Entre 1980 et 1982, l’expérience d’Orsay d’Alain Aspect est l’une des expériences les plus importantes de la mécanique quantique et peut-être même de toute la physique.
Son auteur, le physicien Alain Aspect, vient nous expliquer pendant 1h, au cours de l'émission de Natacha Triou "La Science, CQFD", les travaux qui lui ont valu son prix Nobel de physique 2022.
[Musique]
la science
CQFD Natacha tri lundi novembre il fait
froid il fait moche pour bien commencer
la semaine on a ce qu'il vous faut une
heure d'entretien avec le prix Nobel de
physique 2022 alain est notre invité
[Musique]
entre 1980 et 1982 l'expérience d'ors et
d'Alain ASP est l'une des expériences
les plus importantes de la mécanique
quantique et peut-être même de toute la
physique le physicien prouve très
clairement que l'intrication quantique
est un phénomène observé qui correspond
à tout ce qu'avait prédit la physique
quantique avec ce pionnier on revient
sur cette expérience de pensée chère à
Einstein jusqu'à son expérimentation en
laboratoire et comment ses travaux ont
ouvert la voix à la seconde révolution
quantique l'intriquant monsieur mon
aspect bonjour
àinpect bonjour Merci d'être réceptif à
notre titre vous êtes professeur à
l'Institut d'Optique professeur à
l'École polytechnique directeur de
recherche et mérite du CNRS et merci
d'être là avec nous en direct des
studios transculture cette émission peut
se suivre sur les ondes mais aussi sur
Twitter sur notre fil à science CQFD al
jusqu'à 17h nous parlerons donc de votre
parcours àin aspect de votre expérience
fondatrice de vos dispositifs
expérimentaux pour résoudre un paradoxe
nous d'intrication d'inégalité de B mais
avant tout le mardi 4 octobre au côté de
l'américain John closer de l'Autrichien
aningerevz la plus haute distinction
scienique le prix Nobel de
physiquetechqueance
nous étion nbre à l'attendreette
nomation pour récompenseros vousp
cette nomination c'est-à-dire que je ne
m'y attendais pas une année en
particulier ça fait longtemps qu'on
m'avait dit que ça pourrait arriver un
jour mais je sais qu'il y a beaucoup de
gens pour qui ça aurait pu arriver et ça
n'est jamais arrivé donc je pense que
j'avais la sagesse de ne pas attendre
une année particulière donc ça a été une
authentique surprise authentique
surprise alors ce 4 octobre 2022 dans
cette authentique surprise à qui ou à
quoi avez-vous immédiatement pensé
difficile à dire mais sans doute à ceux
qui ne sont plus là
pour être contents mes parents mais
professeurs de lycée
[Musique]
ensuite sans doute j'ai pensé je je ne
suis pas certain mais sans doute j'ai
pensé à ma femme et mes enfants qui ont
dû me supporter dans tous les sens du
terme pendant si longtemps et puis je ne
sais pas
je l'Institut d'optique qui est un petit
institut et qui m'a permis de faire une
expérience qui lorsque je l'ai commencé
semblait un peu bizarre à beaucoup de
laboratoire plus établi où j'aurais sans
doute eu du mal à convaincre que ça
valait la peine d'être fait alors j'aime
j'ai penser oui à l'Institut d'optique
et à à la réactivité qu'il offre al
avant de parler de de vos travaux
j'aimerais qu'on revienne ensemble sur
votre parcours dans une interview pour
le journal du CNRS vous dites je suis
une très bonne illustration du
stéréotype français celui du jeune
provincial qui quitte son petit village
de Gascogne pour monter à la capitale
oui rien rien à ajouter rien vous avez
été encouragé dans votre parcours ah oui
parce que mes parents étaient
instituteurs et donc les
instituteurs m'avait ces instituteurs
m'avaient donné le la conviction qu'il
fallait bien travailler à l'école
ensuite c'était des gens qui avaient une
une Croy
fortement établie dans la valeur de la
science dans le fait que la science
permet à l'humanité de progresser
pasteur évidemment l'un de ses
héros et donc ça ça a été un très fort
encouragement alors je n'ai pas eu de
d'aide familiale sur le plan m'aider à
faire les devoirs parce que j'étais au
lycée d'Agen et je ne rentrai chez moi
que qu'à la fin de la semaine en
revanche j'ai bénéf B de ces anciens
lycées c'était avant le l'enseignement
de masse et j'ai bénéficié de ces
anciens lycées où il y avait des études
avec des surveillants des pions comme on
disait à l'école qui avaient des
licences licence de math licence de
latin et donc on pouvait choisir l'étude
en fonction de ce qu'on souhaitait
étudier ils étaient je crois qu'on les
appelait même des répétiteurs donc
l'école fournissait tout le soutien dont
on avait besoin je suis pas sûr que j'en
avais un grand besoin mais enfin l que
j'avais un besoin je le trouvais dans le
système en fond vous étiez déjà fasciné
par les sciences ah oui toujours ça m'a
pas empêché au lycée de suivre la la
filière classique dont j'ai fait du
latin pendant un nombre considérable
d'années j'aimais beaucoup le les
lettres mais je n'aurais pour rien au
monde raté une heure de science que ce
soit la physique que ce soit les maths
ou que ce soit même les sciances
naturelles c'était vraiment mon goût
alors on raconte aussi un qu'enfant vous
démonti entièrement votre vélo pour en
comprendre les rouages c'est vrai ça oui
oui absolument et d'ailleurs je continue
à démonter les vieux vélos j'ai des
vieux vélos tout rouillés mais je
continue à les démonter à les remonter
le problème qu'aujourd'hui pour trouver
des pièces des anciens vélos c'est pas
si facile mais on trouve des sites
internet on parle de votre amour des
sciences et des rouages de vélo vous
vous identifiez ce qui vous a donné ce
qui vous a orienté vers la
physique alors je je pense que j'ai
toujours été fasciné par les objets
techniques plus par exemple que par les
animaux ou les fleurs bon j'aimais bien
les sciences naturelles moi ce qui
m'intéressait c'est les objets
techniques donc quand j'étais petit dans
ce village de Gascogne il n'y avait pas
tant d'objets techniques que cela mais
quand même il y avait des artisans qui
avaient des outils et l'outillage des
artisans me passionnait les outils que
les agriculteurs utilisaient la charue
pour pour labourer les champs j'ai j'ai
toujours été iné par les objets
techniques donc que dire de
plus dans d'autres entretiens vous citez
justement aussi l'importance on parlait
déjà de l'importance de l'école des
enseignants des pions vous citez
l'importance de Monsieur HCH au lycée
d'agin vous dites que c'est lui aussi he
qui vous a donné le goût de cette
