2 Vues de vidéo·10 sept. 2024
La vie et l'oeuvre de Charles Péguy témoignent d'un engagement total dans les grands combats de son temps: il fut militant socialiste éclairé, puis journaliste et ardent défenseur du capitaine Dreyfus avant de s'affirmer comme un audacieux et lumineux poète, conciliant le spirituel et la quête de l'absolu avec la réalité de notre condition humaine. Le documentaire "Charles Péguy, l'artisan du verbe" est une rencontre avec cet homme épris de vérité et cette pensée, dont l'héritage culturel, humaniste et visionnaire a tant à apporter au monde d'aujourd'hui. Sa voix libératrice parvient jusqu'à nous, le temps d'un film, comme l'une des plus vivantes que la création littéraire ait jamais portée. Une coproduction KTO/CRESCENDO MEDIA FILMS 2024 - Réalisée par Yves Bernanos
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[Applaudissements]
en 1914 la menace d'une guerre se
concrétise et devient une réalité
mondiale l'écrivain Charles pegy dénonce
l'hypocrisie pacifiste et déclare que
pour tuer la guerre il faut faire la
guerre Peggy ajoute celui qui ne se rend
pas est mon homme quel qu'il soit et
d'où qu'il
viennent lieutenant de réserve
part dès la
mobilisation au tout début de la guerre
la première bataille de la mar ne fait
rage le régiment de pegy doit attaquer
l'ennemi mais les deux officiers
supérieurs périssent et les soldats sont
livrés à eux-mêmes l'un d'entre eux
témoigne quand le capitaine est tombé au
pied de l'arbre de tramb qui est 200 m
ici à droite il a pris effectivement le
commandement de la compagnie a sorti son
épée du fourau et s'est dressé devant
nous en criant le capitaine est tombé je
prends commandement suivez-moi en avant
à la baonnette nous avons donc suivi ce
brave lieutenant sur quelques dizaines
de mètres mais les rafales de
mitrailleeuse était telle qu'il a fallu
se coucher il restait debout sous la
rafale et à ce moment une balle est
venue frapper ce pauvre lieutenant au
front et il est tombé sans un CR dans un
souffle disant simplement oh mon dieu
mes enfants comment s'appelait ce
lieutenant ce lieutenant le pion c'était
mon lieutenant c'était
Charles au lendemain de sa mort la revue
allemande di action l'immortalise à
travers ce portrait signé par l'artiste
d'avant-garde
Egon Chile dans un esprit de fraternité
universelle selon un témoin l'expression
du dernier visage de Charles pegy était
d'un calme infini
[Musique]
c'est là à cet endroit précis dans ces
vastes plaines qui entourent villeeroi
en cemarne que la voix de Charles pegy
s'estue à tout jamais le 5 septembre
114 dès lors elle ne sera plus que cette
voix intérieure fidèle salvatrice et
impérissable dans les replis de cette
terre qui lui a inspiré tant de pages et
de poèmes c'est achevé l'itinéraire de
péy celui d'un homme est pris de justice
et
engagé confronté aux épreuves de la vie
et de l'histoire qui compte parmi les
écrivains les plus inspirés de la
littérature et les plus grands poètes de
son
temps il y a quelque chose de pire que
d'avoir une mauvaise pensée c'est
d'avoir une pensée toute faite il y a
quelque chose de pire que d'avoir une
mauvaise âme et même de se faire une
mauvaise âme c'est d'avoir une âme toute
faite il y a quelque chose de pire que
d'avoir une âme même perverse c'est
d'avoir une âme
habituée les mots de qui sont souvent
ceux d'un combattant d'un adepte de la
punchline dirait-on aujourd'hui un
siècle plus tard ces mêmes mots sonnent
ou cognent juste et touchent leur
ciblees les trahisons les opportunismes
les impostures en faisant appel au plus
profond de nous dans cette quête d'une
absolue sincérité Peggy s'adresse tout
autant à ses adversaires qu'à lui-même
et par conséquent à nous
tous pegy s'est lancé dans la vie avec
beaucoup de générosité ça aussi ça fait
partie de de son tempérament
et beaucoup d'innocence en s'engageant
sur le terrain politique en découvrant
le monde il a été affronté à des
dysfonctionnements à des compromissions
à des lâchetés c'est très fréquent dans
la vie politique ça l' mis en difficulté
par rapport à ses camarades socialistes
notamment et il n'a jamais perdu cette
capacité à être scandalisé par le fait
de faire passer son intérêt personnel
avant l'intérêt général il dit il n'y a
pas de péché dans mon
œuvre pas beaucoup d'artistes qui
pourraient dire ça je pense que c'est
vrai voilà un homme qui dans sa vie et
dans son œuvre n'a pas été complaisant
au
mal Charles pegy vient au monde le 7
janvier
1873 dans une France meurtrie par le mal
de la guerre qui fut perdu face au
prussien en
1870 à cette défaite s'ajoute la
tragédie sanglante de la Commune de
Paris ces événements si douloureux mais
constitutif de la 3e république le
marqueront profondément dans sa vie
personnelle comme dans sa relation à
l'histoire déterminante et toujours
[Musique]
engagée son père désiré pegy succombe à
un cancer de l'estomac 10 mois après sa
naissance son fils attribua toujours sa
