Pourquoi 95% des vidéos de voyage sont chiantes (+ comment faire partie des 5%)

Théo Mandard
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2 Vues de vidéo·18 oct. 2024
Découvre ma nouvelle chaîne de rando "Ciao Paname !" (épisode 1 : je pars faire le tour d'Oléron à pieds 😎... et il m'arrive de sacrées galères 😳) : https://youtu.be/rD5dFIFqxUQ?si=7wzo7AxtPCHj6zW8
Pourquoi 95% des vidéos de voyages sont chiantes et comment être dans les 5% qui captivent ?
Nouvelle vidéo en mode mindmapping comme vous les adorez.
Et comme d'habitude, pas de blabla, c'est parti, on commence tout de suite.
Alors, dans cette vidéo, je vais vous expliquer pourquoi 95% des vidéos de voyages sont chiantes.
On verra ensuite les 3 ingrédients pour être dans les 5% de vidéos qui captivent.
Et je vous montrerai un exemple, justement, pour illustrer tout ça.
Mais avant, commençons par ça.
Ah ! La vidéo de voyage.
C'est le style de vidéo que tous les vidéastes débutants veulent faire.
Ça permet d'avoir un gros résultat en faisant peu d'efforts.
Il suffit de se rendre dans un endroit magnifique,
puis de filmer ce qu'on voit avec une caméra récente,
de regarder les images et de réagir immédiatement en mode
« Waouh ! C'est trop stylé ! »
Problème, eh bien, c'est que moi, je ne fais pas « Waouh ! » en voyant 95% de ces vidéos.
Je fais plutôt
« Waouh ! »
« Waouh ! Je vais me coucher, hein ! »
Alors, du coup, 2 questions se posent.
Déjà, la première, pourquoi 95% des vidéos de voyages sont chiantes ?
Et surtout, comment faire partie des 5% des vidéos captivantes ?
Je pense que c'est ça qui vous intéresse.
Sans plus tarder, commençons par regarder pourquoi 95% des vidéos de voyages sont chiantes.
Alors, il faut savoir que la recette que tout le monde applique
en ce qui concerne les vidéos de voyages, c'est la suivante.
Première étape, je mets bout à bout les plus belles images de mon voyage.
Donc, déjà, je vais mettre des plans drones époustouflants,
comme ce magnifique plan de cascade en plein milieu du désert.
Je vais mettre également des gros plans avec un énorme flou d'arrière-plan.
Que dis-je ? Un bokeh !
Voilà, ici, c'est tellement flou, c'est tellement beau ! Waouh !
Et ensuite, je vais évidemment rajouter des transitions ultra travaillées,
comme celle-ci, pour passer d'un plan cascade à un plan de dos de ce voyageur.
C'est vraiment le combo parfait pour avoir un truc stylé.
Ensuite, deuxième étape, eh bien, je vais rajouter une musique
que j'ai trouvée sur une banque de musique en tapant « Epic » dans la barre de recherche.
C'est pas compliqué, j'ajoute ma musique sur les belles images, paf !
Et je peux passer à l'étape 3, qui est de publier ma vidéo avec un nom du genre « Cinématique »
plus le nom de la destination.
Par exemple, on peut avoir, ici, voilà, « Buenos Aires Cinematic Travel Film »
ou alors « Iceland 4K Cinematic » parce qu'effectivement,
on peut rajouter d'autres trucs style 4K pour faire encore plus stylé.
Ou alors, ici, « Morocco Cinematic Travel Film »
et on rajoute carrément « Sony ZVE-1 » pour faire une petite pub, au passage.
Alors là, vous allez me dire « Théo, t'es un petit peu mauvaise langue,
parce que les vidéos que tu nous montres, tu vois, elles font 6 000 vues,
243 000 vues et 657 000 vues, donc ça marche.
Alors, je comprends pas pourquoi tu critiques, t'es juste jaloux ou quoi, là ? »
Calmos, on arrive à la suite, je vous sens un peu excité,
laissez-moi dérouler mon raisonnement.
Et le dernier exemple que je trouvais sympatoche,
« Dunkerque Cinématique ».
Voilà, on peut carrément associer le terme cinématique à Dunkerque, c'est osé.
Ok, donc on a appliqué ces trois ingrédients de la recette magique.
Maintenant, pourquoi ça ne marche pas, selon moi ?
