Comment une simple photo amateur a mené à une découverte majeure sur Saturne !

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Résumé vidéo
Généré par IAAstronomers have discovered a massive, evolving decagon (a ten-sided polygon) forming at Saturn's south pole. While the north pole has featured a stable hexagon for over 40 years, this new southern structure is less regular and appeared recently, potentially between 2017 and 2023, offering a rare opportunity to study the birth of a planetary atmospheric phenomenon.
Depuis plus de 40 ans, un immense hexagone tourne autour du pôle nord de Saturne.
Une figure si régulière qu'elle semble presque artificielle.
Une figure d'autant plus étrange que Saturne n'a pas de surface.
Seulement des vents, des nuages et une atmosphère en mouvements perpétuels.
Pendant des décennies, les astronomes ont cherché son jumeau au sud.
Les sondes Voyager n'y ont cependant rien vu, Hubble non plus,
même Cassini qui est resté sur place pendant 13 ans n'en a trouvé aucune trace.
Le pôle sud de la planète aux anneaux semble ici complètement différent de son pôle nord
pour des raisons qui restent à éclaircir.
Mais voilà justement que des observations menées avec Hubble
laissent entrevoir une structure encore plus extraordinaire en pleine formation.
Un hexagone géant est en train d'apparaître au niveau du pôle sud.
Et les chercheurs ignorent encore ce qui l'a déclenché
et s'il est destiné à disparaître ou à survivre pendant des décennies.
En 2024, un astronome amateur australien photographie Saturne
comme des milliers de passionnés le font toutes les nuits.
L'image est ensuite déposée dans une immense base de données publique
où elle rejoint une ribambelle de clichés similaires.
En consultant cette base de données, un spécialiste des atmosphères planétaires
va remarquer quelque chose d'étrange sur ce cliché.
Autour du pôle sud, une des bandes nuageuses ne forme pas un cercle parfait.
Elle semble ondulée.
Alors une unique image pourrait facilement tromper l'œil.
Saturne est lointaine, son atmosphère peu contrastée
et les turbulences terrestres brouillent les détails les plus fins.
L'affaire passe donc un peu sous les radars.
En 2025 cependant, de nouvelles observations révèlent exactement la même perturbation.
Cette fois, un doute sérieux s'installe,
suffisamment sérieux pour mobiliser un des observatoires les plus puissants du monde.
Une équipe de chercheurs sollicite ainsi Hubble.
Grâce à sa position au-dessus de l'atmosphère terrestre,
le télescope peut suivre Saturne pendant une rotation complète
avec une précision impossible depuis le sol.
Les images sont ensuite déformées numériquement pour reconstruire la région
comme si nous la regardions à la verticale, juste au-dessus du pôle sud.
Et là, le motif apparaît.
Dix ondulations, dix sommets, dix côtés encore imparfaits
qui encerclent une région plus grande que la Terre.
Un décagone, un motif jamais aperçu auparavant.
Une autre surprise attend cependant les chercheurs dans les archives.
En remontant jusqu'aux observations de 2023,
ils retrouvent des traces préliminaires de ce décagone.
Elles sont discrètes mais bien présentes.
Avant cette date cependant, rien n'est visible.
Ce qui ne signifie pas forcément que la structure atmosphérique est apparue à ce moment-là.
Saturne met près de 30 ans à accomplir une orbite autour du Soleil
et son axe est incliné, un peu comme celui de la Terre.
A partir de 2012, son pôle sud s'est progressivement incliné hors de notre vue.
Lorsque Cassini a disparu dans l'atmosphère de la planète, en 2017,
aucune structure durable de ce type n'avait encore été observée.
Puis pendant plusieurs années, la région est restée largement inaccessible.
Le décagone a donc pu apparaître dans cet angle mort entre la fin de Cassini
et les premières images de Hubble, donc entre 2017 et 2023.
Les astronomes n'ont donc peut-être pas découvert un ancien secret de Saturne.
On est peut-être en train d'assister à la naissance d'un phénomène entièrement nouveau.
Pour comprendre un peu mieux ce qu'il se passe,
on peut déjà regarder du côté de la planète vers le pôle nord.
En effet, dans cette région, on trouve déjà une formation à la géométrie étrange,
le célèbre hexagone de Saturne.
