La Namibie, le Far West africain

Ici et ailleurs voyages
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357 Vues de vidéo·7 janv. 2025
en fait je suis une croqueuse
Ce qui me plaît,
c'est vraiment de dessiner sur le vif.
Et le dessin,
c'est mon outil pour me placer en observatrice et donc de fixer un petit peu ce qui me frappe,
ce que je vois,
et aussi de le retenir.
Et pour moi,
c'est vraiment ça,
le carnet.
C'est quelque chose qui accompagne et qui va fixer toutes ces traces successives des choses qu'on aura vécues,
qu'on aurait envie de garder un petit peu comme un trésor.
qu'on met
dans son tiroir secret.
Oubliée au sud du continent africain,
elle s'étend sur un territoire de plus de 800 000 km²,
soit une fois et demie la France,
et abrite une population d'à peine plus de 2 millions d'habitants.
Un vaste pays aux horizons infinis,
au climat rude et au relief inhospitalier.
Elsie est dessinatrice depuis plus de 20 ans.
Après Zanzibar,
le Cambodge et l'Algérie,
elle retourne aujourd'hui pour la troisième fois en Namibie pour nous faire découvrir cette terre de démesure à travers son carnet de voyages.
Première étape pour Elsie...
Les dunes rouges de Sosouflaï,
au milieu du grand désert du Namib,
qui à l'origine donna son nom à la Namibie.
Ces dunes peuvent atteindre 200 à 300 mètres d'altitude.
Elles sont les plus hautes et les plus vieilles dunes du monde.
Le désert de Sosouflaï,
c'est un désert un peu particulier,
parce qu'il s'est créé avec les vents d'Est,
qui ont transporté la poussière rouge de la terre du désert du Kalahari.
qui est au centre de l'Afrique australe.
Et au fur et à mesure,
elles se sont accumulées.
Elles ont formé des dunes qui ont la particularité d'être très roses,
roses pâles le matin.
Et avec la lumière du coucher du soleil,
elles deviennent ocres rouges,
presque rouges vifs,
sculptées avec des ombres bleues,
parfois violettes.
Ce qui me frappe en arrivant ici,
c'est le contraste entre...
La plaine qui a une couleur d'or pâle,
les formations rocheuses,
très rocheuses,
qui sont très sombres,
presque noires.
Et puis d'un seul coup,
l'apparition de cette bande rose-rouge.
Et aujourd'hui,
vraiment,
ce qui m'a sauté aux yeux,
c'est que les dunes sont toutes couvertes d'herbes très vertes.
Ce n'est pas comme dans la plaine où la couleur est beaucoup plus pastel.
Là, les touffes d'herbe sont vraiment parfois d'un vert assez vif.
Et ça fait un contraste avec le rouge,
l'ocre rouge de la dune.
Ce sont un peu les deux couleurs complémentaires,
le vert et le rouge.
La Namibie est le pays le plus aride de l'Afrique subsaharienne.
Avec moins de 250 mm de précipitation par an,
ici,
le moindre brin d'herbe est un miracle.
Et il est rare de croiser âmes qui vivent.
Pourtant,
au détour d'une piste...
Mon nom est Elsie.
Samire. Samire.
Et toi ? Moses.
Moses. Moses.
Nakangombe.
Nakangombe.
C'est une vision complètement irréelle.
Trois nababs qui se prélassent sur un bout de pelouse vert fluo en plein désert.
Ils se sont fabriqués une mini-oasis.
Ils arrosent 24h sur 24,
comme un green de Gaulle.
Pas très écologique tout ça.
Mais la rencontre est fort sympathique.
Et je ne peux m'empêcher d'immortaliser ce tableau champêtre.
En route pour le sud,
Elsie s'arrête dans la zone de Garub.
Elle y fait une rencontre surprenante.
Les chevaux du désert viennent tout juste d'arriver à leur unique point d'eau pour s'abreuver.
Il est rare de pouvoir s'en approcher d'aussi près.
C'est quelque chose d'unique au monde.
Ce sont les seuls chevaux au monde qui ont réussi à survivre dans le désert.
Alors que ce n'était pas leur élément naturel puisqu'ils étaient importés d'Europe.
Je crois que maintenant,
ils doivent être environ entre 100 et 150 chevaux dans le désert.
C'est très très très peu.
Je n'arrive pas à dessiner là.
Je suis trop émue.
Il y a des choses,
il faut les vivre.
Là, c'est vraiment quelque chose qui est tellement fugitif.
Il y a un temps pour tout et je pourrais les dessiner après de mémoire.
Mais j'ai vraiment envie de me remplir les yeux de ce spectacle.
à Luderitz,
c'est un petit port de pêche.
Ce qu'on a eu du mal à imaginer aussi ici,
c'est que la Namibie,
c'est quand même le plus vieux désert du monde.
Je dirais qu'il fait jusqu'à
40, 50 degrés dans la journée.
Et on arrive ici et il n'y a personne,
il fait froid.
L'eau, elle est absolument glaciale.
Et puis aussi ce vent,
évidemment,
ce vent qui est complètement,
qui est permanent en fait.
