En France, le gouvernement de Michel Barnier a été confronté à une motion de censure, révélant des tensions croissantes au sein de la classe politique. Ils sont 331 députés, de gauche comme de droite, à avoir voté le texte déposé par la coalition du Nouveau Front Populaire. Pourquoi le Rassemblement national a-t-il voté en faveur de cette motion portée par la gauche ? #france#rn#nfp 🔔 Abonnez-vous à notre chaîne : https://rfi.my/YTfr 🔴 Suivez RFI en DIRECT vidéo ici : https://rfi.my/YTliveFR 🌍 L’actualité du monde et de l’Afrique en direct : https://www.rfi.fr/fr/ Rejoignez-nous sur Facebook : https://rfi.my/FBfr Suivez-nous sur X (Twitter) : https://rfi.my/Xfr Découvrez l’actu en images sur Instagram : https://rfi.my/IGfr Recevez les dernières infos sur Telegram : https://rfi.my/TGfr
— Bonjour, Janvier. — Oui, bonjour, Juan. Bonjour à tout type d'appels de l'actualité.
— Merci. Vous êtes au Tchad. Nous vous écoutons donc après la motion de censure du gouvernement Barnier.
— Oui. 331 députés de gauche et des rassemblements nationaux ont censuré le gouvernement de Michel Barnier.
Oui, Juan, à ce sujet, j'ai eu une question. Pourquoi le RN a-t-il voté en faveur de cette motion de censure portée par la gauche ?
— Eh bien on va essayer de vous expliquer tout ça avec Raphaël Delvolvé du service politique de RFI. Bonjour, Raphaël.
— Bonjour, Juan. Bonjour, Janvier. — Alors expliquez-nous pourquoi le RN a voté en faveur de cette motion de censure
qui a été portée effectivement par la gauche, par le Nouveau Front populaire.
— Absolument. Alors, Janvier, déjà, je me présente à vous comme un simple et humble observateur-commentateur de la vie politique française.
Je vais peut-être vous décevoir, mais je ne suis pas dans la tête de Marine Le Pen. Donc...
— Mais vous étiez mercredi à l'Assemblée nationale. — Voilà. Je vais vous donner des éléments de réponse qui, si on les cumule,
peuvent permettre de comprendre pourquoi le RN a appuyé sur le bouton et a décidé de prendre cette décision très grave de censurer le gouvernement Barnier.
Déjà, on peut s'en tenir aux éléments de langage du RN qui expliquent avoir procédé ainsi pour protéger les Français.
Vous voyez, je mets des guillemets. Je cite les éléments de langage du RN. Protéger les Français d'un mauvais budget.
Ça, c'est une façon assez simple, assez basique, je vais dire, de justifier cette motion de censure.
Mais je vais vous donner un deuxième élément, là, qui, évidemment, n'est pas mis en avant par le RN.
Marine Le Pen dit que ça n'a absolument rien à voir. Mais c'est difficile de ne pas lier tout ça avec les ennuis judiciaires de la leader d'extrême-droite.
Ennuis judiciaires, gros ennuis judiciaires. Vous le savez, depuis le 13 novembre dernier, Marine Le Pen sait qu'elle encourt ce qu'on appelle
C'est-à-dire que si elle est condamnée par la justice pour des histoires de détournement public, je ne vais pas y revenir en détail, c'est un peu long,
elle pourrait ne pas se présenter aux prochaines élections.
Et le jugement est rendu le 31 mars.
Absolument. Alors, d'ici cette date, Marine Le Pen est un peu à peur, vraiment, on le sent,
puisque depuis qu'elle est au courant de ce réquisitoire, je vous invite à regarder toutes les interventions de Marine Le Pen depuis le 13 novembre.
Vous allez sentir un raidissement, un durcissement dans son ton.
À la fin du procès, elle a déclaré cette phrase
« Je suis de retour à 100% maintenant dans le combat politique ».
Et on peut lier, donc, ces ennuis judiciaires à la décision de la censure. Pourquoi ?
Parce qu'en censurant le gouvernement Barnier, ce qui est rarissime, c'est la seconde fois que ça arrive dans la Ve République,
Marine Le Pen a rappelé combien elle était une figure importante de la vie politique française.
On rappelait que le RN a fait 11 millions de voix aux dernières élections législatives, 11 millions de voix, c'était énorme.
Et donc, Marine Le Pen tente, en fait, quelque part, d'influencer les juges d'ici le 31 mars,
en montrant qu'elle est une figure de premier plan.
Il y a aussi, et c'est bête et méchant, et c'est le rôle d'un parti d'opposition contestataire comme le RN,
qui n'a jamais eu le pouvoir en France, affaiblir tout simplement Emmanuel Macron.
Et puis aussi, il y a une forme d'acte de vengeance là-dedans.
Là, c'est adressé au président Macron, mais aussi à Gabriel Attal, son ancien Premier ministre et fidèle du président.
Je ne sais pas si vous vous rappelez, après les élections législatives, à l'Assemblée nationale,
tous les postes à responsabilité seront tombés dans les mains d'autres partis que le RN,
précisément en raison de ce qu'on appelle un front républicain.
C'est-à-dire que tous les partis se sont ligués contre le RN pour l'empêcher d'accéder à des vice-présidences de l'Assemblée nationale,
des présidences de commission.
Ça a été très mal vécu, ça, par le RN, donc on peut aussi y voir un acte de vengeance.
Vous voyez, je vous donne trois facteurs que vous pouvez cumuler,
et vous comprenez un peu pourquoi Marine Le Pen a appuyé sur le bouton.
Alors, est-ce que c'est une faute ? On ne le sait pas.
Il y avait aussi un confort à pouvoir le faire, puisqu'on ne pouvait pas dissoudre l'Assemblée nationale à l'issue de cette censure.
Donc, c'était moins risqué qu'on ne le dise, parce qu'il n'y avait pas de sanction électorale qui allait tomber tout de suite.
Ça, c'est la suite des événements, la tournure qu'ils vont prendre qui nous diront si Marine Le Pen a fait un choix stratégique pertinent.