RUFFIN OU MÉLENCHON ? LA STRATÉGIE GAGNANTE POUR UNIR "PETITS BLANCS" ET "RACISÉS"

Le Média
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13 Vues de vidéo·10 janv. 2025
Mais on s'autorise à penser dans les milieux autorisés.
Alors ça c'est pas un autre truc.
Les milieux autorisés, vous y êtes pauvres.
Réunir la France des bourgs et la France des tours.
C'est une formule qui rime, qui est jolie, qui a été popularisée il y a quelques temps
et amplement relayée parce que son auteur, c'était le député de la Somme, François Ruffin.
Mais évidemment, cette formule se réfère à un enjeu qui n'est absolument pas nouveau,
c'est le moins qu'on puisse dire, même s'il est peut-être plus d'actualité que jamais
avec l'extrême droite aujourd'hui aux portes du pouvoir.
Pour ne pas dire qu'elle y est déjà dans une large mesure, mais enfin il va y avoir des élections.
Il y a des échéances électorales de court terme qui rendent le problème particulièrement pressant.
Comment convaincre les classes populaires appauvries, délaissées,
frappées de plein fouet par les politiques néolibérales
de ne pas, quand il s'agit de classes populaires blanches,
semblent-ils les classes populaires auxquelles François Ruffin s'adresse à Amiens,
comment les convaincre donc de ne pas déporter leur colère sur les immigrés,
sur les populations qui semblent issues de l'immigration à cause de leur couleur de peau en particulier.
Comment donc les détourner du vote d'extrême droite et, bien sûr, c'est le symétrique,
comment former une grande alliance qui convaincra les victimes du racisme,
les autres perdants du néolibéralisme qui sont aussi en plus les perdants du racisme systémique,
les classes populaires issues de l'immigration,
donc de s'allier pour former une grande alliance politique
qui, numériquement, est la seule à même de s'opposer aux politiques qui sont menées.
Pour ça, j'ai réuni un plateau ce soir avec trois invités.
Yesa Belkhodja.
Bonsoir Julien.
Bonsoir Yesa, merci d'être là.
Tu es membre du collectif de soutien des jeunes du Mantois.
Oui.
Tu es déjà venue au Média, ce collectif qui s'était formé à l'époque où les CRS, je crois,
ou je ne sais quelle unité de police.
Les policiers, les CRS.
C'est ça.
Avais-tu la bonne idée de brutaliser des classes entières de jeunes gens
en les mettant à genoux, les mains derrière la tête, tête contre le mur ?
À Mantes-la-Violie, le 6 décembre 2018.
C'est ça.
Au début donc du premier quinquennat,
tu es militante, antiraciste, militante décoloniale.
Ouissam.
Bonsoir.
Merci beaucoup, Ouissam, d'être là.
Tu es chercheur en sciences sociales, d'un côté.
Tu es membre du QG décolonial, militant décolonial.
Tu es aussi une des figures de Zawa Productions.
Tout à coup, ça m'échappait.
Bref, tu es un influenceur.
Et de Parole d'honneur.
Il ne faut pas que j'oublie de les citer sinon.
Tu es membre aussi du Média, ami du Média, le Média Parole d'honneur.
Et puis, status kouvelakis, militant politique, philosophe,
ancien professeur à King's College de Londres,
ancien membre des instances supérieures de Syriza, le parti grec.
Tu appartiens aussi à l'Institut de la Boétie, je crois, aujourd'hui.
Alors, pour revenir donc à notre affaire,
j'ai mentionné bien sûr François Ruffin,
parce que c'est lui, d'une part, qui a eu la formule en vogue.
En tout cas, c'est sa formule à lui que les médias se sont plus à reprendre.
Mais la posture de Ruffin, on y reviendra peut-être,
n'est pas sans poser problème,
puisque en pratique, on sait bien que pendant sa propre campagne électorale,
mais aussi quand il passe dans les médias,
il joue la carte des bourgs.
En tout cas, il s'imagine jouer la carte des bourgs,
et ne joue pas du tout, en réalité, semble-t-il, la carte des tours.
Et on se souvient de ce scandale,
au moins au sein de la gauche de gauche,
lors de sa campagne à lui,
puisqu'il avait deux tracts.
Il y avait une forme de duplicité dans sa démarche,
semble-t-il, enfin c'est sûr même,
ces tracts ont été diffusés.
Il y en avait un qui était destiné aux gens qu'il allait voir
quand il allait dans les quartiers où il n'y avait pas de racisés.
Et là, il n'était absolument pas question de Mélenchon,
et il y avait au contraire le soutien de toute une série de personnalités
dont certaines étaient de droite.
Et puis par contre, quand il avait à s'adresser à des gens
qui sont victimes du racisme systémique,
il changeait de ton.
Ruffin, donc, d'un côté bien sûr,
mais, et c'est ce que je voulais suggérer en faisant ce lancement aussi,
cette idée, l'idée qu'il y a derrière la formule
« unir les bourgs et les tours »,
elle le précède très largement.
C'est une préoccupation majeure depuis très longtemps.
Unir, évidemment, les intérêts objectifs
de ceux qui sont les perdants du néolibéralisme
et rejeter, justement, la stratégie de la division
par le racisme, qui est celle des classes dirigeantes.