Eh bien, déjà parce que les images cinématiques, c'est devenu banal.
Eh oui, je suis désolé, ça c'est la réaction de mes chats quand je leur ai appris,
ils étaient vraiment tristes.
Aujourd'hui, toutes les caméras produisent des images de très haute qualité.
Si on était encore il y a 15 ans, effectivement, vous auriez pu vous démarquer avec ça,
malheureusement, c'est plus le cas.
Aujourd'hui, on en voit partout, que ce soit sur Netflix, sur YouTube,
à la télé, évidemment, et même sur le smartphone de tonton Roger qui nous dit
« Regarde ce coucher de soleil sur la plage de Pornic ! »
Deuxième raison pour laquelle ça ne marche pas,
eh bien, c'est parce que le contenu 100% mielleux, eh bien, c'est lassant.
Eh bien oui, parce que la vie, eh bien, c'est une alternance de haut et de bas.
Alors pourquoi faire une vidéo avec que des hauts ?
Au final, c'est pas du tout représentatif de la vie, ni même des voyages.
Et si on revient à l'exemple du miel, avec ce magnifique pot qui donne très envie,
eh bien, le miel n'est bon que s'il est mangé en alternance avec, par exemple, du chèvre,
pour le côté salé qui vient contraster avec le sucre,
ou le vinaigre et son aigreur qui vient, justement, contraster avec la douceur du miel.
Petite dédicace à la pizza chèvre-miel que je porte très haut dans mon cœur.
Maintenant, pour finir sur ces vidéos mielleuses, quelles sont leurs deux utilités ?
La première, eh bien, c'est que ça permet effectivement d'impressionner les autres vidéastes.
Quand je publie une vidéo comme ça, avec de superbes images, des superbes plans drone,
de superbes plans avec du bokeh, eh bien, les autres vidéastes forcément se disent
« Ah putain, comment il a fait, c'est magnifique, moi aussi je veux faire pareil,
je veux être un pro, un vrai vidéaste comme lui. »
D'où les résultats en termes de nombre de vues.
Forcément, ces mecs-là ont dû avoir un ego ultra boosté grâce à ces statistiques-là.
Deuxième intérêt des vidéos mielleuses, eh bien, c'est que tout simplement,
ça permet de vendre les télévisions chez Darty.
Et oui, je pense que vous avez remarqué comme moi, quand on va chez Darty ou à la FNAC,
on voit toujours des super paysages à la télé, ultra fluide, avec je sais pas combien d'images par seconde.
Donc, si votre objectif, c'est de faire un partenariat avec Darty
pour être diffusé dans le rayon télévision, eh bien, effectivement,
faites ce type de vidéo-là, je pense que vous avez un bel avenir devant vous.
Maintenant, si votre objectif, c'est ni d'impressionner les autres vidéastes,
ni d'apparaître au rayon TV chez Darty,
en gros, si vous avez envie de faire des vidéos qui plaisent au grand public,
eh bien, laissez-moi vous présenter les trois ingrédients
pour être dans les 5% des vidéos qui captivent.
Alors, quels sont ces trois ingrédients ?
Le premier, eh bien, en plus de montrer ce qui se passe dans votre vidéo de voyage,
eh bien, il va falloir raconter ce qui se passe.
Qu'est-ce que ça veut dire, concrètement ?
Eh bien, ça peut passer par du face caméra.
Si c'est vous qui faites votre vidéo à la première personne dans un format vlog,
eh bien, le fait de raconter ce qui se passe,
ça va ajouter une énorme valeur ajoutée à votre vidéo,
parce qu'on va tout simplement connecter avec vous.
Alors, ça peut passer également par de l'interview.
Par exemple, sur un format un peu plus reportage,
au lieu de vous mettre en scène vous,
vous pouvez aller interviewer les gens que vous croisez localement
sur la destination de votre voyage,
que ce soit les habitants locaux ou même d'autres touristes.
Et ça peut également passer par une voix-off,
dans un format, là j'ai mis un peu plus documentaire,
donc ça peut être faire une voix-off au retour du voyage
pour raconter ce qui se passe dans votre vidéo de voyage.
Et bien évidemment, vous avez la possibilité de mixer les trois.
D'accord ? C'est pas forcément ou l'un ou l'autre.
