La marâtre effraie dans les contes de fées, car très souvent, elle est une sorcière. La sorcière marâtre, c’est la femme qui vieillit, qui paraît plus autoritaire et moins soumise. N'est-elle pas avant tout une femme malheureuse dans un monde où vieillir est mal perçu ?
Dans le troisième et dernier épisode de la série "Ce que cachent les sorcières", issu de l'émission "Avec philosophie", Géraldine Muhlmann reçoit : 🎙️ Guillemine Chaudoye, psychologue clinicienne et professeure en psychopathologie clinique psychanalytique à l’université Paris Nanterre. 🎙️ Pierre Péju, philosophe et romancier.
[Musique]
que cachent les sorcières et bien
beaucoup d'angoisses généré par le
féminin si l'on en croit nos épisodes
précédents et des images assez atroce
que souvent sans vergogne on colle aux
femmes creusons encore 3è épisode la
marâre
[Applaudissements]
[Musique]
les féministes ne s'y sont pas trompés
en s'intéressant aux sorcières comme
Sylvia federicici leéopoldina fortunati
ou Mona Cholet elles ont parfois procédé
carrément à ce qu'on appelle un
renversement du stigmate ainsi certaines
militantes ont revendiqué la
qualification de sorcière c'est un peu
un retour à l'envoyeur une façon de dire
et bien occupe-vous de vos fantasmes sur
les femmes nous ce n'est pas notre
problème sachant que les femmes
elles-mêmes ne sont pas exentes de
stéréotypes à propos des femmes or s'il
y a bien une représentation de la
sorcière qui touche tout le monde c'est
la figure de la marâtre filles et
garçons en ont eu peur en lisant des
compes de fait filles et garçons peuvent
l'avoir en tête longtemps tel le visage
angoissant de la mauvaise mère ou de la
mère qui se détache la la mère morte
disait le psychanalyste André Green ou
tel encore l'image de cette femme que
mon père a épousé en deuxè noce et que
forcément je n'aime pas beaucoup et puis
plus simplement encore la sorcière
marâre c'est la femme qui vieillit et
qui à tort ou à raison paraît plus
autoritaire moins soumise peut-être
moins dévouée aux autres ou bien
malheureuse dans un monde où vieillir
est peut-être particulièrement difficile
pour les femmes France
Culture avec
philosophie Géraldine mulman bonjour
guillaumine chudois bonjour vous êtes
clinicienne vous-même professeur en
psychopathologie clinique
psychanalytique à l'Université Paris
nanire vous avez codirigé avec Dominique
cupa un ouvrage collectif aux éditions
EDK figure de la cruauté et rédigé aussi
un article très intéressant dans la
revue typique en 2011 topique pardon
cruauté et transmission de vie les
comptes de fait de Charles perraot et
des frères grim et puis à distance
depuis Grenoble voici Pierre Péju
bonjour bonjour merci aux équipes de
francebleleu iser vous êtes philosophe
et romancier Pierre Péju un explorateur
hors paèire des représentation véhiculé
par les comptes de fé aux éditions
Robert Lafond on vous doit en 1981 déjà
la petite fille dans la forêt des
comptes et en 2023 métamorphose de la
jeune fille je vous propose à tous les
deux de commencer notre discussion en
évoquant une sorcière joyeuse délicieuse
épouse et mère de famille géniale
SEM avoir neutralisé tout ce qui dans la
sorcière évoque la
marre j'ai réfléchi j'ai tourné retourné
tout ça dans ma tête et j'ai pris une
grave décision celle de te garder chéri
parce que je
t'aime
jeierre je ser la femme la plus aimante
qui jamais existé j'en suis
persuadé et si tu le veux nous mènerons
l'existence la plus normale et la plus
heureuse petit tour je te promets ça ne
sera pas facile tu sais ne perds pas de
vue que tu épouses non seulement un type
qui fait de la publicité mais qui habite
en banlieu un petit appartement où il y
a tout à faire mais je m'en charge tu
peux être tranquille il faudra te mettre
à la cuisine et et au ménage et il y
aura ma mère aussi qui viendra dîner
tous les vendredis soirs ah chérie tout
cela est merveilleux bientôt nous
formerons un couple normal un couple
sans aucun problème comme n'importe quel
autre et je diraiis à ma mère de venir
passer quelques temps chez
oui enfin on verra il vaut mieux
procéder graduellement pour ces choseslà
ah vous l'avez reconnu c'est Samantha
c'est la sorcière bienaimée euh dans
cette série qui a eu 8 saisons de 1864 à
1972
elle est tellement gentille elle va tout
faire hein comme une bonne mère de
famille n'est-ce pas guillaumine
chaudois et et en réalité cette
sorcellerie qu'elle affirme ne pas enfin
arrêter c'est fini la sorcellerie
j'arrête va ressurgir pour apporter tout
ce qu'il faut de fantaisie comme mère et
comme épouse euh vous y croyez vous vous
sentez en psychanalyse le 2è niveau de
lecture c'est-à-dire que on entend très
fort tout ce qu'il faut étouffer oui
tout ce qui est l'ordre de l'agressivité
de la violence et là on est vraiment du
côté d'une d'une idéalisation alors
aussi dans une dans une perspective des
années 60 aux États-Unis mais de la
d'une femme d'une femme assez
stéréotypée euh qui doit faire la
cuisine et le ménage qui est parfaite
dans les représentations
qu'on pouvait les avoir dans les années
60 la sorcellerie c'est juste le petit
plus en fait la petite transgression
mais qui fait qu'elle est encore
meilleure mère au foyer c'est c'est
finalement ce qui lui permet d'avoir ce
petit à côté cette cette touche de de de
fantaisie qui qui la qui détonne et qui
donne aussi cet humour à la à la série
Pierre Péju cette promesse de Samantha
la notre sorcière bien-aimée vous vous
la lisez comment neutralisation de de
tout ce que l'histoire littéraire a a
inventé en matière de sorciè ça prend le
le contrepied de la figure
traditionnelle de la marâre telle
qu'elle apparaît dans de très nombreux
comptes et d'ailleurs je crois que la
maratre est essentiellement une figure
de de compte puisque aujourd'hui on
emploie plus ce mot autrement que pour
dire ah c'est une véritable maratre mais