discipline vous avez un souvenir en
particulier justement de ce professeur
oui lui lui
c'est je crois que le goû quand même il
commence avec les instituteurs qui à
l'époque faisaient des leçons de choses
et et je me rappelle je l'ai déjà cité
10 fois mais je pense que c'est très
important cette leçon de choses où on
mettait du du vinaigre sur de la crée la
crée de l'époque c'était du calcaire au
fond d'un bocal ça dégageait du gaz
carbonique et le gaz carbonique on nous
expliquait comme il était plus dense que
l'air il restait dans le bocal et quand
on descendait une bougie la bougie
s'éteignait c'est le genre de chose qui
me fascinait et donc j'attendais avec
impatience et les cours de physique de
lycée et donc j'arrive en première avec
ce monsieur HCH qui était un professeur
vraiment extraordinaire qui à l'époque
avec des moyens quand même qui sont loin
d'être ceux qu'on a aujourd'hui arrivit
à nous faire des expérience formidable
il construisit une partie du matériel
alors j'ai un souvenir oui j'ai un
souvenir précis qui en fait m'a donné
l'idée de la méthode que j'ai utilisé
pour mon expérience ah il avait un
stroboscope un stroboscope vous savez ça
permet de ralentir le le mouvement comme
au cinéma quand on voit les les roues
des ch io du FAR ouest qui tourne
lentement en fait c'est pas contre
stroboscope don ça permet de ralentir
les mouvements et en particulier il nous
a fait l'expérience dite de la corde de
meldde dans lequelle il y a une corde
qui vibre un peu comme une corde de
guitare mais l'amplitude est beaucoup
plus grande et on la voit vibrer très
lentement et alors on voit que de temps
en temps il y a aucune ondulation de la
corde un peu plus tard il y a une
ondulation de la corde encore un peu
plus tard il n'y a aucune ondulation et
bien figurez-vous que j'ai eu cette
image en tête lorsque j'ai
eu l'idée de l'aiguillage optique du
commutateur optique qui a servi dans mon
expérience l'aiguillage optique alors ça
on y reviendra un peu plus tard dans
l'émission maisou c'est une expérience
de Monsieur HCH qui m'a donné l'idée les
fondements sont là alors parmi vous
citez HCH mais vous citez aussi julverne
dans vos sources d'inspiration oui alors
julverne jeai pas connu bien que je ne
sois pas tout jeune oui Jules Verne et
alors en particulier quand même un livre
très particulier l'île mystérieuse l'île
mystérieuse ce sont des des savants et
ingénieurs américains pendant la guerre
de Sécession dont le ballon échoue sur
une île déserte et parce que ils ont la
connaissance des sciences et des
techniques ils vont être CAPA très
rapidement de de recréer une véritable
civilisation sur cette île déserte don
reste toujours avec cette conviction que
le le savoir scientifique était
technique permet vraiment à l'homme de
de ne pas être misérable au sein d'une
d'une nature hostile alinp vous faites
vos études de 1965 à 1969 à l' ns
cachant aujourd'hui ns Paris sa clé en
1971 vous soutenez votre thèse de 3e
cycle à cette époque vous travaillez sur
quoi je travaille sur l'holographie
j'adore l'optique et il s'agit d'optique
classique d'optique classique cohérente
et je travaille sur l'holographie et là
encore ce que j'ai appris à cette
époque- làà et bien m'a servi récemment
dans dans les
années dans les dernières années je
dirais sur la dernière expérience un
petit peu importante un petit peu
marquante à laquelle j'ai participé et
bien c'est parce que j'avais fait cette
thèse au 3e cycle en holographie que
j'ai bien compris le le le réseau
désordonné qu'on est capable de faire
qu'on appelle les tavelures laser le
laser spcle et en fait j'ai pensé dans
cette expérience réalisée il y a
quelques années à tout ce que j'avais
appris au moment de ma thèse 3e cycle
j'adore empiler dans un coin de ma
mémoire des phénomènes comme ça et les
ressortir au bon moment alors là on est
dans les années 70 mais qu'est-ce qui
vous a orienté en vers la physique
quantique surtout come à quoi ressemble
la physique quantique à cette époque
alors à l'université d'Orsay on suivait
la licence l'ancienne licence c'était
avant la réforme qui on a appelé réforme
des des magistères ou des masters ou je
sais plus bon bref et alors cette
ancienne licence de physique elle était
vraiment excellente un point de vue
formation classique
électromagnétisme optique
thermodynamique j'avais des profs
absolument formidables et puis il y
avait un premier cours de physique
quantique qui était vraiment je peux le
dire avec le recul extrêmement mauvais
mais je pense qu'à l'époque quasiment
personne ne faisait un bon cours de
physique quantique sauf Claude centani
qui je pense c'était à cette époque-là
professeur à la Faculté de Paris et qui
a publié un livre avec Bernard Dieu et
Franck laloué qui a montré comment il
faut bien enseigner la mécanique
quantique mais ce livre a été publié
plus tard il a été publié pendant que
j'étais coopérant au Cameroun et donc
j'avais
conscience pas autant qu'aujourd'hui
mais j'avais quand même conscience que
la mécanique quantique comme avait
appris n'était pas la vraie mécanique
quantique et donc quand j'ai entendu
parler de ce livre qui avait été publié
je l'ai commandé et j'ai travaillé la
physique quantique dans ce livre donc
vous me demandez pourquoi tout
simplement parce que j'avais conscience
que c'était une discipline intéressante
et qu'on me l'avait mal enseigné oui
c'est ce livre dans dans votre parcours
il a comme une place de de révélation on
demande souvent aux artistes leurs
influences leurs sces d'inspiration on
peut dire que ce livre mécanique
quantique en 1973 ça c'est une pierre
fondamentale dans votre votre c'est
fondamentale mais c'est pas une
révélation c'est plutôt un fondement un
socle un socle de ma connaissance la
révélation elle va venir lorsque je
lirai l'article John Bell mais peut-être
qu'on va en parler ça on ira aussi hein
mais en effet c'est c'est en tout cas à
cette époque là que vous allez commencer
à constituer votre sujet de thèse alors
je je vais constituer mon sujet de thèse
au moment précis où je lis l'article
John Bell quand je reviens du Cameroun
j'ai la chance d'avoir un poste de on
appelait maître assistant à l'époque à
l'ENS de cachant et euh il se trouve que
dont je suis enseignant là je dois
préparer les étudiants à l'agrégation ce
qui est lourd hein parce qu' ils sont
exigeants ils veulent la réussir
l'agrégation donc c'est lourd mais en ce
