India: Surviving Under The Law Of Water

The Most Beautiful Natural Place
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64 Vues de vidéo·27 oct. 2026
Wetlands, such as Kaziranga National Park in India, form a vital link between water and land. These regions, home to incredible biodiversity, play an essential ecological role. The powerful water cycle dictates life with its periods of floods, droughts, and mild winters. Kaziranga, a UNESCO World Heritage Site, is a refuge for many endangered species. In this region of northeastern India, wildlife and plant life have had to adapt to extreme climate changes in order to survive in this unique ecosystem.
Généré par IA·Peut contenir des erreurs
Deltas, marais, rivières et grandes plaines inondées
forment un trait d'union essentiel entre le milieu aquatique
et le milieu terrestre.
On les appelle
les grandes zones humides.
Berceaux d'une incroyable biodiversité,
elles jouent un rôle écologique vital pour la planète.
Loin des hommes, une flore et une faune
exceptionnelles y ont trouvé refuge.
Pourtant, vivre dans ces mondes inondés est un défi permanent.
Le puissant cycle de l'eau édicte sa loi.
Les habitants du parc national de Kaziranga sont confrontés à des
périodes d'inondations dévastatrices ou de sécheresses implacables.
Ici, chaque espèce a dû s'adapter.
Nous sommes au
cœur de la région
la plus humide
au monde.
Classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO,
Kaziranga prend vie au nord-est de l'Inde,
dans la région de l'Assam, le long du fleuve Brahmaputra.
Sur ce territoire sauvage, le cycle de l'eau rythme
la vie tel un métronome en trois temps de même durée.
Le temps du déluge durant la mousson,
celui de la canicule à la saison sèche et entre les deux,
le temps de la douceur que l'on appelle ici l'hiver.
Sur cette vaste plaine pluviale,
l'eau a façonné une étonnante
juxtaposition d'écosystèmes.
Ils permettent à des espèces terriblement menacées
de s'y côtoyer dans des proportions exceptionnelles.
Dans cette diversité d'habitats, chacun a trouvé sa place.
Les éléphants se sont appropriés les roselières
qui jalonnent la plaine centrale.
Dans ces généreuses prairies d'herbes hautes,
ils trouvent les 150 kilos
de nourriture quotidienne indispensables à leur équilibre.
Plus bas, les pâturages marécageux hébergent les rhinocéros unicornes,
dont la peau plissée et la corne unique
les distinguent de leurs cousins africains.
Ils trouvent dans ces cuvettes une herbe rase
et suffisamment d'eau pour se rafraîchir.
Ces mastodontes y côtoient les cerfs des marais et les buffles.
Au-delà, en bordure du parc, là où la plaine commence à s'élever,
les forêts abritent sous leur branchage des primates et des oiseaux.
Avec parmi eux, les représentants d'espèces
devenues rares comme les gibbons houlocs
et l'étonnant calao bicorne.
Nous sommes au début
du mois de juin et la
pluie se fait attendre.
Après trois mois de canicule,
la plaine centrale de Kaziranga a changé de physionomie.
Les points d'eau se font de plus en plus rares.
L'épuisement des roselières conduit les éléphants
à chercher de nouvelles zones de ravitaillement.
Dans ces vasières à l'herbe rase, ils doivent débarrasser chaque motte
de l'argile dont elle est gorgée et qu'ils répugnent.
Sans le savoir,
ils évitent ainsi d'ingurgiter cette boue
souvent chargée d'engrais chimiques
provenant des plantations de thé limitrophes
et amenées jusqu'ici par les eaux de ruissellement et les crues.
La plupart des rhinocéros abandonnent les nuls-là.
Habituellement gorgés d'eau,
ces canaux connectés au Brahmaputra se sont taris.
Ils offrent à la saison sèche de nouveaux pâturages
aux biches et aux cerfs des marais.
Ces derniers profitent du départ
des grands herbivores pour s'y aventurer.
Au centre du parc, les lagunes se sont évaporées,
les roselières se sont asséchées.
Les grands herbivores migrent vers les parties basses de la réserve
où les espaces marécageux offrent constamment de l'eau.
Le parc national
de Kaziranga s'étire doucement sur 430 km²
entre le lit d'un géant, le fleuve Brahmaputra,
et les reliefs de Karbi Anglong.
Depuis des milliers d'années, ces montagnes jouent un rôle essentiel.
