🇫🇷 Cette année, Inoxtag a relevé un défi extraordinaire en gravissant le plus haut sommet du monde, le Mont Everest, et a partagé son aventure à travers son documentaire "Kaizen".
Après avoir visionné ce documentaire, j'ai tout de suite voulu partager mon ressenti en vidéo, car j’ai entendu de nombreuses critiques dans les médias et on m’a beaucoup demandé mon avis d’explorateur sur la question.
J'espère que cette réaction apportera un éclairage différent sur cette aventure, et encouragera chacun à voir au-delà des critiques !
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🇬🇧 This year, Inoxtag took on the extraordinary challenge of climbing the highest peak in the world, Mount Everest, and shared its adventure through its documentary ‘Kaizen’.
After watching this documentary, I immediately wanted to share my feelings on video, because I've heard a lot of criticism in the media and I've been asked a lot for my opinion as an explorer on the subject.
I hope this reaction will shed a different light on this adventure, and encourage everyone to look beyond the criticisms!
Et ça fait 30 ans que je suis un explorateur professionnel.
La vidéo de Enoch Stagg.
À l'époque, quand il voulait commencer à se préparer pour aller grimper Everest,
il a reçu un contact avec nous
et il m'a demandé si je pouvais lui donner un coup de main avec la préparation.
Et moi je ne pouvais pas parce que j'ai été une année coincé dans la glace en Groenland
pendant l'expédition What's Left.
Il y avait aussi beaucoup de questions autour de cette vidéo.
Je me posais avec une bière et puis des frites.
C'est de la frite. Des frites.
Et j'ai pris du temps de regarder des vidéos d'Enoch Stagg.
Moi je ne suis pas un type qui aime être assis devant la télé,
mais je n'ai pas vu du temps passer.
Et pour moi c'était un super documentaire
qui était fait avec une vision complètement différente
que moi comme professionnel j'étais emballé par leur histoire.
Et c'est pour ça que j'aimerais bien donner mon avis
à toutes les questions que les gens me posaient.
La première question c'était pourquoi je ne voulais jamais grimper Everest.
Pour moi comme un explorateur professionnel,
ça ne fait pas du tout sens parce que c'est fait par tellement de monde.
Et quand on choisit d'aller sans oxygène et sans cordes,
on n'a pas notre place là-bas.
Jusqu'à maintenant je préférais grimper le sommet de 8000
qui n'était pas aussi bien connu qu'Everest,
mais qui est techniquement plus difficile.
Et c'est justement pour ça que j'ai décidé d'y aller
avec les meilleurs grimpeurs du monde
pour apprendre comment faire dans les conditions extrêmes.
Et à travers la préparation, leurs connaissances, leurs expériences,
leur savoir-faire, j'ai appris à grimper les 8000 sans oxygène.
Maintenant d'y aller au sommet d'Everest, ce n'est pas aussi facile que ça.
On doit se préparer.
Et c'est là où on peut dire ce qu'on veut,
mais Inok Stagg a pris du temps, une année.
Il a fait des autres sommets.
Il s'est entraîné son mental et son physique
pour arriver à réaliser ses rêves.
Quand Inok Stagg est arrivé à Everest,
il a gravé du Mont Blanc, du Cervas à Madame Blanc.
Et puis ça, ça montre qu'il a fait la préparation nécessaire
pour tenter d'arriver au sommet d'Everest.
Il y avait aussi pas mal de questions sur le professionnalisme et le tourisme.
Maintenant, il ne faut pas confondre les deux.
On ne peut pas comparer le tourisme en montagne
avec quelqu'un qui grimpe professionnellement.
Ça veut dire que pour nous,
en étant les alpinistes ou les himalayistes,
qui est un peu professionnel,
nous, on décide de grimper
comme Reinhold Messner l'a fait il y a très longtemps.
Lui, il a montré qu'on peut grimper sans oxygène.