maladie aux fatigues et aux privations
du siège de Paris lorsque désiré
défendait la
capitale désiré était ouvrier
menuisier ses mains subvenaient au
besoins de sa famille il laisse le
souvenir d'un homme doux et
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travailleur l'enfant grandit dans un
entourage essentiellement féminin avec
sa mère
Cécile et sa grand-mère
elles étaient toutes deux rampailleuses
de
chaise en cette are industriel
l'artisanat populaire est avec l'usine
l'unique gagne pas et le seul
savoir-faire de bien des
pauvres à force d'expérience on investi
dans un petit établi comme ici celui de
la
grand-mère de cet esprit artisanal
Charles conservera toute sa vie le sens
de l'ouvrage
accompli du détail et du
[Musique]
dépassement j'ai vu toute mon enfance
rempailler des chaises exactement du
même esprit et du même cœur que ce même
peuple avait taillé ses
cathédrales il fallait qu'un bâton de
chaise Fû bien fait il ne fallait pas
qu'il Fû bien fait pour le patron il
fallait qu'il Fû bien fait lui-même en
lui-même pour
lui-même une
tradition venue du plus profond un
honneur voulait que ce bâton de chaise
Fû bien fait
toute partie dans la chaise qui ne se
voyait pas était exactement aussi
parfaitement faite que ce qu'on
voyait c'est le principe même des
cathédrales le travail pour Peggy c'est
d'abord un mode de vie le mode de vie de
sa
famille il a grandi entre sa mère et sa
grand-mère qui étaient des femmes
laborieuses des femmes sans hommes et
donc Peggy est a été confronté à ce
labeur féminin c'était un travail qui
s'effectuait à la maison hein c'était
pas à l'atelier ni à l'usine et pour lui
c'était naturel ça a été sa première
école il était enfant unique mais il
fallait qu'il prenne sa part des travaux
de la maison et il a laissé des récits
très émouvants sur cette première
enfance où il décrit son bonheur à
partager cette vie de travail
son milieu d'origine c'est vraiment les
petits artisans du faubourg Bourgogne
qui est donc un quartier un peu excentré
d'Orléan les amis qui étaient autour de
lui étaient également artisans avec un
fort ancrage républicain c'était des
gens qui avaient une certaine culture et
euh Peggy est resté fidèle à ce
peuple parce qu'il en était issu mais
aussi parce que il l'admirait et il a
toujours euh était contre une sorte de
préjugé bourgeois qui voudrait qu'on
doive enseigner le peuple pour pegy le
peuple a son savoir a sa culture et donc
il gardera toujours cette révérence
cette fierté et jamais au grand jamais
Peggy ne deviendra un bourgeois
j'aimais travailler j'aimais travailler
bien j'aimais travailler
beaucoup je ressemblais ainsi à ma
grand-mère qui était une travailleuse
dure et qui avait tant travaillé dans
son existence qu'elle en avait le corps
tout cassé et quand j'avais bien
travaillé ma grand-mère et ma maman me
faisaient des compliments dont j'étais
délicieusement
heureux il suit aussi son catéchisme
dans la paroisse de l'église
saint-énian si les obligations
quotidiennes le
permettent Peggy a grandi dans un milieu
où la religion n'avait pas une grande
importance il est baptisé il fait sa
première communion tout en en racontant
que ça lui a fait perdre du temps et
qu'il en est il aurait préféré passer ce
temps
autrement ce n'est pas un enfant très
mystique et dans sa famille on ne va pas
à la messe parce qu'on a pas le temps il
faut travailler Peggy se voit lui-même
comme un drôle d'enfant sérieux et grave
qui n'aime pas beaucoup jouer car cela
n'est guerre amusant mais si l'enfant
pegy désire imiter les adultes le pegy
adulte lui va s'appliquer plus tard à
imiter
l'enfance l'enfance de pegy est une
sorte de point fixe vers lequel il veut
toujours revenir pourquoi est-ce que
c'est un point fixe pegy écrit dans
l'argent en 1913 que tout est joué avant
que nous ayons 12 ans pour lui c'est là
que se creuse la personnalité de chacun
c'est dans ce moment d'innocence face à
la dégradation à ce vieillissement qui
est la vie en quelque sorte que tout se
construit et ce vers quoi on revient
sans cesse pour le journaliste Matthieu
Girou l'enfant est la figure qui semble
se dégager des multiples aspects de pegy
écrivain poète militant chrétien car
c'est en enfant qu'il fut chacun d'entre
eux ici se manifeste cette relation si
profonde et si particulière entre son
œuvre et sa
vie l'enfance et la jeunesse sont pour
lui un état de commencement perpétuel où
la pensée et l'identité se forgent dans
une quête de vérité là où les adultes
choisissent le clan des habitués pour pé
il faut faut-être fidèle à ce que l'on
est et ce que l'on est c'est ce que l'on
a été dans son enfance c'est pour ça
qu'il a en tête toujours cette figure de
Jean d'c qui est cet enfant soldat en
quelque sorte ce qui a très bien montré
d'ailleurs du monde dans l'adaptation
qu'il a fait de la Jean d'c de Peggy où
il fait jouer à tous les âges de la vie
de Jeanne une jeune fille cet enfant
soldat qu'une seule effigie immortalise