À ce sujet, une revue,
la fameuse revue Nous, que nous aimons bien,
ici au Média, vient de publier son numéro 3
avec une couverture très bien faite,
très jolie, que vous voyez peut-être à l'écran,
qui nous montre un petit blanc
revêtu d'un gilet jaune.
Le thème de cette revue, Petit blanc,
fascisme ou révolution ?
Eh bien, c'est exactement la question,
mais formulée autrement,
que nous tentons de poser ce soir.
Ourya Boutelja, penseuse des coloniales,
a consacré un livre, dans une large mesure,
à cette affaire, en parlant de bouffe et barbare,
en prenant les deux mots qui fâchent,
pour retourner le stigmate, finalement,
des deux côtés,
et poser le problème du pari du nous,
ce qu'elle appelle le pari du nous.
Et puis, il va y avoir, ce week-end,
à Pantin, un événement
organisé par toute une série
d'associations de gauche de la gauche,
CEDEC, l'Union juive française pour la paix,
le NPA, QG des coloniales,
et d'autres.
Donc, un événement auquel, d'ailleurs,
je crois, d'autres d'entre vous vont parler.
Sur ce thème, ça s'appelle
l'Alliance des Tours et des Bours.
C'est-à-dire, faisons-la.
J'aimerais bien
qu'on parte, peut-être,
de votre point de vue,
sur la manière dont, autour de François Ruffin,
cette thématique
est présentée,
a un petit peu de visibilité
dans les médias,
sachant que,
finalement, Ruffin
développe
cette idée, aujourd'hui,
clairement pour jouer une carte contre
la France insoumise, un petit peu
à la façon de Fabien Roussel, d'ailleurs,
d'une certaine manière.
Je pense que, déjà, c'est un peu triste
pour Ruffin, parce que ce sera peut-être la deuxième formule
qui se fait voler. On rappelle que c'était lui
qui avait lancé l'idée du nouveau Front populaire
et, au final, il s'est fait un peu évincer.
Et cette formule des Bours et des Tours,
il faut lui reconnaître qu'elle est quand même
assez percutante et que ça renvoie
à plein de choses. Il y a plein de gens qui,
selon leurs idées politiques, peuvent réussir
à se placer. Et
ce qu'on propose, nous, comme on a dit,
c'est de le prendre au sérieux. C'est-à-dire, allons-y.
Parce qu'on a quand même l'impression que,
chez Ruffin, ce n'est pas vraiment les Bours et les Tours,
c'est plutôt les Bours, puis les Tours,
peut-être. Donc, nous, ce qu'on propose,
c'est de réfléchir
à cette question, et aussi de réfléchir à cette question
avec chacun des points de vue différents.
Alors, il y a des organisations
décoloniales, antiracistes,
de la gauche, et notamment le NPA.
Il faut aussi voir, de notre
point de vue à nous, de l'antiracisme,
ça pose des questions particulières.
Et sachant aussi que ce n'est pas
quelque chose qui est nouveau. C'est-à-dire, ça fait depuis,
je pense, l'apparition du Parti des Indigènes de la République,
et même depuis qu'il y a eu des mouvements
antiracistes, se sont posés la question
pour les mouvements antiracistes. La première,
de l'auto-organisation,
de comment faire pour exister politiquement
avec notre propre mot.
L'autonomie, quoi. L'autonomie. L'autonomie, mais aussi
parce qu'on n'est pas d'élus, parce qu'on a
conscience de où on évolue. On évolue en
France où la majorité est
blanche. Se pose toujours la question
aussi de comment faire avec, comment parler,
comment
faire un combat politique qui puisse en même
temps rassembler les non-blancs, mais aussi
parler aux blancs qui pourraient être
intéressés sur cette
main, sur cette main tendue
de la lutte antiraciste. Et aussi
comment s'opposer au discours raciste
qui est perpétuellement dans les médias
et dans le champ politique. Mais il me semble
que l'un des problèmes, c'est qu'il y a d'emblée
un déni du droit,
de la légitimité de parler
séparément de ces deux groupes
dans le discours, y compris de quelqu'un
comme Ruffin, au fond,
et disons, d'une
grande partie de la gauche, il y a même eu de fortes
tensions au sein de l'FI, là-dessus.
C'est-à-dire un refus de
reconnaître qu'il y a des vécus, tout
simplement, concrètement, qui sont différents
et même éventuellement radicalement différents, selon
que l'on est du bon côté du racisme systémique
ou pas, à niveau économique
égal, avec l'idée
qu'on ne parle pas de la race,
la race, c'est une invention
nazie,
ça ne nous concerne pas du tout, et donc
on ne peut plus représenter
politiquement, parler politiquement
de la situation de ceux qui sont concernés.
Quand on entend Ruffin, on a vraiment
l'impression que c'est ça, et c'est justement parce que
il est sur cette ligne que lui, il a
accès aux grands médias, et il le sait.
Ruffin, en gros,
il pointe un problème
qui est un problème réel,
qui est, il suffit de lire,
de voir une carte électorale, et on
voit bien que l'URN
est en tête, en gros, dans
les agglomérations de moins de 50 000 habitants.
