Diamants : Que cachent nos bagues de fiançailles ? – *Sur le front* avec Hugo Clément18 décembre 2023

The Secret of Diamond
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Résumé vidéo
Généré par IAThis video investigates the global diamond industry, contrasting the romanticized image of \"eternal love\" with the industrial reality of extraction. It exposes a lack of supply chain traceability, the severe environmental degradation caused by open-pit mining, and the ethical dilemmas of the trade, while presenting lab-grown diamonds and recycling as sustainable alternatives.
Bonsoir et bienvenue sur le front.
Nous avons choisi ce décor de photos de mariage pour vous parler des pierres précieuses
qu'on trouve de plus en plus souvent sur les bacs de fiançailles, les diamants.
Ils se sont tellement popularisés qu'on peut même aujourd'hui en trouver dans les supermarchés.
D'où viennent-ils ? C'est ce qu'on va essayer de comprendre.
C'était important pour vous que ce soit en diamant ?
Oui bien sûr.
Sinon ce n'est pas une vraie bac de fiançailles ?
Non !
Qu'est-ce que ça symbolise pour vous le diamant ?
Ça symbolise l'éternité, l'amour.
Les diamants c'est le mariage, c'est la pureté, c'est obligatoire.
Il faut des diamants pour une bac de fiançailles.
Un diamant éternel pour symboliser l'amour éternel.
C'est un vrai diamant ?
Oui.
Donc il vient d'une mine ?
Oui peut-être.
Et vous savez pas où ?
Non.
D'où viennent les pierres précieuses que l'on trouve au supermarché ?
Ces bagues à 149 euros.
Le cours des diamants naturels vient de s'effondrer.
Il n'a jamais été aussi bas depuis 10 ans.
Vous pensez que vous n'avez pas de diamants chez vous ?
Regardez mieux.
Dans les placards de la cuisine.
Dans une casserole, il y a à peu près 200 000 cristaux de diamants.
L'anti-dérapant de ces poêles, produit en Suisse, c'est du diamant.
Comme ces disques de scie, capables de découper du bitume,
et fabriqués par cette entreprise vendéenne.
On a l'année dernière acheté quasiment 7 millions de carats.
Et malheureusement pas pour faire des bagues.
Ou heureusement, je ne sais pas.
Vous pensez qu'on va vous parler des diamants de sang ?
Des trafiquants qui financent des guerres ?
Non.
Cela représente moins de 1% des diamants extraits dans le monde.
Ce qui nous intéresse, ce sont les mines légales.
Comme ici au Canada.
Ces trous béants qui approvisionnent nos bijouteries.
Nous allons visiter l'un de ces gisements.
En Afrique.
Les bâtards du camion.
J'arrive à peine à la moitié de la roue.
Un monde disproportionné et secret.
Il y avait déjà des signes depuis 2 mois qu'il y avait des faiblesses.
Et la mine n'a pas arrêté la production.
Des combattants se battent pour un monde nouveau.
Pour des diamants qui respectent l'environnement.
Je regarde 77 diamants qui sont en train de pousser.
On appelle ça un peu nos bébés magiques.
Vous allez découvrir l'envers du décor des diamants de synthèse.
Voici la plus grande mine de diamants de synthèse du monde.
Dans ces méga usines qui viennent tout juste de sortir de terre.
Le diamant a un rôle pour l'escalpel des chirurgiens.
Pour les découpes au laser.
Mais aujourd'hui, est-ce qu'on a tous besoin d'avoir beaucoup de diamants autour du doigt ?
Est-ce que tout ça en vaut la chandelle ?
Nous avons choisi une bijouterie au hasard.
A Avignon.
Pour remonter la filière.
Et voici notre guide dans ce monde opaque.
Un géologue belge.
Devant nous, on trouve des diamants à tous les prix.
Qu'est-ce que ça a de si exceptionnel ?
C'est un bel éclat.
Ça c'est la première chose.
Ça brille.
Et aussi, il y a eu un fort marketing qui a poussé le diamant comme étant la pierre éternelle.
La pierre brillante.
La pierre qu'on a pour la vie.
La pierre qu'on a même pour après la vie.
Ce professeur d'université peut parler librement de l'industrie du diamant.
Ce qui caractérise le diamant, c'est qu'il est formé à de très fortes pressions et de très fortes températures.
A 100, 150, 200 kilomètres à l'intérieur de la Terre.
Ce qui en fait un objet particulièrement rare.
Le voilà sur le terrain.
Avec ses étudiants.
La pression est tellement forte lors de la formation des alpes.
Que ces couches cassent.
L'industrie des diamants a longtemps vécu sur le vivons heureux, vivons cachés.
On parle relativement peu du coût environnemental qui est élevé.
Est-il nécessaire d'avoir des diamants dans la joaillerie ?
Est-il nécessaire aujourd'hui que chaque personne ait trois bagues de diamants au doigt ?
C'est une question qu'on peut poser.
La couleur devient rouge.
C'est donc de la calcite.
L'objectif que nous avons aujourd'hui c'est de conscientiser le grand public sur les impacts environnementaux, éthiques, sociétaux, économiques de toute l'industrie du diamant.
Pour pouvoir prendre des décisions crédibles et raisonnées et donc durables.
Je m'appelle Johan Jans, j'ai 50 ans.
Et je souhaite que les générations actuelles et futures prennent conscience de l'impact environnemental du diamant dans nos vies quotidiennes.
Bonjour.
On va voir vos diamants.
Mes diamants.
Oui, et les bagues avec des diamants.
Nous allons en choisir une parmi la cinquantaine de bagues proposées.
Quasiment toutes sont des solitaires, c'est-à-dire avec une pierre précieuse.
C'est la bague de fiançailles typique.
