Les enfants sont naturellement curieux du monde et des personnes qui les entourent. Leur imagination dépasse souvent leur compréhension, particulièrement entre 2 ans et demi et 6 ans. Marie Perarnau explique pourquoi il est essentiel de nourrir l’imagination des enfants.
Présentée par Agathe Lecaron, La Maison des Maternelles est le rendez-vous quotidien consacré à la parentalité et petite enfance. Dans ce magazine, l’animatrice et les spécialistes qui l’entourent ont pour ambition de répondre aux interrogations des jeunes parents, proposant ainsi une émission de service. En toute liberté, de façon positive et décomplexée !
C'est peut-être votre voix qu'on n'entend plus.
Pardon mon chou.
On entend plus que je suis très intéressée par ce que vous allez nous dire,
parce que je trouve ça crucial d'aider nos enfants,
de les accompagner pour qu'ils développent leur imagination.
Mais oui, alors entre 2 et 6 ans, on le voit, on le sait,
nos enfants sont curieux de tout.
Ils sont à la fois curieux des gens qui nous entourent
et du monde qui nous entoure évidemment.
Et on va le voir dans leur jeu, puisque vous savez que vers 2 ans,
c'est la grande période des jeux d'imitation.
Les enfants s'amusent à faire la cuisine,
à nous imiter dans les gestes du quotidien.
Et petit à petit, dans ces jeux d'imitation,
on va insérer de l'imaginaire.
Évidemment, vous l'avez peut-être déjà vécu vous-même.
Votre fils, il est vraiment dans cette période-là.
On joue à être au restaurant et tout d'un coup,
on a fait une tarte au putois, n'importe quoi.
Mais parce qu'en fait, le réel ne suffit plus.
Il faut appeler l'imaginaire pour enrichir le jeu.
Et ça, c'est génial.
Évidemment, nous parents, on va pouvoir essayer
de développer un peu l'imaginaire de nos enfants.
Mais pourquoi, à votre avis, c'est important
dans notre vie d'adulte, ensuite, d'avoir de l'imagination ?
Petite colle.
La créativité, après ?
Non, pour la créativité.
Mais aussi, c'est une échappatoire merveilleuse.
Parce que même, par exemple, si on a un insomniac,
s'imaginer des choses avant de dormir,
ça permet de garder son âme d'enfant.
Arrêtez-moi.
Philosophe.
Non, mais c'est vrai que l'imagination,
on ne se rend pas compte du potentiel
que ça peut avoir dans la résolution de problèmes.
Plus enfant, on sait imaginer des choses,
plus adulte, on va pouvoir aller penser à des solutions
un petit peu au-delà du premier truc qui nous arrive.
C'est vraiment une flexibilité cognitive.
On a tout à y gagner à imaginer enfant.
Apprendre à créer, bien entendu,
c'est vraiment la première des choses.
Plus on va imaginer enfant, plus adulte
ça nous semblera incongru d'aller créer,
d'aller imaginer.
Elle est en train de canner.
Évidemment, les apprentissages vont être stimulés.
On en parlait lors de la chronique des jeux d'imitation.
Prenez de l'eau, prenez un peu de phtalate.
Je suis persuadée qu'il y a du plomb dans cette eau.
C'est pour ça qu'il y a cet allergique au plomb.
Enchaînez, mon fou.
Donc, on va apprendre mieux le langage,
on va apprendre mieux les mathématiques
en jouant, par exemple, à la marchande.
L'imagination développe également l'empathie.
Pourquoi ? Parce qu'on le sait,
l'empathie, c'est la capacité de se mettre
à la place des autres.
Et quand on fait un jeu d'imagination,
on devient ce petit personnage.
Ça s'assure.
Vraiment, c'est très juste.
En fait, plus on imagine qu'on est quelqu'un d'autre,
plus adulte, on va avoir cette capacité
à se mettre dans la peau de quelqu'un d'autre
et donc de ressentir ses émotions.
Bref, on a évidemment toute la gestion des émotions
puisque plus on va les mettre en scène
dans nos jeux, plus on va apprendre
à les maîtriser, à les gérer.
Et puis, évidemment, on va anticiper, à s'adapter.
Je pense que vous êtes comme moi.
Vous, vous imaginez un peu des scénarios horribles.
Par exemple, si vous croisez quelqu'un un peu flippant,
vous vous dites, il va sortir une mitraillette,
il va le dégommer.
Mais ça peut être aussi très positif.
Imaginer des scénarios futurs, c'est une chance.