Son histoire commence en 1980,
lorsque la sonde Voyager 1 survole la planète et photographie ces régions polaires.
Sur le moment, personne ne remarque vraiment la forme cachée dans les nuages.
Il faut attendre une nouvelle analyse des images pour qu'un chercheur comprenne
que certaines structures atmosphériques se déplacent tout ensemble,
comme si elles étaient attachées à un gigantesque motif à six côtés.
Les images de Voyager 2 apportent la même information.
Autour du pôle nord, à environ 78 degrés de latitude,
un courant dessine un hexagone presque parfait.
Il mesure près de 30 000 kilomètres d'un bord à l'autre,
deux terres pourraient tenir à l'intérieur.
Seulement une poignée d'images prises à quelques mois d'intervalle
ne permettent pas de savoir s'il s'agit d'une structure permanente
ou d'une simple coïncidence atmosphérique.
Il faut attendre l'arrivée de Cassini en 2004 pour obtenir une réponse.
Lorsque la sonde observe le pôle nord dans l'infrarouge,
l'hexagone est toujours là, plus de 20 ans après Voyager.
Puis au fil des saisons, la lumière revient sur la région
et Cassini peut enfin le photographier, dans le visible cette fois-ci,
avec une précision extraordinaire.
Le motif n'est donc pas une tempête passagère.
Cela fait aujourd'hui plus de 40 ans que nous l'observons.
Pendant tout ce temps,
ces six côtés ont conservé à peu près la même forme
et la structure est restée presque immobile dans l'atmosphère de Saturne,
alors même que les vents qui la composent filent à plusieurs centaines de kilomètres heure.
C'est cette découverte au nord qui a poussé les planétologues
à chercher un équivalent au sud.
La circulation atmosphérique de Saturne
présente une certaine symétrie entre ces deux hémisphères.
Un puissant courant existe justement à une latitude comparable autour du pôle sud.
Pourtant, ni Voyager, ni Hubble, ni Cassini n'y ont trouvé de polygone durable.
En 2004, Cassini a bien surpris ce courant en train d'onduler
et de prendre brièvement une apparence polygonale,
mais quelques jours plus tard, le motif avait disparu.
Pendant longtemps, l'hexagone du nord est donc resté sans équivalent
de l'autre côté de la planète.
Le nouveau décagone pourrait donc constituer cet équivalent austral.
Mais ce n'est pas une copie de ce qui se passe au nord.
Il possède dix côtés plutôt que six,
occupe une région plus vaste,
et surtout, il ne semble ni aussi régulier ni aussi stable.
Là où l'hexagone paraît presque figé depuis des décennies,
le décagone dérive et continue probablement de se transformer.
Reste maintenant à comprendre ce qui représente réellement ces côtés.
L'hexagone et le décagone ressemblent presque à des constructions,
à des structures solides.
Mais tout ce que nous voyons n'est en fait constitué que de vent et de nuages.
Si on pouvait plonger dedans,
on ne ressentirait même pas le passage entre l'intérieur et l'extérieur de ces figures.
Le décagone n'est pas non plus une tempête unique,
comme la grande tâche rouge de Jupiter.
Il s'agit d'une onde qui déforme un courant jet ou jet stream,
c'est comme ça qu'on appelle les bandes de vent extrêmement rapides
qui tournent autour des pôles de Saturne.
Au lieu de suivre un cercle parfait,
ce courant serpente légèrement vers le nord puis vers le sud.
Il suffit de répéter ces changements de direction dix fois autour de la planète
pour faire apparaître ce décagone.
Son échelle est assez difficile à se représenter.
Le motif est centré autour de 63 degrés de latitude sud,
et chacun de ses dix côtés mesure environ 16 800 kilomètres,
ce qui est plus grand que le diamètre de la Terre.
Le cercle complet sur lequel il se déploie dépasse ainsi les 50 000 kilomètres d'un bord à l'autre.
À cette échelle, l'image très régulière révélée par Hubble est relativement trompeuse.
Chaque ligne que nous distinguons est en réalité
une région atmosphérique large de plusieurs milliers de kilomètres.
À l'intérieur de ce jet stream, les vents soufflent à près de 400 kilomètres par heure.
Pourtant, le décagone lui-même se déplace beaucoup plus lentement.