Ça c'est un diamant d'Ankara.
Donc on est sur du BS, pierre T.
Et après en couleur on va être sur du G.
Gris et de l'extra blanc.
Les diamants sont notés en fonction de leur qualité et de leur couleur.
De la lettre D à la lettre Z.
Z, c'est le diamant le plus coloré.
Et D, au contraire, le diamant le plus blanc.
Et donc le plus cher.
Le diamant que nous avons choisi, c'est un G.
Ce n'est pas le top du top, mais c'est déjà de l'extra blanc.
Donc plus la pierre est pure, moins elle a d'imperfections, plus elle est chère.
Ce bijou coûte 7 850 euros.
On n'a aucun document qui nous indique la provenance ?
Moi quand j'achète la pierre, j'ai un certificat de laboratoire.
D'accord.
Qui précise les quatre critères du diamant.
La pureté, la taille, la couleur et le poids.
Mais on ne sait pas si ça vient d'une rivière, d'une mie.
On ne peut pas savoir si cette pierre vient d'Afrique, d'Amérique ou de Russie.
Non.
On ne peut pas savoir comment elle a été extraite, dans quelles conditions d'extraction ça a été mené.
Vous, vous n'avez aucun moyen de savoir d'où vient ce diamant.
Où est-ce que vous l'avez acheté, cette pierre ?
Celle-ci, je l'ai acheté à Anvers, directement.
En Belgique ?
En Belgique.
C'est pas loin de chez vous, Anvers ?
Non.
Allons-y.
Bienvenue à Anvers.
Merci.
Notre bague d'un carat est donc passée par ici.
C'est la plaque tournante du diamant en Europe.
Le commerce se concentre dans ces quelques rues ultra protégées.
On voit que c'est un quartier très surveillé.
Il y a des caméras partout.
Il y a des postes de police à chaque entrée de rue.
Tout le monde ne peut pas accéder ici en voiture.
Non.
On est dans le quartier où transitent environ 70% des diamants à l'échelle mondiale.
C'est plusieurs dizaines de milliards d'euros qui transitent par les bâtiments qui nous entourent actuellement.
Il vaut mieux le surveiller, quoi.
J'imagine, oui.
Le bijoutier d'Avignon nous a donné une adresse.
Allons voir ça.
Et je suis impatient, en fait.
Ça m'intéresse.
Celle du grossiste, où il a acheté notre diamant d'un carat.
Bonjour.
Enchanté.
Bienvenue.
Bonjour.
Ce qu'il revend sort de ce coffre.
Et est présenté dans des enveloppes.
Notre bague est passée par ici il y a quelques semaines.
On vient vous voir parce qu'on était dans une bijouterie à Avignon.
Et un des diamants vendus dans cette boutique vient de chez vous.
Du coup, on voulait savoir quelle était l'origine de cette pierre.
Pour vous dire la vérité, ce diamant a été taillé en un.
De là à pouvoir vous dire exactement de quelle mine il est originaire.
Ça, c'est un peu plus complexe.
Donc, elle vient d'Inde.
Il va falloir qu'on remonte un peu plus pour savoir vraiment d'où elle vient.
T'as une piste.
Nous allons suivre ces grosses valises noires.
Elles sont transportées par une entreprise spécialisée.
Retenez bien ce logo en forme de diamant.
Nous allons le retrouver à l'aéroport.
Les diamants voyagent par avion.
Nous voilà en Inde.
À Surat, dans l'ouest du pays.
Bourgade de 6 millions d'habitants.
Nous retrouvons au milieu de la circulation un camion.
Avec le même logo que celui que nous avons vu à Anvers.
Allez, allez, chargez les sacs.
La compagnie de sécurité accepte qu'on la suive.
L'industrie du diamant emploie ici 800 000 personnes.
C'est bon.
L'Inde reçoit des diamants bruts.
Ils ne brillent pas encore.
Et ils ne font pas encore rêver.
Quand on déplie les enveloppes.
Ça vient d'Afrique, du Canada ou de Russie.
On reçoit des diamants du monde entier.
Voilà les grandes régions du monde où l'on trouve des gisements de diamants.
Quasiment tous les diamants bruts arrivent par avion en Inde.
Qui est pourtant éloignée de toutes les mines.
Avant d'être renvoyés dans les bijouteries du monde entier.
Arrivé ici, il n'y a plus aucune traçabilité.
Pas de certificat d'origine.
Pas de numéro de série.
Pas de code barre.
Personne ne peut savoir de quelle mine est issue la pierre.
Ce que vous voyez là, c'est le diamant brut.
Ici, nous les taillons au laser en suivant la découpe de l'ordinateur.
Ils savent optimiser chaque diamant brut.
Pour perdre le moins de matière possible.
La découpe est ensuite réalisée au laser.
A la précision du micro.
En sortant de cette machine, le diamant a déjà sa forme définitive.
Il faut maintenant le polir.
Pour qu'il obtienne l'éclat réclamé par les clients.
A Surat, il y a des milliers d'ateliers spécialisés dans le polissage du diamant.
Là, c'est la rue où commence le marché au diamant.
Tout ce que vous allez voir, ce n'est que du diamant.
Celui de la bijouterie d'Avignon est passé par l'un de ses ateliers.
Les ateliers, ils sont par là bas.
Tu verras les plus belles pierres du monde.
Nous allons monter en haut de cet immeuble.
Et découvrir le travail à la chaîne.
Maintenant que la taillée finie, c'est désormais le polissage qui commence.
Ils sont frottés sur chacune de leurs faces.
C'est l'étape finale qu'a traversé notre diamant d'Avignon.
Avant d'être envoyé en France.
Vous voyez ce diamant qui est à moitié poli.