en éveillant chez les personnes qui
écoutent ça des souvenirs précis prément
de compte ici il s'agit d'un
renversement qui est intéressant parce
que on a effectivement l'impression
qu'on met sous qu'on qu'on qu'on qu'on
cache tout ce qui est justement
contestable dans le statut de de la
femme quoi voilà donc c'est c'est joli
ça ça garde le meilleur de la sorcière
mais c'est drôle nous on va plutôt
parler de la cruauté cellelà même qui
est au cœur des contes et qui est ici
neutralisé alors vous disiez à juste tit
Pierre Péju la maratre c'est un mot
qu'on emploie plus tellement il est
négatif alors qu'il ne l'était peut-être
pas tout à fait au début n'est-ce pas
vrai au départ c'était la seconde femme
du père oui alors la seconde femme du
père n'est peut-être plus appelée marâre
mais elle en prend souvent quand même
beaucoup dans la figure quelque chose de
la maratre est resté je vous propose
d'écouter cette archive qui m'a
vraiment enthousiasmé je dois dire enfin
on va rypt cette archive de France 2 il
s'agissait de l'émission JE T'AIME et
cetera en 2018
écoutez je lis le courrier de Angèle
elle a 38 ans et elle vous a écrit
Caroline ma belle-mère joue les femmes
charmantes avec moi devant mon mari mais
dès qu'il a le dos tourné elle me lance
des pics forcément il ne voit rien mais
moi j'ai de moins en moins envie de la
voir dois-je lui dire le fond de ma
pensée moi je meend je me mouille
pas débrouillez-vous vous êtes Angèle
dans une situation très délicate parce
que parfois au moins les belles-mères
sont moins vicieuses et elles sont
antipathiques devant le mari oui c'est
ça tandis que la vôtre visiblement elle
est suffisamment intelligente pour la
jouer bien devant devant votre mari et
puis plutôt mal derrière quand vous
dites dois-je lui dire le fond de ma
pensée ce qui est drôle c'est qu'en fait
même en lisant votre lettrre j'ai pas
compris si vous parliez de votre
belle-mère ou de votre mari alors à mon
avis moi le conseil que je vais vous
donner c'est d'en parler à votre mari et
je vais vous dire comment parler moi
j'attaque j'aimerais de la prochaine
fois ne pas aller avec toi parce que ça
me fait beaucoup de peine euh carrément
on décroche ah ben on y va plus écoutez
moi je trouve que la vie est courte se
faire chier à aller chez quelqu'un qui
n'est pas gentil avec vous vous verrez
la vie vous avez 38 ans vous avez
beaucoup d'années devant vous mais là
votre belle-mère peut-être
aussi si vous vous embêtez moi je pense
qu'il faut élégamment expliquer que vous
avez moins envie d'y aller et je suis
sûre que comme il aura envie que vous
l'accompagnez il lui dira discrètement
maman s'il te plaît lève un peu le
pied alors c'est c'est jubilatoire je
trouve je trouve que l'équipe d'c
philosophie là a fait un un grand boulot
en dénichant cette archive je crois que
c'est à Carla Michel qu'on qu'on la doit
alors tout de suite la la psy quand même
c'est obligatoire guimin Chud doit cet
AG agressivité qui ressort et dont la
psy sur place parce que dans cette
émission il y a des analystes un peu psy
dit que en fait c'est contre le mari que
l'agressivité est dirigée et doit être
bien redirigé la belle-mère elle essuie
les plâtres elle est elle est la
C alors pourquoi pourquoi pourquoi on va
chercher la mère c'est la figure de la
maratre elle a cette fonction
c'est-à-dire comme peut l'écrire aussi
betelheim c'estàdire il y a il y a cette
idée que la figure de la ade vient
protéger la la vraie mère la Bonne Mère
là dans cette archive on voit qu'elle
vient protéger le mari et donc il y a
cette cette nécessité alors il y a une
dans l'archive on voit bien aussi
l'aspect pervers de la de la belle-mère
qui qui attaque la belle-fille derrière
le mari mais finalement toutes les deux
protègent le mari il y a une rivalité
qui s'opère dans une dimension assez
udipienne aussi je pense et et
finalement on voit bien comment et l'une
et l'autre se disputent ce mari qui lui
se trouve protégé de la violence de
l'une et de l'autre qu'est-ce que vous
en pensez Pierre Péju vous qui
connaissez par cœur les histoires de
maratre dans les comptes de fé
sont-elles là parfois pour pour
neutraliser l'agressivité contre les
marisab oui c'est plus que ça c'està
dire que la la marâre disons cette
mauvaise
belle-mère a aussi ce qui ce qu'on peut
appeler une emprise elle cherche à avoir
une emprise aussi sur le mari et il y a
de nombreux contes dont certains très
anciens qui qui reprennent ce dispositif
où la la marâre cruelle a eu tellement
barre sur son nouveau mari enfin sur
celui qui s'est remarié avec elle que
non seulement elle persécute la fille
mais elle le met lui dans une position
d'infériorité où il est constamment
obligé de lutter mais de façon discrète
secrète et même un peu honteuse alors je
pense à un très très vieux conte qui
s'appelle qui est un compte de Basil oui
qui qui est un compte du 17e siècle qui
est l'ancêtre du petit Pousset de hcel
et Gretel et cetera où le mari fait ce
qu'il peut pour lutter contre la cette
maratre méchante c'est elle qui lui
ordonne la marâtre elle lui ordonne
emmène tes enfants dans la forêt perlé à
tout jamais débarrassement et lui il
fait ce qu'il peut et c'est un peu le
modèle aussi du petit Pousset il conduit
bien les enfants dans la for c'estàd
qu'il obéit à sa femme il est sous
emprise et il fait ce qu'il peut pour
que les enfants reviennent c'est-à-dire
qu'il leur donne une fois un petit
panier avec des cendres et les cendres
se répandent et ils peuvent revenir en
suivant l'itinéraire qu'ils ont pris à
l'allé ensuite malheureusement il leur
donne du son et ce ce petit panier de
son fait une une sorte de chemin
malheureusement ce son sera mangé par un
âne et les enfants pourront ne pourront
plus revenir
mais on sent que ce mari fait ce qu'il
peut pour aller à l'encontre des ordres
de la belle-mère et pourtant il n'y
