Des compétitions clandestines à vélo se déroulent de nuit dans les rues des grandes villes du monde. Cette culture vivace des coursiers revendique le plaisir de rouler en ville et ensemble. Un mouvement en plein essor avec des coursiers historiques, un championnat du monde (CMWC) et une histoire vieille de plus de 40 ans racontée ici. Un film de Benoît Furic et Pierre Tremblay.
----------------------------------------------------------------------
Ne ratez rien de l'actualité sportive 👉 http://ow.ly/5etn30qnKgp Abonnez-vous à l'offre numérique 👉 http://ow.ly/wjz230qqgaU Regardez la chaine l'Équipe 👉 http://ow.ly/GE3O30qqg19 Suivez-nous sur :
Facebook 👉 http://ow.ly/fWOD30qnKgK Twitter 👉 http://ow.ly/d7Ya30qnKh1 Instagram 👉 http://ow.ly/NTtx30qnKhh Snapchat 👉 http://ow.ly/XGkv30qqfYg Twitch 👉 http://ow.ly/sWHt30qqg8M ----------------------------------------------------------------------
Aujourd’hui, L'Équipe, c’est une centaine de disciplines suivies, plus de 10 000 journées de reportages, plus de 100 tours du monde parcourus par plus de 300 journalistes pour être présents sur les terrains de sport du monde entier.
L'Équipe, c'est :
- le premier titre d'information sportive en France
- la première chaîne gratuite 100% sport en France
- le leader de l'information sportive en ligne
Dans la société, on est enseignés à ne pas faire
toutes les choses que nous faisons dans notre film.
C'est quelque chose qui attrape les gens.
Le vélo est l'expression ultime de la liberté.
Des milliers de cyclistes se feraient chaque jour
un chemin dans les rues des plus grandes métropoles.
La ville devient leur territoire, les rues, leur terrain de jeu.
Vous pouvez être un pro-raceur sur des stéroïdes,
mais si vous n'y allez pas, si vous n'avez pas les compétences
de la rue pour traverser le trafic, vous n'allez pas bien du tout.
La vitesse, l'adrénaline, la compétition,
voilà ce qui fait vibrer ces mordus de vélo urbain.
Être corsier, c'est un peu un mode de vie.
Il faut être un peu, pas taré, mais il faut être un peu foufoué dans sa tête.
L'essentiel, c'est de faire attention.
Faire attention aux voitures.
Faire attention aux policiers.
En selle, avec les fous du guidon.
Il y a dix ans, ils étaient une poignée à Paris.
Aujourd'hui, ils sont des centaines dans les rues de la capitale.
Les coursiers à vélo font partie du paysage urbain.
Yves Barjot est l'un d'entre eux.
Coursier en vélo, ça consiste à ramasser des plis, des enveloppes,
des petits cartons, des colis à n'importe quel endroit de Paris,
donc chez des avocats, dans des banques, chez des particuliers,
et aller livrer à un autre endroit, aller livrer en temps et en heure.
Chaque jour, il parcourt plusieurs dizaines de kilomètres.
Au minimum, tu peux en faire, je dirais, 60, 70.
Après, ça dépendra des courses que tu peux avoir.
Et après, tu peux monter à 140.
J'ai déjà fait 140, 150 kilomètres dans la journée.
La moyenne, après, c'est 90, 100 kilomètres par jour.
Comme Yves, de plus en plus de cyclistes participent,
en plus de leur métier, à des courses.
Dans cette communauté, on a ses propres compétitions et ses champions.
Pour savoir qui est le meilleur, il y a d'abord le championnat du monde.
Yves, l'un des favoris parisiens, y participait en août, à Paris, justement.
Aujourd'hui, c'est les championnats du monde des coursiers à vélo.
C'est les 24e organisés.
Du coup, c'est un peu important, parce qu'il y a quand même 500 ou 600 gars.
Ce serait bien de représenter un peu les Français, même si c'est chez nous.
Et d'essayer de mettre au moins un Français sur le podium.
C'est bon, prêt au départ ?
Prêt au départ. J'ai tout préparé.
Le garnin, la map, ma plaque de cadre.
La plaque sur le sac, il faut toujours la mettre aussi.
Et qu'est-ce qui figure sur la map, exactement ?
Sur la map, t'as des checkpoints.
Après, t'as des sens particuliers.
Si tu prends pas le bon sens, t'es disqualifié.
Lors de ce championnat, on prend la mesure du phénomène,
car il attire des cyclistes venus du monde entier.
Je m'appelle Taylor, je viens des Etats-Unis et je pédale en San-Francisco.
Je m'appelle Silja et je viens de l'Allemagne.
Je viens d'Équateur et je travaille comme messageur à Madrid.
Je m'appelle Peter, je viens de Yokohama.
Je m'appelle Mario, je pédale en Espagne.
