La traversée de la Suisse en hiver. ✋Les plus belles destinations, c’est ici 👉 https://bit.ly/2Vlfz9o 👈 Abonnez vous ! 🙏 Dans la région de Gruyères, Philippe Gougler rencontre des passionnés qui font rouler un petit train gastronomique. Au cours d’une balade en forêt, il tombe nez à nez avec des adeptes du tummo, une forme de yoga qui se pratique presque nu dans la neige. La Suisse compte de nombreuses voies ferrées, et celle du Bernina Express, entre Suisse et Italie, est certainement la plus célèbre. Philippe descendra à la station huppée de Saint-Moritz, où il découvre la plus vieille piste de bobsleigh en glace naturelle au monde, avant de faire une étape dans la vallée de Joux, pour rencontrer un spécialiste de l’horlogerie. Puis direction le pic de la Jungfrau, où un train incroyable grimpe jusqu'à 3454 mètres d'altitude. Il achève son voyage à Lausanne. S9 Un film écrit par Alex Badin et Philippe Gougler Réalisé par Alex Badin Présenté par Philippe Gougler Produit par Jean-Baptiste Jouy - Step by Step productions
En Suisse, rien n'arrête les trains, même pas la montagne.
Je sens que ce pays va être un peu fou.
Ici, les vaches se sentent plus belles.
Et les montagnes n'en finissent pas de grimper.
Mais la Suisse, c'est aussi le pays du train.
Le train qui file au milieu des vignes, le long des lacs.
Et là où les Suisses n'ont pas trop le look banquier.
Bonjour.
Et additionné, je n'ai jamais vécu un tel métrage de barbe d'un seul coup.
Donc pour redécouvrir le plaisir de se laisser bercer au son des cloches.
Et découvrir que partager le fromage, c'est partager l'amitié.
J'aime bien ce programme.
Allez, santé.
Dans des paysages de cartes postales, le train c'est pas mal.
La Suisse.
Pour faire un voyage dans un monde différent, il n'y a pas besoin d'aller très loin.
J'ai toujours eu envie d'aller voir à quoi pouvait ressembler la vie dans ce petit pays.
Comme un îlot au centre de l'Europe.
Un petit pays de 7 millions d'habitants, mais avec 4 langues.
Allemand, français, italien et romanche.
4 langues et 26 cantons, comme autant de tout petits états qui forment l'un des plus vieux pays du monde.
Et ce qui m'intéresse le plus, c'est d'aller dans la Suisse profonde.
Celle des villages, de la campagne et des montagnes.
Et tout cela en train.
En Suisse, les trains vont partout.
Et même les plus hauts sommets ne leur font pas peur.
Voilà, premier train suisse.
Il est pas mal, hein ?
On voit tout de suite qu'on est à la montagne.
Et que c'est des trains qui en ont dans les mollets.
Parce que, regardez, ça c'est la pente la plus raide du monde pour un train.
Et c'est un vrai train, c'est pas un funiculaire avec deux cabines attachées par un câble.
Et celle qui descend fait contrepoids pour l'autre.
Ça c'est un train qui se débrouille tout seul, qui est autonome et qui grimpe avec ses muscles.
Il s'appelle le Pilatus.
Ce petit train qui n'a peur de rien est un train à crémaillère.
Il se hisse de plus de 1600 mètres en 30 minutes en grimpant tout en haut du Mont Pilatus.
Il emmène essentiellement des promeneurs et des randonneurs.
Et c'est un peu comme les montagnes russes, mais en Suisse.
C'est quand même impressionnant, la pente vue d'ici.
C'est vrai que j'ai rarement vu ça dans un train.
C'est incroyable.
Oui, vous avez raison, c'est incroyable.
Comme vous le voyez ici, la pente fait 48%.
C'est tellement pentu que du coup, quand on avance de 2 mètres, on grimpe de 1 mètre.
En plus, c'est un vieux système, il est vieux ce train.
Oui, ce système existe depuis 130 ans.
Les 50 premières années, les machines étaient à vapeur.
Mais depuis 80 ans, les motrices sont électriques.
Merci.
J'adore ces petits arrêts, là.
Vous vous arrêtez là, en pleine montagne, et là, vous êtes dans une ferme.
Une vraie ferme.
La ferme qui ne doit être desservie que par le train, d'ailleurs.
Bonjour, Guten Tag.
Bienvenue.
Votre ferme, elle est desservie que par le train, là ?
Oui, tout à fait.
Ou alors, il faut monter à pied.
La ferme était avant le train ou le train avant la ferme ?
Les chalets d'alpage et les écuries existaient déjà avant le train du Pilatus.
Quels sont les avantages et les inconvénients d'avoir une ferme desservie uniquement par un train ?
En fait, si tout est bien organisé, tout se passe bien.
Il faut juste se caler sur les horaires.
Si une bête est malade, par contre, on ne peut pas l'emmener dans la vallée.
Il faut un hélicoptère.
Ce n'est pas toujours simple, mais on y arrive.
Bon, vous avez l'air de bien le vivre.
Merci.
Au revoir.
Je vais aller reprendre le train.
