Rencontres extraordinaires sur le littoral français

Ici et ailleurs voyages
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34 Vues de vidéo·17 nov. 2024
Nous partons pour un voyage le long du littoral français, de Dunkerque à Menton. A la rencontre de quelques-uns des six millions d’habitants qui peuplent les côtes de France, nous découvrons une incroyable diversité d’écosystèmes et autant de façons de vivre le littoral.
Réalisateur : Laurent Martein
La France jouit d'une importante façade maritime,
ouverte à la fois sur l'Europe du Nord, l'Atlantique et la Méditerranée.
Ses quelques 5 500 kilomètres de côtes
offrent une diversité de paysages étonnantes.
Près de 6 millions de Français y vivent et y travaillent.
De la Côte d'Opale au bassin d'Arcachon,
de la Bretagne à la Côte d'Azur,
nous partons à la rencontre d'hommes et de femmes
qui ont toujours un pied dans l'eau.
En baie de Somme, Jean-Michel capture les oiseaux
dans le bois et la photographie.
Au pied du mont Saint-Michel,
Alain et Patrice veillent au bien-être des jeunes phoques.
Au large du golfe du Morbihan,
Jannick et Yann se battent pour maintenir la petite pêche côtière.
Au Cap-Ferret, Marc tente de préserver
le patrimoine des blocauses du mur de l'Atlantique.
A Saint-Tropez, Philippe hisse les voiles de son yacht
pour une dernière régate.
Enfin, à Nice, immersion dans la Grande Bleue
avec Guillaume, le champion d'apnée.
Notre première étape nous emmène sur le littoral du nord de la France.
Passé les capes du Boulonnais,
qui constituent les premiers reliefs de la côte d'Opal,
le littoral déploie de longues et larges plages de sable,
régulièrement échancrées par de petits estuaires
comme celui des rivières de la Canche et de l'Oti.
Le plus vaste est celui de la Somme.
Écosystème exceptionnel,
la baie de Somme demeure l'un des plus grands sites français
de passage de migrateurs.
Près de 300 espèces d'oiseaux y font halte au fil de l'année,
principalement à l'automne, en direction de l'Afrique.
Paysage serein et envoûtant,
la baie de Somme en a chaviré plus d'un.
Pour Jean-Michel, elle a tout changé.
La baie, c'est ma vie.
Je me demande comment j'ai pu faire
pour vivre aussi longtemps loin d'ici.
Je crois que pour rien au monde,
maintenant je retournerai loin de l'estuaire.
Mon amour des oiseaux remonte à ma plus tendre enfance.
Je me souviens de mon grand-père qui me montrait
un nid de fragmites des joncs.
Il m'a appris à découvrir ces nids.
Pour moi, c'était des instants vraiment magiques.
En Picardie-Maritime, l'observation des oiseaux
s'accompagne encore parfois d'un fusil.
Jean-Michel a adapté son héritage familial
à sa passion de guide ornithologue et de photographe animalier.
Je suis né dans un milieu de chasseurs
parce qu'ici, statistiquement,
on est plus facilement dans une famille de chasseurs
que de non-chasseurs.
Maintenant, je continue de chasser,
mais c'est avec un appareil photo.
Je continue d'utiliser la technique
de chasse locale du huto
pour attirer les oiseaux à portée de mon téléobjectif.
La technique ancestrale du huto,
qui consiste à s'enterrer dans le sable,
se pratique avec ce qu'on appelle des blettes.
Dans son atelier des environs de la baie,
Jean-Michel continue de les sculpter.
Ce qui m'a fait venir à la sculpture,
c'est ces vieux objets qu'on a au-dessus.
C'est vraiment typique des blettes de la région.
C'était une chasse du pauvre.
Ils récupéraient tout ce qu'ils avaient sous la main
pour pouvoir faire un oiseau.
C'est typiquement quelque chose que j'adore.
C'est un leurre qui a été fabriqué
sur la base d'un sabot.
La nuit, ça fait un office efficient.
Le but du chasseur étant de faire poser les oiseaux.
Les oiseaux n'ont pas le temps
de s'apercevoir que c'est des leurres
quand ils sont passés de vie à trépas.
Je suis en train de tracer
sur mon gobe de bois
le corps d'un huîtrier pi.
C'est un oiseau typique de l'astuaire.
Je suis en train de réaliser une blette
qui va me servir à attirer ces oiseaux.
Les blettes sont fabriquées en Baie de Somme
depuis les années 1850 à peu près.
Avant, la chasse était un privilège
réservé aux seigneurs.
Le commun des mortels n'avait pas la possibilité
de capturer les oiseaux
qu'ils voyaient passer là tous les ans.
A partir de la Révolution française,
dans la région, il y avait cette malgne céleste
des oiseaux qui arrivaient tous les ans à l'automne.
Dès qu'ils en ont eu la possibilité,
ils ont essayé de les capturer.
Ils ont utilisé des oiseaux blessés
pour les attirer.
Le plus difficile étant de blesser le premier oiseau.
Ils ont aussi aperçu que le fait de faire des leurres
fonctionnait aussi.