On a vraiment l'impression de débarquer sur la Lune.
C'est un peu un univers comme ça,
de lendemain de fin du monde,
un peu apocalyptique.
C'est fou,
c'est violent en fait,
comme contraste.
On est en pleine zone interdite.
C'est ici que commence la fameuse Diamond Era,
le territoire des diamants.
Il représente 15% de la Namibie,
ce territoire du diamant,
qui est complètement interdit.
Quand on longe la route,
il y a des panneaux régulièrement qui indiquent que si on franchit la ligne,
ça peut être la peine de mort.
Donc ça peut aller très loin.
Située aux abords immédiats de l'Uderitz,
Colmanskop est un vestige particulièrement évocateur de la Namibie à l'époque de sa colonisation allemande,
au début du XXe siècle.
La découverte de diamants dans le sable de ce désert engendra la construction de ce petit village qui connut son heure de gloire.
Boulangerie,
boucherie,
usine d'eau gazeuse,
fabrique de glace,
piscine.
La ville comptait même un terrain de jeux de quilles et un théâtre pour distraire les colons germaniques.
Mais les terrains diamantaires s'épuisèrent et les habitants se mirent à quitter les lieux,
livrant cette ville au sable et au silence.
Quelques fantômes rôdraient encore.
Windhoek,
la capitale,
est située à 1680 m d'altitude dans une région semi-désertique au centre du pays.
Elle compte 150 000 habitants.
dont presque un quart d'origine allemande.
L'affluence allemande se reconce partout,
notamment dans l'architecture de la ville.
Windhoek est le centre économique du pays,
et dans les rues aux heures de travail,
le brassage culturel saute aux yeux.
Le mélange de multiples dialectes fait vibrer l'air.
Elsie connaît déjà bien cette ville,
puisqu'elle y a organisé un stage de dessin il y a quelques années.
Elle retrouve aujourd'hui un de ses anciens élèves,
Axe,
qui va lui servir de guide pour la journée dans la banlieue de Windhoek.
Je vais tourner dans une autre partie de Windhoek,
à Katutura.
Le quartier de Katutura,
la ville noire autour de Windhoek.
C'est plus vivant que Windhoek ?
Oui.
C'est ici que tout se passe.
Si tu veux t'amuser,
c'est là qu'il faut venir.
C'est ici que je me sens chez moi.
Une douzaine de groupes ethniques ont chacun à leur manière forgé l'identité de la Namibie.
L'apartheid y a fait des ravages.
Mais l'indépendance n'a pas pour autant bouleversé radicalement les mentalités.
Les Blancs vivent majoritairement dans les centres-villes.
et se mélangent peu aux différentes ethnies noires qui vivent dans des quartiers bien délimités au cœur des townships.
J'aime beaucoup ta façon de dessiner.
Mais ce n'est pas facile à dessiner parce qu'il y a tellement de maisons et puis...
Je ne peux pas tout dessiner car il y a trop de choses.
Surtout dans un endroit comme celui-là,
c'est difficile de tout distinguer.
Je préfère être à Katutura.
Tu veux dire,
plutôt que d'être à Windhoek ?
Plutôt que d'être en ville,
tout court.
En fait,
je n'aime pas trop sortir et faire la fête en boîte.
Je préfère regarder les gens,
aller,
venir.
Ça m'inspire tellement plus.
Oui, comme tu dessines,
tu aimes observer.
Oui. Donc tu aimes être assis quelque part et regarder les gens en vue.
C'est ça.
Ça, c'est vraiment quelque chose qu'on partage quand on est dessinateur.
Exactement.
Moi, je suis comme toi.
C'est pour ça que dans mes dessins,
finalement, il y a...
toujours un personnage qui se balade dedans.
J'ai besoin qu'il y ait de la vie.
Oui.
C'est quoi le truc orange là ?
Ça c'est du sel ?
Ah,
piment.
Très bon.
Très bon.
Ce sont des verres.
C'est très bon.
Tu peux goûter.
Non, non,
non. Moi,
je ne goûte pas.
Ah oui, c'est sec à l'intérieur.
Et tu manges comme ça.
C'est très bon.
Je vais goûter quand même parce que là...
Ce n'est pas cuisiné.
Il faut les cuisiner.
C'est meilleur.
En route pour le Grand Nord,
dans l'Ozamboland.
Le désert s'efface et laisse place à une végétation luxuriante.
Elsie y découvre une terre aux multiples visages.
Le nord du pays abrite les deux tiers de la population de la Namibie,
une terre de culture,
d'élevage,
et une Afrique noire plus traditionnelle.
Elsie est invitée aujourd'hui dans le petit village d'Onawa,
où les Ovambos continuent à vivre au rythme immuable des troupeaux,
des semailles et des moissons.
Des abris de fortune entourés de palissades,
parsement les terres dites communales du nord du pays.
Je ne sais pas exactement quel âge il a,
mais son visage est comme une géographie.
Il me regarde très fixement.
Ses yeux sont à la fois très doux et un peu espiègles.
