
À L'AFFICHE - La Fille du régiment, un TOMBOY à l'Opéra ?
Si je vous dis : une héroïne d’opéra qui ne soit ni victime, ni figure tragique, mais plutôt un tomboy intrépide opposé aux conventions ? C’est bien évidemment Marie dans La Fille du régiment de Gaetano Donizetti.
Cet opéra-comique est la première œuvre en français du compositeur, qui était alors célèbre pour son opéra Lucia di Lammermoor - dans lequel l’héroïne devient folle et agonise sur scène pendant 15 minutes en poussant des notes suraigües.
La Fille du régiment, c’est tout l’inverse ! C’est l’histoire de Marie, abandonnée à sa naissance et adoptée par un régiment de soldats français dans lequel elle grandit et devient vivandière – autrement dit, "bonne à tout faire"...
Après une enfance passée sur les champs de bataille, sa mère biologique, la marquise de Berkenfield, la retrouve et tente de la faire rentrer dans le « droit chemin ». Elle veut lui inculquer une stricte éducation aristocratique et lui imposer un mariage arrangé avec un Duc des environs. Mais là, Marie se rebelle !
Cette fille du régiment est loin du stéréotype de l’héroïne romantique. Elle est forte, drôle, déterminée, et préfigure d’une certaine manière les personnages féministes d’aujourd’hui. Formée au juron et à la poudre de canon parmi les militaires, elle refuse de se conformer aux attentes sociales et se bat pour sa liberté.
Donizetti, lui confie plusieurs airs inspirés de chants et rythmes militaires, tout en sollicitant la virtuosité vocale de l’interprète - dans la grande tradition du bel canto (le « beau chant », en italien). On aura donc quand même une bonne ration de notes suraigües.
Alors, la prochaine fois que vous devrez faire à manger pour un régiment, souvenez-vous de Marie pour qui c’est un acte de résistance !
Plus d'informations sur https://www.operadeparis.fr/saison-24-25/opera/la-fille-du-regiment