Maintenant, deuxième ingrédient,
montrer du beau, c'est bien,
mais il faut aussi montrer du moche.
Eh oui, ça fait bizarre comme ça, surtout dans notre société actuelle
où les choses sont très aseptisées,
mais moi je vous recommande vraiment de montrer des galères,
donc ça peut être par exemple un véhicule qui tombe en panne,
le fait de perdre son chemin en pleine rando,
ou alors pour se rendre à un endroit précis.
Un problème avec les autorités,
on peut des fois, je sais pas, rencontrer des difficultés
pour se rendre quelque part, ou alors on se fait arrêter.
On n'est pas obligé de montrer le moment précis,
mais on peut par exemple le raconter après.
Ou alors, j'ai mis animal dangereux,
c'est vraiment des exemples comme ça au hasard,
mais voilà, si on croise un animal, on peut montrer ce qui se passe,
les réactions, etc.
Quand je parle de moche, je parle évidemment aussi de mauvais temps,
donc montrer la pluie, le vent, le froid, la tempête.
Si je dis ça, c'est parce qu'on peut avoir tendance à penser
que dans une vidéo de voyage, il faut montrer le soleil,
la mer turquoise, tout qui est parfait,
mais finalement, on a tous rencontré en voyage
des conditions extrêmes comme ça,
et on en a gardé un souvenir mémorable,
parce que finalement, ça fait partie du truc,
et c'est pas des souvenirs moins bons forcément que les autres.
Et enfin, le moche, ça veut dire aussi
Ça veut pas dire qu'il faut créer ça artificiellement, d'accord ?
Qu'il faut injecter de la négativité volontairement,
mais il faut juste capter et raconter ce qui se passe réellement.
Si je prends tout ce que j'ai cité au-dessus,
il n'y a pas besoin d'inventer pour partager des émotions négatives.
Enfin, le troisième ingrédient, c'est de créer du contraste.
Alors, ça va rejoindre ce que j'ai dit juste avant.
Par exemple, on peut créer du contraste sonore,
donc on va pouvoir montrer des parties uniquement musicales,
donc ça, ça va nous permettre d'être plus dans une contemplation, d'accord ?
On peut avoir des beaux paysages avec de la belle musique.
Là, on va être en mode, ah ouais, c'est vraiment trop beau,
on est en immersion dans la destination du voyage.
Et on peut avoir également des parties uniquement de voix,
donc là, ça va nous permettre d'avoir une connexion émotionnelle au protagoniste.
Et le fait d'avoir une alternance des deux
fait que la vidéo va être captivante, va être très riche.
Si on avait que des parties uniquement musicales,
clairement, on s'ennuierait.
Et si on avait que des parties avec de la voix,
ça deviendrait lassant d'entendre tout le temps quelqu'un parler.
Des fois, on a besoin quand même de respirer.
Deuxième façon de mettre du contraste,
c'est de faire du contraste visuel.
Donc, on peut alterner entre des paysages, des animaux.
Donc là, c'est un petit peu pareil,
c'est-à-dire que ça va être de la contemplation,
un petit peu de l'environnement.
Et pour contraster, on va mettre de l'humain.
C'est-à-dire que là, c'est pareil,
ça va venir ajouter de la connexion émotionnelle avec les protagonistes.
Encore une fois, si on avait que des paysages,
que des animaux tout le temps, tout le temps,
au bout d'un moment, ça devient lassant, quoi.
À moins d'être dans un documentaire animalier,
où effectivement, ici, c'est un cas particulier.
Pareil, si on met que des humains tout le temps,
mais qu'on voit jamais dans quels paysages ils sont,
ça devient oppressant, étouffant.
On a besoin aussi de respirer, comme eux finalement,
comme si on était en voyage dans leur destination.
Troisième façon de créer du contraste,
c'est tout simplement de créer du contraste dans les émotions.
Donc, ça revient à ce que je disais juste avant.
On va montrer des émotions négatives,
comme par exemple de la colère, de la fatigue,
de la peur, du stress, tout ça,
c'est des choses qu'on va traverser en voyage.
Par exemple, on va être fatigué parce qu'on a marché
toute la journée en rando, donc là, on peut le partager,
qu'on est fatigué.
On peut avoir peur parce qu'on vient de croiser un animal
et que du coup, on n'est pas serein.
