MACRON DÉMISSION. UN SCÉNARIO CRÉDIBLE ?

Le Média
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27 Vues de vidéo·11 janv. 2025
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La mort, la destitution ou la démission.
Les trois raisons qui peuvent mettre fin prématurément à un mandat d'un président de la République.
Bon, Emmanuel Macron se porte bien et la procédure pour destituer un président
semble avoir été pensée pour ne jamais aboutir.
S'il veut le responsable, il est devant vous, qu'il vienne le chercher.
Il reste la démission.
Démission qui ne peut pas être imposée juridiquement,
mais politiquement, la question se pose autrement.
Or, depuis quelques semaines, l'idée monte dans le débat public.
Et si le président Emmanuel Macron démissionnait ?
Un an en arrière, l'idée faisait encore rire.
C'est absurde.
Mais le gouvernement Bayrou étant sur un siège éjectable,
une nouvelle censure ne manquerait pas de remettre sur la table le sujet du problème Macron.
Et donc un départ anticipé devient pensable.
Mais pourquoi démissionnerait-il ?
Je vous pose la question, pourquoi ?
Et ça réglerait quoi ?
Alors ça soulève deux questions.
Evidemment, est-ce souhaitable ? Quel est l'intérêt politique que cet événement se produise ?
Mais d'abord, est-ce que c'est seulement plausible ?
Nous connaissons le personnage, il ne quittera jamais de lui-même le pouvoir.
La question est plutôt, comment les circonstances pourraient-elles l'y pousser ?
Car démissionner semble improbable,
mais en juin aussi, la dissolution semblait improbable.
Or, il y a des précédents.
Dans notre histoire, 5 ou 6 présidents de la République sur 24
ont démissionné au sens qui nous intéresserait,
pour des raisons politiques,
évidemment dans des contextes très différents.
A l'étranger, le cas récent de la démission du premier ministre canadien Justin Trudeau
vient aussi donner des petites idées.
Ce ne sont pas les mêmes situations,
mais le fait d'avoir souvent comparé les deux hommes rend la chose un peu piquante.
Le président a lui-même abordé le sujet à trois reprises.
Dans une conférence de presse après la dissolution,
juste avant les législatives, en juin,
il écrivait qu'il resterait à l'Élysée jusqu'en mai 2027,
quel que soit le résultat.
Et aussi dans son allocution consécutive à la censure du gouvernement Barnier.
L'étonnant n'est pas qu'il réaffirme qu'il restera,
c'est qu'il évoque le sujet.
Non, ça montre bien qu'il y a une pression politique très forte et qu'il la ressent.
Le seul fait d'être contraint de devoir mettre fin à ce qui devient un suspense.
En effet, la politique est affaire de croyances collectives,
de mécanismes par lesquels ce qu'on croit pouvoir advenir,
parfois, finit par advenir réellement.
Parce que suffisamment de personnes se rallient à cette idée.
Et en particulier des personnes faisant autorité,
dont la vie compte, qui ont une certaine surface politique.
Or, on constate que de plus en plus de personnalités politiques
en viennent à défendre la solution du départ de Macron.
Dans l'opposition, bien sûr.
Il peut y réfléchir, il peut y réfléchir sérieusement.
Il faut voir dans quelle situation il a placé le pays depuis des années maintenant.
C'est pas moi qui demande quoi que ce soit.
C'est le fait qu'il est dans une telle obsession de ne pas avoir tort,
de continuer sa politique.
Il est dans un tel déni de la réalité politique
qu'il se met tout seul dans la situation de devoir démissionner à un moment.
Mais aussi venant de la droite et de gens qui n'ont rien d'agitateur.
Quand il y a une crise politique, qu'est-ce que faisait le général de Gaulle ?
Un référendum.
Soit un référendum, mais un référendum ne résoudra pas notre affaire.
Et lui, il a eu le courage de démissionner.
Donc vous appelez à la démission d'Emmanuel Macron ?
Ah ben, j'ai dit, c'est au président qui est à l'origine du chaos politique.
C'est bien le président de la République lorsqu'il a fait
cette dissolution que même ses propres amis n'ont pas comprise.
Il n'y a plus qu'une solution pour résoudre le problème, qu'une seule.
C'est une nouvelle élection présidentielle, il faut qu'elle soit anticipée
parce qu'il n'y a qu'Emmanuel Macron qui ne s'est pas rendu compte.
