►Résumé :Troisième épisode de "Révèle ton Style" avec comme invité, Pierre-Baptiste L'Hospital qui est un véritable bottier. Issu des "Compagnons du devoir" il est devenu bottier à travers de longues années à traverser la France et à apprendre ce bottier de l'artisanat. Il nous explique ce qu'il fait, comment il est devenu bottier et ce qu'est le métier de bottier.
J'ai rencontré beaucoup de gens qui travaillent chez Adidas,
Jacques Chassin, designer de chez Adidas.
Ça me faisait penser à Arnold Schwarzenegger,
qui avait eu, pendant Mister Olympia 74-75,
son père qui était décédé.
Après, lui, il est acteur pendant 8 mois,
comme il l'avait fait pendant Lincoln,
puis après il n'est plus acteur pendant 10 ans.
Le mec, il a 3 Oscars, quelque part, fin de ta gueule.
Faut la voir, cette petite papuche,
qui est complètement mignonne.
C'est mignon, quand même.
C'est absolument adorable.
Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle vidéo.
Aujourd'hui, entretien, révèle ton style.
Vous avez adoré le premier épisode avec Hugo Jacomet.
Vous avez beaucoup aimé le deuxième épisode avec Antoine,
qui fabrique des cravates chez Terrine Paris.
Aujourd'hui, je reçois un invité que j'aime beaucoup,
qui est également un ami.
Il s'agit de Pierre-Baptiste L'Hospital.
Bonjour Pierre-Baptiste.
Bonjour, merci pour l'accueil.
Je t'en prie, c'est avec plaisir.
Ce que vous ignorez, c'est qu'en fait,
là, on a niqué une demi-heure de vidéo
et on s'est aperçu qu'il y avait une caméra qui n'était pas allumée.
Donc, on recommence l'entretien après 30 minutes.
C'est affreux.
C'est ma faute et je suis désolé.
On va devoir refaire tout le discours.
C'est toujours un plaisir.
Donc, avant que ça commence,
n'hésitez pas à liker, à vous abonner,
à partager cette vidéo en masse.
Je sais que cette vidéo ne sera pas aussi bien référencée par YouTube
que certaines autres.
Donc, on compte sur votre soutien,
on compte sur vos likes,
on compte sur vos commentaires,
on compte sur vos partages.
Et n'hésitez pas à vous abonner, bien sûr, si ça vous plaît.
Et nous, on va commencer l'entretien.
Je rappelle qu'il est également disponible
sur Spotify, Deezer, Apple Music, etc.
Pour ceux qui préféraient le format podcast,
à écouter tranquillement en allant au boulot
ou pendant un petit footing.
C'est avec plaisir et ce sera disponible gratuitement
sur les plateformes en ligne.
Donc, Pierre-Baptiste, nous, on se connaît très bien.
On est amis.
Là, ça fait une demi-heure qu'on ne discute pour rien.
Donc, du coup, on se connaît très bien.
On s'est rencontrés chez Hugo Jacomet.
Pour la première fois, oui.
Moi, j'étais vidéaste.
Et toi, tu venais offrir une paire, je ne sais plus.
Tu avais fait un projet de paire avec...
Projet de paire avec Hugo
pour un de mes travaux chez les Compagnons.
Parce que Hugo, Pierre-Baptiste,
est compagnon coordonné beauté du devoir.
Exactement.
J'ai retenu.
C'est pas mal.
Je suis très fier de moi.
C'est après une demi-heure.
En fait, c'est vrai que tu t'en souviens.
Et aujourd'hui, on fait un entretien exceptionnel,
un entretien qui me tenait beaucoup à cœur.
On aurait dû le faire la première fois
parce que tu es venu chez moi il y a...
Quatre mois.
Quatre mois, avec plaisir.
D'ailleurs, tu viens quand tu veux.
Si tu as des vacances, tu me dis
et tu peux venir quand tu veux
pour faire une prise de mesure
pour un projet de bot en surmesure.
Exactement.
Et on va faire d'ailleurs le deuxième épisode tout à l'heure,
juste après cet entretien.
On fait le deuxième épisode pour montrer un petit peu.
D'ailleurs, on vous montrera un petit peu les bottines.
Attends, on va le faire.
On va montrer les bottines.
On va montrer les bottines pour ceux qui ont le format visuel
et qui peuvent voir.
Est-ce que tu peux nous expliquer très rapidement,
très simplement,
pour faire une petite aparté, ce que c'est ?
Alors, ce que c'est, en fait,
ce que c'est, c'est pas très compliqué.
C'est un jaune pur.
Donc, voilà, haut, en modèle double boucle.
Donc, c'est un modèle originellement,
si je ne dis pas de bêtises,
qui est apparu chez John Lobb.
Voilà, avant d'être réexploité par plusieurs bottiers.
Voilà, donc, les deux boucles en extérieur, en externe.
Voilà, une pièce à l'avant cambrée.
Donc, il n'y en a pas de couture ici pour le développer.
Là, ce que vous voyez, c'est, bien entendu, l'essayage.
Donc, semelle en liège du caper va être portée.
En tout cas, c'est 20 minutes.
Et puis, finir découpée.
Oui, ça, c'est très important de le comprendre.
Est-ce que je peux te l'apprendre ?
Bien sûr.
Merci beaucoup.
C'est très important de comprendre que ça,
ça, c'est une chaussure qui sera portée qu'une seule fois
et qui n'est pas la chaussure finie.
C'est un cuir box calf.
C'est des parties mauvaises dans le cuir.
Voilà.
Je parle ressenti.
Ouais.
Alors, moi, visuellement, quand je vois ça,
je me dis que c'est la paire finie.
Mais, en fait, ce n'est pas le cas.
Et, comme tu as dit,
elle va survivre environ 20 minutes au port.
Parce que tu vas y mettre des grands coups de cutter.
Alors, du tranché.
C'est un autre cutter.
C'est le cutter des cordonniers bottiers.
D'accord.
C'est un autre grand coup de tranché.
Mais, effectivement,
elle va finir coupée en quatre parties.
Et tout ça,
bon, on va l'expliquer dans le réel sur Instagram.
Ce sera très intéressant.
Donc, n'hésitez pas à aller vous abonner à mon Instagram.
Lien en description.
Et à celui de Pierre-Baptiste.
Parce que, bien sûr,
les vidéos seront en commun.
Et je vais te rendre...
Tiens, si tu veux la garder tout le long.
Si tu veux la poser quelque part.
On va la mettre là.
Très bien.
On va commencer notre entretien tranquillement.
Moi, je te connais très bien.
Mais je ne pense pas que tous les abonnés soient au courant de qui tu es.
Est-ce que tu peux juste te présenter rapidement ?
Bien sûr.
Donc, Pierre-Baptiste.
L'hospital.
Je viens d'Alsace.
Pas de Strasbourg.
Mais je viens des montagnes, dans les Vosges.
J'ai commencé...
Une de mes premières formations,
c'était la faculté de droit.
Tout a commencé là-bas.
