eflets, "l'art d'assortir les mots", est le podcast du Cerfav, le Centre Européen de Recherches et de Formation aux Arts Verriers. Il est dédié aux multiples facettes de la matière verre et à ses liens avec d’autres domaines créatifs. Chaque épisode propose une discussion intime avec un invité spécial, abordant des sujets tels que la création, l'innovation, la vie d’un atelier, le quotidien d’un artisan d’art, et la formation. Découvrez nos échanges qui illuminent le monde du verre sous toutes ses nuances.
Notre première série, *Verre en Lettres*, est dédiée à l’artiste typographe Marie-Mam Sai Bellier et explore la façon dont sa discipline, la typographie, peut s'harmoniser avec le monde du verre.
Dans ce quatrième épisode, Marie-Mam Sai aborde la typographie sous l’angle de témoin historique et temporel, un moyen de capturer le temps. Elle fait également un retour sur son expérience au Cerfav.
bienvenue sur reflet le podcast du
serfave le Centre européen de recherche
et de formation aux arts verriers moi
c'est Lisa et je travaille au pôle
communication du serfav nous avons
décidé de créer ce podcast pour partager
avec vous des discussions autour du
verre une matière qui nous fascine au
quotidien pour cette première série
qu'on a appelé verre en lettrre c'est
avec l'artiste typographe Marie mamsé
bélier accueilli en résidence à Van
lechâtel que nous avons discuté ses
projets sont contact avec le verre le
lien avec la typographie c'est ce que
vous allez découvrir dans ces quatre
épisodes installez-vous confortablement
avec une boisson chaude personnellement
un petit café et laissez-vous emporter
par son univers bonne écoute
[Musique]
bonjour Marie mamsé comment vas-tu ça va
bien et toi Lisa merci pour cette
invitation ça va super merci alors
aujourd'hui on est là pour discuter
autour de la narration dans la
typographie et la capture de l'instant
qui sont des thèmes que tu abordes
beaucoup dans ton travail pour toi la
typographie raconte une histoire et
capture un instant précis est-ce que tu
peux nous en dire un petit peu plus
alors ça je veux dire que ça y a il a
deux choses la première c'est que pour
moi la typographie c'est vraiment un
témoin temporel parce que par exemple
quand on prend une photo d'une rue où
les bâtiments ont pas changé dans les
années 70 ou en 2023 tu vas tout de
suite te rendre compte de l'époque grâce
à la typographie en fait parce que tu V
te rendre compte que les fontes elles
vont être plus science-fiction ou je
sais pas il va y avoir un univers
textuel qui va tout de suite enfin
publicitaire qui va tout de suite
t'emmener dans une période en fait je
trouve que les choix typographiques
d'une époque il témoignent d'un un
certain goût que les gens ont pour les
choses une manière de se dire c'est quoi
la gourmandise justement qu'est-ce qui
qu'est-ce qui fait luxe par exemple
qu'est-ce que ça être les tendances dans
des logos pour telle industrie en fait
tout ça c'est c'est des mœurs en fait
sociétal anthropologique et inconsciente
pour la plupart de des gens en fait
parce que personne se pose cette
question là non pas du tout mais en même
temps moi je l' enfin je je vois en fait
ça m'intéresse ça m'intéresse et c'est
pour ça que dans ma démarche
dessinatrice de caractère qui manipule
l'alphabet latin on va dire au quotidien
pour mon travail ça m'intéresse de
justement sortir de l'alphabet latin et
me dire ok qu'est-ce que c'est
l'écriture en soi qu'est-ce que c'est un
alphabet latin donc qui qui aait plus
qui tirait plus vers l'idéogramme et
comment je peux en créer qu'est-ce que
c'est l'expérience de créer un signe
qu'est-ce que c'est l'expérience de
créer une écriture en fait est-ce que
c'est possible c'est possible je pense
mais tu as pas peur justement que en
créant quel quelque chose qui n'est un
alphabet qui est non latin les personnes
qui sont habituées à avoir des alphabets
latins ne comprennent pas ton travail et
ne saisissent pas ce qui les émotions