qui concerne la recherche je pouvais la
faire où je voulais et j'ai donc
explorer un certain nombre de
possibilités dans un certain nombre de
laboratoires et Christian Humbert jeune
professeur de l'Institut d'Optique m'a
donné un dossier dans lequel il y avait
l'article John Bell et quand j'ai lu cet
article je crois que je peux utiliser la
même expression que Nicolas Gisin à
Genève j'ai eu un véritable coup de
foudre un coup de foudre pour le
[Musique]
sujet France Culture la science CQFD
Natacha
[Musique]
trio 16h1 sur France Culture nous avons
la chance de nous entretenir tout au
long de cette heure avec Alain ASP prix
Nobel de physique 2022 avant de parler
de votre entrée en scène dans l'histoire
de la physique qu
il faut faire un retour en arrière et
quelques rappels sur les grands
principes de la mécanique quantique la
mécanique quantique c'est la meilleure
théorie dont on dispose pour expliquer
le comportement de la matière au niveau
microscopique à toute petite échelle on
se rend compte qu'il y a des propriétés
un peu étrange contreintuitive et l'un
des phénomènes les plus intrigants de la
physique quantique c'est l'intrication
historiquement à l'aspect quand est-ce
que l'intrication quantique apparaît
dans le champ de la mécanique quantique
alors je je pense que c'est vraiment
l'article d'Einstein Podolski et Rosen
en
1935 qui l'a fait apparaître alors je
pense que les physiciens qui auparavant
avaient fait des calculs avaiit sans
doute écrit des états intriqués mais
sans réaliser que ça avait un caractère
particulier l'idée est que la plupart du
temps il décrivait une seule particule
et on décrit une seule particule par une
fonction d'onde qui finalement se
déplace dans notre espace dans l'espace
dans lequel nous vivons l'espace trois
dimensions plus le temps alors que quand
on a deux particules si on se réfère au
principe de base de la physique
quantique on comprend qu'il faut les
décrire dans un espace qui est un espace
mathématique abstrait qui est le produit
tensoriel de l'espace de la première par
l'espace de la 2uxe bref on se trouve
dans un espace abstrait et c'est ce qui
va être responsable des comportements
bizarres que l'on a quand on a des
partic intriqué parce que le point c'est
que c'est bien joli d'avoir une
description dans un espace abstrait mais
là il y a une phrase que j'aime beaucoup
qui est écrit en exerg du livre de
hacher perz qui est un un grand
théoricien il écrit les expériences ne
se passe pas dans un espace de Hilbert
elle se passe dans un vrai laboratoire
et donc vous avez beau avoir une
description mathématique
sophistiqué relativement clair à partir
du moment où vous comprenez ces
mathématiques il y a un moment où vous
voulez décrire les choses dans votre
laboratoire j'ai un laboratoire j'ai un
détecteur ici j'en ai un là ils sont
séparés de 12 m j'ai envie de décrire ce
qui se passe dans mon laboratoire et
c'est là qu'apparaissent les les les
caractéristiques bizarres de
l'intrication alors sur ces
caractéristiques bizarres centrale de la
mécanique quantique c'est le principe de
superposition le superp la superposition
le principe de superposition des états
est-ce qu'on peut un peu justement
éclairer ces notions là avanter écler en
reprenant la distinction que je fais
entre ce qui se passe pour une particule
et ce qui se passe pour plusieurs
particules quand j'ai une seule
particule la superposition ça veut dire
que finalement je dois la décrire par
une onde et une onde elle se propage
dans plusieurs endroits à la fois mais
après tout des ondes qui se propagent
globalement dans plusieurs endroits de
l'espace on sait ce que ça veut dire on
n pas de mal à le comprendre alors
qu'encore une fois quand on a deux
particules la superposition dont vous
parlez on peut pas se la représenter
dans notre espace on ne peut se la
représenter que dans l'espace abstrait
ce que je veux dire c'est
que un certain état quantique de mon
système des deux particules je peux
imaginer comment il est dans notre
espace l'autre état quantique un
deuxième étoit quantique je peux
imaginer comment il est dans notre
espace mais quand je parle de
superposition c'est pas vraiment dans
notre espace la superposition elle est
dans cette espace abstrait et donc c'est
très très difficile à à se représenter
par contre on sait parfaitement écrire
les les les mathématiques et c'est
tellement difficile à se représenter que
on va peut-être y venir mais que quand
on considère l'expérience de pensée qui
dérive de la discussion par Einstein
Podolski et Rosen on est obligé
d'admettre queil y a quelque chose qui
se passe instantanément plus vite que la
lumière mais ça c'est une sorte
d'illusion parce qu'on insiste pour le
voir dans notre espace mais n'empêche
que
il y a quelque chose voilà
instantanément c'est ça en effet le le
c'est bizarre instantanément et ça pour
Einstein c'est le c'était c'était
inacceptable pour Einstein et donc
peut-être que c'est le moment de parler
un petit peu de quel était le problème
d'Einstein plutôt qu'elle était l'idée
d'Einstein avec la physique quantique il
faut que les choses soient claires
Einstein ne remettait absolument pas en
cause la mécanique quantique et il faut
quand même insister sur le fait que jus
de 1905 jusqu'à 1924 Einstein est
probablement le physicien qui a le mieux
compris les conséquences des idées
quantiques la révolution intellectuelle
que ça représenté donc quand on dit
Einstein quelquefois on entend Einstein
a bien compris la relativité mais la
mécanique quantique il avait rien
compris c'est totalement faux les
articles qu'Einstein écrit sont lumineux
jusqu'à ce que le formalisme soit
développé en 1925 par schröinger
Eisenberg là c'est vrai qu'il ne joue
plus de rôle mais jusque-l il a
parfaitement compris les conséquences
incroyables et donc à partir de 1925 on
a ce formalisme dont borne va donner une
interprétation probabiliste c'est-à-dire
que et ça c'est ce qui est admis
aujourd'hui mais c'était déjà le cas à
partir de de la fin des années 1920
c'est-à-dire qu'on s'est dire voilà j'ai
un objet quantique je fais telle mesure
dessus et le résultat n'est pas certain
j'ai la probabilité 70 % de trouver le
résultat numéro 1 et 30% de trouver le
résultat numéro 2 et ça ça ennuie
beaucoup Einstein alors c'est pas
qu'instein n'aime pas les probabilités
l'un de ces articles les plus formidable
c'est un article de 1905 sur le