J'ai fait deux ans à peu près de droit.
Puis, je me suis désintéressé tout doucement du domaine.
Je me suis intéressé à la chaussure via un groupe de connaissances qui était à Strasbourg.
On montait des...
On faisait de la radio.
On faisait des événements.
On montait des groupes dans le domaine.
J'ai rencontré beaucoup de monde.
Des gens très chalidas.
Jacques Chassin, designer de chalidas.
Je viens de ce milieu-là.
Un petit peu streetwear.
La sneakers.
Mais aussi un peu plus...
Je ne dirais pas le soulier classique.
Parce que je n'y connaissais rien à ce moment-là.
Mais aussi la conception quand même.
La Stan Smith a été développée en Alsace.
Dans des usines.
Près de Dettwiller.
Dettwiller où se trouvait Eschung.
Actuellement, hier.
Eschung.
Grand nom de la chaussure aussi.
Manufacturée en France.
Avec pas boutée western.
Mais un peu plus petite quand même.
Et donc, je viens de tout ça.
Et puis, je me suis désintéressé du droit.
Donc, j'ai quitté la fac.
Faculté.
Et puis, j'ai voulu m'orienter dans la chaussure.
Mais je ne savais pas par quoi commencer.
Donc, j'ai postulé à différents diplômes.
Des bacs pro.
Un BTS.
C'était axé un peu plus industrie de la chaussure.
Le cuir.
Et puis aussi chez les compagnons.
Parce que moi, j'avais parlé des compagnons via cette association-là.
Samuel, un de mes mentors, m'avait parlé des compagnons.
Et du coup, je me suis dit.
Allez, je m'inscris à Strasbourg.
A la maison de Strasbourg.
Avec le prévot.
On parlera du prévot plus tard.
Voilà.
Donc, je me suis lancé là-dedans.
À ce moment-là, en plus, je me suis inscrit.
Mais je n'avais pas...
Chez les compagnons, on peut s'inscrire.
Comment ça fonctionne ?
On va parler du compagnonnage.
Vu que tu es compagnon de 2 joueurs.
C'est ça.
Comment ça fonctionne si, par exemple,
n'importe qui, un jeune, veut devenir compagnon ?
Aujourd'hui.
D'ailleurs, c'est quoi les compagnons ?
Les compagnons, c'est une association
à but non lucratif de loi 1901.
Qui a pour but de...
Comment dire ?
De développer chacun via son métier.
Le métier, la situation,
le travail qu'on va faire un jour.
On a quel genre de métier chez les compagnons ?
Tous les métiers.
Quasiment tous.
Boulanger, charpentier, menuisier, tailleur de pierre.
Boutier.
Poudre d'orthésiste, maroquinier, tapissier, aissellier.
C'est très large.
On a beaucoup de choses et plusieurs moyens de se développer,
de rencontrer des personnes, de voyager.
Donc, c'est une association.
Pour rentrer chez les compagnons
et pour pouvoir apprendre un métier,
il faut se présenter.
Soit on envoie un message via le site internet
de l'association ouvrière.
Et maintenant, vous êtes en ligne en plus ?
On est en ligne.
On mettra un lien en description pour le site des compagnons
pour ceux que ça pourrait intéresser.
Sinon, il y a des maisons de compagnons partout.
On en a eu une à Rennes.
À Rennes, une très grosse.
Il y en a une à Nantes, à Strasbourg, à Paris.
En région parisienne, il y en a même trois pour être exact.
Il y en a partout.
Donc, on peut s'orienter vers la maison de compagnons
et prendre rendez-vous avec le prévot.
Le prévot, c'est le directeur de la maison des compagnons.
Il faut passer un petit test
pour situer le niveau scolaire que la personne a.
Et puis après, le deuxième gros test, c'est de trouver une entreprise.
Au début, les compagnons ne vont pas forcément aider tout le monde.
C'est-à-dire que le futur compagnon,
en tout cas celui qui veut rentrer dans les compagnons,
doit trouver par lui-même une entreprise.
C'est ça.
Dans notre domaine, c'est ça.
C'est très compliqué.
Moi, j'ai eu beaucoup de mal.
J'ai eu beaucoup de mal parce que je devais commencer.
Je me suis inscrit via en août.
Et la rentrée est en septembre.
Sauf qu'au mois d'août, je travaillais en job d'été.
Donc, je n'avais pas forcément le temps de chercher.
J'ai envoyé quand même pas mal de mails partout en France, à Paris,
dans des cordonneries, dans de la podorthésie.
Je me suis remis plus au niveau médical.
Et en botterie, même si je ne connaissais rien à la botterie.
Je ne savais pas ce qu'était l'écran de maison.
Donc, j'ai un peu eu du mal à trouver.
Et un beau jour, il y a une de mes futures collaboratrices chez Compagnon
qui m'a envoyé une liste d'entreprises qu'ils recrutaient au dernier moment,
qu'ils avaient besoin impérativement d'un apprentissage.
À la rentrée, ils ne trouvaient pas.
Parce qu'ils n'avaient pas eu les bons cadeaux.
Il n'y a pas énormément de personnes qui vont dans l'industrie aujourd'hui.
Il y a sept ans, ce n'était pas encore trop.
Plus aujourd'hui.
Il y avait un truc au niveau de l'artisanat qui n'a plus aujourd'hui.
Aujourd'hui, il y a un petit engouement.
À ce moment-là, ce n'était pas encore trop mis en valeur.
Du coup, tu avais 18 ans.
Maintenant, tu as 25 ans.
J'avais 18 ans.
Là, j'en ai 25.
Donc, j'ai reçu une liste de ma future collaboratrice chez Compagnon.
Et sur cette liste, il y avait l'atelier de Berruti,
un atelier sur mesure Berruti.
Parce qu'il y a deux ateliers en France.
Un à Paris et un au Rosé-sur-Loire.
Tout à fait.
Au Rosé-sur-Loire, il y a toute une tradition,
notamment à Saumur, de la botte équestre.
Oui, dans la cavalerie.
Le cadre noir.
C'est vrai qu'il y a aussi une école militaire là-bas.
Donc, il y a tout un savoir-faire au niveau de la botte.
Et donc, il y a un atelier Berruti sur mesure au Rosé-sur-Loire
qui est juste à côté de Saumur,
qui cherche un apprenti.
C'est Anthony Delos qui cherchait un apprenti.
Et donc, j'envoie mon CV, ma lettre de notification.
Il m'appelle.
Ça a duré 5 minutes l'entretien.
Il m'a dit si j'étais motivé.
Je lui ai dit oui.
Ok, rendez-vous en septembre.
Donc, tu avais ton apprentissage.
J'avais mon apprentissage.
Voilà ça.
Bon, je suis parti.
C'était à 800 kilomètres de chez moi quand même.
J'avais 8 ans.
Oui, t'es Alsacien.
Je suis Alsacien.
Donc, je suis parti vraiment de chez moi à Strasbourg
pour mes études de droit.
Et du coup, je pars.
800 kilomètres.