Vous avez la sensation d'être dans un train et en même temps de faire une randonnée en montagne,
comme ça, sur plusieurs kilomètres.
Des alpages qui seraient hantés par un fantôme.
Le fantôme de Ponce Pilate qui a donné son nom à la montagne, le Mont Pilatus.
Ponce Pilate, selon la légende, serait venu mourir dans les environs
et la montagne fut longtemps maudite et même interdite d'accès de peur de le mettre en colère.
Ça, c'est dingue.
Ce n'est pas tous les jours qu'on voit des bouctins depuis le train.
Il y a qu'en Suisse qu'on peut voir ça.
Après un bon bol d'air frais à plus de 2000 mètres, je décide de redescendre à une altitude plus douce,
irrésistiblement attirée par une petite région dont le seul nom fait saliver, la région de Gruyères.
Une région toute verte.
Ici, le temps semble être plus lent qu'ailleurs.
Il règne une tranquillité parfaite.
La seule petite musique, le bruit des cloches.
J'adore le son des cloches des vaches.
C'est le seul son qui rafraîchit.
C'est comme une douche fraîche d'un coup.
C'est parti.
Bonjour.
Vous avez un beau troupeau.
Oui, c'est joli. Il y en a 100.
Elles sont sympas, vos vaches.
Elles sont super sympas, super calmes.
Et pourquoi elles sont sympas, vos vaches ?
Elles sont comme on les fait. Moi, je suis calme avec. Elles le sentent.
Si vous ne faites que de crier et d'aller après, elles seront stressées.
Ici, vous êtes calmes. Voyez, là, on dit ce que le tanneau regarde.
Je croyais que la vache suisse était violette.
Ça, c'est la vache à 1000 cas.
Ce n'est pas vrai, alors ?
Non, ce n'est pas vrai.
Ah bon ?
Non, non, c'est vrai.
Et ça, c'est apaisant.
C'est vrai qu'il n'y a pas de plus apaisant que ça.
Regardez les vaches qui brûlent.
C'est dingue comme on est bien là.
Regardez, c'est vraiment curieux.
Je suis surpris parce que c'est vraiment apaisant alors que ça fait vraiment beaucoup de bruit.
Oui, j'ai fait une cassette. J'ai mis un magnéto au milieu du parc.
J'ai fait une cassette des bêtes qui pâturent.
C'est quoi ça ?
C'est apaisant et si pendant l'hiver vous êtes stressé, vous écoutez ça pour vous endormir.
C'est mieux qu'une cassette.
Vous écoutez le son de vos vaches pour vous endormir ?
Exactement.
Et ça marche ?
Ça marche. Jamais je n'entends la fin de la cassette.
Pourtant, ça fait un tintamarre du diable.
Et la barbe, c'est obligatoire pour garder des vaches ?
Non, pas du tout.
A l'époque, les gens montaient à l'alpage.
Ils n'avaient pas des salles de bain comme à présent.
Ils n'avaient pas d'eau chaude.
Ils laissaient pousser la barbe et ils l'enlevaient à la descente.
Comme moi, ils ne l'enlèvent plus.
Donc, c'est un signe de paresse.
Voilà. Au début, si on veut.
C'est votre ferme ?
Oui, c'est ma ferme.
C'est un beau chalet.
Bonjour.
Il y a beaucoup de barbus.
Comment ça va ?
Salut Paul, ça va ?
Qu'est-ce qu'il se passe ? Il y a une réunion de barbus ?
Tout un tas.
De temps en temps, on se retrouve pour parler patois, pour chanter, pour discuter.
Pour chanter ?
Donc, barbus, ce n'est pas qu'avoir une barbe, ça va au-delà ?
Tout à fait. On est fiers de nos traditions.
On est des terriens.
On est des gens qui ont des groupes ou des valeurs.
On a encore des valeurs sûres.
Il faut encore qu'on ait de la terre sous les semelles.
Ce qui veut dire qu'on est des gens qui aimeront la vie, la terre, la campagne.
Vous ne trouverez pas de banquier au milieu.
Pas de banquier ?
Ni d'avocat.
Même si on est un banquier barbu ?
Tout à fait. Il ne s'est encore pas existé jusqu'à aujourd'hui.
Et donc, vous avez plaisir à vous retrouver entre barbus.
Il y en a plein carrière.
Ah oui, bien sûr.
Bonjour.
Bonjour, bonjour.
Bonsoir, bonjour.
J'ai jamais vu, et additionné, j'ai jamais vécu un tel métrage de barbe d'un seul coup.
Et donc, vous vous retrouvez entre barbus pour le plaisir.
Pour le plaisir, c'est ça la vie.
On connaît les barbus dans la gruyère.
Ah oui, dans la gruyère.
Mais nous, on ne dit pas la gruyère.
On dit la grevire.
La grevire, c'est un bâtard.
La grevire, ça veut dire ?
La gruyère.
Vous avez appris quelque chose.
Et donc, j'ai le droit de dire que je mange un morceau de grevire ?
De gruyère.
Ce n'est pas la même chose.
Le fromage, ce n'est pas la même chose.