mouvement bronian donc il maîtrise
parfaitement les probabilités mais il
pense que les probabilités c'est une
commodité je je m'explique j'aime bien
cet exemple ici nous avons des molécules
d'oxygène d'azote dans dans la pièce où
nous nous trouvons et si nous voulons
décrire leur vitesse nous allons décrire
la distribution quelle est la
probabilité d'avoir une vitesse comprise
entre 300 m/se et 305 m/se quelle est la
probabilité d' avir entre 305 310 on
décrit ça par une loi de probabilité
mais c'est une commodité on a aucun
doute que chaque molécule
individuellement à sa vitesse seulement
il y en a tellement que ce serait un
travail de titan de vouloir décrire tout
le monde don on utilise la probabilité
et bien Einstein semble-t-il pense que
le fait que la mécanique quantique
utilise des probabilités prouve que
c'est une commodité c'est une sorte de
physique statistique d'un niveau
inférieur à découvrir c'est en mécanique
quantique si je comprends bien vous
m'arrêtezp si je me trompe mécanique
quantique c'est que le hasard intervient
dans les mesures et ce qu'on appelle
donc un indéterminisme de la mesure oui
alors c'est pas le point clé mais
effectivement ce hasard de la mécanique
quantique joue un rôle fondamental par
exemple ça va être difficile de de
s'apesantir dessus mais tout à l'heure
je vous ai dit il y a quelque chose qui
a l'air d'être instantané d'aller plus
vite que la lumière et bien la raison
fondamentale pourquoi on ne peut
néanmoins pas l'utiliser pour envoyer un
signal utilisable plus vite que la
lumière c'est précisément à cause de ce
caractère fondamentalement aléatoire de
la physique quantique les deux sont liés
alors Einstein et ce cet autre physicien
qui est donc le Danois nilsbor en 1927
hein il y a donc ce débat fondamental
entre les deux quel est justement le le
le nœud le débat entre Einstein et B
alors en 1927 donc Einstein a
une un programme en quelque sorte qui
est de montrer que ce formalisme
quantique qui euh s'exprime et qui nous
donne des probabilités en fait il peut
être complété par une structure
sous-jacente dans lequel les particules
auraient des propriétés c'est-à-dire
leur vitesse et leur position serait
définie mieux que ce qui est dans la le
formalisme quantique et donc il arrive
avec un certain nombre de ce qu'on
appelle des expériences de pensée
c'estàdire des expériences qu'on
pourrait faire en principe mais la
technique de l'époque ne permet pas de
les faire il arrive avec un certain
nombre d'expériences de pensée j'insiste
qui porte sur une seule particule et en
disant ah ben tu vois nilsborg la
particule elle a une position à une
vitesse mieux déterminée que ce qui est
permis par les relations de Eisenberg et
à chaque fois nilsborg peut le contrer
et avec des arguments mathématiques des
arguments euh de de de de théorie bon
donc tout le monde sait que à la fin du
congrès de 1927 Bor a répliqué
victorieusement à toutes les attaques
d'Einstein et c'est ce qui fait qu'un
certain nombre de physiciens ont pensé
pendant longtemps que boh avait toujours
répondu de façon correcte à Einstein
mais je pense que ce n'est pas le cas
parce qu'à 1935 dans leur fameur article
avec Podolski et Rosen Einstein donc euh
s'intéresse maintenant non pas à une
particule mais à deux particules aux
États intriqués et là il pense arriver à
démontrer que effectivement l'une des
deux particules au moins
a des caractéristiques qui sont mieux
précisées mieux déterminées que ce qui
est autorisé par les relations de
Heisenberg et boh va évidemment répondre
donc on a c'est formidable on a deux
articles à 3 mois d'intervalle ou 4 mois
d'intervalle dans la Physical Review qui
porte le même titre est-ce que la
mécanique peut être considéré complète
mais clairement l'article d'instein
palosski Roson conclu non elle peut pas
être considérée complète et Bor dit si
si mais je veux insister sur le fait que
à la différence du raisonnement de 1927
c'est essentiellement sur des argument
philosophique que boh base sa réponse et
non pas sur une démonstration un calcul
oui c'est ça en 1935 Podolski Einstein
et herosen publieent donc un article
scientifique le paradoxe Pr Einstein
podolsky Rosen qui présente un paradoxe
une expérience de pensée qui a été
considérée par certains comme un orage
de la physique du 20e siècle écoutons
notre archive de 1980 et les mots de
Jean-Pierre Vigier physicien au CNRS boh
affirmait contièrement Einstein
premièrement que on ne pouvait
l'observateur jouer un rôle irréductible
et inanalysable dans l'analyse des
expériences il affirmait que la la
théorie de la la théorie des kantas
telle qu'elle est elle s'était développé
P représentait une limite ultime de la
connaissance il affirmait par exemple
une grande discussion entre Einstein et
Bor portait sur la nature du hasard
einstein disait le hasard c'est tout
simplement le résultat de causes très
compliqué non correllé et cetera qui
fait que j'ai j'observe des
distributions statistiques qui résultent
d'une causalité plus
profonde que j'ignore que j'ignore mais
que je peux découvrir et c'était ça le
point
qu'il n'y avait pas de barrière au
progrès de la connaissance alors que B
affirmait que la sttisque celle du temps
et de l'espace ben c'est pas une
barrière ça excusez-moi du peu c'estàd
qu'on peut faire des modèles
parfaitement
causaux du comportement par exemple
d'une partie de roulette je peux très
bien si je me donne toutes les
conditions initiales et cetera prédire
la distribution des billes à la sortie
d'un jeu de roulette alors que pour la
la conception du hasard de et de ses
successeurs donc stadbourgard
précisément c'était que le hasard est
irréductible il n'y a rien derrière le
hasard fondamental et alors le débat
s'est poursuivi pendant de longues
années Einstein a publié un article
célèbre en 1935 c'est le ce qu'on
appelle le paradoxe d'instein polovski
et Rosen et subitement on arrive on
arrive au point où on va pouvoir
trancher qui aura raison de bord ou
d'instein alors une réaction cette
archive
oh il dit les choses telles qu'elles
sont je dois vous avouer que beaucoup de
gens utilisent le mot paradoxe je n'aime
pas bien le mot paradoxe que j'aime bien
c'est parler de la situation Einstein
podolsky Rosen ils ont découvert une
situation nouvelle dans laquelle on a
deux particules intriquées et ils en
tirent les conséquences c'est que dans