Bam, j'arrive.
Ok.
Donc, de un, je vis chez les compagnons à Saumur.
C'était la condition.
De deux, je travaille chez Berruti,
atelier avec Demoff, meilleur ouvrier de France.
Et à cette époque-là, il y avait 5 compagnons.
Parce que pour remettre dans le contexte,
quand on devient apprenti chez les compagnons,
on va vivre dans des maisons de compagnons.
Alors, on peut vivre en tant qu'externe aussi.
On peut vivre à l'extérieur,
se former chez les compagnons,
travailler dans une entreprise
et vivre chez soi en tant qu'extérieur.
C'est possible.
Oui.
C'est plutôt rare.
Ce n'est pas rare.
Mais Anthony Delos, étant compagnon,
voulait que je vis chez les compagnons à Saumur.
C'était sa condition à lui.
D'accord, je comprends bien.
Et pour tous les apprentis qui passent chez lui.
Pour lui, il faut passer par les compagnons.
C'est ça, exactement.
Parce que c'est un ancien compagnon.
Nous, on en a parlé dans l'entretien qu'on a perdu.
Mais Corté a été compagnon.
Stéphane Jiménez.
Et compagnons.
Pierre Corté et compagnons.
Son frère Pierre Corté.
Oui.
Pierre Corté et compagnons.
Il y a beaucoup de compagnons
qui ont eu des entreprises,
qui ont pris des apprentis, etc.
Voilà.
Donc, j'arrive.
J'ai fait, pendant mes deux ans,
mon apprentissage au Rosé-sur-Loire.
Et puis, après,
on a le choix de continuer son tour de France ou pas.
D'accord.
Après deux ans.
Donc, si on veut devenir compagnon,
il faut d'abord être adopté.
Donc, c'est pour aspirer à devenir compagnon,
aspirant.
Pour devenir aspirant, il faut être adopté.
D'accord.
Donc, pendant l'apprentissage,
on fournit un travail,
un travail pour aller demander un petit projet,
un petit chef-d'œuvre.
Tu dois faire un premier travail pour devenir aspirant.
C'est ça, exactement.
Tu fais quoi, toi ?
Moi, j'avais fait une petite chaussure,
une paire de souliers pour femmes.
D'accord.
Avec un talon bobine, un petit norvégien à l'arrière.
Quelque chose qui montre quand même ton expertise,
ton savoir-faire.
C'est ça, exactement.
Mais aussi, c'est ton état d'esprit
au niveau de la communauté
qui est important pour se faire adopter.
Vous êtes aussi jugé sur…
Enfin, jugé…
Sur le savoir-être.
D'accord.
Savoir-être.
La vie en collectivité, etc.
Savoir-être et savoir-faire.
Bien.
Voilà.
C'est comme ça que ça devrait être partout, selon moi.
Non, c'est…
Voilà.
C'est comme ça que ça fonctionne.
Et si ça fonctionne,
on a un petit passage
qui s'appelle l'adoption.
C'est un passage en gros.
On sort de ça,
on reçoit notre nom de province.
Moi, j'ai un Alsace,
donc c'est alsacien.
Ouais, alsacien, excuse-moi.
Alsacien.
Je reçois ma couleur.
C'est une écharpe avec des symboles,
puis notre canne d'aspirant.
D'accord.
Les symboles, l'écharpe,
c'est-à-dire avec des symboles
qui sont très personnels,
qui correspondent…
C'est ça.
Chacun à sa propre écharpe.
C'est pas une…
Si tout le monde a la même écharpe,
Ils peuvent parler en fonction du compagnon ?
Pas vraiment, non.
Pas le demandant ?
C'est quand même assez générique.
D'accord.
C'est des symboles spécifiques
pour les métiers,
pour les compagnons.
C'est des passages,
c'est des voyages un peu…
Comment dire ça ?
Un peu plus spirituels.
Oui.
Bon.
Voilà.
Donc, je suis devenu…
Je deviens compagnon.
Ah, aspirant, pardon.
Je deviens aspirant
chez les compagnons,
donc voilà, alsacien.
Et après,
on part sur notre France
qui dure entre 3 et 5 ans.
Ok.
Donc là, tu fais le Tour de France,
c'est-à-dire que tu fais le tour
de plusieurs ateliers.
Pas forcément des compagnons,
tu m'expliquais.
C'est ça.
Ça peut être tout simplement
des entreprises
qui vous prennent.
Donc, tu fais un Tour de France
pendant 4 ans, 5 ans ?
Moi, j'ai fait pendant 3 ans.
3 ans ?
Ah oui, t'avais déjà fait
2 ans avant, excusez-moi.
Voilà, c'est ça.
Donc après,
le Tour de France peut durer
entre 3, 4, 5,
5 ans pour les plus…
Ça peut être long.
Ça peut être très, très long.
Ça peut être très long.
Moi, ça fait 7 ans
que je suis chez les compagnons.
Le Tour de France,
j'imagine que là,
tu perfectionnes tes techniques,
tu apprends beaucoup de choses.
Tu vis en communauté aussi ?
On vit exclusivement
en communauté.
Oui.
Tout le temps.
Donc, ça aussi, c'est important
et c'est jugé,
comme tu m'expliquais.
C'est important.
Ok.
C'est extrêmement important.
Donc, il faut aussi quelqu'un
qui sache travailler,
tout simplement maîtriser son art,
mais il faut quelqu'un aussi
qui sache vivre en communauté
et être agréable,
enfin être agréable
pour la communauté,
je veux dire.
C'est ça.
Tenir les maisons de compagnons
aussi ?
Oui.
Vous avez des obligations
vis-à-vis des maisons de compagnons.
Bien sûr.
Vous payez votre logement aussi,
il me semble.
On paye notre logement.
Bien sûr.
Il est plus intéressant
que le logement classique.
Oui, évidemment.
Et puis, tout est compris,
la nourriture également.
Mais on paye un loyer.
C'est un peu simple.
C'est dans des grandes villes.
Bien sûr.
À Paris, notamment,
on vit juste derrière
l'hôtel de ville de Paris.
Donc, c'est en quatrième.
C'est pas mal.
C'est quand même plutôt pas mal.
C'est plutôt pas mal.
Je me brossais les dents le matin,
je voyais une trou d'âme.
J'étais à Paris à ce moment-là.
Je suis passé de banquant
à être en train de brûler.
C'est très intéressant.
Après, c'était un peu triste.
Oui.
Aujourd'hui, elle aurait été sombre.
Oui, tout à fait.
Voilà.
C'est un autre sujet.
Oui, oui.
Donc, on paye un loyer.
Tout à fait.
On paye un loyer,
mais on a des choses
à respecter,
de la vaisselle,
le rangement,
le nettoyage,
l'activité.
Comme on en parlait
dans le premier entretien,
ça fait un peu penser
à une vie.
Moi qui ai commis
la vie militaire,
ça me fait penser
à une discipline militaire
qui n'est pas forcément,
comme on pourrait le croire,
archi-dure ou structurée,
mais qui est basée
sur le respect
de l'endroité.