de son vivant de manière douce et naïve
va accompagner puis inspirer Peggy dans
son jeune âge et durant toute sa
vie sans doute était-il fait pour
cheminer l'un vers l'autre
est un hasard si la rencontre s'est
faite à orléon la ville d'enfance de
l'écrivain et celle où Jeanne la puelle
âgé de 17 ans chassa l'occupant anglais
lors de sa plus grande victoire le 8 mai
1429 ici jeanne est partout présente
même sous nos
pas
elle a sa maison où Jeanne séjourna
après la bataille
d'Orléan le lieu fut détruit par les
bombardements de 1940 et reconstruit
depuis à
l'identique cette bâtis historique a été
un lieu d'inspiration pour pegy dans sa
première uvre la pièce intitulée Jean
d'c aujourd'hui l'endroit est peuplé par
les différents visages de Jean
dans sa pièce Peggy fait exister la
sainte de 13 à 17 ans dans son enfance
ses batailles et son
procès son personnage est si incarné et
si proche qu'il en devient véritablement
vivant
elle ressemble à une petite sœur
soucieuse du sort des hommes sensible et
déterminée face à l'injustice une
héroïne d'autant plus bouleversante
qu'elle apparaît bien réelle loin de
toute dimension mythique
la foi de Jeanne s'y exprime avec autant
de ferveur que de puissance poétique
même dans l'angoisse surnaturelle que
lui infligent ses juges
elle qui voudrait pourtant que chacun
soit sauvé du désespoir et du châtiment
oh j'irai dans l'enfer avec les morts
d'anné avec les condamnés et les
abandonnés sur le bûcher de bois sera ma
mort
humaine la flamme embrasera mon corps
pour la douleur et moi je serai là sans
avoir un espoir d'espérance à jamais
d'apaiser la douleur d'un seul des
douloureux d'en consoler un seul du mal
fou de
l'absence je voudrais bien savoir mon
Dieu si il est vrai que je me sois Dané
la danation est un thème qui parcourt
toute l'œuvre de pegy et qui la parcourt
dès l'origine on voit là une sorte de
révolte et derrière ce refus de la
dation il y a le refus de ce que pegy
appelle un scandale çaa éloigné du
christianisme dans les premières années
de sa vie c'est cette incompréhension
qu'il puisse exister un enfer cette
espèce de d'absence éternelle à jamais
ce silence qui ne se terminera jamais et
qu'il exprime dans sa première Jeane
d'Arc et qu'il exprime dans sa deuxième
Jeane d'Arc pour lui c'est une
incompréhension incroyable un scandale
inadmissible qui va l'éloigner de la
religion puis le rapprocher de la
religion puisque il va considérer que la
grâce est une manière d'être sauvé de
cette danation Charles pegy écrivit
Jeanne d'Arc dans la maison de son
enfance à l'âge de 24 ans tous les
fondement de sa pensée et de son œuvre
s'y trouve déjà réunie dans le
rayonnement éclatant de son génie
précoce la sainte de Don réi sera
toujours présente dans sa vie comme un
guide familier ou une part de
lui-même si le jeune pegy se révèle
dramaturge dans sa maison natale c'est
en tant qu'écollier que bien plus tôt il
y fait ses devoirs avec
assiduité son amour du travail bien fait
s'y exerce toujours avec application et
Constance en dehors des travaux ménagers
ou
artisanaux dans le récit tendre et
émouvant de son plus jeune âge pierre
commencement d'une vie bourgeoise il
raconte sa joie profonde et lumineuse
d'être élève à l'école
primaire l'instituteur disait au
sous-mître que j'étais un bon petit
garçon qui était bien sage et bien
savant et qui travaillerait bien je
savais tout cela depuis longtemps mais
jamais je ne l'avais entendu dire à un
homme aussi autorisé à l'école primaire
d'Orléan Charles pegy a pour maître
directeur un certain Théodor noit
l'enfant excelle en classe c'est aussi
grâce à cet instituteur attentif à un
gamin sans père issu d'un milieu pauvre
il l'aide à obtenir une bourse en
1885 puis à entré au lycée d'Orléan plus
tard en 1911 Charles Peggy écrira cette
dédicace à Théodor nodi monsieur je n'ai
pas oublié que je vous dois tout puisque
c'est vous qui m'avez introduit aux
humanités dans ces dernières années
il rappellera que le meilleur visage de
la société française a toujours été pour
lui celui de ses instituteurs ses
hussards de la République comme il les
appelle qui se dévoue entièrement au
peuple très tôt sa pensée se forge dans
l'expérience de sa propre
vie la suite de ces études confirme
l'excellence de Peggy élève brillant au
lycée potier d'Orléan il obtient son
baccalauréat en
1891 avant d'être admis à l'École
normale supérieure au lycée Lacanal à
saut Peggy est un homme engagé et ses
engagements cette dimension de sa vie
arrive très tôt par ex exemple quand il
est en en Cagne en classe préparatoire
au lycée la Canale et bien il organise
avec certains de ses amis une collecte
pour les mineurs en grève de
carmau que défendait Jean jores donc
c'est quelqu'un qui a une conception
très concrète de l'engagement he
l'engagement c'est l'activisme il faut
faire des choses c'est pas seulement
défendre des convictions faire des
choses pegis c'est d'abord un un penseur
