2 mai 2024
À l’occasion de la sortie de son nouveau livre, « Prier 15 jours avec Marie Skobtsov. Sainte orthodoxe, Juste parmi les nations » (éd. Nouvelle Cité), Christophe Levalois s’est entretenu pour Orthodoxie.com avec son auteure, Laurence Varaut. Mère Marie Skobtsov (1891-1945) fut l’une des grandes figures de l’émigration russe durant l’entre-deux-guerres à Paris. Son destin exceptionnel est évoqué dans cet entretien : poétesse, révolutionnaire, première femme maire d’une ville en Russie, exilée avec sa famille, moniale, déployant une intense activité caritative, missionnaire, intellectuelle et artistique, devenant résistante durant la Seconde Guerre mondiale, sauvant des juifs, déportée au camp de concentration de Ravensbrück où sa présence active et priante redonna de l’espoir à beaucoup de ses codétenues et où elle fut gazée le jour du Vendredi saint de l’année 1945, peu avant la libération du camp.
[Musique]
bonjour Laurence var bonjour Christophe
l vous êtes notamment auteur d'une
biographie de mère Marie scopsov
sainte-mie de Paris éditée chez Périn en
2000 puis réédité aux éditions Salvator
où elle est toujours disponible cette
biographie de cette sainte orthodoxe
contemporaine tragiquement décédé en
1945 a été traduite en italien et en
roumain je précise que vous êtes
vous-même de confession orthodoxe nous
avons le plaisir de vous voir
aujourd'hui pour Orthodoxie.com afin
d'évoquer votre nouvel ouvrage priez 15
jours Marie scopsov Saint orthodoxe
Juste parmi les nations qui vient de
paraître depuis très peu de temps aux
édition nouvelle cité pour commencer
pouvez-vous nous dire qui fut mère Marie
scopsov et quels furent les grandes
étapes de sa vie alors on peut
distinguer trois grandes étapes la
première depuis sa naissance jusqu'à
1923 sa naissance en 1891 dans l'empire
russe euh c'est pour résumer une jeune
fille de bonne famille son père est un
un haut-fonctionnaire il c'est une
famille aisé ils ont des vignobles dans
le sud de la Russie sont pas des gens
ultra riches comme on dirait maintenant
mais elle a vécu dans des conditions euh
particulièrement faciles euh soit dans
cette partie de la Crimée soit à Yalta
suivant les postes de son père et très
souvent à Saint-Pétersbourg pendant
l'hiver où elle va vivre définitivement
si on peut dire en tout cas pour la
Russie après la mort de son père quand
elle était
adolescente alors elle vit elle elle a
un frère
elle est née ellisabeth Pilenko elle a
un frère qui s'appelle Dimitri
elle perd la même si cette expression a
quelque chose je trouve de curieux parce
que c'est pas un objet qu'on va perdre
et retrouver euh elle perd la fois au
moment de l'adolescence après la mort de
son père et on est après la guerre
russo-japonaise euh
elle va vivre avec sa mère et son frère
à
Saint-Pétersbourg et puis à ce moment-là
elle a
une envie très marquée d'aider euh les
gens du peuple comme on disait alors et
de donner des cours du soir aux ouvriers
alors ça satisfait pas tout à fait sa
mère qui voit qu'elle a une une
personnalité un peu déjà un peu décalée
parce que les jeunes filles de ce milieu
étaient plutôt préoccupé d'avoir une
jolie robe d'aller à un premier bal et
cetera et euh maris scopsov montre déjà
une personnalité un peu hors norme
personnalité qui avait été d'ailleurs
remarqué quand elle était enfant par
Constantin
poonodsef qui était un des plus grands
personnages de l'Empire russe et qui se
trouvait être un ami intime de sa
grandtante à Saint-Pétersbourg et quand
elle arrivait là-bas il demandait
toujours à la voir on le prévenait et il
avait avec elle des vrais conversation
il s'intéressait vraiment à l'enfant
c'est quand même le signe de quelque
chose de d'exceptionnel parce que
quelqu'un comme lui avait très très peu
de temps à consacrer à tout le monde et
à plus forte raison il avait
probablement peu de temps à consacrer à
des enfants
et puis arrive l'âge adulte et là elle
rencontre un
jeune jeune homme enthousiaste juriste
Dimitri cousminine
caravayev trop porté sur la boisson mais
elle se dit qu'elle va le sauver de
l'alcoolisme et dans cette espèce de
d'idée qu'on souvent les jeunes filles
qu'on va sauver l'homme qu'on aime euh
et il se marie assez
rapidement ce mariage d'ailleurs ne
durera pas très longtemps mais dans le
