Jérôme Rothen : "Le bilan de McCourt après 8 ans au club est une réussite. En faisant beaucoup d'effort, il a récupéré le retard financier qu'il avait au départ. Il a montré qu'il avait envie que l'OM gagne."
C'est donc l'anniversaire aujourd'hui du rachat de l'OM par Frank McCourt.
Huit ans exactement qu'il est à la tête de ce club.
Il y a eu deux phases, la première avec Jacques-Henri Hérault à la tête du club en 2021,
puis celle avec Pablo Longoria qu'on connaît aujourd'hui.
Alors sous Hérault, c'est là où l'OM a peut-être essuyé le plus de critiques,
mais c'est là où il y a eu quand même des résultats plutôt corrects, toujours dans le top 5.
Deuxième en 2020, finaliste de l'Europa League en 2018,
et avec Pablo Longoria ces derniers temps.
Il y a eu deux podiums, mais aussi cette huitième place la saison dernière qui fait un peu désordre.
Et deux demi-finales de Coupe d'Europe,
avec en plus une instabilité qui peut être discutable dans le mode de fonctionnement.
Alors quel bilan tirez-vous ?
Est-ce qu'on doit parler de réussite pour McCourt à Marseille ?
Vous pouvez nous appeler au 3216 bien sûr, ou lever la main, on vous fera passer le micro dans le public.
Jérôme ?
Écoute, moi je vais être clair.
Oui, c'est une réussite, pour plein de choses en fait.
Parce que là on parle du propriétaire, donc déjà il faut voir les finances,
comment elles sont, et ce qu'il a investi.
McCourt, c'est plus de 550 millions.
Millions d'euros investis depuis huit ans.
Donc c'est quand même de l'argent.
Beaucoup, beaucoup d'argent.
Donc c'est sûr que c'est pas les millions et les milliards des Qataris,
mais c'est beaucoup d'argent.
Donc ça montre à quel point il a voulu s'investir.
Déjà dans un premier temps.
Après, il y a ce que représente l'OM aujourd'hui.
L'OM, quand il a pris l'OM il y a huit ans,
ils étaient 75e, ils étaient 80e à peu près à l'indice UEFA.
Aujourd'hui ils sont peut-être dans les 30.
30, 35.
Ils sont dans les 35 meilleures équipes européennes.
Donc ça veut dire qu'il y a une réelle progression.
Et cette réelle progression, elle est arrivée d'un point de vue sportif.
Moi, j'étais pas forcément d'accord sur le mode de fonctionnement
des dernières années de Pablo Longoria, et je l'ai dit.
Je trouve que ce qu'il a fait, la remise en question,
ce qu'il a fait cette année, et là encore,
McCourt, il a investi beaucoup après une saison blanche l'année dernière.
C'est peut-être une des premières.
Il a remis quelqu'un avec lui aussi.
Nacia qui est arrivée aussi.
Steve, c'est bien gentil de remettre quelqu'un et tout ça.
Sauf qu'il a remis de l'argent.
Alors que la saison, elle était blanche.
Pas de compétition européenne, catastrophique.
Tu peux pas construire avec un effectif qui change quasiment à 80%.
Avec des entraîneurs qui se succèdent.
Il y en a eu trois ou quatre l'année dernière.
Donc ça a été un échec.
L'année d'avant, dans le recrutement, c'était pas terrible.
Et ça, c'était aussi dû à Pablo Longoria et son instabilité.
Sauf que là où Pablo, moi, j'ai l'impression qu'il m'avait menti,
il nous avait menti, c'est-à-dire qu'il y a deux, trois ans,
on l'avait fait en interview, je me souviens,
il parlait de cette stabilité qui était importante pour les clubs.
Mais sauf qu'il l'a pas mis en place.
Il l'a pas mis en place pourquoi ?
Et aujourd'hui, on s'en rend compte.
Non, c'est parce que financièrement, l'OM, ils sont revenus à flot.
Il a fait beaucoup, beaucoup d'efforts, McCourt, là-dessus.
Et les gens qui sont avec McCourt, l'entourage,
donc Pablo Longoria en a fait partie,
pour que, financièrement, ils récupèrent le retard qu'ils avaient il y a huit ans.
Il y a eu des grosses crises à gérer, je suis d'accord.
Mais sauf que quand tu mets tout ça en avant,
tu te dis, mais McCourt, aujourd'hui, on peut dire vente ou pas vente,
parce que qu'est-ce qu'on n'a pas entendu.
Depuis 4-5 ans, le club, il est à vente, il cherche qu'à vendre.
Sauf qu'à chaque fois, il essayait de changer la façon de faire sportivement
en injectant de l'argent, en recrutant des joueurs,
qui ont été même surprenants,
parce qu'il y a eu des entraîneurs qui sont arrivés,
qui se sont mis sur le banc de l'OM,
où franchement, à part même De Zerbi,
mais avant De Zerbi, il y a quand même eu des entraîneurs de renom,
qui avaient déjà gagné.
Donc ça, c'est aussi des efforts financiers.