Aujourd'hui, les leurres en plastique
ont remplacé les blettes de bois.
Pour Jean-Michel, la chasse photographique
commence d'abord par le plaisir de sculpter.
Un oiseau presque terminé.
J'ai un peu à reprendre ici au niveau de la jonction.
Ce n'est pas une cassure brutale
comme sur un vrai oiseau.
Tout ça doit être fondu.
Une fois mis en peinture, voilà ce que ça donne
pour un oiseau qu'on utilisera sur le terrain.
La baie, si elle est encore le paradis des oiseaux,
souffre d'un phénomène irréversible d'ensablement.
La mer lui apporte sans relâche
d'énormes quantités de sédiments.
Le résultat est l'extension inexorable des herbues
où baissent les moutons de présalés
au détriment des grandes vasières
dans lesquelles les espèces migratrices
trouvent l'essentiel de leur nourriture.
Jean-Michel a pris ses jumelles, ses blettes et son uto.
Sa chasse photographique peut commencer.
L'objectif, zéro dérangement pour les oiseaux.
Cette saison, il y a encore beaucoup de promeneurs.
Et c'est...
Il suffit de 2 ou 3 personnes dans l'estuaire
pour vider toute la zone qu'on a devant nous
et pousser les oiseaux à continuer la migration
sans avoir repris leur force,
sans avoir eu le temps de se nourrir.
Et ça, ça devient un réel problème dans l'estuaire.
Les gens ne sont pas conscients du dérangement qu'ils peuvent créer.
Et c'est pour ça qu'en tant que guide,
on essaie de canaliser ces personnes,
de leur faire découvrir les espèces,
mais à partir d'endroits où ils ne vont pas aller déranger
et laisser toute l'inquiétude à l'espace.
A partir d'ici, en fait, on ne peut plus faire un pas
sans marcher sur quelque chose de vivant.
La vie grouille sous nos pieds,
et c'est ce qui explique la présence d'autant d'oiseaux ici dans l'estuaire.
Ils vont se nourrir de tout ce qui est enfoui, dissimulé sous la vase.
Dès maintenant, la table est mise
et on marche dans l'assiette des oiseaux, maintenant, en fait.
Jean-Michel a trouvé l'endroit idéal
près d'un petit brateau.
Le creusement du hutto peut commencer.
Une technique relativement simple
qui respecte quelques règles élémentaires de construction.
Aménagé de paille pour un confort bien sommaire,
le hutto est recouvert de sable
pour qu'il soit le moins visible possible par les oiseaux.
Dernière opération, la pose des blettes
qui doivent aider Jean-Michel
à assouvir sa soif d'images ornithologiques.
Le principe, c'est un peu le principe du routier
qui passe devant un restaurant.
S'il voit qu'il y a des camions de l'arrêté,
il va se dire, la table doit être bonne, je peux m'arrêter.
S'il voit qu'il n'y a personne sur le parking, il va aller voir plus loin.
Les oiseaux, c'est la même chose.
Quand ils voient un groupe d'oiseaux posés à un endroit de l'estuaire,
ils se disent, la table doit être bonne, l'endroit est sûr, je peux m'arrêter.
Et maintenant, s'il n'y a personne, c'est que soit il n'y a pas grand-chose à manger,
soit l'endroit n'est pas sûr.
C'est exactement le même principe.
Le hutto, c'est le seul moyen que je connaisse ici, dans l'estuaire,
qui permet de voir les oiseaux réellement, dans leur vie,
sans être dérangé, de les voir se nourrir,
de les voir faire leur toilette, de les voir s'aimer.
Une impression d'invisibilité.
Et ça, c'est assez fabuleux.
La fameuse muraille de craie des falaises Picardes et Normande
débute à Holt, au sud de la baie.
Elle court sur plus de 130 km,
variante en altitude et en faciès,
mais toujours inexorablement rongée par les éléments.
Interrompue par quelques anciens lits de rivière,
les valeuses, comme à Étretat,
la muraille blanche vient mourir peu avant le port du Havre
et l'estuaire de la Seine.
Deuxième étape de notre voyage littoral,
la baie du Mont-Saint-Michel,
vaste espace maritime de plus de 500 km2.
Au-delà des Havres de la côte ouest du Côte-Antin,
l'entrée dans la baie au nord se fait par l'archipel
que forment les ravissantes îles Chauzet.
Leur granit aurait d'ailleurs servi à l'édification
de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
Destination courue pour les plaisanciers,
les îles dépendent administrativement du port de Grandville,
pointe septentrionale du triangle que forme la baie.
Célèbre pour son îlot cathédral,
la baie l'est aussi par sa vastitude,
ses paysages et la qualité de ses écosystèmes.
Un lieu où de nombreuses espèces animales se portent bien,
notamment les phog-vaux marins.
Une petite colonie s'y est installée.
Un bien-être qui n'empêche pas, hélas,
l'échoage de certains individus.
Alain, responsable d'un centre de sauvegarde,
et Patrice, guides dans la baie,
tous deux membres du réseau national d'échoage, le RNE,
veillent à leur donner une seconde chance.