qu'il y a derrière moi je pense qu'on
peut lire au-delà des mots tu vois c'est
comme regarder un tableau ou une
sculpture ça va t'évoquer une émotion
ouais et c'est ça que je cherche après
ça va aller plus au là de du de
l'alphabet latin plus vers des questions
comme les pictogrammes par exemple ou
les emojis par exemple qui sont des
choses qui nécessitent pas de mots pour
qu'on comprenne l'expression du SIG et
ça je trouve ça vachement intéressant
comment communiquer sans mot c'est c'est
une bonne question bah du coup je te la
retourne comment communiquer sans mot
bah communiquer je dirais en fait je me
pose pas du tout la question de
l'oralité par contre dans mon travail ça
c'est sûr je laisse vraiment ce ce ce ce
enfin cet aspect là je met vraiment de
côté parce que ça m'intéresse pas pour
l'instant mais à terme c'est sûr que
j'aimerais bien expérimenter l'aspect
sonore de ce que pourrait être un signe
par exemple en travaillant avec une
personne qui est fait du sound design et
créer des des ambiances sonores ça
pourrait être cool par exemple là on
travaille en ce moment avec Guillaume
bquiro qui est lui aussi typographe ou
un photographe qui s'appelle romain le
nancur à Paris et Don le travail de
sculpture où en fait il va faire des
sculptures et ensuite il va jouer avec
de la lumière des liquides et choter en
fait ça va servir pour des grandes
campagnes de parfum plutôt dans la
beauté et cetera et en fait il a son
approche artistique ça va être plutôt de
questionner un peu une autre origine du
monde ou qu'est-ce qui pourrait être
micro macro parce qu'en fait dans tout
son travail on dirait que c'est de la 3D
comme des galaxies ou des trucs comme ça
mais c'est que de la photo h et en fait
pour son identité visuelle on a
développé un alphabet alien donc qui se
lit pas ouais mais qui crée son identité
visuelle en fait c'est une série
d'idéogrammes qui sont complètement
inventé qui dans sa première exposition
a servi un catalogue d'exposition o il y
avait toutes ces photos et en fait
chaque photo avait un idéogramme et en
fait cet idéogramme était reporté dans
le sommaire et ça crée comme une sorte
de constellation de ces et ouais et en
fait c'est un système qui fonctionnait
mais bien sûr tu as pas besoin de de
comprendre chaque chaque signe pour
enfin les relier pour comprendre le la
structure du livre mais on s'était
vraiment posé cette question là et pour
le coup je trouve que dans ces terrain
là ça donne envie ouais d'avoir une
ambiance sonore mais ce qui est sûr
c'est que c'est pas dans la volonté de
communiquer à proprement parler dans le
sens que dans ma démarche il y a pas
l'envie de créer une écriture utile
ouais c'est mon écriture entre
guillemets après j'ai envie que la forme
elle fonctionne d'elle-même c'est comme
quand je fais un monogramme ou un logo
il faut que ça fonctionne a que
quelqu'un qui qui regarde la forme voilà
ressent quelque chose ou comprennent
quelque chose mais il y a pas l'envie
enfin j'envisage pas d'en faire une
écriture en particulier tu vois c'est
plutôt des signes qui que je P entre
guillemets
de temps en temps et du coup tu tu
restes toujours sur le fait que le
lecteur ou le spectateur je sais pas
comment on peut appeler ça celui qui
regarde ton art il l'interprète de sa
manière tu cherches pas à transmettre
une seule lecture possible finalement de
de tes idéogrammes de ta typographie
est-ce que ça justement quand tu fais
ton art tu te dis bah il y a cette
possibilité là d'interpréter ça comme ça
ou tu tu dit bah il va regarder ça et il
va imaginer ce qu'il veut derrière bah
j'essaie de maximum
anticiper comment dire ce que ça va
générer comme émotion en essayant de
maximum bah être plus juste entre ce que
moi je voulait faire ce qui sort et ce
que ça représente après comme on parlait
du rapport à la cage à la prison ou à
l'armure bah tu vois l'armure je pense
que j'avais j'avais un moment pensé à ça
mais c'est plus la cage que je voyais
mais tu vois quand tu me parles d'armure