La forme dans son ensemble ne dérive vers l'est qu'à environ 9 kilomètres heure.
À cette vitesse, il lui faudrait près de 800 jours
pour accomplir un tour complet autour de Saturne.
Les images de Hubble révèlent également que le phénomène
ne se limite pas à une mince couche de nuages.
Le télescope observe Saturne à plusieurs longueurs d'onde.
Certaines montrent les nuages relativement profonds,
tandis que d'autres ne révèlent que les brumes situées plus haut dans l'atmosphère.
Hors d'un filtre à l'autre, le décagone reste visible,
même si sa position se décale légèrement.
L'onde possède donc une véritable structure verticale.
Elle traverse plusieurs niveaux de l'atmosphère.
C'est une véritable structure en 3D qui a émergé dans un milieu très chaotique.
Reste donc à comprendre comment une telle structure peut-elle se former.
On peut tenter de se représenter le jet stream comme un immense fleuve.
Son cours n'est jamais parfaitement régulier.
Les turbulences peuvent le pousser vers le nord puis vers le sud.
Ses ondulations peuvent se propager tout autour du pôle sans se dissiper.
Pour se maintenir, le courant doit cependant se refermer parfaitement sur lui-même.
Il doit former une bande tout autour de la planète.
Sa forme lui vient alors assez simplement du nombre de changements de direction
vers le nord ou vers le sud qu'il va effectuer avant de boucler sur lui-même.
Le nombre de ses côtés peut dépendre de nombreux paramètres.
La vitesse et la largeur du courant,
les vents environnants ou encore la profondeur de l'atmosphère mise en mouvement.
Les simulations montrent ainsi qu'un même fluide en rotation peut produire différents polygones.
Ce qui rend le décagone du pôle sud particulièrement intéressant, c'est sa temporalité.
Tout semble indiquer qu'il n'était pas là il y a une décennie
et qu'il est apparu au gré d'un changement de conditions dans cette région de l'atmosphère.
Les chercheurs envisagent deux possibilités.
Une petite perturbation aurait pu apparaître spontanément dans le courant jet
puis s'amplifier jusqu'à donner naissance à cette étrange figure géométrique.
L'autre scénario possède un suspect, un anticyclone sombre large d'environ 4000 km
situé juste au nord du décagone.
Apparu en 2023, il s'est fortement assombri en 2025.
Au moment où les dix côtés devenaient plus visibles,
il aurait donc pu donner l'impulsion initiale.
Sur cette image, c'est le point noté RS pour Red Spot.
Aucun modèle ne reproduit cependant parfaitement les observations.
Le décagone pourrait encore évoluer, se stabiliser ou disparaître.
La suite de son histoire permettra peut-être de comprendre comment il est né.
Pour l'instant, le décagone ne possède pas encore la régularité de l'hexagone.
Ses dix côtés ne sont pas tous aussi nets ni aussi sombres.
Certaines portions sont clairement visibles,
tandis que d'autres semblent presque disparaître dans les nuages.
Entre 2023 et 2025, le motif s'est cependant renforcé.
Tout indique donc qu'il va continuer d'évoluer.
Les prochaines années vont offrir une expérience naturelle particulièrement intéressante.
Le printemps progresse actuellement dans l'hémisphère sud de Saturne,
et cette région recevra de plus en plus de lumière solaire jusqu'aux environs de 2032.
Ce changement de saison pourrait modifier les températures,
les brumes et la stabilité du courant jet.
Le décagone pourrait alors devenir plus régulier,
il pourrait aussi se déformer et finir par disparaître.
Les images d'Hubble, des astronomes amateurs et peut-être de James Webb
devraient continuer à nous raconter cette histoire tout au long de ces années.
Au final, le décagone va peut-être s'inviter durablement dans le paysage de Saturne.
Jusqu'à devenir aussi célèbre que l'Hexagone du Nord.
C'est en tout cas sur une image amateur de 2024 qu'il sera apparu en premier.
Allez, voilà qui boucle ce dossier de l'espace.
Je vous invite à partager vos questions et vos remarques dans les commentaires,
nous y répondrons dans une prochaine vidéo.
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Quant à nous, on se donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau DNDE,
et d'ici là, citoyennes, citoyens, portez-vous bien.