La plupart du temps, quand un animal arrive au centre de sauvegarde,
l'homme est derrière.
C'est soit un choc véhicule, c'est le niveau de tension,
c'est un fil barbelé, c'est un coup de fusil,
c'est un dérangement sur les phoques
et les mères sont séparées des jeunes.
Tout ça, ce n'est pas naturel.
Donc on répare la bêtise de l'homme.
En Haute-Normandie, dans le centre de soins que dirige Alain,
deux jeunes bébés phoques,
échoués dans la baie du Mont-Saint-Michel,
se refontent une santé depuis trois mois.
Aujourd'hui, ils vont retrouver leur colonie.
Le Saint-Franc, quand on l'a eu, il avait deux, trois jours.
Et Paprika, elle avait un petit peu plus,
mais elle avait encore le chrono médical,
donc c'est moins de huit jours.
Ces jeunes phoques ont été séparés de leur mère,
donc du moment où il y a une séparation,
la mère a du mal à retrouver son jeune,
voire ne pas le retrouver du tout,
c'est-à-dire qu'elle ne l'abandonne pas,
mais suite au dérangement, elle protège sa vie
et ensuite elle ne retrouve plus son jeune.
Donc ces jeunes sont voués à une mort certaine.
Donc là, c'est là que le chêne va les prendre en charge.
Sur le terrain, c'est Patrice, le guide,
qui s'occupe de l'organisation du relâché.
Quand Alain estime que les animaux sont prêts,
moi, je prends le camionnerie des marais
pour trouver à la fois des horaires adéquats
et surtout des montants de mer
où on peut les relâcher assez facilement.
Le centre du chêne reçoit environ 1500 animaux par an,
quelques mammifères marins
et une grande majorité d'oiseaux.
Là, je vois au niveau du centre de soins,
ce qui est intéressant, c'est voir un petit peu
comment l'animal se comporte dans la nature,
comment il se comporte en captivité,
et c'est à nous d'interpréter ça
de façon à ce que l'animal soit le moins mal possible.
Et ça, ça prend sur le terrain,
et c'est une tâche qui n'est pas évidente,
sachant qu'on traite plus de 300 espèces.
Blouses blanches et gants chirurgicaux sont de rigueur.
Avec Laurette, son adjointe,
Alain va procéder à une ultime pesée
des deux jeunes phoques.
L'imprégnation des animaux par les humains
est la hantise des soigneurs.
Il ne les touche que lors
de ces manipulations exceptionnelles.
En fin de compte, l'imprégnation,
c'est un problème.
C'est-à-dire qu'un animal s'imprègne très facilement.
Et quand on est professionnel
et qu'on veut essayer de faire son métier correctement,
on met des artifices en place
de façon à éviter ce problème.
C'est pas toujours facile,
surtout avec certaines espèces.
De toute façon, un animal imprégné
ne peut plus être relâché.
Si jamais l'animal se rééchoue,
on peut voir s'il a maigri,
s'il y a un problème qu'il peut avoir, etc.
Donc la pesée, c'est important.
96 !
Les phoques vont être à présent
marqués à l'aide d'une plaque de couleur
qui facilitera leur suivi dans la baie
une fois relâchés.
C'est pas compliqué,
mais c'est toujours stressant
de manipuler les phoques pour eux.
Une opération délicate
qui exige un peu de renfort
et surtout de la force.
On ne se rend pas compte,
mais ils ont énormément de puissance !
Depuis maintenant dix ans,
quasiment, les comptages de la colonie
se font de façon aérienne.
Aujourd'hui, on a un regard extrêmement exhaustif
sur la population,
qui permet d'avoir en plus,
avec la photo-identification,
des données extrêmement intéressantes.
On voit les phoques qui sont éventuels,
ceux qui viennent à la saison.
Ce travail-là a été fait de façon marquable.
L'heure du départ
pour la baie a sonné.
Safran et Paprika ne sont plus
qu'à quelques heures de retrouver leur liberté.
A l'arrivée au mont,
Patrice et d'autres membres
d'associations environnementales
et du réseau national des chouages sont présents.
Seuls les bénévoles du RNE
sont autorisés à intervenir sur le littoral
auprès d'animaux protégés.
Le phoque aux marins
a une grande valeur au niveau de la biodiversité.
On n'a pas le droit de le déplacer,
on n'a pas le droit de l'attraper,
on n'a rien le droit de faire.
Nous, par exemple,
Patrice et moi-même,
nous sommes possesseurs d'une carte verte
qui nous permet d'intervenir
sur tout ce qui est mammifères marins,
c'est-à-dire les pinnipèdes,
c'est-à-dire les phoques,
et également les cétacés,
que ce soit baleine à dents
ou baleine à fanons.
Avant de procéder au relâcher,
Patrice doit d'abord s'assurer
que le site offre de bonnes conditions.
On a une plage de sable
vraiment tendue,
et après on a l'ancien chenal
du colon qui passe là,
et le but est qu'ils retrouvent le fleuve,
vraiment à 200 mètres ici,
pour que le fleuve les ramène après
dans la marée descendante
Quand j'ai commencé il y a 15 ans,
on avait une trentaine d'individus.
