Ces merveilleux œufs de Pâques

Vision Times France
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Présentation de la merveilleuse collection d'œufs de Pâques du Village-Musée de la Combe de Savoie à Grésy-sur-Isère ainsi que de l'histoire l'œuf.
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Le village musée de la Combe de Savoie propose de découvrir une grande collection d'œufs de Pâques jusqu'au 8 mai 2025 à travers tout le village.
Il est ouvert toute l'année. Une visite à la découverte de plus de 10 000 objets du patrimoine local.
Tout un banc de vie de la fin du 19e siècle jusque dans les années 1980.
Monsieur Segundo Chabaud, directeur du village, explique pourquoi les œufs décorés ont leur place au village.
Oui, pourquoi on a créé une exposition sur les œufs ?
Et bien tout simplement parce que nous sommes un site du patrimoine.
Et que l'œuf est un des plus vieux objets, si on peut l'appeler ça comme ça, qui est servi à l'humanité.
Et parce que l'œuf était sacré pour que les vignes soient prospères.
Les œufs étaient sacrés dans les pays du nord parce que c'était la source de toutes les naissances.
Et puis des œufs, on en a fabriqué au quatre coins du monde pour symboliser ça.
Car en fin de compte, l'œuf c'est la source de vie.
On a transformé le ventre des dames en un joli œuf avec un enfant à l'intérieur.
Je crois qu'il y en a un joli en haut qu'on a récupéré et qui était vraiment une pièce de musée.
Il y a tellement de bêtes sur terre qui sortent d'un œuf.
Des sympathiques comme des jolis oiseaux.
Puis des moins sympathiques qui serpentent par terre et qui peuvent nous causer quelques...
Mais l'œuf a tellement eu de symboles qu'un jour on a pensé qu'il était nécessaire d'en présenter un peu un spécimen de tout ce qui a pu être fait dans le monde pour symboliser l'importance de l'œuf.
Et c'est pour ça qu'on continue à récupérer des œufs.
Et puis on a eu la chance de récupérer, vous l'avez dit tout à l'heure, une magnifique collection de pissenquats.
Les pissenquats, ce sont ces œufs des pays de l'Est, dans les pays orthodoxes, que l'on offrait à l'occasion de la Pâque.
Et le mot pissenquats signifie l'œuf écrit.
C'est-à-dire que chaque couleur, chaque dessin, chaque signe est un message que l'on transmet à la personne à qui on offre.
Dans ce que j'ai pu récupérer, on m'a dit qu'il était traditionnellement d'habitude d'offrir un colis de victuaille aux gens nécessiteux à l'occasion de la Pâque orthodoxe.
Aujourd'hui, quand on offre quelque chose, bien souvent on met une carte de visite.
À l'époque, on mettait un œuf peint qui était le message que l'on transmettait à la personne à qui on l'offrait.
Un œuf simple, lisse, fragile, et pourtant il porte en lui un monde.
Il est matrice, miracle, mythe.
L'œuf de Pâque, bien au-delà du chocolat, est un symbole universel.
Un lien entre les cultures, les religions, les artistes, les enfants.
Aujourd'hui, partons pour un voyage fascinant à travers les continents, les siècles, les croyances, dans la coquille d'un œuf.
Dans d'innombrables mythologies, l'univers naît d'un œuf.
En Inde, dans les textes védiques, l'œuf d'or, Hiranyagarbha, flotte sur l'océan primordial.
Lorsqu'il se brise, la partie du haut devient le ciel et la partie basse, la terre.
Puis Rama, le créateur, crée toute chose et tout être sur terre.
En Finlande, la déesse Inmatal, par compassion, accepte qu'un oiseau ponde sur son genou.
Les œufs tombent et de leurs brisures naissent le ciel, la terre, les astres.
En Chine, Pangu émerge d'un œuf en plein chaos.
Arrivé à la fin de sa vie, il a placé le ciel et la terre tels qu'on les voit aujourd'hui et, par amour, a donné son corps à la terre.