Et quand on grimpe sans oxygène,
sans cordes, sans camps, sans Sherpa,
c'est justement là où on devient professionnel.
En fait, quand on rentre dans cette zone de mort
où on n'a que 7% d'oxygène à partir de 7000 mètres,
que notre temps est limité,
on n'a pas d'oxygène, on ne peut pas attendre.
On doit grimper ou on doit faire un demi-tour.
Mais tout le monde ne peut pas grimper sans oxygène.
Tout le monde ne peut pas grimper techniquement sans cordes.
On a toujours besoin de quelqu'un
qui va nous porter notre matériel en haut dans la montagne.
Mais l'avantage qu'on a au sommet sans oxygène,
quand j'arrivais au sommet de Gachambrou 1
et que je regardais partout,
tout d'un coup, j'ai vu une femme à poil qui volait
par-dessus tous les sommets des montagnes
avec des plumes comme ça.
Malheureusement, il n'a pas vu ça.
Parce qu'avec l'oxygène,
on baisse l'altitude à environ 6000 mètres
et ça nous donne du temps de récupérer.
On ne part pas dans cette hallucination
que la montée d'oxygène nous permet de voir.
Maintenant, c'est sûr qu'à ce moment,
si tu prends la fausse décision,
quand tu t'assoies au sommet,
quand tu fermes les yeux,
tu ne vas plus jamais descendre.
Mais ça n'enlève rien sur les gens
qui décident de grimper avec l'oxygène.
Les gens doivent faire un effort
pour arriver au sommet sans oxygène
ou avec l'oxygène.
C'est pour ça que je dis
« mérite à tout le monde qui arrive au sommet ».
Beaucoup de questions étaient posées sur
est-ce que c'est un exploit d'arriver au sommet d'Everest.
Mais bien sûr, ça reste un exploit.
Et si on veut critiquer,
on peut tout critiquer dans la vie.
Mais si on cherche ce qui est positif,
ce qui nous inspire,
c'est là qu'on voit qu'Innoxtag,
un youtubeur de 22 ans,
rêve d'aller au sommet d'Everest.
Il s'entoure avec un guide professionnel.
Il s'entoure avec les serpents
qui vont l'aider à porter ses oxygènes,
qui vont mettre les tentes en place,
qui ont mis des cordes fixes
pour grimper en sécurité.
Et pour ça, on ne peut pas la critiquer.
Il y avait aussi des questions sur
est-ce que grimper à Everest,
c'est dangereux ou pas.
C'est sûr que je n'ai jamais grimpé à Everest.
Je ne peux pas vous répondre
parce que j'étais là.
Mais c'est sûr que
quand on met beaucoup de gens
sur un seul passage
et un passage où des allers-retours
doivent se passer
mais sur un passage qui est très délicat,
c'est justement là où on commence à attendre.
Et d'attendre une haute altitude,
c'est très dangereux.
En 2008, sur K2,
pour vous donner un exemple,
il y avait des Himalayistes
qui arrivaient au sommet.
Mais sur l'entonnoir,
cette bottleneck,
il y avait un serac qui a tombé
et qui a arraché des cordes fixes.
Onze Himalayistes étaient coincés.
La route d'accès à leur bouteille
était coupée
parce qu'il n'y avait plus de cordes fixes.
Techniquement, malheureusement,
les gens n'étaient pas capables
de faire des cascades de glace.
Et les matériels
qu'ils ont emmenés au sommet de la montagne
étaient plus pour la marche sur les glaciers
que pour faire des cascades de glace.
Et techniquement,
quand on ne peut plus faire confiance
dans les matériels qu'on emmène,
c'est justement là
où les risques d'avoir plus d'oxygène,
les risques d'avoir plus de cordes fixes,
peuvent éventuellement être un grand désastre.
Ça veut dire que,
quand un océan grimpe,
il est exposé aux autres dangers
auxquels je ne suis pas exposé.
Parce que je grimpe sans oxygène,
sans cordes fixes.
