La veille de Notre-Dame

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6 déc. 2024
Les caméras de KTO ont été témoins de l'extraordinaire aventure de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. A la veille de sa réouverture, retrouvez les images les plus marquantes des grandes étapes du chantier. Avec un entretien exclusif de Mgr Ulrich, archevêque de Paris, ainsi que de Philippe Jost, président de l'Etablissement public Rebâtir Notre Dame. C'est aussi l'occasion de découvrir les derniers préparatifs de ces derniers mois, depuis le retour des cloches dans le beffroi nord à l'harmonisation du grand orgue. L'engagement exceptionnel des compagnons, artisans et artistes permet à la cathédrale Notre-Dame, cinq après l'incendie, de redéployer sa vocation spirituelle. Une émission présentée par Etienne Loraillère.
Bonjour à tous. Avec ces cloches qui sonnent à la volée, nous retrouvons déjà Notre-Dame.
À la veille de la réouverture de la cathédrale, la rédaction de KTO vous propose de retrouver les images marquantes de ce chantier du siècle
et les préparatifs de ces derniers mois pour que tout soit prêt lorsque l'archevêque de Paris frappera les portes de sa crosse épiscopale à plusieurs reprises pour en demander l'ouverture.
Pour cette émission, Mgr Laurent Ulrich a accordé à KTO un entretien exclusif, ainsi que Philippe Jost, le président de l'établissement public Rebâtir Notre-Dame.
Nos caméras et nos journalistes ont été les témoins de la restauration de la cathédrale.
Voici un premier regard sur les cinq années de cette extraordinaire aventure.
C'est que la France montre qu'en cinq ans, elle a été capable de tenir son engagement de rouvrir cette cathédrale.
Je crois qu'il va de l'honneur de notre pays et nous mettons tout en œuvre pour que l'archevêque de Paris retrouve en 2024 l'usage de sa cathédrale.
Pour les restaurateurs, c'est vrai que c'est un chantier exceptionnel parce que ça permet vraiment de pouvoir restaurer la cathédrale dans son ensemble et de la faire connaître.
La flèche est en bord de Seine, c'est dans un gros courant d'air, donc le flux doit être très résistant.
Il y a des pièces qui, par rapport à d'habitude, peuvent être doublées, voire triplées.
Plus de 2000 hommes et femmes ont travaillé à la restauration de la cathédrale.
Compagnons, charpentiers, maçons, tailleurs de pierre, couvreurs, artisans d'art, artistes, échafaudeurs, architectes, ingénieurs et tant d'autres métiers.
Tout au long des travaux, nous avons pu suivre leurs œuvres à travers la série de reportages Notre-Dame en chantier.
On les a vus renouer avec des savoir-faire ancestraux, recourir aux technologies de pointe pour reconstruire les charpentes et la flèche dévorée par le feu,
rebâtir les voûtes en pierre qui se sont effondrées, manier le métal aussi.
C'est ce que nous découvrons à travers le reportage de Vincent Fayolle.
Ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle la forêt.
La charpente de la Neffe et du cœur de Notre-Dame a nécessité plus de 1000 chaînes pour être reconstruites à l'identique.
Et 1200 chaînes ont été nécessaires pour le transept et la flèche avec ses 2000 points d'assemblage.
Certains de ces arbres ont été donnés par des particuliers, comme Philippe d'Arcourt dans la Sarthe.
Que cet arbre soit consacré à la restauration de Notre-Dame, ça me paraissait donner un surcroît de sens à mon activité de gestionnaire de forêt.
Ces chaînes, venues de toute la France, ont ensuite été taillées, écorcées et carrées alliant technique moderne et ancestrale.
Fabriquées dans plusieurs ateliers de France dans l'Eure ou encore dans le Maine-et-Loire,
les premières fermes de la charpente de la Neffe et du cœur de Notre-Dame sont posées l'été 2023.
L'arrivée de ces imposantes pièces triangulaires d'une hauteur de 14 à 16 mètres est un moment émouvant pour les équipes du chantier.
De voir que tout fonctionne, que la ferme va bien à sa place, qu'il n'y a rien besoin de tailler, re-tailler, que tout est bon.
En général, le levage pour un charpentier, c'est que du bonheur, ça se passe forcément bien.
C'est ici, à 30 mètres de hauteur, que les compagnons travaillent à pied d'œuvre pendant des mois pour reconstituer l'ossature de la cathédrale,
conscients de la grandeur de leur mission.
C'est quand même un haut lieu spirituel sur lequel on travaille et on remarche dans les traces de nos prédécesseurs.
Le paysage a beaucoup changé, mais on est quand même sur le même travail qu'eux, avec quelques améliorations.
Des améliorations comme des modélisations 3D du comportement de la flèche, des grues et outils de levage modernes
qui ont permis à ces équipes d'avancer à une vitesse record.
Six mois après l'arrivée des premières fermes, le bouquet final est posé sur la charpente du cœur.
Dans le même temps, la flèche de Viollet-le-Duc monte vers le ciel.
Pointant à 96 mètres de hauteur, sa chute sur le toit avait effaré le monde entier.
Sa reconstitution à l'identique est un des plus gros accomplissements de ce chantier.
Le 8 décembre 2023, le président de la République vient constater la fin de la pose de la charpente de la flèche.
Après le temps des charpentiers, arrive le temps des couvreurs.
De 1700 plaques de plomb de 52 kg viennent recouvrir la nef et le cœur,
ainsi que différents ornements de toiture en plomb, comme les outaux et les crêtes de fêtage.
Ça se passe en plusieurs étapes.
On fait descendre les tables de plomb, les unes dans les autres,
et après on va refermer tous les joints ensemble pour recouvrir et étancher toute la couverture.
A l'abri, ce sont les maçons tailleurs de pierre qui, au printemps 2024,
mettent une touche finale sur la voûte de la croisée du transept.
On vient de passer quelques semaines à monter des voûtains.
Au préalable, on avait monté la voûte avec ses nervures et l'oculus central.
Là, on vient de finir l'opération de fermeture de la voûte.
Les voûtains ont été entièrement montés.
Actuellement, nous sommes aux finitions.
Je pense que je fais partie d'une chaîne.
D'autres auraient pu le faire, on a fait notre part.
D'autres qui nous suivront feront leur part aussi, nos anciens l'ont fait.
