Ce gratte-ciel new-yorkais est une prouesse d’ingénierie | Découverte

Modern Arch
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C'est le gratte-ciel le plus étroit du monde.
Une prouesse architecturale de 84 étages.
À New York, la Steinway Tower fait lever toutes les têtes.
La tour se trouve sur l'Allée des milliardaires,
une zone de Manhattan au sud de Central Park,
connue pour ses nouveaux gratte-ciels résidentiels ultra hauts et ultra luxueux.
Loin d'avoir brisé les ambitions des constructeurs,
les attaques du 11 septembre 2001
semblent avoir poussé les architectes et les ingénieurs à viser plus haut.
On ne peut pas vivre dans la peur.
Il n'y a rien qui puisse freiner l'innovation et le progrès.
New York a connu une véritable course vers le ciel au cours de la dernière décennie.
On a assisté à la prolifération des Super Talls,
des gratte-ciels qui dépassent les 300 m de hauteur.
L'équipe de découverte a visité la Steinway Tower
en compagnie d'ingénieurs et architectes qui ont rendu sa construction possible,
dont le Canadien Derek Kelly.
La tour du moment, le 1 Vanderbilt, le 270 Park,
on a travaillé sur tous ces gratte-ciels.
On vous propose une incursion dans cet univers où l'audace perce les nuages.
Avant de visiter la tour, on a rendez-vous dans un tout autre quartier de la ville,
Tribeca.
C'est ici, dans un édifice iconique d'une autre époque,
que se trouvent les bureaux de Shop Architects.
L'architecte Scott Tetty est l'un de ceux qui ont imaginé la Steinway Tower.
Notre boîte ne crée pas des cubes de verre froid et impersonnel.
On travaille avec des matériaux qui donnent un aspect chaleureux au bâtiment.
Lorsqu'un promoteur immobilier approche Shop Architects en 2013
pour construire une tour résidentielle au 111 57e rue Ouest,
les architectes se grattent la tête.
L'avant du terrain est déjà occupé par un édifice patrimonial,
le Steinway Hall, ancien siège social du célèbre fabricant de piano.
Pour s'élever sur la minuscule parcelle de terrain libre derrière Steinway Hall,
l'équipe de Scott Tetty va concevoir une tour de 435 m de hauteur,
mais dont l'emprise au sol ne fait que 18 m de largeur.
Un ratio de 24 pour 1. Du jamais vu.
La silhouette n'est pas rectiligne.
Les étages supérieurs sont plus étroits que les précédents.
Ils esquissent le profil d'un escalier céleste.
C'est un hommage à l'Empire State Building et au Chrysler Building.
Ils ont une silhouette en escalier près du sommet.
Pour le revêtement, les architectes ont mêlé des éléments de terre cuite et de bronze.
Là aussi, un écho au bâtiment art déco du passé.
Selon l'emplacement du soleil, vous remarquerez un effet d'ombre sur la terre cuite.
Mais encore faut-il que tout ça tienne debout.
Nous allons rencontrer Silvian Marcus, une sommité en ingénierie à New York.
Son équipe a signé les plans de structure des plus hauts cratièles de la ville.
Plus la tour est mince, plus c'est difficile de garantir sa robustesse.
La première étape pour construire une tour aussi effilée, c'est de l'ancrer solidement au sol.
192 ancrages pénètrent dans le roc jusqu'à 25 m de profondeur.
Ces ancrages fixés dans le roc, ce sont comme les racines d'un arbre.
En cas de vent violent, elles empêchent l'édifice de se renverser.
Hors du sol, l'ossature de l'édifice s'élève en suivant la forme de la lettre H.
La façade est et la façade ouest, ainsi que le noyau central où se trouvent les ascenseurs, assurent la rigidité de la tour.
Ce sont des murs de 2 m d'épaisseur, conçus pour résister au vent.
Les murs nord et sud, eux, comptent très peu d'éléments structuraux.
Ils sont presque entièrement vitrés, avec des vues sur Central Park au nord et sur Midtown au sud.
Les ingénieurs ont dû augmenter l'épaisseur des planchers pour rendre le bâtiment plus massif.
J'avais un ami à l'université. Il était grand et mince. On le taquinait.
On lui disait qu'il fallait mettre des roches dans ses poches pour éviter qu'il s'envole.
C'est un peu la même chose pour la tour.
Le vent, c'est l'ennemi numéro un des architectes et des ingénieurs qui conçoivent des gratte-ciels supertalls.
C'est ici qu'entre en scène l'ingénieur canadien Derek Kelly, spécialiste du vent chez RWDI.