Techniquement, je peux monter,
je prends les piolets qu'il faut,
les crampons qu'il faut
pour grimper des cascades de glace.
Même à 8000 mètres,
si on bouge très, très lentement,
c'est sûr que, techniquement,
petit à petit,
je peux descendre si la corde fixe casse.
J'ai une corde avec moi
que je peux mettre en vis à glace
et je peux faire des petits rappels.
Donc, nous, on a
qui grimpe sans oxygène.
Par contre, ceux qui grimpent
avec l'oxygène sur les cordes fixes
n'ont pas cette marge de sécurité.
Un océan grimpant,
il est sur un chemin.
Il a pris des risques d'y aller,
mais des autres risques
que des gens, parfois, ne voient pas.
Ils voient juste une masse de monde,
mais ils ne voient pas
les dangers que chaque individu
apporte à un obstacle d'être là.
Quand on choisit de grimper
avec l'oxygène,
on connaît les risques.
Quand on choisit de grimper
sans oxygène,
on est vraiment conscient des risques
et c'est là où on décide
d'y aller ou pas.
Il y avait aussi des questions
sur l'utilité.
Est-ce que c'est utile
de grimper Everest ou pas?
Pour moi, il n'y a même pas
de question sur l'utilité.
J'ai aussi été critiqué
par pas mal de gens
qui ont dit
que tout ce qu'il fait,
Mike Horn,
est inutile.
Je dis peut-être inutile
pour eux,
mais utile pour moi.
Quand on fait
ce qu'on aime,
quand on fait
ce qu'on fait bien,
quand on fait
quelque chose
qui apporte la valeur
aux autres,
et si on peut gagner
un peu d'argent
à travers ce qu'on fait,
on fait quelque chose
d'utile pour nous.
Pour les gens
qui ne trouvent pas
l'utilité là-dedans,
on va la trouver ailleurs.
On ne peut pas plaire
à tout le monde
en même temps,
et c'est là où
nous, qui regardons,
devons trouver
ce qui est utile pour nous,
et pas regarder
avec une telle vision
négative et critique,
parce que si on regarde
avec une vision
qui est trop négative
et trop critique,
on ne va nulle part.
C'est pour ça,
ouvre l'esprit,
regarde ce qui est bien,
et là vous allez trouver
l'utilité.
Après, il y avait aussi
beaucoup de critiques
sur Innoxtag,
qui vendent un rêve
aux jeunes
qu'ils ne peuvent pas payer.
Et pour moi,
je ne pense pas
qu'Innoxtag voulait absolument
inspirer les jeunes
d'aller gravir Everest.
Il voulait inspirer
les jeunes
à faire
leur propre Everest.
Et si on n'a pas d'argent,
on peut aller
sur beaucoup de sommets
et grimper gratuitement
aussi des sommets
qui montent presque
à 7000 mètres.
Quand on pense
qu'on ne peut pas le faire
parce que ça coûte trop cher,
tu vas trouver une solution
et s'adapter
à ce que tu veux faire
avec ton argent.
Il y avait aussi
pas mal de questions
sur s'il a mis en valeur
le travail que les Sherpas
ont fait.
Et moi je dis
sans doute oui.
Il faut comprendre
qu'en fait,
on peut grimper
Everest peut-être
deux périodes par année.
Et pour les Sherpas
qui vivent dans la vallée,
ils peuvent grimper
quatre mois presque.
Et c'est justement là
où eux,
leur boulot,
c'est qu'ils portent
les matériels
depuis Kathmandu
ou des fois plus proche
dans la Khumbu Valley.
Ils portent les matériels
pour installer
notre camp base.
Une fois qu'ils sont installés
avec une équipe
de Sherpas jusqu'au sommet,
les personnes grimpent.
C'est que les Sherpas
qui sont sur la montagne.