Nous, on nettoie
constamment la caserne
et, bien sûr,
la vie en collectivité.
Tout à fait.
Chacun vive ensemble,
même si on ne s'apprécie
pas spécialement,
mais au moins qu'on arrive
à vivre ensemble
sans quai de problème.
Donc, ça fait un petit peu
penser à ce genre de...
Oui.
À ce style de vie,
en tout cas.
En tout cas, ce qui est
un peu trop prôné
par les compagnons.
Il y a des personnes
de tous les milieux
qui viennent.
Oui.
Donc, il faut qu'on arrive
à vivre ensemble.
Et de tous les endroits
de France.
Et dans tous les endroits
de France, même d'étrangers,
c'est possible.
Oui, parce que toi,
tu as fait un petit passage
en Allemagne aussi.
C'est ça, exactement.
Tu es Alsacien.
Je connais déjà
un petit peu...
C'est ça, oui.
Bon, après,
c'était l'époque Covid,
donc on ne pouvait pas
partir trop loin.
Mais je suis allé en Allemagne
à ce moment-là,
effectivement.
Pendant ton tour de France.
Pendant mon tour de France.
Donc, c'était en cadre
du tour de France.
C'est ça, exactement.
Et une fois qu'on finit
le tour de France,
après trois ans pour toi,
qu'est-ce qui se passe
par la suite ?
Il faut tailler la réception.
Donc, c'est le gros passage.
Donc, ça, c'est une pièce.
C'est une pièce.
Un chef-d'oeuvre à faire.
Sur quatre mois.
Oui.
Tu sais, j'étais en train
de penser aux chaussures
de Hugo, mais non,
c'est les bottines.
Non.
Je mettrai une image
que tu me passeras
C'est bizarre de devoir
refaire une deuxième fois
la même chose.
On répète un petit peu.
Oui, on répète un petit peu.
Je suis vraiment désolé.
C'est un bel entraînement.
Oui, mais du coup,
je te trouve beaucoup
plus à l'aise
que pour le premier.
Tu es vraiment bien.
Mais oui, il s'agit
de la bottine que j'ai vue.
Des bottines pour femmes.
C'est ça.
Que j'ai vues
lors de l'entretien
avec Hugo.
Et on mettra une photo
que tu m'en verras
parce que ça vaut vraiment
le détour.
C'est encore plus impressionnant
en vrai.
Elles sont...
C'est pas possible de faire...
On pourrait croire
que c'est pas possible
de faire ça
sachant que tout est en cuir.
Je pensais que c'était du bois.
Tu sais, le talon,
c'est du cuir aussi,
la semelle.
Et ça, c'est ton chef-d'oeuvre.
C'est mon chef-d'oeuvre.
Donc sur quatre mois,
en plus du travail
qu'on fait la journée
dans une entreprise,
c'est le soir et le week-end,
c'est notre temps libre.
On doit faire ça.
Oui, on en parlait.
Tout en ayant une vie
en collectivité également.
Donc, il y a tout un truc,
un ensemble à gérer.
Donc, pendant quatre mois,
on s'isole.
Tu as ton travail.
Pendant quatre mois,
tu as ton travail.
Tu as ce projet-là à faire.
C'est ça.
En plus de ta vie de compagnon
dans les maisons de compagnons.
C'est ça.
C'est compliqué.
Du coup, pour l'anecdote,
c'est marrant parce qu'en fait,
la paire pour Hugo,
c'était un positionnement
pour ce travail de réception.
D'accord.
Un positionnement,
c'est-à-dire ?
C'est un petit test.
Ok.
C'est un test.
Tu te mets quand même
un test en cours de route
pendant ton travail.
C'est ça.
C'est un test.
Avant le travail.
C'est un test.
Donc, j'ai choisi
de faire ce test pour Hugo
pour les discussions sartoriales.
Là, on s'est vus.
C'est ça, on s'est vus.
C'était après mon travail de réception.
Une fois que j'ai été reçu compagnon,
on m'a dit
« Ah, mes piratistes ! »
Pendant 4 mois,
je n'avais plus aucune nouvelle de toi.
Tant que tu étais mort,
tu n'avais plus ton Instagram,
tu n'avais plus…
Tu n'étais pas plus inquiet que ça,
finalement.
En fait, du coup…
Non, en fait,
parce que j'étais isolé
au niveau familial,
au niveau mes amis,
les connaissances,
Hugo également.
Plein de choses
parce que pendant 4 mois,
tu te…
On doit être concentré sur ça.
Il n'y a pas que moi.
Bien sûr.
J'ai travaillé avec un Marocain
qui faisait également son travail
de réception.
Champagne.
Pareil.
On était isolé, quoi.
Isolé.
C'est comme ça.
C'est…
J'avais fait l'anecdote,
mais je vais la faire
très, très rapidement.
Je te parlais de…
Ça me faisait penser
à Arnold Schwarzenegger
qui avait eu,
pendant l'histoire Olympia
74-75,
qui avait eu son père
qui était décédé
et forcément,
le fils de venir
pour l'enterrement, machin.
Il était tellement concentré
sur sa préparation
qui est titanesque
pour ce genre de sport
qu'on n'arrive pas trop
à se rendre compte,
mais c'est quelque chose
qu'il a refusé.
Donc,
il a dû trouver une excuse
un peu bidon
à sa mère
pour lui expliquer
qu'il ne sera pas là
pour l'enterrement de son père
parce qu'il ne pouvait pas
se permettre,
il ne pouvait pas
se permettre de foirer
sa préparation
même quelques jours.
Donc,
je comprends.
Je comprends le côté…
Moi-même,
ça m'arrive,
toute proportion gardée,
bien sûr,
par rapport à des travaux
au niveau de montage
pour des clients
ou tout ça
où on est tellement focalisé
sur ce projet-là.
Parfois,
ça prend des semaines pour moi
pour finir un montage
parce qu'il y a
des perfectionnements à faire
et ça peut m'arriver
de ne pas voir l'heure,
de recommencer le soir
et de voir
quand le jour se lève
et que tu as passé la nuit
sur l'ordinateur et machin,
de ne pas discuter,
de ne pas passer autant de temps
que je voudrais
avec ma famille,
etc.
Et ça devait être
encore plus prenant
d'avoir le travail à faire,
le projet
et l'avis de compagnonnage
à tout ça.
C'est prenant.
En vrai,
tu vivais compagnon
à 100% à ce moment-là.
Sur le Tour de France,
c'est ça en général.
Des fois,
c'est un peu plus doux.
Ça montre aussi la motivation.
Il y en a qui arrêtent
un peu en plein milieu
du Tour de France.
Oui, bien sûr.
Je suis à peu près
sur 10 adoptés
juste pour devenir aspirant.
Sur 10 adoptés,
il y a à peu près
un pourcentage,
c'est à peu près
il y a un ou deux
qui deviennent compagnons
à la fin.
Sur 10 adoptés
qui ont déjà passé
le premier passage.