Mais il va bien falloir qu'à un moment ou un autre,
ses amis ou ceux qu'il aime bien le lui disent.
Il ne s'est pas rendu compte qu'il ne peut pas tenir jusqu'en 2027.
Une nouvelle présidentielle pour essayer de relancer une dynamique majoritaire.
Bon, Copé, c'est surtout un gros ringard,
mais ça compte un petit peu, ce sont des signes.
Mieux encore, Edouard Philippe avait déclaré sa candidature à la présidentielle dès septembre,
deux jours avant la nomination de Michel Barnier,
confirmant qu'il sentait qu'il pouvait se passer quelque chose.
Les Insoumis, eux, ont décidé d'orienter leur stratégie politique
à court et moyen terme vers cette finalité.
Exacerber la crise politique, institutionnelle et budgétaire
comme une classe qui pousse le prof à péter un câble.
Personne n'a craqué ! Personne n'a craqué !
Pour ce faire, ils exploitent des mécanismes politico-médiatiques
qui, d'ordinaire, leur sont défavorables.
La faculté du système médiatique à monter en épingle,
à servir de caisse de résonance,
et à faire finalement apparaître comme plausible ce qui était initialement douteux.
Des commentateurs hostiles à la France insoumise l'expliquent très bien.
La démission, c'est d'abord un terme qui a été introduit dans nos débats politiques
par des opposants à Emmanuel Macron, et notamment la France insoumise.
Et donc c'est un peu une prophétie autoréalisatrice que les Insoumis ont enclenchée,
donc on en parle de plus en plus, on sonde les Français dessus, on en débat.
Et je pense que l'effort plutôt vain pour lancer une procédure de destitution
doit être comprise comme participant de ces manœuvres.
Non pour pousser directement à la démission,
mais pour installer dans l'espace public ce scénario.
Que l'idée fasse son chemin, qu'une petite musique s'installe,
que le lent poison se distille, selon les métaphores consacrées.
Or, ça prend, l'idée devient un sujet sur lequel il est nécessaire de se positionner.
Avec la dissolution, dans l'urgence, dans la précipitation,
il a tenté un coup de poker, personnel, assumé.
Aujourd'hui, quelle carte lui reste-t-il ?
Ses options sont limitées, et oui, la démission en fait partie.
Merci Jean Lemarie.
On fait des émissions dont le sujet est la démission du président.
Près de deux tiers des Français se disent favorables à la démission d'Emmanuel Macron, 61%.
Je resterai 30 mois.
Vous avez le droit de le dire, on le comprend, c'est votre mandat.
Mais comment vous faites pour rester 30 mois avec un Premier ministre tous les 3 mois ?
Et alors je lis que c'est nous les responsables du chaos.
Pardon, non, c'est celui qui a organisé ça.
Et vous voyez que les gens ont compris, voilà pourquoi ils comprennent
qu'il faut passer à la 6ème République.
Comment un type tout seul peut décider, tout seul,
de donner le poste de Premier ministre au type qui représente un parti
qui a fait le score le plus faible ?
On le fout dehors, il en choisit un autre qui a encore moins de députés.
Jean-Luc Mélenchon, dans sa stratégie, fait le pari que Marine Le Pen
est aussi pressée que lui de lancer une présidentielle anticipée.
Compte tenu du futur verdict du procès des assistants parlementaires européens
qui pourrait frapper la dirigeante du RN d'inéligibilité.
On verra en mars comment se passe la procédure d'appel.
Mais si Marine Le Pen se prépare bien à une présidentielle anticipée,
elle n'y met pas autant de détermination que Mélenchon.
Car elle cherche aussi toujours à incarner une forme de respect
de l'ordre et des institutions.
Je ne demande pas la démission d'Emmanuel Macron.
Ce qui fait qu'hormis les Insoumis, aucune autre force politique
n'est vraiment active pour vider l'Élysée de son squatteur.
En tout cas, dans les semaines à venir, les risques de motions de censure
gagnantes ajoutent à la pression.
Ça se rapproche toujours de la tête du régime.
Et ajoutons que même dans son domaine réservé, la diplomatie,
il agace aussi profondément.
Alors le rebâtisseur de Notre-Dame doit donner le sentiment
qu'il a à nouveau le contrôle.
Attendons-nous à de multiples subterfuges pour créer
des moments politiques, des séquences médiatiques
où il serait au centre.
Mais il pourrait aussi jouer la carte peu probable d'un référendum
qui pourrait au contraire se retourner contre lui.