qu'on pourrait dire venu de la politique
venu de l'engagement politique il vient
des milieux républicains des milieux
socialistes et sa pensée c'est d'abord
une pensée de cette ordre mais ce n'est
pas du tout une pensée systématique par
ailleurs pegy est de formation
philosophique donc la pensée de pegy
c'est une pensée qui part de là avant
d'être une pensée littéraire ou une
pensée religieuse et théologique alors
que ce c'est pourtant de ce côté-là
qu'on le situerait volontiers
aujourd'hui or le cœur disons de cette
pensée ce qui fait sans doute le le
principe euh d'un bout à l'autre de de
son œuvre c'est un principe
d'incarnation c'est-à-dire que la pensée
de pegy est une pensée du terrestre du
charnel de la vie concrète telle qu'elle
est la vie concrète lorsque Peggy
commence ses études supérieures c'est
aussi la répression criminelle des
mouvements ouvriers comme à fourmis dans
le Nord le 1er mai
1891 où l'armée intervient à la demande
des patrons d'usine textile de la région
elle tire sur les participants d'une
manifestation festive et pacifique qui
réclam un 1emier mai Ferrier la
fusillade dure 45 secondes le bilan est
de Neu morts et 35 blessés Charles pegy
entre en socialisme comme on vit une
conversion
dit-il il découvre Jean jorè grand
intellectuel et professeur profondément
dévoué au peuple qui sera longtemps son
mentor par lui il apprend que la culture
humaniste émancipe l'homme tout autant
que les moyens
économiques l'esprit de camaraderie
s'affirme très tôt chez pegy comme dans
les cerclle d'affinité autour de lui à
la canal puis au collège Sainte-Barbe en
Cagne il rencontre Jules Isaac futur
historien des militants socialistes
comme Albert Lévi et surtout Marcel
Baudouin avec lequel se noue une
relation fraternelle il est admis à
l'École normale supérieure dans le
quartier
de ce prestigieux établissement il
écrira un poète connu compris classé
catalogué qui git imprimé au rayons de
cette stérile bibliothèque de l'École
normale et qui ne serait point quelque
autre part qui ne serait point couvé
dans quelques cœur est un poète
mort en juin
1896 son meilleur ami Marcel Baudouin
vient le voir à Orléan où péit traville
déjà depuis 1 an à l'écriture de Jean
d'Arc tous les deux préparent ensemble
l'avènement de la cité
harmonieuse dans cette ville idéale où
le travail ne poursuit pas d'autre
finalité que l'harmonie de
l'humanité pourrait s'épanouir ce que
Peggy appelle les âmes
amicales mais peu après Marcel meurt
brutalement d'une fièvre typhoïde
désemparé Peggy immortalise le espoir
dans un de ses premiers textes Marcel
premier dialogue de la cité harmonieuse
qu'il signe Marcel et Pierre Baudoin
Peggy a eu des amitiés parfois tourmenté
mais il était fidèle en amitié et parmi
les amis de pegy il y avait des gens
d'horizon très différents il y avait des
chrétiens il y avait des Juifs des
protestants il y avait des gens du monde
universitaire il y avait des gens de
Paris il y avait des gens venus de la
province Peggy a développé ses idées
socialiste à la fin du 19e siècle au
contact de ses de ses amis étudiants
dans l'effervescence de cette époque et
et et je crois qu'elles sont restés très
profondément ancré en lui toute sa vie
ça s'est traduit par sa vision d'une
cité harmonieuse ça s'est traduit par
les mots très durs qu'il a pour dénoncer
ceux qui d'une certaine manière
acceptent la misère
sociale la concurrence est mauvaise en
son principe il est mauvais que les
hommes travaillent les un contre les
autres les hommes doivent travailler les
uns avec les autres et non pas se servir
de leur travail pour vaincre d'autres
travailleurs la concurrence est cause
que les travailleurs ne sont point payés
selon ce qu'ils ont fait mais surtout
selon ce que leurs concurrents n'ont pas
fait enfin la concurrence internationale
est cause de la guerre de la paix armée
des mots qui suivent si l'on souhaite
vraiment comprendre Charles pegy il faut
partir d'une première révolte en lui qui
est le refus de l'injustice pour lui la
misère la misère que subissent les
hommes et les femmes sur terre avant
plus tard d'évoquer la damnation
éternelle sur le plan religieux la
misère terrestre est une forme de
danation terrestre et d'ailleurs il
reprend cette fameuse phrase de
l'international debout les d'années de
la terre à cette époque-là de sa vie euh
le modèle que Peggy se donne cette
fameuse cité harmonieuse à laquelle il
entend travailler c'est une cité qui
n'exclut personne une cité dont personne
n'est étranger or les danés ce sont les
éternels étrangers il me semble que
cette cette horreur de l'enfer et cette
enfin plutôt cette détestation de
l'enfer qui fait dire à la jeune Jeann
d' qu'elle serait prête à donner son
salut pour sauver les dannés et bien ça
va générer chez pegy cette vision d'une
humanité qui qui ne peut pas comprendre
enfin qui ne peut pas exclure à partir
de là et et ce sentiment d'injustice est
très ancré chez lui dès sa primejeunesse