ce paradoxe la seule façon d'éviter un
conflit entre mécanique quantique et
relativité restreinte c'est de supposer
que la formulation de la mécanique
quantique est donc un complète et qu'il
existerait des variables cachées inconnu
des physiciens c'est bien ça oui un peu
comme ce que je vous ai raconté tout à
l'heure c'est-à-dire chaque molécule à
sa propre vitesse et bien effectivement
la conclusion de Einstein Podolski et
Rosen c'est que pour comprendre les
corrélations très fortes qui sont
prédites par la mécanique quantique il
faut introduire des variables cachées
alors il faut préciser ici attention
c'est que l'expérience de pensée
Einstein pa skyosen porte sur des
variables continues la vitesse et la
position et on va faire un grand saut de
30 ans arrivé à John Bell et la force de
l'expérience de John Bell c'est queelle
porte sur des variables discrètes
c'est-à-dire des variables qui ne
peuvent donner que deux valeurs et il
faudra avoir recours à des observables
discrètes dicotomique pour voir le
véritable conflit entre le point de vue
d'Einstein et le point de vue de bord il
faut insister sur le fait que dans ces
discussions ni Einstein ni boh n'avaient
le moindre doute sur le fait que le
formalisme mathématique quantique
donnait les bons résultats aucun des
deux ne savait que si on adoptait le
point de vue d'Einstein à moment donné
on allait être en conflit avec les
prévisions statistiques de la physique
quantique c'est au niveau de
l'interprétation bord disait c'est pas
la peine d'aller regarder en dessous et
d'ailleurs si vous allez y regarder vous
allez arriver à une autocontradiction
alors queestein disait si si pour
comprendre ces corrélations pour
comprendre le caractère aléatoire il
faut introduire ire des variables en
dessous encore une fois comme chaque
vitesse de chaque molécule dans la pièce
pendant 30 ans il ne se passe rien
jusqu'en
1964 où la Johun belle physicien
irlandais démontre qu'il est possible
d'envisager des expériences que ce débat
épistémologique entre Bor et Einstein
pourrait être tranché au laboratoire oui
alors ça c'est stupéfiant moi je ne
connais je suis pas un expert mais je ne
connais aucun autre exemple où un débat
philosophique peut être tranché par une
expérience de physique alors il faut qu
même préciser qu'il y a eu un progrès
entre-temps qui est réalisé par David
Baum David Baum est un physicien qui a
fait une transposition de l'expérience
d'Einstein Podolski et Rosen
transposition comme je vous le disais
tout à l'heure avec en utilisant des
observables qui ne peuvent donner
chacune d'entre elles ne peut donner que
deux résultats qu'on peut appeler plus
un--1 ce que vous voulez et donc c'est
vraiment avec cette expérience
transposée par B que belle va faire à la
découverte que si on suit jusqu'au bout
le point de vue d'Einstein on peut
établir des inégalités les fameuses
inégalités de belle qui dans certains
cas extrêmement rares sont en conflit
avec les prévisions du formalisme
quantique standard donc entre guillemets
il y a qu'à faire l'expérience hein et
puis on verra bien qui a raison des deux
c'est que le physicien jeun B établit
donc une liste d'inégalités au sens
Mathé du terme est-ce que je peux vous
demander à l'p nous éclairer un peu plus
sur ces inégalités de belle c'est très
difficile c'est très difficile parce que
toutes les corrélations auxquelles on
peut penser tous les exemples que je
peux vous donner vont toutes obéir aux
inégalité de belle il faut vraiment
aller se mettre dans des situations
extrêmement rares extrêmement
particulières pour s'apercevoir
mathématiquement que le la forme
mathématique de la prévision quantique
viole un peu l'inégalité de belle je
crois que je peux plutôt vous parler au
contraire des corrélations qui elles
obéissent automatiquement aux inégalités
de belle mais j'insiste sur le fait que
c'est l'immense majorité des des
corrélations que nous observons vous
prenez de jumeaux des jumeaux vrais
homozygote il se trouvent qu'ils sont
séparés à la naissance l'homme va être
élevé en Australie l'autre aux
États-Unis et beaucoup plus tard quand
ils ont 20 ans ou 30 ans vous regardez
la couleur de leurs yeux on peut
considérer c'est une mesure est-ce que
les yeux sont clairs ou foncés et vous
apercevez qu'ils ont tous les deux soit
les yeux clairs soit les yeux foncé vous
regardez ont-ils telle ou telle maladie
de nature génétique et bien si l'un a la
maladie l'autre a la maladie si le
premier ne l'a pas le deè l' pas ce sont
des corrélations très fortes mais on a
aucun problème à les expliquer par le
fait que ils ont le même jeu de
chromosome d'accord et bien les
circonstances dans lesquelles vous avez
violation des inégalité de belle vous ne
pouvez pas trouver de chromosome vous ne
pouvez pas trouver une propriété commune
qui permet d'expliquer cette corrélation
d'où l'idée de nonlocalité une façon de
comprendre les choses c'est de dire et
bien quand je fais la mesure des yeux du
premier je vais trouver soit bleu soit
noir jusqu'au moment je ne savais rien
je ne le savais pas je il y avait aucune
information préalable qui me disait bleu
ou noir mais dans ce cas-là si c'était
quoi tique on aurait soit bleu soit noir
hasard quantique complet mais au moment
où je fais la mesure je trouve bleu et
instantanément l'autre à l'autre bout de
la terre ils sont bleus aussi alors
attention c'est ce n'est qu'une façon
d'exprimer les choses mais c'est ça que
nous dit le formalisme quantique et donc
vous voyez bien que j'ai beaucoup de mal
à vous expliquer comment ce formalisme
arrive à à violer les inégalités de
belle par contre je peux vous dire ce
qu'il fait il n'autorise pas à décrire
la Coré patient par des chromosomes par
des propriétés communes alors faudra
attendre encore un peu de temps pour que
les physiciens comprennent toute
l'importance des travaux de John B il
faudra attendre 1972 et la première
expérience de John closer une expérience
pionnière puis les vôtres mais on vous
raconte tout après cette pause musicale
[Musique]
[Musique]
fr two he onut and that's all we back
got
qui like gr with m he doesn't do it for
the money not for the he does it for the
people he loves toent
[Musique]
about
[Musique]
about about
[Musique]
put V onch so
[Musique]
h with
[Musique]
ugly duckling Einstein on stage à 16h34
sur France Culture car nous parlons
d'intrication quantique avec Alain
Aspect prix Nobel de physique 2022h nous
