Au lendemain d'élections législatives historiques, la présidente géorgienne dénonce une « opération spéciale russe » qui aurait permis au parti prorusse de remporter ces élections. Zoom sur le Caucase, une région stratégique pour la Russie ⬇️
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Bienvenue dans l'Essentiel, Dudos Soudekar,
aujourd'hui direction de Bilici, capitale de la Géorgie,
et cette femme qui appelle à de grandes manifestations
toute la semaine pour refuser que ce pays du Caucase
tombe dans l'orbite russe.
Cette femme, c'est Salomé Zourabichvili,
la présidente de Géorgie,
qui au lendemain d'élections législatives historiques
dénonce une falsification totale du scrutin,
une opération spéciale russe
laquelle aurait permis au parti rêve-géorgien
de remporter ces élections.
Le vainqueur du jour, c'est donc cet homme,
Bidzina Ivanishvili,
qui a fait campagne sur le rapprochement avec la Russie
pour éviter la guerre,
après avoir favorisé au printemps dernier
l'adoption d'une loi directement inspirée du Kremlin
pour bloquer, au nom de l'ingérence étrangère,
les voix discordantes.
Alors qu'en est-il de la validité de ce scrutin ?
Des observateurs indépendants présents sur place
ont dénoncé des pressions sur les électeurs,
des achats de votes, des agressions physiques
et des bourrages d'urnes.
L'occasion de nous souvenir que la Russie de Poutine
fait tout pour garder la main sur le Caucase
et ce, depuis longtemps.
Sortons nos cartes.
C'est un espace tampon entre la Turquie,
la Russie et l'Iran, le Caucase.
Au nord, la Ciscaucasie est russe.
En revanche, au sud, la Transcaucasie
est occupée par la Géorgie,
l'Arménie et l'Azerbaïdjan,
soit trois États aujourd'hui indépendants.
Le Caucase, une région à laquelle tient le Kremlin
depuis longtemps.
Souvenez-vous de la Tchétchénie.
Dès 1992, la république tchétchène d'Itskéri
refuse d'intégrer la fédération de Russie.
Entre 1994 et 1996,
une première guerre de Tchétchénie
oppose alors les troupes russes
aux nationalistes tchétchènes.
Elle sera suivie d'une seconde guerre de Tchétchénie
entre 1999 et 2000,
orchestrée cette fois par le nouveau maître du Kremlin,
Vladimir Poutine.
Mais venons-en à la Géorgie.
En 2004, la Révolution des Roses
porte le démocrate europhile
Mirail Saakashvili au pouvoir.
Il tente de faire reculer l'influence russe
de certaines régions autonomes de la Géorgie,
où sont stationnés les soldats de Vladimir Poutine.
Ainsi, Saakashvili engage à l'été 2008
les troupes géorgiennes en Abkhazie
et surtout en Ossétie du Sud,
déclenchant immédiatement une cinglante réplique du Kremlin
qui mènera l'armée russe jusqu'aux portes de Tbilissi.
Démonstration de force pour Vladimir Poutine,
qui obtient le maintien des bases russes
à l'intérieur même des frontières géorgiennes.
Mais cette pression russe n'a pas empêché la Géorgie
de se rapprocher de l'Europe.
Ainsi, en décembre 2023,
Bruxelles a accordé à la Géorgie
le statut de candidat à l'UE.
Souvenons-nous enfin de ces manifestations
impressionnantes de Géorgiens
pour dire leur attachement à l'Europe au printemps dernier.
Aujourd'hui, on considère qu'une large majorité de Géorgiens
veut rejoindre l'UE pour ses valeurs
ou à minima pour ses avantages économiques.
Même si on l'aura compris,
le bras de fer engagé avec les forces pro-russes
ne fait que commencer.
Voilà l'essentiel du Dessous des Cartes.
C'est fini pour aujourd'hui.
A bientôt.
Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org