Il vient du Botswana.
Du Botswana ?
Ce sera donc notre nouvelle destination.
Le Botswana, c'est le deuxième producteur mondial après la Russie.
Au coeur de la savane, sur ces terres sauvages, une ville entière est sortie de terre.
Elle s'appelle Orapa.
En dialecte local, cela veut dire l'endroit où les lions se reposent.
Une sorte de péage au milieu de nulle part protège l'entrée de la ville.
La ville minière.
12 000 habitants vivent ici dans une ville fermée.
Oh la taille du camion !
Oh le truc !
J'ai jamais vu un camion comme ça.
Nous découvrons une ville avec ses pavillons pour les cadres, ses jeux pour enfants, ses piscines.
Ici, tout le monde vit grâce à l'industrie du diamant.
Là il y a un supermarché, une banque, une caserne de pompiers juste en face.
Il y a même des cours de tennis là-bas.
Des stades de foot également, arrosés en plein désert.
Et au loin, une montagne qui n'a rien de naturel.
La mine de diamants se trouve juste à côté.
Elle a l'air un peu grande ça.
Merci.
L'exploitation est gérée à la fois par l'état du Botswana et par l'entreprise De Beers.
Le slogan, un diamant est éternel, c'est cette entreprise qui l'a inventée.
Ce géant du diamant contrôle à lui seul un quart de la production mondiale.
Nous sommes surveillés de près, comme tous les salariés.
Personne ne peut sortir d'ici avec du minerai dans les poches.
Ah bah il y a des gnous là, qui sont en train de passer.
C'est quand même étrange de voir ces animaux en plein milieu d'un site industriel.
Comme quoi on est vraiment au milieu de la savane.
Le début des terrassements là-bas et j'imagine que le trou est juste devant nous.
Nous allons découvrir la plus grande mine à ciel ouvert du monde.
Si on fait le tour en voiture, on parcourt 5 kilomètres.
Bonjour, nice to meet you, I'm Hugo.
Enchantée.
C'est vous la spécialiste des explosions ?
Oui, c'est moi.
Ah oui, c'est immense.
Oui, bienvenue dans la mine d'Orapa.
Je ne m'attendais pas à une telle profondeur.
Si on prend tous les diamants extraits dans le monde chaque année,
presque 1 sur 10 est sorti de ce trou gigantesque.
Le point le plus profond se situe à environ 330 mètres.
On pourrait mettre une tour Eiffel là-dedans ?
Oui, on peut mettre l'intégralité de la tour Eiffel dans la mine.
En une année, quelle quantité de diamants vous produisez ici ?
En un an, environ 9 millions de carats.
Je vois que vous avez une jolie bague.
C'est du diamant ?
Oui, c'est bien un diamant.
Et il vient du Botswana.
La mine s'agrandit régulièrement à coups d'explosifs.
Là, on vient de creuser un trou de 15 mètres de profondeur.
La mine a été créée par couches de 15 mètres.
Donc à chaque fois que vous voyez une couche différente, il y a 15 mètres de hauteur.
Chaque explosif est désormais relié au détonateur.
L'explosion est imminente.
Maintenant, on doit évacuer parce que la zone est prête pour le déclenchement.
Nous retournons en haut de la mine, donc 330 mètres plus haut.
J'imagine qu'il faut aussi vérifier qu'il n'y ait plus personne au fond ?
Oui, tout le monde doit avoir évacué la mine 30 minutes avant l'explosion.
Ce que nous allons voir n'est pas rare.
Cela se reproduit environ toutes les deux semaines.
Voilà d'où sortent nos bagues de fiançailles.
La fumée est à peine retombée.
Que ces géants entrent en scène.
Bataille du camion.
C'est des immeubles.
J'arrive à peine à la moitié de la roue.
C'est complètement fou, ces machines.
Le réservoir de ce camion, c'est 4000 litres de diesel.
4000 litres ?
Oui, exactement.
Vous tenez combien de temps avec un plein ?
On fait le plein tous les jours.
Tous les jours, 4000 litres de diesel ?
Oui, tous les jours.
Ces camions viennent récupérer toute la roche retournée par l'explosion.
Ça ne s'arrête jamais, en fait, ici ?
Non, on travaille 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an.
Les pelleteuses font deux fois la taille des camions jaunes, pourtant déjà démesurés.
On a l'impression de se trouver dans un décor de science-fiction.
Donc là, peut-être que je marche sur des diamants ?
Oui, c'est ça, peut-être.
OK. Est-ce que je peux prendre un caillou et l'emporter chez moi ?
Ah non, non, non, ça, vous ne pouvez pas.
Vous n'avez pas le droit de prendre quoi que ce soit ici, pas de souvenir.
Vous voyez que presque tout est mécanisé ici.
Ça veut dire que nos dépenses les plus importantes, c'est le diesel que nous utilisons pour faire tourner les machines.
Pourquoi doivent-ils retourner autant de roches ?
Pour une raison très simple.
A l'intérieur de tout ce qui a été extrait, les diamants représentent 0,000001%.
Ça veut donc dire qu'il reste 99,99999% de minerais qui est du déchet.
Regardez bien la couleur du sol.
Un côté est rouge, l'autre est gris-vert.
La roche qui a de la valeur, c'est ce qui est gris, gris-vert que vous voyez ici.
Et ce qui est plus rouge, marron-rouge, ça, c'est du déchet.
Donc on le jette.
La roche rouge va donc faire grossir des montagnes artificielles qui grandissent juste à côté.
Ce sont les terrils démesurés des mines de diamants.
Il faut bien imaginer qu'au départ, le paysage était tout plat ici.
Mais à force de décharger les déchets, on n'arrête pas de faire monter le niveau.