arrive pas il peut y avoir en quelque
sorte complicité même si le mari est
dominé complicité entre le mari et sa
mère contre la la nouvelle femme le mari
et sa nouvelle femme surtout voilà c'est
qu'il a cette
compité oui entre la la mère et et le
mari et le fils ouis et souvent le mari
est plus dominé mais en réalité
l'agressivité vis-à-vis de la nouvelle
femme vient une espèce de couple
incesteux oui le le roi si c'est un roi
le mari et sa mère mais les hommes dans
les compes de fit sont souvent
représenté de manière assez assez fallo
et il se retrouent il se il y a il y a
souvent quand même une dimension aussi
sacrificiel où cette agressivité cette
violence va entraîner de toute façon la
destruction de quelqu'un dans l'histoire
la belle fille l'homme la maratre est
finalement celle qui est toujours
préservée est-ce qu'on peut dire que
c'est ce qui se joue dans vous parliez
de jean-baptista
basilé cet auteur du 17e siècle Pierre
Péju lui il avait écrit une talie qui
qui qui préfigure la belle au bois
Dormand de Péro a oui et d'ailleurs Péro
a gardé l'idée donc que alors je crois
que il me sent mais c'est vous le
spécialiste que chez Basil le réveil de
la Belle au bois dormant se fait ne se
fait pas il la viole c'est bien ça ou en
tout cas il y a des versions
où plusieurs versions de toute façon il
la viole et c'est quand elle accouchera
de ses enfants qui têteent son doigt
qu'elle se réveillera mais par ailleurs
la mère de ce roi veut absolument tuer
cette fille et ses enfants qui sont
voilà la famille de son fils et ça il
l'a gardé Péro donc la la la méchante
mère qui on voit bien que l'agressivité
elle est celle du mari quand même il y a
du viol bon alors Perro a enlevé le viol
il a enlevé le viol mais tout pter sur
la
maradre c'est ça oui oui c'est ça
simplement cette cette maratre
elle est de toute façon très très
ambivalente aussi parce que on ne sait
pas le compte enfin j'ai défendu moi une
théorie du compte dans lequel le conte
est plus proche du rêve et donc
producteur d'images fortes qui nous
obsède qui sortte d'une certaine façon
de nos obsessions de nos fantasmes notre
inconscient et la maratre est une figure
comme toutes ces figure là qui est très
très ambivalente et donc euh ici aussi
on a la la double lecture possible alors
évidemment une autre agressivité
peut-être absorbée par l'agressivité
qu'on a vis-à-vis de la maratre et la
sienne vis-àis de nous c'est
l'agressivité qu'on peut avoir vis-à-vis
de sa propre mère alors là je parle des
petits enfants qui lisent les compes à
supposer qu'il n'y ait que des enfant
guimine chaudois vous défendez l'idée
que cette cette comme Bruno metim me
semble-t-il le psychanalyste à l'époque
dans sa psychanalyse des comptes de fait
que en fait la marate c'est la vision
mauvaise de la mer mais c'est la
mer pour bien la cliver d'un objet
maternel très bon généreux et doux donc
il y a les aspects mauvais qui sont
portés sur la maratre et les aspects
bons alors là je sais pas où ils vont
dans les comptes on va en parler parfois
ils disparaissent euh donc c'est quoi
c'est une façon de juguler le la
difficulté pour un enfant d'avoir des
sentiments hostiles vis-à-vis de sa mère
sa l'aide l comp oui c'est c'est tout ce
que on peut on peut voir dans ce que
Mélanie Klein travaille dans la position
schizoparanoïde c'est-à-dire cette
position où l'enfant n'est pas encore
dans cette ambivalence on est encore
dans cette dans ce clivage où il y a la
bonne mè et la mauvaise mère et la
marade fait figure de de mauvaise mè
elle est la cible de la projection toute
l'agressivité de l'enfant qui va
projeter à l'extérieur de lui cette
violence qui vient de lui et qui protège
cette bonne mère le dans les conttes les
les les premiers les premiers temps des
premiers comptes c'était il y avait pas
cette distinction là la mère était la
mauvaise mère et progressivement il y a
eu cette double figure qui s'est
constitué dans la littérature pour
permettre justement de protéger cette m
qui est morte bonne m donc Blanche-Neige
sa mère était formidable elle est morte
Cendrillon aussi elles sont toutes
mortes les bonnes mères sont sont mortes
oui la Bonne Mère est oui pi oui oui et
pourquoi pourquoi bien parce que si on
admet cette euh théorie analytique
psychanalytique que il y a le besoin de
cliver de diviser la figure de la mère
en une bonne et une mauvaise ça
peut-être effectivement pour pouvoir en
quelque sorte défouler une ressentiment
une agressivité sur une sur une figure
qu'on a constitué comme monstrueuse et
là on peut y aller à fond elle est
horrible elle est très très très très
méchante elle est dans la cruauté des
raffinements de cruauté euh et certaines
d'ailleurs j'aimerais bien citer une la
plus terrible des Marat la plus terrible
on veut la plus terrible la la plus
terrible des terribles eu donc on on en
fait quelque chose de d'affreux et de
notre côté ça préserve la possibilité
d'une sorte de d'affection euh pour la
mère juger bonne donc ce serait une
forme de soulagement mais justement
alors donc si j'évoque parce que ça j'ai
vraiment du plaisir à l'évoquer la très
très très méchante vous délayez même le
plaisir boulot
ouiadore non c'est la maratre qu'on
trouve dans un compte de Grim euh qui
s'appelle le compte du génévrier et ici
c'est enord intéressant parce que c'est
une marade de garçon et pas une marade
de fille il y en a beaucoup moins des
Marad de garçons des marades de filles
et elle elle bon elle déteste je vais
faire je vais le faire cour de courte
elle déteste évidemment son beau-fils
elle a une fille elle-même et donc elle
arrive à harceler ce garçon lui faire
faire toutes sortes de tâches et à un
moment donné elle lui dit va me chercher
des pommes dans la grande le la la
panière à pomme il y a une grosse
serrure en fer elle lui coupe la tête en
refermant le couvercle sur son cou la