Voilà ce que moi, ça m'inspire.
Maçons, charpentiers, gâcheurs, sculpteurs, ce sont plus de 2000 artisans et ouvriers
qui ont permis à la cathédrale de retrouver ses voûtes et son toit, et sa flèche si emblématique.
Il y a cinq ans, Rémi Fromont et Pascal Prunay,
deux architectes en chef des monuments historiques, ont été appelés en renfort par Philippe Villeneuve,
l'architecte en charge de Notre-Dame.
En particulier pour la charpente pour l'un et pour la reconstruction des voûtes pour l'autre,
nous les avons retrouvés au chevet de la cathédrale.
Ils se souviennent aujourd'hui de ce qu'ils avaient en tête devant la cathédrale meurtrie par l'incendie
et l'immensité du travail à accomplir.
C'est un peu comme un médecin urgentiste quand il a un grand blessé qui arrive aux urgences.
En fait, il faut agir tout de suite et très vite.
Donc il faut se poser beaucoup de questions, les bonnes questions,
et il faut agir de manière simple et efficace.
Paradoxalement, il n'y a pas tellement de temps de pleurer et de se poser des questions sur ce qu'on a perdu.
Quand Philippe Villeneuve m'a appelé, j'avais évidemment été informé.
C'était quelques jours après l'incendie.
Comme tout le monde, tous les Français, beaucoup de gens dans le monde d'ailleurs,
j'étais au courant de ce drame.
En fait, je n'y croyais pas.
Je me suis dit « mais pourquoi est-ce qu'il m'appelle ? »
Il m'a confié ce qu'on a appelé l'opération des chapelles test.
C'était en fait établir un protocole qui partait de la dépollution de la cathédrale
parce que l'ensemble des murs était nappé par de l'oxyde de plomb
et il fallait que les compagnons puissent travailler dans un contexte sain
qui leur permette de faire leur métier normalement et pas en scaphandre.
Ensuite, c'était d'établir tous les protocoles de restauration.
Je connaissais déjà très bien la cathédrale avant d'être appelé par Philippe pour la sécurisation après la restauration
parce qu'avec Cédric Transo, il y a une dizaine d'années,
on a effectué les relevés des charpentes gothiques de la cathédrale.
C'est-à-dire qu'on a relevé les charpentes de la Nef et du Coeur dans tous leurs détails.
On a dessiné ça à la main sur des papiers de format A3
et on a documenté ces charpentes parce qu'on avait appris il y a dix ans
qu'il y avait très peu de documentation sur la charpente médiévale Notre-Dame de Paris.
Et ça a été décisif ?
On s'est rendu compte assez rapidement après l'incendie
que ces relevés étaient extrêmement robustes, extrêmement complets,
même plus que ce qu'on pensait.
Et c'est vrai qu'ils se sont avérés être la pièce maîtresse
pour pouvoir faire la restauration des parties Nef et Coeur de la cathédrale.
Dans cette reconstruction à l'identique, cette aventure extraordinaire,
il a fallu retrouver des techniques ancestrales, des gestes multiséculaires ?
Oui, la restauration à l'identique, ce n'est pas seulement restaurer une forme,
c'est aussi retrouver tous les gestes, les outils, les techniques du Moyen-Âge.
Alors pourquoi est-ce qu'on a préconisé ça ?
D'abord, la restauration à l'identique, on pense que ces charpentes
avaient une très très grande valeur patrimoniale,
une très grande qualité technique et une très grande qualité historique.
Notre-Dame est sans doute le premier grand exemple
d'une grande charpente de cathédrale très aboutie techniquement
d'un point de vue conceptuel et d'un point de vue technique
avec par exemple l'usage systématique du tonneau de mortaise
qui est un assemblage qu'on utilise encore aujourd'hui,
qui est très simple mais qui est hyper efficace
et qui se systématise à Notre-Dame de Paris.
Et à l'autre bout de la chaîne, vous avez la flèche de Notre-Dame de Paris,
construite par Bellu, l'entrepreneur, Véloduc, l'architecte,
et Georges, le gâcheur, qui est en fait le charpentier
qui a conçu toutes les pures de la flèche.
La flèche de Notre-Dame de Paris était un chef-d'œuvre de complexité,
d'intelligence et de summum technique au niveau des savoir-faire
de la charpente massive en bois avec les méthodes traditionnelles.
On avait sur le même édifice ces deux grands ensembles,
l'ensemble médiéval, l'ensemble 19ème,
qui eux seuls résumaient quasiment l'histoire des charpentes.
Dans les monuments historiques, les travaux, ça fait toujours sens.
Mais à Notre-Dame, on a le sentiment d'avoir retrouvé
l'élan des bâtisseurs de la cathédrale.
Cette richesse était due au fait qu'il y a eu un plan magistral au départ,
très beau, et ce plan a été mis en œuvre
à une époque d'évolution, de transition de l'architecture gothique.
Donc on a tout tiré vers le haut.
On a haussé cette cathédrale de 20 pieds au-dessus de ce qu'étaient les précédentes.
On est passé de 80 à 100 pieds de haut, de 26 m à 32,5 m.
Et on a une cathédrale qui est d'une beauté, d'une élégance, d'une finesse,
où tout donne l'impression d'avoir été à la limite de la matière
et qui s'est révélée être un lieu d'expérimentation fantastique.
Et cette expérimentation, on le voit sur les voûtes.
On fait 3 étages au lieu de 4, on agrandit toutes les baies
et on remonte les murs pour porter les charpentes nouvelles
qui se libèrent de la trame des voûtes
et qui se créent dans une économie liée à la réalité du bois et de la charpente.
Et c'est là que est venue toute l'idée de la justification
de la reconstruction à l'identique des charpentes.
On a essayé de comprendre quelle était la géométrie de ces voûtes
et pourquoi, quelles étaient les déformations, quelles étaient les raisons
et quel chemin on devait retrouver pour faire en sorte
que ces voûtes soient au plus près de ce qu'elles étaient,
mais aussi qu'elles soient plus stables.
On a eu la chance de bénéficier d'un document formidable
qui était un scan 3D, un nuage de points,
qui avait été fait par un historien américain, Andrew Tallon.
On s'est aperçu qu'on avait finalement une perception déjà très fine
des éléments qui étaient détruits.
C'était aux demi-centimètres près, donc ça suffit pour une reconstruction.