Et c'est, au contraire,
la gauche, et en particulier la France insoumise,
qui est en tête dans les
grandes villes. Donc,
ce que désignent ce problème
et la formule, c'est la fracture raciale,
et en particulier la fracture raciale des classes
populaires. Mais, donc,
cette métaphore de Ruffin
reconnaît le
problème, le pointe, et en même temps le nie,
l'évacue,
en disant, comment est-ce qu'on va
affronter le problème qui est
la fracture raciale et donc le racisme ?
Eh bien, en n'en parlant pas,
en l'esquivant systématiquement.
Donc, ça veut dire, quand il y a une
manif contre l'islamophobie, je le rappelle,
suite à des attaques contre des mosquées
violentes, on va au foot.
On ne va pas parler,
on va faire exprès de ne pas parler
des violences policières.
Donc, quand on lui demande, qu'est-ce qu'il pense d'Adama ?
Ah oui, non, mais je n'ai pas étudié la question, etc. Et puis,
d'une façon générale, on sait bien qu'il veut évacuer
la question des violences policières.
Donc, c'est une question qui consiste à
évacuer
la question du racisme.
Donc, je lui souhaite bien du plaisir dans les tours
pour pouvoir gagner avec cette...
Avec cette ligne.
Mais je lui souhaite non moins du plaisir
dans les bourres pour convaincre,
sur cette ligne, parce que sur cette ligne, on ne fera
de toute façon jamais aussi bien
que les gens qui, eux, n'ont aucun
problème de parler ouvertement,
de caresser dans le sens du poil
les réflexes et les affects racistes.
Et la version,
si vous voulez, plus sophistiquée de ça,
qui est celle de Ruffin, d'ailleurs,
qui dit, ah, mais moi, je vais parler des problèmes
de la classe, je vais parler
des problèmes de l'agenda en réalité
économique. Donc, c'est l'illusion
selon laquelle, en ne parlant pas du racisme,
et en parlant uniquement
des thématiques qui sont
des thématiques qui sont, effectivement,
qui peuvent être rassembleuses. Moi, je suis tout à fait pour
parler des questions du travail. Je veux dire, Ruffin
dit des choses qui sont tout à fait sensées.
Mais l'idée qu'en esquivant
ce qui divise les classes populaires
et qui permet de construire
une hégémonie de l'extrême droite
là-dessus, sur des secteurs quand même très
larges, des classes populaires blanches,
on va pouvoir
les ramener de notre côté, c'est
une illusion totale. Alors, je ne
dis pas que c'est une tâche qui est facile,
mais l'idée, c'est de tenir ensemble
les deux bouts, c'est-à-dire
à la fois les thématiques qui, effectivement, peuvent
construire une unité de la classe,
mais construire l'unité
de la classe, c'est aussi mener
une lutte au pignâtre contre ceux qui la divisent,
c'est-à-dire contre le racisme,
justement.
Et puis ça reste,
concernant Ruffin, j'ai surtout l'impression
que ça reste comme ça une formule incantatoire
et que c'est
dont la volonté est purement
électoraliste. Et là, on a envie
de se couer un peu et de lui dire, en fait, il faut se salir
les mains, et c'est ce que les décolonies
font, c'est ce que l'antiracisme fait,
enfin une partie de l'antiracisme en tout cas,
et en restant comme ça très en surface
de cette formule qui est plutôt belle,
si elle était réellement
matérialisée, si elle s'était
matérialisée dans le cadre de
sa campagne, et puis même après
ses discours post-campagne,
il y a un truc que beaucoup
finalement à gauche échouent,
enfin, ils échouent constamment,
c'est sur la question des affects,
rester en surface
ne permet pas, même pour Ruffin finalement,
d'aller réellement parler
à cet électorat-là qu'il veut absolument
convaincre, et finalement
qu'il se retrouve
laissé à l'extrême droite.
Concernant la FI,
et si cette stratégie de Ruffin finalement
répondait comme ça un peu à la stratégie
de la FI, j'ai envie de dire qu'il a
tout faux, d'ailleurs parce que
j'ai participé à plusieurs
campagnes, aux côtés de candidats
de la France Insoumise, en 2022,
candidat Nupes,
et après les partiels,
lesislatifs partiels, pareil,
un binôme NFP,
et là où la FI
vraiment en fait, elle tire vraiment
son épingle du jeu, c'est,
on sent, sur les 5 dernières années,
on pourrait même placer le curseur
au moment de 2019, avec
la participation de Mélenchon
à cette grande manif contre
l'islamophobie, qui lui voue la haine encore
aujourd'hui absolument inextingue de tous les médias,
puisqu'elle a été décidée que
cette manifestation était
tout ce qu'on veut, islamiste, antisémite,
l'horreur, juste parce que
c'était des déracisés, plutôt
d'origine arabe.
Exactement, et Mélenchon, à ce moment-là,
il a eu une belle intuition, et
comme il s'agit d'affect,
tout ce qui peut être qualifié, finalement,
par les opposants de la FI,
sur cette forme de clientélisme
à l'intention des classes
populaires et des descendants
d'immigration postcoloniale,
des immigrés, des enfants d'immigrés,
qui est qualifié de clientélisme,
ça ne l'est pas, ça ne l'est pas du tout.