Donc, je suis en grevire, mais je mange un morceau de gruyère.
Et non pas, je suis en gruyère et je mange un morceau de grevire.
Ah, mais il y a encore des barbus là-bas.
Il y a une armée de barbus.
Ça n'a pas l'air comme ça, mais la société des barbus de gruyère, c'est du sérieux.
C'est même un privilège de pouvoir pénétrer ce cercle très fermé.
On dirait une colonie de vacances de Père Noël.
Pour pouvoir intégrer ce club, il faut avoir une barbe non taillée et la plus longue possible,
porter le costume complet du parfait gardien de vache de gruyère
et défendre coûte que coûte le patrimoine des Alpes suisses.
Dans toute bonne société qui se respecte, on doit se réunir le plus souvent possible pour casser la croûte.
Attention.
Bon appétit.
En attaque.
Donc alors, pas question de se réunir sans manger une fondue.
La fondue crée l'amitié.
Parce qu'on mange dans le même caclon.
Et alors, qu'est-ce qu'on met dans la vraie fondue suisse ?
Qu'est-ce qu'il y a comme fromage ? Parce que c'est un gros débat ça.
Alors là, il y a 50% de gruyère.
Bon gruyère chez nous d'Alpes-Hoches.
Gruyère, c'est quoi ?
Gruyère ?
C'est un fromage d'Alpes-Hoches, c'est un fromage du canton de Fribourg et du canton de Vaud.
La différence mentale, c'est qu'il n'a pas de trou.
Alors, ça c'est énorme ce que vous dites.
Parce que vous nous avez donné une information extrêmement importante.
Vous nous avez dit, le gruyère n'a pas de trou.
Le gruyère n'a pas de trou.
Mais pourquoi est-ce que nous, quand on achète du gruyère, ça veut dire fromage à trou ?
C'est une erreur, mais ça c'est...
Il y a combien d'années que les gens disent qu'il faut s'enlever ça ?
Les Français, c'était toujours du gruyère.
Eux, c'était pour l'aimantage.
Parce qu'il y avait des trous, puis c'est resté comme ça.
Le fromage suisse, c'était un gruyère à trou.
Mais après, voilà, ça fait des générations, des générations que c'est ancré dans la tête des gens.
Pour changer ça, c'est difficile.
Le comté n'a pas de trou.
Et les Français, ils ont beaucoup de retard.
Le Beaufort n'a pas de trou.
Les Français, ils ont beaucoup de retard sur les Suisses.
Comment ?
Les Français, ils ont beaucoup de retard sur les Suisses.
Ah bon ?
Pour apprendre certaines choses.
Tu n'es pas peureux, là ?
Non, non.
Quand on a fini la fondue, là, qu'est-ce qui se passe, alors ?
Alors, présent, on va chanter.
Ah, on chante ?
On va vous chanter notre rendez-vous, qui est l'hymne national pour nous de la gruyère.
Ok.
Tout me va, tout me va.
Cette petite fondue avec les barbus de la gruyère m'a mis de bonne humeur.
Ici, la tradition, ce n'est pas un truc barbant.
C'est profond et léger à la fois.
En Suisse, en un clin d'œil, en quelques kilomètres,
on passe d'une campagne traditionnelle qui semble au bout du monde
à une ville moderne et active.
Ici, la ville est à la campagne.
Je vais prendre mon prochain train à Fribourg,
une ville bilingue située juste sur la frontière linguistique
entre le français et l'allemand.
La gare de Fribourg, c'est un carrefour duquel partent chaque jour
des centaines de trains qui desservent tout le pays.
Et l'air de rien, en Suisse, le réseau ferré est l'un des plus denses du monde.
Bonjour. Je m'assoie là ?
J'ai appris que les Suisses prennent en moyenne 59 fois le train par an,
les Français, c'est 17.
Et donc, vous, vous prenez le train surtout...
Surtout, pour moi, personnellement, c'est la raison écologique.
Moi, je n'ai pas envie de casquer nos ressources plus que nécessaires.
Je sais qu'il y a un train qui part déjà, pourquoi prendre une voiture en plus ?
Et pourquoi, à votre avis, il y a cette conscience écologique particulière
dans ce pays dont la nature est entretenue comme un jardin ?
Je crois que c'est exactement ça. C'est parce qu'on aime la nature ici.
C'est très précieux.
Les gens sont fiers d'habiter dans un endroit si beau.
On n'a pas envie de le gaspiller ou de le détruire.
Il faut respecter son environnement, il faut l'entretenir.
Surtout pour ne pas déranger, ça c'est très important en Suisse.
On ne dérange pas les autres avec notre chenille.
Avec quoi ?
Le chenille, ça veut dire les choses qui trônent.
Avec votre chenille ?
Ah, il ne faut pas déranger la vue du voisin avec son propre chenille ?
C'est ça, oui.
Ça prend trop de place, c'est pas discret.
Ce que je remarque dans le train en discutant avec les gens,
c'est que les gens sont très discrets, très réservés.
Mais en même temps, dès qu'on parle avec eux, ça prend du temps.