tête tombe parmi les pommes elle
l'assoit ensuite sur une chaise elle
récupère la la tête elle lui recolle sur
le torse elle met un foulard elle
l'assoie comme ça avec une pomme à la
main c'est toujours dans grim et sa
fille veut la pomme quand elle revient
elle voit ce garçon avec une pomme dit
donne-moi ta pomme il veut pas la donner
elle lui donne une gifle la mère marâre
se rue sur sa fille elle est donc aussi
méchante avec sa fille qu'avec son
beau-fils elle lui dit qu'est-ce que tu
as fait tu as tué ton frère tu lui as
arracher la tête et c'est là que ça
continue de façon toujours plus horrible
c'est la figure la plus reuse de marâre
celle-ci et elle lui dit et ben écoute
on va dissimuler ton crime ton meurtre
et on va faire cuire ton frère on va le
couper ensemble en petit morceau on va
le faire cuire et quand le père arrive
quand il dit où est mon fils et lui dit
il s il est sorti il est pas là mais je
t'ai fait un bon repas le repas c'est le
fils elle fait manger le fils le père
excusez-moi c'est vraiment g mais c'est
et là il y a une jouissance vous pensez
a une jouissance chez l'enfant
elle est aussi méchante avec son avec
son fils avec son beau fils qu'avec sa
fille c'est qu' il y aurait une espèce
de désir de toucher le mal absolu est-ce
que ce serait ça c'est ça qui est
archaïque plus Arï possible chudois oui
bah c'est c'est c'est l'intérêt de
l'enfant c'est d'arriver à trouver tout
ce que dans ce dans ces fantasmes qui
qui qui finalement sont manifestés dans
les conttes c'est ce qui permet de
toucher à cet archaïsme le plus primitif
et et et de pouvoir laisser libre cours
aussi à tous ces désirs y compris
hostile hostile et c'est les premiers
qui qui apparaissent là pour le coup et
c'est ça qui est intéressant dans le
compte c'est que ça laisse libre cours à
tous ces mouvements qui soit amoureux
tendre mais aussi très violent et très
hostile à l'encontre des différents
objets qui l'entourent écoutons un
extrait justement de de la psychanalyse
des comptes de fait de Bruno betolam qui
est un livre de 1976
[Musique]
la division de la m en deux personnages
si caractéristiques des contes de fé une
mer bonne le plus souvent décédé et une
méchante marâre rend un grand service à
l'enfant c'est non seulement pour lui
une façon de préserver en lui-même
l'image d'une mère toujours bonne quand
la vraie mère ne l'est pas c'est aussi
pour l'enfant la possibilité
d'être en colère contre cette méchante
marâre sans entacher la bienveillance de
la vraie mère qu'il considère comme une
autre
personne ainsi le compte de fait indique
comment l'enfant peut venir à bout de
sentiments contradictoires qui autrement
l'écraserait à une période de sa vie où
il commence à peine à pouvoir intégrer
de tels
sentiments le fantasme de la méchante
maratre non seulement laisse intacte la
gentille maman mais empêche également
enfant de se sentir coupable lorsqu'il
est en colère contre elle sentiment de
culpabilité qui compromettrait
sérieusement les relations mère enfant
tandis que le fantasme de la méchante
marâre laisse intacte l'image de la mère
froncièrement bonne le compte de fée
aide aussi l'enfant à ne pas se sentir
anéanti lorsqu'il voit dans sa mère
quelqu'un de méchant dans le conte de
fée un esprit bienveillant peut annuler
en une seconde tous les méfits d'un
mauvais génie chez la bonne fée les
qualités positives de la mère sont aussi
exagéré que le son les mauvaises chez la
sorcière mais c'est ainsi que l'enfant
interprète le monde tout est paradis ou
tout est
[Musique]
enfer Pierre Péju si vous m'autorisez
cette remarque parce que je vous lis
depuis très longtemps je j'adore vos
travaux j'ai l'impression que vous aviez
par exemple en 1980 he dans la petite
fille dans la forêt des comptes un petit
peu de réserve sur betleim et les les
approches psychanalytiques vous écriviez
d'ailleurs que vous souhaitiez une un
peu une autre écoute des contes
défendant davantage je vous cite contre
la moulinette psychanalytique si
puissante l'immense foisonnement des
inventions merveilleuses dans les
conttes et j'ai l'impression que vous y
êtes revenu un peu à la psychanalyse et
à betleim et les petites pqus ont
disparu par exemple dans votre dernier
livre de 2023 métamorphose de la jeune
fille oui vous avez raison de toute
façon moi j'ai le plus grand respect
pour l'essentiel du travail de Freud et
de de de grands psychanalyste en général
parce que chez Freud les choses sont
beaucoup plus complexes justement que
chez bethelheim qui a été un peu alors
j'avais consacré dans la petite fille
dans la forêt des compte un chapitre
plusieurs chapitres il aura une critique
de bethelheim parce que je me met é en
porte à faau contre sa conception même
du compte c'est-à-dire que bethelheim
d'abord fait une énorme erreur en
s'imaginant que le compte est quelque
chose qui s'adresse aux enfants il y a
quelque chose de très américain dans
cette dans son texte psyanalisé de fa
qui simplifie les choses et qui surtout
fausse la nature même du compte en
disant ça s'adresse aux enfants et en
plus ça sert à aider alors c'est le mot
qui revient tout le temps chez betthelim
ça aide l'enfant à dépasser un certain
un nombre de choses qui qui sont qui
seraient négatives bon des des des des
fantasmes ou des pulsions négatives or
moi j'avais défendu une conception du
compte qui était beaucoup plus proche de
ce qui m'a beaucoup marqué c'estd le
romantisme allemand c'est'dire quelque
chose qui est une sorte de de grande
réserve d'images qui sont assez sauvages
qui sont assez livré à elle-même et qui
rendent euh des choses qui nous obsèdent
tous dans leur complexité leur
ambivalence et le compte c'est mouvant
euh raconter est une grande activité
humaine qui laisse sortir malgré nous
des choses je dis souvent le le le récit
nous déborde le récit nous dépasse et