Aujourd'hui, avec le travail qui a été poursuivi,
on arrive à peu près à 70 individus.
C'est un animal qui, par rapport à ce qu'on pourrait croire,
passe beaucoup plus de temps
en dehors de l'eau que dans l'eau,
et vu que la mer aujourd'hui,
dans la baie de Mont-Saint-Michel,
se retire extrêmement loin,
c'est des conditions optimales.
Par son caractère fermé
et plutôt inhospitalier pour l'homme,
la baie reste un espace très protégé
et fonctionne comme une véritable nursery
pour les différentes espèces qui l'habitent.
À la base de cet écosystème,
une grande richesse en phytoplankton,
alimenté par la présence des herbus
qui concourent au maintien de la biodiversité.
Une biodiversité dont safran et paprika
vont à présent pouvoir profiter.
Il serait juste bien,
c'est que le moment où ils vont sortir,
qu'il n'y ait pas trop de monde sur les côtés.
C'est vrai qu'au niveau d'adaptation,
c'est quand même extraordinaire,
parce que ces animaux-là retrouvent
le milieu naturel, le milieu sauvage
qu'ils n'ont quasiment pas connu.
Et ils s'adaptent extrêmement vite.
Et l'avantage, c'est qu'ils vont s'alimenter
extrêmement vite. Ils vont s'alimenter
par là, on peut être sûr qu'ils sont
en train de manger.
Nous on essaie de faire au mieux
de notre travail, avec les moyens
que l'on a, des fois c'est pas toujours facile,
mais au moins on y va.
On ne cherche pas l'argent,
on ne cherche pas de notoriété,
on ne cherche que du résultat.
Et je pense que c'est ça qui est important.
Au-delà du mont, côté breton,
les moules de bouchons de la baie
composent un paysage typiquement français,
puisque ce mode d'élevage
est quasi exclusif à l'Hexagone.
Fermant la baie, le port de Cancale,
lui, est fameux pour ses huîtres.
La France demeure de très loin
le premier producteur austréicole en Europe.
La Bretagne, comme pour la pêche,
demeure la principale zone de production.
Le sud de la Bretagne
constitue notre troisième étape
entre baie de Quiberon
et golfe du Morbihan.
La Bretagne sud commence à la pointe du Rat,
où les colères de l'Atlantique
sont à la mesure de la physionomie du littoral.
Non loin,
alignant ces trois phares,
la pointe de Pin-Mar
protège le port du Guilvinec,
le premier quartier maritime de France.
Comme à l'Orient,
tous les types de pêche y sont représentés,
des plus petites unités
aux gros chalus industriels.
Au sud du Morbihan,
comme partout ailleurs sur les côtes bretonnes et françaises,
la petite pêche côtière
fait de la résistance.
Jannick et Yann, époux dans le civil,
travaillent ensemble à côté
de la trinité sur mer.
Moi, je vois ça comme une liberté, en fait.
Voilà, d'aller sur l'eau,
ça m'empêche, quelque part,
d'être enfermée dans un bureau,
alors que Yann, lui, il a toujours, quand même,
derrière la tête d'aller chasser quelque chose.
C'est ça, la différence.
Toi, tu chasses,
et moi, je te suis.
T'es un requin, et moi, je suis ton poisson de pilote, en fait.
Ça dépend des jours.
Jannick a fait le choix d'embarquer
à la pêche avec son mari il y a 10 ans.
Un choix qu'elle assume
dans un secteur où les femmes se font rares.
La question se pose pas.
Il a besoin de monde, il n'en trouve personne,
donc j'y vais.
Voilà, c'est peut-être après,
avec du recul, où tu te dis,
bon, je l'aurais peut-être pas dit,
mais bon, c'est fait.
À une heure de bateau de la trinité,
les alentours de l'îlot de Mainavant
constituent ce matin le théâtre des opérations.
La zone de pêche
inhérente à la trinité,
donc c'est à la sortie de la rivière, c'est la baie de Quiberon,
c'est une zone où il n'y a pas beaucoup de fond,
donc c'est une zone où,
on va dire, la petite pêche est reine.
Et c'est un endroit aussi très protégé,
protégé essentiellement des ventes sud-ouest et d'ouest,
donc, on va dire,
par mauvais temps,
on peut toujours travailler.
Il y a la zone du golfe du Morbihan,
qui en fait fait
que cette zone est toujours poissonneuse.
C'est une zone à fort courant,
donc qui n'est pas facilement
travaillée et travaillable,
donc on a toujours
un mouvement d'eau qui est là,
et qui nous permet d'avoir quand même un apport de poissons,
du crustacé,
et qui permet aussi d'avoir,
sans vraiment le dire,
mais une réserve biologique,
parce qu'il y a des endroits où on ne pourra jamais travailler.
Yann et Yannick
partagent leur année de pêche
entre plusieurs techniques.
Six mois au casier pour les crustacés,
six mois au filet et à la ligne,
qui les occupent à l'automne pour pêcher principalement le bar.