Oui, tout le monde adore l'attention.
Partout, oui.
Les gens sont réservés jusqu'en haut.
On montre qu'on est intéressé.
Là, ils ont la permission de s'ouvrir.
Sinon, ils n'ont pas la permission ?
Non, ils ne veulent pas déranger.
D'accord.
De quel oeil ils voient les Français alors, du coup ?
De quel oeil est-ce qu'ils voient les Français ?
Vous êtes sûre que vous voulez entendre ça ?
Je travaille avec beaucoup de Français.
C'est vrai, il y a une façon de se mettre en évidence,
en public, qui ne passe pas forcément bien.
Ça veut dire prendre beaucoup de place tout de suite avant un grand gueule.
Ça, ils n'aiment pas ?
Ils n'aiment pas du tout.
Mais comme il y a de plus en plus de Français, ça change les habitudes.
En tout cas, ce n'est pas la tradition, la façon de se comporter,
surtout au travail, que les gens râlent.
Les gens se plaint fort, sans discuter.
Normalement, on discute beaucoup, il y a beaucoup de consensus,
beaucoup d'essai de trouver des solutions.
Mais calmement.
Merci beaucoup.
Je vous en prie, bon voyage, et prenez le temps de regarder par la fenêtre,
parce que c'est magnifique ici.
C'est vrai que dans ces trains, on hésite à parler à son voisin,
parce qu'on a envie de regarder le paysage.
Allez-y, je vous en prie.
Bon voyage.
Au revoir.
En Suisse, côté décors et paysages,
pas besoin de faire de longs trajets pour s'émerveiller.
Et en voyage dans ce pays,
c'est un peu comme se déplacer sur un plateau de fromage.
Me voilà dans la région Emmental,
dans laquelle est fabriqué l'Emmental,
le fromage qui a des trous, des vrais,
pas comme le Gruyère qui, je le rappelle, n'a pas de trous.
Ici, on parle un dialecte issu de l'allemand,
et partout, de jolies petites exploitations
qui vivent pour et grâce au fromage.
Et qui dit Emmental, dit vache, belle vache.
Bonjour.
Elle est belle, celle-là, dis donc.
Oui, elle est belle.
Bonjour.
Elle est même magnifique.
Et pourquoi elle a droit à toutes ces faveurs, alors ?
Eh bien, pour moi, elle est spéciale.
C'est ma plus belle vache, il faut qu'elle soit parfaite.
Elle est parfaite, elle sent le propre.
C'est rare, une vache qui sent le propre, c'est très rare.
C'est la première fois que j'ai plaisir à humer une vache.
En fait, elle sent le shampoing qu'on utilise dans notre famille.
C'est le shampoing que vous avez pris dans la salle de bain ce matin ?
Oui, dans la famille, on utilise tous le même shampoing, même les vaches.
Et la tétite, elle est...
Ah, mais il y a du lait qui sort.
Oui, normalement, on devrait la traire toutes les 12 heures.
Là, il faudrait vraiment le faire, ça déborde.
Mais j'attends pour qu'elle ait ses mamelles bien gonflées.
Un beau décolleté,
parce que cet après-midi, je vais la faire prendre en photo.
Ah, cet après-midi, il y a shooting photo pour la vache.
Oui, c'est sa surprise.
En Emmental, quand on tient une belle vache, on la fait photographier.
Et c'est tout un art.
Il faut d'abord improviser un studio en plein air,
jouer les jardiniers,
et faire preuve de patience pour apprivoiser la reine d'un jour.
Elle n'est pas tout à fait assez propre ou quoi ?
Je la brosse.
Je la brosse pour que ses poils brillent.
Pour qu'elle soit nuisante, en fait.
Et qu'est-ce que c'est sur les pattes, là ?
Ça, c'est de la laque.
De la laque blanche, pour les cheveux.
Le problème, c'est qu'il y a souvent des marques au niveau des articulations.
Du coup, avec cette laque, ça nous permet de la maquiller,
comme au carnaval.
Et du coup, là, elle est plus belle pour le shooting photo.
Et pour la queue, la mode, c'est cet aspect un petit peu vaporeux.
C'est la mode.
Oui, c'est très beau comme ça.
Ça lui fait une jolie queue.
Même si, au premier abord,
notre star semble relativement docile,
difficile de lui faire prendre la pose idéale.
C'est compliqué.
Il ne faut pas qu'on fasse de bruit parce qu'elle est très nerveuse.
Il y a beaucoup de gens autour d'elle, sans compter la caméra.
Et là, elle s'impatiente.
Oui, parce qu'il faut que les pattes soient posées au centimètre près, comme ça.
Elle a rebougé. C'est compliqué.
C'est compliqué de mettre une vache sur un podium.
Vous voyez comme ça ?
Voilà, c'est bien.
En fait, quand on fait des bruits comme ça,
ou en lui montrant un miroir,
on capte son attention.
Du coup, sa tête et ses oreilles se redressent.
Elles vont vers l'avant.
Et c'est ça qu'on recherche.
Mais avec elle, le miroir, ça ne marche pas.
Elle a l'air de préférer la musique et l'harmonica.