Pour les animaux, elles constituent
le seul refuge épargné par les grandes inondations,
l'ultime zone de repli pendant la mousson.
Mais désormais, atteindre
ces escarpements est devenu une épreuve périlleuse.
Une route sépare Kaziranga des paisibles montagnes de Karbi Anglong.
Chaque année, des cerfs, des éléphants
ou des reptiles y trouvent la mort.
De nouveaux naufragés
de la mousson devront bientôt affronter le trafic routier.
Car l'arrivée de la mousson est imminente.
En attendant les pluies qui donneront plus
tard naissance à de nouvelles roselières,
les éléphants doivent
se déplacer en permanence.
Conduites par les matriarches, les mères guident les petits
dans leurs premiers pas vers les parties basses du parc.
Les seuls endroits où des cuvettes
humides offrent encore de l'herbe grasse
et un peu de fraîcheur.
Les éléphants vont devoir
se méfier de ces terrains meubles
et boueux,
vestiges des débordements du Brahmapoutre.
Ils devront aussi s'habituer à une certaine promiscuité.
Kaziranga héberge la plus grande population
de buffles d'eau d'Asie au monde.
Ils partagent ces points d'eau permanents avec ceux
qui sont devenus l'emblème du parc national, les rhinocéros.
Au début du XXe siècle, il n'en restait
pas plus d'une centaine en Inde.
L'espèce aurait sans doute disparu à jamais
sans la création de cet air protégé en 1908.
On ne recensait alors plus qu'une douzaine d'individus,
les derniers rescapés d'une chasse à outrance.
Deux tiers de la population mondiale vit aujourd'hui ici.
L'homme qui incarne aujourd'hui les actions de conservation
qui ont permis de sauver le rhinocéros indien est le docteur Bibab.
Il sillonne le parc avec son équipe pour veiller sur ses protégés.
Actuellement en Inde, il y a 2700 rhinocéros.
Et dans le parc national de Kaziranga, nous en avons 2329.
Ce poids
lourd de
plus de 2
tonnes
est
capable
de
courir
à 55 km
heure.
Mieux vaut être prudent, même s'il s'essouffle vite.
La saison sèche qui s'étire inlassablement inflige
une chaleur harassante aux habitants de Kaziranga.
Sous leur épaisse cuirasse, les rhinocéros étouffent.
Afin de maintenir la température de leur corps à un degré constant,
ils passent dorénavant plus de 60% de leur temps dans l'eau.
Pourtant, dans quelques jours, ils feront tout pour fuir cet élément.
Comment les jeunes rhinocéros font-ils pour survivre
aux grandes inondations pendant la mousson ?
Ils essaient de se réfugier sur les parties les plus élevées du parc.
Certaines mères et leurs petits migrent
vers les montagnes plus au sud.
Sous les régions du sud de l'île.
C'est une période difficile, mais c'est un processus naturel.
Donc,
Tant que les inondations ne sont
pas trop importantes, l'impact est modéré.
C'est ce que je dirais.
Mais en cas de forte crue, il y a un réel problème.
Oui, c'est bon.
Il nous arrive de perdre 30 à 40 rhinocéros qui meurent noyés. »
À l'orée du mois de juin,
le ciel qui se pare de nuages annonce
le retour très proche de la mousson.
Les pluies n'ont pas encore atteint la région.
Pourtant, le destin du peuple
de Kaziranga est déjà en train de basculer.
Gonflé par les fortes précipitations qui s'abattent
dans l'Himalaya, où il prend sa source,
le gigantesque fleuve Brahmapoutre sort de son lit.
En quelques heures seulement, il a noyé des kilomètres de terre.
Les flots pénètrent d'abord dans le parc par l'ouest,
la partie la moins élevée de la réserve.
Puis ils gagneront le centre,
avant de conquérir les zones plus élevées à l'est.
Assiégées par les flots, les berges
qui s'effondrent perdent plusieurs tonnes de terre et de sable.
Elles se déposeront dans le parc au gré de la future des crues,
provoquant un envasement qui remodèle chaque année
les contours et le relief du parc.
Aux frontières de celui-ci, sur l'autre rive du Brahmapoutre,
la tribu des Mishing envisage sérieusement l'évacuation de son cheptel.
La puissance et la vitesse des crues sont imprévisibles.
Très vite, l'eau s'infiltre partout.
Au sein même des forêts qui tapissent les contreforts de Karbi Anglong.
Il est temps de s'éloigner.