D'accord.
Après, ça,
c'est des chiffres.
Il ne faut pas rester là-dessus.
Oui, bien sûr.
Le compagnonnage,
c'est long.
C'est long, tout à fait.
Aujourd'hui,
on est dans une société
qui est très rapide.
Il faut tout faire très rapidement.
On change vite de travail.
Tout à fait.
On change vite
de situation géographique,
de travail,
de plein de choses.
Le compagnonnage,
aujourd'hui,
c'est intéressant
parce qu'en fait,
c'est encore un lieu.
Je ne dirais pas
que le temps s'arrête.
Disons que c'est assez long.
On sort de là.
On était quelqu'un avant.
On est quelqu'un après.
On n'est pas entièrement changé.
Oui, bien sûr.
On n'est pas lobotomisé.
Non.
Mais c'est incroyable
comme expérience.
Le trait de réception,
c'est une expérience
qui est incroyable.
Je ne le ferai pas
tous les jours.
Il y a un moment
où c'est fatigant.
Mais voilà.
Il y a des gens
qui arrêtent effectivement.
Après,
comme tu disais,
c'est très long,
5 ans, 7 ans.
7 ans.
Ça peut être jusqu'à 7 ans.
Or,
pendant 7 ans,
il peut se passer
plein de choses
dans la vie de quelqu'un.
Des rencontres amoureuses,
par exemple.
Des rencontres amoureuses,
des décès également.
Oui.
D'autres choses,
des problèmes de santé.
Il y a plein de choses
et ce n'est pas grave.
Bien sûr.
Ça ne veut pas dire
que les gens ont raté quelque chose.
Pas du tout.
Même si on ne devient pas compagnon
d'être aspirant
et peut-être d'arrêter
dans le milieu du truc,
du tour de France,
peut-être que ça peut quand même
apporter plein de choses
à ces personnes-là.
Bien sûr.
Tant que ça a apporté
à des gens des choses,
des qualités,
des valeurs,
je ne sais pas.
Tant mieux.
Si tout le monde ne finit pas,
ce n'est pas grave.
Tu as fait ton travail
de réception.
C'est ça.
Tu as été reçu.
Reçu.
Compagnon.
Oui.
J'ai reçu mon nom de compagnon,
ma vertu.
Oui.
Explique-nous.
Tu avais reçu
un premier nom alsacien.
Alsacien.
C'est l'endroit où tu viens.
Le lieu.
La région.
Ensuite,
on reçoit un nom de compagnon.
C'est une vertu, en fait.
Moi, notamment,
c'est Alsacien,
l'amour des arts.
J'ai reçu l'amour des arts.
Donc, ton nom de compagnon,
c'est Alsacien.
Alsacien, l'amour des arts.
Excuse-moi,
j'ai encore un petit peu malade.
On en parlait dans le premier.
Là, c'est vrai
qu'on n'a pas trop mentionné.
Tu expliquais
qu'il y a un système de parrain
aussi avec les compagnons.
Tu avais ton parrain, Jacques,
que j'ai pu rencontrer aussi
chez Hugo.
Jacques,
Niceois.
Niceois,
va sans crainte.
Niceois va sans crainte.
D'accord.
Pareil,
Corté,
je ne me souviens plus.
Pierre Corté,
je ne l'ai jamais connu
vraiment en tant que…
Hugo en avait parlé
dans son entretien,
mais je me souviens
que Stéphane Jiménez,
il en avait parlé aussi.
Ça ne s'allait même pas de moi.
C'était Bordelais,
la persévérance.
Juste comme ça, oui.
Ça ne doit pas être
très, très loin.
Mais c'est marrant
d'avoir…
Enfin, c'est marrant,
ce n'est pas drôle
dans le sens sarcastique.
C'est marrant,
c'est étonnant
d'avoir des nominations
avec ton lieu
comme si les compagnons
disaient
n'oublie pas d'où tu viens
et à la fois
n'oublie pas qui tu es
en expliquant
l'amour des arts
par exemple pour toi,
la persévérance.
Donc, on imagine
que ça doit être
un beau rôle
de perfectionniste presque.
Moi, je ne sais pas
ce que ce serait.
Ce serait irlandais
grande gueule.
Peut-être.
Je ne sais pas,
mais ça pourrait être drôle.
Rien que pour ça,
ça donne envie
d'entrer chez les compagnons.
D'ailleurs,
il y avait une question
que je ne t'ai pas posée,
mais à quel âge
on peut rentrer
chez les compagnons
et quel âge maxi ?
On peut rentrer
chez les compagnons
à partir du post-collège.
Donc, c'est 15-16 ans.
OK.
À ce moment-là.
On peut avoir des mineurs,
un peu comme...
On a des mineurs, oui.
Et puis après,
on peut rentrer
chez les compagnons
à n'importe quel âge
pour se former
dans une école.
Les formations adultes,
tout ça.
Après, sur le tour de France,
il y a une limite
quand même,
on peut partir
sur le tour
jusqu'à 24-25 ans.
Après, c'est trop âgé.
Il faut quand même savoir
que...
Je suis allé en 28,
c'est mort.
28, c'est chaud.
Il y a sept ans
derrière à faire.
Oui, puis la vie
en compagnonnage
quand t'as 30 ans...
Enfin, la vie dans la maison
de compagnon,
peut-être qu'il y en a plein
qui pourraient pas tolérer
passer un certain âge,
je sais pas.
Moi, je...
Non, parce qu'après,
il y a des gens qui finissent
et qui ont quand même 30 ans,
tu vois,
qui vivent avec nous.
Mais par contre,
tu vois, 30 ans,
le problème,
c'est qu'on a
d'autres objectifs de vie
et commencer plus tard,
c'est compliqué, quoi.
Ça n'a rien à voir,
mais il y a un acteur,
Daniel Day Lewis,
qui avait fait une formation
dans la chaussure
chez Stéphano Bemer.
Exactement, il avait fait ça
pendant un ou deux ans.
Il était assez bon.
Ouais, il paraît.
Par ailleurs.
Stéphano Bemer
qui est bien le frère
de Mario Bemer.
C'est ça, oui.
Il a...
Bon, après,
il est décédé déjà,
mais...
C'est une très belle
boîte de botterie,
un très bel atelier
de botterie.
Et puis, il avait fait ça
et il avait plus de 40 piges.
Ouais, ouais.
Mais la preuve,
encore une fois,
c'est parce que...
L'acteur,
peut-être un peu plus âgé,
mais oui, c'est assez drôle
parce qu'il était déjà acteur
à ce moment-là,
il avait fait plein de choses.
Après, il est acteur...
Lui, en fait,
il est acteur
pendant huit mois
comme il avait fait
pendant Lincoln.
Puis après,
il n'est plus acteur
pendant dix ans.
C'est ça, ouais.
Le mec, il a trois Oscars
quelque part,
ferme ta gueule.
Ouais, il a trois Oscars.
Il touche à tout.
Oui, il touche à tout.
Il est passionné partout.