Ah bon ? Elle ne se trouve pas belle ?
Ça, je n'en sais rien, moi.
D'habitude, ça marche.
Elles aiment bien se regarder dans le miroir, mais là...
Qu'est-ce que tu en penses ? Qu'est-ce que tu vois ?
Elle commence à s'apprécier.
Qu'est-ce qu'elle voit ?
J'aimerais bien savoir ce qu'elle voit, ce qu'elle pense.
C'est marrant.
Il y a tout un ensemble de procédés assez fins.
En fait, c'est tout simple.
Ce qui est important, surtout, c'est d'aimer les vaches.
Il faut avoir envie de les approcher,
de les toucher,
et surtout, ne pas avoir peur d'elles.
Il y a beaucoup de photographes qui ont peur des vaches
parce qu'elles sont grandes.
Il faut les aimer.
Et c'est pour ça qu'il n'y a pas tant de photographes de vaches.
Ah, donc le plus grand talent du photographe de vaches,
du bon photographe de vaches, c'est surtout d'aimer la vache.
C'est comme ça que je vois les choses.
Approche-toi.
Voilà, c'est ça. Parfait.
Ne bouge pas.
C'était bien ?
Oui, elle était bien calme.
Et comme ça, c'était parfait.
Je peux voir la photo ?
Oui.
Elle est fière.
Elle est bien comme ça.
Il va falloir que j'enlève le pylône de la ligne à haute tension.
Et ensuite, ce sera parfait.
C'est une belle vache.
Oui, c'est une très belle vache.
C'est parfait.
Voilà comment elle nous remercie.
Ça veut dire qu'elle est contente ?
Elle a beaucoup bu.
Donc cette photo, vous allez en faire quoi ?
Vous allez la mettre dans le salon ou qu'est-ce qu'elle va devenir ?
Oui, mais pas seulement pour le salon.
J'espère que la photo va être publiée dans le journal officiel
pour montrer à tout le monde que mes vaches sont les plus belles.
Donc cette vache est en train de devenir une star ?
Oui, peut-être qu'elle va devenir célèbre.
J'espère surtout qu'elle aura beaucoup de veau pour que notre histoire continue.
Il y a en Suisse un mélange indéfinissable
de bonne humeur et de sérieux,
de paysages soigneusement entretenus
et de petits grains de folie discrets.
Par exemple, ce train.
Dans la région du lac Léman.
Ce train qui a l'air d'être tout droit sorti de la Belle Époque,
qui a l'air d'être là juste pour faire joli et aller se balader.
Eh bien, c'est un train régulier,
avec des horaires classiques sur une ligne régulière.
Un train dans lequel on peut monter sans réservation
et il est là juste pour avoir le plaisir d'aller voir sa grand-mère
ou de partir bosser dans une ambiance des années 30,
le tout sur une ligne d'une centaine de kilomètres.
Pour un train du quotidien,
un train régional, c'est pas mal quand même.
Ça doit mettre de bonne humeur le matin.
Ici, qu'a ce train ?
Les paysages sont sublimes.
Il est génial.
Et même quand le temps est un peu gris comme ça ?
Même quand il ne fait pas beau.
Il fait beau.
C'est beau.
Le train et le paysage.
Et là, il y a quoi ?
C'est une piste ?
C'est une petite piste.
C'est un petit aéroport de Saanen,
qui est tout près de Gstaad.
C'est là où les gens atterrissent avec leurs petites jets privés
en venant du monde entier.
Parce que là, on passe à Gstaad.
On va arriver dans deux ou trois minutes.
On voit déjà, on aperçoit déjà là-bas le village
avec les grands hôtels, le palace par exemple, Alpina.
Là, on a sous nos yeux une des villes les plus huppées de la planète.
D'extérieur, c'est assez,
au discret ce sera exagéré, mais assez sobre.
Tout à fait. Et puis c'est boulu.
Parce qu'on voulait garder justement un petit peu cette authenticité.
Alors Gstaad, ça a aussi une autre réputation en France.
C'est la ville de ceux qui ont envie de ne pas trop payer leurs impôts
dans leur pays d'origine.
Qu'est-ce qu'on en dit ici ?
Du tout, du tout.
C'est clair que comme partout en Suisse,
il y a des impôts.
Et puis là aussi, à Gstaad, tout le monde paie ses impôts.
Attendez, vous voulez dire qu'ici, à Gstaad,
ça ne vaut pas vraiment le coup pour les impôts ?
Non, du tout.
Il y a d'autres endroits en Suisse où on paie beaucoup moins d'impôts.
Il y a des communes, selon les communes.
Bien sûr, on paie moins cher à Gstaad, par exemple, qu'en France.
Ça, c'est clair.
Mais moi, je ne choisirais pas forcément à Gstaad pour payer moins d'impôts.
D'accord.
Est-ce que vous pouvez nous dire le nom de l'endroit ?
Par exemple, on dit toujours Azouk, par exemple.
Dans le canton d'Appenzell, par exemple.
C'est aussi en Suisse allemande.
Mais les Suisses allemands sont beaucoup plus organisés et clairs.