contexte du mariage et parce qu'elle a
commencé à publier elle va fréquenter la
fine fleur de
l'intelligencia de Saint-Pétersbourg
avec son
mari euh que ce soit bloc kouiliief
hmatova et cetera donc elle va
rencontrer beaucoup de gens et elle va
se faire reconnaître comme comme poète à
ce moment-l très sérieusement mais c'est
une
vie une vie où elle se lève après le
déjeuner où elle sort tous les soirs et
finalement elle a elle a une vie de
grand terre et de lecture quand elle
était petite elle finit par trouver ça
superficiel et un peu
déprimant et elle va doucement se
détacher de son mari
elle rencontre euh de nouveau parce
qu'elle l'avait rencontré adolescente à
demande après une conférence à laquelle
elle avait assisté le poète Alexandre
bloc pour lequel elle aura toujours une
sorte d'amour platonique plus ou moins
maternel mais quelque chose qui est
beaucoup plus que l'amitié elle avait
pour bloc une véritable tendresse
psychologique en quelque
sorte et puis arrive l'époque de la
Révolution euh pardon avant la
Révolution un événement important
et avant la guerre de 14 elle se sépare
donc de Dimitri kousmin
caravayev et elle retourne dans la
propriété familiale qui est à Anapa donc
dans le sud de la Russie et là elle est
enceinte on ne sait pas de qui elle a
une liaison on connaît pas le nom du
père de l'enfant mais elle est toujours
mariée donc le mari est le père et
Dimitri kousmin kfayev n'a pas renié
cette paternité il a d'ailleurs toujours
il s d'ailleurs toujours occupé de
l'enfant qui s'appelait
gaiana après quoi arrive la guerre la
Première Guerre mondiale mais je pense
qu'on aura l'occasion de reparler de
l'effet de la Première Guerre mondiale
sur elle et puis la révolution russe
dans la foulée h à ce moment-là elle est
enthousiasmée parce qu'elle est elle
avait une tendance sociale socialiste
révolutionnaire et elle de elle s'engage
totalement en politique et elle devient
la première femme mère elle devient mère
de la ville nanapa mais très vite elle
voit les conséquences
de l'aggravation de la révolution de la
maximisation des du communisme et elle
commence à avoir des doutes sur tout
ça par ailleurs la ville est reprise par
les Blancs et elle est arrêtée elle
passe en jugement et dans la salle où
elle est elle va conquérir un peu
l'assistance en tout cas les juges par
sa manière de se défendre parce qu'elle
va mettre la personne humaine devant ses
responsabilité elle commence déjà à
quelque il y a quelque chose en elle qui
qui bouge à ce moment-là
elle a moins d'illusion et
euh un officier blanc qui était là euh
Daniel scopsov la remarque il avait
aussi des fonctions administratives
importantes c'est le coup de foudre il
se marie
elle avait divorcé donc elle était libre
et il embarque avec avec lui il embarque
donc sa jeune épouse qui n'a pas encore
30 ans l'enfant gaiana la mère de la
jeune épouse donc Sophie pilenco la mère
de Marie skopsov mais là aussi on aura
l'occasion d'en reparler et ils vont
faire le périple des blancs en passant
par
Constantinople ils vont partir pour la
France Constantinople les Balcans en
passant par la Serbie ils onuront
d'ailleurs elle aura deux enfants
pendant le trajet de l'immigration elle
va mettre au monde Georg Yura et elle
met au monde aussi sa fille est née euh
pardon sa seconde fille h
euh et ils arrivent en France vers 22 à
peu près 22 23 ils arrivent en France
comme cette vague d'émigration ruses euh
qui a été tellement importante alors
pourquoi la la France parce qu'en fait
il y avait d'abord c'est une terre
chrétienne encore euh les Français ont
été christianisés finalement plus tôt
euh et puis il y avait entre la
République française et l'Empire russe
une alliance qui avait été scellée en
1893 et dont il reste encore des traces
notamment à
Paris ne serait-ce que par le les
églises mais aussi le le pont Alexandre
II
donc ils arrivent là et là je dirais que
c'est la deuxième partie de sa vie elle
est confrontée à quelque chose qu'elle
n'avait pas connu sauf au moment de la
Révolution c'est-à-dire la misère des et
la difficulté qu'avait la plupart des
Russes quand ils sont arrivés et puis il
y a aussi il y a un événement tragique
qui qui la touche au premier plan le
décès de sa fille cadette et qui est un