Chaque partie de son corps devient une partie de notre monde.
Chez les Dongos, les Mondingues, en Égypte, en Grèce antique, le même motif, l'œuf originel, à la fois graine du monde et matrice du divin.
Mais l'œuf, c'est aussi l'ambiguïté, la vie et la mort.
Il contient la promesse d'une naissance, mais il peut rester vide, fêlé, sans fruits.
Dans de nombreux rites funéraires, en déposant un œuf avec les mains, offrandes, viaducs, mémoires,
l'œuf est un passage de l'obscurité à la lumière, du chaos à l'ordre, du silence à la création.
Chez les chrétiens, il devient emblème de la résurrection à Pâques.
Le tombeau vide comme une coquille éclose.
Les premiers œufs thins apparaissent chez les coptes d'Égypte, entre le 10e et le 12e siècle.
On offre des œufs rouges pour célébrer la fin du jeûne pascal.
Plus tard, en Europe, la coutume se répand.
En Alsace, au 15e siècle, on colore les œufs, en rouge d'abord, pour symboliser le sang du Christ.
Selon Amélie de Pontieux, 1886, cette coutume naît du carême.
On n'avait pas le droit de manger d'œufs.
Et les poules continuaient à pondre, alors à Pâques, on les offrait, on les peignait.
Mais peut-être aussi qu'on renouait avec de très anciennes fêtes de la fécondité.
Comme l'a expliqué M. Chabot, en Ukraine, les pysankys sont de véritables icônes.
Elles sont dessinées à la cire, teintent patiemment et elles portent des symboles ancestraux.
En Roumanie, en Hongrie, en Tchéquie, les œufs sont gravés, tressés, sculptés, incrustés de métal ou de paille.
Dans les Pays-Berbères, on peint des œufs avec des pigments naturels pour les rites de passage.
L'œuf devient tableau, prière, offrande, un support de beauté, un acte de transmission.
Sous la Renaissance, à la cour de France, les œufs sont offerts comme des joyaux.
Louis XV offre à sa favorite un œuf plaqué d'or.
Louis XIV les fait baignir et distribuer à Versailles.
Au XVIIIe siècle, ils deviennent objet d'art.
Matteau peint des scènes sur les œufs de faïence.
Certains sont faits d'ivoire, de vermeil, d'or.
Mais le sommet de l'art de l'œuf se trouve en Russie.
En 1885, Fabergé crée un œuf en or à la demande du tsar Alexandre III.
Ce bijou contient une poule en or, une couronne, un pendentif.
Chaque année, un nouvel œuf, pour sa mère, pour son épouse.
Cinquante au total, jusqu'en 1917.
Déchets de muguets, carrosses, palais, signes, trains miniatures.
Aujourd'hui, ils sont dispersés dans les musées du Monde.
Dans les campagnes françaises, à la Sainte-Semaine,
les enfants de chœur passent dans les villages.
Ils chantent, cressèlent en main, ils racontent la passion,
parfois en patois, et ils demandent des œufs.
Puis viennent les jeux.
La toquette, où l'on cogne deux œufs, et la roulée,
où l'on fait rouler les œufs dans les prairies.
Après les vèpres, les enfants les mangent, riant de leur victoire fragile.
On dit que le vendredi saint, certains œufs sont magiques.
On pense qu'ils ne pourrissent pas.
On les garde contre les incendies, les maladies.
En Provence, on les écrase finement pour éloigner les sorciers.
Aujourd'hui encore, des artistes exposent l'œuf.
Franck Grom, Gary Lemaster, Ben Foulian,
sculptent des coquilles comme de la dentelle.
Oskar Namas peint des millions d'œufs de bois.
Von Michelin croise les races de poules.
Jeff Koontz crée des œufs monumentaux.
L'œuf inspire toujours.
Un œuf, parfois peint, parfois doré,
parfois offert, parfois enterré.
Qu'il soit symbole, jeu, art ou croyance,
il nous rappelle la vie fragile,
l'invisible, le recommencement,
un monde entier dans la paume d'une main.