Il a su, à un moment donné, en fait, toucher
ces affects-là, pas par
volonté électoraliste, c'est qu'à un moment,
il a eu une belle intuition, la FI a eu
une belle intuition, c'est que
évidemment, il y a
des sujets qui sont
primordiaux
chez nous, nos conditions
en tant qu'indigènes, et
nos conditions en tant qu'indigènes, elles sont évidemment
soumises à
ce qu'on peut appeler le racisme structurel,
institutionnel, etc.
Et il a su, finalement,
mettre un peu, comme ça,
il a su
matérialiser
un truc comme ça, qu'aucun candidat
jusqu'à présent n'a pas
su faire, c'est
parler de dignité, quoi.
– Mais c'est là où
on peut quand même vraiment se demander
dans quelle mesure il n'y a pas de duplicité de la part
de Ruffin, parce qu'il prétend qu'il veut aller parler
autour, mais il se répand ensuite
dans les médias en disant
si Mélenchon, si la France
insoumise, finalement, ont le soutien
d'une partie des racisés, en particulier
d'origine issue de l'immigration arabo-musulmane,
c'est parce qu'il est communautariste.
Et il utilise le mot, c'est-à-dire que
au lieu de considérer ce que tu viens
de dire, à savoir que c'est naturel pour un parti de gauche,
dont la vocation est l'égalité,
de lutter contre les inégalités
de traitement, qu'elles soient économiques
ou sociétales, c'est-à-dire en fait
en termes de violences policières, en termes de contrôles, etc.
Donc ce n'est pas que c'est une intuition,
c'est que des affects de gauche,
d'un bon blanc comme Mélenchon
ou comme moi, normalement
le portent à se sentir
une communauté d'intérêt
politique, avec des gens, quels qu'ils soient,
qui soient arabes ou autres,
qui sont discriminés à raison de leur être.
Et ça, Ruffin, il ne leur dose pas.
Ce que je trouve particulièrement
malhonnête,
je dirais même vicieux, de la part de Ruffin,
c'est qu'il fait semblant
de dire que la France
insoumise parle aux racisés
sur une base communautariste.
Alors que premièrement,
elle défend une position de principe,
et deuxièmement, elle défend un programme économique
et social radical
qui théoriquement est le sien.
Que d'ailleurs, quand il était
à la France insoumise, je dis bien théoriquement,
il devrait
le défendre.
Et elle ne le fait pas simplement...
Donc ce n'est pas simplement...
Les affects sont liés à des intérêts.
Et ils sont liés à des intérêts de tous, en tout cas
de toutes les classes exploitées et dominées.
Parce que bien évidemment,
la division sur la base de la fracture
raciale des classes populaires
est quelque chose qui joue contre
les classes populaires dans leur ensemble.
Avec l'illusion qu'on va leur donner
quelques miettes, ce qu'on appelle parfois
les avantages de la blanchité
ou des blancs, etc. Mais en réalité,
on sait très bien que les classes populaires
dans leur globalité ne cessent
de trinquer en France
depuis la mise en œuvre des politiques
néolibérales et la dégradation
des conditions de vie, de travail,
de l'écrasante majorité de la population.
Et que ce qui permet notamment
à la classe travailleuse
d'être de plus en plus dans une position
de difficulté par rapport à l'offensive
du capital, c'est sa division interne.
Donc c'est quelque chose qui
permet à la fois, qui ouvre la possibilité
pour la première fois
de reconstruire
l'unité des classes populaires
d'un véritable bloc populaire
en dépassant ceux qui le divisent
et avec le courage de reconnaître
ce que, justement, les parties de la gauche
traditionnelle ne sont pas arrivées à faire,
à reconnaître dans les classes populaires
racisées une partie
de leur base propre,
une partie de leur peuple, littéralement,
une partie
des frères et des sœurs,
de combat, justement, dans un combat
commun, mais qui ne peut
se faire qu'en reconnaissant la spécificité
de la discrimination,
de l'oppression et de la domination
qu'eux subissent.
Je voulais rajouter quelque chose.
Ce que je trouve aussi ahurissant dans la position
de Ruffin, et que je trouve que peu de personnes
le soulignent, c'est qu'il parle des bourgs
et des tours, et lui veut se représenter
comme le représentant
de la classe des travailleurs, mais en fait
personne souligne que même sur ce point-là,
il est nul. Il est encore plus nul
que la France insoumise.
C'est-à-dire que ce n'est pas du tout une gauche de rupture,
c'est une gauche qui, comme on a vu aujourd'hui
avec le Parti Socialiste ou Europe Écologie-Les Verts,
serait prêt à négocier avec Macron,
serait prêt à s'allier avec des personnages
comme Glucksmann.
Il y a même quelque chose que je trouve triste
chez lui, c'est qu'il prend une posture
de colorblind pour mettre en avant
la classe, mais même sur ce jeu-là, il est nul.