La pêche à la ligne,
ça permet de capturer du poisson
de qualité superbe,
qui est vivant,
donc le principe c'est qu'on va
le soir filer nos lignes
avec de l'appât vivant dessus,
et on les relève le matin très tôt,
donc le poisson
reste vivant,
en plus l'avantage c'est que si jamais
il ne fait pas la taille, on peut le remettre à l'eau vivante,
et ça permet de faire une pêche quand même très sélective,
comparé au chalut où là,
on pêche un peu de tout,
là on arrive vraiment à cibler son poisson.
Avec ses 400 hameçons posés,
bien en deçà des 3000 autorisés,
Yann conjugue pêche sélective
et satisfaction personnelle.
C'est un plaisir malsain,
c'est le plaisir de sentir le poisson,
c'est un peu plus palpitant,
et il y a une fascination,
pour les très grosses pièces,
parce que nous avoir échappé,
vu le nombre d'hameçons à l'eau,
le nombre de kilomètres de filet,
le nombre de chalutiers,
c'est plus de la chance là, il y a autre chose.
J'avais déjà des règles de conduite,
l'expérience m'a amené
à travailler
d'une façon totalement différente
de ce que je voyais autour de moi.
On ne pêche pas pendant
les périodes de frais, de reproduction,
on ne pêche pas,
tout le plus à ses graines,
on évite, on va dire,
de ponctionner
dans toutes les zones de reproduction.
Et ça nous permet
d'un côté
de se donner bonne conscience aussi,
par rapport au métier,
mais surtout, avec l'expérience,
de voir que ça porte ses fruits.
Moi j'étais très optimiste
il y a encore quelques temps de ça,
et là, depuis une année,
je me dis que
la pêche telle que nous
on la pratique,
n'a plus
ou pas d'avenir.
Dans le sens où les réglementations
sont de plus en plus contraignantes,
et que les grosses unités
prennent quand même le pas
sur des petits bateaux comme nous.
C'est la passion qui nous fait tenir.
On se donne du mal pour rester habité ici,
on se donne du mal pour vivre ici.
C'est notre cadre de vie,
notre façon de vivre,
on la préserve.
Prochaine étape, la côte aquitaine,
et plus précisément le bassin d'Arcachon.
Le littoral aquitain
est l'un des plus remarquables de France.
Sur plus de 250 km,
il s'étire en un long cordon
de plages sableuses
bordées de dunes
et par l'immense forêt landaise.
Les naturistes y ont trouvé
leur idéal de tranquillité
et le tourisme de masse,
un espace apparemment sans fin.
À mi-chemin entre l'estuaire
de la Gironde et la côte basque,
le bassin d'Arcachon
est la seule échancrure d'envergure.
Elle forme une vaste baignoire
dédiée au tourisme
et à l'élevage des suîtres.
Face à la dune du Pilat
et au banc d'Argan,
le Cap-Ferret étire ses plages idylliques
qui restent comme beaucoup d'autres en France,
marquées par l'histoire du XXe siècle.
Je suis né avec ces bunkers.
Pour moi, ils faisaient partie du paysage.
J'allais me baigner
au nord de la plage du Petit Nice
et ils étaient là.
Ça me servait de support pour sauter à l'eau.
J'allais pêcher au pied du bunker.
Marc, plongeur expérimenté et professeur de physique,
a commencé à s'intéresser
aux ouvrages du mur de l'Atlantique
il y a une vingtaine d'années,
au gré de ces plongées autour des bunkers
livrées à l'océan par l'érosion côtière.
J'ai voulu en savoir plus
sur un site de plongée
sur lequel je plongeais depuis des années.
J'ai commencé à faire des recherches documentaires
en bibliothèque, en archives.
J'ai essayé d'inventorier, de repérer ces ouvrages.
Construit par l'occupant allemand
pendant la Seconde Guerre mondiale
pour se défendre contre un débarquement des Alliés,
les bunkers et autres ouvrages
fortifiés de béton
continuent de peupler les plages françaises
70 ans après leur édification.
On en compterait encore plusieurs milliers
au fil des côtes.
Par le biais du Gramasa,
l'association qu'il a créée
avec quelques autres passionnés d'archéologie maritime,
Marc contribue à valoriser
un patrimoine désormais reconnu en tant que tel
par les pouvoirs publics.
Ces ouvrages du mur de l'Atlantique
sont considérés comme des biens culturels maritimes.
Et donc en tant que tels,
sont enregistrés à fur et à mesure
en tant que quantité archéologique
sur des bases de données du ministère de la Culture.
Je me suis rapproché
du service régional de l'archéologie
dépendant de la Drac Aquitaine
et j'ai proposé de mettre en place
une première fouille archéologique programmée
sur un ouvrage
de la station de radar
qui est située
à hauteur de l'horizon
au Cap Ferré.
L'ouvrage est presque entièrement
enfoui dans la dune.
Il faut étudier au préalable
les différentes possibilités d'accès.
Ici on arrive sur une entrée,
voilà,
on rentre dans un couloir
et là vous avez des puits d'antennes
donc on rentre comme ça.