un tournant également dans son existence
alors Anastasia effectivement Nastia va
mourir de la ménagide bactérienne à
Pasteur c'est une maladie qu'on pouvait
pas soigner à l'époque elle va rester
des semaines au chevet de l'enfant et là
c'est effectivement un moment de crise
qui va être déterminant pour la suite
d'abord parce que c'est un premier coup
qui la
transpersce comme n'importe quel mère et
aussi parce que ça va commencer à
modifier sa
vie elle va prendre des décisions
qu'elle aurait pas peut-être pas pris
après notamement elle va s'engager dans
l'action crrétienne des étudiants russes
et elle devient la secrétaire itinérante
de ce qu'on appelle la serre donc elle
parcourt la France elle laisse les
enfants à la gare de bah de sa mère
souvent mais ça c'est une habitude très
russe aussi la présence de la grand-mère
est quelque chose de très traditionnel
euh
et elle elle commence un engagement qui
peut-être peut être considéré comme une
fuite si on s'en tenait à l'aspect
psychologique mais dans la vie d'un sein
l'aspect psychologique serait réducteur
donc il faut voir qu' elle va commencer
à aller vers les autres d'une manière
différente plus profonde
h après quoi
elle
va se séparer
de Daniel scopsov le le mariage ne ne se
passe plus bien consécutivement à ce
deuil et et puis elle a d'autres projets
aussi elle elle souhaite s'orienter vers
le monachisme oui alors elle souhaite
s'orienter et en même temps on souhaite
qu'elle
s'oriente euh la mère olgade Busi en not
m'avait dit euh elle est tombée sous les
ciseaux de Monseigneur hoge c'est lui
qui voulait en faire une moniale
je ne sais pas ce qui se passait dans la
tête et dans le cœur de de mère-
Marie de Sainte-Marie de Paris mais
effectivement il y a une décision
commune qu'elle prend aussi avec son
père spirituel qui était le père Serge
boulgacov et elle va être consacrémiale
en 1932 à Saint-Serge à
Paris donc là commence une encore une
autre autre partie de sa vie extrêmement
importante elle va
approfondir le le chemin caritatif
pourrait-on dire qu'elle a déjà entamé
auparavant oui et elle commence par
installer quelque chose qui ressemble à
un monastère à Paris parce que il faut
bien qu'elle aille quelque part même si
Monseigneur eloge lui a dit le votre
monastère ce sera le les cœurs humains
le désert ce sera Paris la grande ville
elle commence par aller villas de AX qui
était déjà un très beau quartier où
maintenant il y a des endroits plutôt
luxueux et elle part avec deux moniales
traditionnel des jeunes femmes qui sont
consacrées dans leur prime jeunesse euh
et puis ça se passe pas très bien parce
qu'en fait elle a fait une sorte de
stage de formation dans dans les pays
baltes parce qu'on on l' consacré sans
qu'elle passe par le novicia à cause de
son âge et de son expérience de vie et
en fait elle n'arrive pas à se plier aux
règles monastique
elle est elle est en retard aux offices
quelquefois elle les manque et elle
considère que ce qu'il faut c'est
s'occuper des autres s'occuper des
autres par tout moyen même l'ego si
j'ose dire
donc elle elle est elle commence à être
un peu décalée mais il y a une demande
très forte c'est-à-dire que l'action
sociale qu'elle commence à mettre en
place elle est débordée par la demande
les moniales elles elles veulent
rejoindre un monastère classique et donc
elle elle va louer au 77 rue de Lourmel
une grande maison Second
Empire où elle pourra accueillir
beaucoup plus de gens où on va le
Monseigneur eloge décide de nommer le
père Cyprien Kerne le hérom Prine comme
comme recteur et puis elle crée une
association l'action orthodoxe pour
démultiplier toute son action
sociale son action d'ailleurs est à la
fois sociale caritative mais aussi
intellectuelle il y a toujours ces ces
différents aspects dans sa vie
finalement oui parce que la rejoignne à
l'action orthodoxe Serge Boulgakov
Nicolas
berdief Théodor pianov très proche aussi
de Constantin motchulski qui était le
qui a écrit une buphie de sooyevski et
elle organise des conférences elle
participe à des congrès où elle prend
toujours la parole elle continue de
publier de la poésie comme quand elle
était jeune elle publie des articles on
a en tout je crois un corpus d'environ
200000 pages en tout 2000 pages et donc
tout n'est pas tout n'a pas encore été