Son équipe a travaillé à la conception des plus hautes tours du monde,
que ce soit Burj Khalifa à Dubaï ou le One World Trade Center à New York.
Nous avons visité sa soufflerie à Guelph, en Ontario.
La Steinway Tower et tous les bâtiments qui l'entourent ont été reproduits à échelle réduite.
Des ventilateurs propulsent de l'air pour reproduire un épisode de vent violent.
Le vent vient du nord en ce moment. Il souffle au-dessus de Central Park.
Les capteurs mesurent les pressions exercées sur la tour et l'amplitude de ses déplacements.
Les clients qui achètent des unités dans ces gratte-ciels paient énormément d'argent.
Ils ne veulent pas sentir de mouvement.
Derek Kelly a dû tester plusieurs versions de la Steinway Tower dans sa soufflerie pour assurer le confort des résidents.
La première version n'avait pas une très bonne performance sur le plan aérodynamique.
Alors, on a travaillé avec l'architecte et le promoteur pour remodeler le bâtiment.
Pour réduire l'emprise du vent sur le gratte-ciel, Derek Kelly a proposé de laisser trois étages complètement ouverts.
C'est un peu comme si on faisait des trous dans la voile d'un navire.
Vous voyez, le vent passe au travers.
Pour le sommet, les ingénieurs et les architectes ont conçu ce qu'ils appellent une couronne.
Elle brise la formation des vortex et les rend moins puissants.
De retour à New York, nous avons rendez-vous pour visiter la Steinway Tower.
On a de la difficulté à entrer. S'il vous plaît, appelle Matt.
Cela s'avère plus compliqué que prévu.
Les ultra-riches, qui paient des dizaines de millions de dollars pour habiter la tour, n'ont pas envie de croiser une équipe de télévision dans l'ascenseur.
Mais Sylvain Marcus n'a pas l'habitude de se faire dire non.
Nous prenons le chemin de la 56e rue.
S'ils ne nous laissent pas rentrer, on appelle la police.
On profite de l'attente pour admirer Steinway Hall, l'ancien siège social du fabricant de piano, maintenant intégré au gratte-ciel.
Ça y est, on peut monter.
Sans plus attendre, allons-y.
L'ascenseur file jusqu'au 82e étage.
Il s'ouvre directement sur l'appartement.
Quand on sort de l'ascenseur, la première chose qui frappe, c'est la vue imprenable sur Central Park.
Je ne m'en lasse jamais. Je suis sûr que les résidents ne s'en lasseront pas non plus.
Dans la tour, les résidences occupent un étage entier.
Certains en occupent deux.
Du côté sud, on aperçoit l'Empire State Building et quelques-uns des gratte-ciels qu'il dépasse aujourd'hui.
Voir certains des bâtiments sur lesquels j'ai travaillé, c'est incroyable.
On ne pense pas toujours à ça quand on est sur le projet et qu'on a des échéances.
Cette journée du mois de novembre est extrêmement venteuse.
Les vents dépassent les 45 km heure, mais je ne sens rien.
Au dernier étage, Scott Tetty nous dévoile l'un des secrets de la stabilité de la tour.
On est près du sommet de la tour et ce que vous voyez derrière moi, c'est l'amortisseur de masse.
Le rôle de cette immense structure d'acier, c'est de contrebalancer les mouvements du bâtiment.
Elle fonctionne comme une pendule géante.
Elle oscille à la fréquence opposée des mouvements du bâtiment causés par le vent.
La structure a été entièrement conçue et fabriquée en Ontario.
La firme d'ingénierie Motion Earring et son partenaire, le fabricant A&H, ont fabriqué des amortisseurs de masse pour des gratte-ciels dans le monde entier.
Celui de la Steinway Tower leur a causé quelques maux de tête.
Le bâtiment s'effile beaucoup vers le sommet, ce qui fait que la surface des étages est très petite.
Notre amortisseur pèse 800 tonnes et il doit scier de plus d'un mètre et demi dans chaque direction.
On n'avait pas beaucoup de marge.
Visiblement, Motion Earring s'est montré à la hauteur.
Je ne l'ai jamais vu bouger autant qu'aujourd'hui.
Ironiquement, même s'il y a beaucoup de mouvements ici, on ne sent rien en bas.
Donc, l'amortisseur fait son travail.
Les gratte-ciels Supertalls redessinent non seulement l'horizon des grandes villes, ils repoussent les limites de l'architecture et de l'ingénierie.
Leur course vers le ciel est loin d'être terminée.
Il y a un dicton amusant qui dit que New York sera formidable une fois qu'ils auront terminé de la construire.
On n'a pas encore fini et les Supertalls sont les petits derniers de la famille.