C'est-à-dire que ces éléments-là nous donnent
un détail très précis sur l'agencement intérieur.
Laurent,
je pense que l'entrée est là, il faudra vérifier
et c'est surtout la végétation là
montrer un petit peu
l'impact que ça peut avoir
parce que je pense que là typiquement
si effectivement l'entrée est là, il faudra creuser
cette partie ici
et donc forcément on va devoir dégager
ces œillards.
On prend quelques photos
pour travailler sur l'étude d'impact
pour bien situer
le bunker dans la zone
pour ensuite effectivement
demander toutes les autorisations nécessaires
auprès notamment du conservatoire électoral
qui sera directement concerné par ça.
Ok, donc là,
donc on est là,
ici, donc c'est l'identifiant
5AR31.
En collaboration avec
l'Office national des forêts,
l'association a notamment établi un atlas
recensant chaque ouvrage du mur de l'Atlantique
sur la côte aquitaine.
Et là on va sur
une des deux batteries de côte
qui protégeait l'entrée du bassin d'Arcachon,
celle qui était située à la pointe du cap ferré.
En fait,
vous allez voir les bunkers qui sont au pied de l'eau,
il faut les imaginer
à l'époque
sur la crête de Lune.
Tu démarres par la suite à munitions,
au pire des cas, tu vas après derrière chercher le 500,
ça te va ou quoi ?
Voilà, je me mets en face,
et s'il n'y a pas de visi,
si vraiment on ne peut pas travailler,
je laisse tomber.
Toujours en quête d'informations,
Marc se met régulièrement à l'eau
pour étudier les bunkers semi-immergés
du cap ferré.
Composé de plongeurs émérites,
l'association a déjà mené plusieurs campagnes
de fouilles sous-marines
autour de certains bunkers entièrement immergés
du bassin d'Arcachon.
Pour pouvoir travailler sur ces éléments-là,
on a là une suceuse à air qui nous permettait
d'enlever un petit peu le sable,
et ensuite, à l'aide de petits marteaux,
on a enlevé les compressions au maximum
pour ensuite mesurer, analyser
ces derniers petits éléments
qui nous permettaient éventuellement
d'identifier ce qu'il pouvait y avoir
de fixé sur ces blocs de béton.
Les bunkers sous-marins
n'offrent pas qu'un strict intérêt historique.
Le bassin d'Arcachon est naturellement
extrêmement dense. Il faut imaginer
que les bunkers sous-marins du bassin d'Arcachon
sont sur une zone sableuse,
et donc ils sont devenus très rapidement déressifs,
et très rapidement,
ils ont été recouverts
d'énormément d'organismes
qui ont abrité
des organismes un peu plus gros, etc.
Et donc, effectivement,
c'est une richesse folle.
Jamais à court d'initiative,
Marc et ses amis ont déblayé,
puis restauré le bunker du phare du Cap-Ferret,
aujourd'hui ouvert au public.
Un pas de plus vers la reconnaissance
des blocos comme ouvrage à préserver
au nom du devoir de mémoire.
Maintenant, on a un outil
pour transmettre, raconter cette période,
faire perdurer
ce devoir de mémoire, etc.
Il faut voir ça maintenant comme une trace
d'une période importante de notre histoire
qu'il faut maintenant se le réapproprier,
et pas simplement le délaisser.
Il s'impose à nous, il faut en faire quelque chose.
Plutôt que de le camoufler, comme on a fait pendant des années,
plutôt que d'essayer de les éradiquer,
il faut les utiliser.
Avec notre avant-dernière étape,
nous pénétrons l'espace méditerranéen,
en direction de la côte d'Azur.
Les côtes du Golfe du Lion,
depuis la frontière espagnole jusqu'à la Camargue,
se caractérisent par la présence
de nombreux étangs littoraux,
comme celui de Thau, Asset,
et de vastes zones humides.
Ce n'est qu'à l'approche de la rate de Marseille,
la plus vieille cité de France,
que le littoral reprend un relief vigoureux,
à l'image du superbe massif des Calanques.
Bientôt,
la corniche des morts
se fait côte d'Azur.
Un vent d'idéal souffle sur la Méditerranée.
Chaque début du mois d'octobre,
pendant une semaine,
le port de Saint-Tropez devient
un haut lieu du yachting.
C'est l'heure des voiles de Saint-Tropez.
Philippe,
un skipper originaire de Saint-Malo,
ne rate jamais ce rendez-vous.
Je suis un régatier, ça c'est dans l'âme,
et j'ai ça dans le sang, j'adore la régate.
Les voiles de Saint-Tropez,
c'est la dernière régate de la saison.
On a plein de souvenirs déjà de l'année,
des bons, des mauvais, du très beau temps,
du mauvais temps,
de la casse,
ou des moments magiques.
C'est un des endroits, probablement,
en Méditerranée, donc au monde,
où les plus beaux yachts se rassemblent.
Parce que c'est mythique,
qu'on a tous envie de se trouver là
pour conclure cette saison.
Philippe a tout lâché un jour
pour lier son destin à son voilier de tradition,
qu'il a restauré par ses propres moyens.