venons de parler dans un premier temps
du paradoxe pr des inégalité de belle en
1974 àain aspect vous faites la
découverte du texte court de John Bell
qui montre que le débat entre Bor et
Einstein pourrait être tranché par des
expériences cette lecture vous nous avez
dit que c'est un coup de foudre et vous
vous procurez aussi les travaux les
premières expériences les premiers
résultats de l'expérience de John closer
oui absolument j'ai même la thèse de
Stuart Friedman qui a fait sa thèse avec
John cluser sur ce sujet donc il y a
absolument tous les détails donc je peux
m'apercevoir que c'est une expérience
magnifique contte tenu de la technologie
de l'époque et donc j'en conclus aussi
alors il faut savoir qu'à l'époque il y
a une deuxième expérience qui a été
faite à Harvard celle de clauser est à
berclleay il y a une deuxième expérience
à Harvard et alors que l'expérience de
cluser montre un résultat en très bon
accord avec la mécanique quantique et
donc qui violle les inégalités de belle
celle d'harva trouve le résultat opposé
donc on peut se dire il y a qu'à se
lancer pour trancher mais j'ai
conscience que je vais démarrer à zéro
sans aucune connaissance à priori des
techniques nécessaires il n'y a pas
l'expérience
l'expertise pour faire ça dans
l'institut où je suis donc je forcément
ça va prendre du temps donc je suis
persuadé que quelqu'un va trancher entre
les deux et donc je me dis est-ce qu'il
y a une expérience plus avancé que l'on
peut faire et la réponse est encore une
fois dans le papier de belle
c'est-à-dire que belle dans la
conclusion de son papier dit que
l'expérience qu'il faudrait vraiment
faire
pour
vraiment s'attaquer je dirais ou je ne
sais pas si le mot est exa à pour pour
mettre en jeu la conception du monde
d'Einstein jusqu'au bout et donc le fait
que rien ne peut aller plus vite que la
lumière il faudrait être capable de
changer l'orientation des appareils de
mesure alors que les photons sont partis
de la source et sont en train de se
déplacer vers l'appareil de mesure donc
il faudrait être capable de changer les
orientations en quelques nanosecondes et
ça évidemment ça paraît extrêmement
compliqué mais je vais réfléchir on l'a
dit tout à l'heure j'ai fait une thèse
au 3è cycle en optique je connais
extrêmement bien l'optique et puis il y
a la fameuse corde de melde de Monsieur
HCH je mets tout ça ensemble et j'ai
l'idée que avec une interaction entre
une onde acoustique stationnaire et la
lumière je vais pouvoir réaliser
l'aiguillage qui va me permet permettre
d'aiguiller la lumière soit vers un
polariseur dans une première orientation
soit dans un deuxème polariseur avec une
autre orientation et si l'aiguillage est
assez rapide c'est équivalent à un seul
polariseur qui passe de la première
orientation à la la deuxème et qui
revient à la première on arrive donc à
l'expérience d'orsé entre 1980 et 1982 à
ce moment-là vous vous améliorez les
dispositifs expérimentaux comment vous
vous y prenez ah ben je bon c'est c'est
presque une dizaine d'années après
l'expérience de cluser et Friedman donc
les techniques évoluent très vite par
exemple les techniques laser clauser et
Friedman n'excitaent pas leurs atomes
avec un laser et donc le rendement était
extrêmement faible il y avait des tas de
de défauts leur source avait le mérite
existait mais elle émettait très peu de
paires de photons intriqués donc il
fallait accumuler les données pendant
longtemps ce qui est toujours un
problème en physique expérimental et
puis il était pas question avec leur
expérience de changer les orientations
donc moi à partir de 74 je vais
développer une source de photo intriqué
totalement nouvelle où je vais en
utilisant deux lasers arriver à exciter
les atomes dans l'état précis où l'atome
n'a plus le choix il ne peut que me
renvoyer une paire de photons intriqué
je vais donc avoir une source quasiment
de rêve si on peut dire sauf que ça
prenait une pièce entière j'avais trois
lasers un gatomique mais ensuite les
performances de la source étaient
absolument géniales sans commune mesure
avec ce qui existait et donct à partir
de là j'ai commencé à refaire
l'expérience de clauser et Friedman avec
un bien meilleur comment on dit rapport
signal sur BR dans une précision bien
meilleur ensuite on a fait une deuxième
expérience j'ai déjà insisté sur le fait
qu'il fallait des des des mesures qui
vous donnent un résultat + 1 et un
résultat -1 mais en réalité dans
l'expérience de clauser et Friedman on
avait le résultat + 1 mais on avait pas
le résultat -1 le résultat -1 était
perdu et donc il y a un truc pour se
sortir de ça vous faites l'expérience
avec le polariseur vous avez les
résultats + 1 vous enlevez le polariseur
et vous avez la somme des deux donc si
vous faites la différence c'est le -1
mais c'est qu'à moitié satisfaisant il y
a un tas de problèmes avec ça donc à
1982 j'arrive à avoir des cubes
séparateurs de polarisation qui me
donnent et + 1 et--1 et là c'est
Philippe Grangier me rejoint pour faire
sa thèse au 3e cycle et on fait de des
mesures d'une précision inouï et la
mécanique quantique gagne à coup sûr on
on viole les les les auditeurs qui
comprennent le le langage des barres
d'erreur on viole les inégalités de
belle par plus de 40 barres d'erreurs
donc il y a pas photo comme on dit la
théorie la théorie quantique est sauvée
et puis enfin on va faire l'expérience
avec les polariseurs mobiles alors cette
fameuse expérience de de 1982 vous
l'avez donc réalisé en collaboration
avec Jean dalibar Philippe Grangier et
Gérard Roger et c'est d'ailleurs le
sujet de notre reportage du jour avec
vous Noémie naget de saint-julfran
bonjour bonjour Natacha alors vous avez
rencontré bah l'un de ses
expérimentateurs le célèbre physicien
Jean dagibar ah là là oui je l'ai
rencontré avec Natacha de moule de
l'équipe et il m'a expliqué entre autres
que pour comprendre le paradoxe pr de
l'époque il fallait donc donc revenir
comme on le disait tout à l'heure à un
ingrédient essentiel de la physique
quantique qui est le principe de
superposition ce principe dit qu'un
objet quel qu'il soit peut-être dans une
superposition de deux états radicalement
différents l'un de l'autre et Einstein
Podolski et Rosen ont fait passer ce
principe dans un domaine plus abstrait
c'est-à-dire qu'au lieu de se concentrer
sur une seule particule ils ont regardé
des systèmes de deux particules et ils