Alors j'entends tout ce qu'on dit sur ma pomme.
Évidemment, la question au-delà de la personnalité
et de l'entêtement d'Emmanuel Macron, c'est celle de ses soutiens.
À quel moment sa base électorale, son propre parti
et ses élus le lâchent ?
Jacques Chirac avait raté une dissolution en 1997
et perdu un référendum en 2005 sans se retirer.
Au fond, la menace la plus grande pour son maintien au pouvoir,
ce serait des pressions trop fortes des milieux d'affaires.
Le patronat est déjà passablement agacé par les mauvais signaux
économiques et financiers.
Croissance faible, consommation insuffisante,
épargne trop grande, hausse des faillites d'entreprises,
retour du chômage, etc.
Oui, nous sommes inquiets, mais ce n'est pas nouveau.
Depuis la dissolution de l'Assemblée nationale en juin dernier,
résultat, on est toujours dans une certaine incertitude.
En matière économique, si la confiance n'est pas installée,
ça ne fonctionne pas bien.
Vous aurez les acteurs économiques et en premier lieu,
les patrons de PME qui vont être très prudents.
Donc, on n'investit pas, ou très peu,
on ne recrute plus, ou très peu.
Bien sûr, c'est simpliste de parler de façon homogène
des milieux économiques, comme s'il n'était qu'une seule personne.
Mais tous ont en commun de détester au plus haut point
l'incertitude économique engendrée par la situation d'instabilité politique.
On peut prendre la température de l'agacement
qui règne dans le monde patronal en lisant sa presse.
Par exemple, dans cet article des Echos,
on peut lire que depuis la dissolution,
la cote du chef de l'État est aussi basse chez les patrons
qu'auprès du reste de la population.
C'est de la colère, parfois de la haine.
En tout cas, ils l'ont tous lâché,
analyse une personnalité respectée du monde patronal.
C'est quand même une opinion un peu extrême.
La démission de Macron, ce n'est plus un tabou.
Pour ma part, je la pense inévitable.
On ne peut pas tenir deux ans et demi comme cela,
assume Alain Minc, l'éminence grise des milieux d'affaires.
Alain Minc peut être vu comme un bon thermomètre du milieu du business.
Si le président dissout,
parce qu'il a épuisé les gouvernements,
et qu'on a la même assemblée en réalité ingouvernable,
il n'aura pas d'autre solution que de partir.
Si la présidentielle est anticipée,
il y aura cette même assemblée ingouvernable
pendant un an de plus avec un vrai président.
On est reparti pour un an.
C'est vrai, mais vous recréez vaguement un climat politique différent.
Donc on est dans une situation qui est, à certains égards, insoluble.
Le directeur du quotidien patronal L'Opinion
ne souhaite pas la démission de Macron,
mais constate sa plausibilité.
S'installe l'idée que la démission du président de la République est possible.
Et le simple fait, dans le paysage politique,
dans le vocabulaire politique, de dire
on est à un moment où le président de la République
peut ne pas aller au bout de son mandat,
c'est un très gros changement.
Il viendra un moment où on se dira
mais est-ce qu'on peut continuer comme ça
avec des crises politiques et donc institutionnelles successives ?
Mais là, ce qui sauve Macron, c'est que la bourgeoisie organisée
n'a pas de solution de remplacement de son ancien poulain.
Elle constate, comme tout le monde,
que les forces de droite et de centre droit
sont éclatées en autant de chapelles
qu'il y a de prétendants à sa succession.
Bref, les bourgeois, les possédants,
ne sont pas encore convaincus
que la situation serait moins instable
après une démission de Macron.
Pour eux, il y a un dilemme.
L'incompétence politique de Macron
fait monter des forces politiques
identifiées comme nuisibles économiquement.
Bien sûr le NFP, mais aussi encore le RN.
Mais le poussé vers la sortie
pourrait aussi accélérer l'accession au pouvoir de ces forces.
Donc, une idée de démission qui fait son chemin,
une légitimité politique rikiki,
un patronat certes lassé,
mais qui n'est pas encore prêt tout à fait à le lâcher,
on peut dire que l'idée d'un départ anticipé
est peu probable.
Mais ce n'est plus impossible.
Alors faut-il bâtir toute une stratégie
sur un événement qui n'est pas très probable ?
Et puis en plus, quels sont les risques
qu'il y aurait derrière ?
Ça, ce sont d'autres débats politiques.
On se retrouve dans deux semaines.