Bientôt, l'eau sera tellement haute
que ceux qui n'auront pas pu partir
se retrouveront piégés par les flots.
Pour l'heure, les points les plus élevés
sont encore au sec,
comme ces routes construites spécialement par l'armée.
Elles vont offrir aux animaux
un refuge temporaire
et serviront de corridors migratoires
aux retardataires.
De nombreux mastodontes devront bientôt s'engager
sur ces axes étroits
et parfois se céder le passage
pour éviter les confrontations.
Les routes sont maintenant presque entièrement inondées.
Ces hommes étudient l'autre animal mythique de Kaziranga, le tigre.
Lui aussi est vulnérable face aux inondations.
D'après les estimations, il ne reste que 3200 tigres dans le monde.
Depuis 2006, le parc a été classé en tant
que réserve pour ce très discret prédateur.
Sa préservation est la mission du docteur Firoz.
Les pâturages de Kaziranga abritent l'une des plus
importantes densités de tigres au monde.
Les herbes sont très hautes, c'est pourquoi
c'est si difficile de les apercevoir.
Un tigre peut très facilement se cacher dans les forêts.
Même si vous ne le voyez pas, vous pouvez
être certain que lui vous observe.
Cela fait des milliers d'années que la faune a appris à vivre ici.
Ces inondations existent depuis la nuit des temps.
Les crues sont une bénédiction.
Elles permettent de contrôler le nombre d'animaux.
Cet écosystème permet de maintenir une population saine dans le parc.
– Sous-titrage ST' 501
Drame ou bénédiction ?
Les flots finissent toujours par emporter les plus faibles.
On n'a
toujours
pas plu,
mais l'eau
ne cesse
pourtant
de monter.
En quelques jours seulement,
les crues du Brahmapoutre ont noyé plus d'un tiers du parc.
Qu'adviendra-t-il quand les pluies
s'installeront sur Kaziranga ?
Ces biches se croyaient à l'abri et au sec.
Elles se sont pourtant retrouvées piégées
sur cet îlot forestier cerné par les flots.
Leur avenir est compromis.
La vitesse et la progression
du flux ont également surpris une harde d'éléphants
pressés de rejoindre les zones élevées du parc.
Les mères s'inquiètent pour les éléphanteaux affaiblis
par cette marche épuisante.
Les crues gênent leur progression vers les montagnes.
Plutôt bons nageurs, les rhinocéros sont
moins pressés d'abandonner leur marécage.
Les inondations leur imposent d'autres contraintes.
Ces animaux solitaires et terriblement territoriaux doivent
maintenant s'agglutiner sur des espaces restreints.
S'y répandre ces empreintes olfactives
pour marquer leur territoire est désormais dérisoire.
Ces géants ont développé un comportement typique et surprenant.
Ces latrines permettent à chacun
de savoir qui se trouve sur ce territoire
et de s'identifier à son tour.
Ça, c'est typique du comportement des rhinocéros.
C'est un comportement typique.
Quatre ou cinq individus choisissent le même endroit pour déféquer.
C'est un peu comme des latrines publiques.
Donc, il y a deux types de choses.
Les prélèvements d'excréments nous servent à deux choses.
La première consiste à analyser l'ADN
et repérer les mâles et les femelles.
Ça nous permet de connaître la densité
de rhinocéros dans un périmètre donné.
de la rhinocéité dans une certaine zone.
Deuxièmement,
Le second intérêt de ces prélèvements, c'est l'analyse des parasites.
Ça nous permet d'identifier ce que l'on trouve plus précisément
sur les rhinocéros du parc.
dans la pluie, dans l'eau.
Au cœur des dernières
prairies inondées,
ces rhinocéros doivent
apprendre à se tolérer.
Ces retardataires vont bientôt se retrouver isolés.
Fin juin, avec trois
semaines de retard,
la pluie est de retour.
En quelques heures, l'eau flirte avec les branches
que l'on imaginait inaccessibles.
Quête d'endroits surélevés
devient une question de survie.
Il est temps de se mettre en marche vers les massifs montagneux.
Au plus fort des pluies torrentielles,
le niveau de l'eau peut grimper de plus de 2 mètres par endroit.
En juillet, les trois quarts de la région seront engloutis.
Bien que totalement amphibies,
les loutres n'échappent pas à cette fatalité.
L'eau qui s'immisce dans chaque pore
de cette terre a condamné leurs terriers.
Elles doivent chercher de nouvelles berges d'accueil.