Ils cherchent vraiment à trouver des sous un peu partout.
D'accord.
Mais de temps en temps, ils donnent des petits faveurs.
Bon, ok.
On s'arrête là.
C'est marrant que je vous voie devenir tout rouge.
C'est quand même quelque chose qu'en Suisse, on ne discute pas trop d'argent.
Non, on ne parle pas trop d'argent.
Ça ne se fait pas ?
Ou bien on l'a ou on ne l'a pas.
Ici dans la région, il y a quand même beaucoup de fortunés.
On prend l'argent qui nous amène avec grand plaisir.
Et c'est tout ?
C'est tout. On s'arrête là.
Au bout du trajet, le mythique lac Léman.
Qui me rappelle que la Suisse est aussi un pays où l'eau est partout.
C'est le plus grand lac d'Europe occidentale,
avec tout autour un paysage unique, classé au patrimoine mondial de l'humanité.
Des vignobles en terrasse qui surplombent le lac.
Genève, Montreux, Lausanne sont les stars qui bordent le Léman.
Et je prolonge mon voyage jusqu'à la vallée de Joux, dans le Jura suisse.
Me voilà dans l'une des plus grandes forêts du pays.
Et j'y ai un rendez-vous.
Un rendez-vous avec Marianne et son mari, bûcherons et anciens gardes forestiers.
Je dois les retrouver au pied d'un arbre que Marianne a soigneusement choisi.
Bonjour. Bonjour.
C'est là ? C'est là.
Celui-là, il vous paraît bien alors ?
Il paraît, oui. En tout cas, il a une jolie écorce.
Une jolie écorce ?
Oui, régulière. Il était bien autouré, donc il n'est pas trop exposé.
J'espère que l'écorce ne sera pas trop dure à prélever.
Est-ce que vous voulez une écorce pas dure ?
Surtout, on va prélever l'écaillé, enlever la première écaille et prélever ce qu'il y a dessous.
C'est ce qu'on a besoin pour fabriquer le fromage.
Alors attendez, vous coupez cet arbre pour utiliser l'écorce pour faire du fromage ?
Voilà, alors le reste, il n'est pas à moi l'arbre.
L'arbre, il sera utilisé pour partir en usurier.
Moi, je vais prélever une partie qui va partir pour fabriquer le fromage.
Le fromage ? Et là, l'odeur, c'est l'odeur future du fromage ?
Voilà, ça s'imprime bien dans le fromage.
Et donc là, c'est ses dernières minutes ?
Oui, mais alors, il ne faut pas le voir comme ça.
Il laisse la place à plein d'autres jeunes qui sont en train de pousser autour, etc.
Et ce n'est pas triste ?
Non, il est utilisé pour plein d'autres choses.
Oui, moi, je me dirais, écoute, tu vas mourir, il faut laisser la place aux jeunes.
Je ne suis pas sûr que je sauterai de joie.
Je ne sais pas s'il a les mêmes sentiments que nous.
Alors le point de sécurité, il faudrait mettre environ deux longueurs d'arbre sur le côté.
Donc deux longueurs d'arbre, et comment on compte exactement ?
Deux longueurs d'arbre ?
Environ 99 pas.
Mais c'est loin 99 pas.
On est à 25.
C'est bon, là ?
Le son, le son que ça fait.
Et là, vous êtes impatiente d'aller voir comment elle écorce ?
On y va, là ?
On va y aller, oui.
Oui, c'est bon.
Qu'est-ce qui est bon ? Expliquez-moi.
Parce qu'elle a une bonne épaisseur. La partie que je prélève a une très bonne épaisseur.
C'est cette partie molle ?
Voilà.
Là, c'est ce qui donne l'odeur et le goût.
Ah oui, ça sent le bois frais.
On est...
Mais c'est tout mouillé, c'est tout...
Il y a la sève, on est en pleine sève, là.
Et donc, cette partie molle entre l'écorce et le tronc, c'est ça que vous allez mettre autour du fromage ?
Tout à fait.
Et qui va donner le goût ?
Qui va donner le goût, il va partir en cave avec le fromage.
C'est ce qui remplace un moule, si on veut.
Et ce mystérieux fromage, c'est le vacherin.
Le vacherin mandor.
Il découvre donc que l'un des secrets de sa saveur, c'est la forêt.
Ah, vous soufflez quand même.
Oui, quand même.
Vous voulez essayer ?
Ben ouais.
Et ça s'appelle comment, ce métier ?
Sanglier.
Sanglier, comme l'animal.
Sanglier.
Voilà, vous prélevez la sangle.
La sangle, c'est le petit bout que vous prélevez.
Voilà.
Donc vous, vous êtes une sanglière.
Voilà.
On dirait pas, c'est pas le premier truc que j'aurais dit de vous.
Ben voilà.
Alors, c'est des petits coups secs, puis pas aller trop profond pour attaquer la couche que je veux.
Voilà.
J'ai pas bien fait, là.
J'ai tout abîmé ?
Voilà, ce petit bout est abîmé.
Donc là, je vous ai gâché votre sangle.