moi ça me parle aussi
donc c'est cohérent et ça me fait
plaisir tu vois je me dis tiens bah
c'est une are vision qui marche mais
ouais je l'ai pas forcément anticipé
c'est aussi ça qui est cool et c'est
aussi ça qu'on apprenait au beauard quoi
c'est de maîtriser son discours au
maximum par rapport à tes intentions et
à la pièce que tu vas sortir mais malgré
tout ça reste une pièce que toi en tant
que personne qui connaît pas ou tu vois
qui va tomber dessus puisse avoir son
expérience avec sa culture juste avec sa
culture visuelle et émotionnel et pas
forcément historique et du coup il y a
vraiment cette dimension de liberté qui
me plaît parce que je pense que
justement j'essaie de sortir de ce truc
du mot avec un seul sens mais plutôt un
symbole avec plusieurs sens comme un
idéogramme du coup j'ai cru comprendre
que dans ton travail la mémoire et le
travail de la capture de l'instant de
l'instantanéité était c'est super
important pour toi est-ce que tu
pourrais du coup nous expliquer pourquoi
qu'est-ce que tu aimes qu'est-ce que ça
transmet tout ça h alors bah c sujet en
fait de la mémoire ça questionne un peu
l'impression la question de
l'impression dans le sens où je me
disais dans la création d'idéogramme
c'est que j'essaie de romancer un peu
l'idée que qu'est-ce que une personne
qui a écrit par exemple un kanji c'est
un idéogramme chinois par exemple kanji
du soleil bien une personne qui l'a
dessiné à un moment donc ça veut dire
qu'à un moment il y a quelqu'un qui
s'est dit ok comment je dessine ça enfin
qu'il a ressenti qu'il a vécu et qui a
immortalisé ce symbole anonymement qui
sert aujourd'hui depuis DESC VO tout
monde et ça c'est c'est formidable je
trouve et du coup je me suis dit j'ai
envie de moi me mettre dans cette
posture en essayant de me dire comment
on met en gestation comme ça du sens
pour en créer un symbole et comme une
sorte de enfin pas de réceptacle mais un
peu comme ça comme une sorte
d'impression essentielle comme ça de
d'un signe qui représenterait des tout
un tas de souvenirs qui sont cachés à
l'intérieur en fait il y a un secret qui
émane de ce dessin qui est toute ma vie
en fait tout simplement tout ce que j'ai
vécu et qui m'a emmené à définir ce
dessin c'est tout un tas de de mémoire
en fait photographique ou juste de la
vie en fait qui amène au SIG et du coup
bah c'est une forme de de faute un peu
secrète de ma vie et de ces derniers
mois ouais et et ce que j'aimis avec le
verre c'est ce rapport à pas à
l'éternité parce que B tranquille mais
c'est ce rapport à la durabilité on va
dire du matériau et ça ça me plaisait
aussi dans le fait de me dire que ce
dessin il allait pas être sur une
feuille et disparaître il allait exister
et il allait rester peut-être vivant
au-delà de moi-même en fait et lui
donner une existence en tant que
qu'objet précieux et donc de donner de
la v
à ce à ce dessin en fait tout simplement
ou à quelque chose qui t'a aidé qui t'a
importé du coup pour finir et conclure
un peu ce podcast je voulais te demander
c'est quoi enfin comment était ton
expérience pour l'instant au SERFA vu
qu'elle est pas encore finie mais est-ce
que tu as rencontré des défis tu as fait
des jolies découvertes bah franchement
j'adore mon expérience au
serfave bah ce qui est sûr c'est je suis
hyper gourmande aussi de
tout ce que je découvre par exemple là
encore récemment j'ai découvert
l'atelier parachèvement donc là où on va
finir les pièces qui est une sorte
d'espace assez spécial qui aussi un
cimetière de pièces où les gens ont peur
d'aller pour finir leurs pièces ou les
casser parfois et bref le qui travaille
est adorable et une personne très calme
et je sais pas j'ai l'impression qu'en
rencontrant aussi les personnes du
surfab à chaque poste je me dis il y a
quand même une sorte d'ora qui émane de
la pratique ou les les les personnes qui
soufflent le verre ils ont un
tempérament spécial euh les personnes
qui font le vitrail aussi en presque
comme si' avait des sortes de cartes