Pendant que la roche rouge s'accumule ici, la roche grise, elle, commence un long chemin et rejoint les installations minières.
C'est dans ces cailloux qu'ils vont trouver les précieux diamants.
Ça, c'est ce qu'on appelle la kimberlite.
On l'envoie vers un tapis et un concasseur qui va briser la roche en petits morceaux.
La roche grise emprunte ce tapis roulant aux allures de montagne russe pour prendre de l'altitude et tomber dans les concasseurs.
Plus ou moins. Le but, c'est que la roche soit de plus en plus fine.
Les mines de diamants sont fiers de ne pas utiliser de produits chimiques, contrairement aux mines d'or, par exemple.
En revanche, nous découvrons qu'elles utilisent beaucoup d'eau en pleine savane.
Quelle quantité d'eau vous utilisez chaque année ?
Je peux pas vous donner un chiffre précis comme ça tout de suite, mais c'est vrai que ce sont de très gros volumes.
Elle vient d'où, l'eau ? Vous la pompez où ?
Une partie, c'est de l'eau de récupération qu'on garde à la fin du processus.
C'est vrai qu'une partie de l'eau est traitée sur place, stockée et réutilisée.
Mais c'est une partie seulement. Ça ne suffit pas à répondre à tous leurs besoins.
Car pour faire tourner cette mine, il faut, tenez-vous bien, 50 millions de litres d'eau par jour.
Ce sont les chiffres officiels.
Une partie est donc de l'eau réutilisée, mais le reste est pompée dans le sous-sol.
Nous avons trois grands puits dans cette région.
Dès que notre niveau d'eau baisse, nous ajoutons l'eau que nous avons pompée.
Dans ce pays semi-désertique, le Botswana, l'eau est utilisée à chaque étape du concassage.
Il y a aussi énormément de fuites. Il y a de l'eau qui coule de partout. Regardez là.
Nous arrivons au bout du processus.
Et espérons apercevoir un morceau de roche qui brille.
Un diamant brut.
Les 0,00001% de la roche qui font la fortune du Botswana.
Nous ne pourrons pas les toucher, mais nous avons le droit de jeter un œil.
De loin, derrière un grillage.
Ça, c'est ce qu'on appelle la cage.
Non, vous pouvez pas. C'est là où sont les diamants.
Les diamants extraits du sol, cela représente un cinquième de tout le PIB du Botswana.
Autant de roches, autant de moyens, autant de camions, autant d'eau pour des tout petits diamants.
Oui, certains sont petits, certains sont grands. Nous avons des tailles très différentes.
Ce sont quand même avec les plus gros qu'ils s'enrichissent.
Les diamants sont classés en 4 catégories.
Les grands, plus de 2 carats.
Les moyens, les petits et les diamants industriels.
Les gros diamants, c'est seulement 7% du volume.
Mais à eux seuls, ils représentent 43% du chiffre d'affaires.
Le diamant industriel, en revanche, c'est 41% de la récolte.
Mais en valeur, c'est seulement 3%.
C'est donc la eau de joaillerie qui finance les mines démesurées.
S'il n'y avait que l'argent des diamants industriels, ce ne serait jamais rentable.
Ça, ce sont les roches où il n'y a plus de diamants.
On a bien tout vérifié et on est sûr qu'il n'y a plus rien.
Et ça, c'est du déchet. Ils ne peuvent plus rien en faire.
Vous pensez que ça rejoint la montagne avec la roche rouge ?
Eh bien non, parce que ces résidus sont gorgés d'eau.
Vous voyez, ce sont les déchets.
Cette roche trempée, il va falloir la faire décanter.
À côté de la montagne de roches rouges, il y a donc ce qu'on appelle un bassin de stockage des résidus.
La 2e décharge de la mine.
Toutes les boues qui viennent de l'usine arrivent ici.
Ici, les roches finissent par tomber au fond du bassin.
Et une partie de l'eau en surface est aspirée pour être réutilisée.
Vous en avez combien des bassins de rétention comme ça ?
On en a 4 en ce moment.
4 ?
Oui.
Les 4 bassins sont les uns à côté des autres.
Chacun d'entre eux fait 1 km de côté.
La hauteur maximale, c'est environ 50 m.
Ah d'accord.
Immense.
Oui, c'est gros.
Toute cette boue est retenue par des digues.
La voilà, la principale faiblesse des mines de diamants.
Vous êtes sûr que les digues, elles tiendront ?
Non, ça ne peut pas se briser. Impossible.
Il ne peut pas arriver ici ce qui s'est passé en Tanzanie à Williamson ?
Qu'est-ce qui s'est passé en Tanzanie ?
S'il n'a jamais entendu parler de la catastrophe de Williamson, c'est peut-être parce qu'il n'y a pas de vidéo.
Ça s'est passé l'année dernière à 3000 km de là.
La seule photo qui existe, c'est une photo satellite.
Voilà le bassin de stockage avant la catastrophe en octobre 2022 et juste après.
Une digue a cédé.
Des résidus se sont dispersés sur plusieurs kilomètres carrés et ont recouvert des villages.
Nous partons découvrir les dégâts sur place.
Nous avons rendez-vous avec un chef de village.
Notre équipe le rejoint avec un traducteur.
Enfin, tente de le rejoindre.
Car quelques minutes avant la rencontre, le traducteur reçoit un coup de fil.
C'est le responsable de la région, je pense qu'il a été appelé par le chef du village.
Ah, il veut nous parler lui aussi ?
Non, c'est pas ça. C'est qu'il nous faut son accord.
Nous comprenons mieux pourquoi il n'existe aucune photo, aucune image de la catastrophe de Williamson.
Un comité d'accueil attend notre équipe à l'hôtel.