Je m'appelle Ivan, je viens de Madrid et je travaille comme messageur.
Dans les championnats du monde des coursiers, t'as la main race.
C'est la course principale.
On te donne une feuille avec des checkpoints à réaliser.
C'est un circuit fermé.
C'est celui qui fera tous les checkpoints le plus vite possible.
Tu ramasses des plis à un endroit, tu les livres.
Tu fais 50 bornes de main race, mais t'es fatigué comme 3 jours de vélo.
De bons cyclistes, pas forcément coursiers,
vont également prendre le départ de la course.
Il y a un peu de monde.
Je suis par là, je suis par là.
Et là, ça va se dérouler comment, le départ ?
Ils vont mettre les manifestations dans les roues.
Ils vont expliquer un peu le truc, mais ce sera à priori comme les qualifs.
Et puis ça sera parti.
Ça va faire go et ça va sauter par-dessus les vélos.
Les championnats sont un événement très structuré.
Ils sont en fait comme un laboratoire pour déterminer,
à travers la simulation de travail, qui est le meilleur à faire son travail.
Parce qu'il y a un terrain de jeu de niveau.
Ce n'est pas le même que le travail de messager,
mais c'est une approximation très proche.
Sur ce circuit fermé, ces coursiers d'élite s'affrontent pendant trois heures.
Un ballet ininterrompu, où à chaque point de passage,
on réceptionne un paquet, on en reprend un autre.
C'est un peu comme au travail, mais sans les embouteillages
et sur un parcours chronométré.
Kevin Bolger, coursier new-yorkais depuis 1992,
observe cela en vieille habituée.
La course est en réalité secondaire.
Comme lui, la plupart sont là pour s'amuser et partager des codes communs.
Kevin fait partie de ces coursiers à vélo qui ont débuté dans les années 90.
A l'époque, être cycliste en ville était sportif, mais dans un autre genre.
Après trois heures de courses intenses faites par de nombreux cyclistes,
Je suis le premier cycliste à avoir été encore en voie de course.
Et je suis sûr que ce n'est pas la première fois que je m'occupe de la course.
Je suis allé à l'étage, je me suis réglé.
Et je suis allé à l'étage, je me suis réglé.
de sprints et d'arrêts incessants, les cyclistes ont enfin le meilleur d'entre eux.
C'est un Allemand qui devient le très officiel champion du monde des coursiers.
Yves Barjot termine finalement 12ème.
Mais il existe des courses beaucoup plus sauvages, les Alleycats.
Nées à Toronto au début des années 90, elles se déroulent en pleine rue et s'affranchissent
des règles de circulation.
Kevin Bolger les connaît bien, c'est lui qui les a introduites à New York.
A travers le monde, toutes les semaines, des Alleycats ont lieu.
Le principe est simple, un point de rassemblement en ville, un signal de départ et une liste
d'adresses à rejoindre le plus rapidement possible.
Cette forme débridée séduit des cyclistes souvent jeunes et de plus en plus nombreux.
Ils y revendiquent l'autonomie et une certaine réappropriation de la ville.
Exemple à Berlin, fin septembre, dans un parc à la tombée de la nuit.
Qu'ils soient coursiers, novices, jeunes cyclistes ou curieux, ils sont près de 80
à être présents ce soir-là.
Les gens viennent, ils disent leur nom et je les écris et ils payent ce qu'ils veulent
pour participer.
Jack, de Glasgow.
Oh, de Glasgow.
Tu viens juste pour les Alleycats, c'est dédié.
Oui, totalement.
Et quelles sont tes compétences ce soir?
Bonnes yeux, bonnes jambes, cerveau fonctionnel.
Donc, si tu vas 40 kilomètres par heure dans la rue, dans le trafic, quand il fait
sombre et que tu dois toujours trouver la meilleure route, oui, c'est challengeant.
Plus haut que l'arbre là-bas.
Et puis, quand ton vélo est là-haut, tu peux aller tout le long de la route.
Aujourd'hui, je ne sais pas si je peux aller au podium parce que je suis super fatigué
d'hier.
C'est une partie de la vie de messe, je pense.
Cinq adresses dans Berlin doivent être ralliées.
L'itinéraire le plus court pour le faire est d'une quarantaine de kilomètres.
Qu'est-ce que tu fais en ce moment?
J'ai mis un manifeste où les adresses sont écrites sur le vélo.
Oui, on va commencer dans quelques minutes.
Donc, oui, prenez soin de vous et on se voit bientôt.
3, 2, 1, go!
J'ai l'impression que le début est toujours le moment le plus excitant.
Tout le monde est hyper enthousiaste et se débrouille.
Une hallecat n'est pas seulement une course de vitesse.
Elle exige aussi de la réflexion pour décider du trajet le plus efficace.