Nous, on connaît des marxistes
qui sont colorblind, qui sont beaucoup plus radicaux
sur ces questions. Mais je pense que ça
revient aussi parce que
le week-end, c'est aussi pour parler
et c'est aussi quelque chose qui nous intéresse,
c'est l'affect des Blancs,
comment parler aux Blancs et comment parler
en particulier aux classes populaires blanches.
Là, tu parles du week-end de Pantin.
Le week-end de Pantin et même le dernier magazine de nous
qui a été sorti, c'est quelque chose qui nous a habité
depuis le début.
Le racisme,
les Blancs sont un sujet important pour nous
parce qu'ils sont les producteurs du racisme.
Mais ce que je trouve
assez aberrant aussi là-dedans, c'est que je pense
qu'on a une image plus positive et meilleure
des classes populaires blanches que Ruffin.
Moi, déjà, la première cause,
c'est que nous, on pense qu'on peut être radical
même sur la classe, contrairement à Ruffin
qui est très timoré, mais aussi sur les questions
de race. En fait, Ruffin,
sa stratégie, c'est de ne pas parler trop
des violences policières, de ne pas trop parler
de la Palestine, de ne pas trop parler de ces sujets-là
parce que ça va provoquer
une réticence, voire une colère des Blancs.
Il ne veut pas cliver,
ce qui, pour un homme de gauche...
Il se rend dans l'idée que ce ne sont pas les sujets
qui intéressent les classes populaires blanches.
Je suis désolé, mais la question de la justice,
la question de...
Moi, je pense qu'il y a des Blancs qui sont
effarés quand ils voient ce qui se passe en Palestine.
Il faut arrêter de concevoir les petites
classes populaires comme fondamentalement
racistes et ne s'intéressant pas à ce qui
dépasse leurs frontières. Et là, je pense
qu'on est peut-être plus universaliste
que Ruffin sur ces sujets-là.
Et donc, je pense que c'est aussi
ça l'intérêt. Parce qu'on a cité
les organisations, mais il y a aussi les sous-mandataires
qui vont participer à ces discussions.
Il y a aussi des organisateurs pour pouvoir
parler aux bourgs, oui,
mais comment aussi leur parler ? Il ne suffit pas de parler
aux bourgs avec un programme un peu
mou, mais de voir aussi... Comme on a dit,
c'est révolution au fascisme.
Tu as mentionné la couverture que
je trouve très belle, effectivement, du numéro 3
de nous.com, avec
le bébé qui porte un gilet jaune.
Eh bien, les gilets jaunes, c'est
justement, entre guillemets,
des petits Blancs qui ont fait l'expérience
de la violence et de la répression policière,
qui ont vécu, eux, ce que les habitants
des quartiers populaires vivent depuis
toujours, d'une certaine façon. Et ça a mené
justement une politisation. D'ailleurs, avec
Wissam, on va animer la séance d'ouverture
avec quelqu'un qui vient
justement, qui s'est politisé au cours du mouvement
des gilets jaunes, et qui est l'un des contributeurs
de ce numéro.
Et cette expérience de la violence
policière est justement quelque chose qui peut
créer des liens
et des ponts entre
les classes populaires racisées
et les Blancs. Donc, il est
en retrait par rapport à ça. Bon. Et on fait
aussi d'autres propositions. Dans la lignée
de ce que Ourya Boutelja a proposé
dans le livre, on pense
que la question de la souveraineté
nationale et populaire,
y compris celle d'une rupture,
y compris de se réclamer, mais sur une base
décoloniale, antiraciste, de la
nation, est parmi les
propositions-là, proprement politiques,
qui peuvent
construire, justement,
cette unité, cette alliance
et dépasser la fracture
qui existe déjà.
Mais il faut évidemment...
Il y a des conditions très précises
à cela. Mais disons que c'est un terrain
disputé, c'est un terrain contesté, dans
lequel il faut se lancer,
y compris dans cette
bataille-là.
Oui, mais après, je voulais
revenir aussi sur ce que tu as dit, la question aussi des
particularités de chacun, parce que c'est aussi ça
qu'il faut poser. Mais il faut aussi
voir le contexte. Il y a 15 ans,
avec l'imparition du pire, et même il y a 20
ans, avec le début de ce qu'on appelle l'antiracisme
politique, il y avait une priorité.
Il y avait la question de faire apparaître,
sur l'espace public, la question raciale.
Parce que c'était quelque chose qui était
ignoré. Il y a 20 ans, on le sait tous,
dire blanc n'était pas possible.
Les gens étaient tout de suite choqués
et étaient tout de suite sur la retenue.
Encore aujourd'hui, c'est pas simple.
Mais on voit en fait que ça, c'est pas quelque chose qui est spécifique
à l'antiracisme. Ça dépend des périodes.
On voit aussi que le féminisme a aussi
dû s'imposer comme un sujet qui n'a
pas besoin de s'attacher forcément à la classe,
ou que la lutte féministe est importante
en elle-même. Pour l'antiracisme, ça a été
assez difficile pour dire que l'antiracisme
est important en lui-même. Mais je pense que
tout de même, on a réussi à faire ça
et on a posé aussi la question de l'autonomie.
