et... à Chaalis traite-t-on les pucerons ?
À Chaalis, Natacha Muzard n’utilise aucun produit pour traiter les pucerons.
« Pourquoi ? En soit les pucerons ne sont pas mortels pour le rosier mais ils le sont pour la floraison des roses. Et puis, le domaine n’a ni le temps, ni l’argent pour tous ces produits. »
Natacha Muzard nous explique que chez elle, dans son jardin, c’est la même chose, elle ne traite pas les pucerons non plus. Lorsqu’ un rosier est vraiment très attaqué, elle passe ses doigts sur les boutons de floraux, elle enlève 80 % des pucerons et ensuite advienne que pourra, dit-elle.
« Vous pouvez aussi faire un mélange de 1/10 d’huile végétale, 1/10 d’eau et 8/10 de savon noir et vaporiser sur vos rosiers mais si vous tuez tous les pucerons, que mangeront les coccinelles ? »
Natacha Muzard remet en perspective les enjeux et fait prendre conscience au public qu’il y a un cycle de la vie à respecter.
« Faut-il considérer que ma floraison de rosiers est plus importante que mon impact sur la biodiversité ? Ou est-ce plus important de recréer une chaîne alimentaire pour la biodiversité ? Personnellement, j’ai choisi de sacrifier la floraison. De même, si l’on s’attaque aux fourmis, on s’attaque à la chaîne alimentaire qui se retrouve perturbée par des raisons humaines. Un moment, il faut tout remettre à sa place, ce n’est qu’un jardin. Moi aussi, je suis malheureuse quand mon jardin n’est pas beau. Des choses meurent, mais ce n’est qu’un jardin... »

Petit conseil de sécurité
Natacha Muzard pense aux futurs jardiniers et rappelle : « Attention au sécateur dans la poche arrière du pantalon ! En s’accroupissant, on peut se l’enfoncer dans le mollet. Natacha nous montre fièrement son outil de travail, inséré précieusement dans une pochette en cuir épais, attaché à la ceinture, et s’empresse de préciser que c’est presque la première chose qu’elle enfile le matin en se levant. Le manche du sécateur est orange pour le retrouver plus facilement si elle le perdait. »
Philosophie de la sérénité
Natacha Muzard s’évertue à prôner la sérénité légendaire de tous les jardiniers.
Chaque année, la taille de la roseraie de Chaalis est donc effectuée par des bénévoles qui souhaitent apprendre à tailler les rosiers. Natacha Muzard sait former ses recrues par un étayage pédagogique naturel. Elle montre l’exemple, les bénévoles apprennent beaucoup par imitation.
Un vieil adage dit : C’est en faisant que l’on apprend puis donner de son temps gratuitement pour rendre service aux autres, n’est-ce pas là, la plus belle chose qui puisse nous rendre heureux, partager une passion avec de nouvelles personnes, avec patience et bienveillance, dans un élan d’une belle coopération, pour une harmonie environnementale, quel beau cadeau pour la roseraie, une tradition patrimoniale merveilleuse qu’il faut à tout prix conserver, et la roseraie nous le rend bien, en s’épanouissant d’année en année généreusement grâce aux efforts individuels d’humbles anonymes, pour le bonheur de tous et du plus grand nombre. C’est une symbiose parfaite entre l’humain et la nature.
Comme Lao Tseu le souligne : Plus le sage donne aux autres, plus il possède.
Le jardinage n’est-ce pas une jolie forme méditative, apprendre à cultiver pour ensuite mieux contempler ? Cultiver son jardin extérieur est d’une sagesse incroyable puisqu’il permet également de cultiver son jardin intérieur en développant des qualités humaines telles que :
- La patience
- La créativité
- Le souci du détail
- La résistance physique
- La conscience écologique
- La capacité d’adaptation
- La résilience
- L’engagement communautaire, et permet ainsi de réconcilier l’humain avec le monde qui l’entoure.
Alors, si vous aussi vous voulez expérimenter et apprendre tous les secrets de la taille des rosiers, Natacha Muzard se fera un grand plaisir de vous accueillir et de vous transmettre son savoir à la roseraie de Chaalis. Il vous suffit d’en faire la demande écrite, dès février, mais attention, les prétendants passionnés de roses sont nombreux ! Ne tardez pas !
Pour plus d’infos : 👉 domainedechaalis.fr

Auteur L. Lefebvre
Source : https://www.visiontimes.fr/france-2/france-tradition/france-24eme-edition-des-journees-de-la-rose-a-chaalis


Comments