Donnez-nous les passeports.
Je ne peux pas donner mon passeport à quelqu'un que je ne connais pas.
Vous êtes en train de filmer ?
Il nous reproche de ne pas avoir l'autorisation pour filmer dans le pays.
On a un problème avec eux.
Il faut aller au bureau.
Nous n'aurons pas le temps de rencontrer le moindre témoin.
Asseyez-vous.
Nous sommes emmenés dans les bureaux de l'administration locale.
Ordre nous est donné de quitter le pays sous 4 jours.
Et d'ici là, il nous est interdit d'approcher la zone de la catastrophe.
Bonjour Hans, ça va ?
Oui, ça va bien et vous ?
Nous voilà de retour en Belgique.
Alors vous, vous avez réussi à faire ce que nous, on n'a pas réussi.
Aller dans la mine de Williamson à proximité sans vous faire arrêter.
Oui, c'est vrai.
Vous n'aviez pas de caméra.
Non, donc on fait des recherches, on fait des notes et tout ça, mais on ne filme pas.
Je crois que les autorités, dès qu'ils voient un caméra, ils deviennent nerveux et ça devient beaucoup plus compliqué.
Il a donc pu se rapprocher du bassin de stockage, éventré.
Qu'est-ce que vous avez vu ?
On a vu que cette rupture, ça a causé une grande coulée de boue qui a détruit les sources d'eau.
En fait, il y avait déjà des signes depuis 2 mois qu'il y avait des faiblesses au niveau des barrages.
Et la mine n'a pas arrêté la production.
C'est la rentabilité qui passe avant tout.
C'est ça qu'on voit dans beaucoup de mines encore, que c'est la production qui compte.
Est-ce que c'est un cas isolé ce qui s'est passé là-bas ?
Non, malheureusement pas du tout.
On a eu un cas en Angola, il y a 12 personnes qui ont été mortes.
En Angola aussi, toujours une mine de diamants et un accident très similaire.
Et on a eu un autre cas en Afrique du Sud l'année passée avec une rupture d'une barrage d'une mine de diamants.
Cela s'est passé à côté de cette ancienne mine de De Beers en septembre 2022.
Comme en Tanzanie et en Angola, à peu près au même moment, la digue s'est effondrée.
Des accidents de ce type, des bassins qui cèdent dans des installations minières,
on en a recensé 200 en tout dans le monde entier.
Ici, 5 millions de mètres cubes de résidus se sont déversés dans des zones habitées.
4 habitants ont perdu la vie.
Sur les images amateurs tournées au téléphone portable, on découvre la force de la vague.
Regardez au loin, ce sont les résidus de la mine.
Selon l'enquête de Hans, dans ce genre d'accident, la roche peut contenir des résidus d'explosifs,
mais aussi des métaux lourds comme du mercure.
Et là encore, l'événement était visible depuis l'espace.
Voici les images de la NASA avant la catastrophe.
Et juste après, la rivière a été polluée.
Ce sont des catastrophes que le secteur milieu peut prévenir
s'il prend en compte les mesures qu'il doit prendre pour contrôler ces barrages
et pour assurer que cette catastrophe ne se passe pas.
Donc ça arrive quand même fréquemment, c'est pas rare.
Non, c'est pas rare du tout.
Ce qui s'est passé là-bas, c'est la face cachée de l'industrie du diamant.
C'est ce que les consommateurs en Europe ne savent pas quand ils achètent un diamant.
Oui, je pense que c'est pas de bonne publicité.
Tout ce qui impacte cette image d'un diamant comme symbole de l'amour et tout ça...
De l'éternité, de la pureté.
Voilà, c'est négatif et donc c'est quelque chose qu'ils veulent éviter.
Retournons voir notre bijoutier Davignon
pour lui raconter l'histoire des diamants qu'il vend ici.
On est notamment allé dans une mine en Afrique pour voir comment ça se passait.
Je vais vous montrer ce qu'on a filmé.
Voilà l'explosion pour extraire le diamant.
Et ça, ce sont les bassins qui récupèrent les eaux utilisées
pendant la phase d'extraction des diamants.
C'est énorme quand même ces bassins-là.
Et le problème, c'est que les digues de ces bassins peuvent rompre
et toute l'eau, tous les sédiments se déversent sur les alentours,
notamment sur des villages.
On voit, ils ont tout perdu.
Effectivement, c'est...
Est-ce que vous vous doutiez de ce qui pouvait se cacher derrière un diamant ?
Franchement, je n'ai jamais vu...
Je ne me suis jamais non plus intéressé sur l'extraction des diamants.
Mais il y a quand même pas mal d'inconvénients.
Ça crée un pacte écologique.
Qu'est-ce que vous vous dites du coup ?
Que c'est bien d'avoir fait le diamant de synthèse.
C'est la 1re année qu'il en vend.
Pour le moment, il n'y en a que 2 dans sa vitrine.
Des diamants de laboratoire.
Voilà, ça, c'est un solitaire avec un diamant de synthèse.
Cette pierre, c'est une pierre qui a été fabriquée en laboratoire.
Tout à fait.
C'est incroyable, on ne voit pas la différence.
Pas du tout.
Pour comparer, nous allons choisir une bague de fiançailles à peu près similaire.
Un diamant d'environ 1 carat.
Et il est affiché à quel prix ?
3 590 euros.
Alors quand on était venu la dernière fois et qu'on avait vu le même diamant...
Mais qui était un diamant naturel, il était à 7 850 euros.
Donc 2 fois plus cher.
A gauche, c'est le diamant qui nous a emmenés en Inde et en Afrique.
A droite, à peu près le même en version artificielle.
Pour faire la différence, c'est quasi impossible à l'oeil nu.