publié et à cela s'ajoute une œuvre
artistique également et et c'est très
important parce qu'elle avait un talent
exceptionnel de peintre et de brodeuse
même si on dit écrire une icône et non
pas peindre une icône donc on a des
icônes de peintre ù beaucoup brodé par
mère-marie et il y en a une qui a été
sauvée de l'incendie qui avait ravagé le
la paroiss saint-séraphin Sarov rue le
courbe ou il y a 2 ans je crois que
c'est l'ange àencensoir oui
euh et elle a toute sa vie et jusque
dans le camp elle continuera de broder
très très vite car les gens doués font
les choses très très
vite donc
elle a effectivement comme aussi S les
gens doué elle avait plusieurs talents
oui oui alors on on raconte aussi ù on
aime raconter comment tous les
jours avant avant la matinée l'aller
auall pour chercher les invendus servant
à nourrir les personnes qu'elleéberger
rue de Lourmel oui alors ça
c'est surtout développé dans la trè
partie de sa vie si j'ose dire
c'est-à-dire après 19 935 et surtout au
moment de l'occupation au début de la
guerre puis pendant l'occupation
puisqu'elle a à ce moment-là elle allait
le matin effectivement depuis la rue de
Lourmel jusqu'au halall en longeant la
scène avec un jeune homme qu' qui
faisait partie des nombreuses personnes
qu'elle hébergeit parce que c'était plus
une ruche bourdonnante qu'un monastère
classique euh il partait avec une
charrette et elle elle allait au halall
et là elle récupérait effectivement des
des herbes des légumes qu'on lui donnait
et
puis quelquefois aussi comme elle
partait alors au petit matin voire
encore dans la nuit elle entrait dans
les cafés et elle allait parler à des
hommes qui étaient là complètement ivre
endormis dans l'alcool en leur proposant
de les aider et peut-être même d'aller
passer quelques jours de repos de lour
Mel arrive le moment de la Seconde
Guerre mondiale et là aussi un nouvel
engagement
euh s'offre s'offre à elle dans la
Résistance et puis dans l'aide à ceux
qui sont pourchassés
oui parce qu'elle considérait elle a dit
très clairement elle a écrit il n'y a
pas de question il n'y a pas de question
juive enfin pour elle la question c'est
celle des chrétiens
elle nous sommes chrétiens eux ce sont
les anciens
testaments donc et elle dit si nous
étions vraiment chrétiens nous
porterions tous l'étoile jaune donc elle
n'a pas fait partie d'un mouvement de
résistance d'une manière extrêmement
organisée
formelle probablement d'ailleurs ça
aurait pu être risqué parce qu'elle
parlait
beaucoup donc elle parlait trop elle
parlait trop au téléphone elle disait au
téléphone je cache des Juifs le père
clépinine qui était le recteur de la
paroisse après le Cyprien KNE lui a fait
parti de manière tout à fait fait formel
du d'un des réseaux de résistance réseau
de Résistance dont on se souvient qu'un
des premiers sinon le premier était
celui d'un russe Boris Vilde le réseau
du Musée de
l'Homme et donc là c'est vrai qu'à
partir de ce moment-là non seulement
elle démultiplie encore l'action sociale
mais pour elle l'action sociale c'est la
mystique des relations humaines c'est
pas seulement une action sociale c'est
considérer les autres comme une icône
mais ça elle va le faire jusqu'à la fin
de sa vie quel que soit les personnes
elle elle obtient parce qu'elle avait un
peu comme sainte- thérèe Davila si on
peut dire un esprit pratique elle avait
un talent d'organisation formidable et
elle avait obtenu peut-être aussi parce
qu'elle avait été politique que la rue
de Lourmel soit classée comme un centre
distributeur pendant
l'occupation ce qui fait que ils étaient
approvisionnés aussi par l'État
voilà fait tout mois avec beaucoup de
beaucoup d'efficacité et effectivement à
part cet aspect purement matériel mais
essentiel puisque au fur et à mesure que
les décrets qui contraignaient la vie
des
Juifs étit
publié il passait de problèmes matériels
venant du fait qu'il ne pouvait plus
exercer leur vie professionnelle
normalement et donc il avent plus de
quoi vivre
à une persécu
beaucoup plus violente après
1942 et donc là elle vit ça en est un
témoin
direct avec le père clépinine il font de
des vrais certificats de baptême pour
ceux qui été baptisés et il donne aussi
des faux certificats de baptême comme
ont fait les catholiques mais il