Alors, comment on cultive au quotidien le jeu libre ?
J'en ai fait une chronique il y a quelques semaines.
Regardez-la.
Le jeu libre, c'est jouer avec tout et n'importe quoi.
C'est imaginer des petits mondes.
Ça, c'est essentiel pour nos enfants,
de ne pas les couvrir de jouets,
mais d'avoir deux, trois figurines,
des pots, des cabanes à faire,
de vraiment se créer des petits mondes.
Un déguisement, également.
Vous l'avez vu sur Agathe tout à l'heure.
Le fait d'enfiler un déguisement
nous permet de devenir quelqu'un d'autre.
Et plus on va cultiver ça chez nos enfants,
et bien plus ça va être intéressant pour eux.
Et d'ailleurs, il y a plein d'adultes
qui continuent à faire des soirées déguisées.
Et on ne se demande pas pourquoi.
Ah oui, vous aimez bien ça, Anna.
Elle est comme moi, elle adore.
Moi aussi.
En couple, en plus, on fait des trucs démons.
C'est vrai ?
Qu'est-ce que vous avez fait récemment, par exemple ?
Vous ne pouvez pas le dire ?
Comme déguisement.
Il y avait, par exemple, un ours.
Moi, j'étais en ours, et lui était en montoir d'ours.
On peut faire des trucs... Non, non.
C'est rigolo.
Quel rapport !
Je vous amènerai des photos.
Ah oui, on veut bien.
N'essayez pas de m'inviter à une soirée déguisée.
Je suis la fille qui arrive qui n'est pas déguisée.
Vous détestez ça ?
Je suis envoyée en rejet, et je le montre.
Après, vous êtes déguisée en star.
Autre chose, quand vous laissez vos enfants
dessiner ou imaginer,
ne lui dites pas que ça n'existe pas,
ou que ta maison doit avoir le toit gris et les murs rouges.
On va laisser vraiment s'exprimer
les enfants, et on va les laisser
s'ennuyer. Vous avez reçu, il y a très peu de temps,
Aurélie Calais, qui nous parlait de sa boîte
anti-ennuis, avec plein d'activités.
Vous pouvez aussi le fabriquer chez vous,
en proposant à vos enfants de remplir
en quotidien le bocal anti-ennuis,
avec des idées d'activités.
C'est eux qui les inventent au départ,
vous pouvez en ajouter quelques-unes.
Quand ils s'ennuient, vous leur dites
soit vous trouvez un truc, soit vous prenez dans le bocal
anti-ennuis que vous avez trouvé.
Ni oui, ni non.
Se déguiser et préparer un spectacle.
Faire une cabane en coussin et couverture.
On pourrait penser que toutes ces idées vont leur venir
spontanément, mais ce sont des petites
choses qui vont leur permettre
de partir d'une base,
de développer, et à vos parents de vous taper
la petite histoire et le spectacle.
Pour vous y aider, je vous ai dégoté
un truc très sympa, c'est le
théâtre Louison-Carton. Est-ce que vous connaissez
cette innovation ? Regardez-moi ça.
Ça se présente sous la forme d'un petit théâtre.
On a tous fait des lectures un peu comptées
à nos enfants, mais cette fois-ci c'est encore mieux
puisqu'on a une lecture théâtralisée.
Le spectacle se présente sous cette
forme, et on peut acheter
des pochettes d'histoires
qui vont, regardez-moi ça,
pouvoir être lues
et présentées aux enfants. Au dos,
il y a le texte, ce qui fait que le
parent peut rester derrière le théâtre
et lire le texte,
et placer ensuite...
C'est un peu motricité.
On peut même mettre tous les
histoires, pour animer vos soirées de Noël.
Vous allez lire l'histoire du petit crocodile,
vous vous lisez, vous pouvez prendre toutes les voix
que vous voulez, puisque vous n'avez pas à détacher
votre regard du texte. Et là, vous pouvez mettre les petits personnages
Ce que j'ai trouvé encore mieux, c'est que
vous pouvez prendre les histoires
vierges, et proposer
à votre enfant, vos enfants,
de créer une histoire.
Donc il y a le titre, il y a les auteurs,
il y a la couverture, et vous avez
la possibilité de les faire dessiner
ici, et d'écrire le texte
au dos, pour pouvoir ensuite faire
leur propre petit spectacle.
C'est merveilleux, merci beaucoup Marie.
Qu'est-ce que ça m'aurait plu, ça ?
C'est génial, j'aurais adoré.
Merci.