Aucune possibilité de vérifier comme ça à l'oeil nu et à la loupe.
Si c'est un vrai diamant ou un diamant de synthèse.
Le bijoutier n'est pas capable de différencier l'un de l'autre.
Alors allons demander conseil à un certisseur à l'oeil acéré.
Bon là, on va voir un expert qui travaille avec des diamants depuis 30 ans.
On va voir s'il arrive à faire la différence entre les deux pierres.
Bonjour, vous allez bien ?
J'ai deux pierres à vous montrer.
Un diamant de synthèse et un diamant naturel.
Le spécialiste se prête au jeu.
Et le résultat est le même.
Non, il est exactement pareil.
Vous voyez pas la différence ?
Non.
Donc même vous, vous travaillez depuis 30 ans dans les bijoux.
Vous voyez pas à l'oeil nu la différence ?
Non.
C'est incroyable.
Voilà, c'est ça.
Pour distinguer le naturel de celui de synthèse,
il existe bien quelques instruments de mesure en France,
extrêmement sophistiqués.
Ce gémologue va nous montrer comment différencier celui qui sort de la mine
de celui qui sort d'un laboratoire.
Bon ben là, moi je vois un diamant.
Et là, je vois exactement le même diamant.
Il y a quand même quelques petits défauts sur lesquels on va justement se fonder
pour dire que la pierre est naturelle ou synthétique.
Il faut se trouver dans l'obscurité pour les différencier.
Les diamants naturels vont luminescer bleu assez fortement.
Tout ça est lié à la présence d'azote à l'intérieur.
Alors que ce diamant synthétique qui est ici...
Ah oui, la différence est folle.
Il luminesce pas du tout.
Et là, vous n'avez pas l'azote.
Ah oui, là, c'est flagrant, quoi.
Voilà.
Celui sorti d'une mine
et celui fabriqué en laboratoire.
Dans 98% des pierres naturelles, vous avez de l'azote.
Alors que vous n'en avez que très peu dans les diamants synthétiques.
L'un existe depuis plusieurs millions d'années.
On voit très bien les secteurs octahédriques
caractéristiques des diamants naturels.
Quand l'autre a été créé il y a quelques semaines à peine.
Alors que là, vous avez des lignes parallèles comme ça
qui sont en fait liées à la croissance en usine de ce diamant synthétique.
Comme personne n'arrive à faire la différence à l'oeil nu,
une boutique historique de la joaillerie française
a décidé de se relancer en ne vendant que du diamant de synthèse.
La maison le revendique haut et fort.
Pour eux, c'est un diamant qui n'a pas endommagé la nature.
Un diamant responsable.
Nous sommes dans une entreprise vieille de 200 ans.
Elle expose encore les vieilles créations en diamant naturel,
mais ce n'est pas à vendre.
C'est la partie musée de la boutique.
C'était impensable pour vous de fabriquer des bijoux avec du diamant de mine ?
Impensable.
Non, pour moi ce n'était pas envisageable.
Franchement, j'ai 40 ans, j'ai envie de faire quelque chose
qui correspond vraiment à mes valeurs, à mes convictions.
Il faut que ça soit cohérent.
Il faut aussi que ça soit respectueux de l'homme et de la nature.
Pour moi, c'était une évidence.
Aucun de ces diamants n'est responsable d'une surexploitation
de l'eau en zone aride,
ni de l'effondrement d'un bassin sur des villages.
Là, je vois qu'on a des diamants de couleur, c'est ça ?
Oui, ce sont des diamants français.
C'est fabriqué où en France ?
Ils sont fabriqués à Jouy-en-Josas.
Jouy-en-Josas.
On est loin de l'Afrique ou du Canada.
On n'imaginait pas que des diamants étaient produits en région parisienne.
En fait, je regarde 77 diamants qui sont en train de pousser.
Cette ancienne chercheuse du CNRS
a créé le 1er laboratoire de diamants de synthèse français.
On appelle ça un peu nos bébés, oui.
Ce qu'il y a devant elle, c'est un four à micro-ondes ultra-puissant.
Il atteint 1000 degrés
et garde cette température constante pendant un mois.
On place au centre ce qu'on appelle un germe,
c'est-à-dire un diamant minuscule
qui peut déjà être lui-même un diamant de synthèse.
On ajoute du méthane et de l'hydrogène.
Le diamant pousse doucement.
Il grandit.
Au bout de 4 semaines,
il est assez gros pour être taillé, poli et orné un bijou.
Donc là, il y a 77 diamants.
Exactement. Franchement, c'est génial.
C'est beau.
C'est encore un peu opaque,
mais il suffit de frotter légèrement.
Magique. Alors, c'est un peu brun,
mais c'est génial.
Ah, c'est un peu brun.
Pas besoin de creuser des gouffres dans le sol à coups d'explosifs.
Ça émet peu de gaz à effet de serre,
mais ce n'est pas un diamant transparent.
C'est un diamant coloré.
C'est un des points forts.
On a des couleurs exceptionnelles.
La chercheuse produit aussi des diamants transparents,
mais ça prend beaucoup plus de temps.
Ça coûte nettement plus cher.
Et avec les coûts de la main-d'oeuvre en France,
elle n'est pas compétitive.
Elle ne vend quasiment que des diamants colorés.
Mais alors,
d'où viennent les diamants de synthèse blanc transparent
que l'on voit en bijouterie?
Les blancs, elles les achètent encore en Inde
parce que c'est moins cher.
Oussa en Inde,
à Surat,
qui n'est pas que la plaque tournante des diamants naturels,
mais qui vient aussi de s'engouffrer dans ce business florissant,
le diamant de laboratoire.
Il y a cinq ans,
on ne travaillait qu'avec du diamant naturel,
et j'avais beaucoup moins d'employés.