codaient pour eux il codaent le faux
certificat arrive le moment où ils sont
dénoncer et
livré leur passion en quelque sorte où
ils sont livrés à la guestapo et et là
c'est une longue marche vers le martyre
pouvez-vous nous en parler alors
pourquoi est-ce qu'ils sont trahis
d'abord parce que c'était banal d'être
trahi
ensuite parce qu'on les remarquait dans
leurs
habits et aussi parce que au moment de
la rafle du veldive en juillet 42 le
veld c'était à côté de de la rue de
Lourmel elle marchait très vite elle
était très grande elle était très forte
elle c'était une athlète du Christ aussi
physiquement euh en quelques minutes
elle arrive au veldive et elle s'impose
comme elle s'imposait toujours à tout le
monde et elle dit moi je rentre j'y vais
bon on la laisse
passer et elle va y aller pendant 3
jours euh et elle va sortir des enfants
dans des poubelles d'ailleurs je ne sais
pas ça serait très intéressant de savoir
s'il y a des gens qui savent ce que sont
devenus les
enfants et là après elle va être trahi
de toute façon les Russes devaient se
faire enregistrer à la direction des
affaires de l'immigration russe rue
galiera ça il l'avait
fait histoire de pouvoir les convoquer
de temps en temps quand on en avait
envie et les nazis étaient pas
spécialement pressé d'ailleurs il
saavourait le plaisir de savoir qu'un
jour ou l'autre ils allaient pouvoir
mettre la main dessus et effectivement
il commence par être convoqué simplement
dites-nous un peu ce que vous faites
puis on les renvoie on les renvoie rlour
Mael et puis à un moment ils sont
arrêtés là c'est février
43 ils sont
arrêtés bon avec une journée de distance
donc on arrête à la fois
mère-mie devant sa mère on fait subir
une fouille à Mère
Marie on arrête son fils qui a une
vingtaine d'années il y aura et on
arrête le père kleépinine et IIe
fondaminski qui était un juif converti
au christianisme et qui avait
voulu vivre avec les chrétiens mais
disait-il mourir avec les Juifs avait
été arrêté avant et pianov aussi est
arrêté mais pianov reviendra des cand et
là euh il y a une scène tout à fait
significative c'est que mère-marie quand
elle part elle reçoit la bénédiction de
sa mère et elle dit à sa mère sois forte
c'est un moment assez émouvant et par
ailleurs le père kébinine on sait que
quand il a été rue des Saucet où les
gens étaient interrogés et torturés on
lui a dit mais comment vous pouvez aider
des Juifs on lui a dit de manière
beaucoup plus brutale avec un un
vocabula l'air plus grossier et il a dit
et ce juif- là est-ce que vous le
connaissez en montrant sa croix
pectorale alors après ils passe par
compiène Royal Lieu euh ils arrivent à
se voir les uns et les autres à travers
des barrières et le père clépinine
prépare d'ailleurs le fils de Mère Marie
au sacerdoce il y a des lettres qui
passent la correspondance du père
clépinine avec sa femme est quelque
chose d'absolument exceptionnel elle a
été publié par la fille du père
kleépinine
elenarjagovski et enfin et se fait la
déportation l'ultime étape
ravensbrck donc en février en février 43
dans un convoi
euh de 240 à peu près française ou à
patride elle elle passe 3 jours de
voyage et elle arrive à ravensbrug
et là-bas elle va côtoyer jeunevève de
Gaulle qui fait allusion à elle dans ce
la traversée de la nuit elle va côtoyer
Marie- José chambbard de l'Auve qui est
toujours parmi nous qui était une
pédiatre qui s'occupait des enfants dans
le camp des nouveauxnés
elle va côtoyer Anice Postel
Vinet Germaine Tillon et et là-bas Sa
Sainteté éclate don est visible pour les
autres puisque ceux qui l'ont ceux qui
l'ont vu à ce momentlà parle de son
visage
lumineux donc on arrive là dans une zone
qui est
extrêmement difficile à se représenter
pour nous même pour ceux qui ont
rencontré des gens qui revenaient des
camps j'avais rencontré jeun VIè de
Gaulle j'ai vu anis postelinet j'ai vu
Rosanne Crew qui a rapporté le son un
foulard que Mère Marie a a brodé au
moment du quand elle a appris qu'il y
avait le déparquement elle a brodé le
déparquement dans le style de la
tapisserie de bailleuse sur son foulard
de déporté et Rosan lascrw qui était une
jeune angliciste la a roulé autour de sa
taille et arrivé à Bergen belzen Rosan
lascrw sauvé par les Anglais a expliqué