Les conditions sont de plus en plus rudes.
Il pleut sans discontinuer depuis six jours.
Face aux fortes inondations qui progressent,
aucune créature ne sera épargnée.
Les
retardataires
ou les plus
faibles
périront.
Chaque année, plusieurs centaines d'animaux meurent noyés.
Depuis le début de l'été, la région
de Kaziranga a subi plusieurs inondations.
En juillet, plus de la moitié des terres est submergée.
À la faveur d'une accalmie,
les hommes de la tribu Mishing ont décidé de suivre l'exode.
Le niveau de l'eau n'est pas encore au plus haut.
Sous-titrage
Mais l'herbe n'est déjà plus comestible à cause du sable déposé
sur nos champs par le fleuve lorsqu'il déborde.
C'est un petit caipelage.
Société
Les uns après les autres, nos canards,
Radio-Canada
nos poules, nos vaches, nos chevaux dépérissent.
Sous-titrage Société Radio-Canada
C'est la première fois qu'il y a de l'eau.
Lorsque le niveau de l'eau est trop élevé,
notre bétail est en danger de mort.
Sous-titrage Société Radio-Canada
Ces crues nous rendent la vie impossible.
Sous-titrage Société Radio-Canada
Cette arche de Noé qui remonte le Brahmapoutre conduit
le bétail au pied des montagnes,
dans les zones que les crues n'ont pas dévastées.
Les villageois doivent aussi faire face à un autre fléau,
l'invasion des jacintes d'eau.
Ces plantes invasives transportées
par les courants prolifèrent à une vitesse fulgurante.
Elles vont tapisser la surface des plans d'eau
et réduire considérablement leur oxygénation.
Un drame pour les pêcheurs,
mais aussi pour les poissons menacés d'asphyxie.
Rien n'arrête la progression des crues.
En quelques semaines, elles ont fini
par atteindre les zones les plus élevées du parc.
Ce bébé rhinocéros est en danger.
En août, avec l'intensification
des pluies diluviennes qui accompagnent la mousson,
la situation s'aggrave.
Les mères et leurs petits ont fui.
Seuls quelques vieux mâles récalcitrants
s'obstinent à braver le déluge.
La plaine de Kaziranga s'est transformée en océan.
Les averses sont biomarkers et déposes,
elles n'auront aucun effet sur le niveau de l'eau.
Désormais, les retardataires n'ont d'autre alternative
que de rejoindre au plus vite l'unique zone de repli
épargnée par l'alliance dévastatrice du Brahmapoutre et de la Mousson.
Le moment est critique.
Les jeunes rhinocéros et les éléphanteaux manquent encore d'endurance.
Ralentie dans sa fuite par son bébé à bout de souffle,
une mère exténuée se démène pour atteindre la terre ferme.
Pour rejoindre les escarpements de Karbi Anglong,
il faut dorénavant nager à travers lacs, rivières et lagunes.
Pris
de prodigieux
efforts,
ils ont eux aussi
fini par regagner
un îlot de fortune.
Mais les places au sec sont très convoitées.
D'autres poids lourds se sont déjà échoués sur ce rivage.
En temps normal, une telle proximité serait intolérable.
Alors on se jauge.
On apprend à se connaître, à accepter la cohabitation.
Cette
situation
ne durera pas.
La pénurie de nourriture obligera
ces naufragés à migrer vers les montagnes.
Après trois mois de
pluies incessantes,
les deux tiers de la plaine de Kaziranga sont entièrement submergés.
Qu'un barrissement
ou grognement
ne viendra parasiter le
concert des batraciens
ou les virées nocturnes des serpents ratiers.
Ils sont les derniers à faire vibrer ce monde.
Face à l'ampleur du déluge,
les animaux reprennent leur fuite vers les montagnes.
Mais un nouveau défi attend ces exilés
qui se présentent aux frontières du parc.
Pour atteindre leur Nouvel Éden,
ils vont devoir traverser le territoire des hommes.
Le serpent ratier s'est mis en quête de proies
et d'espaces moins humides.
À cette époque, les maisons sont des abris très prisés.
D'autant que les batraciens
et les petits rongeurs dont ils raffolent vont également s'y réfugier.
Si les habitations
deviennent le théâtre
d'étonnantes scènes
de prédation,
Des équipes de naturalistes sont prêtes
à intervenir à la moindre alerte
pour récupérer les reptiles et éviter qu'ils ne soient éliminés.