Et leur histoire ne manque
ni de pédigré,
ni de rebondissement.
Nan, ou Nan of Fife,
est un bateau dessiné,
construit par un architecte
très connu, William Fife Junior,
qui était un des plus grands architectes
du 19e siècle
et du début du 20e siècle.
C'était un écossais, il a construit
les plus jolis bateaux. Pas forcément les plus rapides,
mais les plus jolis.
En 1999, je venais
d'avoir internet, et je tombe
sur une annonce d'un bateau.
Je n'avais rien à faire, je suis allé au Cap d'Agde
voir le bateau qui était en vente.
Et là, je tombe sur
le nom du bateau, je découvre le nom du bateau qui s'appelait
Nan, N-A-N. C'était le bateau de mon grand-père.
Je retrouve, j'avais un
registre du Lloyd, dans lequel tous les bateaux
classiques étaient inscrits.
Et sur ce registre du Lloyd, je vois Nan
of Fife, dessiné, construit
par William Fife Junior, en
1896. C'est comme si quelqu'un
retrouvait, par hasard,
je ne sais pas, une Ferrari, ou la première
Ferrari, dessinée, construite
par Ferrari.
J'ai trouvé à la fois un trésor,
et un bateau, un objet
qui appartenait à mon grand-père.
Et alors, ni une ni deux, je décide
de vendre ma maison,
de vendre mon bateau, et d'acheter
l'épave du bateau.
Et donc, depuis
1999, ma vie
est dévouée à ce bateau.
C'est pire qu'une maîtresse, parce que c'est
un objet magnifique,
qui demande beaucoup d'attention, beaucoup d'entretien.
Si jamais on ne fait pas
les vernis, le bois va pourrir.
C'est un bateau qui est délicat,
c'est un bateau qui est fragile,
donc il faut s'en occuper constamment.
Et ces bateaux-là, en général, sont
à partir des riches propriétaires,
avec des équipages permanents sur les bateaux.
Moi, ce n'est pas le cas.
Comment tu vas ? Impeccable !
Pour cette régate tropézienne,
un équipage de bénévoles, fidèles
et aguerris, vient prêter main forte
à Philippe.
Ils sont des passionnés.
On est, en fait, avec moi,
quatre, on peut dire, responsables du bateau,
sur ces voiles de Saint-Tropez.
Et autrement, on est, en tout,
18 personnes à bord.
Chacun responsable d'une bastague,
d'une écoute, etc. Et comme ces personnes-là
viennent depuis une douzaine d'années,
pour la plupart,
ils savent quoi faire.
Ils connaissent leur truc, ils adorent venir là.
Je pense qu'ils seront tous là,
jusqu'à leur mort.
Une grande majorité des équipiers
de Philippe vient comme lui
de la côte Atlantique et de Bretagne.
Comme Olivier, son voisin de Cancale.
Les Bretons méditerranéens,
on n'a pas vraiment l'impression,
au départ, d'être sur l'eau.
Et puis, on découvre une mer différente
qui, tout d'un coup, est toute calme
et devient une vraie furie.
Ce n'est pas la même odeur.
Ce ne sont pas les mêmes vents.
Évidemment, on n'a pas les marées.
Il y a quelque chose qui est un peu
statique ici.
Mais on se retrouve tous.
Et puis, on a à coeur à montrer
que ceux qui détiennent les mers,
c'est quand même nous.
Nann largue les amarres.
La régate va bientôt commencer.
Ceux qui ne font rien, on s'assoit pour l'instant.
Je ne peux pas donner la barre.
Je ne peux pas donner la barre
parce que je vois tout ce qui se passe à l'arrière.
Je suis le chef de l'arrière.
C'est à moi de prendre une décision
en fonction de ce que l'équipier d'abord va me dire,
en fonction des bateaux qui sont autour de moi aussi,
du vent aussi.
Je vérifie aussi la grand voile, qu'elle soit bien réglée.
Il faut que tout le monde
soit à l'écoute du mouvement du bateau.
Parce qu'il ne fait pas beaucoup de vent,
il faut se mettre plutôt d'un côté que de l'autre.
Le bateau, s'il marche,
c'est parce que tout le monde fait corps avec le bateau.
Départ dans environ
5 minutes.
Ça va être très rapide.
C'est un départ en 5 minutes.
Nous, on régate
dans la partie classique
et dans les gréements O-Rich.
Il y a les grands et les moyens.
Dans les moyens, il y a deux catégories.
Les rapides et les moins rapides.
Et nous, on est dans les rapides.
C'est la catégorie la plus difficile.
Il faut aimer ces bateaux-là,
ne pas aller au casse-pipe
et casser le bateau
parce qu'on peut casser des choses.
Il faut faire attention
parce que les bateaux sont très puissants.
Quand deux gros bateaux se croisent,
il y a des bateaux encore plus importants.
Ça peut être très délicat.
Selon la force du vent,
le réglage des voiles est capital
pour s'assurer d'avantage.
Il faut sortir le grand jeu.
Nan a terminé sa régate pour aujourd'hui.
Si le voilier n'a pas remporté cette manche,
le plaisir est encore vif parmi les équipiers.