Et ça nous donnait l'échelle à peu près précise des pierres qu'il fallait remplacer.
Donc on a pu faire un travail extrêmement précis
de réparation qu'on pourrait appeler à l'identique
avec quelques légères modifications
qui ont été faites pour redonner de la forme à des éléments affaissés
et de la stabilité aux éléments réparés et reconstruits.
Qu'est-ce qui a été le plus dur ?
On a eu l'impression de constamment trouver des solutions
pour rester dans les délais.
Ça, c'était une chose extrêmement compliquée.
Le plus dur, je pense, c'est le délai,
mais il y a la responsabilité qu'on porte sur la cathédrale.
Qu'on le veuille ou non,
les travaux qu'on fait au XXIe siècle,
entre 2019 et 2024,
rentrent dans l'histoire de la cathédrale.
On a eu nos travaux,
et donc on porte une responsabilité extrêmement lourde
vis-à-vis de la cathédrale,
vis-à-vis de nos contemporains et vis-à-vis des générations futures.
Ça, ça m'a volé vraiment quelques insomnies, pas mal de cheveux blancs.
Récemment, j'ai quelqu'un qui m'a dit
qu'il avait regardé les photos de moi ces dernières années
et que j'ai beaucoup blanchi.
En fait, c'est lié, je pense, aussi au stress
et à la responsabilité qu'on porte sur l'édifice.
Ce que Notre-Dame vous a appris ?
Ce que Notre-Dame m'a appris, c'est l'importance de l'humain.
C'est-à-dire qu'un chantier comme ça,
si vous n'avez pas d'humain, vous n'avez pas de chantier.
C'est énormément de savoir-faire.
Une cathédrale comme ça, c'est une cathédrale de savoir.
Et je crois qu'en fait, pour moi, c'est sans doute ça.
Je le savais déjà un petit peu, mais je l'ai vraiment réalisé.
Je l'ai vécu au plus profond de moi-même, là, sur ce chantier.
Ce que Notre-Dame m'a appris, au niveau de l'architecture,
c'est la beauté d'une architecture très dépouillée, simple, inventive,
qui se dépasse, qui cherche à aller toujours plus loin.
Et qui était forcément l'œuvre d'un grand mouvement
qui était capable de produire ça.
Et ça, c'est fantastique.
Rémi Froment nous a confié les larmes aux yeux
combien il avait été touché vendredi 29 novembre dernier
lorsque 1300 compagnons, artisans d'art, artistes et mécènes
sont entrés dans la nef de la cathédrale
pour retrouver le président de la République
qui effectuait sa dernière visite de chantier.
Et comment le brouhaha a laissé place au silence
devant la splendeur de l'édifice.
Depuis cinq ans, c'est l'établissement public
en charge de la restauration de Notre-Dame
qui a conduit, porté et coordonné les opérations.
L'organisme, créé spécialement après l'incendie en 2019,
a d'abord été présidé par le général Georges Olin,
puis par Philippe Jost, qui revient pour nous
sur le chemin parcouru et ce pari fou
de rebâtir Notre-Dame en cinq ans.
C'était un pari fou, mais pari tenu.
Pourquoi ? Je crois qu'on n'a jamais douté,
réellement douté. Je n'ai pas souvenir d'un moment
où on se soit dit, on n'y arrivera pas.
Et ça, je crois que nous le devons,
en particulier au général Georges Olin,
qui a incarné cette confiance
et qui a transmis cette confiance autour de lui.
Général Georges Olin, qui était le premier président
de l'établissement public et votre prédécesseur.
Oui, et qui a disparu en montagne en août 2023.
Quand on voit la cathédrale aujourd'hui,
on oublie les phases de sécurisation,
l'inquiétude même pour le bâtiment, l'édifice.
Oui, dans les premiers jours et les premières heures
qui ont suivi l'incendie, on se demandait
si le monument allait tenir,
s'il n'allait pas avoir des effondrements,
d'où des actions d'étailement, des actions de consolidation.
Qu'est-ce qui vous a marqué le plus
dans la phase de restauration, donc la deuxième phase ?
Je crois que j'ai été très frappé
par la qualité des savoir-faire,
des compétences mobilisées pour cette restauration,
parce qu'on a en France des entreprises,
des artisans d'art qui détiennent
des savoir-faire extraordinaires.
C'est une base de compétences insuffisamment connue en France,
mais dont on peut réellement être fier.
Par nos appels d'offres, 140 appels d'offres et marchés de travaux,
on a pu sélectionner les meilleurs d'entre elles
qui voulaient travailler sur ce monument.
Et on a eu le bonheur de constater
que ces hommes et ces femmes étaient à la hauteur
des défis de cette restauration.
Sur Kateo, on vous a vu à plusieurs reprises,
toujours d'apparence tranquille, posée dans la maîtrise.
Est-ce que ça dit quelque chose de ce qui s'est vécu sur ce chantier ?
Je crois que ça dit effectivement qu'on mène à bon port
une aventure de cette envergure,
avec de l'organisation, de la planification,
une vision, des conditions à réunir.
Ce succès, c'est le succès d'une aventure collective
faite d'hommes et de femmes.
Et ça ne fonctionne ou ça fonctionne parce que
c'est ensemble, avec de la proximité, avec de la confiance,
qu'on travaille et qu'on résout ensemble
les difficultés qui se présentent.
C'est imminent, la cathédrale ouvre maintenant ses portes.
Pour autant, les travaux ne sont pas terminés.
Vous nous en dites un mot ?
Nous avons notamment toute une phase de travaux
qui va commencer parce qu'il reste des dons
de l'élan de générosité d'avril 2019.
Il reste 140 millions d'euros
qui permettent enfin d'engager des travaux
dont la cathédrale a besoin depuis longtemps
et qui d'ailleurs commençaient à être planifiés
au moment de l'incendie.
Donc on va pouvoir prendre ces travaux en main
en commençant par le chevet de la cathédrale,
les grands arcs-boutants du chevet.
Également la Sainte-Christie,
qui a besoin de restauration extérieure.
Alors ce sont des travaux extérieurs
qui vont commencer pour environ trois ans.
Et puis il y aura encore quelques échafaudages
sur la cathédrale dans les mois qui viennent
parce que la base de la flèche
doit être recouverte de plomb.
Et donc c'est quelque chose qu'on va faire
dans les premiers mois de 2025.