c'est le récit qui qui se met à raconter
tout seul et donc il a une grande
liberté du compte et le compte n'a pas
une fonctionnalité comme bethelheim le
voulait maintenant la psychanalyse
effectivement euh révèle des choses
extrêmement importantes et j'ai le plus
grand respect pour
les en par exemple du compte enfin si je
peux essayer de de d'interpréter aussi
d'une autre façon le le propos que vous
venez de tenir je sais pas si ce sera
correct j'ai l'impression que ce qui
vous intéresse c'est la destructivité
dans dans les contes le les figures du
mal bon alors elle passe par des figure
de mauvaise mère et cetera mais c'est
pas seulement un enjeu pour les enfants
c'est un enjeu j'ai presque envie de
dire politique moral c'est la question
du mal et et et c'est ça voilà qui que
vous défendez au fond
bon par ailleurs ça ça fait un pont
aussi avec la psychanalyse ça fait
peut-être du bien au maère aussi de lire
des contes c'est-à-dire de voir voir ses
sorcières mais à tout le monde hein à
tout le monde mais particulièrement au
mère c'est pour ça que ça s'adresse pas
aux enfants àoprement parler ça ça
s'adresse à
l'infantile ça s'adresse à l'infantile
chez l'enfant chez l'adulte ça s'adresse
finalement à tout ce qui
peut ça écrit et raconte tous les
processus les transformations du
développement de de de l'être humain en
règle générale et ce qui est intéressant
alors au-delà de betelheim Freud avait
quand même en en 1915 d' pulsion et
destin des pulsion écrit que l'objet
naissait dans la haine et il
conceptualise finalement l'idée que la
relation à l'autre débute par une
relation de haine ce qui permet aussi de
comprendre pourquoi face au principe de
la réalité qui s'impose à l'enfant va se
constituer aussi tous ces mouvements
haineux parce que cette réalité suppose
le manque suppose la perte suppose la
limite et le compte à cette à cette
caractéristique et la maratre en tant
que tel a cette caractéristique de
pouvoir être un objet
attaquable qui qui fait du bien et c'est
une marade qui est constituante aussi
Qui est qui permet aussi à l'enfant de
et à l'adulte de pouvoir se se se
structurer s'organiser et et se
transformer au fur à mesure de son de
son développement et bien sûr que c'est
l'humain et pas seulement les femmes ni
les enfants ni il y a quelque chose de
très fort et du coup ma question aussi
pour vous Pierre Péju c'est ne
regrettez-vous pas que malgré les
efforts de gens comme vous notamment les
conttes de fait ça reste un truc pour
enfant c'estàdire que c'est comme si ça
avait beaucoup de mal à trouver sa place
dans les études littéraires et
philosophiques non là franchement je le
compte pour enfant d'abord si on fait
d'un point de vue historien euh ce qui a
été la place du compte dans les sociétés
traditionnelles euh le compte était
raconté lors de veillé où toute la
communauté villageoise ou autre était
présente et l'idée de raconter d'abord
euh comme on l'a dit l'enfant n'avait
pas encore été inventé c'està-dire que
l'attention et la place qu'on qu'on
laisse à l'enfant qu'on a commencer à
laisser l'enfant au 18e siècle n'était
pas du tout présente donc l'idée de
compte pour enfant alors que le compte
était avait une un rôle énorme dans la
dans la société que les gens les
connaissaient les RE raconaient que
c'était une tradition orale euh c'était
pas du tout pour enfants c'est-à-dire et
aujourd'hui qu'est-ce que vous diriez
des du rapport des des travaux sur les
compte est-ce que vraiment dans les
études littéraires est-ce que c'est de
la littérature comme n'importe quel
autre euh œuvre
littéraire je dirais euh c'est à à mes
yeux c'est de la littérature même si on
doit employer terme quelquefois de
littérature orale c'était la même chose
que pour la les mythes et la mythologie
où quelque chose se transmettait de
façon orale mais disons que c'est une
production d'image oui et moi je j'ai
souvent enfin fait référence à très
grand auteur que j'aime beaucoup qui est
Bachelard dans sa sa conception
justement de l'image et de l'imagination
le compte est par excellence le une
production humaine d'imagination qui qui
est toujours mouvante qui est toujours
foisonnante Bachelard comparait les la
vie des images au nuag qui se transforme
sans arrêt dont on voit des formes
successives et qu'on imagine dans le
ciel et la maratre comme image est aussi
dans les contes quelque chose qui est
très mouvant qui est très émouvant aussi
si on veut et qui touche tout le monde
et elle est en rapport avec plein de
problèmes qu'on va peut-être évoquer
maintenant qui sont des problè humain en
général alors je soulligne auprès de nos
auditeurs que nous parlons c'est notre
3è épisode des sorcières série de notre
semaine et aujourd'hui nous évoquons la
marâre figure très importante de
attachée à la sorcière dans les contes
guimine chaudois et Pierre Péju vous
êtes nos invités d'aujourd'hui alors à
propos de de des mes et du clivage bonne
mère mauvaise mère clivage tellement
bien ancré en nous et il y a beaucoup de
psychanalyes qui ont essayé d'aider à
les dépasser mais peut-être que les
comptes disent la résistance à cela je
vous propose d'écouter un texte de
Donald vinicot psychanalyste anglais qui
connaît très très bien aussi méanie
Klein que vous avez évoqué auparavant
guimine chaudois écoutez-le dans un
texte de 1960
[Musique]
il nous faut étudier le rôle joué par la
mer et à cet égard je trouve commode de
comparer deux extrêmes d'un côté nous
avons la mer qui est suffisamment bonne
de l'autre la mer qui n'est pas
suffisamment bonne la question qui se
pose est la suivante que veut dire
l'expression suffisamment bonne la mère
suffisamment bonne répond à
l'omnipotence du nourrisson et dans une
certaine mesure elle lui donne une
signification et ce maines et main de
foi par l'intermédiaire de la force que
donne au mois faible du nourrisson
l'accomplissement de ces expressions