C'est...
Moi aussi,
j'aime beaucoup...
J'aime beaucoup
les Wix
où on t'embrasse,
genre tu passes par là.
J'en doute beaucoup,
mais c'est pas grave.
Est-ce que tu peux nous parler
un tout petit peu
de ton parcours
en tant que...
En tant que compagnon ?
Tout d'abord, du coup,
j'ai commencé
chez Berruti
pendant deux ans,
l'apprentissage.
Donc là, c'était un CAP,
donc je ne connaissais rien.
Je suis arrivé,
je n'y connaissais rien,
je suis sûr.
Donc, j'ai commencé
chez Berruti
avec, donc,
je disais,
il y avait deux mofs,
deux meilleurs ouvriers
de France,
beautiers,
hommes,
cinq compagnons
et puis des gens
qui n'étaient ni compagnons
ni mofs, quoi que ce soit,
mais qui étaient
excellents dans leur domaine.
Donc, tu arrives là-dedans
à 18 ans,
tu ne connais rien,
ce n'est pas simple.
Pourtant,
c'était mes deux meilleures années
d'apprendre ça.
Je crois que c'était génial.
Après,
je suis parti à Paris,
je ne sais pas,
travailler
à la Maison Massaro.
Oui.
Ça, c'est de la beauté,
mais plus féminine.
La Maison Massaro
appartient à Chanel.
Aujourd'hui,
elle fait les collections
pour les défis
des Chanel.
Du coup,
c'est vraiment
de la beauté féminine,
des cuissards,
de...
des bottines pour femmes,
tout ce qu'on souhaite,
tout ce qu'on aime.
Voilà.
Ensuite,
je suis parti
un an en Allemagne,
à l'étranger,
chez Patry Frey,
qui est un beauté allemand,
un très bon beauté allemand
qui a réussi
le concours
de meilleure beauté au monde,
la première édition
du concours à Londres,
organisée par
le Show Racing Blog.
Puis,
chez ce beauté-là,
il y avait un ouvrier,
Kazuya Kimura,
qui travaillait avec nous.
Et qui, aujourd'hui,
a créé son entreprise
de sur-mesure à Tokyo,
chez lui.
Il était très fort.
Il est vraiment quelqu'un
qui est toujours très fort,
d'ailleurs.
Très, très bon.
Voilà.
Ensuite,
je suis parti,
j'ai travaillé
à John Lobb,
chez John Lobb,
à l'atelier de mesures.
Vous le connaissez,
j'espère.
Espérons-le.
En tant que...
J'étais le patronnier,
donc,
j'étais aussi patronnier
chez John Lobb.
c'est découper,
créer les patrons
pour les clients,
pour la grande mesure.
Dessiner les modèles,
faire les patrons plans,
tout ça.
Vraiment le modèle,
et découper les pièces de cuir,
là-dedans.
Donc,
j'étais patronnier chez John Lobb.
J'ai travaillé,
quelques mois aussi,
à Northampton,
à la manufacture,
pour visiter,
pour découvrir.
Perso de la beauté anglaise.
C'est ça,
exactement.
Mais c'était juste
pour découvrir.
La plupart du temps,
j'étais
à l'atelier de mesures
à Paris.
Ensuite,
je suis parti
à la manufacture
à Nantes.
Chez notre ami Edouard.
Chez Edouard,
j'ai travaillé un an là-bas.
Qu'on embrasse aussi
au passage Edouard.
Exactement.
Super Edouard.
Super,
super personne.
Là,
tu l'étais trop bien.
Donc,
j'ai travaillé un an chez lui.
J'ai trois paires de chez lui,
donc je peux confirmer
que c'est du super travail.
100% made in France,
entièrement fabriqué en France
et pour des prix
abattables.
Ah bah oui,
abattables.
Et des chaussures
qui sont ultra robustes,
c'est indestructible.
Honnêtement,
entièrement française.
Entièrement française
de la semelle au fil,
le cuir,
tout est fait en France.
s'il y a bien,
on lui fait un petit coup de pub.
Et juste pour vous dire
que le grand Pierre-Baptiste L'Hospital
a travaillé là-bas.
Donc,
c'est pas rien.
J'ai travaillé là-bas
mais c'était hyper intéressant.
J'ai travaillé avec Edouard,
avec l'apprenti Alfred
aussi là-bas.
C'est incroyable.
C'est un an
qui était intense
mais c'était super.
Et ça,
c'est terminé.
Alors,
juste,
excuse-moi de te couper,
c'est juste que
comme tu as pu le voir,
il y a les cheveux.
On entend les chiots là.
C'est pas grave.
Je pense qu'ils ont faim.
Ne bouge pas.
Je vais revenir avec un chiot.
Ça va leur faire plaisir.
Est-ce que tu veux prendre cette...
Attends.
Est-ce qu'on la voit,
cette petite papuche
qui est complètement mignonne ?
C'est mignon quand même.
Qui est absolument adorable.
Voilà.
C'est des petites pleureuses
là actuellement.
Est-ce qu'on la voit mieux ici ?
Voilà ma petite papuche.
Oui,
je vais te rendre ta fille.
Voilà,
donc en ce moment,
ma chaîne a fait des petits chiots.
Oh,
ça vient de se lever là.
On les entend aboyer
parce qu'ils ont faim.
Je vais te rendre à ta maman
et tu vas aller manger.
Excuse-moi de t'avoir coupé.
C'est juste parce que
oui,
s'ils commencent à gueuler,
on va les entendre
et ça peut un peu couper ta vidéo,
enfin ton passage.
Continuons.
Excuse-moi,
cher Ali.
Ah,
chez Edouard.
Oui,
chez Edouard.
Donc 100%.
Le lien sera aussi en description
parce qu'ils vont en ligne.
Ils vont en ligne,
ils vont en ligne sur place.
Il est à Nantes
et il a déménagé déjà
pendant que tu étais là-bas.
Oui,
il a trouvé une maison à Nantes.
Dans le centre de Nantes.
D'accord.
Oui.
Donc,
chez Patrick Fry,
John Loeb,
Massaro,
Berruti,
Edouard,
Manufacture Montant
et maintenant,
je suis entièrement
retourné à Paris.
Je suis entièrement formateur
chez les Compagnons.
Donc,
maître de stage chez les Compagnons
à peu près.
Maître de stage chez les Compagnons
à temps plein
et puis,
j'interviens seulement
à la Manufacture Weston
pour former des salariés
en interne.
c'est le parcours.
Tu es retourné chez les Compagnons.
C'est ça.
Grand parcours quand même.
Long parcours.
Oui,
long parcours
et surtout,
tu as énormément bougé.
Tu as même plus bougé que moi.
c'est pour te dire.
Ok.
Tu as eu une préférence
pour un endroit ?
Pas du tout.
Partout,
pareil ?
Partout,
partout,
pareil.
Il y a des hauts,
des bas,
des fois par moment et tout.
Mais sinon,
je n'ai pas de préférence.
Tout m'a apporté quelque chose.
