L'Atlético de Madrid affronte le PSG ce mercredi soir, lors de la 4e journée de Ligue des champions. Antoine Griezmann sera bien évidement de la partie, lui qui se fera de plus en plus rare sur les pelouses françaises depuis l'annonce de sa retraite internationale. Mais ne serait-il pas plus considéré en Espagne qu'en France ? C'était le débat dans Rothen s'enflamme.
Ce soir on va donc voir Antoine Griezmann sur une pelouse en France.
Et ça va devenir un événement maintenant qu'il a donc pris sa retraite internationale avec l'équipe de France.
Retraite qu'on a toujours un peu en travers de la gorge,
parce qu'on ne veut pas dire que tout le monde se soit énormément battu pour qu'il reste en équipe de France.
Ah bon ?
Oui.
Griezmann est-il plus considéré en Espagne qu'en France ?
32.16. Appelez-nous pour en débattre.
Edgar Grolo est avec nous, notre correspondant à Madrid.
Salut Edgar.
Salut Jean-Louis.
Salut Jérôme.
Salut tout le monde.
On pose cette question sur la différence de considération Espagne-France,
parce que Simeone a été dithyrambique sur Griezmann hier.
Oui, c'est la neuvième saison d'Antoine Griezmann et de Diego Simeone ensemble à l'Atletico.
Et le coach a parlé du français avec beaucoup d'admiration en conférence de passé.
Pour Griezmann, je ne ressens que de la gratitude.
Et je le remercie.
Nous avons grandit ensemble, il a fait des choses magnifiques, aussi bien en club qu'en sélection.
Il a même passé les 400 matchs avec l'Atletico.
J'ai vraiment de l'admiration pour son travail, sa manière de vivre, sa manière d'interpréter la chose.
Il a du talent, de la classe et une grande personnalité.
Et nous allons vraiment profiter du temps qu'il passe avec nous.
Il restera comme l'un des plus grands joueurs de l'Atletico Madrid.
Pour l'instant, Diego Simeone profite toujours à 100% d'Antoine Griezmann.
C'est le deuxième joueur de champ le plus utilisé de l'effectif.
Il a été décisif neuf fois déjà cette saison.
Et quand on parle de lui ici à Madrid, on ne parle pas d'âge.
On parle toujours de lui comme du danger numéro un de cette équipe,
comme du premier joueur qu'on met sur la feuille de match.
C'est ce qui ressort quand on en discute avec des journalistes espagnols,
quand on en discute avec les supporters qui l'admirent et qui l'aiment énormément
pour tout ce qu'il a donné au club.
Il est arrivé en 2014.
Et ta question, Jean-Louis, c'est est-ce qu'il est plus considéré en Espagne qu'en France ?
Louis Sénriquet a rigolé hier en disant que ça faisait tellement longtemps qu'il était là
qu'il pourrait avoir la double nationalité.
Merci Edgar.
Jérôme, est-ce qu'il est plus considéré en Espagne qu'en France ?
La logique, c'est totalement logique.
Il a joué en club qu'en Espagne.
Real Sociedad ou Atlético Madrid ou Barcelone.
C'est plus de 500 matchs en tout.
Les saisons Real Sociedad, Barcelone et Atlético Madrid.
Donc ça veut dire ce que ça veut dire.
Il est extrêmement respecté en Espagne parce que les gens le voient toutes les semaines,
voire deux fois par semaine.
Comme nous, on peut voir des joueurs quand ils jouent dans le championnat de France.
Et qu'Antoine, il a touché les Français à travers l'équipe de France.
C'est énorme.
Oui, mais c'est énorme.
Sauf que le public de l'équipe de France n'est pas forcément un public.
C'est plutôt le grand public.
Le public passionné de football, passionné du football de club,
il s'identifie à des joueurs qui jouent en France.
Et ça me paraît logique par rapport à l'Espagne.
En Argentine, ils n'ont jamais vu jouer Messi dans leur club.
Et pourtant, c'est une idole absolue parce qu'il a gagné la coupe du monde.
Pourquoi c'est différent en France ?
Parce que la ferveur en Argentine, en Amérique.
Ce n'est pas toi que je vais expliquer ça.
Au Brésil, en Argentine, ils vivent pour le football.
Nous, en France, on n'est pas un pays de football.
On est d'accord.
Ce n'est pas normal qu'il soit considéré en Espagne qu'en France.
Je ne dis pas que c'est normal.
Tu as commencé par ça, c'est complètement logique.
Mais je dis que c'est logique par rapport à son histoire.
Il a été formé en Espagne.
On a l'impression qu'il est plus proche des Espagnols
que la culture espagnole, que la culture française.
On est d'accord.
Arrête, ne me dis pas non.
Il a joué en équipe de France.
Il a beaucoup de respect ici en France.