d'omnipotence un vrai self commence à
prendre vie la mère qui n'est pas
suffisamment bonne n'est pas capable de
rendre effective l'omnipotence du
nourrisson et elle ne cesse donc de
faire dé faut au nourrisson au lieu de
répondre à son geste à la place elle y
substitue le sien propre qui n'aura de
sens que par la soumission
nourrisson cette soumission de sa part
est le tout premier stade du faux self
et elle relève de l'inaptitude de la mer
à ressentir les besoins du
nourrisson France Culture avec
philosophie Géraldine
mmanicot nous dit que le vrai sujet
c'est la Bonne Mère et en expulsant la
mauvaise mère c'est essayer d'être juste
une mère suffisamment bonne c'est assez
déculpabilisant mais justement les
comptes de fé et bien il restent ancrés
dans le clivage bonne mè mauvaise mè
avec la maratre donc c'est intéressant
c'est c'est c'est c'est une résistance
c'est c'est c'est finalement la le
compte de fé c'est ce qui se passe avant
l'installation de cette mer suffisamment
bonne c'est tous les les prémisses de la
construction de cette mer suffisamment
bonne la mère suffisamment bonne c'est
celle qui va qui va être en en qui va
s'adapter aux besoins de l'enfant qui va
pouvoir répondre sans être toujours
présente et qui va être à la juste à la
juste distance et c'est tout le travail
de de winicot sur sur la question de ce
qu'il a appelé l'empiettement
c'est-à-dire d'être une mère qui est
trop là ou une mère qui n'est pas assez
là cette mère qui est trop là ou qui
n'est pas assez là renvoie à cette
figure d'une mère clivée la mère
suffisamment bonne c'est la mè qui est
ambivalente qui permet à l'enfant
d'avoir cet espace nécessaire pour lui
qui qui va lui permettre de se
constituer ce vrai self parce que ce que
ce que winicote décrit comme faux self
c'est c'est une une défense pour
l'enfant il se protège contre cet
environnement au-delà de la mer c'est
l'environnement qui vient qui vient
empiété qui est un traumatisme et là on
est dans tout ce qui est l'aspect
traumatique de la relation à l'autre
alors je propose de les enjeux
proprement psy même si bon évidemment
ils circulent partout en vous posant
maintenant cette question Pierre Péju
pourquoi les marâres c'est souvent
vis-à-vis des filles qu'on observe dans
les contes leur malfaisance plus que
vis-à-vis des fils est-ce parce que
traditionnellement hélas enfin c'est
comme ça le avoir une fille c'était
quand même plutôt une
malédiction
alors c'est vrai que statistiquement si
on veut les marâres de filles dans les
récits dans les contes je préfère
toujours dire compte tout seul que
compte de fé oui oui ça je comprends
bien ou moi je suis très proche des
Romantiques allemands qui ont eux-mêmes
écrit et réécrit et inventé un certain
nombre de compte que c'est pas le compte
de fait c'est chez Perro qui a le plus
de fait mais effectivement chez grim
tout ça c'est des des sagesfemmes des
des conseillère c'est autre chose oui ou
oui on entend on entend mais euh
excusez-moi je votre question céit ma
question c'est pourquoi les filles sont
l'objet de la malfaisance des Marat plus
que sttistiquement je disais plus de
filles que de garçon même si ce que j'ai
cité tout à l'heure était vraiment la
pire des maratre et c'était avec un
garçon mais parce que peut-être alors là
il faudrait peut-être faire une lecture
un peu féministe de de ce que c'est que
cette figure de la maratre ou cette
image de la maratre c'est que peut-être
qu'on a fait un monstre c'est-à-dire un
certain ordre social peut-être patriar
peut-être matchiste à constitué en
monstre des tendances féminines à ne pas
aimer peut-être les enfants peut-être
pas en désirer pas en avoir à choisir
plutôt une sorte forme de domination y
compris par la beauté parce que
n'oublions pas que par exemple chez
Blancheneige c'est la plus belle de tout
le pays donc il y a une idée de dominer
quelque chose dans un territoire donc en
concurrence avec le masculin par
ailleurs souvent les marâres de filles
comme si elle voulait se débarrasser de
ce qu'on ce à quoi on contraint les
filles habituellement c'est-à-dire le
ménage la vaisselle tout ce que les
nains font faire d'ailleurs à
Blanche-Neige aussi ell accable les
filles elles les font trimer comme si
par ironie ou par elle voulait dire bah
voilà c'est ça tu veux être une fille
bien c'est ça que tu dois faire et du
coup c'est comme si le personnage de la
maratre condensait un certain nombre de
choses qui relève aussi d'une sorte de
revendication féminine je sais pas si je
suis clair ou oui c'est très intéressant
et et diriez-vous aussi que bon il a on
entend l'angoisse du vieillissement là
que vous dites surtout dans un
environnement viriliste et c'est un mot
que vous employez pour ça que je me
permets de le souligner là pierre péjul
le vieillissement des femmes est
particulièrement douloureux quand il y a
un environnement qui attend la beauté
séduisante vis-à-vis des hommes mais par
ailleurs bon excusez-moi j'avais dit
qu'on sortait de la psie mais on va y
retourner avec des gros sabots euh les
filles et les pères c'est une
histoire magnifique mais qui peut faire
vraiment peur aux nouvelles épouses au
maratre au belle-mère et et alors là il
y a quelque chose qui est assez
intéressant elle croit que par leur
agressivité elles vont résoudre le
problème alors que c'est souvent par la
douceur qu'on résout le le problème je
pense au au au personnages de mère douce
aux bonnes fé tiens chez Perro qui sont
les concurrentes de la Mara
ce sont elles n'est-ce pas qui aident la
fille aussi et le père à dépasser leur
leur attirance un peu enfermante
mutuelle tiens ben évidemment écoutez
Delphine CIC dans le pod d'ân de Jacques
desmy qui s'affolle et qui essaie de
détourner la fille de de tout ce cycle
édipien vous à cette heure vous savez
que j'ai horreur qu'on me surprenne je