C'est beaucoup d'émotion
de voir ces très beaux bateaux.
Ce patrimoine maritime,
c'est un ballet.
On n'a jamais rien fait de plus beau.
Il faut vraiment avoir
un joli grain dans la tête
pour continuer à vouloir
naviguer ces bateaux.
Et Philippe,
avec peu de moyens,
réussi par un tour de force
à continuer à faire
naviguer ce magnifique bateau français.
Je suis très riche.
C'est une richesse merveilleuse
de naviguer un peu partout
avec ce bateau, d'aller de port en port.
C'est magique.
Je suis très riche.
Pour conclure notre itinéraire,
nous faisons halte sur la rivière française,
à Nice.
Sous le regard des hauts sommets
du Mercantour,
la Baie des Anges semble un immense miroir
derrière lequel certains
aiment aller regarder.
Je me considère vraiment comme un terrien
très aquatique.
La surface de la mer, tout le monde peut la voir.
Mais m'être juste passé à sa tête
de l'autre côté de cette frontière,
c'est...
c'est passer dans un autre univers.
Et on ressort d'une apnée
différente. On est beaucoup plus
posé, apaisé.
Guillaume est quadruple
champion du monde d'apnée en profondeur.
Une discipline qu'il enseigne à Nice.
Au sein de son club, le SIPA.
On va contourner le cap de Nice
pour se rendre dans la baie de Villefranche-sur-Mer.
C'est une orade qui est protégée
de tous les vents
qui peuvent embêter les apnéistes.
Et surtout, c'est une baie
qui est très profonde.
A plus de 200 mètres. C'est un peu l'endroit idéal pour nous.
C'est notre baignoire. C'est là où on plonge toute l'année.
Dans le club, on a des membres de l'équipe de France
qui s'entraînent. On organise
des compétitions internationales.
On a des pratiquants de loisirs
et on a des débutants.
Tout ce public s'entraîne et plonge ensemble.
On peut avoir un champion
qui va donner des conseils à un débutant.
Le débutant va filer un coup de main sur le bateau.
C'est comme ça, dans cet état d'esprit,
que le groupe et le club avancent.
Chaque apnée
se passe le long d'un câble.
C'est le câble que je viens d'immerger.
Au bout du câble, il y a un disque, un plomb,
pour pouvoir maintenir le câble vertical.
C'est ce qui permet de donner la verticalité.
C'est la ligne de vie.
Si on n'avait pas de câble,
les gens plongeraient dans la pleine eau,
dans le bleu.
Le mec sortirait là-bas, là-bas.
Pour la sécurité, ce serait n'importe quoi.
Toutes les apnées en pleine eau
se passent le long de lignes de vie
comme celle-ci.
Guillaume achève l'installation
de la troisième ligne de vie
sur laquelle il va travailler
avec un apnéiste débutant.
Vous allez faire des mouvements très lents
pour descendre.
Fermez les yeux, rentrez la tête.
Je descendrai à côté de toi
et je remettrai...
Un débutant
qui va mettre pour la première fois
la tête sous l'eau en mer,
mon premier travail, ça va être
de le transformer d'un pur terrien
à un aquatique.
Quand on est sur terre, on a tous les muscles
qui sont tendus parce qu'on a la posture,
parce qu'on est habitué à être assez stressé
dans un mode de vie
où on nous demande d'être toujours rapide.
Là, c'est tout l'inverse.
L'idée numéro un, c'est que les gens
arrivent à se retrouver un peu
en tête à tête avec eux-mêmes,
prennent conscience de leur respiration
et arrivent à se détendre totalement.
N'importe qui peut le faire.
Sur les autres lignes,
les apnéistes plus expérimentés
tentent des plongées à 60 mètres.
S'assurer les uns les autres
permet de prévenir les rares risques
de syncope à la remontée.
En général,
l'expérience se révèle intense.
Bravo !
On se rapproche sans doute
de certaines drogues, du sexe.
Non, mais dans l'intensité,
c'est ça, quoi.
C'est vrai.
C'est bien vu.
C'est inscriptif.
Une fois la sortie
avec le SIPA terminée,
Guillaume repart en comité restreint
dans la rade de Villefranche-sur-Mer
pour un entraînement en plongée profonde.
Son record personnel
à 125 mètres
ne manque pas d'air.
Je fais des exercices de respiration
spécifiques pour adapter les poumons
à la grande profondeur.
Donc je travaille sur le diaphragme
et sur les amplitudes
au niveau de la cage thoracique,
au niveau pulmonaire.
Et puis les quelques minutes
qui précèdent la plongée,
quand je suis allongé dans l'eau,
j'essaie vraiment
d'atteindre un état
proche de l'état d'endormissement
qu'on peut avoir quand on est dans son lit
juste avant de fermer les yeux.
À ce moment-là, on sait qu'on est prêt.
La profondeur,
c'est un environnement
qui fait vraiment partie de moi maintenant.
C'est un endroit où je me sens bien.
Là où la Méditerranée
devient italienne,
s'arrête notre détour
sur les côtes de France.