Donc il faudra vivre avec cela.
Nous veillerons à ce que la vie retrouvée
de la cathédrale puisse ne pas être affectée
par ces travaux.
Mais après tout, beaucoup d'églises
et de cathédrales en France fonctionnent
avec des travaux extérieurs,
parfois même intérieurs.
Là au moins pour Notre-Dame-de-Paris,
on n'aura pas de travaux intérieurs
puisqu'on a veillé à ce que
tout l'espace intérieur soit totalement nettoyé,
restauré pour la reprise de la vie culturelle
de la cathédrale.
Quel est votre état d'esprit
quand vous voyez cette cathédrale
et les travaux effectués ?
J'irai jusqu'à dire que c'est un très grand bonheur,
une très grande fierté du travail accompli.
Et cette joie et cette fierté,
ce n'est pas celle de Philippe Jost,
c'est celle des milliers de compagnons,
d'hommes et de femmes avec les architectes
qui ont porté cette restauration
et qui ensemble sont heureux et fiers
du travail accompli.
Merci à Philippe Jost et à l'établissement public
pour la confiance et le partenariat
que nous avons noué,
également avec le diocèse de Paris,
pour vous faire vivre en image
l'avancée du chantier tout au long de ces années.
Avant de retrouver l'archevêque de Paris
pour un entretien exclusif,
je vous propose de nous arrêter maintenant
sur les travaux réalisés ces derniers mois.
Au début de cette émission,
on a entendu les huit cloches du Beyfroit Nord,
cette tour attaquée par les flammes
et sauvée par l'engagement héroïque des pompiers.
Eh bien ces cloches,
elles ont fait leur retour à la cathédrale
mi-septembre.
Arrivées ce jeudi 12 septembre,
Gabriel, Anne Geneviève, Jean-Marie,
Benoît-Joseph, Étienne, Maurice,
Denis et Marcel ont toutes été bénis
par le recteur archiprêtre de la cathédrale,
Mgr Ribadou Dumas.
Répand du haut du ciel
ta bénédiction
sur ces cloches.
Elles signifient ainsi que
elles sont invitées à
rassembler les gens,
c'est pour rassembler les fidèles,
à les faire vibrer d'une même joie parfois
et parfois d'une même émotion
lorsqu'une douleur s'abat sur l'humanité.
Ces cloches, soigneusement nettoyées
et restaurées par la fonderie normande Cornillavare,
ont réintégré le Beyfroit Nord
de la cathédrale Notre-Dame de Paris
à la fin du mois de septembre 2024.
Là on est dans la remontée,
c'est-à-dire qu'on hisse les cloches du sol
à la chambre des cloches,
les huit cloches qui vont de 800 kg
à 4,1 tonnes
et ensuite là on est dans
la salle des cloches ici et on va
répartir les cloches à leurs emplacements initiaux
avant l'incendie. Les cloches deviennent
de plus en plus grosses, c'est les plus lourdes
aussi en même temps et donc
il faut échapper à toute une série
d'obstacles. C'est une opération
qui est réfléchie
depuis plusieurs mois
voire plusieurs années.
Voilà le son des cloches
qui a déjà retenti lors de tests
de sonnerie il y a un mois.
En revanche, le grand orgue de Notre-Dame,
c'est l'archevêque de Paris, Mgr Ulrich,
qui va le réveiller ce samedi 7 décembre
lors de l'office de réouverture
avec un dialogue étonnant
qui rappelle combien l'orgue est au service
de la liturgie, de la prière.
Le grand orgue qui va retrouver
toute sa puissance pour louer Dieu
après 5 années qui n'ont pas été
de tout repos pour les facteurs d'orgue
et les organistes.
Construit en 1733, le grand orgue
de Notre-Dame est le plus grand de France
avec des milliers de tuyaux répartis sur 3 étages
et actionnés par 115
jeux d'orgue. Christian Lutz,
maître d'oeuvre de restauration de l'instrument,
suit l'avancement des travaux de près.
Après l'incendie, on s'est rendu compte
très vite que l'orgue était restée intacte,
les tuyaux n'avaient pas fondu sous la chaleur,
il n'y avait pas eu d'eau
ou très très peu d'eau qui avait coulé
un petit peu sur le côté, mais c'était vraiment tout à fait négligeable.
En revanche,
tout l'instrument était plein d'une sorte de poussière
jaune et il s'est avéré
très rapidement que c'était du monoxyde
de plomb qui vient de la
toiture de la cathérale
qui n'est pas dangereuse pour l'instrument
mais qui était dangereuse pour la santé humaine
donc il était évident qu'il fallait tout nettoyer
et comme vous voyez qu'il y a énormément
de tuyaux, il y en a à peu près 8000
dans tout l'instrument, il a fallu tout
démonter et tuyau par tuyau
les nettoyer.
Pour permettre cette restauration, l'orgue a dû
être presque entièrement démontée et
transportée vers plusieurs ateliers en France.
Les éléments les plus fragiles comme
les tuyaux de façade, les quatre grands
soufflets et le buffet ont été
restaurés sur place.
A la tombée de la nuit, lorsque les machines
du chantier se taisent et le bruit de la ville
s'atténue, une autre équipe prend
le relais. On essaye
d'égaliser les notes pour qu'elles aient
la même intensité.
Est-ce que tu peux renforcer celui-là s'il te plaît ?
Ok.
Parfois il y a des problèmes
de timbres, donc certains tuyaux qui sont
trop clairs ou d'autres qui ne le sont pas assez.
Ce soir, c'est Laurent
et Itaru qui travaillent ensemble pour
accorder l'intensité et le timbre de l'un
des claviers de l'orgue. Donc là je réduis
la lumière, c'est la fonte de
le passage du vent.
Chaque dixième de millimètre compte.
Avec des petits coups de marteau et
des tiges spéciales, il règle
les mécanismes intérieurs fragiles de chaque
tuyau pour garantir la perfection
sonore de l'orgue.
Un des moments les plus émouvants
de ces nuits est l'essai des jeux sur l'orgue.
Même si la plupart des notes ne
sonnent pas encore parfaitement,
pour Bertrand Catio, entendre ce son
est une grande joie. Il est
confiant de retrouver bientôt entièrement
le son majestueux de l'instrument.