Ensuite, les qualités de pilote font le reste.
Je me sens bien!
Je trouve que c'est très excitant de conduire dans la ville parce qu'avec une hallecat,
il n'y a pas d'autre course qui a plus de variables.
C'est la course la plus amusante, la plus délicate, la plus variable, la meilleure et la plus rapide.
On va à 50, 60 kilomètres par heure, plus vite, tu sais,
parce qu'on prend des voitures, des voitures et tout le reste.
Donc, c'est aussi la course la plus rapide que tu peux faire.
Cette hallecat est une sorte d'immense course d'orientation
qui a lieu secrètement dans la capitale allemande.
Un coup de tampon valide le passage.
Et c'est reparti pour le prochain.
Après une heure et demie et quelques douleurs musculaires,
Max remporte la course du soir.
Je suis curieux de voir ce que dit Strava.
L'adrénaline, voilà ce qui excite ces cyclistes urbains.
Animés d'un fort sentiment de liberté, ils aiment par-dessus tout en profiter en groupe.
Pour eux, rouler en ville, c'est un choix et c'est pour exister.
Les rues sont le meilleur endroit pour prendre du plaisir.
Pour ces cyclistes, à New York comme ailleurs, l'excitation tient en un mot.
Cette communauté, Lucas Brunel la suit depuis 20 ans.
Il l'a vue se populariser, mais la base n'a pas changé.
C'est pas parce que on l'a fait parce qu'ils avaient pensé que c'était génial d'être sur un vélo,
de pouvoir s'occuper de tout et de courir tout le temps.
Et c'est pareil aujourd'hui, les gens aiment le travail.
C'est la chose, ils aiment le travail,
mais ils compètent constamment quand le travail est terminé,
et ils vont courir et tout le reste.
Donc ils sont plus dédiés que toute autre profession.
Aux Etats-Unis, plusieurs villes voient émerger ces cyclistes d'un nouveau genre,
revendiquant leur liberté à New York ou à San Francisco.
C'est également à New York que se déroule la course de vélo urbain
la plus prestigieuse et la plus déjantée.
Elle a lieu chaque année depuis le début des années 2000.
Les règles de la Monster Track sont extrêmement simples.
Roulez en vélo à pignon fixe et sans freins.
La Monster Track New York City est un tour de France pour les Alleycats.
Ce n'était pas la première, mais c'est certainement la plus importante.
C'est un grand crédit de rue si vous gagnez une course comme celle-ci.
Si vous gagnez la Monster Track, c'est énorme.
C'est un grand respect.
Le succès de la Monster Track illustre cet engouement.
Ces courses séduisent aujourd'hui un public plus large qui dépasse l'univers des coursiers.
Cette scène d'Alleycats et de coursiers est moins sous-terrain qu'elle l'était avant.
Vous devriez connaître les gens sous-terrains.
Il n'y a pas autant d'endroits sous-terrains qu'il y avait avant.
C'est un problème.
Mais les courses ont attiré plus de gens que les coursiers.
Ils ont attiré des coursiers urbains, des commuters, des professionnels,
des gens qui s'intéressent à la course.
Il y a eu une tendance dans les Alleycats,
où l'organisateur veut tirer un Alleycat,
et ils font juste une feuille de point de contrôle,
et vous devez prendre une selfie avec eux.
Une des belles choses des Alleycats,
c'est que vous ne pouvez tirer qu'un Alleycat
si vous avez 10 personnes pour vous mettre sur la rue.
C'est une vraie communauté.
Mais prendre 10 photos de vous-même,
ici, là, là et là,
c'est cher.
C'est moins cher.
Quand j'ai gagné, rien n'a changé.
Je ne reviens pas au travail et je me dis « Quoi de neuf ? »
« J'ai gagné le championnat du monde, vous devez augmenter mon prix. »
Ça ne se passe pas.
Parfois, j'envoie un paquet,
et le client me dit « Waouh, c'était vraiment rapide ! »
Et je me dis « Je suis le meilleur au monde ! »
Et ils rigolent et ne me prennent pas sérieusement.
C'est un bon sentiment d'être le meilleur au monde à quelque chose.
C'est fou.
Votre statut attire des sponsors ?
Oui, je pense que oui.
Honnêtement, oui, probablement.
Vous portez un short de Red Bull ?
Oui, ils sont venus me voir il y a longtemps.
Ils m'ont sponsorisé avant que j'aie des titres comme ça.
Ce n'est pas vrai, j'ai eu d'autres titres.
Je veux dire, peu importe.
Comme lui, des riders essentiellement américains
commencent toutefois à être sponsorisés par quelques marques
attirées par le parfum encore sauvage de la discipline.
Il y a beaucoup de riders.
C'est génial.
Je ne sais pas.
Je ne connais personne qui achète une maison avec ça.