astrologiqu
de lié à la pratique et tout enfin bref
c'est hyper inspirant de de découvrir
toutes ces personnes et toutes ces
pratiques mais je trouve qu'il y a un
rapport hyper philosophique comme je
disais je personnifie beaucoup la
matière et du coup je sais pas même en
discutant avec des apprentis souffleuses
on discutait du rapport à l'échec aussi
présent dans la pratique parce que c'est
hyper difficile de souffler bah c'éit
hyper beau de les entendre me dire que
effectivement c'est hyper émotionnel
c'est hyper physique mais voilà il y a
ce truc hyper hyper dur quand une pièce
casse mais aussi hyper beau quand une
pièce ne casse pas et donc c'est toutes
ces émotions toutes la journées c'est
hyper intense hyper beau il y a des il y
a des réussites il y a des échecs et
puis vu que c'est des matériaux aussi
assez précieux il y a ce truc au début
où tu tu continues à à garder des pièces
cassées enfin bref c'est c'est hyper
hyper touchant quoi donc ça c'est c'est
vraiment aussi c'est les rencontres des
gens que j'ai qui qui m'ont beaucoup
touché don j'ai beaucoup de respect pour
toutes ces personnes qui pratiquent
toutes ces tous ces savoir-faire
formidables et sinon en terme de
pratique on a testé une une pratique
justement pour imprimer capturer un
instant soufflage sur mon projet l'amour
en cage avec Jean-Pierre on a fait une
technique qui s'appelle le rollup où en
fait je suis inspiré de l'art nouveau et
d'Émile galet qui est un artiste verrier
Laurent et en fait ce qui m'intéressait
dans ces pièces c'est que il y avait ce
rapport à dessiner par exemple un
paysage de la nature et ensuite de le
retranscrire sur une pièce en verre donc
un peu capturer un moment capturer ses
fleurs comme ça paysage et ensuite le
rendre éternel dans un dans une pièce
donc ça c'est quelque chose qui m'a
beaucoup plu mais comme je dessine pas
de paysage à la place de moi qui prend
une fauteo
qui dessine un paysage je vais me servir
des paysages que ma grand-mère faisait
où en fait ma grand-mère était peintre
et elle dessinait des les paysages de
son âme elle disait et en fait c'était
des petites cartes impressionnistes en
fait qui représente un peu des tempêtes
émotionnelles parfois des vrais paysages
et parfois juste des nuits d'insomnie en
fait et et les couleurs sont hyper
belles et du coup en fait ça m'a fait
penser à la technique de la poudre sur
pâte de verre je suis dit tiens on va
essayer de de de reproduire ces œuvres
et de les cueillir comme ça pour en
faire des bah les faire essouffler à
l'intérieur en fait ok donc c'est un
petit peu un hommage à ta grand-mère que
tu veux que tu veux faire exactement
donc c'est un peu rendre éternel aussi
son son empreinte en fait qu'elle a eu
sur moi et et expérimenter un peu cette
pratique de l'impression sur verre donc
c'était hyper hyper intéressant de
reproduire à la poudre les peintures et
ensuite on venait rouler le verre sur la
poudre et ensuite on venait souffler les
fruits qui vont être mis en cage ensuite
donc ça c'est des petits secrets que je
vous
donne en exclusivité du coup merci Marie
mamsé d'être d'avoir été présente ici
d'avoir fait ce podcast finalement je
pense que tu nous as transmis beaucoup
de ton art touché aussi par toutes les
significations que tu apportes l'émotion
la mémoire et cetera et du coup je
voulais vraiment on te remercier pour
tout ça merci Lisa merci pour bah cette
proposition de podcast qui immortalise
aussi ce moment au serfav donc merci
pour tout on capture un peu ta présence
ici du coup
[Musique]
exactement nous espérons que cet épisode
de podcast vous a plu la série vert en
lettrre est réalisée avec l'artiste en
résidence au serfave une résidence
réalisable grâce au soutien de la DRAC
et de la région Grand
[Musique]
Est vous venez d'écouter le dernier
épisode de la série vert en lettrre
consacré à la typographe Marie mamsé
bélier on se retrouve prochainement pour
d'autres séries d'épisodes sur l'univers
du vert à bientôt