se sont retrouvés dans une situation
très paradoxal qui est que l'état des
deux sous-systèmes prenons de photons
par exemple se décrit par un éco tique
autrement dit les deux photons sont dans
un état corrélé et en même temps ils
sont toujours corrélés mais dans un
autre état et dans les années 60 belle a
montré que cette description du monde à
la Einstein était bien en conflit avec
certaines prédictions quantiques et la
balle s'est alors retrouvée dans le camp
des expérimentateurs et c'est là donc
que les travaux d'Alain Aspet sont
entrés dans l'histoire puisqu'il a
résolu cette expérience de pensée
[Musique]
pour le tester avec des photons il a
fallu réaliser ce et quantique il a
fallu avoir une paire de photons qui
était intriqué au sens où je ne savais
pas dans quel état était le photon que
vous preniez les photon que j'envoyais
mais je savais qu'il y avait une
corrélation c'est cluser qui a fait la
première expérience l'idée a été
d'utiliser ce qu'on appelle une cascade
atomique c'estàdire on met un atome en
l'occurrence du calcium dans un état
très excité et cet atome va retomber
vers son état fondamental en émettant
deux photons et ensuite il faut faire
des différentes mesures en l'occurrence
il faut mesurer la polarisation du
photon c'est-à-dire comment est-ce que
le champ electromagnétique du photon qui
est ce grain de lumière est orienté donc
on produit une paire de photons dans
cette cascade atomique que j'ai décrite
un photon part disons vers la gauche
l'autre photon part vers la droite et
puis ces photons vont traverser chacun
un polariseur et ensuite on va détecter
si le photon ou non est transmis par le
polariseur et ensuite et bien on va
tourner les polariseurs pour faire
différentes mesur avec différentes
orientations des polariseurs et c'est en
mettant ensemble tous les résultats avec
les différentes orientations des que
l'on voit si l'inégalité de Belle est
violée auquel cas le monde d'Einstein ne
peut pas exister ou alors si elle est
satisfaite et on se dit bah peut-être
que l'espoir d'Einstein on va réussir à
le remplir et en l'occurrence bah c'est
l'é belle a été violée donc le monde
d'Einstein ne pourra pas décrire notre
univers lorsque l'atome qui est excité
va émettre les photons intriqués comment
sait-on que les deux photons n'ont pas
déjà le résultat de leur polarisation
qui est en fait déjà présent avant même
que l'un soit intercepté par le
polarisateur alors la réponse et bien
c'est toujours ce et quantique par
opposition au ou classique c'est-à-dire
que le système des deux photons et dans
la
superposition photon 1 polarisation a
photon 2 polarisation B et photon 1
polarisation B photon 2 polarisation a
et tout est là c'est ce e quantique qui
s'agit de préserver pour violer les
unités de belle la nonlocalité est tous
Toute dans ce e et comment est-ce qu'on
sait que les photons ne communiquent pas
entre eux donc ça c'est une très bonne
question et c'est là je dirais l'apport
au moins d'une des expériences qu'a fait
Alain en 1982 c'est-à-dire que si les
polariseurs sont dans un état qui est
prédéfini au moment où les photons sont
émis on peut toujours se dire oui mais
tout est décidé au départ les
polariseurs sont dans un état donné donc
peut-être que les photons en
communiquant entre eux par une manière
qu'on ne comprend pas vont se dire bah
voilà moi j'ai été analysé avec telle
direction ben voilà débrouille-toi pour
faire la même chose que moi en revanche
dans l'expérience d'Alain bien l'état du
polariseur n'était décidé que bien après
l'émission du photon donc ça éliminait
complètement cette possibilité de
communication à distance entre les
photons c'était quand même un grand
moment quand Alain a obtenu son résultat
enfin je me souviens du titre du monde
Dieu joue probablement au D donc je
dirais dans les premières années ça a
vraiment été un progrès conceptuel
c'est-à-dire que enfin on avait tranché
dans ce débat qui était resté un débat
d'idée depuis les début de la mécanique
quantique l'idée qu'on pouvait en faire
quelque chose qui était plus du côté
application est arrivé progressivement
c'est venu dans je dirais dans les
années 90 avec l'idée que par exemple
ces paires de photons intriqués donc qui
qui violaient les ités de belle et bien
on pouvait les utiliser pour faire ce
qu'on appelle de la cryptographie
quantique c'est un moyen de transmettre
un message entre un partenaire qu'on va
appeler Alice et un destinataire qu'on
va appeler Bob en étant certain qu'on n'
pas été écouté si on a été écouté ben
évidemment on arrête de transmettre le
message donc ça ça repose directement
sur l'intrication quantique et c'est
apparu dans les années 90 95 tout comme
la possibilité de faire des ordinateurs
quantique hypothétique jusqu'à ce jour
qui permettrait de faire des calculs
beaucoup plus rapides que les
ordinateurs classiques pourquoi cela un
processeur en informatique ça fonctionne
de la manière suivante on a un registre
d'entrée dans lequel on met les
différents bits d'information à 0 ou à 1
ensuite il y a le processeur qui
manipule tous ces bits d'information et
puis il sort un résultat le principe
d'un ordinateur quantique pour le dire
vite c'est que au lieu de mettre les
différents bits dans l'état 01 chacun
des bits d'information est mis à la fois
dans l'état 0 et 1 donc en quelque sorte
le processeur quantique va faire tous
les calculs en parallèle puisque tous
les éléments à l'entrée sont dans la
superposition de deux États qui peuvent
être 0 et 1 alors évidemment en sorti on
ne va lire qu'un seul des résultats et
là c'est tout le la savoir-faire des
gens qui écrivent des algorithme
d'adapter leurs algorithmes au monde
quantique pour que bien qu'on ne lise
qu'un résultat le fait que à l'entrée a
toutes les entrées possibles permettent
d'accélérer les calculs sur le plan
conceptuel je dirais que il n'y a plus
de débat maintenant c'està-dire que on
sait que le monde dont rit Einstein qui
faisait une belle part à la réalité de
deux objets loin l'un de l'autre et bien
cet espoir d'Einstein il est déçu
maintenant est-ce qu'on a fini
d'explorer les conséquences de ce
principe de superposition appliqué à un
grand nombre de particules là je dirais
non et le grand défi maintenant c'est
d'essayer de pousser cette intrication
quantique le plus loin possible euh
l'ordinateur quantique en est un exemple
on rêve d'avoir plein de
