⭐️ Discover Kiyohide Shinjo Sensei, a charismatic sensei of the Uechi-Ryu Kenyukai in Okinawa. This sequence, taken from a report in the martial arts field, demonstrates the essence of karate and the importance of the dojo in transmitting knowledge.
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Résumé vidéo
Généré par IA
This video documents an immersive experience with Kyohei Shinjo, a master of Uechi-ryu Karate in Okinawa. The content explores the philosophy of \"body hardening,\" the historical roots of the style, and the rigorous training methods used to develop a powerful, unbreakable physique through specific conditioning and traditional practices.
Kyohei Deshinjo est un maître au charisme puissant et au style aussi impressionnant que sanguinisme.
Grand représentant du uichi-ryu Kenyukai Aokinawa.
Tourné en 2009 lors de mon premier voyage sur l'archipel,
cette séquence est extrait de mon documentaire en terre martiale.
A l'époque, découvrir le uichi-ryu avec l'un de ses maîtres les plus emblématiques,
fut une vraie claque.
Le uichi-ryu est un style direct, compact, axé sur le renforcement du corps,
le san-chin, la respiration et une efficacité sans fioritude.
A la fin de cette vidéo, je partagerai avec vous ce que cette rencontre m'a laissé
et comment elle a nourri ma vision de la pratique durant les années qui ont suivi.
Âgé de 59 ans, surnommé l'homme le plus puissant d'Okinawa,
il est connu à travers le monde pour ses casses presque surhumaines,
comme celles de se casser une batte de baseball sur les orteils.
Mais c'est l'homme et le sensei que je voulais rencontrer.
Le uichi-ryu est considéré comme un kenpo,
une synthèse des styles de combat chinois du tigre, de la grue et du dragon.
Le uichi-ryu est connu comme un style extrêmement dur,
dont le but ultime est de renforcer le corps contre tous coups qui peuvent lui être portés.
J'arrive en avance pour assister au cours enfant.
Une discipline de fer pour ces jeunes pratiquants qui ne se laissent pas distraire,
sinon Sensei Shinjo les rappelle à l'ordre.
La résistance au choc et le développement de la force sont aussi présents chez les jeunes.
Sensei Shinjo me dit qu'il faut développer le corps et lui apprendre à résister aux coups
le plus tôt possible, pour qu'il devienne puissant et incassable.
Le uichi-ryu est né du fruit de nombreuses années de travail de Sensei Kabun Uichi.
Il décide d'apprendre les arts martiaux pour devenir fort et être respecté.
En 1897, à 20 ans, pour éviter la conscription de l'armée chinoise,
il part en Chine, où il va rencontrer et suivre pendant plus de 10 ans l'enseignement
de l'expert en boxe chinoise de Pan Genan, Maître Shu Shi Hua.
Après avoir enseigné pendant 3 ans en Chine, il rentre au pays.
Le cours commence par un échauffement,
rapidement suivi d'une succession d'enchaînements dans l'ordre, les kihon.
On retire les vestes pour que Sensei puisse voir avec précision le placement de notre corps,
ce qui lui permet de rectifier les erreurs, minimes soient-elles.
Le groupe se reforme au complet et commence à travailler le kata San Chin,
qui est la base du style.
Différent des autres styles, il s'exécute avec les mains ouvertes.
Les pivots et les respirations sont également différents.
Les attaques de points fermés sont rares, car considérées comme moins puissantes.
Les techniques mains ouvertes avec les doigts serrés ou pliés en griffes sont privilégiées.
Puis Sensei ne garde que les élèves confirmés et nous montre le travail recherché.
Je commence à comprendre le concept d'endurcissement par la frappe.
Nous recommençons le kata tous ensemble et Sensei Shinjo ne s'occupe plus que de moi.
Il faut admettre qu'en plus d'être un kata, il y a aussi un kihon.
C'est un grand expert, il est fin pédagogue.
Les coups portés sur moi sont bien moins puissants que ceux portés aux autres.
Je pense que sinon je serais parti sur une civile.
Une puissance juste suffisante pour me montrer mes erreurs.
Je suis bien loin de l'enseignement que j'aurais pu recevoir lors d'un stage.
C'est ce que j'aime et ce que je recherche sans cesse.
Un grand merci Sensei.
Certains élèves me montrent un travail traditionnel d'Okinawa.
Une musculation spécifique au karaté.
Il existe une grande quantité d'instruments comme les Tetsugeta, les sandales en fond,
les Sanchinichi, les haltères, mais ils utilisent les Sanchinkami, les jars.