en anglais qu'il fallait surtout pas
toucher à ce chiffon crasseux et qu'elle
leur apportait à
donc c'est quelque chose qui nous reste
qui est impressionnant et mère- Marie
effectivement parfois a brodé très
rapidement pendant les appels debout
sans faire de de dessin
préalable on dit qu'elle a brodé mais on
l' on l'a
pas une représentation de Jésus crucifié
enfant dans les bras de la Mère de
Dieu et là elle va quand même survivre
assez longtemps elle organisait des
prières en cachette elle allait voir les
soldates russes et prier à l'intérieur
du
bâtiment à l'extérieur du bâtiment jeune
VIè de gaaule le
raconte d'une manière très précise et
puis
euh il y a des anecdotes assez
impressionnantes de même que quand elle
est on est venu l'arrêter
euh la mère de de M Marie a dit à
l'Allemand qui vit l'arrêter Hoffman
mais vous savez pour nous il n'y a ni
juif ni grec ma fille elle vous aerait
s'il le fallait al évidemment
le Hofman était furieux et ça avait fait
rire mère Marie qui a dit oui oui je
pense que je vous aiderai et elle était
comme ça et ça a continué pas jusqu'à la
fin mais ça a continué aussi dans le
camp elle a été une ressource comme ça
de
force pour les autres absolument
extraordinaire pendant la prière entre
les prière jusqu'à la fin de sa vie où
il il n y avait plus que la prière du
cœur et la prière et la un
amaigrissement
considérable mais un jour elle était
épuisée elle s'était assise et elle a
été fouettée parce qu'elle s'était
assise elle s'est relevée et elle a dit
mais moi chez chez nous des des gars
comme vous s'inclineent bien bas devant
des femmes comme
moi ce qui était évidemment une audace
et un risque énorme de elle aurait pu
être tué juste à ce moment-là HM et le
vendredi saint elle est nous sommes
vendredi sa de l'année
19455 quelques jours avant la libération
des détenus quasiment la veille de la
libération du camp à ce moment-là elle
est envoyée où elle a pris la place de
quelqu'un d'autre on ne SAA jamais euh
elle est envoyée à la chambre à gaz
parce que comme le disait jeune VI de
Gaulle à la fin il y a eu une chambre à
gaz à
Ravensbruck parce que à la fin 40
les Allemands voulaient effacer les
traces de leur crime et aussi se
débarrasser définitivement des gens qui
étit encore en vie même si ça n'était
pas à l'origine un camp à proprement
parler d'extermination immédiate ça l'
est devenu à la fin on fait plus la
distinction entre le camp de
concentration et le camp d'extermination
à ce
moment-là et Rosan lascou qui avait le
foulard
elle a survécu elle fait partie des
gens qui ont pu témoigner après 45 parce
que le fait qu'elle ait été une sainte
qu'elle été considérée comme sainte est
arrivée très rapidement F
sanctitatis disonsnous en
latin la la réputation de sainteté
l'exploit le PO de vie rus je crois tout
ça c'est'est arrivé de manière très
clairire dans l'esprit des gens très
vite le père gilet qui avait
vu au au moment de l'action orthodoxe ou
après sa mère ont écrit des souvenirs
euh Tamara clépinine la veuve du père
clépinine a été filmé où elle elle
raconte des souvenirs Constantin
motchulski a écrit ses souvenirs Daniel
scopsov son mari a écrit aussi sur elle
donc il y a eu tout de suite des
témoignages assez abondants qui sont
vraiment pour nous maintenant évidemment
une source extrêmement précieuse sachant
qu'une partie du du corpus des archives
sont pour une raison que je ne connais
pas mais qui m'intéresserait de
connaître j'arrive pas à trouver le la
réponse pour le moment très curieusement
aux
États-Unis alors
cette cette réputation de sainteté cette
image de sainteté qui lui est associée à
cheminé au fil des décennies après la
Seconde Guerre mondiale elle a été aussi
reconnue comme Juste parmi les nations
euh donc ayant sauvé des vies juives
durant la Seconde Guerre mondiale et au
début des années 2000 canonisée et
reconnue comme sainte et et en quelque
sorte le la mémoire euh de de mère-marie
c'est non seulement approfondi mais
acheminé euh dans les dans les dizaines
d'années euh qui ont suivi euh son
décès oui parce que de même qu'elle
était passée d'une
vie d'une jeune fille d'un milieu
aisé de la d'une Russie qui était
prospère et qui et qui allait très bien
à une fin de vie dramatique dans un camp
de concentration avec entre-temps une