Il y a des gens qui vont nous dire, oui,
vous parlez d'alliance, mais en fait,
il n'y a pas encore d'organisation
antiraciste autonome. Ce qui est
effectivement le cas. Parce qu'on rappelle que
c'était déjà Stocka Lee et Carmichael
dans Black Power qui posaient cette question-là
et qui disaient qu'avant de parler de l'alliance
avec les Blancs, il fallait s'auto-organiser.
Mais je pense qu'il faut aussi voir les contextes
et il faut aussi s'adapter aux contextes
et voir déjà d'une. OK, il n'y a pas d'organisation
de l'antiracisme politique autonome
et puissante en France. Malgré tout...
Le féminisme non plus. Le féminisme non plus.
Malgré tout, ça a été
incorporé par d'autres organisations
et en particulier la France insoumise. Et on voit
que la France insoumise est de plus en plus
sérieuse sur les questions de violences policières,
sur les questions de la Palestine.
On a même vu que là, il va y avoir aussi
une conférence
tenue par Obono et
sur l'anti-tsiganisme.
De plus en plus, ce sujet est pris en compte.
Il faut prendre ça en compte.
Ça a été réussi quand même. Et c'est dans le contexte
actuel, avec le danger qui nous guette,
qu'on est obligé, d'accord,
de parler de nos spécificités aussi.
Mais le contexte fait qu'on est aussi
obligé de parler de comment
se réunir ou alors comment cohabiter.
Parce qu'il ne s'agit pas...
Il y a aussi quelque chose qui m'agace, c'est de faire croire que l'alliance
ne sera possible que si on vit tous
exactement la même chose. Non, il y a des particularités
sur les bourgs, il y a une particularité
dans les quartiers populaires. Il y a des choses
qui nous rassemblent, mais il y a aussi
des perspectives. On peut
dégager de ça des perspectives pour lutter
tous ensemble avec un projet commun. Et notamment la question
de la soumérité en est un exemple, je pense.
En termes
d'expérience commune,
puisque c'est ça qui manque sans doute aussi,
quelle expérience commune
du mouvement,
de mouvements politiques, on peut imaginer
pour ces deux
forces, en gros. On sait que
les Gilets jaunes, au fond,
étaient un mouvement qui a
échappé à la dérive raciste.
Ça a été une grande déception, d'ailleurs, pour les mouvements
d'extrême droite qui, au départ, se réjouissaient.
Ça a été une grande réception aussi
pour le centre, l'extrême 30, qui voulait disqualifier
aux yeux de la gauche ce mouvement en disant, de toute façon,
c'est un ramassis de fachos. Il s'est avéré
assez rapidement, au bout de quelques
semaines, que le mouvement ne s'orientait
pas vers l'extrême droite. Néanmoins,
et d'ailleurs, malgré le fait
que c'était un mouvement qui,
finalement, comptait
assez peu numériquement
de gens issus de l'immigration, de gens issus
de racisés, issus des quartiers
populaires, pour des raisons
sociologiques, puisque ce qui a
mu les Gilets jaunes, c'était des préoccupations
liées
à la condition périurbaine,
massivement. Comment
concevoir, finalement,
une action politique,
un mouvement politique, sur
quels thèmes, sur quels
objectifs, sur quels
slogans, qui peut réunir
ces perdants ?
Je vous pose la question,
c'est certainement pas une question simple,
mais...
C'est le sujet
du week-end
qu'on va voir, mais je pense qu'il y a quand même des choses
sur lesquelles on peut
discuter. Je prouve
que l'exemple des Gilets jaunes, c'est quand même très
important, parce que ça montre aussi
l'étendue, l'importance
de la pratique, et l'importance aussi
de pas seulement rester dans les discours, mais aussi
aller dans l'action. Et je me rappelle qu'au tout début
des Gilets jaunes, tout le monde
disait, attention, c'est un mouvement
réactionnaire,
à gauche aussi, surtout à gauche, on disait qu'il ne fallait pas
y aller, et nous, on a été les premiers à dire, mais non,
au contraire, c'est là où vous devez y aller.
Là, pour une fois, alors ce qu'on appellerait
peut-être les petits moyens
qui se bougent et qui
manifestent dans Paris,
c'est là que vous devez agir
pour aller leur parler.
Après, je pense qu'il y a quand même,
on a parlé de la question de la sombrénté, il y a la question de la vie
chère, il y a la question de l'accès aux
services publics, il y a la question de la
nourriture, il y a plein
de sujets de la vie quotidienne qu'on peut
mettre en avant. Mais ce qui est aussi important, et moi
je pense que ça, c'est juste une pierre et qu'il faudra
en faire plusieurs expériences
comme ça, c'est d'avoir des moments, des espaces
dans lesquels on peut se retrouver
et discuter, et de pas aussi être
s'illusionner sur,
parce que je pense que là, dans ce
week-end, on va surtout être des militants,
mais ce qui est important, c'est aussi d'influencer
les organisations politiques, parce que
là, on a beaucoup tapé sur François Ruffin,
il y aura des membres de
la France Insoumise pendant ce week-end, mais il y a peut-être
aussi des critiques à faire à leur égard, et moi
je pense que peut-être qu'il y a aussi la question
à se poser des moments en dehors
des périodes électorales, de voir
le travail de terrain à faire, et là peut-être
qu'on va être un peu plus dur à l'égard
de la France Insoumise, ou peut-être
sa forme d'organisation ne permet pas
de faire ce travail-là, mais il y a peut-être
des pistes à dégager,
c'est quand même un endroit pour réfléchir
et voir quels sont les
axes à mener durant les prochains mois,
et je pense que même là, c'est vraiment
le moment, parce que dans deux ans, ça va très
vite, il y a des élections qui vont être extrêmement
importantes. – T'es optimiste que dans deux ans...