À cause de sa ressemblance avec le cobra,
le serpent ratier fait peur aux villageois.
Mais ce ne sont pas les seuls.
En cette période où la faune sauvage
et les hommes sont extrêmement proches,
il faut avoir l'œil partout pour traquer les intrus.
Ce serpent ratier vert de près de 2 mètres
sait se rendre invisible dans la végétation.
Il sera relâché dans la forêt, loin du village,
car sa morsure comme son venin sont redoutables.
En ce temps, d'autres
animaux s'agglutinent
toujours plus
nombreux aux abords
des habitations.
Tous frileux à l'idée d'affronter
cette jungle urbanisée qu'ils redoutent tant.
C'est la saison du rut chez les Barasinghas.
Ces cerfs des marais ont paré d'herbes leur bois pour l'occasion.
Un moyen d'impressionner les rivaux
et de séduire un maximum de femelles pour étoffer son harem.
La reproduction a lieu pendant la mousson afin
que l'unique petit naisse durant l'hiver, juste avant la saison sèche.
Les cohortes
d'éléphants
se pressent
désormais
aux environs de la
route nationale 37.
Le principal axe commercial routier de la région de la Sambre est
l'ultime épreuve avant d'atteindre les montagnes de Karbi Anglong.
C'est aussi le plus meurtrier.
Des milliers de camions et de véhicules s'y croisent chaque jour.
Ces panneaux qui appellent à la vigilance
et à la prudence ne suffisent pas à éviter les accidents.
Des centaines d'animaux périssent
chaque année sur cette bande de bitume.
Chaque année, les hommes
et la faune sauvage sont contraints à une incompatible cohabitation.
Les plantations de thé sont endommagées
et les cultivateurs n'hésitent pas à s'en prendre aux animaux.
Les autorités ont dû se résoudre à prévoir
des indemnisations pour éviter les conflits.
Il n'y a pas de moment réellement propice pour se lancer
à l'assaut de ces quelques mètres d'asphalte
où tous les efforts peuvent être anéantis.
Les adultes les plus déterminés se lancent tête la première
en prenant soin d'encadrer les plus jeunes pour les protéger.
Ils sont nombreux à avoir attendu la nuit
et la baisse du trafic avant de se remettre en marche.
Au plus fort de la saison humide, les forces de l'ordre sont mobilisées
afin de faire respecter les cinq corridors aménagés
pour faciliter le passage des animaux.
Votre attention s'il vous plaît,
ceci est une alerte aux inondations prévues ce jour-ci.
En ce moment, les animaux pourraient
chercher refuge près de vos maisons.
Soyez très prudents. N'hésitez pas à nous appeler
pour que nous puissions faire le nécessaire et les sauver.
Parmi tous ces fugitifs, les reptiles sont les plus vulnérables.
Au fil des jours, on se bouscule aux abords de la NH37.
La marque foncée sur le corps de ces géants révèle
le niveau de l'eau qui couvre Kaziranga.
Si ces hardes de femelles avec leurs petits
vont enfin pouvoir s'installer au sec,
tous ne sortent pas indemnes de cet exode.
Percuté par un véhicule, ce jeune mâle solitaire mettra plus
de temps pour gagner la protection des montagnes.
Les
versants
luxuriants
de
Karbi
Anglong
offrent
un
peu
d'herbe.
Les éléphants compléteront leur alimentation avec des branchages
et en arrachant l'écorce des arbres.
En attendant la décrue, les animaux ayant quitté
le parc resteront deux à trois mois dans ces forêts vallonnées.
Ils vont y côtoyer de nouveaux voisins qui s'y sont sédentarisés.
Comme les reptiles, qui ne sont plus soumis à une forte compétition
et trouvent de la nourriture en abondance.
Comme l'on fait aussi
les cochons sauvages
à crinières.
Venus de la vallée, ils pullulent désormais dans ces sous-bois.
Abreuvés par plusieurs semaines de précipitations,
les arbres de la forêt commencent à offrir des fruits.
Bientôt, les éléphants pourront aussi en profiter.
En forêt, le peuple
de la canopée
a trouvé
des branches où
rester au sec.
Plus bas dans la périphérie du parc national,
les crues du Brahmapoutre conduisent à l'exode de nouvelles victimes.
Kaziranga
s'est
transformée
en océan
d'eau
douce,
le paradis des oiseaux.
Car durant la saison humide,
le fleuve entraîne dans son sillage de grandes quantités de poissons.