véritable conversion ce qu'on appelle
une métanoa
où le changement de pensée est aussi un
un
repentir j'ai repris un peu mon inaire
grec et c'est très intéressant de voir
le mot méthanoia la la richesse du mot
donc toute sa vie n'a été que cette
échelle sainte
euh après les choses effectivement comme
vous dites très justement on continuer
d'une certaine manière à progresser sans
elle euh et peu à peu on continue de
découvrir en fait toujours quelque chose
euh et les publications ne cessent pas
il y a une il y a une préparation
d'ailleurs par Tatiana victorov de d'une
édition intégrale en Russie l' édition
scientifique 2004 elle est canonisée
c'est la
canonisation avec son fils Yura le père
Dimitri clliépinine notamment et
fondaminski fondaminski également
effectivement et quelques années plus
tard la mairie de Paris lui consacre une
rue en 2016 a eu lieu
donc l'officialisation de de de cette
rue dédiée enfin qui qui a pris le nom
de de Mère Marie scopsof c'est aussi une
une reconnaissance cette fois-ci non
religieuse
non du domaine de la résistance et de
l'aide aux Juifs comme a pu être le
titre de Juste parmi les nations mais
aussi une reconnaissance de la société
française oui elle a beaucoup marché
dans Paris elle a sillonné la France
mais elle a beaucoup marché dans Paris
Paris
euh et
donc j'avais proposé qu'il y a une
plaque r Gourmel et cette plaque av fini
par être posé et un jour une mère
adjoint du 15e madame Guilen fonlada a
vu cette plaque en passant en rue de
Lourmel elle s'est dit mais qui est
cette femme euh donc elle a lu euh
biographie euh elle s'est passionnée
elle s'est emballé pour le sujet et elle
s'est très courageusement je dis
courageusement parce que il y avait
beaucoup d'hostilité quelquefois battu
pour que le Conseil de Paris vote une
une rue un baptême de rue à deux part
rue mère Marie scopsov juste à côté de
la rue de lourmême la rue de Lourmel et
la même cette rue c'est ça n'est pas la
rue Marie scopsov c'est la rue mère
Marie scopsov donc elle est vraiment
reconnue comme moniale
euh il y a même pour la l'anecdote il y
a même une station vélibe maintenant qui
porte son nom ce qui était quelque chose
d'assez
improbable donc peu à peu il y a une
géographie de mer maris scopsov en fait
il y a une carte il y a une cartographie
il y a une géographie il y a pas
seulement une histoire qui commence à
Riga qui se termine à ravensbru mais
elle couvre toute une partie de l'Europe
toute l'Europe en quelque
sorte venons-en à votre ouvrage Laurence
varau cet ouvrage est publié dans une
collection qui s'intitule prier 15 jours
avec Marie scopsov c'est une collection
déjà ancienne qui comporte de nombreux
titres quelle est la démarche
particulière de cette collection que
vous avez dû adopter pour votre ouvrage
oui alors il y a 250 titres
effectivement ce sont pas toujours des
seins
euh ce sont parfois des figures
spirituelles pour employer un mot qui
est très employé maintenant ou des
écrivains par exemple il y a il y a un
saint séphin de Sarov par Michel kimov
mais il y a aussi un bernano sa Pascal
il y a un Olivier Clément Olivier
Clément VI de paraître également eu et
donc ce sont des livres au format poche
128
pages qui sont fait pour qu'on puisse
lire une journée par jour dans le métro
si vous voulez c'est un peu organisé
comme ça il y a il y a 15 chapitres
qu'on appelle 15 jours qui commence
chacun par un extrait
un une citation de l'auteur une citation
pardon de en l'occurrence de
Sainte-Marie de
Paris et après il y a un
commentaire une méditation si on peut
employer un grand
mot pour couvrir comme ça une journée
qui peut être une aide pour la
prière d'accord alors vous écrivez dans
votre livre que Mère Marie fut iconique
et influente qu'entendez-vous par
iconique et en quoi fut-elle influente
alors ça c'était un peu une provocation
de ma part parce que comme beaucoup
d'orthodoxes j'en ai assez de lire et
d'entendre le mot iconique à tout propos
que ça soit une crème pour le visage ou
un ou le sac d'une grande marque et je
j'ai voulu qu'on se préapproprie ce
terme on peut parler d'une de
Sainte-Marie de Paris comme de quelqu'un
d'iconique à juste titre et quant à
savoir si elle serait devenue une
influenceuse certainement pas dans le
sens des réseaux sociaux mais qu'elle