ne suis pas prêt excusez-moi ma reine
mais ce que j'ai à vous dire est
extrêmement important
allons ne pleurez pas mon enfant les
larmes Abî et creusent le visage mais
c'est horrible vraiment calmez-vous
asseyez-vous oh je pour ne m'expliquez
rien je suis au courant de tout
donnez-moi un instant que j'arrange ma
toilette et séchez vos larmes
ouais c'est
[Musique]
mieux ma chère enfant ce serait une
grande faute que d'épouser votre père
c'est très simple il faut le décourager
sans le contredire mais je
l'aime je sais que vous l'aimer mais je
vous l'ai déjà dit vous confondez les
amours il me presse et je dois lui
rendre réponse
demain la
situation mér
Sion mon enfant on népouse jamais ses
parents vous aimez votre père je
comprends quel que soient vos raisons
quel que soi pour lui vos
sentiments mon enfant on n'épouse pas
plus sa maman on dit que
traditionnellement des questions de
culture et de législature décidèrent en
leur temps qu'on ne mariez pas les
filles avec leur
papa Pierre Péju c'est qui c'est bonne
fée c'est gentil femm c'est des
substituts de la Bonne Mère ce sont des
femmes enfants vous écrivez cela aussi
oui alors ce qui est intéressant c'est
de voir vous parler de fait parlons-en
parce que c'est une existence
effectivement importante aussi donc la
la fit il y a un lien important entre la
figure de la
marâre et ce que j'appelle la figure de
la de la fée marine parce que la marine
est aussi un personnage qui a une
importance alors tantôt sorcière tantôt
pas sorcière et cette fée marine est une
sorte de marâre potentiel par exemple si
je prends le compte alors par peréro
cette fois-ci si vous voulez de la Belle
au bois d'ormand dans la belle au bois
d'ormand vous avez deux sortes de fées
marines enfin plutôt il y a 12 fé
marenes et une fée sorcière oui mais ce
qui est d'intéressant dans la fée
marinee c'est qu'elle a un pouvoir elle
est en rapport avec le destin de
l'enfant si on nomme une marine c'est
aussi une mère possible de substitution
c'està dire une nouvelle mère un peu
comme la Marat était nouvelle mère la
fée marine est une mère de substitution
qui peut quelque chose et les Marines
elles peuvent soit apporter leur
bénédiction elles ont des pouvoirs à
l'enfant les 12 premières marenes qui
sont invitées pour la Belle au bois
dormant elles toutes elles font des des
vœux
annoncent ell donnent des possibilités
de de bonheur de vertu de richesse de
beauté et cetera et la 13e qu'on n pas
invité et bien elle ça va être une
malédiction parce que les fit marines
comme les marâres ont du pouvoir et ce
pouvoir est en rapport avec le destin de
l'enfant ça rappelle un peu les les parc
ou les Moirs c'est-à-dire qu'il y a des
femmes qui tiennent dans leurs mains la
possibilité
enfin ce que va devenir l'enfant depuis
qu'il est nouveau né puisque à la
naissance et au cours de de sa vie et
c'estes fait marenes sont aussi un peu
des des substituts de la maratre donc
c'est un peu fluide de la maratre à la
bonne mè ou son substitut mais aussi
c'est un aller avec
retour tout ça est jouissif pour le
lecteur d'après vous guillerine chaudois
c'est que la la marine et et la maratre
sont les env et revers d'une même
médaille et et ce qui est intéressant
dans le l'extrait de de
podane ce que dit Delphine seric
finalement enfin le personnage de
Delphine seric fait des lil là c'est que
cette marine elle a aussi cette fonction
de je dirais de tiers c'est celle qui va
permettre de dire à podane que c'est
interdit il y a un interdit là qui se
qui se met en place oui on n'a pas le
droit d'épouser son père elle a cette
cet intérêt la marine de pouvoir aussi
ouvrir l'enfant à d'autres perspective
que celle de cette relation purement
duelle que ce soit avec le père ou que
ce soit avec la mère qu'elle elle ouvre
ses perspectives vers un monde un monde
auquel il aurait pas sinon eu accès cet
enfant dire que c'est la liberté aussi
de pouvoir aller voir ailleurs que dans
son environnement familial alors que la
marâre elle elle en fait enferme alors
c'est très intéressant ce que vous venez
d'évoquez parce que chez chez grim il
n'y a pas de bonne fée on l'a dit il y a
des conseillères il y a des sagesfemmes
et cetera mais par exemple si on prend
Cendrillon j'ai l'impression que la la
Bonne Mère disparaît complètement parce
que bon elle est morte mais en plus
autant chez Perro elle a une marine
autant chez grim elle a un oisetier
magique un arbre magique qui lui donne
des robes et des choses pour aller au
bal mais c'est un cadeau du père c'est
un cadeau du Père Pierre Péju c'est
comme si la la pauvre Cendrillon des
Grimes un peu comme Blanche-Neige il y a
aucun personnage féminin pour l'aider
contre Sam maratre et bien Cendron elle
est toute seule et tout ce qu'elle a ça
lui vient du père vous trouvez pas ça
intéressant Pierre Péju c'est c'est
façon le monde de Grim il y a quelque
chose de de d'une noirceur très
singulière c'est pas d'une noirceur
forcément enfin c'est vous avez raison
c'est c'est quelque chose beaucoup plus
sombre les Grimes comme je l'ai dit à
propos du compte de genévrier et de bien
d'autres compte par exemple celui qui
s'appelle dame Hol qui est un compte
absolument terrible mais qui n'engage
pas une maratre là mais qui est très
très très cruelle les Grimes c'est
plutôt de l'imagination brute
c'est-à-dire que même si c'est une très
belle écriture c'est de l'imagination
brut beaucoup moins élaboré lissé et
mise en accord avec certaines
conventions
social et et morale que chez chez Perro
c'est pour ça que les différences par
exemple lorsqu'on a un compte comme ce
que vous citiez c'est-à-dire chez
Cendrillon la différence pro grim est
vraiment très intéressante et très
significative et le le le compte de le
compte de P est beaucoup plus lissé et
il y a du conflit quoi il y a de la
bonne mè et de la mauvaise ça et
Cendrillon se construit ainsi alors par