La zone de pêche des martin-pêcheurs pie
et des pélicans n'a plus de limites.
Ils viennent peupler les biles,
ces étangs qui ne représentent que 5%
de la surface du parc à la saison sèche.
Fin septembre, les pluies de la mousson
qui ont débuté en juin s'estompent enfin.
Le Brahmapoutre va rejoindre son lit aussi vite qu'il ne l'avait quitté.
Ses débordements ont eu un coût, mais en contrepartie,
le fleuve va enrichir cette terre.
Le Brahmapoutre, en se retirant,
dépose chaque année un précieux limon fertile qui revigorera les sols.
Il est à l'origine d'inondations destructrices,
mais aussi de la renaissance du parc.
À tout niveau, cette saison hivernale qui succède à la mousson
est celle du renouveau, du temps béni où renaissent les prairies.
C'est aussi celui de la reconstruction.
De minuscules bâtisseurs attendaient ce moment pour s'attaquer
au titanesque chantier de fortification de leur termitière.
La violence des précipitations et les coups de griffes des tigres
qui se délectent de termites à la saison humide ont ébranlé la colonie.
Plus d'un million d'ouvriers frénétiques s'activent
dans ces cathédrales champignonistes
qui abritent une multitude de galeries,
de cheminées et une chambre royale.
Dans les rizières, les villageois peuvent profiter
de cette brève période de répit et récolter le riz.
En octobre, le temps est enfin venu
pour les animaux d'affronter une nouvelle fois
cet inévitable et périlleux couloir de bitume.
C'est efficace.
La voie est libre pour les éléphanteaux et leur mère,
impatiente de retrouver la profusion
de nourriture qu'offrent les roselières.
À Kaziranga, l'hiver est le temps de l'abondance
où chacun va pouvoir se réapproprier son espace de prédilection.
Cette saison se prolongera sans accroc jusqu'au mois de janvier,
mais dès le mois de février, c'est l'absence de précipitations
qui va à nouveau chambouler le quotidien du peuple de Kaziranga.
Un soleil de plomb s'abat
sur la réserve.
Les températures extrêmes vont rapidement flirter avec les 40 degrés.
Dans le nord et à l'est du parc,
l'eau commence à manquer.
Les grands herbivores vont devoir se mettre
en marche vers les marais du sud.
Inexorablement, les marécages se réduisent, les pâturages s'assèchent.
La moindre petite mare devient l'objet de convoitises.
Difficile d'imaginer
que cette savane ait pu
se retrouver submergée
sous 2,50 m d'eau.
Cette fois encore, les rhinocéros sont contraints de se côtoyer
ou de partir chercher d'autres marécages au sud du parc.
Ce buffle que l'on imagine impassible dans son bain de boue,
sait qu'il risque de devoir céder sa place à cet intrus.
Car ni l'un ni l'autre n'apprécient la compagnie.
Les petits rhinocéros sont soumis à de nouvelles épreuves.
Dans ces herbes hautes, un bébé s'est égaré.
Celui-ci s'est trop éloigné de sa mère et s'est perdu.
Il doit pourtant rester à ses côtés pendant
les deux premières années de son existence.
Car sans sa mère, il n'a aucune chance de s'en sortir.
Pas question pour cette femelle de s'occuper d'un autre petit étourdi.
Comme chez les éléphants, elle ne peut s'occuper que d'un unique bébé.
Cette fois, il l'a échappé belle.
Cette année encore, les plus forts et les plus expérimentés ont réussi
à braver les rigueurs de la sécheresse et les pièges de la mousson.
Sous peu, les éléphants, les rhinocéros
et les buffles seront de nouveau confrontés aux inondations.
Suivent le cycle de l'eau
à Kaziranga, orchestré
par le fleuve Brahmaputra.
Sur les terres du dieu Brahma, où la vie naît du déluge,
les plus grandes populations au monde de rhinocéros unicornes
et de tigres ont trouvé leur sanctuaire.
La réserve de Kaziranga est précieuse
pour l'épanouissement d'espèces en voie de disparition.
Malheureusement, son avenir et celui de ses habitants est compromis.
Un projet d'expansion de la route nationale 37 vient de voir le jour.
Les corridors prévus pour faciliter la traversée
des animaux ne seront plus suffisamment performants.
Comme la plupart des grandes zones humides de notre planète,
ce site est devenu extrêmement vulnérable.