à partir de là il va prendre une sorte
de décision définitive qui est de se
maintenir toute sa vie dans ce qu'il
appelle l'axe de détresse c'est-à-dire
refuser le confort refus du confort
intellectuel aussi
pour aller combattre par désir de
justice tout ce qui est misère misère
économique misère intellectuel misère
politique tout ce qui avilie l'homme en
quelque sorte et cel est très cohérent
avec à la fois son engagement socialiste
puis son engagement et sa foi chrétienne
à la fin de sa vie pour mener ce combat
le militant pégy se réfère à des valeurs
d'humanité essentielles qui sont celles
de de la
République l'école en est sans doute à
ses yeux le lieu d'apprentissage le plus
précieux ces mêmes valeurs composent
aussi ce qu'il appelle la mystique
républicaine selon lui cette mystique
est à la fois un héritage de l'ancienne
France et de la
révolution celle de
1789 celle de
1848 et celle de la commune
une mystique de l'élan du mouvement de
la lutte sans cesse renouvelée pour la
fraternité
universelle une mystique de la dignité
humaine qui est selon ses mot la force
invincible des
faibles Charles pegy épouse Charlotte
Baudoin sœur de son ami décédé Marcelle
Baudoin Charlotte issue d'une famille
d'intellectuels de gauche et incroyante
refuse de se marier à l'église et que
ses enfants soient baptisés Charles qui
se dit alors hâté de tous les dieux n'y
voit guerre
d'inconvénient leur fils qui va naître
bientôt aura pour nom
Marcelle le couple emménage dans le 5e
arrondissement de Paris
alors que les péis commencent leur vie
de famille paraît en janvier
1898 l'article jacuse d'Émil Zola son
texte taille en pièce la prétendu
culpabilité du capitaine Alfred drefus
condamné en
1894 à la déportation pour
espionnage il met en pleine lumière la
machination politique et antisémite du
procès qui divise la France entière et
s'appuie sur le travail pointilleux d'un
écrivain et journaliste juif Bernard
Lazar qui a d'ailleurs sensibilisé Peggy
à cette cause à l'École normale
supérieure quelques mois après
l'apparution du jacuse l'engagement de
pegy en faveur de drefus hivau d'être
arrêté puis surveillé par la
police procureur àpréfet de police très
urgent prière prendre très discrètement
et télégraphier renseignement sur pegy
Charles pierre 25 ans professeur libre
se disant licencié slettre ancien élève
de l'École normale pour violence à agent
à la sortie de l'affaire
Zola Peggy fonde une librairie
socialiste centre de la cause
drefusarde très bientôt le jeune homme
va jeter les fondations les plus
importantes de sa vie à travers la
création d'une revue de réflexion
politique littéraire philosophique et
résolument ancré dans son temps les
Cahiers de la Quinzaine bimensuelle
elle durera 14
ans alors que commence l'aventure des
cahers pegy résume ainsi l'essentiel de
son ambition dire la vérité toute la
vérité rien que la vérité dire bêtement
la vérité bête ennuyeusement la vérité
ennuyeuse tristement la vérité
triste la vérité c'est quoi c'est
d'abord la lucidité c'est la capacité à
voir le réel tel qu'il est or pour pegy
l'événement la réalité la vérité sont
quelque chose qui ne doivent pas être
déformés doivent pas être reformés et ça
va être le moteur de toute son écriture
de toute son œuvre Peggy se voit comme
un dissident intransigent face à toutes
les autorités qui veulent imposer une
forme de vérité officiel Peggy avait
tout pour devenir un professeur de
philosophie en province ce qui
d'ailleurs parfois a causé chez lui une
certaine mélancolie comme si il avait
raté une vie plus sereine et plus calme
qui aurait pu être la sienne à la place
ce qui a eu lieu c'est l'engagement un
engagement d'abord corps et âme dans la
défense de drefus et puis la Fondation
des Cahiers de la Quinzaine la revue
dont il était le le gérant ou le
directeur qui est aussi une forme
d'engagement en fait la pensée de pegy
le conduit à déserter justement une vie
plus calme consacrée à la pensée au
profit de l'action donc c'est tout le
paradoxe de la vie de pegy c'est que
c'est en tant que philosophe et que
penseur qu'il est amené à privilégier
l'action sur la pensée et sur la
philosophie on pourrait aussi le dire à
travers ce mot de mystique qui est si
important pour lui dans un de ces textes
dans la le dialogue de l'histoire et de
l'âme charnelle un des textes Postume de
pegy il reproche au cler c'est-à-dire au
Clerget de ce qu'il appelle une faute de
mystique une faute de mystique qui
consiste à avoir abandonné le siècle au
sens religieux du mot siècle
c'est-à-dire le monde terrestre le monde
terrestre parce que la mystique la vraie
mystique la bonne celle qui vient de
loin celle qui vient même de la
chrétienté médiévale c'est une mystique
de fondation c'est-à-dire qu'il faut
fonder comme on a fondé des abeers au
Moyen-âge et bien aujourd'hui il faut
refonder alors par exemple la paroisse
ou bien refonder un peuple refonder une
vie concrète et ça c'est l'engagement de