Les exportations de diamants de synthèse depuis l'Inde
ont été multipliées par sept ces cinq dernières années.
Je viens d'un petit village dans l'est du pays.
Dès que j'ai fini mes études,
je suis venu travailler à Surat.
Mon beau-frère travaille ici.
C'est lui qui m'a dit de le rejoindre.
Alors j'ai quitté ma province pour venir travailler là.
J'ai encore beaucoup de techniques à apprendre,
mais d'ici trois mois, je pense que je serai prêt.
Il y a un tel boom
que ce bâtiment tentaculaire
vient juste de sortir de terre,
en périphérie de la ville.
C'est le plus grand bâtiment de bureaux du monde.
Ils l'appellent la bourse du diamant,
pour regrouper la plupart des vendeurs et des ateliers.
On y échangera des diamants naturels de l'autre bout du monde,
mais aussi des diamants qui sortent d'ici.
Voici la plus grande mine de diamants de synthèse du monde.
Souvenez-vous, au Botswana,
dans la plus grande mine du monde.
Plus de 700 000 carats sont extraits tous les mois.
Ici en Inde,
dans la plus grande usine de diamants de synthèse du monde,
100 000 carats sortent tous les mois.
C'est une très sérieuse concurrence.
En un mois, on passe de ça à ça.
Oui, nous y avons travaillé pendant des années
et nous avons réussi à produire la même chose que Mère Nature,
mais dans un environnement contrôlé.
Nous sommes extrêmement fiers.
On ne gaspille pas d'eau, on ne perturbe pas la planète,
on n'extrait absolument rien du sol.
C'est ça, un vrai diamant vert.
La fabrication est industrialisée.
Ça, c'est la salle où on choisit la forme du diamant sur ordinateur.
Juste à côté, c'est la taille automatique, au laser.
Avant la dernière étape, toujours dans le même bâtiment,
le polissage à la chaîne.
C'est un très beau diamant, environ 3 carats.
Il est 3 fois plus gros que la bague que l'on suit depuis Avignon.
C'est exactement le même qu'un diamant de mine,
mais il revient moins cher, de 15 à 20 %.
C'est vraiment abordable.
On savait déjà qu'un diamant, c'était pour toujours.
Maintenant, c'est pour tout le monde.
Est-ce que ce diamant, c'est la solution ?
Est-ce qu'il est vraiment éthique ?
Est-ce qu'on peut en acheter autant qu'on veut, si on a les moyens ?
Vous avez vu que pour faire tourner l'usine,
on utilise principalement de l'électricité.
Est-ce qu'on peut vous demander la consommation énergétique
pendant tout le processus ?
Il faudrait que je calcule.
Pour fabriquer un seul diamant de synthèse taillée, d'un carat,
il faut environ 400 kWh.
C'est-à-dire l'électricité que consomme en moyenne
toute une famille en France en un mois.
Et en Inde, la plupart de l'électricité est produite à partir de charbon.
Bref, pour notre géologue,
le diamant de laboratoire, c'est mieux pour la planète, certes,
mais c'est pas l'idéal.
Il y a certainement des utilités pour le diamant,
mais on peut se demander si tout ça a toujours un sens.
Aujourd'hui, est-ce qu'on a tous besoin d'avoir
beaucoup de diamants autour du doigt ?
Est-ce que tout ça en vaut la chandelle ?
On pourrait s'en passer.
En tout cas, moi, je vis très bien sans bague de diamant.
Et votre femme ?
Et ma femme aussi, sans bague de diamant.
Ça vous arrange en même temps.
Oui, c'est pour ça que ça va bien.
Il reste un dernier gisement de diamants
dont on ne vous a pas encore parlé.
On ne les trouve pas dans le sol,
mais au fond des tiroirs.
Les bijoux de famille gardés précieusement,
mais rarement portés.
Qu'est-ce que vous allez faire avec cette bague dans l'atelier ?
On redonne vie à des diamants
qui sont oubliés, délaissés dans des tiroirs
parce que les montures sont trop vintage, en fait.
Il y en a beaucoup, des diamants comme ça,
qui sont abandonnés dans des tiroirs en France ?
Il y en a énormément.
Il y a beaucoup de matière première, en fait.
Il y aurait bien assez de diamants en circulation aujourd'hui
pour fabriquer des bijoux neufs
sans avoir besoin d'extraire des nouvelles pierres.
Cette créatrice n'achète jamais de diamants naturels
qui sortent des mines.
Et jamais de nouveaux diamants de laboratoire non plus.
Sa mine à elle,
ce sont les salles de vente aux enchères.
Face à une bague,
elle ne voit pas un bijou,
mais une réserve de diamants
qui ne demande qu'à être réutilisée.
Elle est sûre ainsi de n'avoir aucun impact,
ni sur la nature,
ni sur le climat.
C'est le lot 64.
Je suis en train de mesurer les pierres
pour avoir une idée de la dimension des pierres
que je pourrais récupérer
une fois que le bijou sera démonté.
Ensuite, à la loupe,
je contrôle la qualité des diamants.
Les pierres, elles sont vraiment bien blanches.
Donc c'est un bon produit pour nous.
Elle a jeté son dévolu sur cette bague.
Plus le bijou est d'un design, disons,
ancien et qui ne plaît plus du tout,
mieux c'est parce que
c'est une pièce qui ne sera pas du tout
appréciée en vente aux enchères.
Plus c'est dépassé,
mieux c'est pour moi,
parce que ce sera moins cher.
Son choix est fait.
Elle attend maintenant que le lot passe en vente.
Il ne lui reste plus qu'à lever la main
au bon moment.
280.
Voilà la bague qu'elle convoite.