On peut stresser parce qu'on marche sur une falaise
et du coup, c'est un moment un peu stressant,
mais qui est tellement magnifique
que du coup, on a quand même envie d'y aller.
Et après, on va bien évidemment mettre des émotions positives,
de la joie, le rire, la sérénité,
de l'amour aussi, si on parle de couple.
Les émotions positives vont venir prendre toute leur force
si c'est contrasté avec des émotions négatives.
Et inversement, c'est-à-dire que si on n'a que du négatif
tout le temps, tout le temps, tout le temps,
et jamais de positif, c'est pareil.
On va se dire, mais attends, ton machin, il est déprimant,
j'ai absolument pas envie de regarder ça.
L'idée, c'est vraiment d'avoir un équilibre.
On peut être en moyenne plus dans le positif,
si on est sur du 60-40 ou 70-30, ça fonctionne.
Mais l'idée, c'est vraiment de créer du contraste
et de ne pas avoir peur de mettre du négatif
parce que moi, je vois trop souvent des contenus
avec que du positif, c'est merveilleux,
ce paysage est cool, les gens sont géniaux,
la bouffe est excellente, il y a du soleil,
il y a des nanas, dada, dire la dada.
Très drôle, Théo, la référence.
Petit big up à Michel Blanc.
Donc voilà pour les trois ingrédients qu'il faut injecter
pour faire des vidéos de voyage qui captivent.
Maintenant, j'ai envie de vous partager un exemple.
Est-ce que vous êtes prêts ?
Attention, je vais vous parler de moi.
Je sais, là, vous allez me dire,
Théo, tout ça pour ça, je crois que t'as pris le melon.
Eh bien, je vous confirme, j'ai pris le melon.
Mais c'est pas grave, parce que donner des conseils,
c'est bien, mais les appliquer soi-même,
c'est encore mieux.
C'est pour ça que j'ai envie de vous partager
ma toute nouvelle chaîne YouTube d'aventure
qui s'appelle Ciao Paname
et sur laquelle, comme vous pouvez le voir,
chaque mois, je vais partager une nouvelle aventure
en rando.
La première vidéo est d'ores et déjà sortie,
je pars faire le tour de l'île de l'Héron à pied
avec pas mal de péripéties.
Là, je peux vous dire que pour partager des émotions négatives,
là, je l'ai fait,
notamment quand j'ai planté ma petite tente
au bord de l'océan Atlantique pour bivouaquer
et que j'ai été confronté à une météo extrême.
Enfin, bref, je vous en dis pas plus.
Ce que j'attends de vous, moi, par rapport à cette vidéo,
eh bien, c'est déjà que vous puissiez observer
comment j'ai mis en application les conseils
que je vous ai partagés aujourd'hui.
Vous verrez que j'ai tout appliqué concrètement
dès les premières minutes de ma vidéo.
Ensuite, j'aimerais que vous me passiez
votre retour franc sur la première vidéo.
Pourquoi je dis franc ?
Parce que j'ai beau avoir 10 ans d'expérience en vidéo,
là, c'est un tout nouveau projet pour moi.
Donc, je n'ai aucune certitude.
Je repars complètement de zéro.
Et c'est important de reposer tout à plat.
Je suis vraiment preneur de tous les avis.
Et je vous dis ça sincèrement.
C'est pas pour avoir une fausse posture d'humilité.
Mais c'est juste que quand on fait des vidéos,
il y a une chose qui est très importante aussi.
Eh bien, c'est de prendre en compte le retour des gens.
Pas forcément pour appliquer à la lettre
tout ce qu'ils nous disent,
mais pour avoir en tête juste
ce que les gens ont pu penser en visionnant notre vidéo.
Dernière chose, forcément,
je vous demande de vous abonner à cette nouvelle chaîne.
Mais attention, uniquement si le contenu vous plaît.
C'est-à-dire que je n'ai pas envie de me retrouver
avec des abonnés fantômes qui sont abonnés
parce qu'ils aiment bien la chaîne de Théo Mandart.
Du coup, ils ont fait ça pour lui faire plaisir.
Si vous n'aimez pas ce nouveau contenu,
il n'y a aucun problème.
Je m'en remettrai.
On se retrouve donc sur mon tour de l'île d'Oléron à pied.
Vous avez le lien de la vidéo juste en dessous.
Allez, ciao Panama !