Donc,
toi maintenant,
tu es bautier,
coordonnier bautier.
Cordonnier bautier.
Donc,
ça t'arrive de faire souvent
de la cordonnerie
ou tu es plus sur de la création
de la bauterie ?
Là,
actuellement,
je suis avant tout
maître de stage,
donc formateur
chez les Compagnons
de l'enseignement
à 100%.
Pendant combien de temps ?
Deux ans.
Je travaille pour les Compagnons
en tant que salarié.
Tu rends ce que tu as donné.
C'est ça exactement.
Non,
tu rends ce qu'on t'a donné.
Je rends ce qu'on m'a enseigné,
ce qu'on m'a donné.
Donc,
pendant deux ans,
enseignant.
là pour l'instant,
c'est que la transmission
et l'enseignement.
Après,
la réparation,
ça arrive d'en faire.
La création aussi
pour les projets personnels
comme ce projet-là
avec toi.
Merci d'ailleurs au passage
pour ta proposition.
C'est toujours hyper intéressant
d'avoir des projets à côté.
Garder la main aussi
pour voir
si
comment dire
si
si tu devais
nous parler
d'une paire
que tu aimes
ou si tu as des styles.
Alors toi,
j'ai compris que tu portais
beaucoup plus.
Tu portais la sneakers aussi.
J'en porte aussi.
Dans ton quotidien.
Dans mon quotidien.
Dans ton quotidien,
ouais.
Mais même moi,
je porte un peu de sneakers
dans mon quotidien
quand je suis à la maison.
Je vais chez 7ème largeur.
C'est cousu, collé.
J'aime beaucoup
des beaux cuirs.
Et toi,
qu'est-ce que
si tu avais une paire
dont tu voulais nous parler,
une paire que tu aimes
qui t'a peut-être marqué,
une paire de chaussures
qui t'a peut-être marqué
en tant que petit ébautier
quand même,
c'est pas rien.
Je t'en prie, vas-y.
La Lopez
chez John Lobb.
Lopez, c'est quoi ?
C'est un mocassin.
Ouais.
C'est le mocassin iconique
chez John Lobb.
Très classique,
box noir,
lisse rond en doigt,
lisse carré
pour la semelle cuir,
talons anglais
en collant.
Voilà.
Modèle.
Talons anglais
parce qu'en fait,
il faut expliquer
le barraquette.
Il est plus fin.
Les barraquettes,
c'est la couture très pointe.
Le cousu Goodwear
fait tout le tour.
Le talon anglais,
en fait,
ça s'arrête
au niveau du talon.
Nous, d'ailleurs,
sur celle-ci,
on fait un talon anglais.
On fait un talon anglais
là-dessus.
Ce barraquette,
c'est un peu plus grossier.
Moi, ça me...
C'est quand même une paire
qui va être...
Assez fine.
Notamment avec le bout
un peu carré,
cerdec comme ça.
Je pense que
c'est d'ailleurs
la seule chaussure
que je pourrais avoir
en bout carré,
cerdec
parce que je ne peux pas
dans le prêt-à-porter
en avoir.
C'est particulier.
Tu veux en parler ?
La taille du pied est...
Non,
il faut que tu le dises aux gens
parce que quand tu vas...
Je crois que c'est
la première chose
que tu as dit
quand tu es rentré dans la maison.
C'est que le pied est énorme.
Le pied d'Alex
est immense.
Quel enfer.
La fabrication,
les formes en bois,
tout me pèse
un poids énorme
mais bon,
c'est comme ça.
Je suis tellement désolé.
C'est comme ça.
Quand on a pris
les mesures
et que je voyais la forme,
tu sais que tu m'as montré...
Est-ce que tu te rappelles
que tu m'as montré
une forme de pied
d'un être humain normal ?
Tu m'as montré
ma forme de pied.
L'ours.
On aurait dit
à Yéti
qui avait posé son pied
sur ta feuille.
C'est les joies du surmesure.
Oui.
Mais alors,
est-ce que c'est
beaucoup plus compliqué
un fort pied ?
Parce que tu n'es pas le seul.
Je plaisante.
En fait,
ce n'est pas compliqué.
Ce n'est pas plus compliqué.
Il faut juste s'adapter.
Il faut s'adapter.
Moi,
j'ai travaillé
pour des entreprises
où on faisait
des chaussures
pour des sumos.
Des anciens sumos,
j'apprenais.
Oui, j'apprenais.
La paire de formes
était encore
plus grande
que la tienne.
Et puis,
beaucoup plus,
comment dire,
plus long,
plus gros.
Tout ça, c'était...
Des boulous,
un peu...
Oui, oui.
Très particulier.
Donc, non,
ce n'est pas...
On exagère pour le truc.
J'exagère.
Voilà.
Donc, le Lopez.
Oui, le Lopez.
Le Lopez.
Parce qu'en fait,
le mocassin pour moi,
le Lopez...
Je ne sais pas du tout
comment on peut porter ça
en hiver.
Je vais regarder ça tout de suite.
Vas-y, continue.
Pendant qu'on est en live.
Donc, le Lopez.
On peut porter ça
avec un jean,
avec un pantalon de costume.
On peut porter ça...
Ah, d'accord.
Oui.
On peut porter ça
à un mariage,
comme à une soirée
entre potes.
Le mocassin,
excuse-moi.
Le mocassin iconique
de chez John Locke.
Le Lopez,
le mocassin iconique.
OK.
J'aime bien.
Moi, j'ai beaucoup de mal
avec le 180.
Ah, de chez Western.
C'est une forme particulière.
C'est beau aussi.
J'y arrive pas.
C'est beau aussi.
Je pense que c'est peut-être
parce que j'ai un pied fort.
Je l'ai essayé.
Je pense que c'est possible.
Je ne sais pas.
Es-tu un amateur
un peu de mocassins ?
Absolument.
Absolument ?
Si tu avais des chaussures de vis,
ce serait plutôt des mocassins ?
Oui, tout à fait.
D'accord.
Tout à fait.
On va conclure.
On arrive sur la fin,
mon cher Pierre-Baptiste.
Est-ce que...
Alors, tu m'expliquais.
On résume grossièrement.
Tu as fait ton compagnonnage
pendant...
C'est ma septième année.
Maintenant,
je suis compagnonnage
Tu as été aspirant.
Apprenti.
Aspirant.
Maintenant,
tu as été intronisé.
Je ne sais pas comment on veut dire.
Mais tu es devenu compagnon.
Oui, c'est ça.
Après ton examen.
C'est un examen qui n'est pas...
Ce n'est pas vraiment un examen.
Ce n'est pas compliqué.
Ce n'est pas scolaire.
Ce n'est pas compliqué.
Ce n'est pas scolaire.
Tu as fait ta démonstration.
Les bottines.
Entre-temps, nous,
on s'est rencontrés chez Hugo.
Chez Hugo.
Chez Hugo, tu as fait ton...
Tu as appelé ça comment ?
Le positionnement.
Le test.
Tout à fait.