Ce travail permet de développer l'équilibre, le maintien de la posture,
une musculature adéquate au uechi, mais également à la puissance des doigts.
Rien que de les tenir n'est pas évident.
Le cours se termine par un travail nommé Koteki Tai.
Le durcissement offensif et défensif du corps.
Ce travail peut être exécuté seul sur un Makiwara ou avec un partenaire.
Le Makiwara est un poteau de frappe, une pièce maîtresse de l'entraînement à Okinawa.
Pour le travail à deux, j'ai comme partenaire un Uchi-Deshi, un proche disciple du maître.
Maintenant que j'ai compris le principe, nous devons passer à la vitesse supérieure en appuyant les frappes.
J'ai l'impression qu'à chaque fois, ils me frappent avec un marteau.
Mais pas question d'arrêter, je vais résister,
même si la douleur due à la répétition du coup au même endroit est de plus en plus présente.
Sensei Shinjo reste pour nous observer et voir comment je me comporte.
Ouf, on change de bras.
Le deuxième exercice sera un Mawashi Geri Gedan,
un coup de pied circulaire dans la cuisse.
Au premier coup, j'ai cru que ma cuisse se brisait.
Et moi, j'ai l'impression de rien lui faire.
Peu après, on m'explique qu'il faut légèrement avancer la cuisse lors de la frappe pour annuler ou grandement diminuer la puissance du coup.
J'essaye à nouveau de l'autre côté, un peu plus doucement, mais je n'y arrive toujours pas. Et encore une fois, ma jambe est meurtrie.
Même avec de la bonne volonté, je ne parviens pas à limiter les dégâts.
Et il me faudra quelques jours pour ne plus ressentir les coups reçus.
Et pour terminer le cours, quoi de mieux que de se tester les abdos ?
Une question subsiste. Avec l'âge, le fait de frapper sans cesse sur le corps n'est-il pas néfaste pour celui-ci ?
Sensei Shinjo me répond que le corps devient de plus en plus dur au fur et à mesure des années de pratique,
et que plus rien ne peut le briser.
Je comprends mieux pourquoi on entend dire que le style du Uechi Ryu est l'un des plus durs d'Okinawa.
Une nouvelle fois, je ressors du cours épuisé, mais avec le sourire.
J'ai finalement réalisé mon rêve.
M'entraîner avec les meilleurs.
Ce qui m'a marqué tout de suite dans ce cours avec Shinjo Sensei, c'est cette manière directe de tester physiquement les pratiquants.
Parfois, sans ménagement, pour déceler les erreurs de posture ou d'alignement.
J'ai eu ma dose douloureuse, mais très formatrice.
Le Uechi Réshi m'a bien fait comprendre que je n'étais pas de l'école.
Mais on a terminé la session tous les deux avec le sourire.
Shinjo Sensei, lui, a fait preuve d'une grande bienveillance.
Comme tu as pu le voir dans l'extrait, il a pris le temps de m'expliquer, de me guider et de me faire ressentir précisément ce que je devais ajuster.
Ce que je n'avais pas montré dans le documentaire à l'époque, c'est qu'il y avait aussi un fort accent mis sur la compétition.
Notamment pendant les cours enfants, avec du travail sur cible en mouvement et une session spéciale de 30 minutes après le cours adulte pour les jeunes compétiteurs.
Comme quoi, on peut être profondément ancré dans la tradition et garder un pied dans la modernité, notamment pour accompagner les plus jeunes.
C'est durant le tournage que j'ai compris une spécificité du Uechi Ryu.
Ce style utilise très peu les hanches pour générer de la puissance.
Tout se joue à très courte distance, avec un corps compact, enraciné, avec une structure dense capable d'encaisser les cheveux.
Ce fameux conditionnement musculaire n'est pas là pour faire mal, mais pour forcer le corps à devenir solide à l'intérieur.
Avec le recul et mes rencontres ultérieures, dont le petit-fils du fondateur du style, Takashi Kinjo Sensei, Shima Bukuro Sensei ou Smith Sensei en France,
j'ai compris que l'essence du Uechi Ryu, ce n'est pas de frapper fort tout de suite.
C'est la progressivité et la régularité.
On forge le corps petit à petit, pas à pas.
C'est d'ailleurs ce que j'ai revu en 2009, dans un autre tournage au dojo maire de Futenma, avec des jeunes pratiquants.
Tout est construit dans le temps.
Et toi, est-ce que tu intègres du renforcement dans ta pratique abdominaire ?
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