d'information dans un ordinateur dans un
état massivement intriqué mais le
problème c'est qu'on sait pas comment le
maintenir cequantique ce quantique avec
beaucoup de particules il est très
fragile il suffit de petites
perturbations pour le transformer en
banal ou classique et là à ce moment-là
tout est perdu donc je dirais les défis
maintenant c'est de maintenir ce
quantique le plus longtemps possible
avec le plus de particules possible
alors les moyens pour faire ça bah ça
dépend beaucoup des plateformes qu'on
étudie euh il y a des gens qui utilisent
des atomes froids donc on refroidit
beaucoup la matière pour éliminer tout
ce qui peut être agitation thermique il
y a des gens qui développent des code
correcteur d'erreur pour se dire certes
il y aura des erreurs mais peut-être que
je vais pouvoir corriger ces erreurs
sans trop perturber le système donc en
lui maintenant son caractère quantique
il y a des gens qui étudient les
plateformes de matière condensée là
aussi très froide il y a beaucoup de
plateformes étudi en ce moment en
espérant qu'il y en a une qui débouchera
s'il y a une question que je peux poser
à Alain dans le contexte de cette
intrication quantique c'est est-ce qu'il
pense pense que nous verrons un jour un
ordinateur quantique universel
c'est-à-dire que est-ce que dans les 20
ou 30 ans qui viennent est-ce qu'il
pense que cet ordinateur sera
réalisé
ah une réponse à l'inspect cette
question posée par Jean dalib
malheureusement je pense que 30 ans
c'est une perspective un peu trop longue
pour moi vu mon âge et donc je ne pense
pas moi ma perspective c'est plutôt 10
ans ou 15 ans je ne pense pas qu'on
verra un ordinateur quantique universel
à cette échéance mais il y a deux
remarques que l'on peut faire d'abord on
n'est jamais à l'abri d'une découverte
qui nous il faut savoir que cet espace
10 espace de Hilbert dans lequel on a
les cubites intriqués les
quantique intriqué est absolument
gigantesque et on ne peut pas
euh se s'interdire l'idée que peut-être
il y a un sous-espace là-dedans dans
lequel la décohérence ce dont parle Jean
dalibar serait beaucoup moins nocive si
on trouvait cela alors on pourrait
remettre en selle à court terme
l'ordinateur quantique universel mais il
y a une deuxième chose que l'on peut
dire c'est que aujourd'hui et bien les
gens qui est intrique les de nombreux
cubites par exemple Antoine broues à
l'Institut d'Optique Arve à en avoir
jusqu'à 200 qui sont intrigés certes ils
ne sont pas parfaits mais ils sont quand
même très bons et ces systèmes qui ont
dit c'est de sortes d'ordinateur
quantique un peu dégradé mais on
commence à être au moment où ces
systèmes bien qu'ils soi dégradés sont
plus puissants que les plus puissants
des ordinateurs classiques donc pour
répondre à gens je crois qu'on va avoir
des résultats intéressants avec les
ordinateurs quantiques dont nous
disposerons dans les quelques années qui
viennent l'ordinateur quantique
universel ce sera une immense surprise
il faut rappeler quand même que
l'ingrédient majeur de cette seconde
révolution quantique he c'est
l'intrication et on peut dire à
l'inspect que vos travaux contribuent à
ouvrir cette voix oui il y a aucun doute
par exemple Jean a mentionné la
cryptographie quantique et bien Arthur
ert a inventé une méthode de
cryptographie quantique me dit-il en
regardant le compte-rendu de mon
expérience je trouve que c'est son idée
est absolument fascinante l'idée est de
donner à deux partenaires alice et Bob
qui sont loin l'un de l'autre de suites
absolument identiques et aléatoire de 0
et de 1 et le point et donc il y a un
espion qui est d'en prendre connaissance
et le point c'est que si on croit
vraiment à la physique quantique il faut
y croire puisqu'on viole les inégalités
de belle jusqu'au dernier moment on ne
sait pas si ça sera 0 ou 1 donc pour le
l'espion qui est dans l'espace
intermédiaire il y a rien à espionner on
est toujours dans une superposition de 0
et 1 et c'est au dernier moment que si
Alice à Z0 Bob aura é0 je trouve cette
idée fascinante et Arthur Ecker dit que
c'est en en prenant connaissance mon
expérience qu'il l'a eu
France Culture la
scienceqfd Natacha
trio 16h50 sur France Culture nous nous
entretenons avec Alain Aspect prix Nobel
de physique 2022 nous venons de parler
de l'importance de vos travaux de leurs
applications lors de votre nomination à
on a beaucoup vu dans le traitement
médiatique qui en a été fait
l'intrication quantique oh là là on y
comprend rien comment ça ça vous fait
réagir et bien je n'aime pas que l'on
dise je on n'y comprend rien on n'y
comprend rien si on ne veut pas se
donner la peine d'essayer de comprendre
je veux dire par là que même les gens
qui n'ont pas une forte éducation
scientifique mathématique en science
physique
également ces gens-là peuvent
parfaitement comprendre et aujourd'hui
on a la chance d'avoir d'excellentes
vidéos par exemple il y a une vidéo de
David lopre sur la célèbre série science
étonnante et bien surr les inégalités de
belle c'est absolument formidable je
suis admiratif de ce qu'il arrive à
faire et je crois que toute honnête
homme ou honnête femme je veux dire
quelqu'un qui est capable de raisonner
même s'il a pas une formation de
physicien s'il suit attentivement la
vidéo de David loapre il peut comprendre
de quoi il s'agit
donc je n'aime pas qu'on dis on y
comprend rien on y comprend rien parce
qu'on fait pas d'effort mais si on fait
pas d'effort on comprend rien aux échecs
non plus pour comprendre quelque chose
aux échecs il faut s'appliquer il faut
se concentrer la vidéo de science
étonantes qui sont en effet des petits
bijoux de vulgarisation scientifique on
vient de vous poser le vous poster le
lien sur le sur le fil Twitter
àscienceqfd à l'inpect c'est ma toute
dernière question malheureusement on
arrive à la fin de cette émission est-ce
que vous auriez des conseils pour les
jeunes physiciens ou même pour les
jeunes chercheurs tout
cours de suivre leur goût c'est-à-dire
que moi j'avais envie de travailler sur
ce sujet et j'ai persisté à travailler
sur ce sujet même quand on me disait
qu'il n'avait pas d'intérêt euh je crois
que si on a envie de faire quelque chose
il faut y aller alors il faut pas
s'obstiner 30 ans si au bout de quelques
années on s'aperçoit que ça ne débouche
sur rien c'est peut-être une bonne idée
de changer de sujet mais il faut aller
sur le sujet dont on a envie a priori