pegy veut fonder quelque chose c'est
même pour cela qu'il crée sa revue des
Cahiers de la Quinzaine qui se veulent
une espèce de petite cité parfaite en
acte et par là aussi il souhaite
régénérer la République pour lui les
caill de la Quinzaine c'est une cité
c'est une amitié c'est une république ça
a été son œuvre en réalité si on veut
comprendre ce qui a été l'œuvre de
Charles pegy il faut répondre ce sont
les cahers de la Quinzaine dans leurs
premières années les cahers de la
Quinzaine développent largement et en
détail les idées du socialisme en
relayant les prises de parole de ses
représentants la réflexion et l'action
politique qui sont au premier plan aussi
essentielle l'une que
l'autre les personnalités les plus
éloquentes s'y expriment tel jean jores
ou
clémenau la cause des minorités
opprimées y est particulièrement mise en
lumière dans sa douloureuse vérité
historique Bernard Lazar va signer un
numéro spécial sur la persécution des
Juifs en
Roumanie la défense d'Alfred drefus dont
Lazar est sans doute l'incarnation même
sera aussi la grande cause des cahers
Lazar trouve en pegy un esprit
philosémite profondément attaché au
judaïsme et à sa culture un adversaire
acharné de
l'antisémitisme et un ami
indéfectible sa mort en
1903 va causer une peine immense au
directeurs des
cahiers Peggy ouvre aussi les colonnes
de sa revue à de grands auteurs on y
écrit des récits
littéraires des drames théatraux
ou des textes philosophiques qui
éclairent notre regard sur le monde tout
comme l'actualité
politique ses propres œuvres vont
elles-même y trouver leur place au fil
du temps dans un espace d'une liberté
incomparable pour l'écrivain et le
poète ce qui caractérise l'œuvre de pegy
c'est d'abord sa profusion il a beaucoup
écrit il a pas publié de son vivant tout
ce qu'il avait écrit mais maintenant que
tout est édité ça fait quand même 4at
volumes de la collection la playéade
donc c'est quantitativement énorme et
cette profusion elle va de père avec une
grande diversité diversité des genres
Peggy a écrit en prose il a écrit en
verre les genres il en a même créé pegy
écrit des dialogues des situations des
notes donc dans le titre même de ces
œuvres on voit qu'il il veut pas
s'enfermer dans un genre préétabli il
crée son genre en quelque sorte donc ça
c'est la preuve d'une très grande
créativité d'une grande
richesse verbale et pourtant je crois
que la génér
du style est toujours là pegy ne sait
pas s'arrêter que ce soit dans la prose
ou dans les vers c'est interminable
c'est pas une écriture fragmentaire
c'est plutôt un flux dans cette
diversité de l'œuvre c'est comme si on
avait affaire
à un immense océan de mots
et au-delà de la séparation de genre
pour faciliter un petit
peu la recension de de l'œeuvre de pegy
il y a comme une immense unité une
profonde unité de l'œuvre dès qu'on lit
une page de pegy on sait qu'on a affaire
à
Peggy qu'est-ce qui caractérise cette
écriture c'est donc cette espèce de
rechassement tout à l'heure je parlais
d'océan et cet océan est composé de
vagues successives et qu'est-ce qu'il
veut faire il veut dire quelque chose il
veut faire jaillir quelque chose il veut
au-delà de tout le fatra dont on
peut-être en
il veut qu'il ait une parole comme de
vérité qui jaillisse et ce rassement ce
renouvellement permanent cette façon
d'approfondir de creuser c'est pour
faire jaillir quelque chose qui va nous
toucher en plein cœur et qui va nous
apporter une nourriture il veut nous
nourrir une lecture bien faite une
lecture honnête et comme une fleur comme
un fruit venue d'une fleur elle n'est
pas moins que le réel achèvement du
texte que le réel achèvement de l'œuvre
comme un
couronnement c'est une destinée
merveilleuse et presque effrayante que
tant de grandes œuvres puissent recevoir
encore un accomplissement un
achèvement un couronnement de nous de
notre lecture quelle effrayante
responsabilité pour pour nous l'écriture
de pegy n'est pas fermée ni sur
elle-même ni sur lui il ne il ne se
raconte pas il y a des passages
autobiographiques mais dont le sens est
toujours de nous faire sentir un monde
le monde de son enfance par exemple ce
qui me semble très fort c'est que dans
la diversité des genres il y a une voix
qui retentit et c'est bien celle de de
Charles
pegy une voix comme celle des
chansonniers et des prophètes qui tous
deux parlent au peuple et au plus
proches des
gens cette voix raésonne dans de Jean
cost qui rend un vibrant hommage aux
instituteur miséreux que la trè
République
délaisse il ne faut pas écr pegy que
l'instituteur soit dans la commune le
représentant du
gouvernement il convient qu'il soit le
représentant de
l'humanité il est le seul et
l'inestimable représentant des poètes et
des artistes des philosophes et des
savants des hommes qui ont fait et qui
maintiennent
l'humanité la cause sacrée de
l'enseignement sera récurrente dans les
cahiers comme dans son œuvre faisant