– Oui, il y a peut-être même la désolution...
– Et je pensais à ça, il y a quand même une perspective
électorale très rapprochée
et déterminante, les prochaines législatives,
et quand on parle d'alliances
politiques concrètement, il s'agit
entre autres, et peut-être
d'abord chronologiquement d'alliances électorales,
réunir
ces deux publics, réunir
ces deux audiences, convaincre
des deux côtés de choisir
la France Insoumise, malgré le matraquage
médiatique massif, qui est
d'autant plus massif et violent que le
danger est pressenti
par les classes dirigeantes et par les médias,
d'où la diabolisation
de LFI, avec
notamment les accusations
d'antisémitisme. Cette perspective,
elle est très proche, c'est certainement
moins de deux ans en réalité.
Dans deux ans, bien sûr, il y a la présidentielle et il y a le
spectre de la victoire
de Marine Le Pen, mais avant,
il y a aussi l'enjeu de la prochaine
composition de l'Assemblée nationale
et de la recomposition
de ce qui était jusqu'ici
le Front Populaire.
Oui.
Mais avant ça,
il y a un scrutin important pour nous,
en tout cas, moi je suis militante
des colonialismes, je suis avant tout
militante locale, donc militante
de quartier, c'est pas un métier,
mais je milite aussi localement,
et il y a un scrutin important, c'est les municipales.
Et les municipales qui
interviendront un an
avant les présidentielles, si d'ici là
il n'y a pas une autre dissolution.
Et d'un point de vue,
durant ce week-end, bourre et tour
chiche, je serai sur une table
en finir avec le clientélisme.
Et s'il y a
aussi
une petite fenêtre comme ça
vers l'espoir, en tout cas limiter
le taux d'abstention pour les futures présidentielles
en commençant par les
municipales, ce sera aussi en finir
avec le clientélisme
de gauche ou de droite.
Donc là, l'AFI qui va se lancer
pour la première fois
sur un scrutin local, puisque
jusqu'à présent, c'était pas forcément des élections,
ils étaient plutôt sur le national.
Là, il y a aussi
une stratégie à réfléchir et
à penser, et il y aura
très certainement des pistes de discussion
qui seront données ce week-end.
Et alors quand on dit
non au clientélisme, ça vise quoi ?
Quand on dit non au clientélisme.
Une plaie de la vie politique locale, si je comprends bien.
C'est une vraie plaie de la vie politique locale.
Qu'on rapporte souvent,
d'après ce que je lis, justement
parfois au communautarisme, les accusations
de tel maire qui ferait le jeu du communautarisme
pour maintenir sa clientèle.
Voilà.
Et c'est ce qui...
L'analyse qu'on en fait,
enfin que j'en fais,
et que je partage avec
plusieurs militants,
c'est que le clientélisme,
il a un objectif,
c'est pacifier.
D'abord.
Et pacifier justement
en allant
parler comme ça avec les communautés
religieuses, les communautés...
Je prends une ville que je connais,
donc Mante-la-Jolie, on a une communauté sénégalaise
qui est importante, une communauté marocaine, etc.
Mais il y a aussi
venir tuer dans l'œuf,
comme ça,
une envie, disons,
pour des indigènes
de s'engager ou de se lancer
en politique. Là aussi, du coup, ça crée
finalement le clientélisme.
Alors, pour la personne
qui se présentera, ça lui permet de récupérer
quelques voix. Et attention, c'est pas beaucoup.
Souvent, quand on use du clientélisme,
c'est dans les quartiers,
c'est pour avoir comme ça une réserve de voix.
Une fois qu'on a
convaincu son électorat de droite,
je parle d'une ville qui est à droite depuis 20 ans,
on a un petit réservoir comme ça
de 2000 voix.
Mais au-delà de ça, c'est ce qui va
vraiment, vraiment créer l'apathie
dans les quartiers.
C'est-à-dire qu'on parle de désert politique...
Un mot quand même sur le clientélisme, je veux dire.
Les pouvoirs municipaux pratiquent
ça un peu partout
et depuis toujours. Je suis assez vieux
pour avoir vécu Paris sous l'époque de la Chirati,
je peux vous dire que le clientélisme, ça allait.
Simplement, quand c'est parmi les Blancs,
c'est juste du clientélisme,
quand c'est parmi les Non-Blancs, ça devient, attention, du communautarisme, etc.
Si c'est des réseaux catholiques,
de joueurs de boules,
de joueurs, etc. Là, il n'y a aucun problème.
C'est normal, vous comprenez.
C'est une petite baronie locale,
ça peut même être pittoresque. Mais si, par contre,
c'est dans des quartiers populaires, avec des populations,
une grande partie de populations Non-Blanches,
alors là, attention, c'est...
