Raphaël, facteur d'orgue - Les métiers du chantier de Notre-Dame de Paris

Rebâtir Notre-Dame de Paris
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9 Vues de vidéo·10 oct. 2024
👨🏭 Raphaël Quoirin est facteur d'orgues sur le chantier de Notre-Dame de Paris. Depuis la cathédrale, il vous partage son parcours et son savoir-faire !
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Pour en savoir plus sur les métiers du chantier, rendez-vous :
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Bonjour, je m'appelle Raphaël, je suis facteur d'orgue et je travaille actuellement au Grand Orgue de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Le métier de facteur d'orgue, c'est fabriquer des orgues, les restaurer et les entretenir.
Après l'incendie de Notre-Dame, on a constaté que la fumée a déposé des particules de plomb un petit peu partout dans l'orgue.
On a ramené toute la partie instrumentale en atelier pour la réviser et la restaurer.
Maintenant, nous en sommes à la partie où on remonte les tuyaux et on fait l'harmonie et l'accord.
La particularité du Grand Orgue de Notre-Dame de Paris, c'est déjà sa taille.
C'est le plus grand de France, ça fait 12 mètres je crois de long.
On est sur 4 étages, ça représente à peu près 8000 tuyaux.
Il y a des tuyaux en métal, il y a des tuyaux en bois.
Chaque tuyau est harmonisé, accordé.
Un sifflement comme ça, assez clair, assez net, on va dire que c'est beau.
Un sifflement qui fait…
C'est ce que font les tuyaux avant de les harmoniser.
Et le but, c'est justement de les rendre clairs, nets.
Harmoniser un tuyau, c'est lui donner sa personnalité.
L'accorder revient lui donner sa note.
Quand on accorde un tuyau, on baisse ou on monte l'entaille.
Quand l'entaille est relevée, on le rend plus grave.
Et quand on la descend, on le rend plus aigu.
Les basses sont très difficiles à entendre dans cette acoustique très bruyante.
J'utilise un accordeur électronique comme une aide.
C'est beaucoup moins fatigant.
Travailler son oreille, c'est l'habituer à entendre le petit détail
qui va nous dire quel geste on doit avoir pour harmoniser.
C'est un petit peu comme faire de la musculation, mais auditive.
Ça demande de la patience et ça demande de l'effort.
L'accord et l'harmonie, ce sont des périodes qui vont de 3 semaines à 4 mois à peu près.
Le reste de l'année, je fabrique des tuyaux, je ressors des tuyaux
et surtout je fais les entretiens des orgues.
Un orgue a besoin, au moins deux fois par an, d'être accordé.
Je suis en contact assez régulièrement avec les organistes
qui vont m'exprimer peut-être des problèmes qu'ils ont rencontrés sur l'instrument
de manière à ce que je puisse les corriger.
Il faut que tu ressoudes l'entaille parce que ça ne tient pas l'accord.
J'ai fait la formation de facteur d'orgue à Eichau.
Je suis détenteur du bac pro facteur d'orgue.
Je suis responsable de deux personnes.
Mon maître m'a transmis des choses, mes maîtres, j'en ai eu plusieurs,
et je le fais à mon tour.
C'est un métier qui est basé sur la transmission du savoir.
Les orgues, ce n'est pas que dans les églises, on en trouve aussi dans les salles de concert.
J'ai travaillé à Pontigny, dans Lyon, qui est un orgue du 18e.
J'ai également travaillé sur des instruments neufs, comme à Évreux.
C'est un métier où on fait beaucoup de déplacements.
Ça demande à s'organiser.
J'ai toujours été passionné par la complexité des orgues.
Faire des choses compliquées en équipe, c'est quelque chose qui me touche.
Ce n'est pas obligatoire d'être musicien.
C'est pratique, mais ce n'est pas obligatoire.
On touche du matériel fabriqué 200-300 ans auparavant.
Ça apprend à être humble.
Aujourd'hui, en électricité, on a des machines extrêmement sophistiquées.
Mais à l'époque, ils n'avaient rien de tout ça.
C'est vraiment impressionnant et très émouvant.