Tout le monde
attend la réouverture et
attend d'entendre l'orgue de Notre-Dame parce que
l'orgue de Notre-Dame, c'est la musique
de la cathédrale. J'ai été
bercé là-dedans depuis
fort longtemps et
je ne suis pas trop inquiet
parce que vraiment tout ce que j'entends
aujourd'hui, avec même
une acoustique diminuée,
je retrouve l'instrument.
L'instrument est désormais prêt
à résonner de toute sa puissance
et à être réveillé par l'archevêque de
Paris lors de la réouverture.
Ce dimanche 8 décembre
lors de la première messe célébrée
à nouveau à Notre-Dame, Mgr Ulrich
va consacrer le maître hôtel
de la cathédrale. Le diocèse de Paris a commandé
un nouveau mobilier liturgique
installé il y a quelques jours dans la
cathédrale. Il a été conçu et réalisé
par Guillaume Bardet.
Devant Notre-Dame sur le point de réouvrir,
Guillaume Bardet, designer du
mobilier liturgique, attend patiemment.
Le camion vient d'arriver,
le camion qui contient
les éléments
principaux du mobilier liturgique
en bronze et
les socles en pierre.
Après quelques jours d'installation,
le designer peut enfin dévoiler
le fruit de son travail et de la fonderie
dromoise Barthélinie-Arc.
Devant le nouveau baptistère,
le vicerecteur de la cathédrale,
le père Norman, s'imagine déjà
célébrer dans Notre-Dame.
Le tout ce mobilier liturgique, il est destiné
à pouvoir célébrer les sacrements, à pouvoir
accueillir la grâce de Dieu, à pouvoir accueillir le ton de Dieu.
Et donc la beauté de ce baptistère,
à la fois il y a sa solidité,
à la fois son inscription dans
l'ensemble de la cathédrale et son harmonie dans la cathédrale
avec ce très beau couvercle
qui dit les eaux du baptême aussi.
C'est cette porte d'entrée
Tout le mobilier liturgique est en bronze
afin de répondre à l'exigence de noble simplicité
souhaitée par l'archevêque de Paris
Mgr Ulrich.
Le siège de l'archevêque,
la cathèdre, a été dévoilé ainsi que
l'hôtel, lieu central de l'Eucharistie
en présence de Philippe Jost, président
de l'établissement public Rebâtir Notre-Dame.
Et les 4 croix Guillaume ?
Les 5 !
Ce qu'on appelle les croix de consécration
et donc qui rappellent justement
ce moment où l'hôtel sera consacré
où l'archevêque verse
l'huile sainte, le saint crème
aux 4 angles
ensuite il en verse également sur toute la table
et ensuite
il l'étale avec sa main
et donc ce rappel symbolique aussi
5 parce que ça rappelle les plaies du Christ en croix
Donc il y a aussi toute cette symbolique qui est convoquée là
Chaque petit détail en fait
a toujours un rappel symbolique qui est extrêmement fort
La visite se termine à Lambon
depuis lequel la parole de Dieu sera proclamée
à partir de la réouverture
Mgr Olivier Ribadot-Dumas a été nommé
recteur de Notre-Dame en septembre
2022, accaparé par
ses années de travaux pour accompagner
la part qui revient spécifiquement aux diocèses de Paris
le mobilier liturgique, la chasse reliquaire
pour la Sainte Couronne d'Épines, les chaises,
l'éclairage, la sonorisation et surtout
la préparation de l'accueil des visiteurs
et des pèlerins. Au milieu de tout cela
Mgr Ribadot-Dumas s'était donné
un cap, c'est ce qu'il nous a confié
quelques heures avant la réouverture de la cathédrale
Comme recteur de la cathédrale
j'allais dire que je n'avais qu'un seul but
c'était de permettre aux parisiens de retrouver leur cathédrale
c'est-à-dire de faire en sorte
que ce qu'on allait reconstruire
ne soit pas simplement un magnifique édifice
mais que ce soit un édifice dans lequel
chacun puisse se trouver à l'aise
qu'il soit accueilli pour ce qu'il est
grand ou petit de ce monde
malade ou bien portant, jeune ou vieux
quelle que soit leur culture, leur langue
leur religion
parce que la cathédrale c'est la maison de tous
comme toute église
et que les parisiens avaient perdu leur cathédrale
ils avaient besoin de la retrouver
et donc en même temps je sais bien que Notre-Dame
est un lieu avec une dimension patrimoniale
indéniable
mais il fallait que la visite
organisée pour tous ceux qui viendraient
les 15 millions de personnes
soit aussi un témoignage de foi
et donc par le culte
célébré sur l'autel à la croisée des Transcelles
mais aussi par la beauté des oeuvres d'art
qui sont réinstallées
c'est bien ce même témoignage qui est donné
faire de la cathédrale
un lieu d'annonce
de l'évangile, un lieu d'annonce
de tous ceux que vivent les chrétiens
Comment vous avez vécu ce débat
sur l'entraide payante de la cathédrale ?
La réponse de l'église
a toujours été très claire
les cathédrales sont des lieux dans lesquels
il est important qu'on puisse s'y entrer
parce que ce sont des lieux de paix
des lieux d'intériorité
parce que je ne sais pas faire la différence
entre un visiteur et un pèlerin
parce que j'ai l'expérience de gens
qui entrent dans la cathédrale comme visiteurs
et qui s'arrêtent pour prier
et puis parce qu'en même temps
beaucoup de français, quels qu'ils soient
des gens qui avaient peu de moyens
ont donné pour la reconstruction de la cathédrale
et ça me semblait impossible
de leur faire payer l'entrée
Quel message à tous ceux qui veulent venir
découvrir la cathédrale et venir y prier ?
De ne pas hésiter à venir
en même temps
on sait bien que la cathédrale suscite un engouement
notre site internet
que l'on a mis en place a été submergé
dès les premières heures
donc il faut choisir le moment où on viendra
si l'archevêque de Paris a décidé que la période d'ouverture
de la cathédrale s'étendrait jusqu'au mois de juin
c'est-à-dire jusqu'à la Pentecôte
c'est pour permettre à tous de venir
tous trouveront un créneau grâce au site de réservation
peut-être pas dans les premiers jours
mais dans les semaines qui suivent
et donc je les engage vraiment à venir
pour faire une expérience spirituelle
pas simplement pour admirer
mais pour faire l'expérience spirituelle du beau
l'expérience spirituelle de ces pierres
qui sont animées par la grandeur de Dieu et le coeur de l'homme
Qu'est-ce qui fera pour vous la réussite
de la réouverture de la cathédrale au culte et à la prière
et votre préoccupation comme recteur ?
peut-être votre prière aussi ?