Elle est prête à en chérir
jusqu'à 2000 euros.
C'est gagné.
Trop bien.
Ce n'est pas toujours comme ça.
Mais là, on a eu beaucoup de chance.
Très peu d'intérêt.
C'est l'option la plus écologique
et cette fois la plus rentable.
Elle est belle.
Très belle.
Un peu à l'ancienne.
Exactement.
Toutefois, la qualité des pierres
n'a pas bougé dans le temps,
donc on va juste réutiliser les diamants
pour proposer un design un peu plus moderne.
Vous allez retirer les diamants.
Voilà, on va retirer les pierres
et ensuite, on va les remonter
sur nos bijoux.
Donc en fait, la monture va changer,
mais les pierres restent les mêmes.
Exactement.
Avec cette bague-là,
elle va créer trois nouvelles bagues.
Vous pensez qu'à l'avenir,
tout le monde fera comme vous ?
Ou en tout cas, beaucoup de monde ?
J'espère.
C'est beaucoup plus compliqué
que de passer un coup de fil
pour recevoir chez soi des diamants
parfaitement triés,
à un prix qui est fixe, etc.
Mais je suis persuadée
que le jeu en vaut la chandelle
et que de toute façon,
c'est l'histoire du bijou.
La publicité nous l'a fait entrer dans le crâne.
Le diamant est éternel.
S'il est éternel,
nous pouvons donc le passer
de génération en génération.
Il ne s'abîmera jamais.
Moi, je trouve que ça, ça marche mieux.
On n'a rien inventé.
C'est pas nouveau, au contraire.
C'est vraiment depuis toujours,
la joaillerie, c'est du recyclage.
Il y a suffisamment de diamants
pour faire plein de bagues.
On se dit que c'est lunaire
d'aller recréer du neuf
alors qu'il y a plein de choses
vintage, hyper belles.
Est-ce que le message,
ça peut être
fermons les mines,
ouvrons les tiroirs ?
Oui !
C'est pas mal, ça, non ?
C'est bien, ça me va.
Je prends, je prends, j'achète.
Et si on doit encore produire
des diamants de synthèse,
réservons-les aux usages
vraiment importants.
Là où ils sont indispensables.
Dans certaines industries
ou en médecine.
Pour le découvrir,
il va falloir se déguiser.
Pourquoi ce serait un problème
qu'on perde des poils
ou des petits bouts de peau
dans la salle ?
On fabrique des dispositifs
qui sont plus petits
que le diamètre d'un cheveu.
Plus petit qu'un cheveu ?
Oui.
Dès qu'on va perdre
un morceau de peau ou un cheveu,
on va créer un défaut.
D'accord.
Les diamants qui sont utilisés ici
ne font pas un carat.
Ils sont tellement petits
qu'on ne peut pas les voir
à l'oeil nu.
D'ailleurs,
ils les stockent
dans une solution liquide.
Alors nous,
on part d'une solution
avec des nanodiamants
qui font 5 nanomètres.
C'est là-dedans ?
Oui, à l'intérieur.
C'est du diamant liquide ?
Voilà.
On vient le déposer
sur ces disques
qu'on positionne
à l'intérieur.
Avec les nanodiamants dessus ?
Avec les nanodiamants.
On referme.
Et après,
on a des films de diamants.
Des irisations.
C'est du diamant
qui a poussé comme ça.
Voilà.
Ce sont tous
de minuscules diamants de synthèse.
Donc après,
on fabrique
ce type d'implant.
Donc ça,
c'est que du diamant,
la partie qui est
légèrement reviquée.
C'est incroyable,
on dirait du plastique.
Ah oui,
c'est du diamant.
Ils espèrent pouvoir bientôt
les implanter
dans le corps humain.
Le but,
c'est de développer
les implants
de la prochaine génération
pour les patients
qui auraient perdu
l'usage de la vue,
par exemple.
Attendez,
ça veut dire quoi,
concrètement ?
Ça veut dire
qu'avec ce type d'implant,
on va pouvoir
redonner la vue
à une personne aveugle
tout à fait.
C'est tellement incroyable
ce que vous dites
que je vais être sûr
de bien comprendre.
Ce diamant ultra fin
qu'on voit là,
l'idée,
c'est de l'implanter
par exemple
dans l'œil ?
Tout à fait.
C'est de le positionner
sous la rétine
et on enregistre
avec une caméra
et on enverra les signaux
et la personne
pourrait revoir.
C'est fou.
C'est incroyable.
C'est un matériau
qui va être très stable
dans le temps,
qui ne va pas se dégrader
ou s'oxyder,
qui est très bien accepté
par le corps
et qui va permettre
en fin de compte
d'avoir des implants
qu'on pourra laisser à vie
par exemple
chez le patient.
Parce que le diamant
ne se dégrade jamais
dans le corps.
Le diamant est éternel.
Les diamants
dont nous avons
vraiment besoin,
ce sont les plus petits.
Et nous savons
parfaitement
les produire
en laboratoire.
Nous pouvons
imaginer un monde
sans mine de diamants,
sans impact
sur la nature
et les habitants.
Un monde
où chaque pierre
est réutilisée
et où les preuves d'amour
laissent la planète
intacte.
Sur le front,
ça continue
dans un autre monde
très secret,
celui des portes-conteneurs.
Ces cargos géants
acheminent
la plupart
de nos cadeaux de Noël
et de tout ce qu'on achète
au quotidien.
Est-ce que vous savez
à quoi ressemble
une autoroute maritime
au large de nos côtes ?
Est-ce que vous étiez au courant
que certains conteneurs
tombent à l'eau
et qu'on retrouve
leur chargement
sur nos plages ?
C'est ce que nous allons
voir tout de suite.