Voilà.
Exactement.
Bon, je vous le redote.
Maintenant, je vais définir la longueur de la sangle que je veux.
Franchement, je n'imaginais pas qu'il y avait tout ce travail pour un fromage.
C'est fou, tout ce qui est alimentaire, tout ce qu'il faut pour que ça arrive sur une table.
Du coup, il y a du plaisir.
Là, je n'en reviens pas.
Je le prends là.
Après, vous verrez.
Ça, c'est la partie la plus facile, on dirait.
C'est marrant.
C'est tellement vivant.
On dirait vraiment de la chair.
Oui, oui.
Vous voulez essayer ?
Prélevez.
Les deux mains.
Il n'y a pas besoin d'aller fort, là.
Vous verrez.
Là, c'est tout doux.
Tout doux, tout doux.
Vous poussez avec ça.
C'est rigolo.
Ça, c'est facile.
Ça, c'est facile, ça.
Comme vous avez déjà fendu là.
D'accord, ok.
C'est le début, là.
On ne sait pas trop comment attaquer.
Comme ça ?
Oui, c'est bien.
Tout doux.
Si on doit faire une grande journée, il ne faut vraiment pousser qu'avec les épaules.
Si on fait tout avec les bras, on n'a plus de bras.
Et vous en faites combien, des sangles, comme ça ?
Ça dépend.
C'est vrai que ça fait vite mal aux épaules.
Oui, puis là, on n'a fait qu'un tout petit bout.
Non, mais je comprends qu'au bout de 450.
Elle est très habile.
Elle se débrouille bien.
C'est vrai ?
Oui, elle a beaucoup de volonté.
Parce que porter ses seins élevés, les corses élevées, c'est déjà pas mal.
Elle m'a pris sept seins pour la porter jusqu'à la voiture.
Donc, elle est très courageuse.
Vous la trouvez courageuse, votre femme ?
Si on travaille en forêt, c'est qu'on a un caractère relativement pauvre.
On ne peut pas être en forêt et ne pas avoir ce caractère.
Vous êtes mignons, tous les deux, dans la forêt.
Merci.
On n'est pas né de Déchoux, ni de Zanar, mais on a toujours été dans la nature.
Et je commence à comprendre qu'en Suisse, les belles histoires se terminent toujours par un morceau de fromage.
Direction la maison de Marianne et Armand,
là où sèchent les sangles par centaines,
mais surtout, là où l'on déguste.
Le mandor, le vacherin mandor.
Fais-le voir, tu peux plutôt faire comme ça.
Il sent bien. C'est marrant, c'est une odeur très proche de ça.
Oui, et plus on se rapproche de la sangle, on voit la sangle qui est là.
Et donc, vous, ce que vous avez fait, c'est ça.
C'est ce petit bois-là.
Qui est tout autour du vacherin, qui a tenu le fromage.
En gouttes.
On posera celui-là à planche.
C'est bien, vous avez coupé les tranches, c'est bien présenté.
Fait ça bien, votre mari.
On a échangé les roules un peu.
On va être obligé de tout manger pour apercevoir la sangle.
C'est un peu ça.
C'est un peu ça, le dilemme.
C'est très bien. J'aime bien ce programme.
Allez, santé.
Parce qu'il moquait le vache.
Et alors, elle ne mange pas.
Tu veux une tartine, Armand ?
Ben, venez.
Et celui-là, il a bon goût.
C'est très bon.
C'est une merveille.
C'est vraiment bon.
Là, on est dans le Jura.
On retrouve au palais l'odeur du bois de la sangle.
C'est vraiment marrant.
J'ai bien aimé cette journée avec vous.
Merci, moi aussi.
C'était un joli moment de partage.
Je crois que j'adore la Suisse.
Il y règne une tranquillité.
Mais toujours avec un petit clin d'œil quelque part.
Un calme qui cache la gourmandise.
Je me suis gardé pour la fin
un train mythique.
Un train culte en Suisse.
Il part de Saint-Moritz,
la célèbre station de sport d'hiver.
Voici l'incontournable
Glacier Express.
Un train qui,
en 7 heures,
traverse 290 km
de montagne.
Et décolle à plus de
2000 m d'altitude.
Pour le voyageur,
c'est non seulement une prouesse technique,
mais c'est surtout
un spectacle.
Là, c'est de mieux en mieux.
C'est carrément une sorte
d'aquarium, une bulle
qui flotte au milieu
des montagnes.
Tout ça pendant des heures.
Et ça n'en finit pas
d'une beauté.
On ne dit pas tous les jours
que ça n'en finit pas d'une beauté.
C'est vrai.
Nous avons en première classe
28 menus.
Et un petit salé.
C'est les cuisines ?
Oui, c'est notre cuisine.
Ça, c'est le chef.
Je peux passer voir le chef ?
Oui, s'il vous plaît.
Comment ça va ?
Très bien, merci.
Vous avez quand même
une des cuisines les plus incroyables du monde.
Vous avez des belles baies vitrées
et vous pouvez préparer face à un paysage
sublime qui défile.
C'est quand même pas mal.