Ce qui est plutôt ma prière
et mon objectif c'est de faire en sorte
que tous se sentent à l'aise
vous savez la dernière phrase
que les visiteurs verront
ou les fidèles verront en sortant
c'est une phrase que j'ai voulu qu'on puisse inscrire sur la porte
la paix soit avec vous
ils ont vécu et j'espère qu'ils vivront
à l'intérieur de la cathédrale un moment de paix
je souhaite qu'ils puissent être témoins de cette paix
à l'extérieur de la cathédrale
parce que notre monde en a besoin
et que c'est le but de cette église
d'être comme le signe d'une paix possible
pour chacun à l'intérieur de lui-même
mais aussi entre les hommes
n'hésitez pas à vous rendre sur le site de la cathédrale
notre-dame-de-paris.fr
pour prendre connaissance des différentes possibilités
de visite ou de participation aux offices
vous pouvez aussi télécharger l'application
sur votre smartphone
avec des parcours audio gratuits
à Notre-Dame
vous pourrez à nouveau vénérer la Sainte Couronne d'Épines
à partir du 13 décembre
date de son retour à la cathédrale
acquise par Saint Louis au XIIIe siècle
cette relique de la Passion du Christ
a été confiée à Notre-Dame à partir de 1806
elle sera désormais présentée
dans une nouvelle chasse reliquaire
dont je vous propose de découvrir la fabrication
Fabriquée en pierre
en bois de cèdre et ornée de pavé
de verre disposé en auréole
la chasse reliquaire de Notre-Dame de Paris
prend la forme d'un rotable qui mesure
3,62m de hauteur sur 2,62m de large
il faut considérer
les fidèles
qui sont à la fois ceux qui visitent
et à la fois ceux qui
vont précisément
pour faire une dévotion
à cette relique
la première intention
c'était de créer un phénomène d'immersion
c'est à dire
le visiteur marche
déambule et il se trouve
à un instant précis
en confrontation
avec cette
grande chasse reliquaire
la question de l'immersion
est très importante
c'est pour ça qu'il y a
cette grande auréole
qui est surdimensionnée
dans laquelle chaque personne
sera immergée
là j'ai été contacté pour réaliser
les cabochons de verre qui composent
l'auréole autour de la couronne d'épines
donc ces petits pavés
ont un format bien précis
ils sont un peu
carrés, ils sont bombés comme ça
et il y a une croix qui est en creux
à l'intérieur, qu'on devine
dans l'épaisseur. C'est un travail manuel
c'est un travail minutieux
qui demande un savoir faire, un geste précis
et là on en a fait presque 400 pièces
360 épines
viennent se monter
se fixer dans une sorte de retable
les panneaux tels qu'ils sont là
vont être intégrés
dans ce
grand retable
et vont venir se fixer
dans les vides que l'on voit là
dans la structure
donc ça va créer quelque chose d'extrêmement lumineux
donc ça va donner une lumière
et une transparence
assez particulière
Le reliquaire sera au fond de la cathédrale
on ne le verra pas de manière immédiate
mais il faudra commencer le chemin dans la cathédrale
avancer dans la cathédrale
pour voir le reliquaire
se laisser surprendre par cette rencontre
et puis
ensuite à d'autres moments
dans la vie de la cathédrale
elle sera montrée
ce qu'on appelle les ostentions de la couronne d'épines
et encore à d'autres moments
en particulier les premiers vendredis du mois
elle sera présentée à la vénération des fidèles
c'est à dire qu'elle est sortie
du reliquaire pour que
chaque personne puisse individuellement
se présenter devant la couronne
La chasse reliquaire a été installée
dans la cathédrale en novembre
après la réouverture de la cathédrale
elle sera bénie par l'archevêque de Paris
et la couronne d'épines y sera déposée ce vendredi 13 décembre
Pour sauver Notre-Dame
il y a eu une incroyable générosité
843 millions d'euros ont été collectés
de la part de 340 000 donateurs
parmi lesquels d'importants mécènes
des institutions, des collectivités
des entreprises mais aussi
d'innombrables gens ordinaires
La Fondation Notre-Dame a été le premier collecteur
de fonds pour la restauration
et les aménagements intérieurs
avec des dons issus de 104 pays différents
Nous avons retrouvé Gaëlle Roux
la déléguée générale adjointe de la Fondation
Nous sommes le long
du flanc nord de la cathédrale
rue du Cloître Notre-Dame
là où sont les bureaux de la Fondation Notre-Dame
La Fondation Notre-Dame est intervenue
à un double titre pour la cathédrale
Notre-Dame de Paris, tout d'abord pour la
restauration de la cathédrale
à la suite du terrible incendie
dont chacun a la mémoire et puis
pour collecter afin de faciliter
et de financer
les aménagements intérieurs de la cathédrale
C'est plus de 60 000 donateurs
qui se sont mobilisés ainsi à travers
la Fondation Notre-Dame
Nous avons eu des familles qui se sont mobilisés ensemble
des artistes
qui ont décidé de donner leur oeuvre
ou de réaliser un concert
Nous avons eu également des entreprises
où des salariés ont décidé
d'organiser ensemble une cagnotte
au bénéfice de la Fondation Notre-Dame
et puis bien sûr des congrégations
des diocèses, des paroisses
qui se sont mobilisés
et des donateurs également issus de plus de
104 pays qui nous ont appelés
et qui ont concrétisé leurs dons
en faveur de la cathédrale
Alors bien évidemment il y a eu
un influx de courriers
depuis le lendemain de l'incendie
ça a vraiment touché tout le monde
Bien évidemment nos donateurs
ont tous les âges
des enfants jusqu'à des personnes
qui ont 95 ans
J'ai un exemple très bon d'une personne qui est venue
de Mongolie
Sa maman avait fait une promesse à Notre-Dame