toujours écho à sa propre
vie mais les Cahiers de la Quinzaine
sont une charge considérable pour pegy
et un labeur harassant
il vit sur son lieu de travail il a
trois enfants à nourrir et sollicite
sans cesse ses abonnés dont le nombre
plaphon il se brouille avec plusieurs de
ses amis dont Jean jores qu'il voit
désormais comme un opportuniste
carriériste tout commence en mystique et
tout finit en politique écrit-il et puis
il y aura blanche raphaë une jeune
employée des cahiers dont il tombe
profondément amoureux mais à laquelle il
renonce par fidélité à son épouse et à
sa parole il écrira pour elle balade du
cœur qui a tant
battu cœur qui a tant rêvé au cœur
charnel au cœur
inachevé cœur
éternel cœur qui a T battu au cœur
profond au cœur
trouveras-tu jamais le fond
alors advient pour lui
l'inattendu c'est un rapport très
intime qu'il va établir avec le Christ
en relisant
l'Évangile on a des traces de cette
aventure intérieure dans un texte qui
est resté Postume très longtemps et
qu'on a
titré dialogue de l'histoire et de l'âme
charnelle où il revient sur les
circonstances
existentiel qui ont permis cette
rencontre avec celui qu'il désigne comme
l'âme charnelle qui est Jésus donc c'est
dans les années 1908
1909 il est malade il a une crise de foi
une jaunice il est malheureux celle
qu'il aime et bien est tort de sa porté
les affaires ne marchent pas on ne
s'intéresse pas à ce qu'il écrit
et il va relire le récit de la Passion
dans l'évangile de saint
Matthieu et cette lecture à ce moment-là
de sa vie le le bouleverse
profondément c'est une vraie rencontre
avec le Christ le Christ souffrant le
Christ à la à la veille de sa mort le
Christ au monde des oliviers et c'est ce
Christ là que pegy rencontre et qu'il
rencontre vraiment comme
comme un familier comme un
proche comme quelqu'un qui participe de
la condition humaine et dont la divinité
est complètement incarnée et à partir de
cette
relecture si si forte si puissante et
bien il va tout reprendre il va
reprendre son catéchisme il va reprendre
la
Bible tout le passé lui était
présent tout le le présent lui était
présent tout l'avenir tout le futur lui
était présent toute l'éternité lui était
présente
ensemble et
séparément il voyait tout d'avance et
tout en même temps il voyait tout après
il voyait tout avant tout lui était
présent de toute
éternité il connaissait l'argent et le
champ du Poti
les 30 deniers d'argent étant le fils de
Dieu Jésus connaissait
tout et le Sauveur savait que ce Judas
qu'il aime il ne le sauvait pas se
donnant tout
entier et c'est alors qu'il sut la
souffrance infinie c'est alors qu'il
connut c'est alors qu'il appris c'est
alors qu'il sentit l'infinie agonie et
cria comme un fou
l'épouvantable
angoisse clameur dont chance la Marie
encore
debout et par pitié du père il eut sa
mort
humaine la théologie de pegy c'est une
théologie du salut d'un salut pour tous
fondé sur l'idée de communion de
communion donc des saints et des
pêcheurs de communion dans l'église de
communion comme principe même social et
donc c'est cela l'idéal que poursuit
pegy d'essayer de penser le moyen de
surmonter toute forme d'exclusion et
notamment d'exclusion hors du salut la
forme ultime de l'exclusion c'est une
exclusion du Paradis en fait alors quand
pegy va se convertir et bien il ne
renonce pas à cette à cette rétisence
mais il en fait un moteur qui va le
conduire à devenir ce penseur de
l'espérance qu'il est dans un texte
important de pegy qui s'appelle le
Porsche du mystère de la deuxième vertu
il explore cette seconde vertu qui est
l'espér C seconde vertu théologale et
pourquoi l'espérance est si capitale
parce qu'elle est la seule manière de
répondre au scandale de la damation il y
a la possibilité d'espérer que tout le
monde soit sauvé et donc ça va être une
espèce de principe de tension pour pegy
pegy est un être très en tension dans sa
pensée c'est une pensée toujours
dynamique toujours active et ce principe
de tension c'est l'espoir de sauver tout
le
monde il n'entre pas dans la volonté du
Seigneur qu'un seul de ces petits
périssent ces mots tirés des évangiles
Peggy les rappelle dans ce qui est sans
doute son poème le plus
essentiel et il définit selon lui le
cœur même de la Parole de Dieu il la
compare à un chien le plus fidèle
compagnon de l'homme un chien que l'on
maltraite mais qui revient toujours
quant à l'espérance Piggy la voit comme
une petite fille dans le Porsche du
mystère de la deuxième vertu
elle a inspiré le peintre
C215 qui a voulu la faire vivre dans son
œuvre à travers les différents visages
de l'enfance au
quotidien tout ce qui commence à une
vertu qui ne se retrouve jamais plus une
force une nouveauté une fraîcheur comme
l'aube une jeunesse une ardeur un élan
une naïveté une naissance
qui ne se trouve jamais plus le premier
jour est le plus beau jour le premier
jour est peut-être le seul beau jour il
y a dans ce qui commence une source qui
ne revient pas un départ une enfance qui