Et là où moi, j'ai beaucoup de respect pour McCourt,
et quand je te dis que c'est une réussite,
c'est que là, la saison, elle était blanche l'année dernière,
il a investi beaucoup d'argent sur De Zerbi,
avec tout son staff, avec les gens.
Il a ramené Benatia, il a ramené des gens.
Quelle décision il a prise ?
Mais celle-là, celle-là, c'est important.
La seule décision, c'était de mettre de l'argent.
Ce qu'il a très bien fait, c'est ce qu'il fait depuis le début.
Je vais te dire, là, c'est la progression en interne qui a changé.
Non, mais pas du tout.
L'arrivée de Benatia, le choix d'entraîneur consécutif.
C'est pas McCourt qui fait tout le sportif.
L'arrivée de Rabiot, tu sais comment ça s'est passé ?
Benatia et Longoria.
Mais arrête.
De Zerbi.
De Zerbi, c'est Benatia.
Arrête de lui donner des compétences sportives.
Je te dis juste, Benatia, c'est de Zerbi.
C'est ses idées.
C'est l'idée aussi de reprendre Rabiot et prendre Hochberg,
et tout ça, ces joueurs-là.
Sauf qu'une fois qu'ils sont rentrés en contact avec ces joueurs-là,
tu crois que le coup de téléphone important de Pablo Longoria,
McCourt...
Écoute, on a peut-être la possibilité de faire de Zerbi
avec huit adjoints.
On a peut-être la possibilité de faire Rabiot
alors que le Mercato est fermé.
Qu'est-ce qu'il a dit, McCourt ?
Parce qu'il a envie.
Et là, il m'a montré qu'il avait envie que l'OM gagne
et que l'OM soit imprégné, McCourt, aujourd'hui.
Il a investi beaucoup d'argent.
Pour moi, depuis huit ans...
Tu lui donnes un rôle sportif.
Donne-lui un rôle de banquier
et qu'il fasse confiance à Longoria et à Benatia.
Et je trouve ça très bien.
Mais toi, tu lui donnes d'autres rôles.
Il n'a qu'un rôle depuis qu'il est arrivé.
Peut-être même, au début, le mauvais rôle,
c'était de mettre de l'argent et de s'occuper un petit peu.
Non, le problème, c'est que les deux premières années...
Je donne la parole à vous derrière, Manu.
Mais les deux premières années, le problème,
c'est que les 200 millions qu'il a mis...
Rappelle-toi l'effet d'annonce qu'il a mis.
On a mis 200 millions.
Ils sont partis en fumée.
À cause de qui ?
À cause d'un mec, l'ancien président, héros,
qui était là, qui ne connaissait rien au football,
qui nous racontait des choses incroyables.
Il connaît, lui, McCourt ?
Mais lui, il s'est bien entouré, aujourd'hui.
Alors attends.
Jérôme, la question, en fait, c'est...
Huit ans, McCourt à l'OM, est-ce une franche réussite ?
Toi, tu dis que c'est une franche réussite.
Moi, je serais quand même beaucoup plus mitigé.
Lui, ce qu'il a mis, c'est une réussite.
Beaucoup plus mitigé que toi,
parce que déjà, c'est zéro titre en huit ans.
Oui.
On est à Marseille.
Avec tout le respect que j'ai pour le club de Ligue 1,
Marseille, c'est un club à part, quoi,
dans la passion qu'il y a dans cette ville,
qui transpire.
Tout le monde bat et vit au rythme
des résultats olympiques de Marseille.
Manu, il n'y a pas de titre,
mais je te coupe juste.
Huit ans, c'est six qualifications européennes.
C'est Marseille.
Attends, on joue en Ligue 1.
C'est Marseille.
Mais tu joues en Ligue 1.
Tu te rappelles d'où il venait ?
Tu mets Marseille en Première Ligue
ou en Bundesliga,
jamais ils atteignent le podium.
La preuve, l'année dernière,
ils n'ont pas réussi à se qualifier
pour la Coupe d'Europe.
Donc, comme quoi,
ce n'est pas parce que tu t'appelles Marseille
et que tu mets des moyens
que tu es sûr de réussir.
Tu es en train de nous dire
que c'est une franche réussite.
Zéro titre.
On a un président
qu'on surnomme l'Arlésienne
parce qu'on ne le voit jamais,
on ne l'entend jamais,
même quand il y a eu des problèmes
avec les supporters.
Il a brillé par son absence.
Le propriétaire.
Le propriétaire, oui.
Pas le président.
L'instabilité sur le banc,
l'instabilité dans le vestiaire,
des renouvellements
en veux-tu, en voilà.
Alors, certes,
Longoria a fait des miracles
pendant longtemps,
mais il ne va pas pouvoir
sortir sa baguette magique.
Donc, à un moment donné,
il y a quand même ça
à mettre dans la balance.
Tu ne peux pas lui dire comme Steve.
Je ne sais pas si tu penses ça.
Tu ne peux pas me dire
que tu dissocies le sportif du financier
parce que McCourt,
il n'est pas là pour le sportif.
Jérôme, pour gagner des titres,
on le sait bien.
Moi, je dis juste
que tout ce qui a été fait sur le sportif,
c'est Longoria.