ailleurs les grim sur
Cendrillon c'est impressionnant la
marâre elle est pire que tout
puisqu'elle martyrise y compris ses
propres filles lorsqu'elles vont essayer
d'enfiler la pantoufle de verre
évidemment n'y arrive pas elle leur dit
ouais coupe-toi les pieds ça va rentrer
je vous propose d'écouter l'extrait
parce que çaouper pied c'est
impressionnant on écoute
[Musique]
le soir venu Cendrillon voulut s'en
aller et le fils du roi voulut
l'accompagner mais elle lui échappa si
vite qu'il ne put la suivre seulement le
prince avait usé de ruse et fait enduire
de poids tout
l'escalier alors comme la jeune fille
descendait en sautant sa pantoufle
gauche resta
engluée le prince la ramassa elle était
petite et mignonne et toute en or le
lendemain il s'en vint trouver le père
et lui dit je ne prendrai pour épouse
que celle qui pourra chausser cette
chaussure d'or alors les deux sœurs se
réjouirent car elles avaient de jolis
pieds l'aînée alla dans sa chambre avec
la pantoufle pour l'essayer et sa mère
était là mais elle ne put y faire entrer
son gros orteil le soulier était trop
petit pour elle alors sa mère lui tendit
un couteau et lui dit
coupe-toi le doigt quand tu seras reine
tu n'auras plus besoin d'aller à pied la
jeune fille se coupe à l'orteil força
son pied à entrer dans la chaussure et a
retrouvver le
[Musique]
prince là la guimine chaudois
spécialiste de la cruauté vous êtes
servie hein bah là c'estàd on est
vraiment dans le cru le cru de la
cruauté d'ailleurs on voit chez
grim les filles les sœurs de Cendrillon
saigné c'est ce qui fait que le prince
voit à un moment il a cru que c'était la
bonne princesse des deux mais elle
saigne trop il y a trop de sang qui sort
de la chaussure on voit bien comment là
le sacrifice est au premier plan chez
grim souvent enfin chez les frères grim
souvent il y a cette dimension
sacrificielle on va pour pour essayer de
rentrer à la cour on va se castrer parce
que là quand même la la la maratre est
castratrice on va se castrer pour
pouvoir rentrer dans le dans le moule
oui de la p alors maintenant question du
châtiment aussi on va ce sera le notre
dernier point aussi Pierre Péju il peut
être terrible alors le châtiment c'est
important sans doute pour l'enfant enfin
quoi que je vrais quand même rappeler
que chez Perro passons au chaperon rouge
ils sont bouffés tout cru hein le
chaperon et la grand-mère et point final
je veux dire le le loup n'est pas
châtier c'est dans d'autres version
qu'on a trouvé un chasseur qui vient
ouvrir le ventre du loup sortir tout le
monde vivant et compagn donc parfois il
n'y a pas de châtiment mais comme par
hasard là c'est un loup c'est pas une
maratre euh en revanche chez grim les
les horrible filles là de la marateve
les yeux on leur crève il y a des
Colomes qui viennent leur crever un œil
à chacune parlez-moi de châtiment et son
importance pierre péjuux les deux yeux
HE sont crevés c'est dire que les les
gentilles Colombes viennent lorsqu'elles
vont vers l'église pour la la noce ell
leur crèv l'œil droit et à la sortie
gauche qui mais pas la maratre elle elle
disparaît he alors la maratre a disparu
effectivement mais dans dans d'autres
comptes les vous parliez des châtiment
le châtiment de la maratre est
absolument terrible il y a cette grande
technique si je peux dire de l'enfermer
dans un tonneau alors selon les les
contes et les histoires tantôt ce
tonneau on le fait rouler indéfiniment
sur une pente elle est elle est roulée
dans ce tonneau remblablement jusqu'à la
mort il y a un raffinement aussi
quelquefois chez grim où le tonneau est
à des clous à intérieur c'estàd que plus
il roule plus elle est percée de clou
donc ça ne manque pas mais
euh les la cruauté puisqu'on en parlait
tout à l'heure est aussi présente pour
quelquefois euh pour le personnage
féminin principal euh par exemple je pas
me faire une spécialité de revenir à des
comptes très anciens qui sont les compes
ancêtres 16e si par exemple straparol là
qui était un compteur assez mystérieux
mais qui est à l'origine de beaucoup
beaucoup de de versions de compte dans
une vers dans un compte qui s'appelle
blanchebelle et le serpent au 16e siècle
non seulement les la la Mar est très
très très très très méchante elle fait
envoyer sa fille dans la sauvagerie pour
la tuer et là comme le chasseur dans
Blanche-Neige elle n'est pas tuée mais
on lui crève les yeux et on lui coupe
les mains et ensuite ça fait une fille
aveugle avec des mains coupées et il y a
d'autres il y a des compes de Grim
d'ailleurs qui s'appelle la la fille
s sans main aux mains coupé la fille
sans main et puis donc la cruauté est
vraiment partout mais aussi évidemment
dans les châtiment mais le châtiment
n'intervient pas toujours comme vous le
disiez la la marine peut échapper mais
ce sont ces filles qui paieront pour
elle si je peux dire et un dernier mot
parce que ça va être une transition
magnifique pour notre chanson la marade
c'est l'avenir de la jeune fille Pierre
Péju ah bah ça c'était un autre thème ce
que j'appelle la maratrisation
c'est-à-dire que plein de personnages
peuvent se transformer en marâre
effectivement Lara mère biologique peut
jouer un peu les marâres la fille peut
devenir une peut être une future marâre
et le mari peut aussi être un future
maratre ou le devenir c'estàdire lorsque
le prince charmant perd son charme ça
devient juste un mari et que de même que
la la mauvaise mère n'a pas désiré la
fille le mari s'il ne la désire plus
cette fois-ci sexuellement peut être êre
associé aussi à une sorte de de marâre
malâ en quelque sorte enfin c'est mais
c'est la la fluidité et la le
foisonnement des images qui permettent
d'évoquer tout ça vous êtes d'accord
cette oui tout à fait c'est c'est
vraiment euh la la maratr maratrisation
c'est c'est finalement le le destin ça
peut être un destin c'est terrible he