Vous avez raison, c'est très beau.
Le spectacle,
c'est un régal.
Avec quand même
le petit détail indispensable
pour les repas dans le train
qui grimpe la montagne.
C'est le verre qui s'adapte à la pente.
Pas mal, ça, quand même.
Précision suisse.
Le train rejoint
une autre station de sport d'hiver,
le Terminus,
la bourgade de Zermatt,
au pied du mont Servin
qui culmine à 4 400 m.
Pour préserver le calme de l'endroit
et la pureté de l'air,
les habitants du village
ont systématiquement voté contre la voiture.
Ici,
seules les voiturettes électriques
sont autorisées.
Et si la tranquillité du village
est assurée,
sur les pistes,
en ce moment,
c'est une autre histoire.
Dans les hauteurs,
l'ambiance est radicalement différente.
Ici, l'été,
c'est la période des grands travaux,
le grand rush avant la saison hivernale.
Et il s'agit maintenant
de construire de nouveaux équipements
à des altitudes vertigineuses.
Ça, c'est un truc
qui a l'air complètement dingue.
Parce qu'on n'y pense pas,
mais à Zermatt,
ils sont en train de construire
une des télécabines les plus hautes du monde.
C'est les télécabines qui emmènent
les skieurs très très haut pendant l'hiver.
Et donc,
pour fabriquer ça là-haut,
il faut du béton.
Et pour emmener le béton,
c'est pas simple.
Et quand ça vous arrive dessus,
c'est super sportif,
parce qu'il pose la benne
au centimètre près.
C'est pas facile pour voler comme ça.
C'est pas facile ?
Vous n'avez pas peur de vous prendre ça sur la figure
quand l'hélico vient le déposer ?
Des fois, un petit peu.
Normalement, non.
Les pilotes, ils vont bien.
Tous les pilotes, ils savent comment faire.
Ce qui m'épate,
c'est que ça va à toute vitesse.
Ça fait environ 3 minutes, la rotation.
3 minutes, tout compris ?
Pour prendre le truc, emmener là-haut et redescendre ?
Environ 3 minutes.
Et il y a combien de rotations d'hélico
comme ça, là, aujourd'hui, pour emmener le béton ?
Aujourd'hui, je pense qu'on a
13m3.
Ça fait environ 50.
50 ?
50 rotations d'hélico ?
Oui, environ.
Là, il est en train de faire le plein.
Je pense que je vais pouvoir
en profiter pour monter dedans.
C'est complètement dingue
ce que je viens de voir.
Quand je vois les bêtes de béton
qui se balancent
sous l'hélicoptère, qui pèsent 800 kg,
comment est-ce qu'on fait
pour être aussi précis,
aussi vite ? Comment vous voyez ce qui se passe
sous l'hélico ?
C'est des milliers
de milliers de rotations qu'on fait.
Chaque pilote fait
entre 5 et 10.000 rotations
par an.
C'est l'expertise,
c'est l'expérience, c'est l'entraînement.
On contrôle la charge,
on donne des coups, on freine,
on rallonge.
C'est une technique complètement
à part.
Où est-ce que vous déposez le béton ?
C'est vertigineux, cet endroit-là.
Oui.
C'est juste en face, ici.
C'est très proche de l'ancienne ligne
du téléphérique.
On a une autre ligne
d'un câble du transport
et on a encore
une troisième ligne de l'électricité.
C'est ça qui
fait un petit peu
les choses encore plus difficiles
parce qu'on doit se mettre entre les câbles.
On a le vent,
on a les nuages.
C'est vraiment un chantier
exceptionnel, très très difficile
pour nous.
Pour un pilote délicat,
c'est un plaisir de surfer ?
C'est quoi ?
C'est un plaisir parce que ça augmente
l'expérience, c'est clair.
Mais d'un autre sens, c'est aussi
quelque chose qui est très très dur.
Il faut bien se concentrer.
La marge, elle est minime.
Il n'y a pas de place
pour des erreurs.
Tranquille, et là, finalement,
on jette un autre coup d'œil
sur la Suisse, là, tout à coup.
Ok, c'est bien.
Si on peut changer
un petit peu la vie,
qu'on n'ait pas
les montagnards
tranquilles.
Vous êtes aussi des montagnards pas tranquilles.
Exactement.
Je dis, on est des vrais
montagnards.
Vous essayez brutal, ce n'est pas vous
ce qui arrive.
Non, évidemment, c'est pour ça aussi
que je vous dépose.
Je suis obligé de vous déposer ici.
Moi, je dis au revoir
et peut-être à un C4.
Avec plaisir.
Ok, merci.
Je crois bien que la Suisse,
c'est un voyage au cœur
d'une autre façon de voir la vie.
Ici, le plus important
est de vivre le mieux
et le plus en paix possible.
Réussir à faire vivre en paix
pendant des siècles
26 cantons,
de nombreux dialectes,
4 langues officielles sur un tout petit territoire
est un tour de force,
un savoir-faire
unique.
Le sens de la discussion,
du compromis minutieux,
de la discrétion teintée d'humour,
la Suisse tout entière
est une horloge de précision.