et donc le fils
est venu nous donner
son don de la part de sa maman
Parmi les messages on a eu aussi
beaucoup d'autres religions qui se sont manifestées
et là nous avons
un courrier d'une communauté juive
qui nous dit
La catastrophe qui a dévasté la cathédrale Notre-Dame de Paris
nous émeut et nous attriste tous
Je tiens à adresser et témoigner à la communauté chrétienne
l'expression sincère de notre solidarité
Nous participons à l'appel national
lancé pour la reconstruction
de ce monument exceptionnel
et magnifique
Je vais vous lire un petit message d'Argelis qui a 5 ans
Bonjour, je donne mon argent
pour refaire la cathédrale
et refaire c'est
très très très mignon parce que c'est écrit
R.E.F.E.R.E
Voilà, ce sont des courriers
qui nous arrivent au quotidien
parce que les dons continuent également à arriver
La donatrice
nous dit très simplement
Voici une modeste contribution pour une grande cause
Merci de tout cœur
cordialement, Marie
La totalité des
fonds qui ont été collectés représentent
le montant très impressionnant
de plus de 840 millions d'euros
et la fondation Notre-Dame
a rassemblé grâce aux
grands mécènes mais également à tous les donateurs
près de 43%
de cette collecte
Nous avons été très touchés par
l'engagement des donateurs
la manière dont ils se sont confiés
l'histoire personnelle que chacun
finalement avait avec
la cathédrale. Au moment de cette
réouverture, je ressens le sentiment
d'une immense fierté d'avoir pu
participer à cette aventure
et une immense gratitude vis-à-vis
de tous les donateurs qui se sont mobilisés
Cette mobilisation, cet élan
populaire, nous avons pu le constater aussi lors
du retour de la Vierge à l'Enfant
à la cathédrale Notre-Dame. Après avoir
accompagné la prière du diocèse de Paris
pendant cinq ans à l'église Saint-Germain-Lauceroy
la Vierge Dupillia a retrouvé sa maison
le 15 novembre dernier
lors d'une grande procession dans les rues de Paris
Je suis là pour accompagner
la Vierge Marie à Notre-Dame
C'est un moment historique
parce que de fait c'est la première fois
et j'espère que c'est la dernière fois qu'on la raccompagne
dans sa maison parce qu'on n'a pas
l'intention d'avoir
à nouveau des catastrophes dans la cathédrale
C'est vraiment le jour
ce soir où on raccompagne
Notre-Dame dans sa cathédrale
et c'est une fois pour toutes
Pendant une célébration sur le parvis
une grande prière d'action moderne
pour remercier le Seigneur pour ce retour
de Notre-Dame dans sa cathédrale
C'était de fait un signe très beau
de voir la Vierge qui se tenait encore debout
dans la cathédrale après l'incendie
puis c'est évocateur pour nous
de la Stabat Mater de la Vierge qui se tient debout
au pied de la croix, qui se tient debout
dans les épreuves, qui continue
à nous transmettre son espérance
Là, durant la célébration
j'étais très touchée de la ferveur
et de cette popularité
qu'il y avait
On était nombreux, différents
et c'était beau de voir cette église se rassembler
les passants s'arrêter, j'ai trouvé ça très beau
et j'étais très émue
de nous qui chantions
la Vierge Marie qui se laissait faire
et d'entendre en même temps les cloches
qui sonnaient
J'avais le sentiment que cette cathédrale
revivait et qu'elle nous attend
Marie, la première en chemin
a retrouvé sa place sur le pilier dans la cathédrale
Après un retour sur ses 5 ans de travaux
et sur les préparatifs de ces derniers mois
je vous propose maintenant de retrouver
Mgr Ulrich qui nous a accordé
un entretien exclusif
dans le bouillonnement des préparatifs de la réouverture
Mgr Ulrich revient sur ses intuitions
pastorales pour la cathédrale
la manière dont il invite à vivre la réouverture
mais aussi ce qui l'a marqué
durant ses années de travaux
En 2022, il trouve une cathédrale
bardée d'échafaudage
lorsqu'il y prit le jour de son installation
comme archevêque de Paris
Les pensées qui m'habitent sont celles
des évêques sans cathédrale
Par là, je pense
à deux de mes
prédécesseurs, si j'ose dire
L'un, c'était
Mgr Villenay à Lille
quand il est arrivé évêque de Saint-Dié
en 1964
La cathédrale de Saint-Dié avait été dynamitée
pendant la Seconde Guerre mondiale
et elle n'était toujours pas réparée
Je me souviens de cela
parce que je fréquentais
les Vosges à cette époque
et quand j'étais adolescent
on allait
à la messe dans une
toute petite et très belle église romane
à côté de la cathédrale
et quand il est arrivé à Lille
la cathédrale de Lille n'était d'une certaine façon
pas terminée et il a décidé
de la terminer par la façade
que l'on connaît aujourd'hui
Je pense aussi à Saint-François de Sales
qui était évêque
de Genève et à l'époque
très troublée
de la survenue
de la séparation
avec les protestants
La ville de Genève était tenue
par les calvinistes
et il n'a jamais pu entrer
dans sa ville cathédrale et dans sa cathédrale
Il s'est replié sur Annecy
qui est aujourd'hui un diocèse
et il a vécu
pendant 20 ans son épiscopat
loin d'une cathédrale qui était la sienne
Voilà, ça n'est pas mon cas
Je suis arrivé, il n'y avait pas
de cathédrale disponible pour célébrer
mais au bout de deux ans et demi
c'est redevenu possible
donc je mesure ma chance d'avoir
enduré
simplement, si j'ose dire
ces deux années et demi
pour moi
et je suis heureux
de pouvoir
célébrer le mystère du Christ
dès ce dimanche
à Notre-Dame de Paris
Quels sont pour vous les gestes, les prières
qui vont être les plus marquantes
au cours de cette réouverture ?