J'aimerais que l'Olympique de Marseille
me propose un projet sur 3-4 ans.
Et c'est le cas, là, non ?
Mais je l'espère.
J'espère.
Attends, c'est le cas.
Tu ne sais pas si dans un an,
ils ne vont pas décider de tout virer
et de recommencer sur une page blanche encore.
Je suis désolé, Manu.
L'instabilité, ça manque cruellement à Marseille.
Mais non, mais l'instabilité,
là, ils ont communiqué dans ce sens-là.
Là, ils te parlent d'un cycle
de 3-4 ans avec deux herbes,
c'est la réalité.
Ils n'ont jamais parlé
d'un cycle de 3-4 ans
avec tous les autres entraîneurs.
La preuve, c'est que Longoria,
quand il a fait son interview
dernièrement dans l'équipe,
il t'a expliqué
qu'il avait une vision du football
qui n'était peut-être pas la bonne.
Il a reconnu ses erreurs,
mais c'était des one-shot.
Il voulait absolument,
comme vous le dites,
il voulait absolument gagner
la première année.
Sauf que là, il s'est rendu compte
après avoir fait des conneries
pendant trois ans,
de dire, bon, écoute,
cette méthode-là, ça ne va pas marcher.
Les one-shot à Marseille,
ça ne marche pas.
On peut faire une bonne année,
mais si l'année d'après,
il faut tout mettre de côté
et reconstruire,
il y a une année,
on va le prendre dans le nez.
Mais est-ce que c'est Macron
qui parle de ça ?
Non, mais il est quand même
à l'origine de ça.
C'est son argent, les enfants.
Oui, mais ce n'est pas lui
au niveau sportif.
Jérôme, il donne des compétences
sur le sportif.
Il y a quand même ce qu'on appelle
en France, c'est ce qu'on appelle
la DNCG.
C'est-à-dire qu'à un moment donné,
les mecs, c'est tellement marrant.
C'est comme si toi, moi,
je venais et je te disais,
avec ton argent, franchement,
achète ça, fais ci.
C'est quand même son oseille,
le mec.
Bien sûr, il n'a pas gagné
la Ligue des champions,
mais qui a gagné la Ligue
des champions en France ?
Après, je pense que la meilleure
chose qu'il ait faite,
c'est Mehdi Benazia.
Ça a été la meilleure chose
qu'il ait faite.
Mais qui ?
Makourt ou Longoria ?
Mais c'est qui qui le paye,
Benazia ?
Non, non, non.
C'est là où on a un point,
on n'est pas d'accord.
Mais c'est l'argent de qui ?
Oui, Makourt.
Injecte, valide ou invalide.
Il injecte quoi ?
De l'eau ou de l'argent ?
Non, de l'argent.
Mais c'est pas lui.
Sur la stratégie sportive,
tu lui fais confiance.
Ah non !
Ah, tu lui fais confiance.
Mais dans ce cas-ci,
tous les chefs d'entreprise
ne sont que des banquiers
avec ton raisonnement.
Non, quel chef d'entreprise ?
Bah, tous les chefs d'entreprise.
Ah non, non, non.
Mais ne parle pas
de chef d'entreprise.
Tu dis aussi beaucoup de choses.
Mais vous êtes des oufs,
en fait.
Le monde de l'entreprise
est le monde d'une technicité
où il faut avoir de l'expérience.
C'est totalement différent.
Est-ce que tu connais des potes
qui ont des entreprises
des ministry ?
Bah, je te dis pas pourquoi.
Parce qu'ils sont dans le bois
depuis longtemps.
Mais là, on parle d'eux.
Makourt, il arrive du football,
de la MLS.
Mais vous me racontez quoi ?
Il va pas te parler de 4-4-2,
il va pas te parler de tactique,
tout ça.
Il va pas être avec toi.
Mais c'est quand même lui
qui est à l'origine de ça.
Mais il n'y a pas de problème.
Mais on dit la même chose,
en fait.
La majorité des grands clubs
sont gérés de la même manière.
Mais c'est ça qui est très bien.
Mais Jérôme,
il lui donne
des compétences techniques.
Footballistique, à Makourt,
c'est ça.
Mais moi, ça me dérange pas
que Makourt injecte de l'argent.
Ça me dérange pas, moi.
Tu dis qu'en fait,
on lui doit tout.
Mais non.
Il a fait les bons choix.
Il a injecté de l'argent.
C'est très bien.
Qui valide.
C'est encore mieux.
Mais c'est pas lui
qui fait le projet sportif.
On comprend rien.
Mais il n'est pas obligé, Steve.
Moi, je suis d'accord avec ça.
Mais c'est parce que
j'écoute Jérôme.
Et en fait,
il a mis de l'argent.
Il a mis de l'argent.
Il est compétent.
Ça déposte.
Je suis d'accord avec ça.
Je comprends pourquoi
tu as vendu ta brasse.
Si c'est comme ça
que tu la gères.
Mais non.
C'est ton argent, Steve.
A un moment donné.
Je crois qu'on ne se comprend pas.
Je suis d'accord avec toi.
Je suis d'accord avec vous.
Mais c'est Jérôme
qui n'est pas d'accord avec nous.