C'est des ennemis de la République.
C'est vraiment des ennemis de la République.
Non, il faut arrêter avec ça.
Je crois que les...
Yessa, ici, et Wissam,
ont mis l'accent sur un problème essentiel,
c'est celui de l'enracinement local.
Je veux dire, le grand problème de la gauche,
toute variante confondue,
c'est la perte
de ce qui faisait auparavant sa force,
c'est-à-dire son enracinement local,
un tissu qui est à reconstruire.
Et bon, ça, c'est vrai que la France Insoumise a permis,
avec ses scores électoraux,
d'ouvrir un espace. Bon, moi, je m'élie dans la France Insoumise.
Je crois que le mouvement a évolué.
Il y a déjà davantage...
Ce n'est pas un hasard si, justement,
ils décident d'investir le terrain municipal.
Il y a une compréhension et une prise de conscience
du fait qu'il y a un enracinement
qui est nécessaire et qu'on ne peut pas être
simplement une machine électorale.
C'est insuffisant, même si ça reste
tout à fait nécessaire et crucial.
Et c'est la bonne échelle d'expérience commune,
précisément, pour bâtir une alliance.
Exactement.
Et Wissam l'a dit,
cette construction à un niveau local
va impliquer, disons, la mise en réseau
d'expériences et de types de mouvements
et de types d'organisations différentes.
On n'est plus à l'époque où il y avait
un seul parti, par exemple, avec son réseau,
en quelque sorte, d'associations qui pouvaient
tout concentrer. Là, il faut s'organiser,
il faut trouver des moyens de construire
ensemble des convergences
en respectant la spécificité et l'autonomie,
mais en trouvant aussi des mouvements,
des moments de synthèse
où, justement, l'alliance
et l'action commune
se construit autour
d'une perspective politique commune.
Et donc, là, la question
de la démocratie, de la souveraineté,
d'une souveraineté populaire
repensée, d'un antiracisme
populaire, d'une écologie populaire
aussi, je crois que c'est
l'un des terrains aussi où il faut,
où il y a une lutte de classe
qui se mène. Moi, contre
l'écologie mainstream, que ce soit
celle du capitalisme vert ou que ce soit celle des
bobos des centres-villes, il y a
un combat qui est amené, qui est aussi amené
à un combat de classe et qui peut, justement,
construire une alliance entre
des bourgs et des tours, entre
des ruraux et des urbains, par exemple.
Je pensais au
grand précédent historique, c'est le communisme
municipal. Bien sûr.
Les banlieues rouges. Bien sûr.
Il faut penser à ça et il faut
penser, par exemple, le danger qui
guette toute force politique,
y compris la France insoumise, dès qu'elle
décide de faire un enracinement municipal,
c'est de ne pas reproduire, justement,
les pratiques qui ont...
Qui ont des risques nuisibles. Exactement.
Et pour ce faire, je ne
connais qu'un seul moyen, c'est développer un
véritable réseau militant d'un type
nouveau, ça ne peut pas être à l'ancienne,
etc., mais qui s'appuie sur une vraie
substance militante qui a une capacité
justement de politisation,
d'action véritablement locale,
y compris de formation de cadres, de militants.
Voilà. Oui, il s'appuie
sur ce qui est déjà fait dans ces localités, d'acteurs
locaux qui sont déjà reconnus par le milieu,
mais, mine de rien, la France insoumise,
on l'a déjà vu avec les députés,
en présentant des personnes qui
représentent les quartiers
populaires, comme Amel Bentounsi,
comme Ali Diouara, à chaque fois je me
trompe, qui sont des acteurs
qui ont montré un engagement politique
pour ces questions-là,
c'est déjà quelque chose, oui, qui est fait.
Mais voilà, c'est vrai que les municipales
et toutes ces questions de la localité
et comment faire en préservant
en même temps l'autonomie
et leur espace politique, c'est une question
à laquelle on n'a pas totalement tout de suite
les réponses, mais qu'il faudra réfléchir dans les prochains mois.
Merci
beaucoup à tous les trois
d'être venus ébaucher
cette réflexion autour
de ce qui n'est pas qu'un slogan,
ce qui est un enjeu politique
majeur. Donc nous vous attendons
toutes et tous à Pantin,
salle de la Dynamo, ce week-end.
Et on en profite, voilà, pour faire un peu de pub
pour cette étape-là, donc,
l'Alliance des Tours et des Bourgs, de point
chiche, point d'exclamation.
Je préfère quand même la formule
le pari du nous.
Le pari du nous, c'est ça.
Nous sommes la nation, nous sommes
tous une nation,
il n'y a pas des gens qui appartiennent moins que d'autres
à la nation, c'est une manière aussi
de ressaisir tout ça.
Et merci à vous d'avoir regardé Toujours Debout.
N'hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez
en commentaire, si vous nous regardez
par Youtube, et via e-mail si vous nous regardez
à la télé. En ce début
d'année, nous tenons à vous adresser nos meilleurs
vœux, que cette année soit pleine de luttes
victorieuses et de médias indépendants.
Nous voulions surtout vous dire un immense
merci, grâce à vous, nos 5000
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