C'est les Sherpas
qui mettent les échelles
quand on voit une octague
qui passe,
quand on le voit
sur les cordes fixes,
quand on voit
l'icône de tente.
Ça c'est les Sherpas
qui font tout ça.
J'ai une question
sur les youtubeurs
qui veulent devenir
des aventuriers
et
des influenceurs
qui repoussent des limites
au-delà de leur connaissance
et de leur savoir-faire.
Moi j'ai été influenceur
il y a 30 ans
mais il n'y avait pas
de réseau.
Ce n'était pas vraiment
tout public
notre environnement
notre climat a changé,
la manière dont on communique
a changé.
Je me trouvais seul sur la terre
et sur la mer,
je me filmais moi-même
avec une petite caméra
et quand c'est mes images
vous allez voir un petit point blanc
au fond de votre écran.
Et on ne peut pas interdire
les gens
d'aller faire des choses.
C'est sûr que
si on a un respect
pour les autres êtres humains
si on fait ça
pour inspirer
les gens
pourquoi pas aller ?
Et c'est justement
les influenceurs
qui aujourd'hui
ont une influence énorme
sur la jeunesse.
Je pense que les influenceurs
ont aussi leur place
dans l'aventure.
J'ai pris ces plafrites
et ils arrivaient
bien préparés
mais il n'a jamais mis
des crampons au-delà
de l'expédition qu'il a faite
en Kyrgyzstan.
Mais là je voulais
la mener en fait
sur un terrain de jeu
que je maîtrise bien.
Je connais bien Groenland,
je connais bien
les passages sur la
calotte glaciale de Groenland.
J'ai fait pendant
des sommets
qui n'ont jamais été faits
et je demandais à Seb
de venir bien préparé.
Techniquement,
il ne pouvait pas grimper
des cascades de glace
mais j'ai pris du temps
personnellement avec lui
de l'introduire au matériel
et
dans les pratiques
l'application du matériel
sur le terrain.
Et Seb,
il a vite appris
de planter un piolet,
de planter un crampon,
de rester calme,
de grimper les bouts
sans corde
et les autres bouts
avec la corde.
Il a appris
de sauter,
de juger ses capacités.
Et c'est ça
qu'il a fait aussi.
Il savait
ce qu'il pouvait faire
et quand on est conscient
du danger,
quand on est conscient
de ce qu'on est capable de faire,
c'est justement là
où on peut prendre des décisions
et on peut nous-même.
Tout ce cheminement qu'il a fait,
c'était ça qu'il cherchait.
Pour résumer,
au final,
chacun de nous a sa propre
fontaine à gravir.
Pour des gens qui peuvent,
c'est Everest.
Pour des gens qui ne peuvent pas,
ça peut être un petit sommet à côté.
Et quand on dit
que chaque sommet
c'est un sommet unique
et que chaque fois
quand on part,
on part dans une autre expérience,
c'est un peu ça la vie.
Il ne faut pas rester
tout le temps sur les mêmes sommets.
Il faut y aller plus loin
dans la vie.
En fait,
n'importe qui
avec n'importe quel rêve
peut aller au-delà
de ses zones de confort.
Et s'il s'entoure bien,
s'il se prépare bien,
on peut réaliser notre rêve.
Écoute, mec,
bravo pour ce que tu as fait.
Tu as inspiré beaucoup
et juste
une petite histoire
que j'aimerais bien
parler de rugby de l'Afrique du Sud.
Quand il a mal joué,
il y avait beaucoup de gens
qui le critiquaient.
Et puis il m'a raconté
une histoire d'une forêt.
Dans une forêt,
il y a beaucoup d'arbres.
Il y a des petits, des grands.
Il y a des arbres
qui sont plus hauts
que les autres.
Et quand il y a des tempêtes,
c'est des grands arbres
qui ramassent du vent.
Mais quand il y a des troncs
bien solides plantés dans la terre,
ils vont ressouffler comme ils veulent.
Ce n'est pas toi qui vas casser.