En fait,
moi, je ne parle pas sa langue et lui,
il ne parle pas anglais,
mais avec ses yeux,
j'ai l'impression qu'il est en train de me parler.
en tout cas de me donner quelque chose de lui.
D'un coup,
incroyablement fin,
je n'avais pas remarqué au début.
J'essaie d'expliquer ce que je ressens en vous regardant.
Dans un portrait,
j'ai juste envie de dessiner le visage,
mais là,
j'aime beaucoup sa posture et la manière dont ses vêtements tombent sur lui,
le drapé du tissu.
Les dunes de Swakopmund sont très différentes des dunes qu'on voit à Sosouflaï.
Elles sont moins hautes et elles ressemblent beaucoup plus aux dunes du Sahara.
Elles sont blondes,
douces,
rondes et dans des tons beaucoup plus pâles,
dans des teintes très pastelles.
Je crois que c'est un des seuls endroits au monde où on voit vraiment les déserts qui plongent dans la mer.
Toute la côte baigne dans une lumière très laiteuse qui vient de la rencontre entre la chaleur du désert et le front froid de l'océan Atlantique.
Cela produit une brume qui flotte en permanence dans l'atmosphère.
Ici on est à Trois-Compons sur l'Atlantique Sud,
c'est la ville balnéaire de Namibie,
même s'il n'y a pas beaucoup de baigneurs parce que l'eau est très froide,
elle fait entre 16 et 20 degrés.
En revanche c'est un peu le paradis des pêcheurs qui s'égrènent tout le long de cette immense plage qui va jusqu'à Val-Bisbeille et on les voit avec leurs longues cannes à pêche,
ils viennent en land rover sur la plage et ils passent la journée là.
Il y a aussi plusieurs épaves.
C'est une côte qui est très escarpée,
très dangereuse,
avec beaucoup de récifs.
Et donc,
c'est finalement un lieu assez inhospitalier.
Bonjour.
Bonjour.
Qu'est-ce que vous faites ici ?
Oh, c'est beau !
Des croquis.
Magnifique !
Si rapidement en plus !
Oui, ça doit aller vite.
Qu'est-ce que vous pêchez ?
Qu'est-ce que vous pêchez ?
J'ai d'abord attrapé un petit saumon de 35 cm,
mais il était trop petit.
Ils doivent atteindre au moins 40 cm,
sinon on doit les relâcher.
Ensuite, j'ai attrapé un petit requin.
Et vous habitez à Soicopemonte ?
Oui.
Et vous êtes né ici ?
Non,
en Angleterre.
Ah, en Angleterre.
Mon épouse est du Sud-Ouest.
Oui, je suis née ici,
en Namibie.
À Swakopmund ?
Non,
à Windhoek.
Ah,
à Windhoek.
Les villes de Swakopmund et de Valvis Bay constituent les seuls centres de peuplement permanent du Namib et s'apparentent à la côte d'Azur namibienne.
Les influences allemandes sont encore très présentes aujourd'hui,
tant au niveau de l'architecture jugenstil que des échoppes et des habitants du centre-ville.
On y parle en allemand,
un peu africanisé.
Mais l'ambiance germanique y est omniprésente et les plats traditionnels africains sont remplacés par un goulash accompagné d'une bière pressée.
Dès qu'on sort de Swakopmund,
on est dans un paysage un peu industriel,
un peu désolé,
avec des lignes de chemin de fer et des baraquements qui s'étendent à perte de vue.
On va dans un township qui s'appelle Mendes,
où il y a environ les deux tiers de la population d'ici qui habite dans ce township.
Donc ça donne un petit peu une idée de la prédominance de la population noire.
C'est dimanche.
Les cloches retentissent dans tout le township.
Il y a des églises partout.
Des groupes de gens arrivent de tous les côtés,
en famille.
Pour une fois,
toutes les ethnies semblent se mélanger.
La messe est le rendez-vous important de la semaine,
où tout le monde se retrouve.
À l'intérieur,
on le sent,
peut-être 200 personnes.
Ils ont mis leurs plus beaux vêtements.
Il me sent un peu drôle au début,
car je suis la seule blanche.
Les gens se retournent sur moi en souriant.
La cérémonie est très différente des nôtres en Europe.
Plus vivante,
plus spontanée.
Les gens battent des mains,
ils chantent et ils dansent.
Le prêche du pasteur ressemble plus à un one-man show qu'à un serment en fait.
Les chœurs se succèdent devant l'hôtel.
Ce sont les femmes erreros les plus impressionnantes avec leurs draudes de coiffe et leurs robes multicolores.
Quand mes voisins me prennent la main,
j'ai l'impression qu'ils sont en train de me dire
Tu es différente de nous,
mais aujourd'hui tu es avec nous et donc tu entres dans notre famille.
La fin du voyage approche.
Après 4000 kilomètres de périple à travers le pays,
Elsie prend un dernier bain de foule avec les enfants du township de Mondesa.
Elle s'apprête également à retrouver Max et quelques amis pour apprendre un des dialectes locaux,
le Nukwe.
Nukwe.
Comment dire ?
Nukwe.
Nukwe.
Nukwe.
Nanou.
Nanou.