C'est pour se positionner.
Tout le monde doit le faire ?
Tout le monde doit le faire.
D'accord.
Tous les métiers.
Donc, on est d'accord
que quand on fait...
Comment tu avais appelé ça déjà ?
Le chef-d'oeuvre.
Le chantier.
Oui.
Tu dois être conscient
que tu vas encore avoir,
entre-temps,
un projet annexe,
on va dire,
un positionnement à faire.
C'est ça.
Et tu avais fait
un Richelieu ou un Derby ?
Un Richelieu.
En cuir de...
Russie.
Le vrai cuir de Russie
qui est fabriqué aujourd'hui
en Angleterre.
À Baker.
Qui sentait très fort.
C'est un cuir Baker ?
Baker.
Exactement.
Qui sentait très fort.
Effectivement.
Je n'avais encore jamais senti...
Alors, on a entendu parler,
évidemment,
de bateaux russes.
Oui, on a retrouvé ça.
Mais j'en avais entendu...
Il y avait même un parfum
à une époque cuir de Russie.
Cuir de Russie, oui.
Chez Chanel.
Oui, chez Chanel.
Chez Hermès également aussi,
mais moins connu.
Je n'avais jamais senti
un vrai cuir.
Alors, j'avais vu...
Moi, j'aime beaucoup
l'aspérité du cuir de Russie.
Magnifique.
L'odeur est particulière.
Mais, waouh !
Alors, est-ce que ça va s'estomper,
au fait, une question ?
Ça va s'estomper quand même
au bout d'un moment.
Surtout que c'est une chaussure,
donc c'est porté à l'extérieur,
tout ça.
Après, par contre,
le cuir en lui-même,
si tu le laisses dans un atelier,
l'atelier est enfumé pendant...
Tu sens ça pendant des lustres.
Quand t'as fait,
tu sentais cette odeur tout le temps ?
Tout le temps.
Mais à la fin,
on ne la sentait même plus,
en fait.
C'est particulier.
Je ne dirais pas que c'est une odeur
qui est non plus désagréable.
Non.
Mais ça sent fort.
Ça sent très fort.
Donc, positionnement,
t'as fait ton chef-d'oeuvre,
t'as été reçu.
C'est ça.
T'as eu après,
comme tu l'expliquais,
tes couleurs, ta canne,
ton nom complet,
donc Alsacien,
L'amour des arts.
Et ensuite,
tu as fait un an
chez Édouard,
d'un manufacturier montant,
et là,
tu es chez les Compagnons
et tu renseignes,
tu retrouves les...
Mettre de stage,
en deux ans.
En deux ans.
Et après ?
Et après,
bonne question.
Bonne question.
Si tu veux venir élever
des moules à Grancal,
je peux t'aider.
Je pense que je vais faire ça,
oui.
Ou alors devenir restaurateur
à Saint-Malo,
dans une crêperie.
Fais pas ça,
fais pas ça,
c'est mon projet.
Ah d'accord.
Ou que je sois influenceur,
je ferai ça,
donc me pique pas,
je dis des plans.
Influenceur ou crêpier ?
Crêpier.
Crêpier, je pense.
Crêpier, c'est pas mal.
Influenceur-crêpier.
Ah, influenceur-crêpier.
C'est une bonne idée, ça.
En réalité,
bonne question.
Soit retourner
dans un atelier
de surmesure,
sur Paris,
parce que j'ai envie
de rester à Paris.
J'ai mes connaissances là-bas,
je me plais dans cette ville.
J'ai 25 ans,
donc j'ai encore
lâchement profité,
vachement.
Ou alors monter mon atelier.
Monter mon atelier,
avoir.
Avoir,
comment ça s'appelle ?
On en connaît un
qui a monté son atelier,
qui a monté plusieurs ateliers,
qui s'appelle Jacques.
Jacques,
il est un grand exemple.
Jacques est un grand exemple.
Qui a monté son atelier
de maroquinerie
sur Paris.
Et tu m'expliquais
qu'il cartonne.
Il cartonne beaucoup.
C'est énormément de travail.
Bien sûr.
C'est un grand passionné aussi.
C'est un grand exemple.
Il y en a d'autres,
bien sûr, il y en a d'autres.
Mais avoir,
c'est dans ma tête aussi.
Créer mon atelier.
Peut-être même faire
un peu les deux au début.
Peut-être faire les deux,
je ne sais pas comment ça
peut se groupier.
Là, je suis déjà
en train de faire un peu
les deux en soi,
parce que j'ai mon entreprise
un peu à côté.
Ecoute, bien bâti,
c'était un réel plaisir.
Désolé pour le petit couac
de début de vidéo.
J'espère que cet entretien
vous aura plu.
N'hésitez pas à nous le dire
en commentaire.
Si ça vous a beaucoup plu
et que vous voulez revoir
un peu Pierre-Baptiste
sur la chaîne,
un peu voire même beaucoup,
ce serait avec plaisir.
Peut-être même
qu'on pourrait venir à Paris
pour filmer,
tu sais,
faire un petit peu des basiques
avec un vrai bottier.
Tu sais,
la différence entre un échelieux
et un derby,
tout le monde le sait
et tout le monde le dit.
Mais à la fois,
tout le monde me pose la question.
Quelle première chaussure
à prendre quand on veut,
je ne sais pas,
bien porter une chaussure
classique de ville.
Avoir tes conseils
en fonction,
parce que tu as vu aussi
énormément de clients
et tout ça,
ça pourrait être super intéressant.
Ça pourrait faire
une petite série de vidéos
avec toi.
Avec plaisir.
Moi aussi,
j'aime bien m'entourer
de gens très compétents
et je pense que
ça va être compliqué
de trouver plus compétent que toi
dans les années à venir.
Merci beaucoup Pierre-Baptiste
pour cet entretien.
Merci d'être venu.
Je vous mettrai
l'Instagram de Pierre-Baptiste
en description,
tout simplement.
N'hésitez pas
à aller le soutenir
et à aller vous abonner.
Et pour toute question d'ailleurs,
parce que j'ai reçu des demandes
des personnes qui me demandaient
où est-ce que vous pouvez
contacter Pierre-Baptiste
pour des projets en sur mesure,
donc des gens qui avaient…
Oui, j'ai eu des mails.
T'as eu des mails ?
J'ai eu des mails.
Ok, c'est super.
N'hésitez pas.
Je sais qu'il y en a
quand même quelques-uns.
Il y en a quand même
quelques-uns, beaucoup,
qui sont passionnés par ça,
plus par la botterie
que par les costumes
et c'est très bien.
On peut être passionnés
aussi par les deux.
Donc, ce sera en description.
Il y aura également
mon Instagram.
N'hésitez pas.
Et au cas où,
contactez-moi si vous voulez.
Je transférerai avec plaisir.
On va se quitter là-dessus.
Donc, n'hésitez pas à liker,
à vous abonner,
à partager comme d'habitude.
Et moi, je vous dis
à la prochaine
pour une nouvelle vidéo.
Salut les gars !