Même si vous restez, et tu restes,
parce que si on fait ce débat-là,
tu restes sur le fait qu'il a pris sa retraite internationale
dû au fait qu'il y a eu un déclassement.
Et que tout le monde s'en fout.
Mais pas tout le monde s'en fout.
Franchement, c'est passé comme une lettre à la poste.
Ça n'a provoqué aucun débat.
Donc, va dans mon sens.
Ça veut dire une chose que les Espagnols,
si tu veux, s'identifient beaucoup...
Ils te cherchent, Jérôme.
... à Antoine Griezmann.
Non, pas du tout.
Mais non, mais ça me paraît logique, Jean-Louis.
Il vit en France, en Espagne, au quotidien,
depuis l'âge de 14 ans.
Et pourquoi on n'est pas capable de l'apprécier
avec tout ce qu'il a fait pour les Français ?
Je ne suis pas d'accord avec toi, Jean-Louis.
Bah oui.
Jean-Louis, je ne suis pas d'accord avec toi.
Déjà, pourquoi tu dis qu'il n'est pas apprécié ?
Les gens français adorent Griezmann.
Il n'est pas autant.
Tu n'en sais rien.
Déjà, on ne vit pas à Madrid,
donc on n'en sait rien.
Moi, je pense que les Français adorent Griezmann.
Les Français ?
Le foot français et Deschamps,
et ses partenaires, etc.
Mais c'est qui, le foot français ?
C'est pas Deschamps,
c'est les formateurs qui l'ont...
Deschamps, mais Deschamps...
Deschamps, c'est le foot français, Deschamps ?
Je crois qu'il y a eu une considération énorme
autour de Griezmann.
Sinon, tout le monde se serait battu.
Alors, ça, c'est un autre sujet.
Alors, il faut tourner ton débat différemment, Jean-Louis.
Pour moi, c'est lié.
C'est lié.
Alors, si tu pars sur ce chemin-là,
je suis assez d'accord avec toi.
Je trouve qu'on l'a laissé partir assez vite, trop vite.
Après, je pense qu'il y a un profond respect
pour ce garçon qui a expliqué les choses
d'une manière très simple.
Et je pense qu'il a gagné aussi le respect
du public, des gens en général,
le public français et le respect même des Espagnols.
C'est que c'est un joueur d'équipe.
C'est un joueur qui se bat pour l'équipe,
qui n'a jamais tiré la couverture à lui-même,
qui est un buteur, qui est un passeur,
qui sait tout faire sur un terrain de football
et qui n'a jamais essayé de se mettre en avant.
Moi, les seules fois où j'ai été dur avec lui,
parce que ça m'est arrivé d'être dur avec lui,
c'est quand il m'a saoulé,
qu'il a commencé à vouloir devenir un basketteur
plus qu'un footballeur, avec la décision,
avec le Barça, je change d'avis,
je ne sais plus, je suis là.
Là, je te le dis sincèrement, il m'a saoulé
et je n'ai pas retrouvé le griezement qui a fait
que je me suis à un moment attaché à lui.
Mais je trouve que là où je ne suis pas
tout à fait d'accord avec toi, c'est que je pense
qu'il jouit de la même aura en France
qu'en Espagne.
Après alors, en Espagne, au niveau Madrid,
peut-être un peu plus, parce que comme le disait Jérôme,
il le voit deux fois par semaine, donc forcément,
tu crées quelque chose de différent.
Mais je trouve qu'il a réussi à être le même joueur
qu'il a été à Madrid en équipe de France.
Et si on a été champion du monde, ça a été grâce à lui.
Ça, il a une belle cote de popularité en France,
il n'y a aucun souci là-dessus.
Mais est-ce que le footballeur Griezmann
a été suffisamment apprécié en France ?
Parce qu'on l'a dit assez haut.
C'est pour ça. Est-ce qu'on a réussi à l'apprécier ?
C'est ça le truc.
Après, chacun est libre.
J'ai des copains, des joueurs de foot,
avec qui je parle football de temps en temps,
qui n'aiment pas Griezmann,
qui n'aiment pas les qualités de footballeur de Griezmann,
parce qu'ils trouvent qu'il manque de rapidité,
il manque de puissance.
Moi, j'adore ce joueur atypique, différent.
Je trouve que
ses qualités de footballeur
sont peut-être un peu sous-estimées,
parce qu'elles sont moins brillantes
ou flamboyantes que certaines.
Mais quelle dextérité, quelle agilité avec le ballon,
quelle vision du jeu, quel sens du déplacement,
quelle façon de se mettre
entre les lignes, de marquer,
de faire des passes.
C'est génial ce joueur.
C'est que le football actuel
et cette nouvelle génération,
ils veulent des joueurs qui aillent vite,
qui percutent, qui dribblent
cinq joueurs et qui marquent des buts.