ne se retrouve jamais plus or la petite
espérance est toujours celle qui
commence l'espérance voit ce qui n'est
pas encore et qui sera
elle aime ce qui n'est pas encore et qui
sera dans le futur du temps et de
l'éternité chez lui l'enfant c'est
toujours associé au germes à ce qui
commence et dans la traduction concrète
que j'en fais au
quotidien je me suis souvent dit n'est
jamais trop tard et ça c'est vraiment
chrétien et ça c'est vraiment puissant
et ça c'est vraiment fécond que de se
dire
voilà tu as été minable tu as été euh en
dessous de tout mais tu peux te relever
voilà et c'est pas pas vraiment ce que
notre société actuelle préconise on est
plutôt dans une société de l'élimination
et du piratage où chacun tend à aller
chercher chez l'autre ce qui pourrait le
le le disqualifier en quelque sorte
alors que chez Peggy c'est l'inverse
euh chaque matin est une promesse chaque
enfant est une promesse tout est
promesses et c'est à nous de tenir les
promesses c'est quelqu'un qui m'a
beaucoup influencé notamment dans la
manière dont j'ai élevé mes enfants
puisque grâce à lui euh j'ai compris de
manière instinctive que devenir père ça
n'allait pas être de professer ça
n'allait pas être de dire fais ceci ou
fais cela mais d'être témoin de ce que
je j'attendais de mes enfants donc
c'est-à-dire de devenir
moi-même ce que j'allais attendre de mes
enfants et c'est en cela que vraiment
c'est une application tout à fait
pratique de sa notion de l'espérance ou
parce qu'on on souhaite quelque chose de
quelqu'un on va lui montrer le chemin en
accomplissant soi-même ce qu'on attend
lui et se faisant en chemin on va se
transformer soi-même avec ce personnage
plus j'ai appris à le connaître et plus
je me suis trouvé de de points commun ce
qui m'a rendu familier notamment dans
une idée du travail presque sanctifié
puisque il s'agit de faire les choses
bien en soi
c'est un choix perso faire je ça bien
c'est complètement
adapté je pense que c'est vraiment
quelqu'un qui avait l'amour du travail
bien fait l'idée qu'on est dépassé parce
qu'on parce qu'on véhiculeon est porteur
qu'on est les porteurs d'eau en quelque
sorte de quelque chose qui vient de très
très loin dont on est seulement les
relais et qu'on est là
pour pour transmettre une flamme se
mettre une énergie et de se dire
que on doit faire société tous
ensemble les années qui suivent la
conversion de Charles pegy et le retour
à la foi de son enfance sont les plus
fécondes et les plus déterminantes de sa
création littéraire ces mystères sont de
longs et fascinants poèmes spirituels
qu'est-ce qu'un mystère c'est un genre
médiéval plutôt de dramatique c'est
plutôt du thâ les mystères des
spectacles qu'on jouit sur les parvis
des cathédrales au Moyen-Âge qui avait
souvent un thème religieux et qui était
destiné à distraire la foule tout en
l'édifiant Peggy reprend cette forme
mais enfin il la réinvente aussi et il
nous donne des œuvres qui sont entre la
poésie et le théâtre elles sont vraiment
faites pour l'oralité hein le le verbe
de pegy dans ces mystères est fait pour
être dit à haute voix et d'ailleurs il
est conf
à un personnage c'est Madame gerveaz un
personnage que Peggy invente qui n'est
là que pour porter le discours de Dieu
madame gerveaz est sur scène et elle dit
Dieu dit et à partir de là à travers le
corps et la voix de Madame gerveaz cette
femme du peuple du peuple dont elle a le
langage et c'est dans cette langue que
s'exprime le dieu que pegy fait parler
pour
magnifier l'espérance Dieu lui-même n'en
revient pas de l'espérance des hommes
c'est aussi à partir de sa conversion
que Peggy signe ses essais les plus
puissants aux accents prophétiques comme
dans l'argent où il dénonce la
monstruosité inhumaine du monde moderne
dans notre jeunesse à la tonalité
testamentaire il revient sur le combat
de sa vie l'affaire defus qui est pour
lui le dernier sursaut héroïque de la
mystique
républicaine il y définit son socialisme
comme étant profondément chrétien une
religion du salut
temporel en
1912 son plus jeune fils Pierre est
atteint de fièvre typhoïde et de
diphérie le père décide de confier son
enfant à notre- Dame de
chartre la guérison de Pierre fait
naître chez lui l'idée d'un pèlerinage
qui deviendra le chemin Charles pegy il
lui inspire aussi son poème présentation
de la Bousse à Notre Dame de chartre où
rayonne
l'espérance encore une
fois étoile de la mer voici la lourde
nappe et la profonde houle et l'océan
des blés et la mouvante écume et nos
Gren
comblé voici votre regard sur cette
immense chape 2000 ans de la beur ont
fait de cette terre un réservoir sans
fin pour les âges nouveaux 1000 ans de
votre Grâce ont fait de ses travaux un
reposoir sans fin pour l'âme
solitaire quand on nous aura mis dans
une étroite fosse quand on aura sur nous
dit la psoute et la messe veuillez- vous
rappeler reine de la promesse le long
cheminement que nous faisons en bosse
[Musique]