est une influence déterminante sur son
entourage c'est absolument certain elle
avait je pense pas qu'elle avait une
influence sur po poonutf mais il s'est
quand même intéressé à l'URE qu'elle
était toute petite et ça a été tout le
temps comme ça jusqu'à la fin
euh que ça soit le milieu littéraire que
ça soit la politique que ça soit les
associations auxquelles a participé ou
celle qu'elle a créé à Paris euh que ça
soit les prêtres avec lesquels avec des
discussions les intellectuels avec des
discussions et encore dans le camp donc
c'était une manière aussi
de que les orthodoxes se réapproprie ce
vocabulaire et qu'on le replace là où il
doit être alors vous de la même m
manière vous avez aussi écrit que Mère
Marie voit ses interlocuteurs comme des
icônes que signifie le mot icône
ici ici c'est puisque l'icône c'est
l'image c'est de voir les
interlocuteurs comme les êtres humains
autour d'elles comme fait à l'image de
Dieu puisque c'est un des fondements du
christianisme ce qui va impliquer non
pas d'avoir seulement une action sociale
efficace qui va arranger tout le monde
parce que l'homme est aussi un un animal
politique zone politicon disait Aristote
mais il est aussi une créature de Dieu
et quelle que soit la personne mère
Marie a beaucoup insisté dans ses écrits
là-dessus quelque chose doit être
dépassé dans notre relation avec les
autres dans la relation qu'elle avait
avec les autres en tout cas elle puisque
que ça soit des délinquants ou des
criminels tout le monde pouvait trouvé
l'asile rue de Lourmel et quant à ses
ennemis on a vu qu'elle était même
capable de les traiter avec de
l'humour mais pour arriver à ce
niveau de christianisme et de sainteté
il faut avoir fait un déjà un très long
chemin alors vous employez l'expression
qui est en lien avec ce que vous venez
d'expliquer euh que Mère Marie utilise
une expression que mè Marie utilise dans
un article de mystique des relations
humaines alors qu'est-ce que ce cela
signifie est-ce en lien avec ce qui
était ce qui a été appelé le sacrement
du frère
oui parce que l'homme n'est pas seul il
est relié aux autres et
singulièrement par la communion par les
sacrements par la dans la communion des
saints
euh ceux qui communient au même calice
sont reliés par ce à quoi il communi
ensemble et ça c'est le je dirais une
première
étape si on peut dire avant même de
considérer que les êtres humains
sont d'une certaine manière des icônes
qui méritent d'être
censé vous évoquez dans votre livre
différentes confrontations notamment
avec la misère et avec le mal comment
mère Marie les a envisagé et
vécu alors quand elle arrive à Paris
elle prend tout ce qui est de l'ordre de
la la misère et du mal à br le cors
puisque son action sociale est est très
efficace et après elle
elle ne se limite pas d'ailleurs à la
ville de Paris puisquelle
va considérer très rapidement que ce
qu'elle peut faire de de plus efficace
immédiatement c'est la s'occuper de la
situation des Russes et elle va même
aller dans des hôpitaux psychiatriques
où elle va les aider elle va aller dans
le Jura notamment à
saintilie où elle va visiter les malades
et les écouter et prendre en compte
certains aspects de leur vie conseiller
au médecins de leur donner du thé du
pain noir pour les aider donc elle a une
action qui est tout de suite très
efficace quant à la question du mal elle
y est elle y est confrontée par parce
que notre nature humaine nous fait que
nous sommes confrontés dès que nous
sommes en âge 2 de penser à la question
du mal mais elle va surtout être
confrontée évidemment à la fin de sa vie
et là euh elle est elle elle perçoit
très bien ce qui va se passer elle a une
intuition extrêmement forte quand arrive
la première la seconde guerre mondiale
elle se souvient de la Première Guerre
mondiale et elle elle écrit nous autres
de la vieille génération alors qu'elle
n'a que 49 ans et elle dit protégez
votre moi
intérieur protégez-vous pas seulement
physiquement et elle perçoit très bien
aussi rapidement ce qui va se passer
pour les Juifs
merci Laurence varau donc on peut
retrouver tout cela approfondi dans
votre ouvrage qui vient de paraître aux
éditions nouvelle cité prie 15 jours
avec maris scopsov sainte orthodoxe
Juste parmi les nations merci
[Musique]