Cinquante occasions avant de marquer un but.
Et c'est le cas des joueurs offensifs.
Aujourd'hui, en effet,
les puristes, ceux qui aiment le foot,
et on en fait partie, on a été formé comme ça au football,
il a tout du très bon footballeur.
Il a la vision, l'intelligence,
la technique, les deux pieds,
il sait tout faire. Même de la tête,
il n'est pas très grand, mais il a un bon timing.
Donc oui, c'est des joueurs,
si tu veux, c'est des joueurs qui te
bonifient les équipes.
Qu'est-ce qu'il ne sait pas faire, c'est ça le truc ?
La seule chose.
Moi aussi, comme toi,
on s'en fout,
parce que franchement,
aujourd'hui...
Pour revenir à ton débat,
Jean-Louis, c'est que toi, tu restes...
Et moi, j'ai mis beaucoup de critiques.
Et je m'en suis même
voulu, et je m'en veux encore, parce que je suis allé
très loin dans les critiques, quand je le voyais
jouer avec l'équipe de France. Mais c'est de la faute
du sélectionneur, de Didier Deschamps, ce qu'il lui demandait.
Mais je ne voulais pas le voir
comme ça, c'est-à-dire juste un joueur
défensif qui récupère le ballon.
Oui, oui.
Où il a fait son choix, et le déclassement
a commencé
par là, et que même dans sa tête,
la preuve, c'est qu'il a pris sa retraite internationale,
alors qu'il est en pleine bourre avec la critique au Madrid.
C'est aussi lié à ce déclassement-là,
et à une façon
d'évoluer avec l'équipe de France,
qui n'est plus du tout la même, quand c'était le Griezmann
de 2016, voire de 2018.
Qu'est-ce que tu penses du débat, Steve ?
En fait, Jean-Louis, je suis vraiment désolé,
mais je crois que Dugas te l'a un peu dit.
Il y a deux choses. Il y a le joueur club,
et il y a le joueur international.
C'est vrai que...
Il va te tomber sur le paletot, tu vas voir,
Dugas, moi je le connais.
Ça se voit que t'es passé chef, Jean-Louis.
Je parle beaucoup, mais Dugas...
La dixième compagnie, ouais.
Mais non, mais en fait,
Griezmann, moi je suis vraiment pas d'accord
avec vous. Griezmann, tu ne peux que
l'aimer. Pourquoi ?
T'es pas d'accord avec les potes de Dugas ?
Mais non, mais parce qu'en fait,
c'est un signal, justement, envoyé
à tous les recruteurs,
les projets de nouvelle génération
de joueurs qui ne
bougent qu'avec le ballon,
qui ne font plus d'appels, qui n'y a plus de dépassement
de soi. Mais moi, je suis
formateur aujourd'hui,
mais je me dis, ah bah tiens,
ça, ça serait peut-être la piste qu'on pourrait
avoir. C'est donner du temps
à ces joueurs, déjà les prendre, mais donner
du temps à ces joueurs dans la formation,
parce que t'as un Griezmann...
En France, il ne serait
jamais sorti à l'époque.
C'est pour ça que c'est un
aveu d'échec de notre formation
à la française.
Oui, mais c'est pas un manque
de considération, c'est un manque de considération
du football à la française
de cette formation.
C'est qu'aujourd'hui, il faut que le football
français aille aussi sur ces pistes-là.
Ce n'est pas normal
que nous ayons ces joueurs qui passent
à l'as. C'est pas possible. Tu peux pas
avoir un joueur qui a une ampleur.
C'est pour ça que je te dis qu'en France, on n'apprécie pas
assez son style de jeu. Et quand il annonce
sa retraite internationale, ça aurait dû faire
le même retentissement que la retraite de Zidane.
Je suis désolé. Et à l'arrivée, c'est passé comme
une lettre à la poste, un lundi soir et le mercredi
on n'en parlait plus. C'est de la faute à qui ?
C'est de la faute à tout le monde au foot
à la France. Particulièrement à toi aussi.
A moi et à tout le monde.
Là, c'est de la faute,
que de la faute de la Fédération Française de Foot.
Mais il n'y a qu'eux qui sont responsables.
Et le métier des champs aussi.
Il fait partie de la Fédération Française de Foot.
Le président de la Fédé
est Didier Deschamps,
qui est sélectionneur ou qui est même président
de la Fédé au-dessus de Diallo.
C'est eux les responsables dans la façon
de faire fuir, mais d'avoir fait en sorte
que... Tu te rends compte que Griezmann, il est parti sur
la France-Italie en faisant un tour d'honneur
tout seul à la fin. Mais quelle honte
pour le football français.
Mais ça, c'est pas normal.
Je suis content que vous soyez tous d'accord avec moi à la fin.