Alors, le premier geste
c'est que je vais frapper
à la porte, au portail de la cathédrale
avec la crosse
et que
je vais donc marquer que
nous sommes tous
pas simplement moi, je serai évidemment
le premier à rentrer
mais nous sommes tous
diocésains de Paris
en attente de rentrer
dans notre église mère
dans l'église mère du
diocèse de Paris
et frappant à la porte
au portail sous le jugement
sous le tympan du jugement
je frapperai
à la porte du Christ
et je ne peux pas m'empêcher de
penser aussi que le Christ frappera
à notre porte
il sera là pour
nous demander
de bien vouloir l'accueillir
dans la maison
de notre cœur, à chacun
et dans la maison du cœur
de l'église
diocésaine de Paris
et comme cet événement
a une allure
bien sûr qui dépasse
beaucoup Paris, qui va jusqu'au
limite de la France et bien au-delà
comme il a une allure mondiale
j'espère que la question
posée par le Christ
ouvrira-tu ta porte
à ma venue
dans ce temps de l'Avent
de préparation de Noël, tout cela est fort
bienvenu et je suis heureux de cela
ça c'est le premier geste
le deuxième geste
voilà, on ne prie pas
sans chant, on ne prie pas sans musique
l'homme
qui chante, on n'arrête pas l'homme qui chante
disait-on
et surtout chanter c'est prier
deux fois, vieille formule
qui vient déjà de saint Augustin
et donc le réveil
de l'orgue qui
est capable par la multiplicité
de ses jeux de
traduire tellement de sentiments
humains
à l'égard de Dieu
que ce sera je pense un moment magnifique
et puis le lendemain la première
messe avec la consécration
de l'autel, geste tout à fait
symbolique, l'autel c'est le
Christ, le roc solide sur lequel on
s'appuie. Comment vous préparez
à vivre ces moments intenses
l'émotion parce que vous allez aussi
prendre possession véritablement de votre
cathèdre à Notre-Dame
Je me prépare, j'essaie
de le faire en pensant
davantage au Christ
et au peuple de Dieu qu'à moi-même
je pense que c'est
la charge
même du pasteur de se dire
que tout cela il le fait pour
permettre à chacun
de trouver la route vers le Seigneur
et
y compris à tous ceux qui ne sont
pas membres de l'église, à tous ceux
qui ne connaissent pas le Christ, à tous ceux
qui ne croient pas
en Dieu. Parce que c'est frappant justement
que les non-chrétiens, il y a les chrétiens
mais aussi les non-chrétiens à travers le monde qui sont
très attachés à Notre-Dame. Oui,
je pense que
la nuit du
15 avril 2019,
beaucoup de prières montaient vers le Seigneur
en beaucoup de langues
sur les berges de Seine
comme devant les écrans de télévision
du monde, en beaucoup de langues
et peut-être bien en suivant
beaucoup de religions
c'est-à-dire que je crois que
tout le monde priait pour que Notre-Dame
ne s'effondre pas. Et pourquoi, d'où est-ce que ça
vient cet attachement viscéral ?
Il se trouve que Notre-Dame
apparaît comme un lieu
de pacification et
d'unification et d'unité
et j'en suis très heureux. Alors il se trouve
aussi, à mon sens, que
l'architecture même de Notre-Dame
et ses
proportions extrêmement
équilibrées et magnifiques
touchent le cœur.
Il y a dans la cathédrale Notre-Dame
de Paris une
proportionnalité des
dimensions qui
rencontrent
le désir du cœur, je crois,
d'être construit comme cela
aussi avec autant
de résultats
pacifiques, enfin voilà,
pacifiants. La parole de Dieu n'est
souvent plus audible dans nos cultures
occidentales, contemporaines. Or
à ceux qui
veulent que les disciples se taisent
dans l'évangile de Luc, Jésus répond
s'ils se taisent, les pierres
crieront. N'est-ce pas ce à quoi on assiste ?
Bien sûr, je pense que c'est
vrai et j'ai
cité cette phrase
dans le livre que je viens de publier
les pierres crieront,
les pierres parleront et les pierres parlent
elles s'adressent aux hommes du
monde entier.
Quelles sont vos intuitions pastorales, Monseigneur, pour
Notre-Dame de Paris, pour l'accueil
des visiteurs des pèlerins ?
L'intuition de fond
c'est celle que j'ai dite à l'instant
c'est-à-dire c'est parce
que nous sommes catholiques, c'est parce
que nous avons une vocation universelle
que nous célébrons
le rite chrétien,
le rite catholique dans cette
cathédrale avec le sentiment que
ce rite chrétien nous oblige
à être ouvert
et accueillant à l'universel
du monde, c'est-à-dire
toutes les cultures,
toutes les populations
peuvent
venir admirer,
peuvent venir
découvrir une part
de ce que l'œuvre de
Dieu se manifeste ici
à travers le mystère
du Christ. Vous nous avez rappelé ce
Temple de l'Avent, la réouverture de Notre-Dame
c'est une invitation à la contemplation
et aussi à l'espérance.
Oui, c'est l'attente,
le Christ est venu
dans notre chair
humaine il y a 2000 ans,
nous attendons sa venue
définitive inaugurant
le royaume de Dieu,
le royaume de paix et
de justice pour tout homme,
toute créature
et entre-temps, il vient
dans le cœur de tous ceux qui sont prêts
à l'accueillir d'une façon
beaucoup plus invisible
puisque c'est incarné
dans la vie de ceux qui
veulent suivre le Christ, il vient
et c'est lui que nous attendons dans notre
propre vie. Merci à Mgr Ulrich
pour cet entretien, la cathédrale est
désormais fin prête pour accueillir pèlerins et
visiteurs pour répondre à sa vocation
spirituelle, bien sûr nous vous invitons
à suivre et vivre ce tridium
de réouverture avec Cathéo avec en
direct l'office de la réouverture ce samedi
7 décembre à 18h55, la messe
de consécration de l'hôtel dimanche 8
à 10h30 et la messe
de l'Immaculée Conception le lundi 9
à 10h30 et la chaîne est mobilisée
également pour la retransmission de
toutes les messes de l'octave de réouverture
avec également la reprise d'Évêpre en direct
de Notre-Dame à partir du 9 décembre.
La rédaction aussi est
sur le pont durant toute la période, vous
pourrez retrouver les horaires et notre
programmation spéciale sur notre site
www.cathéotv.com et nos
applis. Merci aux journalistes de la rédaction
pour la préparation de cette émission,
à Emmanuel Morlin, rédactrice en chef,
merci à l'équipe en régie, merci également
aux diocèses de Paris, aux équipes de la cathédrale
et celles de l'établissement public Rebâtir Notre-Dame
pour leur confiance. Je vous propose
de nous quitter avec des images
réalisées avant la réouverture au culte
de la cathédrale par l'établissement
public pour admirer,
contempler combien le spectacle
de désolation après l'incendie
a fait place cinq ans après à la
lumière, à l'éclat retrouvé de Notre-Dame.
Très bonne soirée à tous.
